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dimanche 17 juillet 2016

Cazeneuve, partisan d'une "garde bitteroise" à l'échelle nationale

Suite à l'attentat de Nice, le ministre de l'Intérieur de Hollande et Valls fait du Ménard...

La "réserve opérationnelle", c'est quoi ?

Après le carnage terroriste commis à l'issue de la soirée festive du 14 Juillet à Nice, le président Hollande, en plus du maintien contesté de l’opération Sentinelle (10.000 militaires affectés au maintien de l'ordre, en association avec les forces de l'ordre, gendarmes et policiers), fait appel à une "réserve opérationnelle", "c’est-à-dire à tous ceux qui, à un moment, ont été sous les drapeaux ou dans les effectifs de la gendarmerie pour venir soulager les effectifs de policiers et de gendarmes".

En quoi consiste ce dispositif ?
C’est une partie du dispositif dit de "réserve militaire", qui comprend aussi la "réserve citoyenne", destinée à la sensibilisation, et, depuis plus récemment, la "réserve citoyenne cyberdéfense".
Cette réserve opérationnelle regroupe des citoyens volontaires, avec ou sans expérience militaire, âgés d’au moins 17 ans. Ils signent un contrat rémunéré (avec une solde dans les mêmes conditions que les militaires de carrière) pour quelques dizaines de jours par an.

Y appartenir implique des contraintes de forme physique ou d’âge, comme dans la réserve de la gendarmerie ou de l’armée de l’air, où la limite d’âge est par exemple fixée à 30 ans.

Les participants peuvent se voir confier les mêmes missions que les militaires d’active, précise le ministère de la défense.
"Les réservistes militaires permettent de faire face à la simultanéité des opérations et d’accroître la capacité des forces à durer en renforçant les unités d’active, en particulier lors des pics d’activité (opération Sentinelle, plan Vigipirate, crises sur le territoire national, intempéries, services d’ordre public lors d’événements majeurs, protection de bases navales, de ports d’intérêt vitaux et d’installations sensibles…)."
François Hollande a précisé, dans sa déclaration solennelle, que la réserve opérationnelle sera nécessaire "en particulier pour le contrôle des frontières".

Quels sont ses moyens ?
Au 30 novembre 2015, la réserve opérationnelle militaire était composée de 28. 000 réservistes du ministère de la Défense et 23.000 réservistes de la gendarmerie nationale ; 19 % seulement sont des femmes.




Au ministère de la Défense, l’ambition est d’augmenter les effectifs d'un tiers pour atteindre l’objectif de 40.000 personnes mobilisables par l’armée d’ici trois ans. Du coup, l’armée de Terre recrute. Cette arme contribuera en effet à hauteur de 800 réservistes par jour, soit 80 % de l’objectif annoncé par le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, président de la région Bretagne.
Au total, si les effectifs de réservistes de la gendarmerie n’évoluent pas: il y aura en 2019 en France 63.000 réservistes pour participer à la protection du territoire.

En outre, la loi de programmation militaire 2014-2019 a été actualisée afin, notamment, de renforcer le dispositif de réserve opérationnelle avec un accroissement des jours d’activité des réservistes, de 24 actuellement à 30 jours par personne et par an. Le maximum est de 60 jours appelables, mais ce plafond peut être porté de façon exceptionnelle à 150, voire 210 jours par an.
Près de 44 % des réservistes actifs moins de 10 jours
Durée d'activité moyenne des réservistes opérationnels en 2014
0 %10 %20 %5 %15 %25 %Répartition dans les effectifs de réservistes0 jour0.5 à 5 jours6 à 10 jours11 à 20 jours21 à 30 jours31 à 60 jours61 à 150 jours151 à 210 jours
SOURCE : MINISTÈRE DE LA DÉFENSE
Pour permettre le renforcement du dispositif de réserve citoyenne, une augmentation de 77 % du budget annuel qui lui est consacré est prévue entre 2014 et 2018.

Quelle est son utilité réelle ?
Selon le ministère de la Défense, les forces réservistes font "partie intégrante du nouveau modèle d’armée issu du Livre blanc. Sans elles, les forces de défense et de sécurité ne sont pas en mesure de remplir l’ensemble de leurs missions, en particulier en cas de crise sur le territoire national", note le guide d’orientation de la défense française.

Et il existe en fait de nombreux freins à l’utilisation des réservistes : le premier est le temps de formation, selon le lieutenant-colonel Gérald Orlik, qui témoignait dans le cadre de la commission de la Défense nationale et des forces armées en avril 2015 : "Le premier obstacle pour nous est le temps nécessaire à la préparation et à la formation des réservistes (…). Expliquer à des jeunes qu’on les prépare cette année, mais qu’on ne les emploiera que l’année suivante faute de crédits nuit [à la fidélisation des réservistes]."
Un temps de formation d’autant plus indispensable pour remplir des missions en armes au sein de la population. Ainsi, seulement 321 réservistes ont été engagés dans l’opération Sentinelle, soit à peine plus de 3 % des personnels engagés, d’après les chiffres donnés par Pierre de Villiers. Le chef d’état-major des Armées souligne aussi le manque de réactivité du dispositif et le cantonnement des réservistes dans des missions de "garde statique". Pas de quoi motiver...

La fidélisation des volontaires est d’autant plus difficile que, visant des actifs, le dispositif requiert le soutien des employeurs. Ces derniers doivent libérer les volontaires désireux de servir la réserve au moins cinq jours par an : pendant l’activité de réserve, le contrat de travail est suspendu et l’employeur n’est pas indemnisé. Résultat, certains des volontaires sont des réservistes "honteux", témoignait le lieutenant-colonel Orlik, "qui ne déclarent pas leur état de réserviste à leur employeur et prennent sur leurs congés pour pratiquer leurs activités militaires".
La gauche appelle ça faire de la prévention ?

Quelle différence avec la "garde biterroise" de Robert Ménard ? 

La "réserve opérationnelle" de Hollande est une copie grand format de sa garde biterroise, observe Robert Ménard.

Aujourd'hui, Robert Ménard souligne que l'État se livre à un copié-collé du dispositif que la justice lui a interdit de mettre en place.  Les réservistes opérationnels mobilisés par le gouvernement socialiste seront placés sous l'autorité de la hiérarchie policière ou militaire, comme le seront les patrouilles placées sous l'autorité du maire de Béziers, Robert Ménard, sans disposer d'aucune autonomie d'intervention.

L'initiative du maire Robert Ménard décriée par les gauches socialiste et radicale qui la qualifient de "sécuritaire" est reprise sous le terme de  "réserve opérationnelle", avec l'approbation des mêmes acteurs polico-médiatiques.
Les décrypteurs, experts et autres spécialistes de la 'désintox' et du 'vrai ou faux' 
de la maison socialiste - très en vogue dans les salles de rédaction des organes de presse au service de l'Elysée - planchent ce dimanche sur l'argumentaire officiel à opposer à Ménard pour démontrer que ça n'a rien à voir. Rendez-vous aux premières heures, ce lundi matin...

Hollande, Valls et Cazeneuve sont-ils les premières menaces sur l'ordre publique ?

A Béziers, "le premier risque pour l’ordre public, c’est Ménard," titrait Le Monde du 7 mai 2015.
"Ça, c’est les Gaulois !": la pancarte, criarde [sic], accueille le visiteur à l’entrée du Musée du Biterrois, ricanait Madjid Zerrouky, envoyé spécial du journal officieux du PS. Et de commenter: "Comme si la municipalité de Béziers (Hérault), dont le maire, Robert Ménard, a affirmé [sic] qu’il y a 64,6 % d’enfants musulmans dans ses écoles, cherchait à conjurer le sort [re-sic] en rendant hommage à "nos ancêtres" [sic encore] , comme le soulignait le journal municipal en mars. Qui sous-titrait même : 'La Gaule contre-attaque !' " Sans compter la contestation des "têtes blondes" ("une affiche très années 1950", selon Madjid Zerroukyou les citations aigres par le journaliste des références aux paroles d’une chanson d’Henri Salvador [métis] côtoyant celles de 'La Marche lorraine' ("Jeanne d’Arc, vierge souveraine"…).

Le journal national dézingue la population qui a élu Ménard maire
Dans une rue de Béziers.  Depuis le 1er février 2015, la police municipale est équipée d'armes à feu."Béziers détient le titre peu enviable de quatrième ville la plus pauvre de France. Les façades sont délabrées, les immeubles murés, les trottoirs défoncés et la propreté est à l’avenant. Ici, où se succèdent kebabs, boucheries hallal et même un écrivain public, difficile de trouver des ouailles de Robert Ménard, dénigre Zerrouky. "On est tombé sur le gros facho, vous pouvez l’écrire, s’exclame Tony Ferreira, 28 ans. Et c’est un Portugais qui vous le dit !" cite le journaliste issu du lycée Descartes d'Alger.

Le journaliste franco-algérien de dresser un catalogue de mesures qui horrifient les communautaristes haineux de notre société, lorsqu'elle réagit à ce qui lui est étranger. "La dernière en date d’une série de mesures à caractère polémique, mises en œuvre depuis son élection en mars 2014 : interdiction de pendre le linge aux fenêtres et de "cracher sur la voie publique", limitation des antennes paraboliques visibles depuis la rue, instauration d’un couvre-feu de 23 heures à 6 heures pour les mineurs lors des week-end et vacances scolaires, renforcement et armement de la police municipale, installation d'une crèche de Noël dans l'hôtel de ville... Le tout sur fond de réhabilitation de l'Algérie française, en rebaptisant une rue au nom d'un putschiste de 1961." 

La gauche radicale franco-algérienne 
- notamment le NPA- 
contre la "réserve opérationnelle" de Hollande ?
Ce qu'omet - par inadvertance, au risque d'être accusé de désinformation - de préciser notre donneur de leçons franco-algérien, c'est que c'est la rue du 19 mars 1962, date des accords d'Évian, lesquels ne marquent nullement la fin des exactions, mais inaugurent une période de massacres de harkis.
"Vous venez pour Satan ?" est l'une des citations choisies du journal contre le maire de la ville qui n'a cessé d'osciller entre gauche et droite et qu'une majorité de Biterrois a démocratiquement confiée à ce proche du FN. "Robert Ménard privilégie le noyau dur de son électorat, à commencer par les commerçants, à qui il a promis de développer le tourisme et que son discours séduit", ajoute Cyril Hennion, le vice-président de la Ligue des droits de l’homme à Béziers.
"Le premier risque pour l’ordre public, c’est Ménard", déclare David Garcia, membre du syndicat Solidaires, associé aux trotskistes de SUD, et pour qui le nouveau maire joue en ce moment avec le feu.

Et encore, le tribunal a suspendu la "garde biterroise"

Pour mettre le gouvernement face à ses responsabilités, la délibération pour la création d'une "garde biterroise" à Béziers a été adoptée en décembre 2015 par le conseil municipal. La "proposition" du maire Robert Ménard, vivement critiquée par le préfet de l'Hérault, a été votée avec 35 voix pour.
La "Garde biterroise", composée de bénévoles, ex-gendarmes ou ex-policiers chargés d'assurer des gardes statiques devant les bâtiments publics, d'organiser des déambulations sur la voie publique et d'alerter les forces de l'ordre, a été créée à Béziers.
Mais une ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Montpellier datée de mardi 19 janvier, est venu suspendre la "garde bitterroise', qualifiée de 'milice' par les opposants, sans la dissoudre. La préfecture avait déposé deux recours : un référé en urgence pour s’assurer que la décision ne s’applique pas et dont la décision a en effet été prise; l’autre référé demandant l’annulation de la décision municipale doit encore être examinée.

Le juge a, en outre, rejeté la notion de "collaborateur occasionnel du service public", que Raphaële Hiault-Spitzer, l’avocate de la ville de Béziers à l’audience du 13 janvier, a fait valoir. Emettant "un doute sérieux sur la légalité de la délibération", le juge a ordonné la suspension et a "enjoint" à la commune de Béziers de "surseoir à la mise en place opérationnelle de la 'garde biterroise' " et de mettre fin à toute mesure d’information et de publicité la concernant, jusqu’à ce que le tribunal statue sur le fond de l’affaire".

Cazeneuve élargit la "garde biterroise" à l'hexagone

Sous la pression des circonstances, vendredi 15, au lendemain du massacre terroriste des innocents du feu d'artifice de Nice, le président Hollande a annoncé un prolongement de trois mois de l'état d'urgence. Dans la foulée et la précipitation, et non pas en prévention d'autres drames à venir, donc, Flanby a lancé un appel à une réserve opérationnelle. Une décision aussitôt confirmée samedi par Nanard Cazeneuve, son ministricule de l'Intérieur. "Nous allons renforcer la présence des forces de sécurité sur l'ensemble du territoire nationale", a déclaré l'occupant de la Place Beauvau. "Je voudrais lancer un nouvel appel à rejoindre cette réserve pour tous les Français patriotes qui le souhaitent", a-t-il gravement déclaré. Pour l'occasion, l'Etat-PS est-il devenu nationaliste ?

Le juge des référés du tribunal administratif de Montpellier devra-t-il maintenant se déjuger ?
Et le Conseil d'Etat doit-il statuer en urgence ? Solidaires devrait logiquement se dresser contre cette 'milice' nationale...
Si localement, "le premier risque pour l’ordre public, c’est Ménard," que dire de Hollande à l'échelle nationale ? On hâte de lire la prose du journal Le Monde qui va devoir se contorsionner... 

vendredi 18 mars 2016

Conflit algérien: Hollande commémore le cessez-le-feu du 19 mars 1962, outrageant les morts français

Hollande indigne les familles des soldats harkis et métropolitains avec l'opposition

Le 19 mars 1962, à midi, prenait officiellement effet un cessez-le-feu qui mettait fin à huit ans de guérilla armée en Algérie.

La veille du cessez-le-feu, le gouvernement français avait renoncé à ses pouvoirs sur l'Algérie et le Sahara au profit des insurgés et du gouvernement provisoire de la république algérienne (GPRA), bras politique du Front de libération nationale (FLN) durant la guerre d’indépendance de l’Algérie. Le GPRA a négocié les accords de paix (accords d'Évian) avec la France en 1962.

Un double référendum vint après coup conforter cette décision. Le 8 avril 1962, les Français de métropole approuvèrent à plus de 90% le revirement du général de Gaulle, parfois qualifiée de trahison de ses engagements d'une "Algérie française" et des Pieds Noirs. Le 1er juillet 1962, les Algériens se prononcèrent pour l'indépendance de leur pays qui devint effective le 3 juillet 1962. Le 4 juillet, Ahmed Ben Bella s'installa à Alger en qualité de président de la nouvelle république. Le 5 juillet, l'indépendance était officiellement proclamée.

L' "utopie juridique" (historien Guy Pervillé) des accords d'Evian n'apporta pas la paix promise, mais inaugura une période de violences redoublées et de massacres des harkis. La France dénombra 28.500 militaires morts, 30.000 à 90.000 harkis (selon que sont ou non décomptés les victimes des assassinats du FLN en représailles contre les soldats musulmans restés loyaux à la France), 4.000 à 6.000 chez les civils européens et environ 65.000 blessés.
Ces "réfugiés"-là ne sont ni des clandestins,
ni des victimes de Bachar al-Assad,
mais des Français d'Algérie, depuis 1830
Hollande commémore le cessez-le-feu pour la première fois, samedi  

Le "président de tous les Français" a choisi de mépriser la douleur des harkis et des Français d'Algérie, les "Pieds-noirs". L'initiative présidentielle est contestée par de nombreuses associations d'anciens combattants et de pieds-noirs qui demandent que le 19 mars marque  le début de l'exil et du massacre de civils et des harkis et que le président sado-masochiste cesse son auto-flagellation de la République à propos de la fin du conflit algérien.

Hollande s'applique à diviser
 également la classe politique

L'ex-président Nicolas Sarkozy tonne contre la décision de son successeur.
"Pour qu'une commémoration soit commune, il faut que la date célébrée soit acceptée par tous. Or, chacun sait qu'il n'en est rien, le 19 mars reste au cour d'un débat douloureux", fait-il valoir, dans une tribune publiée vendredi dans le Figaro,  contre cette première médiatisée.
N. Sarkozy note qu'en son temps l'ex-président socialiste François Mitterrand, acteur de ce conflit, "refusa catégoriquement de reconnaître cette date pour commémorer la fin de la guerre d'Algérie" sachant, quant à lui, qu'après les accords d'Evian, "la tragédie s'était poursuivie pendant des mois".

"Une provocation à l'encontre de l'ensemble de la communauté rapatriée et des harkis", d
énonce le maire de Nice et président de la région PACA, Christian Estrosi, qui a prévenu qu'"aucune cérémonie" ne viendra raviver cette verte plaie ouverte de l'Histoire dans sa ville, samedi.

Le chef de l'Etat a "violé la mémoire" des anciens combattants et harkis, a accusé Marine Le Pen, présidente du FN.

Afin de ne pas relancer les passions, Jacques Chirac avait choisi une date neutre, le 5 décembre 2002, pour inaugurer un monument célébrant la mémoire des victimes de la guerre d'Algérie, mais aussi celles des combats en Tunisie et au Maroc.

François Hollande prononcera 
une allocution, samedi à 16h30


C'est devant ce mémorial érigé quai Branly, au pied de la Tour Eiffel, que avec pour idée : tenter "le compromis" pour instaurer "la paix des mémoires" sur ce conflit algérien qui exacerbe toujours les passions.

C'est à son initiative, qu'une loi avait été votée au Parlement le 6 décembre 2012 faisant du 19 mars la "journée nationale du souvenir et du recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d'Algérie" mais aussi "des combats en Tunisie et au Maroc".

Manifestation politicienne, sans repentance: une hypocrisie de plus ?


Mémorial de la guerre d'Algérie et de l'après 19 mars 1962
inauguré quai Branly, le 5 Décembre 2002 
par le Président de la République Jacques Chirac
Le 19 mars, "c'est une date qui renvoie à des mémoires qui ont été longtemps opposées dans la population française", reconnaît-on dans l'entourage du chef de l'Etat. Mais "l'ambition du président de la République, c'est d'embrasser toutes les mémoires et de les faire entrer dans le récit de l'Histoire de France (...)", racontent-ils pour s'accaparer l'initiative consensuelle du président Jacques Chirac.Et de tenter de se justifier: "Ca n'est pas de faire disparaître les douleurs; ça n'est pas de nier les morts et les drames; c'est de les rappeler et de leur rendre hommage". Ce qui méritait en effet d'être précisé !


Dans son discours, comme il l'avait fait devant le parlement algérien le 20 décembre 2012, le président français récidiviste devrait se valoriser sur le thème de "l'injustice du système colonial"quand son procès est facile, 55 ans après et que la cause est désormais entendue, mais sans verser dans "le registre de la repentance", précise un conseiller qui renonce à twitter, préférant ainsi garder l'anonymat.
 

L'historien Benjamin Stora, récemment convoqué à l'Elysée pour mettre en musique la démarche présidentielle devant la presse
Le chantre du socialisme hollandien voit "un certain courage" dans la volonté de François Hollande "d'essayer de trouver une sorte de compromis, de consensus par rapport à cette guerre d'Algérie qui a bien du mal encore à passer dans l'histoire française".


A l'inverse, un collectif d'historiens proteste contre le choix du 19 mars.


Dans un texte transmis par le Centre de documentation historique sur l'Algérie (CDHA),  ces spécialistes condamne ce choix de date qui "ne peut être considérée ni comme la date d'un cessez-le-feu, ni comme la fin de la guerre d'Algérie", puisqu'elle déclencha "une période de massacres et de violences sans précédent".

"Je trouve ça scandaleux", s'insurge le délégué régional PACA du comité de liaison national des harkis, Mohamed Otsmanie, qui pointe pour sa part les visées "électoralistes" du chef de l'Etat en direction notamment "des binationaux franco-algériens" dans la circonstance d'inquiétude suscitée par le débat sur sa réforme constitutionnelle portant sur la déchéance nationale.


samedi 14 mars 2015

Le maire de Béziers rend hommage aux victimes oubliées de l'après 19 mars 1962

Robert Ménard rebaptise une rue Elie Denoix de Saint-Marc

L'opposition conteste les choix du nouveau maire de Béziers
 

Robert Ménard a débaptisé la rue du 19 mars 1962, date de la fin de la guerre d'Algérie, pour lui donner le nom d'un officier partisan de l'Algérie française.
Il a en effet décidé de débaptiser la rue célébrant la date de la signature des Accords d'Evian, qui ont mis fin à la guerre d'Algérie, pour lui donner le nom du commandant Elie Denoix de Saint-Marc.

"Rendre hommage à un héros"
Défi de l'opposition à la majorité démocratique
Robert Ménard s'y était engagé devant les électeurs pendant la campagne des municipales. Le 11 décembre 2014, il est passé des paroles aux actes. Ce jour-là, en conseil municipal, installé dans son fauteuil de maire, il a proposé aux élus biterrois de débaptiser la rue du 19-Mars-1962 pour lui donner le nom de Commandant-Hélie-de-Saint-Marc.
Le premier magistrat biterrois expliqua au Midi Libre que "faire du 19 Mars 1962 la date de la fin de la guerre d'Algérie, c'est se moquer de l'Histoire et c'est une insulte à la fois aux Français d'Algérie et aux Harkis". En donnant à cette rue le nom du commandant Elie Denoix de Saint-Marc, il entend "rendre hommage à un héros", à compter du 19 mars 2015.

Loin d'apporter aux populations la paix attendue sur le terrain, les accords d'Évian inaugurèrent une période de violence redoublée et de massacres des harkis. 
Après plus de sept années et cinq mois de guerre, les accords du 19 mars 2015 ne signèrent pas la fin réelle du conflit d'Algérie. Les conditions de la sécurité des populations étaient loin d'être assurées. Actuellement présidé par le président Bouteflika, le FLN profita des accords pour reconstituer ses forces armées. A partir du 17 avril 1962, il lança une campagne d'enlèvements de Français supposés proches de l'OAS. Les massacres d'anciens harkis suivirent presque immédiatement les accords. Loin de régler le problème algérien, les accords et l'inaction voulue des forces françaises en Algérie eurent pour conséquence une période de violence meurtrière qui perdura de longs mois pour les harkis. L'historien spécialiste de la guerre d'Algérie Guy Pervillé, conclut ainsi : "Les accords d’Évian, voulus par le gouvernement français comme la 'solution du bon sens', se révélèrent donc une utopie, qui échoua à ramener une vraie paix en Algérie." C'est entre le cessez-le-feu et la proclamation de l'indépendance de l'Algérie qu'il y  eut "le nombre de victimes le plus important".
Dans sa profession de foi de la municipale, Robert Ménard défendait sa position par rapport à la guerre d'Algérie : "Je suis pied-noir et fier de l'être. Et je n'oublie pas, je n'oublierai jamais les leçons de mon père...", écrivait-il, lui le fils d'un militant de l'OAS (Organisation armée secrète). 
De la Résistance et des camps de concentration au "putsch"
Résistant à 19 ans, déporté à Buchenwald en 1943, à l'âge de 21 ans, Hélie de Saint-Marc intégra Saint-Cyr après la guerre. Il participa, ensuite, aux combats en Indochine, puis en Algérie. Là, en avril 1961, commandant par intérim le 1er Régiment étranger de parachutistes, Hélie de Saint-Marc prit part avec ses hommes au putsch des généraux de 1961. L’opération ayant échoué, il se constitua prisonnier. Jugé, Hélie de Saint-Marc fut condamné à dix ans de réclusion criminelle. Il passera cinq ans derrière les barreaux et sera gracié le 25 décembre 1966. En 1978, Hélie de Saint-Marc fut réintégré dans ses droits civils et militaires par le président Valéry Giscard d'Estaing.Sorti de prison en 1966, l'homme était depuis devenu un écrivain à succès, une référence morale et historique, estimé par de grands intellectuels, dont Jean d'Ormesson.
Il est décédé à l'âge de 91 ans, le 26 août 2013Lire cet article du Figaro.

La contre-offensive passera par le tribunal administratif


Un recours "en excès de pouvoir" visant Robert Ménard - élu au terme d'une triangulaire avec 46,98 % des suffrages exprimés, contre 18,38 % au candidat de la gauche - a été déposé par le Parti communiste, ce mardi 24 février, devant le tribunal administratif de Montpellier. La pétition de l'extrême gauche qui circule dans cette ville de 79.000 habitants a recueilli environ 3.000 signatures. 

Au cours d'un nouveau
 déplacement de campagne à Saint-Brieuc samedi, le premier ministre PS Manuel
Valls a pris parti avant la justice, estimant que "la nostalgie de l'Algérie française n'apporte rien de bon". "Le FN n'aime pas la France, c'est rance, c'est triste", a lancé l'agent du Parti socialiste à Matignon. 

Or, la proposition du maire de débaptiser cette rue a été validée le 11 décembre dernier par le Conseil municipal de la ville.

VOIR et ENTENDRE Hélie Denoix de Saint Marc témoigner dans l'émission Apostrophes en 1989, après la sortie de sa biographie:


dimanche 6 juillet 2014

14 juillet: l'Algérie participera bien au défilé sur les Champs samedi

Provocation: Hollande cherche les incidents

Trois militaires algériens participeront à une animation sur la place de la Concorde 
Page Facebook
Pour cette première, Hollande voit petit et insidieux: aussi symbolique que sera la prestation pour distraire les officiels de l'ancienne puissance coloniale symbolique, Hollande joue subrepticement avec le feu, alors qu'il a déjà été sifflé à chacune de ses apparitions sur les Champs-Elysées.

Conscients du risque de heurter les Français sans qui l'Algérie ne serait pas ce qu'elle est, les militaires algériens ne défileront pas, mais ils seront présents, en uniformes, place de la Concorde, explique-t-on au ministère français de l'Intérieur.

Dimanche, le ministre algérien des Affaires étrangères a confirmé la participation algérienne. Le chef de la diplomatie algérienne, Ramtane Lamamra, a assuré ce dimanche 6 juillet que "le peuple algérien honore ses propres contributions à la liberté à travers le monde et assume toute son histoire (...) L'Algérie participera, dans le même format et dans les mêmes conditions que quatre-vingt autres nations dont des citoyens sont tombés sur les champs de bataille de la 1ère Guerre mondiale à la manifestation prévue à Paris à cet effet". Pour lui, cette participation va rendre "à nos valeureux aînés l'hommage qu'ils méritent pour le sacrifice de leurs vies pour la liberté d'autrui et la leur propre".

"80 autres pays ayant participé à la première guerre mondiale ont également été invités cette année par le président de la République", avait récemment expliqué l'entourage du secrétaire d'État aux anciens combattants, Kader Arif, né en Algérie. "Il ne faut pas mélanger les conflits: il ne s'agit pas de la guerre d'Algérie", explique Arif, transposant la sournoise méthode socialiste d'Elisabeth Guigou, qui assurait que le vote du PACS n'ouvrirait pas la voie au mariage des personnes du même sexe. Lien PaSiDupes 

Le ministère français de la Défense s'était "réjouit" de la participation de l'armée algérienne le 14 juillet. "C'est une preuve que nous sommes rentrés dans une phase pacifiée avec l'Algérie", avait indiqué le ministère, en ajoutant que Jean-Yves Le Drian, qui s'est rendu en Algérie le 20 mai, "s'est fait confirmer par les autorités algériennes leur volonté historique d'y participer". Mais ce n'est la preuve de rien.

Les Moudjahidine et le FN condamnent cette initiative

Côté algérien, la puissante organisation des Moudjahidine (ONM, anciens combattants) s'est opposée publiquement à la présence algérienne à cette cérémonie. Le ministre des Moudjahidine (anciens combattants), Tayeb Zitouni, a en effet refusé de se prononcer sur ce sujet. "La politique extérieure et de la Défense nationale relèvent des prérogatives du président de la République", a-t-il esquivé mardi dernier. Boutef fera-t-il le déplacement ??

Cette invitation ravive les tensions algériennes. Sur la même longueur d'ondes que le Harki Arif, plusieurs mouvements harkis ont manifesté leur opposition au collectif du "non". Pour Mohamed Otsmani, délégué de la Liaison nationale des harkis pour la région PACA de Michel Vauzelle, "c'est une grande fierté que les Algériens défilent le 14 juillet, pour la France et pour les harkis (...), on est dans un souci d'apaisement entre la France et l'Algérie". Pour la présidente de l'association "Harkis et droits de l'Homme", Fatima Besnaci-Lancou, "les deux pays doivent travailler ensemble".


Un collectif baptisé "Non au défilé des troupes algériennes le 14 juillet 2014" s'est constitué pour protester contre cette présence. Ils n'entendent pas les raisons avancées par Arif que "la France reconnaît le sacrifice de leurs pères et de leurs grands-pères", ajoutant qu"il ne faut pas mélanger les conflits, il ne s'agit pas de la guerre d'Algérie", alors que le FLN a torturé des Harkis. En 1961, le FLN avait rédigé ce texte d'un tract disant:  

" L'heure de la victoire approche. Où irez-vous après ?
L'ennemi retire ses fils et vous fait avancer les premiers... pour qui mourrez vous ? Demain les colonialistes français vous abandonneront, les métropolitains ne voudront jamais vous laisser pénétrer dans leur terre... désertez, abattez vos officiers assassins ... 
(Ils n'ont pas abattu leurs officiers, ils n'ont pas non plus déserté, sinon certains en mars 1962, quand ils se sont vus abandonnés.)

Tout frère de harki qu'il soit, Abdelaziz Belkhadem, secrétaire général du FLN, déclarait encore en 2011: "la France ne pourra pas modifier son histoire tachée de sang. Elle ne peut pas effacer la honte de la colonisation." Et d'ajouter: "Au FLN, nous sommes toujours sur notre position qui est de demander à la France officielle de s’excuser sur ce qui a été commis par la France coloniale et de reconnaître toutes les souffrances dont les traces restent vivaces chez les Algériens, aussi bien en Algérie qu’à l’étranger."

D'après les représentants de 25% des électeurs des municipales 2014, 

"Cette présence militaire honteuse sur le sol français est une provocation indigne et le signe d'un très grand mépris pour tous les morts, disparus ou suppliciés victimes de cette armée", déploraient aussi Mohammed Bellebou, conseiller municipal de Perpignan et président de l'association "France Harkis" dans un communiqué rendu public début juin

Mais, depuis plusieurs mois, d'autres collectifs se créent pour protester contre cette invitation de militaires algériens. Bernard Coll, secrétaire général de l'association "Jeunes pieds noirs" a lancé le 6 juin le groupe "unité d'action le 14 juillet 2014" pour que "le chef d'État renonce à cette grotesque farce historique". 
Pour Hervé Cuesta, le président national du collectif "Non au 19 mars 1962", mouvement essentiellement composé de pieds noirs, "trois militaires, c'est déjà trop, car il y aura leur drapeau. Ces gens (les militaires algériens) présents au défilé sont des ennemis de la France". Ces associations veulent donc s'unir autour d'un collectif d'opposition.

Hollande maintiendra-t-il la paix civile le jour de notre Fête nationale?
Date a-t-elle été prise pour que trois soldats français défilent à Alger?