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jeudi 23 novembre 2017

Le président Macron, hué et sifflé au Congrès des maires de France

Le chef de l'Etat s'est fait conspuer pendant une vingtaine longues secondes 

Les maires veulent que Macron entende leurs problèmes et leurs inquiétudes

Le président de la République est donc attendu au coin du bois, alors qu'il doit prononcer un discours au Congrès des maires de France à ParisIl a finalement pris la parole peu après 16h30 devant les quelque 15.000 maires réunis Porte de Versailles à Paris, après plusieurs discours.

Emmanuel Macron présente jeudi 23 novembre ses projets pour les collectivités territoriales, notamment sur la compensation de l'exonération de la taxe d'habitation. Or, les maires restent plus que sceptiques sur ce qu'il peut leur annoncer pour rétablir la confiance entre l'État et les collectivités : ils sont majoritairement hostiles, puisque les élus du parti du président n'ont pas d'implantation locale.

Le vice-président de l'Association des maires de France lui a adressé de nombreuses critiques dans un discours très applaudi.
 
André Laignel (PS) lui a notamment reproché "une avalanche de décisions défavorables aux collectivités locales prises depuis l'été", "sans concertation", comme d'habitude.
Le socialiste a observé que "l'autonomie fiscale n'existera plus" avec "des contrats léonins imposés pour contrôler a priori nos budgets", une "réduction imposée du nombre de fonctionnaires" locaux ou encore "la suppression brutale d'emplois aidés".
"Tout ceci est inacceptable et j'espère que le président de la République reviendra sur ses dispositions", a-t-il martelé. Les maires sont "sacrifiés" et "la décentralisation est en danger", a conclu A. Laignel, sous une ovation.

François Baroin, réélu président de l'AMF, a dénoncé pour sa part des contrats "léonins", "obligatoires et assortis de sanctions" pour l'encadrement des dépenses des collectivités locales.

Résultat de recherche d'images pour "Macron Congres AMF"Le gouvernement veut en effet que quelques centaines de plus grandes collectivités signent avec l'Etat des "contrats" pour limiter la hausse de leurs dépenses de fonctionnement à 1,2% par an sur 5 ans, assortis de sanctions financières, si la limite est dépassée.  
Les collectivités qui ne signeraient pas ces "contrats" auraient les mêmes sanctions, a rappelé F. Baroin. "Sans liberté, ce ne sont pas des contrats", a-t-il souligné. 

VIDÉO. Congrès des maires de France : Macron hué et sifflé à son arrivée
Avec cette hausse, la réduction des dépenses des collectivités sur 5 ans "sera proche de 20 à 21 milliards d'euros"plutôt que les 13 milliards annoncés par le gouvernement, a-t-il grondé.
"Cher Emmanuel", lui a lancé F. Baroin, "vous avez dit la confiance, c'est l'autre, mais l'autre, c'est nous, et on a encore un peu de travail à faire", a-t-il insisté.


lundi 20 novembre 2017

Le troupeau bêlant des élus LREM désorientés

"Les élus ne savent pas où l'exécutif veut les conduire," observe Olivier Rouquan 

Un entretien du politologue, consultant, enseignant-chercheur en science politique avec ladepeche.fr, publié ce lundi 20 novembre 2017.

Baisse des dotations, suppression de la taxe d'habitation, des emplois aidés, etc. Les élus ont-ils raison d'être en colère ?

Le congrès sera un bon indicateur pour connaître l'humeur de nombre d'élus locaux vis-à-vis de ce gouvernement qui, en effet, ne ménage pas les milieux territoriaux, à la fois par les décisions prises pour 2017 et parfois par le discours tenu. D'un autre côté, semble-t-il, le gouvernement parvient de temps en temps à discuter. Par exemple, lors du discours sur la politique de la ville de cette semaine qui n'a pas été forcément mal reçu. Mais la décision sur les emplois aidés dans ces quartiers ou plus largement la baisse des APL et toute la politique du logement, ou encore la baisse de la dépense publique locale, qui serait ciblée sur les grandes agglomérations, tout cela montre qu'il y a encore beaucoup de conditionnels, beaucoup de flou. On a des élus locaux qui sont inquiets et qui ne savent pas du tout pour l'instant où cet exécutif veut les conduire. [L'exécutif lui-même sait-il où il va ?]

Emmanuel Macron arrivera-t-il dans ce contexte à mettre en place son «pacte de confiance» avec les élus dont la grogne semble dépasser les clivages politiciens ?

Quand on a de l'inquiétude et de la crainte, c'est difficile de susciter la confiance. La confiance, ça se construit. Pour l'instant, on n'a pas l'impression qu'il y ait véritablement une association, une co-construction de projets territoriaux entre les associations d'élus et le pouvoir exécutif. On est plus sur des annonces parfois contradictoires. La confiance n'y est pas pour l'instant. Au-delà des questions fiscales et financières comme la taxe d'habitation – qui est un enjeu majeur, mais dont ne sait pas grand-chose sur ce qui va la remplacer – il y a aussi en ligne de mire la question des métropoles et des départements. C'est une vraie interrogation. Au-delà de l'inquiétude des maires ruraux, des petites intercommunalités, beaucoup de départements ne savent pas à quelle sauce ils vont être mangés. Tous ces points s'ajoutent… En toile de fond, on a beaucoup d'incertitude sur la stratégie de la République en Marche (LREM) vis-à-vis des collectivités locales.
 
Pour l'instant, ce parti n'est pas hors sol mais a été construit très vite et n'a pas beaucoup d'élus locaux. Les collectivités locales sont tenues par les partis classiques. La question qui se pose est : est-ce que la dynamique En Marche va se territorialiser et à quel prix cela va se faire pour les formations classiques ? Est-ce que ça va être la déstabilisation d'exécutifs locaux ? Est-ce que ça sera une transition lors des prochaines échéances électorales où il y aura de nouveaux candidats LREM ? Il y aura beaucoup de tensions politiques.

Finalement, derrière ces tensions, n'y a-t-il pas la difficulté de réformer le mille-feuille administratif français ?

On le dit depuis vingt ans… Et malgré tout, contrairement à un a priori, la France a beaucoup réformé ses territoires, notamment lors du dernier quinquennat. La question qui se pose est que pour l'instant on ne sait pas ce que pouvoir veut faire, c'est anxiogène. On ne peut pas travailler en confiance sans clarifier certaines lignes de la réforme. Pour l'instant, on ne sait pas ce que veut faire ce pouvoir des départements, des métropoles. 

On ne sait pas non plus s'il y aura une réforme fiscale décentralisée et dans quel sens ça ira. C'est sur cette somme d'incertitudes que se noue ce début de quinquennat et, pour l'instant, on ne peut pas dire que ça parte du bon pied.
Propos recueillis par Philippe Rioux

dimanche 8 octobre 2017

Les maires de France, de gauche et de droite, mettent en garde le président Macron sur les coupes dans les dotations de l'Etat

Au lieu des 10 annoncés, 13 millions d'économies sur les populations territoriales

Le président de l'Association des maires de France et présidents d'Intercommunalité (AMF) s'élève contre les économies imposées aux collectivités locales
Cette baisse des dotations aux collectivités décidée par le gouvernement est vivement critiquée par de nombreux élus."Nous tirons la sonnette d'alarme", déclare son président au JDD

Face au gouvernement d'Emmanuel Macron, l'AMF explique ce qui motive la "fronde" de ses 35.528 maires (sur 36.681 communes) et 1.360 communautés (sur un total de 2.456). L'association est actuellement présidée par le maire LR de Troyes, François Baroin, tandis que le premier vice-président délégué est le socialiste André Laignel.
Sa représentativité en fait l'un des interlocuteurs incontournables des pouvoirs publics. Association reconnue d'utilité publique depuis 1933, elle a pour directeur général un préfet.


"Un pacte de confiance, ça s'écrit à deux : Etat et collectivités locales. Or, nous sommes face à une addition de mesures venues d'en haut", déplore-t-il. 
La diminution du nombre de contrats aidés et la suppression d'un fonds de 450 millions d'euros pour les régions créé sous le précédent quinquennat sont encore d'autres points de discorde.

Les réductions de crédits touchent notamment la politique des territoires, "avec l'annulation de 46,5 millions d'euros sur la politique de la ville et l'aménagement du territoire d'une manière générale pour 35 millions", précise l'un de ses huit porte-parole de campagne de Manuel Valls pour la primaire citoyenne de 2017, Olivier Dussopt, président socialiste de l'Association des petites villes de France (APVF) et député de l'Ardèche.
Les crédits de la politique de la Ville permettent de financer des actions des collectivités ou des associations dans les quartiers prioritaires. "Pour la politique de la ville la réduction représente 11% des crédits d'intervention que l'État avait prévus pour 2017", assure Olivier Dussopt, qui a fait part auprès de France Info de sa "déception" et d'un sentiment de "trahison".
Les maires de France tiendront leur congrès dans six semaines.
Les maires de France tirent la sonnette d'alarmeLes élus de proximité veulent obtenir l'arrêt de la baisse des crédits de l'Etat aux habitants de leurs communes, alors qu'ils sont confrontés à des charges supplémentaires.

En plein été, fin juillet, le gouvernement a signé un décret qui fait baisser de 300 millions les dotations aux collectivités, dès 2017. "Les annulations porteront sur des projets non engagés et ce sont les préfets qui procéderont opération par opération pour éviter de pénaliser les dossiers les plus porteurs d'enjeux", a vait précisé le ministère de la Cohésion des territoires.

De nombreux élus s'insurgent.
Le 17 juillet au Sénat, Emmanuel Macron s'était engagé devant les associations d'élus à ne pas baisser brutalement les dotations aux collectivités en 2018. Les présentes coupes portent sur l'exercice 2017 !


vendredi 1 septembre 2017

Contrats aidés : Castaner dénonce "l'irresponsabilité des maires"

Le porte-parole du gouvernement a riposté aux élus locaux qui s‘inquiètent des conséquences de la baisse du nombre des contrats aidés 

Christophe Castaner s'en est pris aux élus locaux

Résultat de recherche d'images pour "colere castaner"Il a accusé vendredi "l'irresponsabilité des maires qui n‘ont pas prévu la rentrée scolaire" et qui s‘inquiètent des conséquences de la baisse des contrats aidés sur la rentrée des classes.
"Si (les classes) n‘ouvrent pas, c'est la responsabilité des maires", a-t-il lancé sur LCI.
Selon Christophe Castaner, les élus étaient au courant de la situation, étant donné que la baisse des contrats aidés, prévue par le gouvernement précédent, avait été votée dans la loi de finances 2017, en décembre dernier.
"Qu‘aucun maire ne vienne me dire, à moi qui connaît bien ce métier là, cet engagement là, qu‘il ne savait pas. (...) Nous savions tous qu‘il y avait moins d‘emplois aidés cette année", a-t-il insisté.

Les collectivités  locales n'ont plus su sur quelle base se fonder

Les contrats aidés, des contrats subventionnés, sont jugés trop coûteux et inefficaces par le gouvernement. 
Créés pour aider à l‘insertion dans le monde professionnel, ils concernent notamment l‘Education nationale et le secteur hospitalier.

L'exécutif n'a cessé d'hésiter sur le nombre d'emplois aidés
Dans un premier temps, 280.000 contrats aidés avaient été budgétés dans la loi de finances pour 2017 pour un montant de 2,4 milliards d‘euros, mais le nouveau gouvernement a porté ce total à 293.000 pour cette année, puis à 320.000, a finalement précisé le porte-parole du gouvernement. Pour mémoire, l'Etat en avait financés 456.723 en 2016... 
De mauvaise fois, Castaner oublie que les maires ont été soumis à des variations incessantes entre  456.723 et 280.000...
Le Premier ministre Edouard Philippe a encore réévalué jeudi à 320.000 le nombre de contrats aidés pour 2017, mais a menacé d'un tour de vis en 2018 : de quoi bloquer les efforts de projections des élus.
Le budget pour 2017 prévoyait 280.000 nouveaux contrats aidés, mais une rallonge de 13.000 contrats avait été annoncée mi-juillet, portant le total pour l'année à 293.000 contrats, contre 459.000 en 2016.
"On terminera à 320.000 l'année 2017", a dit le Premier ministre sur BFM TV/ RMC.
Le gouvernement dit vouloir mieux cibler ces emplois sociaux. 
Confronté à un mécontentement qui ne faiblit pas, Macron a décidé que son gouvernement va recevoir les représentants des collectivités territoriales.

Un recours en référé-suspension doit être déposé au Conseil d‘Etat vendredi par plusieurs élus locaux écologistes conservateurs contre cette baisse.

mercredi 23 août 2017

Penicaud supprime des emplois aidés jugés "inefficaces" : les maires grondent

Suppression de contrats aidés: une décision "intenable", selon le PS 

La diminution des contrats aidés décidée par le gouvernement est une "décision inacceptable"

Image associée"Et surtout intenable tant elle va dégrader la cohésion nationale", a estimé le Parti Socialiste aujourd'hui, par communiqué. 

Cette décision est "un nouveau coup dur pour les collectivités locales qui font traditionnellement appel aux emplois aidés pour remplir certaines missions de service public", explique le parti.

Le PS assure, par ailleurs, que c'est "une terrible attaque portée au secteur associatif", très développé dans sa nébuleuse

Résultat de recherche d'images pour "emplois aidés""C'est l'école qui va une nouvelle fois faire les frais de la politique du gouvernement".
La diminution du nombre d'emplois aidés programmée par le gouvernement inquiète les maires, habitués à recourir en métropole comme en outremer à ce type de contrats pour préparer notamment la rentrée scolaire, explique le PS. 

Mais la ministre du Travail n'est pas une élue locale
Cette année, quelque 293.000 contrats de ce type sont au total programmés, nettement moins que les 459.000 signés en 2016. Les emplois aidés ont "longtemps été un instrument de gestion opportune et politique", un outil "onéreux" et "peu efficace" dans la lutte contre le chômage, a jugé vendredi le premier ministre Edouard Philippe, qui fut pourtant maire du Havre, pendant six ans. 

Pénicaud fustige l'inefficacité des contrats aidés
"Des études de la Dares [service statistique ...du ministère], de l'OCDE comme de la Cour des comptes montrent trois choses: un, les contrats aidés sont extrêmement coûteux pour la nation ; deux, ils ne sont pas efficaces dans la lutte contre le chômage ; et trois, ils ne sont pas un tremplin pour l'insertion professionnelle" (aux mains des syndicats), a lancé la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, aux députés mercredi, durant la session des questions au gouvernement. 

Résultat de recherche d'images pour "emplois aidés"
Ces contrats permettaient surtout aux "associations ou (aux) collectivités locales d'équilibrer leur budget grâce à quelque chose qui devrait être de la politique de l'emploi", a-t-elle poursuivi. Voilà qui est dit. La ministre répondait à certains députés de la gauche alarmés par la possible baisse de ces contrats. Ils visent à aider financièrement les employeurs qui embauchent des personnes qui rencontrent d'importantes difficultés à revenir sur le marché du travail.

Le programme a été "surconsommé et sous-doté financièrement" par le gouvernement précédent. 
Le devenir des contrats aidés est donc l'un des dossiers chauds et éminemment politiques qui attendent le gouvernement à la rentrée, puisque Hollande avait développé l'emprise des associations, notamment autour et dans l'école, à la faveur  de la réforme des rythmes scolaires. 

Pour 2017, la ministre a besoin d'une rallonge budgétaire pour financer 13.000 contrats aidés supplémentaires. Le pouvoir précédent en avait financé seulement les deux tiers au seul premier semestre.

Mais pour la ministre du Travail, c'est très clair: "la solution de demain, sur le long terme, ce n'est pas de l'emploi court terme précaire en contrat aidé".

Il vaut mieux "investir dans la formation, dans le développement". C'est l'objectif du grand plan d'investissement que le gouvernement lancera à l'automne.

lundi 7 août 2017

Edouard Philippe annonce des baisses d'impôts: toujours pour les mêmes

10 milliards à la charge des éternels solidaires

Le texte concernant la réforme du Code du Travail sera présenté à la rentrée et non pas durant l'été, rectifie le Premier ministre.

Résultat de recherche d'images pour "vieux gardent petits enfants"
Alors que les groupes parlementaires de gauche devraient déposer bientôt un recours devant le Conseil constitutionnel, suite au vote mercredi de la loi d’habilitation autorisant le gouvernement à légiférer par ordonnances, la réforme du Code du travail sera présentée le 31 août, annonce Edouard Philippe, au cours d'un entretien avec Le Parisien. Attendu dans un premier temps en plein cœur de l’été pour éviter une mobilisation sociale, le projet coïncidera finalement avec la rentrée. Avec les partenaires sociaux, "la concertation [va se poursuivre] pendant tout l’été, raconte, à plus forte raison, le chef du gouvernement, pour finaliser le projet qui sera présenté le 31 août, et les textes définitifs seront approuvés par le Conseil des ministres avant la fin de l’été". Un changement de calendrier qui accélère le passage du texte devant faciliter les procédures de licenciement et les accords d’entreprise, au détriment des accords de branche et de la loi. 
Résultat de recherche d'images pour "solidarité fiscale"
Un appel à la mobilisation a déjà été lancé par la CGT pour une journée d’action le 12 septembre. "J’ai entendu cet appel, commente Edouard Philippe, mais j’ai le sentiment que les Français ont envie de solutions plutôt que de blocages," a-t-il encore supputé.

"Des gens sont outrés par le fait que certains gagnent beaucoup d’argent"

Le Premier ministre ne redoute pas davantage les révélations qui mettent en difficulté sa ministre du Travail, Muriel Pénicaud, laquelle a touché une rémunération de 4,7 millions d’euros en trois ans (2012-2014) chez Danone et réalisé une plus-value boursière de 1,13 millions avec la vente de ses stock-options au lendemain d’un plan social dans ce groupe où elle était DRH. "C’est une remarquable ministre, une très bonne connaisseuse des sujets […], selon le sentiment partisan du juppéiste. 
Elle a déjà été tellement remarquable comme ancienne directrice générale (2015-2017) de Business France, agence chargée d’aider les petites et moyennes entreprises à attirer davantage d’investisseurs étrangers en France, accusée d'avoir financé l'escapade de campagne présidentielle du candidat Emmanuel Macron auprès des électeurs expatriés à Las Vegas. 
"Il y a sans doute des gens dans ce pays qui sont outrés par le fait que certains gagnent […] beaucoup d’argent," a poursuivi Philippe. Je ne partage pas ce sentiment aussi longtemps que c’est légal et qu’on paye des impôts dessus." L'impôt a-t-il ce pouvoir de moralisation des profits sur la misère sociale ? 

Le Premier ministre annonce une baisse de la fiscalité

Résultat de recherche d'images pour "hausse de la CSG"
"Nous allons baisser les impôts de plus de 10 milliards", promet-il, dans son entretien. La mesure concernera principalement les "actifs", excluant donc toujours les retraités, et sera compensée par une hausse de la CSG applicable à tous. Ce qui reviendra notamment à mettre à contribution les retraités, vaches à lait des pouvoirs de gauche. 

Il compte également réaliser dix milliards d’euros d’économie en 2018, qui seront votés à l’automne lors du premier projet de loi de finances du quinquennat, gros test pour la majorité. 


Image associée
Edouard Philippe annonce aussi des réformes structurelles dans les domaines de l’emploi et du logementmais sans donner de détails, suggérant donc de simples pistes de réflexion. 

Il promet encore des revalorisations de la prime d’activité et de l’allocation adulte handicapé
(AAH). 

Le premier ministre détourne l'attention de ses novices aux bras cassés

La langue de bois ne fonctionne plus guère. L'exécutif ne prétend plus entendre la colère des Français sans cesse sollicités sans retour. 

Résultat de recherche d'images pour "collectivités locales"
Révélée dans la presse mercredi, le mécontentement des collectivités locales face à la leurs baisse de dotations est balayé d’un revers de main par le Premier ministre : "C’est quand même un monde !, s'est agacé le locataire de Matignon. Les socialistes ont baissé massivement les dotations aux collectivités sans concertation et ils hurlent au loup quand nous prenons des mesures pour ne pas augmenter les impôts. Ces 300 millions n’ont été enlevés à personne, car ils n’avaient été donnés à personne." Le Premier ministre assure toutefois qu’il n’y aura plus de baisse de dotations, si les collectivités "maîtrisent" leurs dépenses. 

Le décret annulant les dotations, signé le 20 juillet par ses soins, provoque depuis mercredi la colère de l’opposition, d’autant que le président Macron avait promis de ne plus procéder par des "baisses brutales" de dotations

Alors que certains de ses ministres inexpérimentés ont commis des erreurs que leur appartenance à la société civile n'a pas rendu meilleurs, le Premier ministre mis en cause a tenté de tacler l’opposition : "Les politiques aguerris peuvent aussi 'couaquer'," a-t-il estimé. 

Mais il reconnaît une période de rodage. "Seule compte l’efficacité", déclare-t-il en refusant de "passer son temps" à regarder les sondages : "Ceux qui ont cherché à gouverner au gré des sondages ont échoué." Tout comme ceux qui les ont balayés d'un revers de la main...

La confiance des Français en son action a chuté.  
"La confiance des Français 's'essouffle' (AFP) après l'épisode électoral et, selon une enquête de l'Ifop diffusée dimanche 2 juillet, une majorité d'entre eux se déclare à nouveau pessimiste (56%) pour l'avenir de leur pays. "Un quart seulement des personnes interrogées (26%) pens[ai]ent [déjà] qu'elles vivront mieux dans une dizaine d'années, contre 44% d'un avis contraire et 30% pour qui ce sera "pareil qu'aujourd'hui".
Selon une enquête d’opinion Ifop publiée le 23 juillet, la confiance a encore fondu à 52%, soit déjà sept points de moins qu’en juin. Et c'est voir le verre à moitié plein.
Un sondage réalisé par Internet les 1er et 2 août 2017 chiffre la désillusion de 40 % des Français des premières mesures économiques du gouvernement pour "affronter efficacement les  principaux problèmes" ...


Ce n'est pas encore la disgrâce, mais Macron n'aura pas connu de période d'état de grâce. Le chef de l’Etat ne cesse de reculer depuis son élection et la mauvaise séquence de juillet marquée par des contradictions de ministres, des manifestations affligeantes d'incompétence de jeunes députés ignares de tout mais pourtant bombardés à la vice-présidence de l'Assemblée.
Le baromètre Elabe pour Les Echos et Radio Classique, sympathisants, confirme que seulement 40 % des Français disent lui faire encore confiance : un recul de 5 points de plus en un mois. Ils sont désormais 55 % à ne pas lui faire confiance - soit un bond de 9 points en un mois - dont 21 % (+ 3 points) .

La nouvelle génération d'élus, des jeunes start-uppers prometteurs, nous disait-on, n'a encore pas fait ses preuves et le renouvellement de la vie politique reste à opérer.

mercredi 19 août 2015

Hollande promet de nouvelles baisses d'impôts, sous conditions...

De nouvelles (?) baisses d'impôts "si la croissance s'amplifie en 2016"

Plus jobastre que jamais, François Hollande a fait de nouvelles promesses
Que va-t-il encore sortir de son chapeau ?
"Si la croissance s'amplifie en 2016, nous poursuivrons ce mouvement (de baisse de la fiscalité), a-t-il envisagé, à la veille d'une visite en Isère et en Savoie. Et d'ajouter un commentaire comme il en a le secret, mi-démagogique, mi-moraliste", "car les Français doivent être les premiers bénéficiaires des résultats obtenus", si jamais, a prêché le chef de l'Etat, prônant inconsciemment une rétribution au mérite, dans un entretien avec les quotidiens régionaux du groupe Ebra (ex-groupe Est républicain, comprenant notamment Le Progrès à Lyon et Le Dauphiné libéré à Grenobleà paraître jeudi.


Ces baisses d'impôts pourraient ainsi intervenir peu avant l'élection présidentielle de 2017...

"Je mesure les efforts qui ont été demandés aux Français en 2012 et 2013", souligne-t-il encore, tellement compréhensif, rappelant qu'"une première baisse de la fiscalité en 2014 (...) a concerné plus de trois millions de ménages" et qu'une deuxième "plus importante" a bénéficié à "neuf millions de foyers fiscaux" cette année, aux dépens des  contribuables qui sont lourdement solidaires des plus fragiles et dépit d'une croissance zéro ! 

Interpellé sur ce que ça cache: l'éventualité d'une nouvelle écotaxe, d'une surtaxe diesel ou de hausse des taxes sur l'électricité pour financer la transition énergétique, François Hollande assure qu' "il n'est pas question de créer un impôt ou une taxe supplémentaire". La question de l'endettement de la France repasse donc ainsi dans le peloton de tête des préoccupations des Français: qui va commencer à la résorber ? 
"La transition énergétique ne doit pas être un prétexte pour augmenter les prélèvements", poursuit-il, insistant: "Je m'y refuse"! 

Hollande en campagne rase déjà gratis...

Pour le beau parleur, "il n'est pas question non plus que des contribuables payent pour les gaspillages et les pollutions qui ne sont pas de leur fait".
"Nous avons créé la contribution carbone qui s'applique à toutes les énergies fossiles (gaz, essence et charbon)" afin "de répartir la charge par rapport aux choix de consommation de chacun", rappelle-t-il cependant, suggérant que les moyens de passer aux énergies renouvelables n'ont que ce que les taxes qu'ils méritent.

Le président de la République réaffirme par ailleurs que les 41 milliards d'euros de baisses de charges prévus par son pacte de responsabilité en faveur des entreprises seront maintenus, repoussant ainsi une revendication des frondeurs du PS qui souhaitent qu'une partie de ces allègements aille aux ménages.
"C'est la condition pour permettre aux entreprises d'investir et d'embaucher", fait-il valoir. Pour autant, des éléments pourront évoluer à l'intérieur de cette enveloppe. "Cela sera discuté avec les partenaires sociaux", indique-t-il, ce qui ne rassure personne puisque les propos de campagne du président ne l'engagent pas.
Hollande plaide d'ailleurs - et pourquoi pas - en faveur de "la stabilité dans les politiques conduites pour que les entreprises et les ménages aient confiance". Auraient-ils perdu cette confiance ?
"Par conséquent, les principes du pacte de responsabilité seront préservés", martèle-t-il.

Au sujet des dotations de l'Etat aux collectivités locales, "nous devons (...) accentuer la péréquation (...) c'est-à-dire la solidarité", ajoute-t-il par ailleurs.

Il s'agit encore, selon lui, de "soutenir l'investissement public parce que c'est de l'emploi dans le BTP" en "modulant les dotations en fonction des investissements engagés".

Depuis 2012 et son premier entretien télévisé, Hollande n'a pas changé:

Les Français sont des Grecs en puissance.

dimanche 19 juillet 2015

Le gouvernement lance une évaluation de contrôle du temps de travail des fonctionnaires

L'Etat-patron socialiste traque ses employés 

Mauvaise signal pour la CFDT qui va devoir bouger

Mardi 16 juin 2015, la ministre de la Fonction publique, Marylise Lebranchu, a engagé son processus gagnant-perdant, présentant aux syndicats, dans un premier temps, des propositions pour augmenter la paie de près de 5 millions d’agents titulaires, du haut cadre d’administration centrale au cantonnier employé par une petite commune. Mais ce sera donnant donnant.
En mai 2014, les collectivités territoriales avaient encore recruté 31.000 fonctionnaires de plus.Sur les 6 premiers mois de l'année 2013, l'Etat lui-même avait embauché davantage de nouveaux agents que sur l'ensemble de l'année 2012: le plus gros employeur de France a procédé par concours au recrutement de 28.228 personnes. Au total, 36.575 nouveaux agents ont intégré au 1er semestre 2013, les effectifs des différents ministères ayant exprimé des besoins. En 2012, les recrutements s'étaient limités à 34.054 sur l'ensemble de l'année.
Le 1er septembre 2014, le président de la République avait lancé aux fonctionnaires un appel à s’engager pour rendre l’action publique plus "efficace"et plus "rapide".
La Fonction publique d’Etat recrute encore en 2015-2016. Plus de 2,3 millions de personnes y travaillent déjà, dont un tiers dans les ministères et deux tiers répartis sur l’ensemble du territoire et parfois à l’étranger. Selon l'édition 2014 du "rapport annuel sur l'état de la fonction publique", le nombre de fonctionnaires atteignait près de 5,4 millions d'agents.

Le gouvernement  risque pourtant de s'aliéner son fonds électoral. 
Manuel Valls n'assume encore pas la responsabilité du piège qu'il tend aux fonctionnaires.  Vendredi 17 juillet, il a annoncé le lancement d’une "mission d’évaluation sur le temps de travail" des agents employés par l’Etat, les collectivités locales et les établissements hospitaliers. Cette mission a été confiée à Philippe Laurent (ci-contre), maire centriste, sans étiquette, de Sceaux (Hauts-de-Seine), président du Conseil supérieur de la fonction publique territoriale (CSFPT). Président de la Commission des Finances de l'Association des maires de France, il se veut défenseur du rôle des collectivités locales. Or, si cet audit vise à avoir "une vue d’ensemble" du sujet, selon le communiqué diffusé par le cabinet de la ministre de la Fonction publique, il se prépare à assumer le coup tordu qu'il a accepté de Marylise Lebranchu.  C’est cette intime de la maire de Lille, Martine Aubry, qui avait proposé qu’une telle réflexion soit engagée. Le sujet retenu, ultra-sensible politiquement, et le moment choisi pour dévoiler à la presse l’existence de cette mission – un vendredi vers 18 h 30 à la mi-juillet – ont de quoi intriguer.

Les agents publics doivent-ils se préparer à un "big bang " dans leurs horaires ? 
La lettre que le premier ministre a adressée à Ph. Laurent pour dessiner les contours de sa tâche le nie. Qui croira que l'objectif est de réaliser un simple "état des lieux" et que le besoin d'une évaluation du temps de travail des fonctionnaires s'est soudainement fait ressentir alors qu'il n’a été jugé indispensable depuis le rapport de Jacques Roché, en janvier 1999 ? 
Cette urgence ne s'était pas imposée à Martine Aubry lorsqu'elle imposa ses lois Aubry sur les 35 heures qui ont pourtant profondément déstabilisé l'économie française en "conduisant à une grande diversité d’application parmi les employeurs publics", de l'aveu de M. Valls dans son courrier. Quinze ans après la mise en place de cette réforme par le gouvernement Jospin à partir de l’année 2000 par deux lois votées en 1998 et 2000, il est temps de "tirer un bilan", estime Manuel Valls.

Recommandations possibles

Le chef du gouvernement demande à Ph. Laurent d’examiner (ou remettre en cause) la façon dont la réduction du temps de travail a été instaurée, "ainsi que les différents cycles de travail retenus". Valls "souhaite également disposer d’un éclairage particulier sur les agents dits “au forfait” dont le temps de travail ne fait l’objet d’aucun décompte". Une allusion aux cadres, souvent soumis à des emplois du temps supérieurs à 48 heures par semaine – un seuil à ne pas dépasser en principe, sauf si des dérogations ont été prévues. 

S’il le juge nécessaire, Ph. Laurent pourra formuler les recommandations que Hollande et Valls souhaitent entendre sur "des évolutions des réglementations". Laurent a reçu une consigne importante : il n’est pas question de remettre en cause "le principe d’un temps de travail annuel de 1.607 heures", insiste Valls dans la lettre de mission. Le rapport du président du CSFPT devra être remis "le 1er février 2016 au plus tard".

Cette décision ne constitue pas vraiment une surprise pour les organisations de fonctionnaires. M. Lebranchu avait exprimé le désir, au début du printemps, d’avoir les éléments sur le sujet de réflexion que Martine Aubry avait négligés, lors d’une réunion du Conseil commun de la fonction publique, explique une syndicaliste : "L’un de ses arguments consistait à dire qu’elle voulait tordre le cou aux discours selon lesquels les agents ne foutent rien", ajoute-t-elle. "La ministre en avait parlé lors de réunions bilatérales avec les syndicats", renchérit "une source au sein de l’exécutif". Mais Valls n'est pas Ayrault.

Cerner les "dérives" et ficher les fainéants

Le fait d’avoir attribué la mission d’évaluation à Laurent "n’est pas une mauvaise chose", se félicite cette même syndicaliste anonyme, mais proche du gouvernement... En tant qu’élu local et président du CSFPT, il connaît très bien cette problématique et s’est souvent distingué par des prises de position en faveur des fonctionnaires, notamment en critiquant le maintien du gel du point d’indice. "Ce n’est pas un hasard si cette personnalité a été choisie", confirme "une source au sein de l’exécutif". Compte tenu de l’opinion favorable dont il bénéficie au CSFPT parmi les syndicats et les représentants d’employeurs publics, toutes obédiences confondues, Laurent devrait pouvoir mener son audit sans décevoir le pouvoir socialiste. Au passage, l'opposition de droite pourra difficilement accuser le gouvernement de procéder à une évaluation orientée ou partiale - quelle idée ! -puisqu’elle est réalisée par un alibi centriste tardif de l'UDI (depuis 2012), pour pouvoir se faire réélire à Sceaux, avec le soutien de l'UMP.

"Une source proche du dossier", si mystérieuse soit-elle, assure opportunément que les syndicats ont conscience de la nécessité de dresser un état des lieux. A la fois pour contrer les préjugés, qui s’affirment avec de plus en plus de force, et pour cerner les "dérives"qui peuvent exister, ici et là, dans les trois versants de la fonction publique (Etat, collectivités locales, établissements de santé ou médico-sociaux). Laurent aura à sa disposition l’inspection générale des Finances, l’inspection générale des Affaires sociales (connue pour son ardeur au travail), l’inspection générale de l’administration et l’inspection générale de l’Insee. Une masse inerte de matière grise qui ne sera pas inutile, si elle est parvient à se mettre en branle, tant sa mission s’annonce colossale.

Au final, les fonctionnaires pourraient être tentés de faire des heures dans la rue.