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jeudi 27 juillet 2017

Contributeurs forcés, les Français vont s'offrir STX

Macron fait nationaliser STX par Philippe

La France a décidé d'
exercer son droit de préemption sur les deux tiers du capital de 
STX France qu'elle ne détient pas 

Faute d'accord avec l'Italie sur un partage à parité des chantiers navals de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire (photo), a indiqué que la proposition française de partage à 50-50 tenait toujours.

La France a ainsi acté jeudi l'échec de ses négociations avec l'Italie sur les chantiers navals de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique).

En annonçant cette décision, le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, a précisé qu'il se rendra à Rome mardi pour en discuter avec le gouvernement italien. "Je vous annonce que nous avons pris la décision d’exercer le droit de préemption de l’État sur STX", a-t-il dit lors d'une conférence de presse.

Cette décision, "prise en plein accord" avec le président de la République et le Premier ministre, a un seul objectif : " défendre les intérêts stratégiques de la France en matière de construction navale", a-t-il assuré.
"Les chantiers de Saint-Nazaire sont un outil industriel unique en France. Nous voulons garantir aux salariés, à la région, aux clients, aux sous-traitants, mais aussi à tous les Français que les compétences exceptionnelles des chantiers navals de Saint-Nazaire en termes de construction comme les emplois resteront en France", a expliqué le ministre. En fait, un retour de ...Corée.

Il a chiffré le coût pour les Français

de l'acquisition des deux tiers du capital de STX France rachetés au printemps par l'italien Fincantieri à son ancienne maison mère sud-coréenne à 80 millions d'euros, qui seront pris en charge par l'Agence des participations de l'EtatDes entreprises peuvent appartenir au secteur public sans être gérées par l'APE (cf. Eiffage,  détenue pour partie par Banque publique d'investissement).

Bruno Le Maire a souligné que cette nationalisation ne sera que temporaire, les chantiers de Saint-Nazaire n'ayant pas vocation à rester sous le contrôle de l’État français qui n'est pas entrepreneur.
Elle "doit nous donner le temps de négocier dans les meilleures conditions possibles la participation de Fincantieri", a-t-il précisé, en reconnaissant que le groupe public italien est le seul intéressé par STX France.

La société de construction navale italienne a refusé jusqu'ici de revenir sur un accord conclu au printemps par le précédent gouvernement français qui accordait 54% de STX France au co-actionnaire italien, dont 48% pour Fincantieri), le solde étant détenu par des intérêts publics français (l'Etat et Naval Group).

Bruno Le Maire veut 50% et a justifié la parité au capital réclamée dorénavant par Paris par la nécessité de garantir le maintien de l'emploi et du savoir-faire des chantiers de Saint-Nazaire, les seuls capables en France de construire des paquebots, mais aussi de très grandes coques comme celle d'un porte-avions.

Le droit de préemption dont disposait la France venait à échéance ce vendredi.

samedi 1 août 2015

MyferryLink: nouveau soubresaut de colère ouvrière à Calais

L'accès au port de Calais à nouveau bloqué par des marins, suite 

SeaFrance, nouvelle coopérative coulée

Mécontents des mesures proposées par le gouvernement pour sauver la compagnie maritime MyFerryLink - constituée majoritairement par les anciens salariés de SeaFrance qui exploite les liaisons trans-Manche par ferries de la ligne Calais-Douvres -  des centaines de marins de la Scop SeaFrance ont de nouveau lancé des actions coup de poing, vendredi, en même temps qu'ils apprenaient que leur coopérative était liquidée.

Près de 300 manifestants ont ainsi bloqué pendant plus de trois heures vendredi les bretelles d'accès au port de Calais (Pas-de-Calais) avec des tas de pneus enflammés.
Ils sont ensuite partis dans un cortège d'une cinquantaine de véhicules pour une opération escargot sur l'A16 en direction de Loon-Plage, près du port voisin de Dunkerque, où la compagnie danoise concurrente DFDS a installé une partie de son activité. L'opération a provoqué d'importants bouchons en cette journée classée rouge dans le sens des départs en vacances par Bison futé, qui se comptaient encore en kilomètres en fin d'après-midi.
Le trafic restait totalement interrompu sur la nationale 216, bloquée dans les deux sens en raison des dégâts, au niveau de la sortie portuaire, obligeant à la mise en place de déviations par les forces de l'ordre.

Le trafic portuaire n'était cependant pas impacté, les compagnies maritimes invitant juste les passagers à prendre leurs précautions et annonçant des retards éventuels pour accéder à l'embarquement.
VOIR et ENTENDRE un reportage de l'AFP interdit d'imbrication aux blogueurs et pourtant mis à disposition (gracieuse?) du journal Le Monde (sous sa signature !):

Cette manifestation était "la goutte d'eau qui fait déborder le vase" pour le président du port de Calais
 
Comme cela a été le cas à plusieurs reprises au mois de juillet, Jean-Marc Puissesseau est exaspéré de voir les infrastructures bloquées une nouvelle fois, sans que les autorités n'interviennent. Le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, passe des vacances paisibles dans le Pas-de-Calais, Le Touquet, très bourgeoise station balnéaire "de l'élégance", à 30 minutes de ce conflit social. 

Sur le mois écoulé, le port a ainsi enregistré une baisse de 30% du trafic camion transmanche, -36% pour les voitures et -20% pour les autocars, selon la Société d'exploitation des ports du Détroit. Depuis le début du mouvement "MyFerryLink", elle indique enregistrer une perte de 7 millions d'euros.

SCOP qui opère les navires de la compagnie transmanche MyFerryLink depuis août 2012 et placée en redressement judiciaire le 11 juin dernier, SeaFrance est au centre d'un conflit qui dure depuis plusieurs mois entre ses marins, le propriétaire de ses trois navires, Eurotunnel, et son concurrent danois DFDS. 
Une nouvelle réunion sous l'égide du gouvernement avait eu lieu jeudi.

Nouveau rêve brisé d'une société  coopérative ouvrière de production (Scop)

La gauche idéologue et ringarde avait misé sur les Scops
Dans l'idéal, elles permettent aux salariés de maîtriser leur activité professionnelle et de partager équitablement le pouvoir, les décisions et les fruits de leur travail. A condition d'être bénéficitaires... Soumises à la loi du 10 septembre 1947 sur les coopératives et régies par une loi de 1978 (gouvernement Barre), actualisée en 1988 (gouvernement Rocard) et en 1992 (gouvernement Bérégovoy), 1.700 entreprises emploient plus de 36.000 salariés dans l'industrie et les services. L'entreprise appartient à ses salariés, les coopérateurs élisent leur patron, la répartition des bénéfices se fait équitablement et elles sont exonérées de la taxe professionnelle. Mais la recherche d'investisseurs extérieurs est entravée par le fait que la législation leur interdit toute  perspective de prise de contrôle.

Près de 280 Scop sont nées en 2014
En mai 2015, près de 4 ans après l’annonce de la fermeture de l’usine de production de thés Lipton et infusions Eléphant entraînant la suppression de 182 postes, les "Fralib" de Gémenos, en Provence ont présenté le lancement de leurs propres marques.
En 2012 dans l'Ain, quatre anciennes salariées du groupe Lejaby ont créé une SCOP de fabrication de lingerie fine et de dessous féminins made in "Bellegarde", une fabrication 100% made in France (Les Atelières), grâce à trois banques et 350.000 euros de prêts, garantis à 70 % par la Banque Publique d'Investissement (BPI), présidée par Jean-Pierre Jouyet, que Hollande a fait secrétaire général de la Présidence de la République, et dirigée par Ségolène Royal, alors vice-présidente et porte-parole, devenue ministre de Valls. Les Atelières (et Monette, une autre tentative sur le site de Lejaby) sont en liquidation judiciaire.

Le 18 août 2014, Arnaud Montebourg, ministre de l'Economie, du Redressement productif et du Numérique et Carole Delga, secrétaire d'Etat chargée du Commerce, de l'Artisanat, de la Consommation et de l'Economie sociale et solidaire, se félicitaient de la réouverture sous forme de Scop de la
grande librairie clermontoise Les Volcans, appartenant anciennement au réseau Chapitre, après six mois de fermeture. "L'économie sociale et solidaire est résiliente et permet aux salariés d'être acteurs de leur territoire et de leur avenir professionnel" a précisé Carole Delga. Les collectivités et la DRAC, entre autres financeurs, ont accordé 192.000 euros et l'association Lira (Libraires indépendants en région Auvergne), alimentée par le conseil régional, l'Etat, l'Europe et le Crédit Mutuel vit d'aides publiques. 

Le tribunal de commerce de Boulogne-sur-Mer a prononcé la mise en liquidation judiciaire de la Scop

Maire de Boulogne-sur-Mer depuis 2002, Frédéric Cuvillier, fut sous-ministre des... Transports, de la Mer et de la Pêche de Hollande (2012-2014) 
"Le tribunal prononce la conversion en liquidation judiciaire (...) sans poursuite d'activité à compter de ce jour. La Scop SeaFrance n'existe plus", depuis la décision du tribunal de Commerce. La création de cette SCOP avait été décidée par CFDT maritime Nord, le syndicat dominant .
Impuissant à sauver SeaFrance, Cuvillier aura été le premier ministre en exercice à célébrer un mariage entre deux personnes de même sexe (le 1er juin 2013). 

Mais cette liquidation judiciaire permet le paiement des salaires de juillet des 487 salariés, la coopérative n'ayant pas la trésorerie suffisante pour le faire. La liquidation "est une bonne chose pour les salariés. Ils vont toucher leur salaire. Maintenant, on va essayer de négocier un bon plan social. Il faut faire comprendre au gouvernement qu'on ne lâchera rien", a lancé Eric Vercoutre, secrétaire général du syndicat CFDT maritime Nord, ultra-majoritaire, parlant malgré tout de "naufrage".

"L'Etat doit maintenant nous aider de façon concrète. On promet une activité très perturbée le temps que l'on soit entendus", a-t-il ajouté.
Une nouvelle assemblée générale des marins doit avoir lieu "mardi ou mercredi".

Le gouvernement ne laisse aucun espoir

Le secrétaire d'État chargé des Transports, Alain Vidalies, "a simplement dit qu'à Calais, seulement 380 emplois pouvaient être sauvés" sur un total de 487, a déploré la CFDT locale, syndicat proche du parti socialiste mais qui refuse toujours de passer du giron d'Eurotunnel à celui du concurrent DFDS.

"Le gouvernement n'est pas capable de nous verser un fonds d'aide alors qu'il a donné 100 millions d'euros à la SNCM", s'est plaint E. Vercoutre.

La semaine dernière, le gouvernement avait soumis un texte prévoyant notamment la liquidation de la Scop SeaFrance, la création d'une nouvelle Scop exploitant un seul navire et la reprise limitée à 380 salariés sur 487 au total.  Il a fixé pour objectif "d'obtenir dans un délai de 3 mois une solution pour chaque salarié".
Eurotunnel, propriétaire des trois navires affrétés jusqu'à juin dernier par MyFerryLink, "a réitéré son engagement d'une offre d'affrètement" d'un seul de ces bateaux, qui "sera formalisée par écrit dans les prochains jours", selon A. Vidalies, aligné sur Eurotunnel, société privée européenne cotée sur les marchés boursiers de Paris et Londres.

samedi 10 mai 2014

St-Nazaire: la Corée du Sud apporte une nouvelle commande aux Chantiers de l'Atlantique

Un paquebot de Royal Caribbean Cruises sera construit par STX France

La relance des anciens Chantiers de Saint-Nazaire vient de l'étranger

Un quatrième paquebot géant fournira du travail à Saint-Nazaire. 
L'armateur américain Royal Caribbean Cruises a annoncé vendredi un accord avec STX pour un quatrième exemplaire de la classe des "Oasis", bateau de croisière qui faisait partie du contrat signé fin 2012.  "Nous sommes ravis d'annoncer la commande de ce quatrième navire, alors que le chantier sur un troisième est en cours. Cette annonce est aussi un hommage aux hommes et femmes de STX France qui ont travaillé si dur et en coopération sur Oasis III", déclare Richard D. Fain, le patron de l'armateur américain dans un communiqué. 

Cette commande est une option passée en 2012 par l'armateur américain

Paquebot du type Oasis sortant 
de cale sèche à Turku en Finlande
Ce nouvel "Oasis" représente une commande d'un milliard d'euros et générera environ dix millions d'heures de travail pour les ex-chantiers de l'Atlantique. Il devrait consommer 20% d'énergie en moins que ses deux prédécesseurs, construits aux chantiers finlandais de STX en 2009 et 2010, qui "figuraient déjà parmi les bateaux les plus efficaces au monde" en la matière, souligne Royal Caribbean Cruises. Il sera de taille similaire à celle de l'Oasis III, long de 361 mètres, qui devra pour sa part être livré en 2016

Carnet de commandes plein

Après plusieurs années d'arrêt des activités, la commande signée en 2012 était "historique".  C'était le plus grand paquebot du monde de classe Oasis qui comprte pour l'instant deux paquebots :
Chantiers navals de réparation,
à Marseille
Oasis of the Seas (2009) qui pourrait être accueilli en arrêt technique de réparation navale à Marseille 
après remise en service de la plus grande cale sèche de Méditerranée, et Allure of the Seas, construit en 2010 au chantier naval de Turku en Finlande (STX Europe, ex-Aker Yards). 
"Nous sommes très heureux que Royal Caribbean ait accepté de continuer l'aventure avec un quatrième navire Oasis. C'est le signe d'une vraie confiance à l'égard de STX France, dans sa capacité à construire des navires de croisière parmi les plus performants dans le monde", a déclaré Laurent Castaing, le patron de STX France, dans un communiqué.  "Nous sommes impatients de faire progresser l'efficacité de notre processus de construction de navires, afin de livrer les bateaux les plus innovants, et satisfaire les attentes des vacanciers qui ont choisi Royal Caribbean." 

STX emploie 2.400 personnes à Saint-Nazaire. 
La société affiche un carnet de commandes plein : elle doit livrer en 2014 et 2015 deux porte-hélicoptères à la Marine ...russe, puis le paquebot de Royal Caribbean et un ferry pour Brittany Ferries en 2016, et un paquebot pour l'armateur italo-suisse MSC en 2017. La livraison du quatrième Oasis est annoncée pour 2018.
Sous réserve qu'elle règle ses problèmes de gestion financière et de gouvernance, la Société nationale Corse Méditerranée (SNCM) pourrait venir étoffer les commandes de STX France de deux navires et deux autres en option.

STX Europe (anciennement Aker Yards), est un constructeur naval européen de paquebots et ferries en Finlande et en France. C'est une holding dont le siège est situé en Norvège qui fait partie de STX Offshore & Shipbuilding du  sud-coréen STX Corporation, qui fait donc ses affaires dans la construction navale, mais aussi les énergies fossiles (pétrole) et renouvelables, ainsi que le commerce international notamment dans les minerais.
Le groupe coréen est l'actionnaire majoritaire des Chantiers de l'Atlantique à Saint-Nazaire et de Leroux Naval à Lorient.
STX Europe est sud-Coréen à 66,66 % et français (FSI) à seulement 33,34 %.
Le fonds stratégique d’investissement (FSI) est un fonds créé par l'État français le 19 décembre 2008 et qui est parfois assimilé à un fonds souverain. Il a intégré à BPI France en juillet 2013.

Or, le 13 mars 2013, le sud-coréen STX annonce son intention de vendre les chantiers STX Europe (donc Saint-Nazaire, Lorient et Turku) au mois de juin 2014. Le créancier principal du groupe STX, la Korea Development Bank (KDB) a émis des réserves sur la valeur de STX Europe, alors que le président du groupe et fondateur de l’empire STX, Kang Duk-soo, s’est retiré de la direction du groupe. A la suite de quoi les créanciers ont porté plainte contre lui pour abus de confiance. Avec sa démission, les créanciers ont accordé un financement supplémentaire de 1.800 milliards de wons le 19 février 2013.
Montebourg se préparerait à une nouvelle occasion de fustiger les patrons, avec véhémence.

lundi 28 avril 2014

Pourquoi Alstom en est-elle à se vendre?

Alstom, symbole de la décrépitude du tissu industriel français
Le devenir des activités du fleuron industriel français, convoitées par deux géants,

l'américain General Electric et l'allemand Siemens, se joue dans les heures qui viennent. Alstom, fierté nationale, créateur du TGV et en pointe sur les renouvelables, discute d'un rapprochement avec l'Américain General Electric, a confirmé son patron Patrick Kron vendredi 25 avril.
Au delà d'Alstom, l'appétit des étrangers pour les entreprises de l'Hexagone s'est accru ces derniers mois. La France a été la première cible d'acquisitions au premier trimestre 2014 et le pays a concentré un tiers des fusions-acquisitions en Europe sur la période. Lafarge & Holcim, Publicis & Omnica, PSA & Dongfeng ou même SFR & Altice: la liste des icônes de l'économie française au cœur d'opérations transnationales s'allonge. Il n'est pas excessif de dire qu'elles passent toutes sous pavillon étranger, malgré l'agitation de Montebourg. 

Face aux critiques de laisser-faire, François Hollande est monté au créneau ce dimanche en convoquant une réunion au sommet. Autour du chef de l'Etat, le Premier ministre, Manuel Valls, ainsi que les ministres de l'Economie Arnaud Montebourg et de l'Energie Ségolène Royal, ont "discuté de l’évolution du dossier, au regard des objectifs d’emploi, de localisation des activités et d'indépendance énergétique". A l'issue de la réunion , l'Elysée a annoncé que le président recevrait lundi, dès 9h30, Jeffrey Immelt le PDG de General Electric. Il recevra aussi le PDG de Siemens, qui a fait une contre-proposition lundi après-midi et Martin Bouygues lundi soir. Alstom vendrait ses activités énergie et réseaux au conglomérat américain. Il n'y aurait donc pas d'OPA.

Alstom est une société anonyme française
Ce fleuron stratégique de l'industrie française basé à Belfort est spécialisé dans les secteurs des transports, principalement ferroviaires (trains, tramways et métros), et de la production d'énergie (centrales électriques et énergies renouvelables comme des éoliennes).
Bien que convoité par deux géants mondiaux Le Canard Enchaîné pointe Alstom. L'hebdomadaire évoque ainsi le fait qu'Alstom a été privé de marchés publics étrangers, comme au Mexique en 2004, et que deux de ses filiales ont été sanctionnées en 2008 pour avoir corrompu des fonctionnaires en Italie, que, depuis 2012, la Banque mondiale a interdit au groupe de répondre à des appels d'offres en raison de pots-de-vin versés à un ministre en Zambie, que la justice suisse a condamné l'entreprise à une amende de 2 millions, plus 29 millions de pénalités correspondant aux bénéfices réalisés grâce à "des paiements inappropriés versés à des agents publics en Lettonie, en Malaisie et en Tunisie". "De vieilles histoires", a répondu Alstom au Canard, qui souligne cela dit que, d'après l'OCDE, des enquêtes concernant Alstom sont en cours en Grande-Bretagne, en Slovénie, en Pologne, au Brésil et en Norvège. Alstom, avec Veolia, est mis en cause dans l'affaire du tramway de Jérusalem.

Alstom a été sauvé il y a dix ans, mais par sous-capitalisation
Les écologistes sont étrangement taiseux sur un dossier qui les a mobilisés...Alstom a perdu 1 milliard d'euros de capitalisation à la Bourse à Paris en janvier 2014. Une chute de l'ordre de 11%, qui a ramené le titre de 27,755 euros à la clôture hier à environ 24,70 euros.  Si la plupart des secteurs se portent relativement bien, le coeur de métier, les centrales thermiques, est à la peine, faute de gros projets sur les marchés matures mais aussi dans les pays émergents. Alstom se satisfait difficilement de nombreux contrats de moindre taille. 

Les jours à venir s'annoncent à nouveau décisifs pour le devenir du groupe industriel français.
Invité de RTL, le ministre de l'Economie s'en est pris à Patrick Kron, le PDG d'Alstom, et donc à Martin Bouygues, l'actionnaire principal, qu'il a accusé d'avoir décidé "en trois jours de vendre un fleuron de l’industrie nationale dans le dos de ses salariés, et du gouvernement."

Les syndicats d'Alstom en appellent au gouvernement, alors qu'une vingtaine de salariés se sont rassemblés ce dimanche 27 avril devant le siège de l'entreprise à Levallois-Perret.

Des syndicats d'Alstom ont interpellé la direction de l'industriel français pour qu'elle prenne le temps d'étudier les scénarios susceptibles de pérenniser l'activité de l'entreprise.
La fédération CFDT de la métallurgie demande "au gouvernement d'user de tous ses moyens" pour que l'examen des offres de General Electric et de Siemens, ainsi que la "concertation indispensables aient lieu et pour qu'aucune décision hâtive ne soit prise". "le conseil doit surseoir à toute décision jusqu'à ce que toutes les options aient pu être sérieusement étudiées", continue la fédération.
Même appel de la part de la CGT, qui souligne que la moitié du carnet de commandes d'Alstom, "53 milliards d'euros, vient de l'Etat et des pouvoirs publics", "il est donc important que le gouvernement ait son mot à dire""Nous ne laisserons pas le groupe être démantelé", surtout pas dans cette "précipitation et cette urgence". "Il y a d'autres solutions pour trouver du cash que de brader le groupe: que les actionnaires remboursent déjà les 1,5 milliard de dividendes".

"Le devenir d'Alstom ne relève pas de ses seuls actionnaires", estime aussi la CFDT, qui, comme la CFE-CGC (premier syndicat) et la CGT, exprime "son immense surprise" d'apprendre par voie de presse les tractations en cours avec l'américain General Electric et l'allemand Siemens.

Invité de BFMTV et RMC, le président du MoDem a estimé que le gouvernement a "entre les mains une responsabilité très importante ce matin". "Nous n'avons pas de politique industrielle, ce n'est pas en deux jours que devraient se prendre des décisions aussi importantes", a-t-il dénoncé, tout en taclant Alstom qui a, selon lui, commis "une succession d'erreurs industrielles".

Le président de l'UMP a jugé le dossier Alstom "extrêmement grave". Il y a "un Etat dont on attend qu'il soit stratège et qui se comporte en pompier pyromane", a accusé l'ancien ministre sur Europe 1. "Nous sommes dans la dernière ligne droite, on nous parle de 48 heures" et pourtant "cela fait des mois que ce dossier est connu", a -t-il affirmé.

Arnaud Montebourg : "Les entreprises françaises ne sont pas des proies"

Alors qu'il doit participer aux rencontres avec les PDG de General Electric et Siemens, lundi 28 avril, le ministre de l'économie et du redressement productif, Arnaud Montebourg, a indiqué qu'il entendait "refuser le fait accompli" d'une vente de la branche énergie du groupe Alstom à GE.

Interrogé sur RTL, Montebourg a déclaré "refuser qu'Alstom, en trois jours, décide de vendre 75 % d'un fleuron national dans le dos de ses salariés, dans le dos du gouvernement, dans le dos de la plupart de ses administrateurs et de ses cadres dirigeants ".

Montebourg a révélé sa préférence pour un rapprochement d'Alstom avec l'allemand Siemens. "Pour utiliser des images qui parlent aux Français : soit on se fait racheter par Boeing soit on construit Airbus" a ainsi expliqué le ministre, qui affirme que "Siemens veut créer deux leaders mondiaux dans les domaines de l'énergie et des transports".
"Les entreprises françaises ne sont pas des proies, en revanche nous sommes disponibles pour nouer des alliances qui nous permettent de nous armer dans la mondialisation.Nous avons multiplié ces derniers jours et ces dernières heures un certain nombre d'initiatives, la première c'est derefuser le fait accompli."
Selon lui, l'offre de GE "pose un problème pour une raison simple, c'est que l'essentiel d'Alstom, 75 % de l'entreprise, 65 000 salariés dans le monde, vont être dirigés depuis le Connecticut". "Nous avons dit que cette situation était inacceptable", a rappelé le "redresseur productif", tout en reconnaissant que General Electric est un "investisseur qui se comporte très bien en France". 

Montebourg n'exclut d'ailleurs ni un rachat par l'Etat de la part de Bouygues dans Alstom (environ 29 % du capital), ni une éventuelle nationalisation transitoiretoutefois jugée "prématurée".  Il a toutefois indiqué qu'en l'état une nationalisation est "prématurée", mais que le gouvernement travaille à faciliter les rapprochements.

Mais, au gouvernement Valls, Montebourg et Rebsamen divergent
Selon les informations du Monde, Montebourg aurait fait pression pour que le conseil d'administration d'Alstom, prévu dimanche après-midi ne soit pas conclusif. Il veut l'inciter à prendre le temps d'une réflexion stratégique et des offres, avant de sans doute approuver celle de General Electric.
Sur France Inter, le ministre du travail, François Rebsamen, a dit vouloir "que tous les emplois soient sauvegardés" et "que l'indépendance énergétique soit maintenue, que les centres de décisions restent en France". "Les décisions de M. Kron (le PDG d'Alstom) ne peuvent pas se prendre sans l'accord de l'Etat Français", a-t-il également affirmé.


Bercy et l'Élysée espèrent trouver une offre alternative à celle de General Electric

GE veut racheter l'activité énergie du groupe français, mais Siemens se dit prêt à discuter. Le ministère de l'Économie fait tout son possible pour faire émerger une alternative avant cette échéance cruciale, alors qu'un CA d'Alstom est sur le point d'approuver l'offre d'achat a minima de GE pour seulement 10 milliards d'euros.

Pour éviter le démantèlement d'un fleuron industriel français aussi stratégique qu'Alstom, le gouvernement a demandé au groupe allemand Siemens de plancher sur le sujet. Dimanche matin, Siemens s'est dit prêt à "discuter de futures opportunités stratégiques"

Une solution franco-allemande pourrait associer BPI France et des industriels français. Siemens doit trouver une solution qui satisfasse à la fois les exigences de Bouygues, actionnaire à 30,75% d'Alstom, et celles du gouvernement, très attaché à préserver les emplois, les centres de décisions et les actifs stratégiques d'Alstom. A Clara Gaymard, présidente de General Electric France,Arnaud Montebourg a notamment exprimé vendredi soir son souci concernant la fourniture par Alstom des turbines de l'EPR françaisJeff Immelt, le PDG de General Electric,  devrait faire valoir ce lundi que son groupe fournit déjà les turbines des sous-marins d'attaque français et que ces contrats avec la DGA et la DCNS ne posent pas de problème à la France.

La branche énergie du groupe français regroupe des activités telles que les turbines pour centrales électriques, l'éolien et les systèmes de transmission de l'électricité. Elle pèse plus de 70 % du chiffre d'affaires global d'Alstom, soit environ 15 milliards d'euros lors de l'exercice 2012-2013, emploie près de la moitié des 18 000 salariés d'Alstom en France et regroupe les activités les plus rentables du groupe en excluant les renouvelables (aux marges moins élevées). 
La Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) est actionnaire à 1,41% et Hollande a étêté  la BPI (Banque publique d'investissement ou BPI France) supposée "accompagner", financer et aider au développement des entreprises. Nicolas Dufourcq, son directeur général, déclarait que "la priorité de la BPI, c’est de préparer la France 2030", mais des places sont vacantes depuis que  Jean-Pierre Jouyet, son président, est passé à l'Elysée et que Ségolène Royal, vice-présidente du conseil de la Banque publique, a été appelée au gouvernement Valls en charge de l'Ecologie, du développement durable et de l’énergie... Si la BPI ne joue aucun rôle dans ce dossier, l'exécutif ne peut échouer.



vendredi 8 novembre 2013

Stéphane Le Foll ne s'aventure pas jusque dans le Finistère pour rencontrer les Bretons

Attendu de pied ferme, Stéphane Le Foll s'arrête à Rennes...

L
'écotaxe dans les choux bretons

Les ministres de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, et  de l'Agroalimentaire, Guillaume Garot, doivent répondre de la fiscalisation qui aggrave la crise de l'industrie agroalimentaire, suscitant des destructions d'entreprises et la colère de centaines de travailleurs menacés dans leurs emplois

Stéphane Le Foll est confronté   à un climat insurrectionnel entre plans sociaux multiples, actions coup de poing des Tilly-Sabco et destructions de portiques électroniques qui visent les poids-lourds. La fin de non-recevoir du gouvernement à l'ultimatum des "Bonnets rouges" ne facilite pas la visite du ministre.

Suppressions d'emplois, écotaxe en toile de fond
 
La visite éclair organisée par la Banque publique d'investissement (BPI) s'inscrit dans la campagne de promotion du "Pacte d'avenir pour la Bretagne" qui doit aider la région à se relever. Les ministres déjeuneront ensuite avec les représentants des organisations syndicales régionales, puis rencontreront les organisations professionnelles agricoles.

La fiscalité, ajoutée à l'indifférence du gouvernement, a plongé l'agroalimentaire breton dans une crise économique et sociale profonde.
Pendant que le ministre de l'Agriculture animait le "cabinet noir" qui organise des fuites vers la presse de documents d'archives liées à la présidence de N. Sarkozy, 
 le volailler Doux supprimait 971 suppressions d'emploi fin 2012, le volailler Tilly-Sabco, 300 emplois sur 340 menacés en janvier 2014, la coopérative d'abattage/transformation Gad SAS, 889 emplois ou le groupe norvégien Marine Harvest, 300 emplois à Poullaouen.
  
Quand Le Foll s'adonnait à ses coupables activités, l'agriculture peinait à trouver le bon modèle pour faire face à la concurrence étrangère. Les deux secteurs représentent environ un tiers des emplois de la région. 

L'écotaxe poids lourds,
que le gouvernement a tenté d'imposer sans concertation, avant 
 de la suspendre provisoirement, a été l'impôt de trop, qui a déclenché des manifestations parfois violentes dans le Finistère, département le plus fragilisé par les récentes suppressions d'emplois comme chez le groupe norvégien Marine Harvest qui va supprimer 300 emplois à Poullaouen.
Le pouvoir socialo-écolo chiffrait la suppression de l'écotaxe à 1,1 milliard d'euros par an.

Or,Ayrault vient d'en promettre trois à Marseille pour apaiser Samia Ghali et faciliter le rapprochement avec son frère  ennemi, le  socialiste Mennucci, avant la municipale de mars 2014.       

Le Finistère soigneusement évité 

Les Bretons du Finistère se sont choisis 
huit députés et ils les ont voulus tous socialistes, parmi lesquels Jean-Jacques Urvoas... Quatre personnalités bretonnes ou de l'Ouest sont au gouvernement de Jean-Marc Ayrault : Jean-Yves Le Drian à la Défense, Marylise Lebranchu à la Réforme de l'Etat, de la décentralisation et de la fonction publique, Benoît Hamon, ministre délégué à l'Économie sociale et solidaire et à la Consommation, s'il vous plaît, et Stéphane Le Foll, à l'Agriculture. Guillaume Garot est ex-député-maire de Laval, dans les Pays de Loire mais à 75 kms de Rennes.

Le Finistère,
 un département que les ministres ont pourtant choisi d'ignorer, toutes les réunions étant programmées à la préfecture de Région, à Rennes. 
"J'aurais aimé qu'il (Le Foll) vienne à Poullaouen pour parler avec lui du vrai problème de la Bretagne et des réponses concrètes qu'il doit apporter très rapidement", a déclaré Christian Troadec, maire DVG extrémiste de Carhaix et porte-parole du collectif "Vivre, travailler et décider en Bretagne" qui mène la fronde contre l'écotaxe, comme les "Bonnets rouges", mais aux côtés des syndicats d'extrême gauche. Selon lui, le ministre "regarde l'incendie de loin"
Vendredi, c'est dans un climat un peu plus apaisé que les ministres se rendent à la préfecture, où depuis mardi des réunions sont organisées sur le Pacte d'avenir avec les acteurs économiques, sociaux, politiques et institutionnels.

Trois revendications

Dans la matinée, outre les ministres, seront présents à la réunion organisée par la BPI des représentants de la région,
des entrepreneurs ayant bénéficié des aides de la BPI mais aussi l'Association bretonne des entreprises agroalimentaires (Abea), laquelle fera trois demandes, a expliqué Jean-Luc Cade, directeur général de l'Abea. 


La première a trait à la situation des entreprises concernées par la volaille grand export (Doux, Tilly-Sabco), mises à mal par l'arrêt des subventions européennes à l'exportation, bien qu'annoncé de longue date. Selon le Collectif avicole français (CAF), l'arrêt de ces aides condamne "à court terme" les 4.000 emplois directs de la filière export volaille française. 
Or, la Commission européenne a campé cette semaine sur sa décision de cesser de subventionner les exportations de volaille. Elle a toutefois proposé de recevoir les volaillers de Bretagne le 22 novembre.  
Il est en outre fortement question que l'entreprise Doux et ses salariés deviennent ...saoudiens.

La deuxième se situe au niveau de l'Union européenne. L'association va demander au gouvernement de se battre, cette fois pour faire cesser "l'énorme problème de compétitivité" subi par les entreprises agroalimentaires françaises productrices de volaille et de porc face à des pays européens qui utilisent en toute légalité une main d'oeuvre à bas coût. 

Enfin,
 à plus longue échéance, la troisième concerne des aides pour les autres entreprises agroalimentaires de la région qui "ont besoin d'améliorer leur compétitivité". Des aides qui permettront d'améliorer leur logistique ou encore de se moderniser.