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dimanche 14 juin 2015

Fédération PS: Martine Aubry perd le Nord

Elle a fait son temps et n'a aucune excuse

Le ralliement de Martine Aubry à la motion Cambadélis et le parachutage de François Lamy à Lille ne sont que prétextes

Le parachutage par Martine Aubry à Lille du député de l'Essonne François Lamy fin décembre n'aura pas arrangé ses affaires. "Je viens vivre et militer à Lille", s'était contenté d'indiquer l'ancien maire de Palaiseau, sans que les Lillois ne comprennent ce qu'il venait faire là. Le député de l’Essonne était pourtant connu depuis décembre 2008 comme conseiller politique de la première secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry et il s'est par ailleurs beaucoup investi dans les élections internes à la fédération PS du Nord. Lui faire porter la responsabilité du désamour local pour la maire de Lille paraît toutefois abusif et destiné à désormais lui nuire personnellement. 
On peut toutefois concevoir aisément que l'ascension de Lamy doive plus à Martine Aubry qu'à l'aura individuelle de cet ancien instituteur.
En mai 2012, après la victoire de François Hollande à l’élection présidentielle, il entra au gouvernement de Jean-Marc Ayrault, au poste de ministre délégué chargé de la Ville, comme représentant de la tendance aubryste. Le 23 mai 2012, il annonça sa démission du poste de maire de Palaiseau. En juin 2012, il remporta l'élection législative avec 57,77 % des suffrages, il fut confirmé dans le second gouvernement Ayrault et laissa même son siège à son suppléant Jérôme Guedj lequel perdit le Conseil départemental de gauche en mai 2014 et rendit à Lamy, ministre jusqu'au 31 mars 2014, son poste de député.
Hollande et Royal ont obtenu la disgrâce de la Ch'tite de Lille
Affirmer qu'il aurait pour autant cristallisé le malaise qui flottait depuis des mois chez les militants socialistes serait une manière de dédouaner la Ch'tite maire. A 65 ans, celle-ci sature en fait la population par son autoritarisme et son complotisme. Depuis juillet 1997, elle n'est déjà plus députée. Aujourd'hui, Gilles Pargneaux, secrétaire de la 'fédé' 59 depuis dix ans, soutenu par Aubry et Lamy, a  été nettement devancé par Martine Filleul, adjointe lilloise de Martine Aubry, et surtout femme lige du ministre de la Ville Patrick Kanner, donc apprécié du couple Ségollande à la différence de Martine Aubry. Gilles Pargneaux a été contraint de retirer sa candidature afin d’éviter une implosion de la section.
A l’aube du vendredi 12 juin, la fédération PS du Nord était meurtrie. François Lamy semblait le seul à ne pas admettre la défaite, "froid et hautain", notaient les rares journalistes présents. "Un vrai ras le bol de Gilles Pargneaux" venait de s’exprimer dans les urnes, selon les observateurs, et la maison Aubry en est ébranlée.

Lot de consolation pour un aubryste nommé numéro 2

La maire de Lille avait boudé la rue Lyderic, siège du PS Nord, ce jour-là. Le camp Filleul et le camp Pargneaux ont veillé à éviter de s’écharper en nommant l’aubryste Roger Vicot, numéro deux, chargé des élections: signe d'égard rétrospectif des militants à l’ancienne première secrétaire du PS. Le maire de Lomme était supposé succéder à Gilles Pargneaux en cours de mandat, si ce dernier avait été réélu. "Roger Vicot a une excellente image de marque. Elle aurait pâti de cet accord. C’est plutôt une bonne chose pour lui que Pargneaux soit battu", dit l’ancien maire de Tourcoing, Jean-Pierre Balduyck.

Mais l’étoile de la maire s’assombrit
: son cinglant courrier anti-Filleul, envoyé deux jours avant le vote, a choqué les militants de l'aile gauche du PS. Les supporteurs du 3e candidat, le politologue Rémi Lefebvre, journaliste professionnel, rédacteur en chef des publications de l'OURS et partisan de la motion B des frondeurs à Poitiers) ont décidé pour moitié d’entre eux de voter Filleul dès le premier tour…
M. Kanner, sous la pression de l’exécutif, a finalement retiré son soutien à M. Filleul, à un jour du vote. "Un double jeu", dénoncent les soutiens de M. Aubry qui y voit la main de Manuel Valls, le premier ministre qui n’aurait eu "qu’un coup de fil à passer" pour que tout cela cesse.

Le ralliement d'Aubry à Cambadélis est vécu comme une trahison du Nord 

Cambadélis - Aubry
Dunkerque, Wattrelos ou Tourcoing ont voté nettement Filleul. L’ancienne professeur de lettres, sociologue urbain, est supposée représenter le renouveau. Mais elle a déjà 62 ans, et ceux qui l’ont soutenue ruminent depuis vingt ans leur rancœur contre Martine Aubry: Bernard Roman et Michel Delebarre, écartés du beffroi lillois par Pierre Mauroy, ou encore Bernard Derosier, ancien président du Conseil général du Nord. Moyenne d’âge du trio, 70 ans.
Et si Martine Aubry a été lâchée par certains de ses anciens fidèles, tels Yves Durand ou Alain Cacheux, des députés qui l’avaient accueillie à bras ouverts quand Mauroy l’avait imposée, ceux-ci sont aussi des quasi septuagénaires…
Certes,
Martine Filleul a obtenu le soutien de l’aile la plus à gauche des socialistes, décontenancée par le ralliement de Martine Aubry à la motion Cambadelis, mais si l’on observe plus attentivement l’âge des militants qui ont voté massivement Pargneaux dans des villes comme Roubaix, Lomme, Denain, Gravelines, on y trouve de nombreux trentenaires. "Admirateurs d’Aubry plus que de Pargneaux", avance l’un d’entre eux.

La désignation d'un rebelle à l’autorité d’Aubry, le député-maire de Wattrelos, Dominique Baert, comme porte-parole de Martine Filleul, car partisan affiché du cumul des mandats, ne plaide guère en faveur du renouveau.
L’hypothèse du parisien Lamy pour succéder à Aubry sous le beffroi s’est bien éloignée. L'ex-élu de l'Essonne est devenu l’homme à abattre pour bon nombre de militants du cru. 

"Tout cela devient bien compliqué à l’approche des régionales, constate la nordiste Sandrine Rousseau, porte-parole nationale d’Europe Écologie-Les Verts et complotiste subalterne du tandem Aubry-Duflot. J’espérais que le Nord-Pas-de-Calais incarne une sorte de village gaulois défendant de vraies valeurs de gauche, proches de nous les écologistes… On en est loin…", déplore la candidate aux régionales. 
Son camarade socialiste, Pierre de Saintignon (ci-contre à gauche, famille noble lorraine propriétaire d’usines sidérurgiques), premier vice-président (PS) de la région Nord-Pas-de-Calais et premier adjoint de Martine Aubry à la mairie de Lille, est tête de liste aux régionales, avec une frondeuse proche de Martine Aubry, la député-maire de Denain, Anne-Lise Dufour, et la présence de l’ex-ministre... François Lamy (7e),  "l'homme à abattre", ou l’élue lilloise Charlotte Brun (10e), compagne d’Emmanuel Maurel, figure de l’aile gauche du PS.

lundi 8 juin 2015

Nord: Hollande veut la peau de Martine Aubry

Sur un siège éjectable, la maire de Lille pourrait être privée de sa fédération

Kanner veut la place
Ils pourraient se blesser...
"Il ne faudrait pas que le Nord pollue tout le congrès", redoutait un proche de Manuel Valls, alors que l’unique enjeu de ce weekend est d’afficher l’unité retrouvée de la famille socialiste. "Il y a quelque chose d’étonnant à mettre en relation la situation à l’intérieur d’une fédération et une menace d’expression susceptible de nuire à la cohérence et à l’unité des socialistes", avait mis en garde le Vallsiste Jean-Marie Le Guen, chef de file du Pôle des Réformateurs. 
Or, concurrencée sur ses terres par ses rivaux au sein du Parti socialiste, la maire de Lille n'a pas donné de la voix à Poitiers samedi après-midi, juste après Manuel Valls, sa "tête de turc favorite". Le Catalan s'est donc envolé pour Berlin, en jet privé gouvernemental... Sans Kanner qui, jusqu'à plus ample informé, est pourtant son ministre de la Ville, de la Jeunesse et des... Sports. Le prétexte d'une rencontre avec Platini, le patron de l'UEFA, à l'occasion du caprice du premier ministre de soutenir son équipe en finale de Ligue des champions à Berlin, le Barça, est donc très faible.
Commencé vendredi dans l'appréhension, le 77e congrès socialiste a fini dans le calme et l'hypocrisie des baisers sur la bouche. Le vote des militants, qui ont opté à 60% pour la motion de Jean-Christophe Cambadélis soutenue par l'exécutif, a en effet tué le match annoncé. Le Nord a donc logiquement apporté son écot: la fédération a voté à plus de 70% pour la motion 'Camba', reléguant les frondeurs au rôle de figurants. "Cela a surtout évité à la maire de Lille d’avoir à se compter dans sa fédé", décrypta un hollandien. 
Reste toutefois un part de suspense : Martine Aubry devra-t-elle rendre les clés de la fédération ? Seul est clair le motif du ralliement de la Ch'tite de Lille à la motion Cambadélis: sauver une peau dont on ne donne déjà plus cher. N'avait-elle pas assuré le service minimum, s’affichant aux côtés de Claude Bartolone en Seine-Saint-Denis, et sur ses terres nordistes?

Dans le Nord, pro et anti-Aubry s'affrontent. La spécialiste du complot a enregistré des retours de boomerang en nombres. Pour comprendre les raisons de la possibilité de sa mise à l'écart, il faut observer les remous en eaux troubles de la fédération PS du Nord. Jeudi, les adhérents ont élu le premier secrétaire de cette fédération, l'une des plus importantes du parti. Le  candidat sortant au poste est l'eurodéputé aubryste Gilles Pargneaux. Or, comme le rapportent L'Opinion et Libération, les adversaires locaux de Martine Aubry poussent une autre candidate, Martine Filleul (ci-dessus à droite), la candidate poussée par le ministre de la Ville et tout ce que le département compte d’anti-aubrystes, du ministre Patrick Kanner au député Bernard Roman en passant par l’ancien maire de Dunkerque et sénateur, Michel Delebarre (préfet hors-cadre, sans avoir jamais été préfet).

Le duel Aubry vs Kanner

Ce bras de fer aurait pu enflammer  ce congrès. Car à la tête des anti-aubrystes, on trouve Patrick Kanner, ci-contre, nommé ministre de la Ville lors du remaniement d'août dernier, non sans arrière-pensée, puisque cet président du Conseil général du Nord depuis 2011 avait pourtant adressé de vives critiques au gouvernement sur la réforme territoriale annoncée. Depuis, Martine Aubry n’a pas pardonné à son ancien adjoint de s’être passé de sa bénédiction pour entrer dans le gouvernement Valls, en août 2014, à 57 ans. Elle refuse d'ailleurs qu'on le présente comme l'un de ses proches. Depuis, les relations entre ces deux barons du Nord sont glaciales. En décembre dernier, Patrick Kanner s'était d'ailleurs ému dans un entretien que sa nomination ait été passée sous silence par le journal municipal de Lille...
La fédération compte un peu plus de 5.000 encartés, là où ils étaient plus de 11.000 à jour de cotisation en 2007. En novembre, les élus socialistes du Nord, Patrick Kanner compris, ont appris par la presse, stupéfaits, l’arrivée de François Lamy, député de l’Essonne, fidèle lieutenant de Martine Aubry, dans le département, chargé d’une improbable mission à la mairie.

A Poitiers, Martine Aubry a adopter un profil bas. S'exprimera, s'exprimera pas à la tribune ? Le député PS François Lamy, l'un des fidèles de Martine Aubry, affirmait qu'elle ne parlerait pas. "Il n'en a jamais été question", avait-il assuré à La Voix du Nord. Elle a joué la grande muette et plusieurs représentants de l'aile gauche du PS lui en tiennent rigueur. Le Congrès de Poitiers, dans la capitale de... Poitou-Charentes,  était verrouillé.

Martine Aubry sera-t-elle renversée dans sa propre fédération ? La réponse doit tomber jeudi 11 juin, lors de l’élection par les militants locaux des premiers secrétaires fédéraux. A OK Corral, l'ex-concubine présidentielle battue en 2007 sera-t-elle vengée de la magouille qui l'a ensuite également privée de la direction du parti lors du congrès de Reims en 2008: Martine Aubry avait été élue premier secrétaire avec 50,04 % des voix.

jeudi 9 janvier 2014

Mise en examen de Kucheida, ex-député PS du Pas-de-Calais

Bastion socialiste à nouveau ébranlé: après Dalongeville, Kucheida 

L'ex-député PS du Pas-de-Calais, en délicatesse avec la justice

L'homme de fer du 62, 71 ans,
a revêtu son gilet de sauvetage
L'ancien député-maire socialiste de Liévin (62), Jean-Pierre Kucheida, a été mis en examen mercredi soir pour corruption passive et recel d'abus de biens sociaux, dans le cadre d'une enquête financière au coeur de la fédération socialiste de ce département.

Deux chefs d'entreprises ont également été mis en examen pour corruption active et abus de biens sociaux, ainsi qu'un fonctionnaire territorial pour corruption active et recel d'abus de biens sociaux. Les quatre ont été placés sous contrôle judiciaire.
"Aucune des entreprises n'a obtenu des marchés à la ville de Liévin pendant que Jean-Pierre Kucheida en était le maire, donc ces faits de corruption n'existent pas", a logiquement prétendu son avocat Me Frank Berton, qui a annoncé son intention de déposer une requête en annulation de la mise en examen de son client.

L'ouverture d'une information judiciaire contre X, ouverte l'été dernier, faisait suite à une enquête préliminaire visant notamment Jean-Pierre Kucheida, ouverte par le Parquet courant 2011 à la suite de dénonciations de Gérard Dalongeville, ancien maire PS d'Hénin Beaumont, second couteau mais bouc émissaire.
Condamné en août 2013 -après l'élection présidentielle- par le tribunal correctionnel de Béthune (Pas-de-Calais) pour détournements de fonds publics, comme en PACA par les soins de la députée Sylvie Andrieux, il avait décrit par écrit des malversations destinées à financer la fédération PS du Pas-de-Calais, la troisième de France. Il y dénonçait un système de financement occulte organisé autour de deux organismes, le bailleur social Soginorpa et la société d'économie mixte Adévia - toutes deux un temps présidées par Jean-Pierre Kucheida - pour alimenter les finances du PS local.

Enrichissement personnel et familial

Mais les éléments qui ont donné lieu aux gardes à vue de l'ancien maire de Liévin et des trois autres personnes poursuivies dans cette affaire "ont trait à de l'enrichissement personnel, lié aux personnalités et non pas aux fonctions d'élus", soutient une source aussi anonyme que proche de l'enquête. "On est davantage sur un ordre d'enrichissement privatif; on n'est absolument pas dans un financement d'une structure quelle qu'elle soit", a ajouté cet inconnu si bien informé, évoquant un financement de patrimoine particulier, histoire de dédouaner le Parti socialiste...

L'ancien député, qui a évoqué à sa sortie du palais de justice 160.000 euros de travaux sur sa maison de Liévin et sa résidence secondaire dans les Alpes, réfute les accusations qui pèsent sur lui. "Il n'y aucun doute sur mon honnêteté", a déclaré sur les marches du palais Jean-Pierre Kucheida.

Pourtant, le 17 octobre 2012, Jean-Pierre Kucheida est mis en garde à vue avec sa fille Marie, artiste. 
La justice s'interroge sur les prestations, dont une exposition photos de la petite Marie, facturées de 12.000 euros à la Soginorpa, alors dirigée par son papa-gâteau.

jeudi 11 avril 2013

Hollande, mouillé dans le procès Teulade

Le chef de l'État va être cité comme témoin lors du procès de son ancien suppléant en Corrèze. 


René Teulade réconforté par
son ami François Hollande
"Le Point" publie des documents embarrassants.

Le chef de l'État rattrapé par la justice : le procès en appel, le 15 mai, du sénateur socialiste René Teulade dans le scandale de la Mutuelle de retraite de la fonction publique (MRFP). Selon les informations du magazine d'information, le président de la République devrait être cité comme témoin devant la Cour d'Appel de Paris qui jugera pour "abus de confiance" celui qui fut également son ancien député suppléant en Corrèze de 1997 à 2002. Le comité d'information et de défense des sociétaires (CIDS) de la MRFP veut faire entendre l'actuel président de la République. 

Il est impossible de contraindre François Hollande, compte tenu de son statut de chef de l'État, à répondre à cette convocation. Néanmoins, durant la campagne présidentielle, François Hollande avait pris l'engagement de rompre avec les anciennes pratiques , affirmant qu'il répondrait à toute convocation concernant le Parti socialiste du temps où il en était le premier secrétaire.

En 2011, le pape de la mutualité française, ministre des Affaires sociales du gouvernement Bérégovoy, premier ministre socialiste mort dans des circonstances troubles, avait été condamné en première instance à 18 mois de prison pour avoir profité d'avantages indus
La proximité entre René Teulade et François Hollande est telle que le 20 octobre 2012, lors de son discours de clôture de la Mutualité française, le président de la République lui a rendu un hommage appuyé avec ces mots : "René Teulade auquel je suis lié par une fidélité corrézienne."

Lourde ardoise à la charge des mutualistes

Le nom de François Hollande apparaît dans le dossier d'instruction et dans le jugement,
au chapitre des associations proches du PS hébergées par la mutuelle. En fait, François Hollande fut de 1984 à 1986 l'éphémère trésorier de Cause commune, l'association présidée par Danielle Mitterrand. Or, cet embryon de la Fondation France Libertés a laissé une ardoise de 156 860 francs dans les comptes de la fameuse mutuelle. Et à la charge de ses adhérents.  "Je n'avais pas connaissance des conditions du bail, ignorant même s'il y avait un bail ou pas", a justifié François Hollande lors de son audition par la PJ, le 24 avril 2006. 

Or, dans le jugement rendu en 2011 par le tribunal de Grande Instance de Paris, on apprend qu'un certain Georges Petret, directeur technique de la société patrimoniale de la MRFP, a affirmé sur PV en date du 31 janvier 2001 qu'il avait écrit à François Hollande le 26 juin 2000 pour l'informer que "certains administrateurs permanents de la mutuelle étaient bénéficiaires d'un grand nombre d'avantages qui ne respectaient pas l'esprit mutualiste". Il était notamment question du logement que René Teulade occupait d'abord comme président puis comme président honoraire au 8, rue de Solférino, dans le 7e arrondissement à Paris. Un appartement mitoyen du propre bureau de François Hollande, alors premier secrétaire du PS, situé au 10 de la même rue. Pour la petite histoire, c'est par cette proximité géographique que Teulade avait justifié cet avantage : "Cet appartement ne pouvait être attribué à n'importe qui..."

Cette affaire arrive presque en même temps que la convocation du chef de l'État, cité comme témoin par Gérard Dalongeville, l'ancien maire PS d'Hénin-Beaumont, dans le procès sur les malversations de la fédération socialiste du Pas-de-Calais.
 Le sursis n'est pas fait pour les chiens.
Les pinguoins, peut-être...

mercredi 12 décembre 2012

Le Bureau du Sénat lève l'immunité de J.-N. Guérini (PS)

Jean-Noël Guérini au ban du Sénat 

Pour la deuxième fois ! 

Le Bureau de la Chambre haute a levé l'immunité parlementaire du sénateur PS Jean-Noël Guérini.
La justice souhaite le placer en garde à vue pour l'interroger sur un dossier "à caractère mafieux"
A l'origine de la demande, le juge marseillais Charles Duchaine voit "une ou plusieurs raisons plausibles" de soupçonner le président du Conseil général des Bouches-du-Rhône.


Une première levée d'immunité du sénateur PS avait été votée en mars 

Jean-Noël Guérini, 61 ans, a été mis en examen le 8 septembre dans une affaire de corruption en relation avec des marchés publics pour:
- complicité d'obstacle à la manifestation de la vérité,
- trafic d'influence,
- prise illégale d'intérêt
- association de malfaiteurs en vue du trafic d'influence
- et recel de trafic

dans un dossier impliquant son frère Alexandre, patron de quatre décharges, mis en examen le 1er décembre 2010, puis un temps écroué, pour " abus de biens sociaux, détournement de fonds et de biens publics, recel, blanchiment, trafic d'influence, corruption active et détention de munitions ".


Dans le cas du frère aîné, la demande de levée d'immunité visait à contraindre l'élu socialiste à répondre aux convocations et aux questions du juge.


Le Bureau du Sénat prend la précaution de préciser
 qu' "il ne se prononce ni sur le fond du dossier, ni sur l'exactitude des faits, ni sur la procédure suivie par le juge" et de rappeler "que la présomption d'innocence bénéficie aux parlementaires comme à n'importe quel citoyen".


La "Ligne claire" associait G. Collomb et Manuel Valls à Guérini

Ici, deuxième à gauche,
entrePeillon, Royal et Rebsamen
Au tumultueux congrès PS de Reims (2008), Jean-Noël Guérini, Gérard Collomb et Manuel Valls, présentaient la même contribution. Puis, dans un rapport interne de décembre 2010 (et publié par Le Point1), Arnaud Montebourg, député inquiet de certaines dérives et de leur effet sur l'image du parti, recommanda la mise sous tutelle de la fédération des Bouches-du-Rhône,  ainsi que la destitution de son président, Jean-Noël Guérini. Ce rapport dénonçait notamment " un système de pression féodal reposant sur l'intimidation et la peur " et met en garde contre des " dérives les plus graves dans l'usage de l'argent public ".
Mais la Ch'tite Aubry laissa le rapport en sommeil pour se ménager la quatrième fédération socialiste de France... Montebourg se sent désavoué et humilié, tandis que Jean-Noël Guérini peut déclarer qu'il démissionnera uniquement si tous les élus socialistes condamnés ou mis en examen quittent leurs fonctions.

D'autres élus socialistes "vertueux" sont rattrapés par la Justice 

Ancien député européen (2004-2008), le sénateur Robert Navarro, 60 ans, est lui visé dans un dossier d'abus de confiance touchant aux frais de fonctionnement de la fédération PS de l'Hérault. Il n'a pas encore été entendu, et la juge d'instruction montpelliéraine Sabine Leclercq envisage à son encontre des mesures coercitives, en l'occurrence un placement sous contrôle judiciaire après mise en examen, selon une source proche du dossier. 


La limitation du cumul des mandats ne règle pas tous les problèmes.
 un Ex-responsable syndical SNCF et sénateur (depuis 2008), Navarro fut en effet vice-président de la Communauté d'agglomération de Montpellier (2001-2004), bien qu'installé conseiller régional du Languedoc-Roussillon depuis 1998. Son cas comme celui de Guérini, maire de secteur à Marseille depuis 1995, sénateur et président du Conseil général des Bouches-du-Rhône
depuis 1998, ou de Jean-Pierre Kucheida, conseiller général (1981-88) et député du Pas-de-Calais depuis 1986, mis en garde à vue en octobre 2012  (financement occulte du PS, emplois fictifs et prise illégale d'intérêts) pose la question du nombre de mandats successifs.


Leurs juges vont-ils recevoir des lettres de soutien de Hollande et Valls ?
Ou Valérie Trierweiler jouit-elle d'un régime de faveurs ?
Liens PaSiDupes
1 - " Hollande et Valls exercent des pressions sur la justice ": Hollande et Valls écrivent au juge du procès des biographes de Trierweiler"
2 - "Procès Trierweiler: l'interventionnisme de Hollande fait débat": Le président socialiste se place au-dessus de sa charte de déontologie

mardi 16 octobre 2012

PS: deux Kucheida en garde à vue pour abus de biens sociaux

Le maire de Liévin est entendu mercredi pour "abus de biens sociaux "


La puissante TPME familiale Kucheida va-t-elle devoir fermer ?



Jean-Pierre Kucheida, maire de Liévin depuis 1981, entame mercredi matin un marathon judiciaire. C'est avec sa fille que le maire de Liévin, député sortant du Pas-de-Calais, est convoqué au commissariat de Douai pour une probable double garde à vue. 

La justice s'interroge sur les prestations de "Maryka" - nom d'artiste de Marie Kucheida - pour la Soginorpa, organisme gérant des logements sociaux dirigé par son père jusqu'au printemps dernier. Le bailleur social a notamment financé, via une association, une exposition photos signée de la jeune femme, facturée 12.000 euros. C'est aussi le prix présumé des lunettes en écaille de tortue d'Audrey Pulvar, la concubine du ministre du Redressement productif de Hollande. (cf. libellé "lunettes", ci-dessous)



Kucheida père, lui, sera questionné sur les quelque 47.000 euros de dépenses personnelles imputées sur la carte bleue de la Soginorpa - des frais qu'il n'a pas niés, y compris lorsqu'il a été interrogé par ses pairs du PS. 

Mais les policiers ont également découvert une deuxième carte bleue, sur laquelle l'ancien député maire de Liévin débitait des factures d'essence pour des déplacements tout aussi personnels.

Ils travaillent également sur les entreprises gravitant autour du bailleur social. Quatre autres enquêtes préliminaires sont  en cours au Parquet de Lille, faisant suite, notamment aux irrégularités mises à jour par la Cour régionale des comptes dans les différents organismes dirigés de fait par les hommes de la "fédé 62" du PS. Jean-Pierre Kucheida devrait être convoqué à nouveau, "avant décembre", selon une source judiciaire. Cette fois, il ne sera pas uniquement question de soupçons d'enrichissement personnel ou familial, mais aussi d'un éventuel "système" de financement.

Depuis la parution de Rose Mafia, le livre dénonciateur de Dalongeville, le parti tâ­tonne. 

Un calendrier chargé, des dossiers qui ne cessent de s'épaissir… Voila un lourd héritage pour Harlem Désir, le nouveau secrétaire du Parti socialiste. 
D'autant que Gérard Dalongeville, l'ancien maire d'Hénin-Beaumont, "tombé" pour des factures litigieuses a tracé au juge, depuis la prison, les contours d'un financement politique occulte orchestré par la fédération socialiste via un réseau d'entreprises. Et ne semble pas décidé à épargner ses anciens amis…

Mardi, son avocat Francis ­Terquem (ci-contre), proche d'Harlem Désir, pour avoir été avec lui cofondateur de SOS-Racisme, a écrit au premier secrétaire pour lui demander de prendre position. Lien PaSiDupes : "M° Terquem, professionnel de l'amitié entre les peuples avec le MRAP"

Le Parti socialiste "n'a nullement porté plainte" contre le contenu de l'ouvrage, assurait par courrier le directeur de cabinet de Martine Aubry en juin dernier. "Je ne suis donc pas démenti", triomphe l'ancien maire. Une plainte en diffamation a toutefois été déposée par une association censée représenter la fédération PS du Pas-de-Calais - un montage qui ne permet pas de savoir qui exactement soutient la démarche. Mais Dalongeville, décidé à se représenter quoi qu'il arrive devant les électeurs, veut pousser le PS hors de ses retranchements.

Une "niche" de 120.000 euros qui convenait au PS

Même si Jean-Pierre Kucheida n'a pas été investi aux législatives sur ses terres, le dossier fait l'objet d'un maniement très précautionneux rue de Solferino. La fédération du Pas-de-Calais, l'une des plus importantes du parti, est capable de faire basculer une majorité dans un congrès… Et elle a soutenu François Hollande. Jean-Pierre Kucheida a d'ailleurs fait campagne sans l'adoubement du PS, mais avec des photos du président.

Missionné pour évaluer l'étendue des dégâts, le sénateur Alain Richard a découvert au printemps une cagnotte de 120.000 euros sur le compte de la section du maire de Liévin. 
L'ancien ministre de la Défense de Jospin n'a pas remis en cause les explications fournies par les élus locaux - à savoir qu'ils avaient pris l'habitude de déposer leurs contributions en liquide… Tout en soulignant le risque de voir le FN rafler la mise, il a toutefois estimé que les "intérêts moraux" 'sic) du vertueux PS sont affectés par les "défaillances" de gestion. Qu'en termes choisis, ces turpitudes sociales sont décrites ! Mais sans qu'aucune sanction n'ait été demandée. La justice a pris le relais.