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jeudi 13 septembre 2018

Macron provoque la colère des Harkis

Macron a le devoir de mémoire sélectif

"Une supercherie" : les Harkis du Lot-et-Garonne crient leur colère contre Macron

Des Harkis ont manifesté contre "le manque de reconnaissance" de l’Etat envers leur communauté, ce vendredi après-midi, à Villeneuve-sur-Lot, 

"Désabusés", "en colère", "c’est une supercherie", "on a été pris pour des c…". Les représentants de la communauté harkie, André Hazni et Mohammed Badi, sont passés à l’offensive pour fustiger "le manque de reconnaissance à notre égard dont fait preuve le président Macron".

Histoire des harkis dans le Lot-et-Garonne, en trois dates 

En 1975, c’est tout le camp de Bias qui se révolte.

En septembre 2016, lors d’une cérémonie d’hommage à Paris, le président Hollande  a reconnu les responsabilités des gouvernements français dans "l’abandon des Harkis". 

Alors qu'en 1962 la guerre civile en Algérie n'en finit pas de chercher son terme dans un contexte de révolution algérienne et malgré les accords d'Evian par lesquels le FLN s'engagea à ne pas exercer de représaillesune petite partie des Harkis et leurs familles, menacés en Algérie, ont été rapatriés en France à partir de l'été 1962. Chargée de leur transfert, de l'hébergement et de l'encadrement de l'ensemble des opérations, l'armée française a utilisé différentes structures (dont certaines ont fonctionné successivement, d'autres simultanément) appelées généralement camp de transit et de reclassement, au nombre de sept: Bias (Lot-et-Garonne), Bourg-Lastic (Puy-de-Dôme), La Rye-Le Vigeant (Vienne), Larzac-La Cavalerie (Aveyron), Saint-Maurice-l'Ardoise (Gard), Rivesaltes (Pyrénées-Orientales)

Le terme 'harkis', au sens strict, désigne les membres d’une harka, l’une des formes d’unités supplétives de l’armée française en Algérie. Mais, progressivement, le terme s’est étendu à l’ensemble des 'Français musulmans d’Algérie' engagés dans ou au côté de l’armée française. Au total, fin 1960, on comptait 60.000 'Français de souche nord-africaine' – selon la terminologie de l’époque – dans les forces régulières et supplétives, dont 20.000 Harkis.
Qu'on les ait appelés 'Français musulmans rapatriés' (à partir de juin 1962), puis 'Français rapatriés de confession islamique', et enfin 'Rapatriés d’origine nord-africaine' (dans les années 1980), ils ont toujours été étiquetés en fonction de leur origine, une survivance durable de discrimination coloniale, qui a doublement marginalisé les Harkis : ni rapatriés comme les autres, ni Français comme les autres,
les 'Pieds noirs', pareillement stigmatisés, singulièrement lorsqu'ils n'avaient pas de famille en métropole.
En date du 31 janvier 1964, une note du ministre des Rapatriés relative à "
l’attribution des logements HLM aux anciens harkis", rappelle certes que "les anciens harkis sont considérés comme rapatriés et bénéficiaires, à ce titre, de la loi du 26 décembre 1961", mais donne aux préfets la directive de ne "reloger les anciens harkis qu’après avoir relogé tous les rapatriés demandeurs de logement et particulièrement mal-logés." Dans le contexte d'un hébergement massif d'urgence, les harkis et leurs familles sont majoritairement logés en camps de transit, puis en "cités d’accueil", lesquels perdurent jusqu’au milieu des années 1970.
75 hameaux de forestage : Pertuis, Apt, Cucuron, Ongles, Manosque, La Roque d’Anthéron, Fuveau, Jouques, Saint-Maximin, Brignoles, Rians, Le Muy, Collobrières…

Voici comment ils ont été accueillis dans le département du Lot-et-Garonne

François Hollande a reconnu solennellement "les responsabilités des gouvernements français dans l’abandon des harkis, les massacres de ceux restés en Algérie et les conditions d’accueil inhumaines de ceux transférés en France". Dans le département, cette déclaration tant attendue a un écho particulier, parce que ce territoire a été fortement marqué par cette histoire, celle d’une injustice de la décolonisation française.

1962, le rapatriement

Au lendemain des accords d’Evian du 18 mars 1962, qui marquent la fin de la guerre civile et l’indépendance de l’Algérie, des militaires français organisent le repli de leurs supplétifs algériens – les harkis – restés loyaux à la France, et celui de leurs familles. Tandis que le FLN rompt ses engagements et massacre 70.000 harkis dans les semaines qui suivent les accords, 90.000 autres débarquent sur le sol français. Ils seront pour l’essentiel dirigés vers des camps de transit, dans des baraquements qui, jadis, avaient accueilli les réfugiés espagnols, comme c’est le cas à Bias. Là, près du Cafi de Sainte-Livrade-sur-Lot, qui accueille les Indochinois, le Cara (le centre d’accueil des rapatriés d’Algérie) voit le jour. Il est question d’un hébergement temporaire. Le provisoire va durer plus de dix ans.

Le Cara et les 'incasables'

Ce sont jusqu’à 12.000 Harkis qui seront hébergés dans le camp de Bias. Selon la formule employée par l’administration, ce sont les 'incasables' qui y sont logés, autrement dit, ceux qu’on ne peut pas faire travailler : les infirmes, les invalides, les personnes âgées, les veuves et leurs enfants. Le préfet va instaurer un régime plus de camp militaire, avec barbelés et couvre-feu à 22 heures. 

La révolte en 1975

Ce régime disciplinaire, combiné aux conditions de logement souvent précaires et insalubres, conduit à une révolte des camps au printemps 1975. Elle part de Bias, où un responsable de l’amicale des Algériens, un ancien du FLN, est pris en otage pour empêcher les 500 CRS et les blindés qui cernent le camp de charger. L’été passé, l'administration du camp est transférée à la commune, c’est la fin du Cara. Mais les jeunes révoltés de l’époque sont ceux qui, encore aujourd’hui, portent les revendications des Harkis.

Le groupe de travail mis sur pied par Macron ces derniers mois, "c’est un écran de fumée", dénoncent-ils. 

"On a aidé le président lors de son élection [sic], idem au niveau local, avec le député Olivier Damaisin, reprend Mohammed Badi. Il n’était pas impliqué lors des réunions, quand il était là…"

Les descendants de Harkis avaient fait chiffrer le montant du préjudice pour "la souffrance" de leur communauté. Il s’élevait à près de 40 milliards d’euros. "Mais ils sont arrivés à un chiffre de 40 millions d’euros sur quatre ans, peste André Hazni contre les représentants de Macron. C’est encore moins que ce que le président Hollande avait fait pour nous [17 millions]"

Plusieurs banderoles ont été déposées devant la sous-préfecture pour marquer leur protestation.  André Hazni et Mohammed Badi ont donné rendez-vous à la communauté, dans la salle de la Rotonde à Agen à partir de 14 heures "pour voir quelle suite donner au mouvement."

mercredi 21 juin 2017

Hollande reconnaît avoir abandonné les Harkis

Dans sa repentance, Hollande implique ses prédécesseurs...

Avant de prendre sa valise, Hollande a reconnu"les responsabilités des gouvernements français dans l'abandon des harkis" à l'issue de la guerre d'Algérie. 

Il aura attendu ses derniers jours à l'Elysée pour respecter cette promesse de campagne. Le dimanche 25 septembre 2016, pur la première fois de son quinquennat, François Hollande a reconnu  aux Invalides "les responsabilités des gouvernements français dans l'abandon des harkis" à l'issue de la guerre d'Algérie. Le chef de l'Etat célébrait la journée nationale d'hommage consacrée aux alliés algériens restés fidèles à l'Algérie française: les Harkis étaient des supplétifs engagés dans l'armée française de 1957 à 1962 durant la guerre civile révolutionnaire en Algérie. Etaient également présents des candidats à la présidentielle comme Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen, Jean-François Copé, Nathalie Kosciusko-Morizet, etc..
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Hollande a repris quasiment mot pour mot le texte de sa déclaration d'avril 2012, durant la campagne présidentielleIl avait déjà amorcé cette reconnaissance lors de la même cérémonie le 25 septembre 2012 mais, à l'époque, c'était via un simple message lu par Kader Arif, son ministre délégué aux Anciens combattants. Certains avaient alors protesté, avec le soutien de nombreuses voix à droite, lorsque, le 19 mars 2016,  le chef de l'Etat avait commémoré le cessez-le-feu du 19 mars 1962 en Algérie au lendemain des accords d'Evian, une date qu'ils considèrent comme symbolique de leur abandon.
"Je reconnais les responsabilités des gouvernements français dans l'abandon des Harkis, les massacres de ceux restés en Algérie et les conditions d'accueil inhumaines de ceux transférés en France", a précisément déclaré François Hollande, applaudi par les représentants des Harkis présents dans l'assistance. 
Résultat de recherche d'images pour "massacre de harkis par FLN"François Hollande a déploré que "la prise en compte des droits (des Harkis) fut longue à obtenir. Leurs enfants ont souffert de ne pas être pleinement intégrés dans la République." Evoquant une "vérité implacable" et "cruelle", le président a parlé des "combattants qui furent privés de la protection de la France au lendemain de la guerre d'Algérie et dont l'abandon ne fut jamais pleinement reconnu par la République", a souligné le chef de l'Etat. 

Hollande n'a pas rappelé que ces fidèles de la France ont été torturés et exécutés par leurs corelégionnaires algériens du FLN

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Le FLN fonde son auto-légitimation sur trois idéologies : le nationalisme et la guerre révolutionnaire contre la France (idéologie anti-coloniale) ; le socialisme, vaguement interprété comme un credo anti-exploitation populaire ; l'islam, défini comme le fondement principal de la conscience nationale et facteur déterminant dans la consolidation de l'identité algérienne, distinctif de celle des Algériens français.

En dépit des accords d'Evian de mars 1962, dont l'engagement du FLN (Front de Libération nationale, aujourd'hui présidé par l'actuel président algérien Abdelaziz Bouteflika) à ne pas exercer de représailles

Résultat de recherche d'images pour "massacre de harkis par FLN"

55.000 à 75.000 harkis ont été abandonnés en Algérie - certains ayant refusé de quitter leur département pour trouver refuge en métropole - et victimes de sanglantes représailles de la part des nationalistes algériens. Quelque 60.000 ont été admis en France. Avec leurs descendants, cette communauté estimée à 500.000 personnes s'est intégrée à la population métropolitaine, après avoir été hébergée dans des camps de fortune qui indigneraient aujourd'hui France terre d'asile (1971), s'ils étaient des clandestins syriens, érythréens ou afghans.
Résultat de recherche d'images pour "massacre de harkis par FLN"

Nicolas Sarkozy avait déjà exprimé cette reconnaissance au nom de la France en avril 2012 en tant que chef de l'Etat, huit jours avant le premier tour de l'élection présidentielle. Le candidat à la primaire n'avait pas manqué de saisir l'occasion d'une visite à Perpignan pour rendre hommage aux Harkis. Sarkozy s'était également engagé, s'il était élu président, à supprimer la date commémorative du 19 mars 1962, choisie par la gauche comme journée à la "mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d'Algérie".

dimanche 25 septembre 2016

Abandon des Harkis ? Hollande flagelle l'Etat, sans condamner leur massacre par le FLN algérien

Hollande estime que les Harkis ne sont plus des "sous-hommes", selon Georges Frêche, PS

François Hollande a "reconnu""les responsabilités des gouvernements français dans l'abandon des harkis"

Un  indécent tapage médiatique aux relents de récupération électoraliste 
La reconnaissance des "responsabilités" de la France dans "l'abandon" des Harkis n'arrive pas trop tard pour François Hollande, à sept mois de l'élection présidentielle. Nicolas Sarkozy aussi s'y était livré, à la différence que c'était en avril 2012, alors que la droite en avait eu l'initiative la première. Depuis que, par le décret du 31 mars 2003, Jacques Chirac, l'a instituée, cette journée d'hommage national aux Harkis donne lieu chaque année à Paris à une cérémonie officielle dans la cour des Invalides.
C'est à la préfecture de Perpignan (Pyrénées-Orientales) que Nicolas Sarkozy avait reconnu la "responsabilité historique" de la France dans "l'abandon" des Harkis - ces natifs d'Algérie qui ont combattu avec les troupes françaises, avant d'être pourchassés après l'indépendance, en 1962, car considérés comme des traîtres par une partie des Algériens. "La France se devait de protéger les Harkis de l'Histoire. Elle ne l'a pas fait. C'est cette responsabilité que je suis venu reconnaître", avait notamment déclaré le chef de l'Etat.

Pour la première fois, ce dimanche 25 septembre 2016, François Hollande a présidé  une brève cérémonie largement retransmise depuis la cour de l'Hôtel des Invalides à Paris. L'ancien président Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen, présidente du FN, NKM et Jean-François Copé, candidats à la primaire de la droite, assistaient à cet hommage. 

"Je reconnais les responsabilités des gouvernements français dans l'abandon des harkis, 
les massacres de ceux restés en Algérie et les conditions d'accueil inhumaines de ceux transférés en France", a déclaré le chef de l'Etat, applaudi par certains représentants des Harkis présents dans l'assistance. Evoquant une "vérité implacable" et "cruelle", François Hollande a parlé des "combattants qui furent privés de la protection de la France au lendemain de la guerre d'Algérie" et "dont l'abandon ne fut jamais pleinement reconnu par la République," selon lui.
Les Harkis sont une partie des supplétifs engagés au côté de l’armée française de 1957 à 1962, sous contrat mensuel renouvelable, sans avoir aucun statut militaire durant la guerre civile algérienne. En France, 'harki' est souvent utilisé comme synonyme de "Français musulmans rapatriés" (FMR) à partir de 1962, "Français rapatriés de confession islamique" (FRCI) en 1970 ou "Rapatriés d'origine nord-africaine" (RONA) dans les années 1980. Aujourd’hui, deux termes se sont imposés : "FMR" et "Harki". Après l'indépendance de l'Algérie, ceux d'entre eux qui ont décidé de quitter le Maghreb ont pu s'installer en France, sous la protection de la loi sur les rapatriés. Comme tous les Algériens qui résidaient en France après 1962, ils purent conserver la nationalité française par simple déclaration jusqu'au 22 mars 1967.
A moindres frais, François Hollande n'a fait qu'honorer une promesse de campagne, faite dans un discours prononcé le 5 avril 2012, se fendant d'un quasi copié-collé du texte de sa déclaration de l'époque. Il l'avait déjà fait en partie lors de la même cérémonie le 25 septembre 2012, mais à l'époque c'était par un message... lu par Kader Arif, son ministre délégué aux Anciens combattants, né à Alger - dont le père, s'était lui-même engagé comme supplétif de l'armée française - et qui, en novembre 2014, dut démissionner du gouvernement en raison de l'ouverture d'une enquête préliminaire sur des marchés publics attribués à plusieurs de ses proches. Une information judiciaire du Parquet national financier est d'ailleurs pendante depuis décembre 2015.

Après les accords d'Evian du 18 mars 1962, les 55.000 à 75.000 harkis "abandonnés" en Algérie, selon des historiens, ont fait confiance en leurs compatriotes musulmans arrivés au pouvoir et furent victimes de sanglantes représailles de la part des nationalistes. On peut nommer ces "nationalistes" qui font horreur quand ils sont français: en l'occurrence, ce sont 
A compter de mars 1962, la France dut faire face à des rapatriements massifs.
En comptant les "pieds-noirs" européens, les juifs et tous les musulmans "loyalistes", aurait accueilli 2,5 millions de personnes. Elle le fit tant bien que mal pour les uns et les autres et parmi eux, 42.500 harkis qui l'ont souhaité ont pu trouver refuge en France métropolitaine.  
Mais Philippe Denoix estime leur nombre à 90.000: en effet, beaucoup de familles n'ont pas demandé la nationalité et sont restées algériennes, d'où l'incertitude sur le nombre total de rapatriés et l'exploitation qui est faite de l'idée d'abandon.

La grande majorité resta en Algérie et des dizaines de milliers d’entre eux furent assassinés. 
Hollande et le FLN Bouteflika
Sur ordre du GPRA (Gouvernement provisoire de la République algérienne qui a négocié les accords de paix -accords d'Évian- avec la France en 1962), bras politique et gouvernemental du Front de libération nationale (FLN)les massacres de Harkis (considérés comme 'collaborateurs' et traîtres), parfois perpétrés sur des familles entières, s’accompagnèrent souvent de tortures et de viols. Ils se déroulèrent dans un climat de désordre dû aux luttes internes (y compris armées) de l’ALN (Armée de libération nationale, bras armé du Front de libération nationale (FLN) et du GPRA pour la prise de pouvoir qui précéda et suivit l’indépendance.
Sans compter les prisonniers, le nombre total de harkis exterminés par leurs compatriotes après le cessez-le-feu fut d'abord estimé selon les sources entre 10.000 et 150.000. En dépit des accords d'Évian par lesquels le FLN s'était engagé à ne pas exercer de représailles. L'actuel président de l'Algérie, Abdelaziz Bouteflika, est président d'honneur du FLN.

Quelque 60.000 "réfugiés" ont été transférés et accueillis en France

Instituée par un décret de Jacques Chirac en date du 31 mars 2003, cette journée d'hommage national aux Harkis donne lieu chaque année à Paris à une cérémonie officielle dans la cour des Invalides. Hollande a attendu sa cinquième année de présidence pour l'honorer de sa présence.

Maltraités, insultés par Georges Frêche, PS
Le 11 février 2006, le président socialiste de la région Languedoc-Roussillon, s’adressant à des responsables d’associations harkies, lança : 
" Vous êtes allés avec les gaullistes (...). Ils ont massacré les vôtres en Algérie (...). Ils les ont égorgés comme des porcs. Vous faites partie de ces harkis qui ont vocation à être cocus jusqu'à la fin des temps (...). Vous êtes des sous-hommes, vous êtes sans honneur". La Cour de cassation a rejeté la plainte pour injure publique : Frêche est innocent, en dépit de l'article 33-3 de la loi du 29 juillet 1881, qui incrimine des injures proférées "à raison de l'origine, de l'ethnie ou de la religion d'une personne ou d'un groupe de personnes".

Avec leurs descendants, la communauté des musulmans loyalistes est estimée à 500.000 personnes en 2012 , voire 800.000 personnes en France.
Un électorat non négligeable.

vendredi 18 mars 2016

Conflit algérien: Hollande commémore le cessez-le-feu du 19 mars 1962, outrageant les morts français

Hollande indigne les familles des soldats harkis et métropolitains avec l'opposition

Le 19 mars 1962, à midi, prenait officiellement effet un cessez-le-feu qui mettait fin à huit ans de guérilla armée en Algérie.

La veille du cessez-le-feu, le gouvernement français avait renoncé à ses pouvoirs sur l'Algérie et le Sahara au profit des insurgés et du gouvernement provisoire de la république algérienne (GPRA), bras politique du Front de libération nationale (FLN) durant la guerre d’indépendance de l’Algérie. Le GPRA a négocié les accords de paix (accords d'Évian) avec la France en 1962.

Un double référendum vint après coup conforter cette décision. Le 8 avril 1962, les Français de métropole approuvèrent à plus de 90% le revirement du général de Gaulle, parfois qualifiée de trahison de ses engagements d'une "Algérie française" et des Pieds Noirs. Le 1er juillet 1962, les Algériens se prononcèrent pour l'indépendance de leur pays qui devint effective le 3 juillet 1962. Le 4 juillet, Ahmed Ben Bella s'installa à Alger en qualité de président de la nouvelle république. Le 5 juillet, l'indépendance était officiellement proclamée.

L' "utopie juridique" (historien Guy Pervillé) des accords d'Evian n'apporta pas la paix promise, mais inaugura une période de violences redoublées et de massacres des harkis. La France dénombra 28.500 militaires morts, 30.000 à 90.000 harkis (selon que sont ou non décomptés les victimes des assassinats du FLN en représailles contre les soldats musulmans restés loyaux à la France), 4.000 à 6.000 chez les civils européens et environ 65.000 blessés.
Ces "réfugiés"-là ne sont ni des clandestins,
ni des victimes de Bachar al-Assad,
mais des Français d'Algérie, depuis 1830
Hollande commémore le cessez-le-feu pour la première fois, samedi  

Le "président de tous les Français" a choisi de mépriser la douleur des harkis et des Français d'Algérie, les "Pieds-noirs". L'initiative présidentielle est contestée par de nombreuses associations d'anciens combattants et de pieds-noirs qui demandent que le 19 mars marque  le début de l'exil et du massacre de civils et des harkis et que le président sado-masochiste cesse son auto-flagellation de la République à propos de la fin du conflit algérien.

Hollande s'applique à diviser
 également la classe politique

L'ex-président Nicolas Sarkozy tonne contre la décision de son successeur.
"Pour qu'une commémoration soit commune, il faut que la date célébrée soit acceptée par tous. Or, chacun sait qu'il n'en est rien, le 19 mars reste au cour d'un débat douloureux", fait-il valoir, dans une tribune publiée vendredi dans le Figaro,  contre cette première médiatisée.
N. Sarkozy note qu'en son temps l'ex-président socialiste François Mitterrand, acteur de ce conflit, "refusa catégoriquement de reconnaître cette date pour commémorer la fin de la guerre d'Algérie" sachant, quant à lui, qu'après les accords d'Evian, "la tragédie s'était poursuivie pendant des mois".

"Une provocation à l'encontre de l'ensemble de la communauté rapatriée et des harkis", d
énonce le maire de Nice et président de la région PACA, Christian Estrosi, qui a prévenu qu'"aucune cérémonie" ne viendra raviver cette verte plaie ouverte de l'Histoire dans sa ville, samedi.

Le chef de l'Etat a "violé la mémoire" des anciens combattants et harkis, a accusé Marine Le Pen, présidente du FN.

Afin de ne pas relancer les passions, Jacques Chirac avait choisi une date neutre, le 5 décembre 2002, pour inaugurer un monument célébrant la mémoire des victimes de la guerre d'Algérie, mais aussi celles des combats en Tunisie et au Maroc.

François Hollande prononcera 
une allocution, samedi à 16h30


C'est devant ce mémorial érigé quai Branly, au pied de la Tour Eiffel, que avec pour idée : tenter "le compromis" pour instaurer "la paix des mémoires" sur ce conflit algérien qui exacerbe toujours les passions.

C'est à son initiative, qu'une loi avait été votée au Parlement le 6 décembre 2012 faisant du 19 mars la "journée nationale du souvenir et du recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d'Algérie" mais aussi "des combats en Tunisie et au Maroc".

Manifestation politicienne, sans repentance: une hypocrisie de plus ?


Mémorial de la guerre d'Algérie et de l'après 19 mars 1962
inauguré quai Branly, le 5 Décembre 2002 
par le Président de la République Jacques Chirac
Le 19 mars, "c'est une date qui renvoie à des mémoires qui ont été longtemps opposées dans la population française", reconnaît-on dans l'entourage du chef de l'Etat. Mais "l'ambition du président de la République, c'est d'embrasser toutes les mémoires et de les faire entrer dans le récit de l'Histoire de France (...)", racontent-ils pour s'accaparer l'initiative consensuelle du président Jacques Chirac.Et de tenter de se justifier: "Ca n'est pas de faire disparaître les douleurs; ça n'est pas de nier les morts et les drames; c'est de les rappeler et de leur rendre hommage". Ce qui méritait en effet d'être précisé !


Dans son discours, comme il l'avait fait devant le parlement algérien le 20 décembre 2012, le président français récidiviste devrait se valoriser sur le thème de "l'injustice du système colonial"quand son procès est facile, 55 ans après et que la cause est désormais entendue, mais sans verser dans "le registre de la repentance", précise un conseiller qui renonce à twitter, préférant ainsi garder l'anonymat.
 

L'historien Benjamin Stora, récemment convoqué à l'Elysée pour mettre en musique la démarche présidentielle devant la presse
Le chantre du socialisme hollandien voit "un certain courage" dans la volonté de François Hollande "d'essayer de trouver une sorte de compromis, de consensus par rapport à cette guerre d'Algérie qui a bien du mal encore à passer dans l'histoire française".


A l'inverse, un collectif d'historiens proteste contre le choix du 19 mars.


Dans un texte transmis par le Centre de documentation historique sur l'Algérie (CDHA),  ces spécialistes condamne ce choix de date qui "ne peut être considérée ni comme la date d'un cessez-le-feu, ni comme la fin de la guerre d'Algérie", puisqu'elle déclencha "une période de massacres et de violences sans précédent".

"Je trouve ça scandaleux", s'insurge le délégué régional PACA du comité de liaison national des harkis, Mohamed Otsmanie, qui pointe pour sa part les visées "électoralistes" du chef de l'Etat en direction notamment "des binationaux franco-algériens" dans la circonstance d'inquiétude suscitée par le débat sur sa réforme constitutionnelle portant sur la déchéance nationale.


mardi 28 avril 2015

Cinquième colonne islamiste: la presse aux ordres condamne les lanceurs d'alerte

Et si les "décripteurs" étudiaient le sujet plutôt que de polémiquer au faciès 

Après les "cinquièmes colonnes" islamistes, le top 5 des dérapages de Christian Estrosi

Alors que le projet de loi sur le renseignement porté par le député PS Jean-Jacques Urvoas a donné lieu à un amendement proclamant la création d'un statut de "lanceur d'alerte" pour les membres des services de renseignement, le dispositif législatif se révèle surtout être une vaste entreprise de communication. Des élus, tel Christian Estrosi, en sont en effet exclus. 

Mieux, l'alerte que lance l'ancien ministre est critiquée du seul fait qu'elle émane d'un membre de l'opposition auquel il est fait reproche de ce que la presse à la botte appelle des bourdes. Or, les mises au point du député-maire de Nice reflètent l'opinion bien davantage que la majorité présidentielle sans cesse battue aux élections et que l'exécutif dont le taux d'impopularité pose la question de la légitimité. 

Pour un socialo-bobo parisien de la rive gauche, Estrosi est fort probablement allé trop loin, mais l'électeur de la région PACA ou du Pas-de-Calais, aussi bien, sûrement pas. A Nice, Christian Estrosi avait 8 listes à battre, dont 4 d'extrême droite, et les accusations de radicalité portées dans le XIe de Paris sont loin du compte. Dans le Sud-Est, la question migratoire prend des proportions largement supérieures à celles du quartier Saint-Germain-des-Prés. En octobre dernier,la police voyait passer 10.000 étrangers en situation irrégulière par mois à la frontière de Menton, et n'en interpellait pas la moitié. Les départs pour le djihad, et donc le retour potentiel, sont également parmi les plus élevés dans cette région. La Cour des Comptes rapportait récemment qu'1% seulement des étrangers dont la demande de titre de séjour a été refusée retournent dans leur pays. C'est la région entière qui est impactée, de Nice à Marseille et dans l'arrière pays, avec le constat quotidien que leur environnement social se métamorphose plus rapidement qu'ils ne l'imaginaient quand en bons démocrates ils soutenaient le "printemps arabe". Leur sentiment d'impuissance et de révolte se mêle à celui de l'insécurité, physique, économique mais aussi sociale et culturelle, qui croît depuis de nombreuses années. Dans le sud-est, l'implosion menace, mais ni Manu-la-colère, ni Lolo-le-roupillon n'en a pris la mesure.

Le député-maire UMP de Nice a évoqué dimanche les "cinquièmes colonnes" islamistes


Mais la presse partisane condamne sa mise en garde sans étudier le dossier. Christophe Castaner, ancien chef de cabinet de Michel Sapin (2000-2002), maire de Forcalquier (Alpes-de-Haute-Provence) et candidat kamikaze de Solférino aux régionales de décembre 2015 en PACA, tente en effet d'exister, puisque le président sortant (après 17 ans), Michel Vauzelle, (PS, 71 ans) est très contesté. La Chambre régionale des comptes critique en effet sa gestion de la Région: sont notamment dénoncés les déplacements en hélicoptère et la distribution des subventions versées aux associations: lors de la mise en examen de Sylvie Andrieux en 2010, il fut entendu comme témoin assisté dans l'enquête sur le détournement de 740.000 euros par des associations bidons subventionnées par le Conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur entre 2005 et 2007, dans le but d'acheter les services de responsables associatifs dans les quartiers populaires de Marseille où sa vice-présidente Sylvie Andrieux était candidate.
Ce Ch. Castaner, un inconnu typique des socialistes parisiens parachutés en région, n'a pas peur des formules à l'emporte-pièce. Selon lui, "avec Estrosi et Marion Maréchal-Le Pen, il a deux adversaires 'd’extrême droite' "C'est comme si "avec Jean-Paul Huchon (PS) et Emmanuelle Cosse (EELV, en l'absence du Front de gauche de Mélenchon et des communistes), Valérie Pécresse avait deux adversaires 'd’extrême gauche' en Ile-de-France.
Dimanche dernier sur France 3, lcandidat aux régionales en PACA et député-maire UMP de Nice, ville frontalière de l'Italie par où transitent les clandestins du Proche Orient déstabilisé par le "printemps arabe", a attiré l'attention du pouvoir sur des "cinquièmes colonnes" islamistes et le risque d'une "troisième guerre mondiale" déclarée à "la civilisation judéo-chrétienne" par "l'islamo-fascisme". "J'y vais fort", a reconnu l'élu qui sait qu'il faut parler haut pour se faire entendre à Paris.

VOIR et ENTENDRE  Thierry Solère rappeler que Manuel Valls a aussi parlé d' 'islamo-fascisme':

"Je préfère avoir un stade (...) Allianz plutôt qu'Emirates"

"Vive l'Algérie française !"
Lors de la présentation des tribunes du grand stade de Nice, l'Allianz Riviera, en octobre 2012, le maire de Nice lâche, selon L'Equipe: "Moi, je préfère avoir un stade qui s'appelle Allianz plutôt qu'Emirates; vous voyez pourquoi ?..."

En octobre 2012 à Nice, à l'issue d'une marche de pieds-noirs et de harkis qui ont combattu aux côtés des troupes françaises et ont été massacrés par le FLN malgré la signature des Accords d'Evian (19 mars 1962), Christian Estrosi conclut son discours d'un "Vive l'Algérie française !" approprié. Le lendemain, interrogé sur LCI sur cette phrase, l'élu expliqua: "Je n'ai pas à faire de devoir de repentance à l'égard de l'oeuvre civilisatrice de la France avant 1962 et je ne suis pas un nostalgique de l'Algérie française. Le général de Gaulle a bien fait de suivre la voie qu'il a suivie après 1962."

Estrosi est le porte-parole de ses électeurs

Candidat à un nouveau mandat de maire de Nice, la liste de Christian Estrosi arriva en tête au second tour des élections municipales, le 30 mars 2014, à l'issue d'une quadrangulaire, devançant celle de la la candidate du FN et celle du candidat de la gauche et candidat DVD. Christian Estrosi a été réélu maire de Nice avec 48,61 %% contre 17,84% à la gauche coalisée. "C’est un très bon maire qui a été réélu parce qu’il apporte des solutions concrètes", peut donc assurer Thierry Solère.


En juillet 2013, au Grand Rendez-vous Europe 1-i-télé-Le Parisien, Christian Estrosi  cita l'exemple de gens du voyage installés illégalement sur un terrain de football à Nice et qui avaient déclaré qu'ils y resteraient trois semaines. "J'en ai maté d'autres, je vous materai", assura leur avoir dit Christian Estrosi. "La première chose que je fais, c'est de vous mettre caméras partout, pour surveiller vos faits et gestes dans les quelques heures qui viennent. On va noter ceux qui rentrent, sortent, à quelle minute, à quel moment et ce que vous allez faire partout, dans la ville, dans la métropole, etc." "Je vais relever les plaques d'immatriculations les unes après les autres", a poursuivi le maire de Nice. "Je fais un référé devant le tribunal à titre conservatoire pour pouvoir saisir les véhicules, vous savez, ces belles et grosses voitures avec lesquelles ils tirent leurs belles et grosses caravanes pour lesquelles il faudrait parfois aux Français toute une vie pour pouvoir se payer les mêmes.




Islam et démocratie, "parfaitement incompatibles"
Lors de cette même émission, toujours en juillet 2013, le maire de Nice réagit à des propos de François Hollande en Tunisie selon lesquels islam et démocratie sont "compatibles". C'est ignorer la réalité des quartiers et des établissements scolaires où ils se combattent, provoquant des rixes. "Absolument pas! On ne peut pas se revendiquer de partout de la laïcité et en même temps dire que l'islam et la démocratie sont parfaitement compatibles", objecta alors le maire de Nice. "Moi quand je vois, au nom de l'islam, ce qui est en train de se passer en Egypte, [et] dans un certain nombre de pays du Moyen-Orient ou du Maghreb, je suis particulièrement inquiet. Et donc, pour moi, c'est parfaitement incompatible", ajouta-t-il.

C'étaient deux de ces "dérapages", selon le jugement de lexpress.fr, que revendique la population dont  l'élu de terrain reprend l'opinion à son compte avec la légitimité  que les journalistes n'ont pas.
Le Fouquet's est plus populaire que "Chez Laurent"

La 'cantine' de F. Hollande?
premier secrétaire du PS


Le Collectif "Sauvons les riches"
et Julien Bayou, conseiller d'Eva Joly,
puis euro-député 
au nez rouge de clown,
n'ont pas fait irruption pour s'indigne
à l'heure du déjeuner de Hollande !


En janvier 2012, Christian Estrosi, invité de Mardi politique sur RFI, marqua son désaccord sur la polémique du Fouquet's qui revenait sans cesse lorsqu'on évoquait Nicolas Sarkozy. 
"C'est indigne de reprocher à Nicolas Sarkozy d'aller dans une 'brasserie populaire'!", fit-il observer aux détracteurs , provoquant des commentaires ironiques de la presse de mauvaise foi.  
S'il était, en revanche, un établissement de luxe, c'est bien celui fréquentait par Hollande, au volant ou non d'une Porsche à la façon du socialiste Dominique Strauss-Kahn, dans le VIIIe arrondissement de Paris.
Christian Estrosi se justifiera plus tard en expliquant qu'il utilisait le mot "populaire" au sens de "célèbre". 
Le Fouquet's est célèbre essentiellement dans le milieu du cinéma français puisqu'il abrite chaque année le déjeuner des nommés quelques semaines avant la cérémonie des César du cinéma. Rien à voir avec le restaurant gastronomique Chez Laurent où F. Hollande avait sa table (notamment avec BHL).

Bar sauvage à peine fumé cuit à plat, crème de pain toasté et beurre salé: 85 €, chez Laurent; Carpaccio de bar parfumé au citron vert: 36,00 €, au Fouquet's. Ils doivent en savoir quelque chose, à Libération, au Monde ou à L'Obs... LIRE PaSiDupes


Et qu'ils soient anciens trotskistes ou non,
les camarades socialistes de la gauche caviar sont régulièrement conviés à la Maison de l'Amérique latine. Lire PaSiDupes

Tout est donc prétexte au dénigrement de l'opposition quelles que soit les menaces sur la sécurité en France

Les tractations politiques sont en effet engagées et les louvoiements de Bayrou de droite et de gauche sont actuellement évoqués.
Il est clair que le PS a un fort besoin de l'apport de voix centristes...
VOIR et ENTENDRE la modération de Ch. Estrosi sur le cas Bayrou, MoDem, si instable soit-il:



Les élections régionales à venir verront Christian Estrosi opposé à Marion Maréchal Le Pen (FN). Inutile de dire qu'un discours très "social", tel que Lionel Jospin l'avait tenu lors de l'élection présidentielle de 2002, niant les questions identitaires et sécuritaires pour axer son propos sur l'emploi, aurait le même résultat néfaste: l'exclusion au second tour.
Au congrès de l'UMP de 2012, Christian Estrosi soutint la candidature de François Fillon.