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lundi 29 septembre 2014

Sénatoriales: J.-N. Guérini réélu, grâce à de l'argent public ?

Samia Ghali, PS, pointe des méthodes de campagne douteuses.
La sénatrice socialiste sortante dénonce les conditions dans lesquelles s'est déroulées la campagne des sénatoriales
En difficulté pour sa réélection aux sénatoriales, la socialiste des Bouches-du-Rhône misait gros sur la médisance dans une campagne rendue d'autant plus difficile que Jean-Noël Guérini, socialiste dissident, fait de la résistance au PS parisien, suite à ses affaires judiciaires ("prise illégale d'intérêts", "trafic d'influence" et "association de malfaiteurs", depuis septembre 2011, ainsi que dans une autre affaire, pour détournement de fonds publics et licenciement abusif, depuis 2013, pour laquelle il est mis en examen), que Sylvie Andrieux (PS), "baronne du clientélisme" local, a vu sa peine alourdie en appel cette semaine -quatre ans de prison (sous bracelet électronique), dont trois avec sursis, dans un dossier de détournement de fonds publics à visée clientéliste, assortie d'une amende de 100 000 euros et de cinq ans d'inéligibilité-, et que Patrick Mennucci, un proche d'Olivier Spithakis, trésorier de la MNEF lors de sa prise de contrôle par les membres de l'OCI (mouvement trotskyste lambertiste) et condamné en mars 2004 à deux ans de prison dont six mois avec sursis pour "complicité d'abus de biens sociaux, détournements de fonds publics et abus de confianceEn 2006, Marie-Ségolène Royal l'avait néanmoins choisi comme directeur-adjoint de sa campagne à la présidentielle de 2007.

Samia Ghali distille des accusations à peine voilées

Ce dimanche, jour d'élection, 
évoquant en creux la candidature de Jean-Noël Guérini, elle lançait que "certains candidats" "ont profité de leur situation pour distribuer de l'argent public par rapport à des voix""Ça a été dit clairement dans les rencontres avec les conseils municipaux", expliqua-t-elle à Public Sénat. 
En conséquence, la sénatrice PS enfonce le clou:  "des intérêts locaux vont faire que certains vont plutôt s'exprimer d'une façon plutôt que d'une autre". Elle espérait alors toutefois que "des électeurs lucides et conscients de la situation et ne se laissent pas facilement acheter."

Une manière de viser celui qui peut aussi contribuer à lui faire perdre son siège de sénatrice. La dissidence à gauche de Jean-Noël Guérini, sénateur sortant et président du Conseil général, menace directement les sièges socialistes et communistes dans les Bouches-du-Rhône. L'homme a été exclu du Parti socialiste en raison de ses ennuis judiciaires, notamment sa mise en examen pour association de malfaiteurs dans deux affaires de marchés publics présumés frauduleux.

Sénatoriales: J.-N.Guérini accuse le député PS Patrick Mennucci d’avoir facilité l’élection du FN, Stéphane Ravier

La bande des quatre de Marseille se déchire

Guérini, exclu du PS, reste le talon d'Achille de son ancien parti

L’ancien patron du PS marseillais accuse le député socialiste et ex-candidat PS à la mairie de Marseille, Patrick Mennucci qui a provoqué l’entrée du frontiste Stéphane Ravier au Sénat.



Ghali-Mennucci-Guerini-Andrieux(de gauche à droite)



Réélu sénateur malgré la rue de Solférino ce dimanche 28 septembre, le président enkysté au Conseil général des Bouches-du-Rhône en profite pour tirer à vue sur la réforme territoriale de François Hollande.


Cette belle victoire est une condamnation claire et nette de la mauvaise réforme territoriale défendue par le gouvernement
— Jean-Noël Guérini (@jnguerini) 28 Septembre 2014

Une opinion partagée par l'UMP


Ainsi Jean-Claude Gaudin et Gérard Larcher, candidats à la présidence du Sénat, ont également pointé Patrick Mennucci, dénonçant son action favorable à l'élection de Stéphane Ravier. Sur France Info, l'ancien président du Sénat a expliqué que le FN au Sénat "est une conséquence de la décision de Patrick Menucci de ne pas avoir retiré ses listes aux municipales".

Pour la première fois de son histoire en effet, les grands électeurs envoient deux candidats de Marine Le Pen au SénatDavid Rachline, 26 ans, maire de Fréjus (Var), et Stéphane Ravier, le maire du 7e arrondissement de Marseille, celui remporté sur Mennucci, sorti du premier secteur de Marseille (1er et 7e arrondissements) ...

jeudi 21 août 2014

Poitou-Charentes n'a plus envie de revoir Ségolène Royal !

La ministre est à Paris; qu'elle y reste !

Ségolène Royal s'est faite rare en Poitou-Charentes ces derniers mois
et les habitants se sentent soulagés. 

À tel point que l'ancienne présidente de région pourrait sécher l'université d'été 2014 du Parti socialiste à La Rochelle. 

"Elle n'est pas sûre d'y avoir un bon accueil"
, explique le député et président  UMP du Conseil général de la Charente-Maritime, Dominique Bussereau. En effet, en s'éloignant, la ministre de l'Écologie a laissé le champs libre à ses nombreux détracteurs, jusque dans son propre camp. Elle avait fait une brève apparition à l'université d'été l'année dernière, mais son impopularité n'a cessé de croître et, cette année, elle pourrait renoncer. 

Les "camarades" qu'elle a maltraités se trouvent à La Rochelle. Il s'agit du maire de La Rochelle, Jean-François Fountaine, à qui elle refusait la parole au Conseil régional, et du député de la Charente-Maritime, Olivier Falorni, le candidat socialiste légitime que Paris avait tenté d'écarter au profit de Ségolène Royal, qui  a été préféré à la parachutée dans les urnes en 2012. Or, l'usage veut que le maire de La Rochelle ouvre l'université d'été du PS: même l'ex-maire PRG Michel Crépeau le faisait en son temps. Solférino a sollicité Fountaine, bien qu'il ait été exclu du parti lors des municipales: il s'était également présenté à la mairie en dissident face à la candidate officielle du parti, Anne-Laure Jaumouillié. Cette désignation parisienne avait provoqué la colère de la fédération socialiste de Charente-Maritime. Olivier Falorni critiqua la réaction des militants locaux : "C'est une volonté de revanche des ségolénistes", estima-t-il, qui chercheraient à isoler le tandem qu'il forme avec Fountaine. Dans son viseur, Mickaël Vallet, à la tête de la fédération PS de Charente-Maritime et soutien de Ségolène Royal. Pour ce dernier, Falorni et Fountaine jouent trop sur "l'effet répulsion" qu'inspire de plus en plus souvent la personnalité de Ségolène Royal.
VOIR et ENTENDRE ce qu'est la "démocratie participative, selon S. Royal:

"Tous lui en veulent terriblement"

Ségolène Royal perd de plus en plus de soutiens. La polémique autour du projet de construction d'un tronçon d'autoroute entre Fontenay-le-Comte et Rochefort, sur lequel elle a tenté d'opposer son veto, l'a grandement isolée. "Elle a mis tout le conseil général en porte à faux", souligne Jean-François Fountaine. "Tous lui en veulent terriblement", ajoute un élu UMP du Conseil général de la Charente-Maritime. Et ils n'ont pas manqué de le lui faire savoir. Des personnalités locales, dont de nombreux socialistes, ont demandé à Manuel Valls de trancher, requête à laquelle le Premier ministre a répondu... à la défaveur de Ségolène Royal.

Dans les Deux-Sèvres aussi, le terrain est miné pour la ministre. Dans la circonscription de son ancienne protégée Delphine Batho, devenue sa rivale, elle s'est trouvé une nouvelle ennemie : la socialiste Geneviève Gaillard, députée et ex-maire de Niort, dont la défaite aux municipales face à un candidat centriste - soutenu par l'UMP - n'a pas spécialement ému Ségolène Royal, qui a salué le soir même "la victoire d'une liste de large rassemblement sur une liste de divisions et de cumul des mandats". Une pique adressée directement à Geneviève Gaillard, qui crie, en retour, à une cabale. 
D'importantes villes de gauche ont basculé aux dernières municipales et la déclaration de l'ex-présidente de Poitou-Charentes a de quoi étonner, elle qui a pourtant besoin de s'attirer des soutiens. Angoulême a été remportée par la droite, alors qu'elle avait été raflée en 2008 par Philippe Lavaud, proche de Royal. Unique petite consolation, le nouveau président du Grand Angoulême, le socialiste Jean-François Dauré - qui a succédé à Philippe Lavaud -, a confié son cabinet à un ancien chargé de mission de Royal, Aurélien Tricot.

Avis de gros temps 

Angoulême : près de 600 personnes ont manifesté
pour le rattachement des Charentes à l'Aquitaine
La ministre de l'Écologie tente de conserver son leadership en Poitou-Charentes. Ainsi, pendant le feuilleton de la réforme territoriale elle a suggéré un rapprochement avec les Pays de la Loire plutôt qu'avec l'Aquitaine, provoquant la colère d'élus locaux, droite et gauche confondues en juin dernier. Peut-être, avec une telle proposition, entend-elle éviter une rivalité avec le président de la région Aquitaine, Alain Rousset, un socialiste localement influent, qui risquerait de lui asséner le coup de grâce en région.  "Rousset pèse lourd au niveau des fédérations", estime Olivier Falorni. 
Jean-François Macaire, successeur de Royal à la tête de la région Poitou-Charentes, prétend en revanche que proposer de se rapprocher des Pays de la Loire est, au contraire, une "prise de risque électorale" pour Royal, un rapprochement avec l'Aquitaine lui paraissant beaucoup plus bénéfique électoralement : "Lorsqu'il a plutôt été question de se rapprocher de l'Aquitaine, on nous a même accusés de faire des arrangements électoraux pour établir une région forteresse pour la gauche !" raconte-t-il à qui veut l'entendre. 

Malgré tout, à l'approche des sénatoriales, les derniers royalistes affichent de la confiance. Ils sont convaincus que la tête de liste en Charente-Maritime Bernard Lalande, étiqueté "ségoléniste", va rafler son siège à la droite sortante. Pour cela, ils comptent beaucoup sur le vote des élus ruraux, qui apprécieraient particulièrement la ministre, surtout quand ils appartiennent à la Confédération paysanne qu'elle a favorisé au détriment de la FNSEA. Bernard Lalande, décrit par un de ses soutiens comme un "ultra-ultra-rural", pense que le label "Royal" est un réel avantage. "Elle respecte les ruraux, lorsqu'elle vient dans les petites communes, il y a toujours beaucoup de monde pour l'accueillir," affirme-t-il.
Pour le maire de La Rochelle, Jean-François Fountaine, à l'inverse, si Lalande espère remporter les sénatoriales, le candidat socialiste devra "ratisser large": "Il faudra qu'il prenne des distances avec son image ségoléniste." 
On l'a compris, tout se jouera autour du rejet -ou non- de Ségolène Royal. Et le malaise est cette fois plus profond que les décolletés que la ministre de l'Écologie a tenté d'imposer en avril dernier par le biais d'un code vestimentaire.

jeudi 19 juin 2014

François Baroin passerait de l'Assemblée nationale au Sénat

Sarkozy ne serait pas sorti de ce corps ?

A 49 ans, François Baroin a décidé de se lancer à l’assaut du Sénat
Avec un CV long comme le bras, ce quadra  changerait de trottoir et ne briguerait donc pas la présidence de l’UMP, comme certains l’annonçaient. Il a donc décidé d’abandonner son mandat de député et sera investi par l’UMP dans son fief, l’Aube, ce mercredi, selon L’Opinion

Est-ce une forme de crise de la cinquantaine, après cinq mandats au Palais Bourbon ? "Après tant de temps à l’Assemblée, il a envie de passer à autre chose. C’est assez sain et salutaire que François décide de passer de l’Assemblée au Sénat", commente le sénateur UMP de la Moselle François Grosdidier, qui a été élu pour la première fois à l’Assemblée avec François Baroin en 1993. Et ce n’est pas, comme d’autres, pour sauver son siège puisqu’il est très apprécié dans son fief, commente François Grosdidier.

Redistribution des rôles

Le sénateur de la Moselle développe une théorie assez pragmatique sur les nouvelles ambitions de l’ex-ministre des Finances: "Il veut enfin découvrir le vrai débat parlementaire, où ni les amendements que l’on présente, ni nos votes ne sont dictés par le groupe, où l’on ne s’invective pas, où l’on parle librement, où les débats sont de très grandes qualités par rapport à l’Assemblée nationale." Et d’ailleurs, l’élu mosellan estime que François Baroin a le profil type du sénateur: "Il a toujours été très raisonnable, même quand il était jeune, à la différence de moi. Il a parfaitement sa place au Sénat, il va amener de la qualité".
Le député Baroin a d’autres visées. Plus politiques. "Il connaît parfaitement les rouages de la politique, il fait son parcours. Il pèse toujours toutes ses prises de position en fonction de ça et il a toujours un ou deux temps d’avance", souligne un sénateur UMP qui préfère l’anonymat. En d’autres termes, en choisissant le Sénat, François Baroin façonnerait un peu plus sa stature de ténor incontournable à droite en vue de 2017, voire de premier ministrable, pour n’importe lequel des candidats UMP.

Car en septembre, si François Baroin a quasiment 100 % de chance d’être élu sénateur de l’Aube, il y a aussi quasiment 100 % de chance que le Sénat rebascule à droite. Ce qui en fera la place forte de l’opposition à François Hollande et son gouvernement face à une Assemblée où la gauche est toujours majoritaire. Or, François Baroin a l’envergure et le charisme pour prendre le tête de cette opposition.

Les sarkozystes se mettent en ordre de bataille

Pour le politologue et maître de conférences à Sciences Po Thomas Guénolé, François Baroin, en passant par le Sénat, pourrait ouvrir la voie à Nicolas Sarkozy. Le député-maire de Troyes a en effet très tôt misé sur un retour de l’ex-chef de l’Etat

Et l'ancien président "a misé sur François Baroin pour participer au renouvellement de la droite". Il s’explique: "Baroin a été réélu très confortablement en 2012, donc il ne veut pas sauver son siège. Mais comme l’UMP a raflé une belle moisson aux municipales, elle devrait rafler le Sénat. François Baroin ambitionne peut-être de briguer la présidence du Sénat. Ou alors la présidence du groupe UMP comme lieutenant de Sarkozy. En tout cas, un poste important, qui convient à sa forte envergure politique et médiatique." 
Le politologue émet donc l’hypothèse que la nouvelle ambition de Baroin soit "un mouvement de Sarkozy pour mettre la main sur la droite au Sénat qui, s’il bascule, donnera de nombreux leviers dans le bras de fer permanent avec l’exécutif".

sarkozystes,

dimanche 11 novembre 2012

Conclusions du rapport Jospin sur la rénovation et la déontologie de la vie publique

Jospin a présenté le rapport de la commission de rénovation et de déontologie de la vie publique 

Hollande a déjà voulu imposer une charte de la déontologie à ses ministres 

Contre toute tentation oligarchique, la déontologie devait être à l'honneur sous le président Hollande et par cette charte du 17 mai 2012 les membres du gouvernement s'engageaient à être "irréprochables", à se consacrer à plein temps à l’exercice de leurs fonctions ministérielles et, de ce fait, à  "renoncer aux mandats exécutifs locaux" et se couper du quotidien des Français.
 
 
Elle visait également à prévenir les conflits d’intérêt et à améliorer l’information des citoyens sur l’action gouvernementale. Or, elle s'est  trouvée aussitôt "salie" par des ministres de premier plan qui ne se sont pas embarrassés de morale, ni même d'exemplarité dans l'affaire de la BPI.

Simple mélange des genres ou véritable conflit d'intérêts ? 
Mise en cause à peine voilée
de Moscovici

La banque d'affaires Lazard, dirigée par Matthieu Pigasse (également propriétaire des Inrocks et co-actionnaire du journal "indépendant" Le Monde), a été choisie par Bercy pour conseiller le gouvernement sur le projet de création de la future Banque publique d'investissement (BPI). Problème : Lazard aurait décroché le contrat au moment même où Pigasse nommait à la tête des Inrocks Audrey Pulvar, concubine d'Arnaud Montebourg en charge du redressement productif... à Bercy. 

Montebourg a non seulement démenti être à l'origine du choix de la banque (twwet ci-dessus), mais condamné ce choix. En l'espèce, ni Moscovici et ni Montebourg n'a voulu endosser la responsabilité de ce "parrainage" : ainsi la transparence voulue par la "gauche molle" n'a-t-elle donc guère joué dans la désignation collégiale, solidaire et vertueuse de Matthieu Pigasse, ce camarade de combat...


Et Hollande recommence à bluffer les Français


L'ancien premier ministre socialiste prône le non-cumul des mandats et une part de proportionnelle aux législatives et la réforme du statut pénal du président.

Vendredi 9 novembre 2012,
 Lionel Jospin a remis à François Hollande le rapport de la commission de rénovation et de déontologie de la vie publique qu'il préside depuis juillet. L'ancien premier ministre socialiste y formule de nombreuses préconisations qui, si elles sont mises en œuvre, auront d'importantes conséquences.


• Cumul des mandats: le tour de vis.

La commission Jospin préconise d'interdire le cumul d'un mandat parlementaire et d'une fonction exécutive locale (maire, maire adjoint, président ou vice-président de conseil général, président ou vice-président de conseil régional). François Hollande avait lui-même promis cette réforme lors de sa campagne présidentielle. Une fois élu, il a annoncé une loi "au printemps 2013", c'est-à-dire avant les élections municipales et sénatoriales de 2014. Si cet engagement est tenu - ce qui exigerait de modifier la loi, mais pas la Constitution -, les très nombreux maires, présidents de conseil général et présidents de conseil régional qui siègent à l'Assemblée et au Sénat seront contraints à un choix de conscience: démissionner de leurs fonctions exécutives locales pour rester parlementaires, ou l'inverse.

• Un mandat local possible, mais bénévole.

Jospin suggère qu'un député ou un sénateur puisse conserver un mandat local non exécutif (conseiller municipal, conseiller général, conseiller régional), mais à la condition que ce mandat local soit bénévole. 
Grincements de dents assurés chez certains parlementaires de droite comme de gauche, qui jugent souvent démagogique qu'on prétende diminuer leurs indemnités. Pourtant, l'exemple de l'Allemagne d'Angela Merkel retrouve grâce à gauche en fonction des besoins et il est donc opportunément rappelé que le ministre-président d'un Land ne peut siéger au Bundestag qu'à la condition d'abandonner son indemnité parlementaire.

• Une part de proportionnelle aux législatives.

L'ancien premier ministre battu à la présidentielle 2002 recommande que 10 % des 577 députés soient élus à la proportionnelle. Pendant sa campagne présidentielle, Hollande avait déjà pris l'engagement d'instituer "une part de proportionnelle" aux législatives. Il s'était même, ensuite, déclaré favorable à ce qu' "environ 15 %" des 577 députés soient élus ainsi. Son expérience de l'alliance tumultueuse avec les activistes écolos d'Europe Ecologie-les Verts pourrait rafraîchir ses velléités... Le PS a sacrifié des candidats socialistes tranquilles pour offrir 63 circonscriptions socialistes à EELV qui, au final, a obtenu 18 élus ingrats et contestataires...

• La possibilité de poursuivre le président en fonction.

N'est pas délinquant urbain
qui veut, M. Hollande
Jospin recommande de rendre moins protecteur l'actuel statut pénal du président de la République. Il est partisan d'autoriser des poursuites contre le chef de l'État pendant son quinquennat pour des délits détachables de sa fonction et qui auraient été commis tant avant qu'après son élection. 
Pour éviter toutefois que le président ne soit l'objet d'un harcèlement judiciaire, une instance réunissant des hauts magistrats et des élus sera chargée de filtrer les plaintes et de ne transmettre au ministère public que celles qui lui paraîtraient fondées, sur le modèle de l'actuelle Cour de justice de la République. 
Une telle réforme exigerait une révision constitutionnelle, avant de pouvoir l'égorger ou le lapider...

• Parrainage des candidats à la présidentielle

Le rapport préconise également un
parrainage des candidats à la présidentielle par 150.000 citoyens et la fermeture de tous les bureaux de vote à 20h00 en métropole, lors d'une élection présidentielle.

• Les ex-présidents français ne seraient plus membres de droit du Conseil constitutionnel.

mardi 27 septembre 2011

Au Sénat, les socialistes font des grâces à Guérini, mis en examen et exclu du PS

" Je suis redevenu fréquentable ", ironise le sénateur Guérini

Un PS prêt à tout pour faire élire l' "ami Bel" sur un plateau ?



Jean-No-No Guérini
encore du bon côté
des barreaux



Hamon, le p'tit télégraphiste de la Ch'tite Aubry, manque de sérénité

Que le PS perde son sang-froid est une chose, mais qu'il accuse par avance la majorité de 'hold-up' est un peu fort, de la part des voleurs à l'arraché du Congrès de Reims: l'amère Royal n'a toujours pas avalé ses soupçons de tricherie adressés à la maire de Lille !
Début septembre, Harlem Désir appelait encore Jean-Noël Guérini " à se retirer du PS et de toutes ses fonctions et responsabilités", y compris en "démissionnant totalement du Conseil général" des Bouches-du-Rhône." Le remplaçant de la Ch'tite Aubry avait insisté : " Il ne faut pas essayer de créer des faux-semblants ou des arrangements. Il doit démissionner totalement de la présidence du Conseil général. "


Les poubelles du CG des Bouches-du-Rhône n'incommodent déjà plus le PS

Le sénateur Jean-Noël Guérini, le président socialiste du Conseil général des Bouches-du-Rhône est mis en examen pour " association de malfaiteurs, prise illégale d'intérêt, trafic d'influence " dans une affaire de malversations présumées sur des marchés publics, pour laquelle son frère Alexandre a été incarcéré pendant plusieurs mois.
Le procureur général de la Cour d'appel d'Aix-en-Provence, Jean-Marie Huet, a même refusé de transmettre la requête présentée par les avocats du malfaiteur vertueux présumé à la Cour de cassation. Il a en effet jugé infondé les doutes de la défense sur le rôle du juge Charles Duchaine chargé de l'enquête et de le tenir pour responsable des violations du secret de l'instruction.

Guérini négocie son vote pour " l'ami Bel" à la présidence du Sénat

Le téléphone s'est remis à sonner hier matin, lundi, raconte la mafieux
Bien qu'il se soit finalement "placé en retrait" du PS, suite à sa dénonciation par Arnaud Montebourg et aux pressions du Bureau national parisien dirigé par la Ch'tite Brochen-Aubry, le sénateur écarté est revanchard.

Guérini annonce qu'il votera pour Bel, un Hollandiste
François Hollande n'est pas ravi que Guérini claironne qu'il a placé sur lui une option !
A Marseille la discrétion n'est pas une vertu cardinale, mais quand il s'agit de règlement de comptes, le milieu sait avoir le verbe particulièrement haut: au point d'être entendu jusqu'à Lille, via Paris...
Et si ça pouvait faire monter les enchères, n'est-ce pas...

François Hollande, compromis par Guérini
" Sur un ton mêlant satisfaction hilare et malice affichée ", selon La Provence, le sénateur mis en examen a levé le suspense et annoncé sa présence au Sénat aujourd'hui et samedi jour du vote de désignation du président du Sénat.
" Je voterai pour Jean-Pierre Bel, un ami depuis longtemps ", a fait savoir Guérini.
Mais quel sera la monnaie d'échange du marchandage engagé ?
La relaxe apportée sur un plateau en 2012 contre l'accession de l'ami Bel au "plateau" du Sénat, appelé le "perchoir" à l'Assemblée.

En fait de soupçon de "hold-up" par la majorité, nous assistons à un vol socialiste à l'arraché sur Marseille ...

lundi 26 septembre 2011

Le Sénat penche-t-il du côté où il va tomber ?

Jean-Claude Gaudin : "L'indiscipline nous a coûté des sièges"

La droite perd la majorité au Sénat, à deux sièges près


Hollande, éperdu, arrive au Sénat,
le 25 septembre au soir


A sept mois de la présidentielle, la gauche a remporté hier une victoire aux élections sénatoriales , faisant basculer - en nombre de sièges - la chambre haute du Parlement dans son camp. Elle était attendue, au vu des élections précédentes: les opposants aux réformes imposées par la crise avait enregistré une nette progression, dès 2008 avec les municipales, puis en 2010 avec les régionales.

La tendance s'est dessinée hier en Indre-et-Loire.
Hier, à 19h18, les résultats des élections sénatoriales dans ce département ont vu la droite perdre un siège. Il suffisait donc d'un seul siège pour que la coalition composée de socialistes, écologistes, communistes et radicaux obtienne la majorité absolue à la Haute-Assemblée: la majorité disposait seulement d'un des six sénateurs.

En faisant basculer la première chambre du Parlement dans son camp, pour la première fois de la Ve République, la gauche remporte un succès d'une courte tête, n'assurant pas un équilibre stable, mais constituuant un avertissement politique à sept mois de la présidentielle. Les principaux responsables socialistes en ont immédiatement enregistré l'augure, comme l'a montré le déferlement au Sénat de candidats aux primaires du PS qui doivent désigner le mois prochain celui ou celle qui se lancera dans la course à l'Élysée. François Hollande, actuellement en tête dans les sondages, y a ainsi vu " une décomposition du système Sarkozy ", " prémonitoire " pour 2012.

Deux candidats socialistes à la présidence du Sénat se sont d'abord déclarés
Jean-Pierre Bel (1951), ancien militant de la LCR et sénateur de l'Ariège, sera le champion de François Hollande;
Catherine Tasca sera soutenue par les aubrystes, mais la Ch'tite Brochen-Aubry retirera sa candidate si Bel venait à peiner face à Gérard Larcher pour la majorité. La pouliche de la maire de Lille a d'ailleurs annoncé mardi matin (27 septembre) qu'elle renonçait à se présenter " parce qu'aucune voix ne doit manquer pour la nouvelle majorité . "

C'est dire si le basculement claironné n'est encore qu'une oscillation.
Pourtant, Jean-Pierre Bel, président du groupe socialiste au Sénat, fait courir le bruit parmi plusieurs proches qu'il aurait passé un accord avec Jean-Pierre Raffarin pour que - dans l'hypothèse d'un faible écart de voix entre la gauche et la droite - l'ancien Premier ministre appelle discrètement la vingtaine de sénateurs qui lui sont fidèles à voter pour le socialiste, afin de faire échouer la reconduction de l'UMP Gérard Larcher à la présidence du Sénat.
En pleine année d’élection présidentielle, ce coup serait une trahison intraçable: les élections à la présidence du Sénat sont un scrutin à bulletin secret.


L'échec de Bel résonnerait comme un glas pour l'opposition
Le sénateur se dit fort du soutien de tous ses partenaires de la nouvelle majorité sénatoriale, écologistes, communistes et radicaux de gauche. " Le groupe a décidé de voter Jean-Pierre Bel dès le premier tour, pour que la majorité de gauche s'exprime pour le candidat le mieux à même de gagner , a confirmé Nicole Borvo Cohen Seat, réélue présidente du groupe CRC (communiste). Selon l'intox du PCF, les communistes du " Front de gauche connaissent des progressions très sensibles, comme dans le Lot, l'Orne, les Hautes-Pyrénées, le Jura, les Pyrénées-Orientales et le Loir-et-Cher, où ils n'avaient pas d'élu et n'en ont toujours aucun !...
Mais l' Union centriste doit encore se réunir mardi après-midi de même que les radicaux du groupe Rassemblement démocratique et social européen (RDSE en majorité constitué d'élu du parti radical de gauche - PRG - de Jean-Pierre Baylet) mercredi.

Jean-Pierre Bel, un illustre inconnu

Cet inconnu du grand public pourrait prendre la président du Sénat le 1er octobre 2011.
Homme du terroir, dont le bagage universitaire est léger, Jean-Pierre Bel est un sexagénaire né dans une famille ancrée à gauche, résistante et communiste du Tarn. Maire en 1983 d'un petit village pyrénéen, ce trotskiste de coeur adhère au parti socialiste. Son beau-père, le socialiste Robert Naudi, l'engage en 1986 dans son cabinet du Conseil général de l'Ariège dont il est ...le président ! Sa rencontre avec le trotskiste Lionel Jospin, lui fera gravir les autres échelons du PS : d'abord dans la fédération de l'Ariège, puis dans la région Midi-Pyrénées. Il est ensuite promu secrétaire national aux fédérations (1994-1997), puis secrétaire national aux élections (1997-2000). Lors de la campagne présidentielle de 2007, il a élaboré le projet PS de réforme des institutions.
Parallèlement, il est élu sénateur socialiste de l'Ariège en 1998. Après les élections sénatoriales du 26 septembre 2004, il succède à Claude Estier (de sensibilité communiste) au poste de président du groupe du Sénat. En 2008, il est réélu sénateur de l'Ariège avec 76,21 % des suffrages au premier tour. Homme du Sud-Ouest, il soutient le "Corrézien" François Hollande, candidat à la primaire socialiste pour les élections présidentielles de 2012.
En mars 2010, le sénateur Bel se fit séquestrer par quatre harkis désespérés d'une cinquantaine d'années qui le menacèrent de mort dans son bureau de Foix et exigèrent des logements et la dissolution de la mission interministérielle dédiée aux harkis.

Trois questions au Maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, l'un des poids-lourd du Sénat : vice-président, il dirige le groupe UMP.

- Vous pronostiquiez une progression d'une douzaine de sièges pour la gauche, elle en obtient plus que les 23 qui lui étaient indispensables pour l'emporter. Que s'est-il passé ?
Jean-Claude Gaudin : Nous nous attendions effectivement à une forte poussée de la gauche, en raison de ses gains aux municipales de 2008 sauf à Marseille, aux dernières régionales, aux cantonales... On savait que ce serait serré mais nous pensions que pour les 23 sièges, elle n'y arriverait pas. Eh bien, elle l'a fait ! Cela s'explique par de multiples facteurs : les élections passées, bien sûr, mais aussi la grande crise financière et économique que nous traversons. Nous devons demander des efforts aux Français et, parfois, ils ne tiennent pas trop à les faire. Cela a une traduction électorale.

- Les divisions à droite ont également joué, par exemple à Paris...
J.- C. G. : Il est clair aussi que l'indiscipline de certains membres de la majorité présidentielle nous coûte quelques sièges. Par exemple, on en perd un dans la Manche à cause d'une dame du Nouveau Centre qui a maintenu sa liste jusqu'au bout, alors que nous lui avons encore demandé ce dimanche de se retirer. Au final, elle est battue et la droite perd la Haute-Assemblée de deux voix...

- Le Sénat est une maison compliquée. Une surprise est-elle envisageable samedi prochain ?
J.- C. G. : Évidemment, ce n'est pas un soir de fête pour nous... Mais il est exact que le vote n'est pas consommé. Gérard Larcher se présentera et comme c'est à bulletin secret, des voix peuvent se manifester par amitié ou encouragement là où on ne les attend pas. Je le soutiens donc totalement. Comme nous continuerons à soutenir l'action du gouvernement, avec la force de ce qui sera le groupe le plus important du Sénat.

samedi 19 mars 2011

Cantonales - Est-ce que je vote demain pour mon département ?

Les électeurs ne peuvent snobber les cantonales

Ne pas voter aux cantonales,
c'est se priver du droit de râler


La moitié des Français et Françaises est appelée à décider de son avenir
Les élections ont lieu demain
le dimanche 20 mars, pour le 1er tour
et dimanche prochain, le 27 mars, pour le 2e tour.

Le rôle des Conseillers généraaux des CG
Le Conseil général, dont le périmètre d'action est le département, intervient dans de nombreux domaines de compétences.
Parmi eux : l'aide sociale, la voirie (routes départementales ou nationales d'intérêt local et transports scolaires en car), la culture, l'entretien des collèges et le développement local (aide aux associations, par exemple).

Depuis la loi de décentralisation de 2004, le champ d'action des Conseils généraux dans ces domaines s'est encore élargi.
Ils gèrent également le fonds solidarité pour le logement (FSL) et le fonds d'aide à l'énergie.
N.B. Dans la capitale, les compétences du Conseil général sont exercées par le Conseil de Paris.

Mode de scrutin
Pour accéder au second tour, les candidats doivent franchir la barre des 12,5% des inscrits. Si un seul candidat - ou aucun - ne franchit ce seuil, ce sont les deux meilleurs placés qui sont sélectionnés.
Au second tour, l'élection se fait à la majorité relative, quel que soit le nombre de votants. Si plusieurs candidats obtiennent le même nombre de suffrages, l'élection est acquise au plus âgé. Enfin, chaque candidat doit avoir un suppléant du sexe opposé.

La réforme
Certes, seule la moitié des cantons dans tous les départements est concernée : celle dont les dernières élections cantonales remontent à 2004. L'autre moitié a déjà été renouvelée en 2008 (pour 6 ans).
Chaque canton devra élire un conseiller général au scrutin uninominal majoritaire à deux tours et pour 3 ans seulement: c'est en 2014 que la réforme des conseils territoriaux entrera en vigueur.
PaSiDupes va plus loin: lien concernant le "mode d'emploi" de ce scrutin

Les conseillers généraux qui siègent à l'assemblée élue du département, le conseil général. Le nombre de conseillers varie en fonction de l'importance démographique du département. Le plus petit compte 15 élus (Territoire-de-Belfort) et les plus importants 77 (Pas-de-Calais) et 79 (Nord). Mayotte, qui a 19 élus, sera un département après le scrutin.


La gauche espère modifier le rapport de forces avec la droite dans les départements ?

10.361 candidats se disputerontles 2.026 sièges de conseillers généraux qui seront en jeu les 20 et 27 mars, à l'occasion des dernières élections cantonales avant la création du conseiller territorial, prévue normalement en 2014.

58 départements sont gérés par la gauche, 42 par la droite, sur les 100 départements où siègent des conseillers généraux: tous les départements métropolitains, sauf Paris, quatre en outre-mer, et Mayotte.


Remporter des sièges aux Conseils généraux, c'est se donner de meilleures chances aux sénatoriales
La gauche a les Hautes-Alpes, l'Aveyron etla Côte d'Or en ligne de mire.Si elle les remportait (ou tel autre majorité départementale), elle serait en position de force pour les sénatoriales, mais si la Corrèze et le Val d'Oise tombent sont (re)gagnés par la majorité, en septembre prochain, le combat pour les sénatoriales resterait très indécis.

Contrairement aux députés, les sénateurs sont élus dans chaque département au suffrage universel indirect par un collège électoral composé d'environ 150.000 grands électeurs.
Les grands électeurs sont les députés, les conseillers régionaux élus dans le département, les conseillers généraux et des délégués des conseils municipaux ou de leurs suppléants.

Même si le collège pour élire les sénateurs est composé à 95% de délégués des conseils municipaux, une poussée de la gauche aux cantonales donnerait un " coup de pouce" à l'opposition dans sa conquête de la présidence du Sénat.

lundi 7 mars 2011

Les cantonales 2011: le nouveau mode d'emploi

Des élections disputées

Ouverture ce jour de la campagne


Les scrutins ont lieu les 20 et 27 mars prochains.

VOIR et ENTENDRE la présentation qu'en donne i>télé (Canal+):




mardi 5 octobre 2010

Gérard Longuet: Aubry dit n'importe quoi en général et en particulier

Remaniement: Longuet réclame les hommes d'un programme de gouvernement

Gérard Longuet dénonce la mauvaise foi du premier secrétaire du PS: contradictions et hypocrisies.

VOIR et ENTENDRE le président du groupe UMP au Sénat, invité du Talk Orange-Le Figaro, le 5 octobre 2010:

J.-P. Raffarin l'a belle de donner des conseils sur les retraites. Les femmes et les handicapés devraient - comme prévu - profiter des concessions envisagées par le gouvernement avant l'ouverture du débat au Sénat;

Les centristes sont des partenaires constructifs de la majorité: ouverture, générosité et rigueur les caractérisent;

La retraite par points;

Sénatoriales, compliquées mais jouables;

Remaniement ministériel: le programme correspondant importe davantage que les hommes;

La défense commune de l'Europe: un devoir absolu pour les Anglais et les Allemands, avec les Français:

La trahison de Martin Hirsch, sur l' "anecdote" de ses accusations du présumé conflit d'intérêts visant l'usage qu'aurait fait G. Longuet des timbres reçus en sa qualité de ministre des Postes: irréaliste et déloyal.

mercredi 9 juin 2010

Cumul des mandats: quand Aubry avance, elle recule

Aubry, dans la tournante socialiste

Si quand j'avance, tu recules, comment veux-tu que je t'en …

Le premier secrétaire du Parti socialiste Martine Aubry se défend d'avoir reculé devant l'avance des sénateurs de son camp, qui refusent de se prendre la règle du non cumul des mandats avant les élections de septembre 2011.
Ces sénateurs protestaient contre un "désarmement unilatéral" face à la droite à l'heure où, estiment-ils, la gauche est en mesure de remporter la majorité à la chambre haute, ce qui serait une première historique.

Ne sait-on pas ce qu'il faut penser des désirs d'avenir socialistes?
Pour la première fois de l'histoire de la Ve République, la majorité sénatoriale a le sentiment que le Sénat est à portée de vote de la gauche. Les victoires consécutives du PS aux élections locales (cantonales de 2004, municipales de 2008 et régionales de 2010) ont en effet profondément modifié la composition du corps électoral qui désigne les sénateurs. À l'issue des prochaines élections, en septembre 2011, la gauche rêve donc de ne pas passer à nouveau à côté de sa chance. Mais le président du groupe PS, Jean-Pierre Bel, admet que la grande inconnue, c'est la majorité silencieuse des élus locaux sans étiquette.
Le débat qui agite la Rue de Solférino n'a guère d'autre objectif que de piéger les grands électeurs en les persuadant de ne pas manquer ce rendez-vous de l'Histoire.

Ils vendent la peau de l'éléphant avant de l'avoir tué
C'est leur méthode: ils sont déjà en recherche des prétendants potentiels à la présidence du Sénat avant d'avoir fait le plein. Président sortant du groupe, Jean-Pierre Bel est le candidat a priori le plus légitime mais le moins connu. Le nom de l'ancienne ministre Catherine Tasca, actuelle vice-présidente, circule aussi, mais, à 69 ans en 2011, elle n'incarne pas vraiment le renouvellement. Quant à l'ancien garde des Sceaux Robert Badinter, "vieux, usé, fatigué", il souffre encore plus du handicap de l'âge, mais il n'est pas impossible que le PS veuille s'incarner dans un symbole décharné de 82 ans, histoire de conserver son image au Sénat. Enfin, Frère François Rebsamen pourrait être assez mou pour être consensuel. Mais le première secrétaire du PS, Martine Aubry, l'a dans le colimateur depuis que ce ségogol est en conflit ouvert. En cas de blocage entre la droite et la gauche, un centriste pourrait tirer son épingle du jeu. Le président de la commission des finances, Jean Arthuis, rêve d'être cet arbitre. Il porte pourtant les stigmates de son passage au côté du sulfureux Bayrou: le président de l'Alliance centriste n'est-il pas de ceux qui en 2007 avaient élaboré le programme économique de François Bayrou?

La reculade ne suffisait pas: ils tentent de nous emboucaner !

Fruit d'un compromis obtenu au terme d'âpres discussions lundi soir, le texte adopté mardi par le Conseil national du PS prévoit que les sénateurs qui le souhaitent pourront rester à la tête des collectivités locales qu'ils dirigent jusqu'en septembre 2012.

Le premier secrétaire du Parti socialiste a tenté d'expliquer mercredi 9 juin que "rien n'est changé sur le principe",évoquant un simple "ajustement" qui "touche très peu de gens", moins d'une quinzaine de sénateurs.
Beaucoup de bruit pour une douzaine de sénateurs qui seront (ré-)élus - si Dieu le veut - pour 6 ans, le renouvellement devant à terme se faire en deux séries tous les 3 ans. A chaque renouvellement partiel, c'est-à-dire tous les trois ans, le Sénat élit ou réélit son bureau et son président.


N.B. Dans certains départements, augmentation d'un siège pour 2011
INDRE ET LOIRE : 3 - ISERE: 5* - JURA: 2 - LANDES: 2 - LOIRE ET CHER: 2 - LOIR: 4 -
HAUTE LOIRE: 2 - LOIRE ATLANTIQUE: 5 - LOIRET: 3 - LOT: 2 - LOT ET GARONNE: 2 - LOZERE: 1 - MAINE ET LOIRE: 4* - MANCHE: 3 - MARNE: 3 - HAUTE MARNE: 2 - MAYENNE: 2 - MEURTHET ET MOSELLE: 4 - MEUSE: 2 - MORBIHAN: 3 - MOSELLE: 5 -
NIEVRE: 2 - NORD: 11 - OISE: 4* - ORNE: 2 - PAS DE CALAIS: 7 - PUY DE DOME: 3 -
PYRENNEES ATLANTIQUES: 3 - HAUTES-PYRENNEES: 2 - PYRENNEE-ORIENTALES: 2 -
PARIS: 12 - SEINE ET MARNE: 4 - YVELINES: 5 - ESSONNE: 5 - HAUTS DE SEINE: 7 - SEINE ST DENIS 6 - VAL DE MARNE: 6 - VAL D'OISE: 4 - D.O.M./T.O.M. - GUADELOUPE: 2 - MARTINIQUE: 2 - LA REUNION: 4* - NOUVELLE-CALEDONIE: 2* - MAYOTTE: 1 - ST-PIERRE-ET-MIQUELON: 1


Incapables de conclure
"Aucune de ces trois demandes, qui revenaient à renoncer au non cumul, n'a été acceptée", s'est félicitée Martine Aubry.
On leur donne le même temps que les députés pour s'adapter, préparer leur succession, explique-t-on dans son entourage.
"Fermeté sur le principe mais pédagogie et réalisme dans la mise en oeuvre", résume Christophe Borgel, secrétaire national chargé des élections.

Les sénateurs refusent de se laisser prendre

Les conservateurs socialistes gagnent du temps
La gauche du parti a pris le pouvoir et la Ch'tite Aubry avale toutes les couleuvres qui passent.
Sur les retraites, par exemple, elle a tout dit, tout refusé et s'est tout fait imposer. Lien PaSiDupes Et ça recommence !

Le bureau du PS nous impose le spectacle d'une tournante politique
Même scénario sur le sujet du non cumul des mandats
Au bout du compte, les présidents des groupes PS de l'Assemblée et du Sénat vont déposer dans les jours qui viennent une proposition de loi sur le non cumul qui sera examinée lors de la prochaine niche parlementaire socialiste.
Mais pour Martine Aubry, en se montrant "exemplaires" sur ces sujets – c'est elle qui le dit -, les socialistes seraient en train d'envisager d'accomplir un jour une "petite révolution" dans la vie politique française. Un pari sur l'avenir, mais révolutionnaire, s'il vous plaît !
Le reste - la fronde des sénateurs organisée depuis plusieurs semaines, le brouhaha dans lequel ils l'ont contrainte à s'exprimer mardi à la tribune du Conseil national - "ce sont des petites histoires dont on n'a pas grand-chose à faire", a-t-elle ajouté. Lien PaSiDupes: Nono Montebourg mettra ça dans sa poche et son mouchoir par dessus
C'est l'écume des jours socialistes.

mercredi 26 mai 2010

Couac PS : les sénateurs font céder Aubry sur le non cumul des mandats

La girouette du PS s'affole et méprise le vote des militants
Son opinion fait autorité !

Le premier secrétaire du PS, Martine Aubry, avale des couleuvres

Elle était contre le cumul des mandats
Le mardi 25 mai, elle a donc rencontré les sénateurs socialistes pour les convaincre d'accepter dès l'année prochaine l'interdiction du cumul d'un mandat exécutif local avec un mandat parlementaire. A la sortie, elle acceptait, annonçant, la bouche pâteuse, des dérogations "marginales" pour les sénatoriales de septembre 2011.
"J'ai rappelé que pour nous, la règle c'était qu'à l'automne 2012, lorsque les députés seront élus, l'ensemble du non-cumul s'appliquera", a déclaré Mme Aubry, pas déçue du voyage, après seulement deux heures de résistance au groupe PS au Sénat.
"Nous allons encore discuter des modalités mais je reste sur le principe qu'il ne peut y avoir de cumul entre un poste de député et [sic: 'ou', peut-être ?] de sénateur et un exécutif au niveau local (maire, président de conseil régional ou général)", a-t-elle insisté.
"Comme convenu depuis plusieurs semaines, nous allons regarder s'il y a quelques cas qui posent difficulté", mais "cela ne peut être qu'extrêmement marginal", a-t-elle toutefois estimé. "Il y a des cas simples qui sont peu nombreux", a-t-elle encore minimisé. Virage à 180°

Balayée comme fétu de paille

Les sénateurs PS sont vent debout contre un non-cumul des mandats
.
Le prétexte ? Il ne s'appliquerait qu'aux socialistes; or, ils estiment que le moment est mal choisi et que leur rêve de faire basculer le Sénat à gauche en 2011 serait anéantie.
Comme pour le 2e tour des présidentielles 2002, la gauche se dit bien placée pour les sénatoriales de 2011, grâce à des gains récents aux élections locales. Les conseillers municipaux représentent en effet 95% du collège des grands électeurs qui élit les sénateurs.
Ils font du zèle devant les media et puis réclament "une grande loi républicaine" qui s'applique à tous, pour plus tard, après la présidentielle de 2012, si la gauche la remportait: sursis accordé !

Rénovation ? L'émergence de nouveaux visages est reportée

Nono Montebourg promet un rajeunissement des cadres

Mais les pigeons ne sont pas sortis de l'oeuf qu'ils ont déjà du plomb dans l'aile: sa rénovation est à deux aiguilles à tricoter de l'avortement.
"Si on empêchait unilatéralement des élus socialistes connus et reconnus de se présenter, ce sont près de 10 sièges qui devraient nous échapper", a en effet plaidé le chef de file des sénateurs PS, Jean-Pierre Bel, dans son discours d'introduction à la réunion du groupe.
"Les mêmes règles pour tous, c'est la condition pour des élections équitables et c'est aussi un élément déterminant de notre succès, ici-même à l'automne en 2011", a-t-il insisté.

Montebourg se casse les dents sur le conservatisme socialiste

Le meneur des sénateurs PS frondeurs s'est défendu d'une "quelconque défense corporatiste ou de pré-carré". "Nous pourrions aller très vite en déposant une proposition de loi (PPL)" sur le non-cumul ou en réclamant un référendum d'initiative parlementaire, a-t-il même suggéré. A l'issue da la confrontation avec le groupe, Martine Aubry s'est d'ailleurs alignée sur la suggestion d'une PPL. Lire PaSiDupes
Sur 115 sénateurs membres du parti ou rattachés au PS, 16 sont présidents de conseil général, 20 conseillers généraux, 4 présidents de conseil régional, 16 conseillers régionaux et 31 maires. 29 détiennent uniquement un mandat de sénateur. Un tiers seulement d'entre eux est renouvelable...

Le premier secrétaire ne fait pas la loi au Sénat
crédit: DIEV, comme lisiblement indiqué

Lors de la réunion, plus d'une vingtaine de sénateurs se sont exprimés, dont Robert Badinter, Catherine Tasca, Gérard Collomb, Jean-Pierre Masseret, quasi-unanimes pour demander le report du non-cumul après les sénatoriales.
François Patriat, sénateur de Côte-d'Or et président de la région Bourgogne, tenta la bouche en coeur d'épargner la Ch'tite Aubry à l'issue de la réunion: elle "n'a pas reculé sur le principe, a-t-il assuré sans rire, mais elle a fait des concessions, face à une certaine rancoeur". En politiquement correct, elle a mis sa proposition dans sa poche et son mouchoir par dessus.

Elle a senti le souffle du boulet
"Elle a senti notre cohésion, notre détermination", a souligné Jean-Pierre Bel. "Nous avons décidé de nous revoir très vite et d'ailleurs elle m'a rappelé après la réunion de groupe", a-t-il précisé, indiquant qu'il rencontrerait dès mercredi son lieutenant François Lamy.

Une cotte mal taillée leur sied bien
"Si on fait des exceptions pour une dizaine de circonscriptions, cela nous va", indiquait un cadre du groupe.

La méthode: à fond contre, mais pour, à la rigueur ou plus tard

La carte rose des régions aurait pu galvaniser le PS, mais quand la tête est malade, le corps va mal. Avec les présidents de région PS sortants, dit Gérard Collomb (PS), "on se projette dans la société du XXIe siècle plutôt que dans la défense des acquis de la moitié du XXe." Et d'ajouter: "Le paradoxe, c'est que beaucoup portent un programme assez différent de la ligne politique plutôt frileuse et conservatrice incarnée par la direction du PS".

=> Sur l'âge de départ à la retraite
Titine Aubry avait déjà suscité la polémique sur la retraite: celle qui fait office de premier secrétaire avait déclaré le 17 janvier 2010 qu'elle arrivait à concevoir un départ à la retraite à 61, voire 62 ans. Mais le bureau national lui avait rappelé qui est le patron et aussitôt recadrée. Dix jours plus tard, les apparatchiks lui faisaient dire qu'il avait finalement décidé - à l'unanimité - la "défense" de l'âge légal de départ à la retraite à 60 ans... Le secrétaire d’Etat à l’emploi, Laurent Wauquiez lui reprocha alors de "faire du rétro-pédalage" . Lire PaSiDupes

=> Sur les 35 heures
Le PS en fait une conquête sociale, mais il faut rappeler la reculade de la Ch'tite Aubry face au MEDEF qui a contraint la ministre Aubry à renoncer au siphonnage de l'assurance-maladie et l'assurance-chômage pour financer les 35 heures.
Ont-ils toutes les bonnes raisons qu'ils disent de faire les fiers à bras ?

=> Et c'est passer sous silence son départ de la Rue de Grenelle sans avoir pallié, comme promis, les insuffisances de la loi Veil ou la position médiane du PS sur l'interdiction du voile intégral: un peu pour, mais pas trop !

A propos de la protection des femmes musulmanes, sur l'excision et le mariage forcé, ni le premier secrétaire du PS, Martine Aubry, ni sa concurrente, Désirdavenir Royal, classée par un sondage derrière tout ceux qui comptent, (ni Marie-George Buffet -PCF- ne soutiennent l’initiative de Valérie Létard, simplement parce qu’elle était alors secrétaire d'Etat à la Solidarité… Lire PaSiDupes

Recul de la démocratie socialiste
=>
Les militants socialistes ont voté massivement en octobre 2009 (à peine un militant sur deux a participé au scrutin) pour un non cumul applicable "dès les prochains renouvellements" (cantonales et sénatoriales en 2011, législatives en 2012), avec incompatibilité entre un mandat de parlementaire et une présidence d'exécutif local (communes, intercommunalité, conseil général et régional) ou la participation à un exécutif (vice-président, maire-adjoint).
  • Jean-Christophe Cambadélis, député de Paris et fidèle de Martine Aubry, estima alors sur son blog, que le vote des militants constituait "un camouflet pour ceux qui avaient parié sur le conservatisme et la division" et " un succès pour ceux qui veulent le grand changement et le rassemblement." Présomptueux ?
  • Pour Benoît Hamon, porte-parole, "les orientations proposées par la première secrétaire" [...] "vont changer en profondeur le visage du Parti Socialiste". Lire PaSiDupes sur le visage de Michel Teychenné

    => Le même problème se pose pour les députés
    En octobre dernier, (avant les Régionales 2010), 86% d'entre eux étaient des cumulards.

    Et, outre Jean-Marc Ayrault, ex-n°2 du PS, le grand ordonnateur de la rénovation, l'ineffable Montebourg, à la fois député et président du Conseil Général de Saône-et-Loire, est un cumulard anti-cumul, mais le chantre du mandat unique n'est pas pressé de passer à l'acte.
    Il s'assure une retraite confortable qui pourrait le surprendre avant 60 balais depuis que la voiture du même nom a bien failli le ramasser sur le talus des dernières législatives. Ses 42% des voix au premier tour lui avaient rabaissé son caquet et les 50,34% du 2e ne redorèrent pas le blason du coq des media, la crête encore flasque...