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mardi 7 mars 2017

Service public hospitalier en grève ce mardi 7 mars 2017

Les fonctionnaires hospitaliers CGT, FO et Solidaires veulent défendre le service public

A moins de deux mois du premier tour de l'élection présidentielle

Les agents de la fonction publique hospitalière, d'Etat et territoriale sont appelés à la grève mardi en France pour défendre le service public, alors que plusieurs candidats préconisentune réduction du nombre de fonctionnaires.
Une manifestation nationale est prévue à Paris dans l'après-midi entre la place Denfert-Rochereau et les Invalides, près du ministère du Travail, mais en contournant le ministère de la Santé occupé par Marisol Touraine.

Cette journée de mobilisation est "l'occasion de porter nos revendications en matière de défense du service public hospitalier et de la sécurité sociale", écrivent les fédérations de fonctionnaires CGT, FO, Solidaires et FA-FP (Fédération autonome de la fonction publique) dans un communiqué commun.

"Asphyxiée par les déremboursements, les dérégulations, les suppressions de postes et les réorganisations permanentes, auxquels s’ajoutent les regroupements d’hôpitaux imposés par la loi Touraine, le secteur de la santé est en péril en terme d’égalité d’accès aux soins", estiment-ils.

Egalement dans le collimateur des syndicats, la réforme territoriale "et ses conséquences, fusion de communes, de conseils régionaux, création de métropoles entraînent des mobilités forcées et des inquiétudes grandissantes chez les agents et dégradent le service public".

Les syndicats réclament aussi une augmentation de la valeur du point d’indice "pour compenser les pertes subies depuis des années", une refonte des carrières "pour redonner de l’attractivité à l’emploi public" et un arrêt des suppressions de postes et des restructurations.

Les agents de Pôle emploi, en grève dès lundi, ont pour leur part reconduit leur mouvement ce mardi pour défendre l'avenir de "[leurs] missions et de [leurs] métiers".

Une prise de parti politique des syndicats dans la campagne présidentielle

Le besoin en fonctionnaires va décroissant. Quelque 5,65 millions de personnes travaillaient pour la fonction publique en France en 2015, avouaient les dernières données disponibles de l'Insee. Or, ils étaient 5,64 millions d'agents de la fonction publique, fin 2014.

La question des fonctionnaires -et notamment de la réduction de leur nombre-s'est donc invitée très tôt dans la campagne présidentielle, notamment lors de la primaire de la droite et du centre en novembre.

Les candidats soucieux du redressement des comptes publics se sont montrés responsables.
L'une des mesures phares du vainqueur de cette primaire, François Fillon, prévoit la suppression de 500.000 postes en cinq ans.
L'ancien Premier ministre a toutefois assuré début février qu'il n'y aurait aucun gel des recrutements et qu'"aucun poste de policier, de magistrat, de militaire, ni d'infirmier ne sera[it] supprimé"

Le candidat du mouvement "En Marche!" Emmanuel Macron prévoit pour sa part de réduire de 120.000 le nombre de postes de fonctionnaires en cinq ans, par non renouvellement des départs, dont 70.000 dans les collectivités locales.

A l'inverse, les candidats de la gauche radicale ne craignent pas la démagogie
Les prétendants de "La France insoumise" Jean-Luc Mélenchon et celui du Parti socialiste Benoît Hamon promettent une revalorisation du point d'indice qui permet de calculer la rémunération des fonctionnaires.

Le programme de l'ancien ministre éphémère de l'Education comprend le recrutement de 40.000 enseignants sur le quinquennat et la création de 1.000 postes de policiers et de gendarmes par an.
Mélenchon, le co-fondateurdu Parti de Gauche, avec le PCF, souhaite lui le recrutement de personnels judiciaire, pénitentiaire et un retour des effectifs dans la police et la gendarmerie au niveau de 2007.

Quant à la présidente du Front national Marine Le Pen, elle préconise notamment une revalorisation du point d'indice, l'"augmentation des effectifs de la fonction publique hospitalière" et le recrutement de 15.000 policiers et gendarmes.

La France, le pays d'Europe qui compte le plus de fonctionnaires

La France comptait 5,64 millions d'agents de la fonction publique, fin 2014. 
Les syndicats se mettent en grève au moment de l'annonce d'une revalorisation de la rémunération des fonctionnaires. Mais certains s'inquiètent de cette nouvelle dépense publique d'ampleur: 2,4 milliards d'euros. Cette annonce intervient un an jour pour jour après une proposition de Nicolas Sarkozy qui, début mars 2016,  relançait le débat autour du nombre de fonctionnaires en France. Il promettait alors de supprimer 300.000 postes dans la fonction publique s'il était à nouveau élu à la présidence de la République. "Nous ne pouvons pas continuer à avoir autant d'emplois publics en France, à rebours de nos voisins européens", a-t-il expliqué.

La France serait-elle donc un pays de fonctionnaires ? 
En effet, la France est le pays d'Europe qui compte le plus grand nombre de fonctionnaires. Selon les dernières données comparatives disponibles sur le site du ministère de la Fonction publique, ils étaient 5,2 millions en 2011. Juste derrière vient l'Allemagne et ses 4,9 millions d'agents publics. La Pologne complète le podium avec 3,5 millions d'agents de la fonction publique. Pas tout à fait, car si elle en compte le plus grand nombre, elle est loin derrière certains pays européens si on considère le nombre d'agents publics pour 1.000 habitants.

Avec 80 fonctionnaires pour 1000 habitants, elle se situe au même niveau que la Belgique, loin derrière le Danemark, qui domine le classement avec plus de 145 agents pour 1.000 habitants. On constate d'ailleurs la surreprésentation des fonctionnaires dans la population des pays nordiques, la Finlande (129,40 agents) et la Suède (123,60) complétant le trio de tête. 

La part des fonctionnaires français dans la population reste toutefois nettement supérieure à la médiane européenne (61). Les pays de l'Est (Slovaquie, Roumanie, République tchèque) constituent les bons élèves de l'Europe, avec moins de 10 fonctionnaires pour 1.000 habitants. La plupart des voisins de l'Hexagone (Allemagne, Italie, Espagne et Luxembourg) se situent sous la médiane européenne, avec moins de 60 fonctionnaires pour 1.000 habitants.

Pour mieux comprendre la passion des débats autour de la fonction publique, il faut en mesurer le poids en termes d'emploi. Elle reste en effet le premier employeur européen, la médiane européenne se situant, en 2013, à près d'un quart de l'emploi total. A nouveau, les pays nordiques figurent en tête, la fonction publique danoise dépassant le tiers de l'emploi total ! Surprise, la France fait partie des bons élèves, avec "seulement" 19,8%, dépassée uniquement par l'Italie et l'Espagne, dont l'économie n'est pas spécialement florissante.

Un certain nombre de pays se sont fixé un objectif de réduction du nombre de fonctionnaires, ce qui aboutit à une réduction du poids de la fonction publique dans l'emploi total. La Belgique, la Pologne et le Royaume-Uni sont les plus performants, avec une réduction de plus de 5% entre 2009 et 2013, alors que la Slovénie, l'Espagne et le Danemark font office de mauvais élèves (respectivement +9,57%, +5,55% et +3,87% en quatre ans). 
Là encore, sans se distinguer particulièrement, la France fait cependant partie de ceux qui ne parviennent pas à abaisser le poids de sa fonction publique. Alors même que la tendance européenne est plutôt à un effort de maîtrise, la France a enregistré une augmentation du nombre de fonctionnaires en 2014 de 1,2%.

Le nombre de fonctionnaires a encore augmenté en 2015.
Une hausse de 7.000 due à l'État et aux... hôpitaux, aujourd'hui en grève, la fonction publique territoriale ayant commencé à réduire ses effectifs.

Le projet de budget 2016 prévoyait la création nette de 8.300 emplois de fonctionnaires d'Etat, une première depuis 2003.

Le budget de 2017 sera celui de la campagne électorale...
Plus de 2.500 fonctionnaires supplémentaires s'annoncent en France en 2017, selon les prévisions du débat d'orientation sur les finances publiques. 
Les enseignants sont les premiers bénéficiaires de ces créations d'emplois, ils vont profiter de 11.662 recrutements supplémentaires. Le cap des 60.000 professeurs de plus à la fin du quinquennat... Promesse électorale de... 2012, puisque la branche de l'enseignement est une clientèle historique du PS:  le cap des 60.000 professeurs de plus à la fin du quinquennat devrait être atteint, si toutefois les jeunes Français postulent. 
Les attentats ont fait de la Défense, de l'Intérieur - police et gendarmerie - et de la Justice des ministères plus prioritaires que jamais : 4.310 postes équivalents temps pleins seront créés pour ces institutions. En contrepartie, des ministères devront se serrer la ceinture en ne remplaçant pas tous les départs à la retraite. Bercy fait le plus gros effort avec 1.512 postes en moins, en raison, notamment, de la numérisation et des télédéclarations. 
Le secteur hospitalier entend ne pas manquer le coche et obtenir sa part du gâteau.

lundi 9 novembre 2015

Régionales: le coup de pouce de Hollande et Valls au FN, en aggravant les effets de la proportionnelle

Valls sonne la mobilisation générale contre le Front National en s'en prenant à Sarkozy

Les pompiers pyromanes socialistes combattent la droite républicaine pour lui être préférés face à l'incendiaire FN


Les électeurs votent les 6 et 13 décembre prochains pour renouveler les conseils régionaux, première élection depuis la réforme territoriale et la création de nouvelles régions.
En effet, la réforme territoriale décidée par François Hollande réduit, à compter du 1er janvier 2016, le nombre de régions de 22 à 13, privant au passage plusieurs villes de leur statut de capitale régionale (carte 1 , ci-dessous). Elle vise à créer des "super-régions", plus grandes et puissantes, à l’image des Länder allemands. Au delà de ce redécoupage administratif à l'origine d'un scrutin inédit, le vote s’annonce crucial. Il s’agit du dernier avant les présidentielles de mai 2017. Les sondages prédisent déjà une débâcle de la gauche qui détenait la plupart des régions depuis 2004 mais qui se fracture de l'intérieur jusqu'à l'extrême gauche, en passant par les écologistes d'Europe Ecologie-les Verts qui se tournent vers le Front de gauche. En revanche, le parti Les Républicains, épaulé par l’UDI, est en ordre de marche pour remporter plusieurs grandes régions. Mais le Front National pourrait jouer les trouble-fêtes. A l'occasion de leurs réformes, les socialistes ont considéré que l'extrême droite prendrait des voix à la droite républicaine et, quand ils ne l'ont pas favorisée, se sont réjouis de la montée du Front national, passant donc à côté de l'occasion historique de la contrecarrer. L'idéologie socialiste de la proportionnelle - renforcé de la prime majoritaire - est sur le point de faire le reste.    
Adoptée à partir de 2013 sous la présidence de François Hollande, une série de réformes des collectivités territoriales françaises (l'acte III de la décentralisation) impacte les modes de scrutin des collectivités et intercommunalités, un redécoupage en 13 régions, l'encadrement de leurs compétences et le périmètre des intercommunalités.

Les élections régionales ont lieu au suffrage universel direct et au scrutin proportionnel de liste à deux tours avec prime majoritaire.
Les conseillers régionaux sont élus au scrutin proportionnel à deux tours avec prime majoritaire. Puis les sièges sont attribués aux différents partis proportionnellement au nombre de voix qu'ils ont obtenues. Les candidats élus sont pris dans chacune des listes dans leur ordre d'apparition. En France, les électeurs votent pour un parti mais le choix ne leur est pas laissé des candidats de la liste qu'ils souhaitent voir élus: avec le système de "listes bloquées", ce sont les appareils de partis qui en décident.
La prime majoritaire est une modalité du scrutin proportionnel plurinominal dans laquelle un nombre déterminé de sièges est attribué à la liste ayant obtenu le plus de voix. Les autres sièges sont distribués entre les listes gagnantes en fonction du nombre de voix obtenues. La prime majoritaire vise à favoriser la constitution d'une majorité stable en atténuant la représentation proportionnelle.
En décembre prochain, ce sera une prime au FN.
L'attribution des sièges a lieu au premier tour si une liste recueille plus de 50 % des suffrages exprimés, sinon elle a lieu au second tour. Pour se maintenir au second tour, une liste doit recueillir au moins 10 % des suffrages exprimés. Une liste qui a recueilli au moins 5 % des suffrages exprimés peut fusionner avec une liste qui se maintient au second tour.

Lors de la répartition des sièges, un quart des sièges du conseil régional sont d'abord attribués à la liste arrivée en tête. Le reste des sièges est ensuite attribué à l'ensemble des listes ayant recueilli au moins 5 % des suffrages exprimés. Ainsi, avec la prime, la liste arrivée en tête peut disposer d'une majorité au conseil régional à partir d'environ 33 % des suffrages exprimés au second tour.

Les élections régionales ont lieu au mois de mars tous les six ans, à l'exception des élections de 2015 qui ont été décalées en décembre. Les assemblées des collectivités territoriales de Corse, de Guyane et de Martinique sont élues le même jour que les conseils régionaux.

Le scrutin proportionnel avec prime majoritaire peut porter le FN à la tête de plusieurs régions 
Au premier tour, le Front national se voit premier dans trois à six régions. Remportera--t-il  le Nord-Pas-de-Calais-Picardie, mais aussi PACA (Provence-Alpes-Côte-d'Azur) avec Marion Maréchal-Le Pen ? 
Les réformes de 2013 et 2015 pourraient y participer. Les dynamiques qui installent le vote FN depuis 1984 s'amplifient mois après mois depuis trois ans: impuissance du PS face au chômage, sentiment de délaissement fort dans les territoires ruraux et industriels en crise du pouvoir d'achat, perte de repères dans une économie mondialisée et une société muti-culturelle, méfiance à l’égard de l’islam. Dans les urnes, le FN récupère des déçus venus aussi bien de gauche que de droite. Mécaniquement ses pourcentages sont gonflés par d’autres déçus, plutôt de gauche et du centre, qui optent pour l’abstention.
Selon les sondages, l’accueil de réfugiés divise les Français en deux blocs égaux: celui de l’accueil et celui du refus. Quand on regarde les études dans le détail, la proportion de personnes favorables à l’accueil approche ou dépasse 60 % en Ile-de-France, (69 %) dans le sud-ouest et Rhône-Alpes-Auvergne mais s’effondre à 30 % en PACA qui borde la Méditerranée et fait face au Proche Orient, dans le nord, où la "jungle" de Calais est une plaie régionale, et les régions de l’est, ouverte aux flux migratoires par l'Est et le sud-est. Plus la ligne du pouvoir socialiste en matière migratoire est fluctuante et plus le discours FN est audible: les populations sont d'autant plus réticentes à l’accueil de migrants qu'elles s'enlisent dans les difficultés économiques, financières et fiscales.
L'exécutif socialiste a accumulé les bavures (impôts des retraités, dotations aux collectivités, allocations handicapés) et, à l'heure du vote, les électeurs seront restés sous le coup des agressions fiscales de Michel Sapin et Christian Eckert sur les retraités et les personnes isolées ou l'affichage de son alarmante incompétence par la ministre du Travail, Myriam el Khomri.

La majorité présidentielle a voté comme un seul homme les réformes régionales. Si le FN se heurte à des plafonds de verre dans des confrontations à deux candidats, il est redoutable en triangulaire. Or, le mode du scrutin régional favorise ces seconds tours à trois, voire quatre listes. En outre, cette élection est très politisée parce que la région reste la plus lointaine des collectivités pour l’électeur. Elle le devient d’autant plus avec le redécoupage qui suscite rivalités et crispations, diminue l’impact personnel du candidat, décisif aux municipales par exemple, et renforce le sentiment d’éloignement.

Les 13 nouvelles régions et leurs effectifs

Dans sa décision, le Conseil constitutionnel a jugé l’article 6 de la loi conforme à la Constitution. "Pour l’élection au conseil régional opérée sur des listes régionales, cet article prévoit un nombre minimal d’élus par section départementale en fonction de la population des départements."

Selon le ministère de l’Intérieur, "les territoires ruraux seront mieux pris en compte dans les nouvelles assemblées régionales, chaque département bénéficiant d’une représentation minimale garantie".

L’effectif du conseil régional et le nombre de candidats par section départementale pour l’élection du nouveau conseil régional seront fixés par décret en Conseil d’État avant le prochain renouvellement général. Ils sont déterminés selon les règles suivantes posées par la loi :
  • l’effectif du conseil régional est égal à la somme des effectifs des conseils régionaux des régions regroupées ;
  • le nombre de candidats par section départementale est déterminé en fonction de la population de chaque département à la représentation proportionnelle suivant la règle du plus fort reste. A ce nombre, sont ajoutés, pour chaque section départementale, deux candidats.
carte-13-regions

Alsace, Champagne-Ardenne et Lorraine (169 élus)

Nombre de candidats par section départementale :
Ardennes11
Aube11
Marne19
Haute-Marne8
Meurthe-et-Moselle24
Meuse8
Moselle34
Bas-Rhin35
Haut-Rhin25
Vosges14

Aquitaine, Limousin et Poitou-Charentes (183 élus)

Nombre de candidats par section départementale :
Charente13
Charente-Maritime22
Corrèze10
Creuse6
Dordogne15
Gironde48
Landes14
Lot-et-Garonne12
Pyrénées-Atlantiques23
Deux-Sèvres14
Vienne16
Haute-Vienne14

Auvergne et Rhône-Alpes (204 élus)

Nombre de candidats par section départementale :
Ain18
Allier11
Ardèche11
Cantal6
Drôme15
Isère34
Loire22
Haute-Loire8
Métropole de Lyon37
Puy-de-Dôme19
Rhône14
Savoie13
Haute-Savoie22

Bourgogne et Franche-Comté (100 élus)

Nombre de candidats par section départementale :
Côte-d’Or21
Doubs21
Jura11
Nièvre10
Haute-Saône10
Saône-et-Loire22
Yonne14
Territoire de Belfort7

Bretagne (83 élus)

Nombre de candidats par section départementale :
Côtes-d’Armor17
Finistère25
Ille-et-Vilaine28
Morbihan21

Centre (77 élus)

Nombre de candidats par section départementale :
Cher11
Eure-et-Loir15
Indre9
Indre-et-Loire20
Loir-et-Cher12
Loiret22

Ile-de-France (209 élus)

Nombre de candidats par section départementale :
Paris42
Seine-et-Marne25
Yvelines27
Essonne24
Hauts-de-Seine30
Seine-Saint-Denis29
Val-de-Marne25
Val-d’Oise23

Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées (158 élus)

Nombre de candidats par section départementale :
Ariège6
Aude12
Aveyron10
Gard22
Haute-Garonne38
Gers7
Hérault32
Lot7
Lozère4
Hautes-Pyrénées9
Pyrénées-Orientales15
Tarn13
Tarn-et-Garonne9

Nord-Pas-de-Calais et Picardie (170 élus)

Nombre de candidats par section départementale :
Aisne17
Nord76
Oise25
Pas-de-Calais44
Somme18

Basse-Normandie et Haute-Normandie (102 élus)

Nombre de candidats par section départementale :
Calvados23
Eure20
Manche17
Orne11
Seine-Maritime41

Pays de la Loire (93 élus)

Nombre de candidats par section départementale :
Loire-Atlantique35
Maine-et-Loire22
Mayenne10
Sarthe17
Vendée19

Provence-Alpes-Côte d’Azur (123 élus)

Nombre de candidats par section départementale :
Alpes-de-Haute-Provence6
Hautes-Alpes6
Alpes-Maritimes29
Bouches-du-Rhône51
Var27
Vaucluse16


La répartition des sièges

Le département dont la population est inférieure à 100.000 habitants disposera de deux sièges de conseillers régionaux au moins au sein de l’effectif régional. Si ce n’est pas le cas après la répartition des sièges, "un ou plusieurs sièges attribués à la liste arrivée en tête au niveau régional sont réattribués à la ou aux sections départementales de cette liste afin que chaque département dispose de deux sièges au moins".


Le département dont la population est égale ou supérieure à 100 000 habitants comptera au moins quatre conseillers régionaux. Si tel n’est pas le cas, "un ou plusieurs sièges attribués à la liste arrivée en tête au niveau régional sont réattribués à la ou aux sections départementales de cette liste".


Lorsqu’un département est inclus dans le territoire d’une région, l’effectif du conseil régional de la région dont est issu ce département et celui de la région dans laquelle il est inclus, ainsi que le nombre de candidats par section départementale pour l’élection du conseil régional de chacune de ces régions, sont fixés par décret en Conseil d’État avant le prochain renouvellement général.


L’effectif des conseils régionaux concernés et le nombre de candidats par section départementale pour l’élection de ces conseils régionaux sont déterminés selon les règles suivantes :

  • il est soustrait à l’effectif global du conseil régional de la région dont est issu le département un nombre de sièges égal à la part de la population de ce département par rapport à la population totale de cette région, arrondi le cas échéant à l’unité inférieure ;
  • il est ajouté à l’effectif global du conseil régional de la région dans laquelle est inclus le département un nombre de sièges égal à la part de la population de ce département par rapport à la population totale de cette région, arrondi le cas échéant à l’unité supérieure.


Valls sonne la mobilisation générale contre le Front National et s'en prend à Sarkozy...

Le dimanche 8 novembre, le Premier ministre a déclaré qu'il faudra "tout faire" pour éviter que des régions soient gagnées par le FN et Valls a réitéré des propos sous-entendant que le PS serait prêt à pratiquer un "front républicain" avec la droite contre la victoire du Front national dans une ou plusieurs régions, qui constituerait un "drame", à exactement quatre semaines du premier tour des régionales où le FN peut espérer l'emporter en Nord-Pas-de-Calais-Picardie, en Provence-Alpes-Côte-d'Azur, voire en Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne, tout en répliquant vertement à Nicolas Sarkozy sur la sécurité et la justice. La cohérence de Valls laisse à désirer, puisque pouvoir socialiste offre une prime de 23% au parti d'extrême droite bien qu'il se présente comme le premier de France.
Le patron du PS, Jean-Christophe Cambadélis, a pris ses distances avec cet avertissement en lançant: "moi, je ne suis pas dans le catastrophisme". Selon lui, il y aura bien "une poussée frontiste" au premier tour mais le FN ne gagnera au final aucune région.
"Le Premier ministre a injurié des millions d'électeurs du FN. C'est un comportement indigne, scandaleux et profondément antirépublicain !", a réagi pour sa part Marine Le Pen sur Twitter. Selon un sondage TNS Sofres pour RTL et Le Figaro publié dimanche, la victoire du FN dans une ou plusieurs régions "gênerait" 48% des Français, mais 35% jugeraient cela "normal" et 17% seraient "indifférents".

Le schizophrène de Matignon

Dans sa fuite en avant, le Parti socialiste aux abois aurait-il avantage à la prise de pouvoir du FN dans plusieurs régions? Le discours de Valls tend à le prouver. Dans les minutes qui ont suivi sa demande ambiguë  d'un "front républicain", le premier ministre s'est lâché contre Nicolas Sarkozy pour s'être fait l'écho du sentiment général qu'il n'y a "plus d'autorité de l'Etat en France",mettant en cause l'action du gouvernement sur la justice et la sécurité. "La conception de l'autorité de Nicolas Sarkozy, elle est aux antipodes de la mienne. C'est 'je ne respecte pas les règles de droit, je ne respecte pas l'Etat de droit, je bafoue les principes mêmes de la République, c'est-à-dire l'indépendance de la Justice' [un tableau indécent de mauvaise foi]. Et c'est en permanence", a ragé le socialiste colérique.

Comme déjà vendredi lors d'un déplacement à Moirans (Isère), théâtre d'émeutes commises par des gens du voyage le 20 octobre, Manuel Valls a défendu l'enquête de police, préjugeant qu'il y aura bien, à son terme, "des arrestations et ensuite des condamnations". Des propos en forme de pression sur les magistrats qui portent atteinte à l' indépendance de la justice.
"Ramasser" des suspects "pour faire plaisir à M. Sarkozy" ferait "capoter totalement l'enquête", a-t-il caricaturé en des termes triviaux, accusant le chef de l'opposition d'"oublier" les émeutes de 2005, celles de Villiers-le-Bel de 2007 ou encore de Grenoble en 2010, quand il était au pouvoir et que le PS agitait des banlieues étonnamment calmes depuis 2012. Est-ce sincèrement la bonne méthode pour obtenir un "front républicain"?
Manuel Valls "n'a rien à proposer aux Français si ce n'est son anti-sarkozysme primaire" et il "pousse des cris de vierge effarouchée face à la montée du FN, dont il porte, avec François Hollande, la responsabilité", a souligné Lydia Guirous, porte-parole des Républicains.

Lionel Jospin attend d'ailleurs, silencieux, que
Valls et Hollande renouvellent et recouvrent d'une nouvelle couche d'opprobre son expérience désastreuse de 2002.

dimanche 9 août 2015

Réforme territoriale : foire d'empoigne des président-délégué

Pourquoi la création de postes de président-délégué ?

La loi Alary est au centre d'une vive polémique qui a largement gagné les rangs de la majorité.

Valls place ses hommes aux postes-clés
Cerise sur le mille-feuilles, le président PS de la région Languedoc-Roussillon a annoncé la création d’un nouveau poste de président-délégué de région. Cette décision devrait être entérinée par un texte de loi, qui sera présenté en septembre à l'Assemblée nationale.

La création de la nouvelle fonction de "président délégué" déclenche une passe d'armes depuis une semaine. Tête de liste Les Républicains-UDI pour la future région Midi-Pyrénées–Languedoc-Roussillon, Dominique Reynié a estimé que cela n’a pour but, après l’accord PS-Radicaux de gauche, que de "consoler" D. Alary, en lui créant un titre valorisant. Il a aussi estimé que le coût de ces 13 présidences déléguées (indemnités des intéressés et rémunération des membres de leur cabinet) serait extrêmement élevé.

Cette proposition de Damien Alary serait le fruit d'une négociation avec le premier ministreFrance 3 révèle qu'il aurait eu Manuel Valls "longuement au téléphone" pour évoquer le sujet. En cas de victoire de la gauche aux régionales en Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, le titre reviendrait alors à Damien Alary, selon leur "deal".

Le socialiste Martin Malvy raille la "parfaite méconaissance" de Dominique Reynié, qui assure que le nouveau poste coûtera 114 millions d'euros.
Le socialiste Martin Malvy, président sortant de la région Midi-Pyrénées, a qualifié jeudi soir de "calculs abracadabrantesques" l'évaluation du candidat Les Républicains (LR) aux régionales de décembre, Dominique Reynié, professeur de sciences politiques à Sciences Po, qui s'oppose à un projet de loi créant une fonction de "président délégué" dans les futures grandes régions. Dominique Reynié avait critiqué dans Le Figaro de jeudi un projet de loi annoncé le 30 juillet par Damien Alary, président socialiste de la région Languedoc-Roussillon (appelée à fusionner avec la région Midi-Pyrénées en 2016). Ce projet de loi doit créer des postes de présidents délégués, numéro deux des exécutifs régionaux, dans chacune des 13 nouvelles grandes régions.

"La création de cette fonction de 'président-délégué' de région
découle directement du tout récent accord électoral associant le PS au Parti radical de gauche (PRG)", 

écrit dans sa tribune Dominique Reynié. Il s'agit d'un poste créé pour "consoler" Damien Alary, un ex-technicien en agriculture qui rêvait de devenir chirurgien. "Lors de ces tractations électorales estivales, le PS a foulé au pied tous les principes de la morale républicaine", s'indigne Dominique Reynié, qui chiffre le coût de cette mesure à 114 millions d'euros en se basant "sur la présidence actuelle de Midi-Pyrénées, celle de Martin Malvy", qu'il accuse au passage de manquer de transparence sur l'organisation de son cabinet.

"Manipulation !" a riposté Martin Malvy
jeudi soir dans un communiqué, convaincu de la "parfaite méconnaissance du sujet" par Dominique Reynié, tout directeur général de la Fondation pour l'innovation politique qu'il est. Selon Martin Malvy, un ex-journaliste avec une licence, la composition de son cabinet est publique parce que fixée par la loi et la création d'un nouveau poste de président-délégué "ne coûterait pas un seul euro de plus", assure-t-il, car la loi "divise par deux le nombre de vice-présidents" et donc "le montant des indemnités versées à ce titre". Où est donc l'économie promise par la réforme ? Malvy a-t-il horreur des économies?

"Ce n'est jamais très bon d'avoir ce genre de lois d'opportunité", estime en revanche la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann, autre socialiste de longue date. Avant de tempérer : "Il faut déjà que ce texte aille au bout, ce n'est pas fait. Ensuite la présidence déléguée de région peut aussi permettre d'amortir la période transitoire entre le passage d'une carte des régions à l'autre. Les habitants d'un territoire pourraient se sentir mieux accompagnés en attendant que la fusion des région fasse la preuve de sa pertinence dans l'opinion", envisage-t-elle, sans qu'on sache si elle croit à ce qu'elle avance. Socialiste de gauche professionnelle, elle ne manque pas de finir sur un coup de griffe à la droite, en considérant que cette polémique révèle les intentions malveillantes de l'opposition, bien qu'elle ait commencé par les partager...
Une "loi profondément choquante"Dans un communiqué jeudi, le vice-président du FN, Florian Philippot, a lui aussi dénoncé "cette loi profondément choquante et immorale", affirmant que le FN va "vigoureusement" s'y opposer.

Le PS et le PRG ont annoncé le 27 juillet un accord pour les régionales,
en précisant que pour la région Midi-Pyrénées/Languedoc-Roussillon, un "quarteron" serait constitué, composé de Carole Delga (PS), Damien Alary (PS), Sylvia Pinel (PRG) et Didier Cordoniou (PRG), mais des sources avaient souligné que la présidence reviendrait à Carole Delga, et la première vice-présidence à Sylvia Pinel. La première a fait pendant un an la secrétaire d'État chargée du Commerce, de l'Artisanat, de la Consommation et de l'Économie sociale et solidaire, et la seconde a été une ministre du Logement, de l'Égalité des territoires et de la Ruralité, tout aussi insignifiante sur 22 mois. Les deux ont abandonné le service de la nation pour faire carrière sur la durée et se partager les postes.

Pareillement et
à l'issue d'une rencontre avec Manuel Valls, Damien Alary avait précisé être candidat à ce poste.