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lundi 14 décembre 2015

Battue en Languedoc-Roussillon, Carole Delga (PS) devra gérer Midi-Pyrénées avec le FN

La socialiste Carole Delga à la tête d'une région coupée en deux

Louis Aliot est arrivé en tête en Languedoc-Roussillon, mais le poids de Midi-Pyrénées fait de la nouvelle région un bastion de la gauche.

La fracture est nette entre les deux anciennes régions de gauche fusionnées en Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon.
Si la liste de Carole Delga (PS) remporte la mise en dépassant le cap du million d'électeurs (44,81 %), Louis Aliot (FN) devance la candidate socialiste de 3.327 voix en Languedoc-Roussillon. Le vice-président du Front national,  qui avait viré en tête au premier tour, ne siégera pourtant pas dans la nouvelle assemblée. Le député européen, qui est également conseiller municipal à Perpignan, avait volontairement choisi de ne figurer qu'en cinquième position de la liste des Pyrénées-Orientales pour éviter le cumul des mandats en cas de défaite. Le FN aura néanmoins plusieurs conseillers régionaux pour lui "pourrir" la vie...

Dans ce département que Georges Frêche tenait d'une main de fer, le FN dépasse les 50 % dans 33 communes. Il vire également en tête dans le Gard. Le score obtenu par Carole Delga à Montpellier le prive de la première place dans l'Hérault. La candidate socialiste, qui a fusionné entre les deux tours avec la liste des écologistes radicaux (EELV), alliés de l'extrême gauche du Front de gauche, atteint 57 % dans l'ancienne capitale régionale. Candidat dissident du PS au premier tour, le maire de la ville s'est félicité de ce score, mais Philippe Saurel avait pourtant refusé d'appeler explicitement à voter pour celle qu'il présentait comme "la candidate de Solférino", se contentant de recommander clairement de "faire barrage au Front national".

La participation a grimpé de 10 points sur l'ensemble de la région
Après avoir exprimé leur colère au premier tour, les électeurs ont voté utile au second. La victoire de la gauche est plus nette en Midi-Pyrénées. Elle obtient la majorité absolue dans quatre départements (Lot, Ariège, Hautes-Pyrénées et Haute-Garonne). Carole Delga frôle les 60 % dans la petite ville de Martres-Tolosane (Haute-Garonne), où la candidate de Hollande a entamé sa fulgurante carrière politique en 2008. Elle dépasse les 59 % à Toulouse, bénéficiant à la fois d'un bon report des voix et d'un rebond de la mobilisation des électeurs. 
La participation (65 %) a grimpé de 10 points sur l'ensemble de la région. Plus de 400.000 électeurs supplémentaires ont retrouvé le chemin des urnes, après les avoir boudées pour marquer leur mécontentement.

Louis Aliot se réjouit d'avoir lui aussi progressé entre les deux tours. 
La gauche coalisée n'a pas fait le plein. Il est impossible de mesurer la part du transfert des voix du premier tour dans ce score. 

En dépassant la barre des 20 %,
la liste Les Républicains-UDI de Dominique Reynié améliore également son score
 et, par son maintien, évite la fuite des électeurs de la droite et du centre. Le politologue, contraint de prendre la carte du parti de Nicolas Sarkozy pour bénéficier de son investiture, a indiqué qu'il comptait siéger dans les rangs de l'opposition (25 sièges). Contesté au sein même de son camp, comme peut l'être J.-P. Masseret dans le Grand Est, mais il devra veiller à un possible éclatement de son groupe. Isolé au soir du premier tour, il a toutefois reçu le soutien du maire (LR) de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, qui a enlevé la ville au socialiste Pierre Cohen (2008-2014) et qui était à l'origine de sa candidature-surprise.

Carole Delga présidera une région fracturée, voire éclatée

L'ex-secrétaire d'État incolore au Commerce, invisible à l'Artisanat, sans saveur à la Consommation et inaudible à l'Économie sociale et solidaire pourra-t-elle longtemps faire illusion en région ?  
Pour Carole Delga, une attachée territoriale de 44 ans, la politique commence pour de vrai. Et risque d'être rock'n roll... Le PS ne devrait disposer que d'une majorité relative parmi les 93 sièges attribués à sa liste de rassemblement. 

Dès dimanche soir à la télévision régionale, 
Gérard Onesta, vice-président (EELV) sortant de Midi-Pyrénées, revendiquait  la présidence de l'assemblée. L'ancien député européen ne se pose pas en rival de la candidate socialiste, mais l'altermondialiste réclame que "le parlement" de la région et l'exécutif ne soient pas mélangés et confondus. 

De son côté, 
dès samedi sur son compte Facebook, Myriam Martin, la candidate trotskiste (membre de la Gauche anticapitaliste -courant du NPA-,tcomposante du Front de gauche), voulait "continuer à combattre dans la rue comme au sein de l'assemblée régionalela présidente du Medef de l'Hérault, Marie-Thérèse Mercier, qui figure en 7e position sur la liste de la socialiste Carole Delga...

Le Front national a obtenu
suffisamment de conseillers régionaux (358) pour que Marine Le Pen obtienne les 500 signatures nécessaires à une candidature présidentielle en 2017.

dimanche 9 août 2015

Réforme territoriale : foire d'empoigne des président-délégué

Pourquoi la création de postes de président-délégué ?

La loi Alary est au centre d'une vive polémique qui a largement gagné les rangs de la majorité.

Valls place ses hommes aux postes-clés
Cerise sur le mille-feuilles, le président PS de la région Languedoc-Roussillon a annoncé la création d’un nouveau poste de président-délégué de région. Cette décision devrait être entérinée par un texte de loi, qui sera présenté en septembre à l'Assemblée nationale.

La création de la nouvelle fonction de "président délégué" déclenche une passe d'armes depuis une semaine. Tête de liste Les Républicains-UDI pour la future région Midi-Pyrénées–Languedoc-Roussillon, Dominique Reynié a estimé que cela n’a pour but, après l’accord PS-Radicaux de gauche, que de "consoler" D. Alary, en lui créant un titre valorisant. Il a aussi estimé que le coût de ces 13 présidences déléguées (indemnités des intéressés et rémunération des membres de leur cabinet) serait extrêmement élevé.

Cette proposition de Damien Alary serait le fruit d'une négociation avec le premier ministreFrance 3 révèle qu'il aurait eu Manuel Valls "longuement au téléphone" pour évoquer le sujet. En cas de victoire de la gauche aux régionales en Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, le titre reviendrait alors à Damien Alary, selon leur "deal".

Le socialiste Martin Malvy raille la "parfaite méconaissance" de Dominique Reynié, qui assure que le nouveau poste coûtera 114 millions d'euros.
Le socialiste Martin Malvy, président sortant de la région Midi-Pyrénées, a qualifié jeudi soir de "calculs abracadabrantesques" l'évaluation du candidat Les Républicains (LR) aux régionales de décembre, Dominique Reynié, professeur de sciences politiques à Sciences Po, qui s'oppose à un projet de loi créant une fonction de "président délégué" dans les futures grandes régions. Dominique Reynié avait critiqué dans Le Figaro de jeudi un projet de loi annoncé le 30 juillet par Damien Alary, président socialiste de la région Languedoc-Roussillon (appelée à fusionner avec la région Midi-Pyrénées en 2016). Ce projet de loi doit créer des postes de présidents délégués, numéro deux des exécutifs régionaux, dans chacune des 13 nouvelles grandes régions.

"La création de cette fonction de 'président-délégué' de région
découle directement du tout récent accord électoral associant le PS au Parti radical de gauche (PRG)", 

écrit dans sa tribune Dominique Reynié. Il s'agit d'un poste créé pour "consoler" Damien Alary, un ex-technicien en agriculture qui rêvait de devenir chirurgien. "Lors de ces tractations électorales estivales, le PS a foulé au pied tous les principes de la morale républicaine", s'indigne Dominique Reynié, qui chiffre le coût de cette mesure à 114 millions d'euros en se basant "sur la présidence actuelle de Midi-Pyrénées, celle de Martin Malvy", qu'il accuse au passage de manquer de transparence sur l'organisation de son cabinet.

"Manipulation !" a riposté Martin Malvy
jeudi soir dans un communiqué, convaincu de la "parfaite méconnaissance du sujet" par Dominique Reynié, tout directeur général de la Fondation pour l'innovation politique qu'il est. Selon Martin Malvy, un ex-journaliste avec une licence, la composition de son cabinet est publique parce que fixée par la loi et la création d'un nouveau poste de président-délégué "ne coûterait pas un seul euro de plus", assure-t-il, car la loi "divise par deux le nombre de vice-présidents" et donc "le montant des indemnités versées à ce titre". Où est donc l'économie promise par la réforme ? Malvy a-t-il horreur des économies?

"Ce n'est jamais très bon d'avoir ce genre de lois d'opportunité", estime en revanche la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann, autre socialiste de longue date. Avant de tempérer : "Il faut déjà que ce texte aille au bout, ce n'est pas fait. Ensuite la présidence déléguée de région peut aussi permettre d'amortir la période transitoire entre le passage d'une carte des régions à l'autre. Les habitants d'un territoire pourraient se sentir mieux accompagnés en attendant que la fusion des région fasse la preuve de sa pertinence dans l'opinion", envisage-t-elle, sans qu'on sache si elle croit à ce qu'elle avance. Socialiste de gauche professionnelle, elle ne manque pas de finir sur un coup de griffe à la droite, en considérant que cette polémique révèle les intentions malveillantes de l'opposition, bien qu'elle ait commencé par les partager...
Une "loi profondément choquante"Dans un communiqué jeudi, le vice-président du FN, Florian Philippot, a lui aussi dénoncé "cette loi profondément choquante et immorale", affirmant que le FN va "vigoureusement" s'y opposer.

Le PS et le PRG ont annoncé le 27 juillet un accord pour les régionales,
en précisant que pour la région Midi-Pyrénées/Languedoc-Roussillon, un "quarteron" serait constitué, composé de Carole Delga (PS), Damien Alary (PS), Sylvia Pinel (PRG) et Didier Cordoniou (PRG), mais des sources avaient souligné que la présidence reviendrait à Carole Delga, et la première vice-présidence à Sylvia Pinel. La première a fait pendant un an la secrétaire d'État chargée du Commerce, de l'Artisanat, de la Consommation et de l'Économie sociale et solidaire, et la seconde a été une ministre du Logement, de l'Égalité des territoires et de la Ruralité, tout aussi insignifiante sur 22 mois. Les deux ont abandonné le service de la nation pour faire carrière sur la durée et se partager les postes.

Pareillement et
à l'issue d'une rencontre avec Manuel Valls, Damien Alary avait précisé être candidat à ce poste.

mercredi 12 décembre 2012

Le Bureau du Sénat lève l'immunité de J.-N. Guérini (PS)

Jean-Noël Guérini au ban du Sénat 

Pour la deuxième fois ! 

Le Bureau de la Chambre haute a levé l'immunité parlementaire du sénateur PS Jean-Noël Guérini.
La justice souhaite le placer en garde à vue pour l'interroger sur un dossier "à caractère mafieux"
A l'origine de la demande, le juge marseillais Charles Duchaine voit "une ou plusieurs raisons plausibles" de soupçonner le président du Conseil général des Bouches-du-Rhône.


Une première levée d'immunité du sénateur PS avait été votée en mars 

Jean-Noël Guérini, 61 ans, a été mis en examen le 8 septembre dans une affaire de corruption en relation avec des marchés publics pour:
- complicité d'obstacle à la manifestation de la vérité,
- trafic d'influence,
- prise illégale d'intérêt
- association de malfaiteurs en vue du trafic d'influence
- et recel de trafic

dans un dossier impliquant son frère Alexandre, patron de quatre décharges, mis en examen le 1er décembre 2010, puis un temps écroué, pour " abus de biens sociaux, détournement de fonds et de biens publics, recel, blanchiment, trafic d'influence, corruption active et détention de munitions ".


Dans le cas du frère aîné, la demande de levée d'immunité visait à contraindre l'élu socialiste à répondre aux convocations et aux questions du juge.


Le Bureau du Sénat prend la précaution de préciser
 qu' "il ne se prononce ni sur le fond du dossier, ni sur l'exactitude des faits, ni sur la procédure suivie par le juge" et de rappeler "que la présomption d'innocence bénéficie aux parlementaires comme à n'importe quel citoyen".


La "Ligne claire" associait G. Collomb et Manuel Valls à Guérini

Ici, deuxième à gauche,
entrePeillon, Royal et Rebsamen
Au tumultueux congrès PS de Reims (2008), Jean-Noël Guérini, Gérard Collomb et Manuel Valls, présentaient la même contribution. Puis, dans un rapport interne de décembre 2010 (et publié par Le Point1), Arnaud Montebourg, député inquiet de certaines dérives et de leur effet sur l'image du parti, recommanda la mise sous tutelle de la fédération des Bouches-du-Rhône,  ainsi que la destitution de son président, Jean-Noël Guérini. Ce rapport dénonçait notamment " un système de pression féodal reposant sur l'intimidation et la peur " et met en garde contre des " dérives les plus graves dans l'usage de l'argent public ".
Mais la Ch'tite Aubry laissa le rapport en sommeil pour se ménager la quatrième fédération socialiste de France... Montebourg se sent désavoué et humilié, tandis que Jean-Noël Guérini peut déclarer qu'il démissionnera uniquement si tous les élus socialistes condamnés ou mis en examen quittent leurs fonctions.

D'autres élus socialistes "vertueux" sont rattrapés par la Justice 

Ancien député européen (2004-2008), le sénateur Robert Navarro, 60 ans, est lui visé dans un dossier d'abus de confiance touchant aux frais de fonctionnement de la fédération PS de l'Hérault. Il n'a pas encore été entendu, et la juge d'instruction montpelliéraine Sabine Leclercq envisage à son encontre des mesures coercitives, en l'occurrence un placement sous contrôle judiciaire après mise en examen, selon une source proche du dossier. 


La limitation du cumul des mandats ne règle pas tous les problèmes.
 un Ex-responsable syndical SNCF et sénateur (depuis 2008), Navarro fut en effet vice-président de la Communauté d'agglomération de Montpellier (2001-2004), bien qu'installé conseiller régional du Languedoc-Roussillon depuis 1998. Son cas comme celui de Guérini, maire de secteur à Marseille depuis 1995, sénateur et président du Conseil général des Bouches-du-Rhône
depuis 1998, ou de Jean-Pierre Kucheida, conseiller général (1981-88) et député du Pas-de-Calais depuis 1986, mis en garde à vue en octobre 2012  (financement occulte du PS, emplois fictifs et prise illégale d'intérêts) pose la question du nombre de mandats successifs.


Leurs juges vont-ils recevoir des lettres de soutien de Hollande et Valls ?
Ou Valérie Trierweiler jouit-elle d'un régime de faveurs ?
Liens PaSiDupes
1 - " Hollande et Valls exercent des pressions sur la justice ": Hollande et Valls écrivent au juge du procès des biographes de Trierweiler"
2 - "Procès Trierweiler: l'interventionnisme de Hollande fait débat": Le président socialiste se place au-dessus de sa charte de déontologie

vendredi 24 août 2012

Lycées et collèges: gaspillage des collectivités locales PS, au vu et au su de tous

Les lycéens revendent des PC offerts par le Languedoc
Près de 32.000 ordinateurs portables sont offerts tous les ans par la région Languedoc-Roussillon. De nombreux élèves n'y voient aucune utilité.

« Bonjour, je vends mon ordinateur DELL offert en début d'année par la région car j'en ai aucune utilité.» La vendeuse est lycéenne dans la région Languedoc-Roussillon et demande 260 euros contre l'ordinateur portable offert quelques mois plus tôt. Des annonces comme celle-ci, il y en a des dizaines sur Internet et dans les pages des journaux locaux, au grand dam du conseil régional.

En septembre dernier, la région Languedoc-Roussillon s'est dotée de 31.900 ordinateurs de la marque Dell pour un montant total de 15,8 millions d'euros. Les bénéficiaires sont les élèves de
seconde. L'opération doit se répéter encore pendant deux ans pour un coup total de 47,4 millions d'eurosrapporte aujourd'hui Midi Libre. Ce programme a pour objectif d'habituer les lycéens à utiliser l'informatique et d'accéder à un espace de travail virtuel qui doit compléter les cours des professeurs.


«Certains professeurs y sont allergiques»


«On nous a distribué l'ordi sans nous demander notre avis, sans explication, comme on nous sert des frites à la cantine», explique Cerise, qui vend son ordinateur 200 euros dans un journal spécialisé dans les petites annonces. Mais ce qui est plus surprenant, c'est que les professeurs de la région refusent souvent que les élèves utilisent leurs ordinateurs pendant leurs cours: «À aucun moment un prof ne nous a demandé de l'utiliser. Je ne vois pas pourquoi je ne le vendrais pas», ajoute Cerise. «On ne peut quasiment pas s'en servir au lycée, et il y a même certains profs qui y sont allergiques», raconte Maxime, lycéen dans l'Hérault. Selon ce dernier, «ce n'est pas une très bonne machine, le pavé tactile est buggé et la batterie ne tient pas longtemps.


«Dire que l'ordinateur est
utilisé systématiquement dans tous les cours serait faux. Mais nous jouons le jeu avec la région, en formant les professeurs», explique au Figaro, Christian Philip, le recteur de l'académie de Montpellier qui note que le ministère de l'Education s'intéresse de près à cette initiative. «J'espère que ça portera ses fruits l'année prochaine, tout n'a pas été parfait la première année», estime-t-il.

Le président socialiste de la région Languedoc-Roussillon, Christian Bourquin, n'apprécie pas la démarche des lycéens: «Il y a des travers contre lesquels il faut lutter, notamment en engageant des poursuites», réagit-il. Il précise que des «investigations sont menées» et que «la plupart du temps, nous réussissons à faire retirer les annonces qui sont publiées». La mise à disposition gratuite de la machine ne signifie pas qu'on en devient propriétaire, croit savoir le Midi Libre. «Il y a une convention là-dessus», explique Christian Bourquin sans en détailler les clauses, puisque personne ne lui demande de rendre des comptes.

Interrogé par Le Figaro, un établissement de Montpellier explique que la gestion des ordinateurs n'est pas de leur ressort. En début d'année, les élèves signent uniquement un contrat de maintenance qui permet de faire réparer leur ordinateur gratuitement. Un réparateur se déplace alors dans le lycée après avoir pris rendez-vous avec l'élève.

Par Tristan Quinault Maupoil

mercredi 10 novembre 2010

Languedoc-Roussillon: un homme de Frêche prend la succession

Christian Bourquin, nouveau président de région

Christian Bourquin, 56 ans, a été élu mercredi à la tête du Conseil régional du Languedoc-Roussillon où il succède à Georges Frêche, décédé fin octobre.
Cet exclu du PS lors des dernières élections régionales pour avoir choisi de soutenir Georges Frêche a été élu avec la totalité des voix de gauche en sa faveur, 44 voix sur 67 suffrages exprimés.

Invocation du défunt

Une minute de silence a été observée avant le scrutin en hommage à l'ancien homme fort de la région depuis plus de trente ans, décédé d'un arrêt cardiaque le 24 octobre.

The show must go on

Dans sa première allocution de président de Conseil régional, Christian Bourquin a assuré qu'il s'inscrirait dans la continuité de Georges Frêche (!), qui était "un maître, un ami, et, pour nous tous, habitants du Languedoc-Roussillon, un défricheur d'horizon, un bâtisseur d'avenir".
Apaisement

Christian Bourquin, qui a quitté mardi son poste de président du Conseil général des Pyrénées-Orientales, fonction qu’il occupait depuis douze ans, était le seul candidat de gauche.
Trois autres candidats s'étaient présentés: Stéphan Rossignol, représentant l'UMP et maire de La Grande-Motte, France Janet, pour le Front national,et la centriste Annabelle Brunet.

Le nom de Hermeline Malherbe, conseillère générale de Perpignan, est avancé pour succéder à Christian Bourquin à la tête du CG.

Christian Bourquin avait déjà assuré un intérim à la tête de la région en 2004 quand Georges Frêche avait dû quitter son poste pour une opération du coeur.
Ingénieur en topographie, il était revenu dans les Pyrénées-Orientales en 1989 pour diriger le bureau local de OPAC, l’Office HLM de la ville de Perpignan.
Lors des élections législatives de juin 2007 dans la Troisième circonscription des Pyrénées-Orientales, il fut battu pour la troisième fois par son rival UMP, François Calvet.

=> Le président socialiste de région est un condamné

Quarante-huit heures avant de se présenter à la présidence de la Région Languedoc-Roussillon, Christian Bourquin a été condamné à une amende de 5000 € par la cour d'appel d'Aix-en-Provence. Le tribunal n'a pas retenu les 3 mois de prison avec sursis du jugement de première instance, dont M. Bourquin avait fait appel.
Le président du Conseil général des Pyrénées-Orientales avait oublié d'intégrer dans ses comptes de la campagne de 2001, les frais du chauffeur utilisé pour ses déplacements électoraux.
Lien PaSiDupes: Hollande payait son chauffeur au noir...
Pour réparer ce souci comptable, il avait libellé un chèque de 55 000 F (8400 €) à l'ordre de la fédération départementale du PS.
Lien PaSiDupes sur les gros salaires des amis de Frêche

mardi 2 novembre 2010

Grassement payés, les amis socialistes de Jojo Frêche

Sa mort est une lourde perte pour René Koering

Le favoritisme sous le régime socialiste de Georges Frêche


Un rapport de la Chambre régionale des comptes épingle le camarade René Koering
Elle met en effet en exergue le poids considérable de sa rémunération au sein de l’association Euterp qui regroupe l’orchestre et l’opéra de Montpellier.
Bouclé en juin dernier, l’audit financier porte essentiellement sur la période 2002-2008, deux ans après le regroupement des deux ensembles artistiques et le choix de création d'un emploi en les faisant chapeauter d’un surintendant de la musique du prince, qui coûte cher à la collectivité.

Cette prébende s’est en effet avérée très lucrative à René Koering dont la rémunération a progressé de 71 % entre 2002 et 2008.

La gabegie socialiste en région

En 2009, le salaire brut mensuel du surintendant s’établit ainsi à 22 935 €

«Un niveau inhabituel » eut égard à l’origine publique des ressources de l’association », écrit la chambre.

Celle-ci rappelle les sources de revenus annexes à ce chanoine socialiste :
- droits d’auteur pour ses mises en scènes (44 000 € sur la période
sur la période)
- et commandes publiques (60 000 € de l’Agglo pour la partition et le livret de l’opéra “Scènes de Chasse“)
Lire PasiDupes


L'histoire ne dit pas si le bénéficiaire finançait les campagnes de Frêche.

lundi 25 octobre 2010

Jojo Frêche est bien mort, et alors ?

La mort libère le Languedoc-Roussillon d'un despote socialiste

Son éloge funèbre, par Hélène Mandroux

Elle avait prévu de vider son sac dans un livre intitulé, "Maire courage"

Le titre de ce bouquin (à paraître le 28 octobre) doit beaucoup à Libération qui l'appliqua à Jacqueline Fraysse, maire de Nanterre, dans un article de 2002 consacré à la tuerie de l'hôtel de ville ).

La maire socialiste de Montpellier ne porte pas Georges Frêche dans son coeur.
Son prédécesseur à la tête de la ville et ancien mentor est devenu son adversaire en mars aux dernières régionales.
Hélène Mandroux avait été investie par le PS pour conduire les listes du parti aux régionales, face notamment au président DVG sortant Georges Frêche, pourtant désigné par une majorité d'adhérents socialistes locaux comme leur candidat.

La maire PS à la botte de la Ch'tite Aubry trouve Georges Frêche "intelligent", par comparaison, et parce qu'il a beaucoup fait pour Montpellier, aujourd'hui huitième ville de France. Jugement quantitatif qui fait peu de place au qualitatif. C'est ainsi que le PS le qualifie aujourd'hui de bâtisseur, mais à la soviétique.
Or, Mandroux, avant la mort du tyran socialiste, écrit dans son bouquin qu' "il a régné par la terreur, et les gens ont peur de lui, de ses réactions, de ses coups de gueule, de ses insultes, de ses humiliations", assure Hélène Mandroux, ancienne première adjointe de Georges Frêche.

Ce dernier, exclu du PS en 2007, lui avait cédé son écharpe de maire en 2004 quand il fut élu président de la Région Languedoc-Roussillon. Il préside aussi l'agglomération de Montpellier. C'est peu dire de ce cumulard qu' "il a soif de pouvoir et confond pouvoir local et pouvoir absolu".

Faut-il pleurer cet odieux personnage ?

VOIR et ENTENDRE Christophe Barbier, ce matin sur LCI:

Il fallait le dire !...

D'autant que les laudateurs socialistes hypocrites ont oublié ce qu'ils disaient d'eux

- Martine Aubry: "Elle est comme le coucou: elle veut faire son nid dans le nid des autres. Après celui de Mauroy, celui de Frêche."

- Mandroux, la maire de Montpellier imposée par Aubry: ""Elle me suivait comme un petit toutou."
Et, dans une synthèse respectueuse, ne l'avait-il pas traitée de "co***" ?

jeudi 8 juillet 2010

Régions: l'opposition n'est pas dispensée de chasse au gaspi

Gaspillages des régions socialistes

Le gouvernement et l’Etat sont engagés dans des mesures de réelle réduction du train de l’Etat , sous la très forte impulsion du Président de la République et du Premier Ministre.

Une vraie politique de chasse au gaspi et aux abus a été engagée à l'Assemblée Nationale. Cette action déterminée porte ses fruits, puisque depuis 2007 les dépenses de l'Assemblée Nationale ont baissé de 11,42% (à lire sur ce site)

Il est nécessaire de montrer l'exemple. Comment demander aux Français des efforts, dans un contexte international complexe, si les représentants du peuple ne sont pas exemplaires dans leurs comportements

Mais y a-t-il beaucoup de Régions socialistes qui font le quart du début du commencement des efforts que fait la majorité?

Non … Les régions socialistes font même l’inverse !
Chaque année, 10 % du budget des conseils régionaux, soit presque 3 milliards d'euros, sont dépensés en pure perte. Dépenses inutiles, personnels excédentaires, erreurs d'orientation, chantiers titanesques absurdes, clientélisme effréné... Si ce n'était l'argent des contribuables, la liste de ces gaspillages prêterait à sourire :
- 5 000 euros de cigares pour le président de la Région Picardie,
- un 4 x 4 "écolo" et flambant neuf à 53 000 euros pour celui de la Région Languedoc-Roussillon,
- un budget de construction d'un nouvel hôtel de Région en Rhône-Alpes qui passe en quelques mois de 50 à 200 millions d'euros !

=> Un livre édifiant, «Régions, le grand gaspi» de Robert Colonna d'Istria et Yvan Stefanovitch (ci-dessus), dresse le bilan de l'utilisation par les élus de l'argent des contribuables.

En voici des extraits édifiants (publiés dans le Figaro) :

La liste est longue de la dilapidation de l'argent des Français par des responsables politiques locaux à l'ego surdimensionné. L'un d'eux n'a-t-il pas rétorqué un jour à un chef d'entreprise qui s'inquiétait de l'ampleur pharaonique d'un projet : «Cher ami, si Louis XIV avait trop réfléchi, il n'aurait jamais construit Versailles ! »

A quoi cela sert-il d'être « roi » si l'on n'a pas un palais digne de ce nom ? Les hôtels de Région sont des gouffres financiers dont les factures finales dépassent amplement les devis. Et, quand les présidents n'osent pas édifier, ils réaménagent leurs bureaux à coups de centaines de milliers d'euros, en succombant aux charmes de l'art contemporain.

Quand les responsables de la Région Rhône-Alpes avaient lancé l'idée d'un nouveau siège du conseil régional, en 2006, le projet confié à Christian de Portzamparc, un des plus illustres architectes au monde, était précisément estimé à 96 millions d'euros. Début 2009, ce chiffre avait passablement grimpé pour s'établir à 150 millions d'euros. Il avait entre-temps fallu redimensionner le bâtiment pour l'adapter à l'augmentation des effectifs de la Région, passés en trois ans de 940 à 1 290 agents (+ 37 %). Désormais, les plus perspicaces estiment qu'à sa livraison, dans le courant de l'année 2010, l'hôtel du conseil régional devrait finalement coûter 200 millions d'euros. Combien de lycées pour ce prix-là ? Combien de crèches, d'écoles maternelles ?

Plus modeste, l'hôtel de la Région Auvergne a connu un sort comparable : au terme de - très traditionnelles - pirouettes, son coût initial de 45 millions d'euros a grimpé à 60 millions, puis à 70 millions d'euros. Il doit être inauguré prochainement. Où cette escalade s'arrêtera-t-elle ?

Sitôt arrivé à la présidence de la Région Languedoc-Roussillon en 2004, Georges Frêche avait commencé par s'installer à son aise et réaménager de fond en comble le bureau présidentiel. Ce faisant, il ne craignait pas d'afficher un goût prononcé pour les meubles design et les créateurs coûteux : paravents japonais, bar avec distributeurs de glaçons, écran plasma, sièges de bon faiseur, etc. Pour son cabinet de toilette, il a par exemple choisi une ligne d'objets créés par Philippe Starck (165 euros pour le dérouleur de papier hygiénique, 237 euros le porte-savon et le porte-verre, 396 euros le porte-balayette, 663 euros les deux porte-serviettes, etc.). Au total, les contribuables ont payé plus de 17000 euros pour permettre au nouveau président du conseil régional de disposer d'une salle de bain convenable ! Dans le même mouvement, il a écarté la voiture de fonction de son prédécesseur (une vulgaire Renault Vel Satis), et s'est laissé tenter par un 4 x 4 Touareg de Volkswagen. Au prix de base, le contribuable a dû ajouter la valeur de quelques insignifiantes options : sellerie cuir (3 488 euros), GPS et chargeur CD (2 427 euros), application de ronce de noyer (285 euros), système multimédia (2 292 euros). Coût total : 53 000 euros. Une de ses dernières lubies est d'installer place du XXe-Siècle une statue de Lénine. Achetée d'occasion, elle a coûté 170 000 euros.
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Un de ses premiers gestes de Claude Gewerc, élu en2004, en arrivant à la tête du conseil régional de Picardie, a en effet été de meubler convenablement son bureau. Son prédécesseur, l'UDF Charles Baur, devait vivre sinon dans la crasse, du moins de manière mesquine et étriquée. Il était urgent de faire un peu de ménage : la réfection des revêtements muraux et la rénovation du parquet et du plafond ont coûté 18 000 euros. Quand le décor fut planté, il ne restait plus qu'à poser les meubles : écran plasma (c'est une manie...), colonnes hi-fi design, bureau en verre (2 300 euros), tapis (4 400 euros) et tableaux modernes... dont le prix n'a pas été communiqué. On craint le pire. «La puissance publique, se défend le nouveau souverain de Picardie, doit permettre aux artistes de vivre. » Qui oserait prétendre le contraire ? A la puissance publique, Claude Gewerc a également transmis son amour des belles voitures. Lui aussi a préféré se séparer de l'ordinaire Renault Vel Satis de son prédécesseur et a arrêté son choix sur une rutilante Citroën C6 (prix catalogue : 53 000 euros).

Quand les Régions ouvrent des représentations diplomatiques !

Au prétexte de faire connaître leurs Régions à l'étranger ou d'offrir aux PME du cru des locaux à vil prix, certains élus régionaux ouvrent des bureaux dans des capitales étrangères... mais aussi dans des lieux beaucoup plus exotiques. Championne toutes catégories de ce gaspillage, la Région Languedoc-Roussillon ne lésine pas sur les ambassades.

«Un des derniers faits d'armes de Georges Frêche : le 13 avril 2009, l'inauguration à New York d'une nouvelle Maison du Languedoc-Roussillon. Il y en avait déjà à Chengdu (ville de la République populaire de Chine jumelée avec Montpellier), Shanghaï, Londres, Milan, Bruxelles. (Le continent africain, Maghreb compris, n'a pas ses faveurs...) Des projets sont dans les cartons pour étendre le réseau diplomatique de la Région à São Paulo, Buenos Aires, Hanoï, Tokyo, New Delhi, Madrid, Barcelone, Berlin, Moscou... Pourquoi rien en Australie ? Dans les eaux des Maldives ? Pourquoi rien sur la Lune ?

Un aréopage d'une quarantaine de personnes a traversé l'Atlantique pour porter la nouvelle institution sur les fonts baptismaux : une demi-douzaine de fonctionnaires de la Région, autant d'employés de l'agglomération, cinq élus, douze journalistes (impertinents), des représentants de ce qu'on appelle la « société civile », membres de la faculté de médecine, de la chambre régionale de commerce et d'industrie, acteurs du monde viticole, etc. A quoi servira cette vitrine de la Région située à deux pas de Central Park, 10 East 53e Rue ? Nul ne le sait avec exactitude. On parle d'un outil d'aide à l'exportation financé par le conseil régional, au travers de la société d'économie mixte Sud de France Export.

Trois personnes y sont employées, chargées de mettre en relation les entreprises de la Région, en particulier les viticulteurs, avec des distributeurs américains potentiels. Des bureaux sont aménagés pour accueillir les réunions entre professionnels. Autant dire, si c'est là son seul objectif, que la Maison du Languedoc-Roussillon ne fera rien d'autre que ce que devrait faire la mission économique française de New York qui dépend des services de l'ambassade de France à Washington. Pourquoi donc, s'il n'y avait besoin que de bureaux, déployer pareils fastes dans un quartier ultra-chic, sous le regard des passants ? Combien coûte un local commercial - où il n'y a rien à vendre - de 200 m2 à quelques pas de la Cinquième Avenue, une des plus chères du monde ? Un flou complet entoure cette question. Selon les sources, les chiffres divergent. Georges Frêche parle d'«un million d'euros» pour l'ensemble des Maisons du Languedoc-Roussillon, soit «0,1 % du budget régional» (Midi Libre, 15 avril 2009), chiffre contredit par une délibération adoptée par le conseil régional le 20 décembre 2007. Il y était prévu, dans le budget 2008, pour sept Maisons du Languedoc-Roussillon dans le monde, une somme de 3,3 millions d'euros, dont 633 300 euros pour celle de New York. Pour 2009, il faut se référer à un document de présentation du budget, voté en séance le 19 décembre 2008 : la somme prévue pour le fonction nement des Maisons est encore de 3 millions d'euros... (Combien de fois le Smic ?)

Une chatte n'y retrouverait pas ses petits. Et le brave et bon contribuable, qui a vu ses taxes foncières régionales augmenter de rien moins que 87 % entre 2003 et 2009, qu'en pense- t-il ? (...)

Le conseil régional de Basse-Normandie s'est ainsi doté, en 2004, d'un «nouvel axe d'intervention» : la défense des droits de l'homme. Qui voudrait attaquer ces fameux droits ? Qui pourrait contester pareille orientation politique ? Ce « nouvel axe » a même été doté d'un budget annuel de 400 000 euros. Rien de moins. Une des premières actions mises en œuvre dans ce cadre a consisté, le 14 juillet 2004, à envoyer deux conseillers à la réception donnée par l'ambassadeur de France à Riga. Qui allaient-ils surveiller ? Les diplomates français, ou les autorités lettones ? Les uns et les autres sont réputés, comme chacun sait, pour la brutalité de leurs pratiques et leur mépris des libertés les plus élémentaires... Trois mois plus tard, les deux mêmes lascars, flanqués d'un collègue, sont allés passer quelques jours à Montréal, au congrès mondial contre la peine de mort. Au total, entre les pays connus pour défendre les droits de l'homme et ceux réputés les bafouer, on peut, bon an mal an, se concocter un agréable programme touristique autour du monde... Aux frais de l'électeur. » (...)

Très chères dépenses de communication

Potentats locaux, les présidents de conseils régionaux restent souvent des inconnus pour leurs électeurs et plus encore pour l'ensemble des Français. Certains d'entre eux rêvent pourtant à un destin national. Pour se faire connaître, une seule solution : investir massivement dans la communication. Sondages, réceptions, logos, journaux... tout y passe. Et, là aussi, les sommes dépensées font souvent tourner la tête.

«La Picardie est d'abord équipée - comme bon nombre de ses consœurs - d'une belle revue mensuelle, sur papier glacé, Agir en Picardie, distribuée gratuitement dans 810 000 foyers de la Région. Sa fabrication coûte plus de 1,2 million d'euros chaque année, sans parler de sa réalisation, ni du prix de sa distribution. Comme si un conseil régional avait à se transformer en entreprise de presse ! La Région a ensuite tenu à se munir d'une chaîne de télévision. Sans doute estimait-elle France 3 trop peu disponible pour parler d'elle, ou trop peu encline à cirer les pompes des conseillers régionaux... Cette dernière venue dans le PAF (paysage audiovisuel français) coûte la bagatelle de 2 millions d'euros au contribuable picard, somme dont on peut prédire qu'elle est purement et simplement jetée par les fenêtres. (...)

C'est ainsi, par exemple, que l'inévitable Georges Frêche, président divers gauche de la Région Languedoc-Roussillon, a récemment commandé un sondage pour savoir comment il était perçu par la population. Coût pour l'administré ? Une bagatelle : 85 000 euros. Le plus admirable dans l'affaire est que, pour ce prix, les administrés ont même eu le droit de savoir ce qu'ils pensaient du président de leur Région : 40 % d'entre eux, assurent les sondeurs, estiment que Georges Frêche est la personnalité qui incarne le mieux la Région, loin devant les regrettés Georges Brassens (6 %) et Jean Moulin (4 %). 85 000 euros qu'on est allé prendre dans la poche des contribuables pour ces enfantillages ! Et cela sans le moindre sentiment de honte ! (...)

Le nom de la Région Rhône-Alpes comportait un trait d'union, entre Rhône et Alpes. C'était insupportable. Cela torpillait, paraît-il, la dimension « fusionnelle » du territoire ! Il fallait réagir. Vite. C'est ce qu'a fait le député PS Jean-Jack Queyranne, peu de jours après son élection à la présidence de la Région en 2004. Il a envoyé le vieux logo aux oubliettes (cette « antiquité » datait de 2001 !), et en a commandé un tout neuf en prescrivant bien à l'agence de communication chargée de cette noble mission d'« avoir la peau » du trait d'union. Le résultat est très seyant. Pour exprimer le «dynamisme du conseil régional», on a choisi pour la composition des lettres un léger italique et une nouvelle teinte, prune, «contemporaine, chaleureuse et sensuelle», sélectionnée pour «symboliser la créativité, la force et la souplesse... avec une rondeur qui exprime une région solidaire», indique l'entourage du président au magazine Capital, qui dans son numéro de juillet 2008 précise à son tour : «La conception de cette petite chose est revenue à 73 000 euros. La campagne de communication lancée pour célébrer sa naissance a coûté 850 000 euros. Le remplacement de l'ancien logo sur les wagons de TER et sur le fronton des lycées a mobilisé au bas mot 300 000 euros. Au total, la région Rhône-Alpes (ou Rhône Alpes ?) aura donc dépensé 1,3 million d'euros pour se refaire une virginité visuelle.» (...)

En PACA, mêmes priorités sociales...: Michel Vauzelle,le président socialiste de région, a voulu se débarrasser de ce sigle opaque avant les Régionales, dans l'indifférence générale. Le coût de l'opération n'est ni symbolique ni publié. On n'en a plus de nouvelles de l'enquête...

Selon la commission d'enquête sur la fiscalité locale, désignée en 2005 par l'Assemblée nationale (président : Augustin Bonrepaux, PS ; rapporteur : Hervé Mariton, UMP), les budgets de communication ont, en un an, augmenté de 176 % en Bourgogne, 126 % en Auvergne, 71 % en Picardie, 57 % en Rhône-Alpes, etc. En Ile-de-France, les dépenses de communication de Huchon-Ronron sont passées en dix ans, de 1998 à 2008, de 4,8 à plus de 15 millions d'euros, soit une multiplication par plus de trois. Encore faut-il souligner que beaucoup de dépenses de communication ne sont pas individualisées en tant que telles, mais se dissimulent à l'intérieur d'autres chapitres budgétaires (action internationale, culture, action sociale, etc.). » (...)

L'océan sans fond des subventions

Elles sont l'arme fatale des Régions. Pas ou peu contrôlées, les subventions sont au bon vouloir des exécutifs. On y trouve de tout !

«En fait de clientélisme, la Région Poitou-Charentes n'est pas en reste. Elle a ainsi créé le FRIL (Fonds régional d'intervention local), qui finance des projets locaux dans la Région. Sur un montant de 8 millions d'euros d'investissements, 2 millions, soit près de 24 % des subventions de ce fonds, sont destinés à l'ancienne circonscription législative de Ségolène Royal, présidente du conseil régional, qui ne représente pourtant que 5,3 % des habitants de la Région.

Chaque Picto-charentais, selon ses goûts, doit ainsi pouvoir installer sur sa terrasse, dans son jardin ou sous son toit des « kits récupérateurs » du précieux liquide tombé du ciel, l'eau.
Très bien. Une enveloppe a été votée, 7 687,68 euros très exactement, et partagée entre 188 dossiers, c'est-à-dire que 188 administrés de la Région ont reçu chacun une quarantaine d'euros... Il n'est pas inutile d'indiquer une nouvelle fois, compte tenu de la taille du conseil régional en question, que le coût de chacun de ces dossiers peut être évalué à une centaine d'euros.
Autant dire qu'à l'absurdité de la mesure - qu'est-ce que 40 euros au regard du coût d'un récupérateur, quand les équipements les plus modestes, qui rendent des services très imparfaits, coûtent environ 200 euros ? - s'ajoute la stupidité des frais à engager pour traiter ces dossiers. Un effet d'affichage, mais du gaspillage à l'état pur. (...)

En Bourgogne, le clientélisme chez Patriat prend des formes pittoresques. Du moins quand il se manifeste par des subventions que le conseil régional accorde à des associations. En 2007, l'assemblée régionale a par exemple trouvé 4 000 euros pour développer les échanges entre éleveurs bourguignons et touaregs, 15 900 euros pour encourager la découverte des musiques et des contes du monde, 18 000 euros pour la formation de trois jeunes rugbymen sud-africains, et notamment 25 000 euros pour l'intégration sociale par la pratique musicale amplifiée. Cette «pratique musicale amplifiée» est une trouvaille qui méritait bien 25 000 euros !

Soucieuse de donner un petit coup de main à ses électeurs potentiels, la Région Rhône-Alpes n'hésite pas, elle, à subventionner les syndicats. Quel est le lien entre cette disposition et ses compétences ? Mystère. Dans son budget 2007, 400 000 euros étaient ainsi destinés aux syndicats, mesure qui venait «en appui au dialogue social territorial». Peut-être les manifestations y sont-elles plus conviviales ? La CGT, pour sa part, a reçu un petit tiers de cette manne, soit 118 000 euros. Autant que les travailleurs clandestins ne verront pas et qui ne profitera pas aux sans logis ! De quoi en revanche fabriquer quelques banderoles... et avoir un peu de tranquillité sur le front social territorial. (...)

(En Ile-de-France) ont par exemple été distribués :

12 000 euros pour une «caravane de formation au journalisme participatif» ;
20 000 euros pour «les vies prolétaires, les images, l'engagement et l'intime» ;
7 000 euros pour la «coordination des collectivités portugaises de France» afin de «sensibiliser un peu partout dans le pays la communauté portugaise aux élections européennes de 2009» (il faut signaler que le président de l'association figurait sur la liste socialiste des municipales 2007 dans le XIVe arrondissement de Paris...) ;
18 000 euros pour l'Association des Marocains de France et ses projets « Caravane de la mémoire vive » et« Découverte de la citoyenneté européenne » ; 13 500 euros pour l'association Jupes et Talons afin qu'elle organise des «groupes de travail et d'expression avec des femmes et des jeunes filles des quartiers sur le thème de la mobilité des femmes et des questions d'identité, des relations filles-garçons...» ;
6 000 euros pour l'action « atelier citoyenneté-participation citoyenne et solidaire des femmes », au profit de la Maison des femmes de Paris, dont le but est notamment d'«accueillir les activités de différents groupes, collectifs ou associations féministes et/ou lesbiennes», «favoriser l'accès des femmes au droit à l'avortement», «lutter contre l'oppression spécifique des lesbiennes»... (...)

Sans parler des aides que la Région apporte à des travaux universitaires ou scientifiques, dont on se demande bien ce qu'ils ont à voir avec la raison d'être de la Région.
20 000 euros ont ainsi été payés pour un programme d'études sur les écrevisses pour une fédération de pêche ;
25 000 euros ont été versés pour étudier les mécanismes du déclin du moineau domestique ;
7 500 euros pour une thèse sur la transformation des formes d'autorité chez les Inuits du Nunavik et l'émergence de la figure du leader politique au XXe siècle... (...)

La majorité régionale (de Poitou-Charentes) a attribué, par délibération du 10 juillet 2006, une subvention de 30 000 euros pour aider les universités d'été d'Attac qui se sont tenues à Poitiers en août 2006. Cette somme était supérieure à celle attribuée en 2005 au même mouvement pour le même motif : 20 000 euros. En 2006, le même conseil régional a également attribué 2 000 modestes euros à la Confédération paysanne de José Bové et 1 000 encore plus modestes euros à l'UNEF (Union nationale des étudiants de France). Tout cela avait-il quelque chose à voir avec le fait que la présidente de la Région avait le projet de présenter sa candidature à la présidence de la République ? C'est évidemment impossible à prouver. » (...)

Lire aussi PaSiDupes sur les détournements de subventions en Région PACA au profit de la circonscription marseillaise de la socialiste Sylvie Andrieux

Les dépenses délirantes des TER

Voici, sans doute, les dépenses les plus incroyables auxquelles se livrent nos Régions. Après avoir investi dans de rutilants et rapides trains express régionaux, les collectivités se sont aperçues qu'ils roulaient au ralenti tant les voies de chemin de fer étaient mal entretenues. Malheureusement, ni la SNCF ni l'Etat ne veulent - ou plutôt ne peuvent, faute de moyens - remplir leurs devoirs. Du coup, pour ne pas subir les foudres des usagers, les Régions se sont résolues à prendre en charge leurs réparations et leur entretien. Des sommes colossales sont en jeu. Mais ce n'est pas tout. Pour être «écologiquement correctes», les Régions privilégient le rail aux dépens de la route, qui pourtant reviendrait moins cher...

«Avec 56 centimes d'euro au kilomètre (58 en 2007), le TER (du Limousin) est le plus cher de France. Ce prix du voyageur au kilomètre s'obtient en divisant les charges d'exploitation par le trafic en voyageurs au kilomètre. Ces 56 centimes d'euro au kilomètre peuvent être comparés, toujours pour 2008, avec le prix voyageur au kilomètre qui s'élève à 21 centimes d'euro en Picardie. Mais la Picardie compte 1 886 000 habitants pour une superficie de 19 311 km2 contre 725 308 habitants et une surface de 16 942 km2 pour le Limousin. Avec 28 voyageurs en moyenne dans chacun des douze AGC de 210 places, les TER du Limousin n'ont qu'un taux de remplissage de leurs rames de 13 %, contre 35 % en moyenne dans le reste de l'Hexagone. C'est pourquoi, dans un souci d'économie, les TER du Limousin ont rénové 18 autorails diesel X2200 à une seule voiture (datant de 1985), qui ont l'avantage, à la vitesse maximum de 120 km/h, de ne transporter que 53 passagers assis...

A l'évidence, les 28 passagers en moyenne tiendraient facilement dans un bus, ce qui reviendrait beaucoup moins cher. Avec 105 passagers en moyenne par TER en 2008, la Picardie fait, elle, rouler ses trains à moitié vide ou à moitié plein. Cette Région est maillot jaune dans l'Hexagone pour le taux d'occupation des TER.

Sur son budget 2009 de 774,9 millions d'euros, le conseil régional de Bourgogne a consacré 210 millions d'euros aux transports, soit 28 % (dont 25 % aux TER), contre 158 millions et 148 millions d'euros respectivement à la formation professionnelle et aux lycées. (...)

En Ile-de-France, le choix du Francilien a des conséquences financières dignes d'un sketch à la Raymond Devos, un sketch à 2 milliards d'euros. Ce nouvel automoteur Transilien a été commandé avec un plancher haut (97 cm) pour desservir les gares du Transilien, qui sont à 85 % des gares à quai bas (le plus souvent à 55 cm).
Pour assurer une bonne accessibilité, de plain-pied, comme l'exige la loi de 2005 sur les PMR (personnes à mobilité réduite), la plupart des quais des 254 gares du Transilien en Ile-de-France devront être rehaussés de près d'une quarantaine de centimètres. Il faudra ensuite revoir les accès aux quais depuis la voirie, en passant par la gare, créer des rampes d'accès, reconfigurer les accès souterrains, déplacer les ascenseurs et les passerelles. Une kyrielle de travaux pour une addition colossale qui pourrait dépasser les 2 milliards d'euros, à échéance 2017-2018, et à partager entre Réseau ferré de France (RFF) et le Syndicat des transports d'Ile-de-France (Stif). Ce dernier se serait-il trompé de hauteur de quai en rédigeant sa commande à Bombardier ?

Pas du tout, car il existe cinq hauteurs de quai différentes en région parisienne, héritage de la création de la SNCF à partir de la fusion de six réseaux privés en 1938. La Région a choisi de privilégier les quais les plus hauts, d'une hauteur de 92 cm, pour deux raisons. La première : plus le quai est haut, moins les voyageurs traversent les voies. La deuxième : plus le quai est haut, plus la charge utilisable sous les rames est grande. Cette hauteur optimale de 92 cm pour les quais et de 97 cm pour le Francilien (la marge de 5 cm permettant que, malgré l'usure des roues et le poids de son chargement, le train affleure légèrement au-dessus du quai) avait été définie pour les trains en Ile-de-France au début des années 1990 par un rapport des Ponts et Chaussées. La Région a décidé de prendre cette étude et les conseils de la SNCF pour argent comptant.

Conséquence : sur la ligne Paris-Luzarches, les employés de RFF ont posé des balises à l'entrée des gares pour que le Francilien puisse distinguer une gare à quai haut d'une gare à quai bas et entreprenne de déployer, ou pas, ses deux marches mobiles pour les PMR. Le système provisoire de marche mobile impose en outre de « raboter » les quais supérieurs à 55 cm. Pas vraiment productif quand on sait que tous ces quais seront par la suite rehaussés à 92 cm... » (...)

Vous avez sans doute connaissance d'autres gabegies: n'hésitez pas à les partager avec PaSiDupes.

Sources : «Régions, le grand gaspi», de Robert Colonna d'Istria et Yvan Stefanovitch. Le Rocher, 310 p.

mercredi 14 avril 2010

PS: Aubry cherche comment mater Georges Frèche

Le bureau national veut reprendre en main le Languedoc-Roussillon

Un mois à peine après avoir encaissé l'élimination au premier tour de sa candidate Hélène Mandroux aux régionales, la direction du parti a mis en place une commission pour remettre de l'ordre dans ses fédérations, mardi soir, suite à la dissidence des socialistes restés sur les listes de Georges Frêche (à gauche, appuyé sur sa canne vivante, le dissident Navarro)

Le Languedoc-Roussillon en sursis

Cette commission spéciale anti-Frêche a pour mission de régler la situation complexe dans la région.


Son objectif officiel vise à «permettre de retrouver le chemin du dialogue, de la réconciliation et de la rénovation dans l'ensemble du Languedoc-Roussillon». Elle sera placée sous le contrôle direct de François Lamy, le bras droit de Martine Aubry.

Déjà exclu du parti, l'affreux Jojo (DVG) s'était vu opposer une liste concurrente présentée par le PS, après des propos antisémites visant le camarade Laurent Fabius. Lire PaSiDupes
Président sortant de la région, Georges Frêche avait été facilement réélu. Mais, en connaissance des statuts du parti, ses 58 colistiers, qui avaient choisi de rester sur la liste de Georges Frêche, s'étaient exclus eux-mêmes du PS pour une durée de deux ans. Or, parmi eux, figurent des poids lourds locaux : deux sénateurs, deux présidents de conseil général, cinq premiers secrétaires fédéraux et plusieurs maires.

Sauver la marionnette Mandroux

La direction du PS se juge en position de force pour reprendre en main ses fédérations.
Le 31 mars dernier, un allié de Georges Frêche, Didier Codorniou, a en effet été débouté par la justice devant qui il avait dénoncé l'investiture socialiste d'Hélène Mandroux. Selon lui, l'acte était contraire aux statuts du PS. Confortée par la justice, la Rue de Solferino veut désormais pousser son avantage et forcer les dissidents à rentrer dans le rang. «Nous allons remettre de l'ordre. D'abord, en faisant voter les militants pour redésigner des premiers secrétaires fédéraux et des équipes fédérales. Ensuite, nous examinerons le comportement des fédérations pendant le vote», indique un proche de Martine Aubry.

=> L'une d'entre elles sera plus particulièrement observée : l'Hérault.
La direction du PS dispose d'une carotte : le prochain scrutin sénatorial. «Pour l'instant, les dissidents sont exclus pour deux ans. Sauf peut-être ceux qui se montreraient sages et qui pourraient peut-être être investis», indique-t-on en soulignant l'usage massif du conditionnel. D'ici là, le PS a le temps.

=> Sa priorité est de protéger Hélène Mandroux
Le parti a envoyé la maire de Montpellier défier Georges Frêche. Depuis, dans son conseil municipal, elle subit le harcèlement d'une majorité frêchiste. Or, pendant les régionales, le potentat du Languedoc-Roussillon avait menacé de la faire débarquer après les élections. Il n'est pas encore passé à l'acte.

Duel Aubry-Frêche

Contestée, le Premier secrétaire doit mater les frondeurs


Tout au long de la campagne des régionales, le baron régional s'est violemment opposé à Aubry. De son côté, la première secrétaire a préféré «sacrifier» le Languedoc-Roussillon plutôt que de se satisfaire d'une victoire de Frêche en se pinçant le nez. La passe d'armes entre les deux n'est donc pas terminée.

À l'issue des régionales, Frêche avait ainsi annoncé une tournée «anti-Aubry» partout en France.
La grande purge socialiste
Dans la chasse aux sorcières socialistes, Gérard Collomb est le prochain sur la liste noire du bureau national.