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jeudi 9 janvier 2014

Mise en examen de Kucheida, ex-député PS du Pas-de-Calais

Bastion socialiste à nouveau ébranlé: après Dalongeville, Kucheida 

L'ex-député PS du Pas-de-Calais, en délicatesse avec la justice

L'homme de fer du 62, 71 ans,
a revêtu son gilet de sauvetage
L'ancien député-maire socialiste de Liévin (62), Jean-Pierre Kucheida, a été mis en examen mercredi soir pour corruption passive et recel d'abus de biens sociaux, dans le cadre d'une enquête financière au coeur de la fédération socialiste de ce département.

Deux chefs d'entreprises ont également été mis en examen pour corruption active et abus de biens sociaux, ainsi qu'un fonctionnaire territorial pour corruption active et recel d'abus de biens sociaux. Les quatre ont été placés sous contrôle judiciaire.
"Aucune des entreprises n'a obtenu des marchés à la ville de Liévin pendant que Jean-Pierre Kucheida en était le maire, donc ces faits de corruption n'existent pas", a logiquement prétendu son avocat Me Frank Berton, qui a annoncé son intention de déposer une requête en annulation de la mise en examen de son client.

L'ouverture d'une information judiciaire contre X, ouverte l'été dernier, faisait suite à une enquête préliminaire visant notamment Jean-Pierre Kucheida, ouverte par le Parquet courant 2011 à la suite de dénonciations de Gérard Dalongeville, ancien maire PS d'Hénin Beaumont, second couteau mais bouc émissaire.
Condamné en août 2013 -après l'élection présidentielle- par le tribunal correctionnel de Béthune (Pas-de-Calais) pour détournements de fonds publics, comme en PACA par les soins de la députée Sylvie Andrieux, il avait décrit par écrit des malversations destinées à financer la fédération PS du Pas-de-Calais, la troisième de France. Il y dénonçait un système de financement occulte organisé autour de deux organismes, le bailleur social Soginorpa et la société d'économie mixte Adévia - toutes deux un temps présidées par Jean-Pierre Kucheida - pour alimenter les finances du PS local.

Enrichissement personnel et familial

Mais les éléments qui ont donné lieu aux gardes à vue de l'ancien maire de Liévin et des trois autres personnes poursuivies dans cette affaire "ont trait à de l'enrichissement personnel, lié aux personnalités et non pas aux fonctions d'élus", soutient une source aussi anonyme que proche de l'enquête. "On est davantage sur un ordre d'enrichissement privatif; on n'est absolument pas dans un financement d'une structure quelle qu'elle soit", a ajouté cet inconnu si bien informé, évoquant un financement de patrimoine particulier, histoire de dédouaner le Parti socialiste...

L'ancien député, qui a évoqué à sa sortie du palais de justice 160.000 euros de travaux sur sa maison de Liévin et sa résidence secondaire dans les Alpes, réfute les accusations qui pèsent sur lui. "Il n'y aucun doute sur mon honnêteté", a déclaré sur les marches du palais Jean-Pierre Kucheida.

Pourtant, le 17 octobre 2012, Jean-Pierre Kucheida est mis en garde à vue avec sa fille Marie, artiste. 
La justice s'interroge sur les prestations, dont une exposition photos de la petite Marie, facturées de 12.000 euros à la Soginorpa, alors dirigée par son papa-gâteau.

mercredi 17 juillet 2013

Cour des comptes: à nouveau une mutuelle étudiante suspecte

Avec Hollande, le PSN aime les jeunes et leurs mutuelles

Après UFC-Que Choisir et les sénateurs en 2012


C'est au tour de la Cour des comptes d'étriller le système de sécurité sociale étudiante. Un "choc" d'assainisement s'impose !
Dans un rapport, qui doit être rendu public en septembre, les magistrats de la rue Cambon critiquent, une nouvelle fois, "une qualité de services (...) globalement très insatisfaisante" et des "coûts de gestion élevés avec une faible productivité".

Chaque année, environ 1,7 million d'étudiants sont tenus de s'affilier à
une mutuelle étudiante pour se faire rembourser leurs soins, y compris pour assurer leur couverture maladie de base. 
Ils peuvent ensuite opter pour une couverture complémentaire. Ils ont en général le choix entre une des onze mutuelles régionales, regroupées dans le réseau Emevia, et la mutuelle nationale, La Mutuelle des étudiants (LMDE). C'est cette dernière, à laquelle adhère plus de la moitié des étudiants, qui est particulièrement critiquée par le pré-rapport de la Cour des comptes pour son inefficacité et sa désorganisation.
Or, la LMDE est la fille de la MNEF anéantie par une affaire retentIssante dans laquelle le PS était impliqué jusqu'au cou, éclaboussant Spithakis, mais aussi Julien Dray et Harlem Désir.

Note de satisfaction: 2,33 sur 5

La Cour des comptes a mené sa propre enquête de satisfaction auprès de plus de 1 700 personnes affiliées à la LMDE. La note moyenne de satisfaction a été d'à peine 2,33 sur 5, soit le plus mauvais score de toutes les mutuelles étudiantes, qui sont globalement toutes mal notées. Des chiffres qui viennent démentir les 88 % de personnes satisfaites vantées dans les "enquêtes de satisfaction autoproduites" par la LMDE, note avec malice la Cour.

Il n'y a pas besoin de chercher bien loin les raisons de cette insatisfaction. Selon la Cour, la LMDE n'est en mesure de répondre qu'à un appel téléphonique sur 14. En février, plus de 200 000 courriers adressés à la mutuelle étaient en attente de suivi et les retards de traitement des feuilles de soins sont chroniques. Par ailleurs, la LMDE, comme les autres mutuelles étudiantes, accuse un important déficit de développement des services en ligne.

Autant de bugs qui causent des retards de remboursement récurrents pour les étudiants. Sans compter que les délais pour éditer les cartes Vitale sont particulièrement longs : neuf mois après leur inscription, 10 % des étudiants n'en ont toujours pas reçu et ne peuvent donc bénéficier du tiers-payant, estime la Cour.

Des difficultés qui ne sont pas niées par la présidente de la LMDE, issue du syndicat étudiant UNEF, socialo-communiste. "Nous avons connu de gros soucis en 2012 en raison d'une réorganisation interne complexe, tente de se justifier Vanessa Favaro, mais la situation est revenue à la normale. Nous répondons à un appel sur deux, même si ce n'est toujours pas suffisant." 
Tout cela malgré des frais de gestion qui ont augmenté de plus de 7 % depuis 2005 alors que la plupart des autres régimes ont baissé les leurs sur la même période.

La LMDE connaît des difficultés financières chroniques

La mutuelle a accumulé 23 millions de pertes en 2011. 
Un plan social, lancé à cette époque, a abouti au départ de 130 des 640 salariés, moyennant "des indemnités importantes", note la Cour. Pourtant, ces personnels ont tous été remplacés "quelques mois plus tard", alors qu'un cabinet externe avait évalué que la productivité était supérieure de 20 % dans les caisses primaires d'assurance-maladie (CPAM) du régime général.

Sans compter que 2,2 millions d'euros d'intéressement ont été versés aux salariés entre 2007 et 2011, alors que la mutuelle perdait dans le même temps 3,8 millions d'euros. "Réduire les coûts de gestion ne passe pas forcément par des réductions de postes, et l'intéressement est lié à des accords d'entreprise", justifie Mme Favaro. 
Pourvu qu'aucune somme n'ait été engloutie dans la campagne présidentielle du PS, en faveur de Hollande: ça s'appellerait un financement occulte ?... Ca intéresserait peut-être le Conseil constitutionnel !

Au bord de la faillite

Si les autres mutuelles étudiantes subissent des critiques moins lourdes
, elles n'en sont pas moins visées par la Cour. "Les mutuelles étudiantes paraissent significativement moins productives que les caisses primaires", juge le prérapport, en notant qu'aucune n'assure autant de remboursements par adhérent que les CPAM.

Les mutuelles régionales contrôlées par la Cour n'ont pas non plus beaucoup progressé sur les outils en ligne. Et il leur fallait en moyenne plus de huit jours pour personnaliser les cartes Vitale, quand à peine 2,7 suffisent au régime général. Autant de dysfonctionnements en partie liés à l'architecture même du système de sécurité sociale étudiante, convient la Cour, qui plaide pour la suppression de ce régime spécifique.

Mais la LMDE bat des records
Au bord de la faillite, la LMDE a  été contrainte de s'adosser en février à la MGEN, mutuelle de l'Education nationale, qui contrôle désormais de facto la gestion de la mutuelle. Un adossement encore trop récent pour que la Cour puisse juger de ses conséquences. 
Mais cette proximité, qui existe depuis longtemps, entraîne d'étonnantes pratiques. La Cour des comptes révèle ainsi que les enfants de fonctionnaires adhérents de la MGEN bénéficient "d'un traitement prioritaire" de leurs courriers et appels lorsqu'ils choisissent la LMDE, ce qui est en "contradiction avec les principes du service public".

dimanche 24 mars 2013

Me G. Kiejman dénonce la mise en examen de Sarkozy

Proche de Mendès France et Mitterrand, 
il conteste le bien-fondé de cette mise en examen
G. Kiejman et F. Mitterrand
à Belle-Ile-en-Mer, 1994
Georges Kiejman a qualifié de "mauvais coup porté à la justice" la mise en examen de Nicolas Sarkozy dans le dossier Bettencourt.

L'avocat et ancien Garde des Sceaux
 souligne samedi les "invraisemblances" dans les charges pesant contre l'ancien chef de l'Etat.

"Cette mise en examen restera comme un mauvais coup porté à la justice", estime dans une tribune publiée dans le Figaro l'ancien avocat de Liliane Bettencourt. "Et peu m'importe que son auteur ait voulu ou non rejoindre au panthéon quelques gloires judiciaires que leur narcissisme a rendu illustres", critique Me Kiejman qui, en octobre 2011, avait lui-même été visé par une perquisition du juge bordelais Jean-Michel Gentil.

"Il y a trop d'invraisemblances et de doutes" dans les charges pesant contre l'ancien chef de l'Etat "pour que je puisse me dérober, indépendamment de toute sympathie pour M. Sarkozy", ajoute l'ancien ministre délégué à la Justice de François Mitterrand. En 2012, il avait appelé à voter François Hollande contre le candidat Sarkozy.

Nicolas Sarkozy a été mis en examen jeudi pour "abus de faiblesse" à l'encontre de l'héritière de l'Oréal Liliane Bettencourt, sur fond de soupçon de financement illicite de parti politique. Il avait été interrogé pendant quelques 12 heures et perquisitionné pour au bout du compte être placé en novembre sous le statut de témoin assisté dans le cadre de cette affaire. 

"Qu'est-ce que la mise en examen de M. Sarkozy permettra (au juge) de faire qu'il n'aurait pu faire sans le mettre en examen ?", s'interroge encore l'avocat, conseil de Liliane Bettencourt jusqu'à fin 2010.

"Qui peut croire que le financement occulte d'une campagne présidentielle, certes possible, se fait par remise d'une enveloppe au candidat, entre la poire et le fromage, en ajoutant probablement ‘Tenez, mon brave, cela pourra vous aider?'", ironise celui que le Canard enchaîné qualifia de grand courtisan de François Mitterrand.

mardi 16 octobre 2012

PS: deux Kucheida en garde à vue pour abus de biens sociaux

Le maire de Liévin est entendu mercredi pour "abus de biens sociaux "


La puissante TPME familiale Kucheida va-t-elle devoir fermer ?



Jean-Pierre Kucheida, maire de Liévin depuis 1981, entame mercredi matin un marathon judiciaire. C'est avec sa fille que le maire de Liévin, député sortant du Pas-de-Calais, est convoqué au commissariat de Douai pour une probable double garde à vue. 

La justice s'interroge sur les prestations de "Maryka" - nom d'artiste de Marie Kucheida - pour la Soginorpa, organisme gérant des logements sociaux dirigé par son père jusqu'au printemps dernier. Le bailleur social a notamment financé, via une association, une exposition photos signée de la jeune femme, facturée 12.000 euros. C'est aussi le prix présumé des lunettes en écaille de tortue d'Audrey Pulvar, la concubine du ministre du Redressement productif de Hollande. (cf. libellé "lunettes", ci-dessous)



Kucheida père, lui, sera questionné sur les quelque 47.000 euros de dépenses personnelles imputées sur la carte bleue de la Soginorpa - des frais qu'il n'a pas niés, y compris lorsqu'il a été interrogé par ses pairs du PS. 

Mais les policiers ont également découvert une deuxième carte bleue, sur laquelle l'ancien député maire de Liévin débitait des factures d'essence pour des déplacements tout aussi personnels.

Ils travaillent également sur les entreprises gravitant autour du bailleur social. Quatre autres enquêtes préliminaires sont  en cours au Parquet de Lille, faisant suite, notamment aux irrégularités mises à jour par la Cour régionale des comptes dans les différents organismes dirigés de fait par les hommes de la "fédé 62" du PS. Jean-Pierre Kucheida devrait être convoqué à nouveau, "avant décembre", selon une source judiciaire. Cette fois, il ne sera pas uniquement question de soupçons d'enrichissement personnel ou familial, mais aussi d'un éventuel "système" de financement.

Depuis la parution de Rose Mafia, le livre dénonciateur de Dalongeville, le parti tâ­tonne. 

Un calendrier chargé, des dossiers qui ne cessent de s'épaissir… Voila un lourd héritage pour Harlem Désir, le nouveau secrétaire du Parti socialiste. 
D'autant que Gérard Dalongeville, l'ancien maire d'Hénin-Beaumont, "tombé" pour des factures litigieuses a tracé au juge, depuis la prison, les contours d'un financement politique occulte orchestré par la fédération socialiste via un réseau d'entreprises. Et ne semble pas décidé à épargner ses anciens amis…

Mardi, son avocat Francis ­Terquem (ci-contre), proche d'Harlem Désir, pour avoir été avec lui cofondateur de SOS-Racisme, a écrit au premier secrétaire pour lui demander de prendre position. Lien PaSiDupes : "M° Terquem, professionnel de l'amitié entre les peuples avec le MRAP"

Le Parti socialiste "n'a nullement porté plainte" contre le contenu de l'ouvrage, assurait par courrier le directeur de cabinet de Martine Aubry en juin dernier. "Je ne suis donc pas démenti", triomphe l'ancien maire. Une plainte en diffamation a toutefois été déposée par une association censée représenter la fédération PS du Pas-de-Calais - un montage qui ne permet pas de savoir qui exactement soutient la démarche. Mais Dalongeville, décidé à se représenter quoi qu'il arrive devant les électeurs, veut pousser le PS hors de ses retranchements.

Une "niche" de 120.000 euros qui convenait au PS

Même si Jean-Pierre Kucheida n'a pas été investi aux législatives sur ses terres, le dossier fait l'objet d'un maniement très précautionneux rue de Solferino. La fédération du Pas-de-Calais, l'une des plus importantes du parti, est capable de faire basculer une majorité dans un congrès… Et elle a soutenu François Hollande. Jean-Pierre Kucheida a d'ailleurs fait campagne sans l'adoubement du PS, mais avec des photos du président.

Missionné pour évaluer l'étendue des dégâts, le sénateur Alain Richard a découvert au printemps une cagnotte de 120.000 euros sur le compte de la section du maire de Liévin. 
L'ancien ministre de la Défense de Jospin n'a pas remis en cause les explications fournies par les élus locaux - à savoir qu'ils avaient pris l'habitude de déposer leurs contributions en liquide… Tout en soulignant le risque de voir le FN rafler la mise, il a toutefois estimé que les "intérêts moraux" 'sic) du vertueux PS sont affectés par les "défaillances" de gestion. Qu'en termes choisis, ces turpitudes sociales sont décrites ! Mais sans qu'aucune sanction n'ait été demandée. La justice a pris le relais.