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lundi 29 septembre 2014

Sénatoriales: J.-N. Guérini réélu, grâce à de l'argent public ?

Samia Ghali, PS, pointe des méthodes de campagne douteuses.
La sénatrice socialiste sortante dénonce les conditions dans lesquelles s'est déroulées la campagne des sénatoriales
En difficulté pour sa réélection aux sénatoriales, la socialiste des Bouches-du-Rhône misait gros sur la médisance dans une campagne rendue d'autant plus difficile que Jean-Noël Guérini, socialiste dissident, fait de la résistance au PS parisien, suite à ses affaires judiciaires ("prise illégale d'intérêts", "trafic d'influence" et "association de malfaiteurs", depuis septembre 2011, ainsi que dans une autre affaire, pour détournement de fonds publics et licenciement abusif, depuis 2013, pour laquelle il est mis en examen), que Sylvie Andrieux (PS), "baronne du clientélisme" local, a vu sa peine alourdie en appel cette semaine -quatre ans de prison (sous bracelet électronique), dont trois avec sursis, dans un dossier de détournement de fonds publics à visée clientéliste, assortie d'une amende de 100 000 euros et de cinq ans d'inéligibilité-, et que Patrick Mennucci, un proche d'Olivier Spithakis, trésorier de la MNEF lors de sa prise de contrôle par les membres de l'OCI (mouvement trotskyste lambertiste) et condamné en mars 2004 à deux ans de prison dont six mois avec sursis pour "complicité d'abus de biens sociaux, détournements de fonds publics et abus de confianceEn 2006, Marie-Ségolène Royal l'avait néanmoins choisi comme directeur-adjoint de sa campagne à la présidentielle de 2007.

Samia Ghali distille des accusations à peine voilées

Ce dimanche, jour d'élection, 
évoquant en creux la candidature de Jean-Noël Guérini, elle lançait que "certains candidats" "ont profité de leur situation pour distribuer de l'argent public par rapport à des voix""Ça a été dit clairement dans les rencontres avec les conseils municipaux", expliqua-t-elle à Public Sénat. 
En conséquence, la sénatrice PS enfonce le clou:  "des intérêts locaux vont faire que certains vont plutôt s'exprimer d'une façon plutôt que d'une autre". Elle espérait alors toutefois que "des électeurs lucides et conscients de la situation et ne se laissent pas facilement acheter."

Une manière de viser celui qui peut aussi contribuer à lui faire perdre son siège de sénatrice. La dissidence à gauche de Jean-Noël Guérini, sénateur sortant et président du Conseil général, menace directement les sièges socialistes et communistes dans les Bouches-du-Rhône. L'homme a été exclu du Parti socialiste en raison de ses ennuis judiciaires, notamment sa mise en examen pour association de malfaiteurs dans deux affaires de marchés publics présumés frauduleux.

mercredi 17 juillet 2013

Cour des comptes: à nouveau une mutuelle étudiante suspecte

Avec Hollande, le PSN aime les jeunes et leurs mutuelles

Après UFC-Que Choisir et les sénateurs en 2012


C'est au tour de la Cour des comptes d'étriller le système de sécurité sociale étudiante. Un "choc" d'assainisement s'impose !
Dans un rapport, qui doit être rendu public en septembre, les magistrats de la rue Cambon critiquent, une nouvelle fois, "une qualité de services (...) globalement très insatisfaisante" et des "coûts de gestion élevés avec une faible productivité".

Chaque année, environ 1,7 million d'étudiants sont tenus de s'affilier à
une mutuelle étudiante pour se faire rembourser leurs soins, y compris pour assurer leur couverture maladie de base. 
Ils peuvent ensuite opter pour une couverture complémentaire. Ils ont en général le choix entre une des onze mutuelles régionales, regroupées dans le réseau Emevia, et la mutuelle nationale, La Mutuelle des étudiants (LMDE). C'est cette dernière, à laquelle adhère plus de la moitié des étudiants, qui est particulièrement critiquée par le pré-rapport de la Cour des comptes pour son inefficacité et sa désorganisation.
Or, la LMDE est la fille de la MNEF anéantie par une affaire retentIssante dans laquelle le PS était impliqué jusqu'au cou, éclaboussant Spithakis, mais aussi Julien Dray et Harlem Désir.

Note de satisfaction: 2,33 sur 5

La Cour des comptes a mené sa propre enquête de satisfaction auprès de plus de 1 700 personnes affiliées à la LMDE. La note moyenne de satisfaction a été d'à peine 2,33 sur 5, soit le plus mauvais score de toutes les mutuelles étudiantes, qui sont globalement toutes mal notées. Des chiffres qui viennent démentir les 88 % de personnes satisfaites vantées dans les "enquêtes de satisfaction autoproduites" par la LMDE, note avec malice la Cour.

Il n'y a pas besoin de chercher bien loin les raisons de cette insatisfaction. Selon la Cour, la LMDE n'est en mesure de répondre qu'à un appel téléphonique sur 14. En février, plus de 200 000 courriers adressés à la mutuelle étaient en attente de suivi et les retards de traitement des feuilles de soins sont chroniques. Par ailleurs, la LMDE, comme les autres mutuelles étudiantes, accuse un important déficit de développement des services en ligne.

Autant de bugs qui causent des retards de remboursement récurrents pour les étudiants. Sans compter que les délais pour éditer les cartes Vitale sont particulièrement longs : neuf mois après leur inscription, 10 % des étudiants n'en ont toujours pas reçu et ne peuvent donc bénéficier du tiers-payant, estime la Cour.

Des difficultés qui ne sont pas niées par la présidente de la LMDE, issue du syndicat étudiant UNEF, socialo-communiste. "Nous avons connu de gros soucis en 2012 en raison d'une réorganisation interne complexe, tente de se justifier Vanessa Favaro, mais la situation est revenue à la normale. Nous répondons à un appel sur deux, même si ce n'est toujours pas suffisant." 
Tout cela malgré des frais de gestion qui ont augmenté de plus de 7 % depuis 2005 alors que la plupart des autres régimes ont baissé les leurs sur la même période.

La LMDE connaît des difficultés financières chroniques

La mutuelle a accumulé 23 millions de pertes en 2011. 
Un plan social, lancé à cette époque, a abouti au départ de 130 des 640 salariés, moyennant "des indemnités importantes", note la Cour. Pourtant, ces personnels ont tous été remplacés "quelques mois plus tard", alors qu'un cabinet externe avait évalué que la productivité était supérieure de 20 % dans les caisses primaires d'assurance-maladie (CPAM) du régime général.

Sans compter que 2,2 millions d'euros d'intéressement ont été versés aux salariés entre 2007 et 2011, alors que la mutuelle perdait dans le même temps 3,8 millions d'euros. "Réduire les coûts de gestion ne passe pas forcément par des réductions de postes, et l'intéressement est lié à des accords d'entreprise", justifie Mme Favaro. 
Pourvu qu'aucune somme n'ait été engloutie dans la campagne présidentielle du PS, en faveur de Hollande: ça s'appellerait un financement occulte ?... Ca intéresserait peut-être le Conseil constitutionnel !

Au bord de la faillite

Si les autres mutuelles étudiantes subissent des critiques moins lourdes
, elles n'en sont pas moins visées par la Cour. "Les mutuelles étudiantes paraissent significativement moins productives que les caisses primaires", juge le prérapport, en notant qu'aucune n'assure autant de remboursements par adhérent que les CPAM.

Les mutuelles régionales contrôlées par la Cour n'ont pas non plus beaucoup progressé sur les outils en ligne. Et il leur fallait en moyenne plus de huit jours pour personnaliser les cartes Vitale, quand à peine 2,7 suffisent au régime général. Autant de dysfonctionnements en partie liés à l'architecture même du système de sécurité sociale étudiante, convient la Cour, qui plaide pour la suppression de ce régime spécifique.

Mais la LMDE bat des records
Au bord de la faillite, la LMDE a  été contrainte de s'adosser en février à la MGEN, mutuelle de l'Education nationale, qui contrôle désormais de facto la gestion de la mutuelle. Un adossement encore trop récent pour que la Cour puisse juger de ses conséquences. 
Mais cette proximité, qui existe depuis longtemps, entraîne d'étonnantes pratiques. La Cour des comptes révèle ainsi que les enfants de fonctionnaires adhérents de la MGEN bénéficient "d'un traitement prioritaire" de leurs courriers et appels lorsqu'ils choisissent la LMDE, ce qui est en "contradiction avec les principes du service public".