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samedi 14 mars 2015

Le maire de Béziers rend hommage aux victimes oubliées de l'après 19 mars 1962

Robert Ménard rebaptise une rue Elie Denoix de Saint-Marc

L'opposition conteste les choix du nouveau maire de Béziers
 

Robert Ménard a débaptisé la rue du 19 mars 1962, date de la fin de la guerre d'Algérie, pour lui donner le nom d'un officier partisan de l'Algérie française.
Il a en effet décidé de débaptiser la rue célébrant la date de la signature des Accords d'Evian, qui ont mis fin à la guerre d'Algérie, pour lui donner le nom du commandant Elie Denoix de Saint-Marc.

"Rendre hommage à un héros"
Défi de l'opposition à la majorité démocratique
Robert Ménard s'y était engagé devant les électeurs pendant la campagne des municipales. Le 11 décembre 2014, il est passé des paroles aux actes. Ce jour-là, en conseil municipal, installé dans son fauteuil de maire, il a proposé aux élus biterrois de débaptiser la rue du 19-Mars-1962 pour lui donner le nom de Commandant-Hélie-de-Saint-Marc.
Le premier magistrat biterrois expliqua au Midi Libre que "faire du 19 Mars 1962 la date de la fin de la guerre d'Algérie, c'est se moquer de l'Histoire et c'est une insulte à la fois aux Français d'Algérie et aux Harkis". En donnant à cette rue le nom du commandant Elie Denoix de Saint-Marc, il entend "rendre hommage à un héros", à compter du 19 mars 2015.

Loin d'apporter aux populations la paix attendue sur le terrain, les accords d'Évian inaugurèrent une période de violence redoublée et de massacres des harkis. 
Après plus de sept années et cinq mois de guerre, les accords du 19 mars 2015 ne signèrent pas la fin réelle du conflit d'Algérie. Les conditions de la sécurité des populations étaient loin d'être assurées. Actuellement présidé par le président Bouteflika, le FLN profita des accords pour reconstituer ses forces armées. A partir du 17 avril 1962, il lança une campagne d'enlèvements de Français supposés proches de l'OAS. Les massacres d'anciens harkis suivirent presque immédiatement les accords. Loin de régler le problème algérien, les accords et l'inaction voulue des forces françaises en Algérie eurent pour conséquence une période de violence meurtrière qui perdura de longs mois pour les harkis. L'historien spécialiste de la guerre d'Algérie Guy Pervillé, conclut ainsi : "Les accords d’Évian, voulus par le gouvernement français comme la 'solution du bon sens', se révélèrent donc une utopie, qui échoua à ramener une vraie paix en Algérie." C'est entre le cessez-le-feu et la proclamation de l'indépendance de l'Algérie qu'il y  eut "le nombre de victimes le plus important".
Dans sa profession de foi de la municipale, Robert Ménard défendait sa position par rapport à la guerre d'Algérie : "Je suis pied-noir et fier de l'être. Et je n'oublie pas, je n'oublierai jamais les leçons de mon père...", écrivait-il, lui le fils d'un militant de l'OAS (Organisation armée secrète). 
De la Résistance et des camps de concentration au "putsch"
Résistant à 19 ans, déporté à Buchenwald en 1943, à l'âge de 21 ans, Hélie de Saint-Marc intégra Saint-Cyr après la guerre. Il participa, ensuite, aux combats en Indochine, puis en Algérie. Là, en avril 1961, commandant par intérim le 1er Régiment étranger de parachutistes, Hélie de Saint-Marc prit part avec ses hommes au putsch des généraux de 1961. L’opération ayant échoué, il se constitua prisonnier. Jugé, Hélie de Saint-Marc fut condamné à dix ans de réclusion criminelle. Il passera cinq ans derrière les barreaux et sera gracié le 25 décembre 1966. En 1978, Hélie de Saint-Marc fut réintégré dans ses droits civils et militaires par le président Valéry Giscard d'Estaing.Sorti de prison en 1966, l'homme était depuis devenu un écrivain à succès, une référence morale et historique, estimé par de grands intellectuels, dont Jean d'Ormesson.
Il est décédé à l'âge de 91 ans, le 26 août 2013Lire cet article du Figaro.

La contre-offensive passera par le tribunal administratif


Un recours "en excès de pouvoir" visant Robert Ménard - élu au terme d'une triangulaire avec 46,98 % des suffrages exprimés, contre 18,38 % au candidat de la gauche - a été déposé par le Parti communiste, ce mardi 24 février, devant le tribunal administratif de Montpellier. La pétition de l'extrême gauche qui circule dans cette ville de 79.000 habitants a recueilli environ 3.000 signatures. 

Au cours d'un nouveau
 déplacement de campagne à Saint-Brieuc samedi, le premier ministre PS Manuel
Valls a pris parti avant la justice, estimant que "la nostalgie de l'Algérie française n'apporte rien de bon". "Le FN n'aime pas la France, c'est rance, c'est triste", a lancé l'agent du Parti socialiste à Matignon. 

Or, la proposition du maire de débaptiser cette rue a été validée le 11 décembre dernier par le Conseil municipal de la ville.

VOIR et ENTENDRE Hélie Denoix de Saint Marc témoigner dans l'émission Apostrophes en 1989, après la sortie de sa biographie:


vendredi 1 août 2014

Dans le viseur du gouvernement, la LDJ est en sursis

Révolutionnaires et violentes, le NPA ou les Femen, organisations épargnées

Les prétextes de Hollande et Valls
Elle existe aussi et
prospère sous Hollande
Des pro-palestiniens manifestaient pourtant en dépit de l'interdiction de la préfecture de police mais, pour justifier son intention de dissoudre la LDJ, le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, prend pourtant prétexte d'accrochages avec les activistes lancés par le NPA, parti trotskiste révolutionnaire. La Ligue de Défense Juive, organisation également musclée, s'était interposée entre les agresseurs et la synagoque de la rue de la Roquette, Paris 11e. 

Le motif de protection d'un lieu de culte ne pèse pas lourd en république laïque. 
Boutault à la manif pro-Hamas
à Barbès, le 23 juillet 2014
Au 17 de la rue des Rosiers, dans le 4e voisin, se trouve aussi une synagogue et le maire du 2e arrondissement où se situe le quartier multi-ethnique du Sentier, mais traditionnellement juif, n'est autre que Jacques Boutault (EELV) qui manifesta à Barbès avec les pro-Hamas. Lien PaSiDupes 
La manifestation était interdite et donna lieu à des émeutes, le 19 juillet, mais l'élu Verts n'est pas inquiété. En revanche, l'organisateur trotskiste du NPA, Alain Pojolat, est convoqué le 22 octobre devant la 24e chambre du TGI de Paris.

Or, s'il n'est pas journaliste, chacun garde aussi à l'esprit l'attentat de 1982, 7 rue des Rosiers, dont la motivation antisémite est avérée, puisque le restaurant Goldenberg situé dans le quartier du Marais à Paris était la cible du Fatah-Conseil révolutionnaire d'Abou Nidal, groupe dissident de l'OLP, identifié en 2011 par la justice française comme responsable de la fusillade qui a fait 6 morts et 22 blessés.

Des organisations terroristes ont la faveur du pouvoir socialiste
L'ex-Fatah est l'une des organisations terroristes placées sur la liste officielle du Canada, des USA, de l'U.E et du Royaume-Uni.
Une autre est le Hamas, Mouvement de résistance islamique, pour lequel les manifestants pro-palestiniens ont été autorisés à manifester, à l'appel du NPA et du PCF, est sur la liste officielle des organisations terroristes du Canada, des USA et de l'Union européenne. Il est classé terroriste par Israël et par le Japon.

Les antifa aussi seraient plus convenables s'ils sont révolutionnaires ...
   
Le ministère de l’Intérieur étudie la possibilité juridique de dissoudre le groupuscule "d’autodéfense" juif.

La dissolution de la Ligue de défense juive (LDJ) est aujourd’hui sérieusement envisagée par le ministère de l’Intérieur. A gauche, ses adversaires considèrent cette association d’autodéfense communautaire comme une milice. Comme les Femen, féministes révolutionnaires, ou les antifa, qu'ils soient de droite ou de gauche, les sionistes de la LDJ ont pris l'habitude de riposter aux menaces contre la communauté juive à partir de 2001.
Condamnés par les institutions juives anti-sionistes, ses membres ne sont qu’une poignée, mais sont cependant accusés, comme certains pro-palestiniens radicaux, d’attiser les tensions inter-communautaires en France, alors que se succèdent les manifestations liées au conflit armé à Gaza.

Motifs ethniques
La DLPAJ [Direction des libertés publiques et des affaires juridiques] cherche sans relâche des motifs d’interdiction de la LDJ, admet une source policière. "Nous menons l’analyse la plus fine possible pour être certains que c’est faisable," fait valoir cette direction du ministère de l’Intérieur. Le procédure est en effet encadrée en droit. L’article 212-1 du code de la sécurité intérieure mentionne sept critères pouvant justifier une dissolution par décret en Conseil des ministres. 
Femen à l'entraînement
Deux d’entre eux pourraient être invoqués contre la LDJ. L’un concerne les groupes qui "provoquent à la discrimination, à la haine ou à la violence pour motifs ethniques ou religieux, ou propagent des idées encourageant cette discrimination", mais les provocations dans une rue notoirement juive venaient des manifestants pro-palestiniens, et l’autre, ceux "qui présentent, par leur forme et leur organisation militaires, le caractère de groupes de combat ou de milices privées". Ce que sont par ailleurs les Femen.

La LDJ, n’étant pas dotée de statuts légaux, n’est pas officiellement une association. Mais l’article 212-1 permet également la dissolution de "groupements de fait" - appliquée par exemple au groupe suprémaciste noir Tribu Ka en 2006, ou encore aux groupes d’extrême droite Jeunesses nationalistes révolutionnaires et Troisième voie de Serge Ayoub, en juillet 2013, suite à la mort du jeune Clément Méric. Il semblerait donc que l'extrême gauche ne recèle aucun groupe d'ultra-gauche...  "En matière de dissolution, il n’y a strictement aucune différence entre une association et un groupement de fait, explique Nicolas Gardères, l’avocat de Serge Ayoub. Même non déclaré, un tel groupe émet des tracts, anime une page Facebook, organise des réunions, appelle à des rassemblements… Autant de choses que la dissolution interdit. Son logo ne doit plus apparaître." Et si l’organisation poursuit malgré tout ses activités, ses dirigeants encourent des poursuites pour "reconstitution de ligue dissoute".

Les groupes radicaux dissimulateurs 

Selon l’avocat (par ailleurs militant EE-LV), la LDJ répondrait à la définition d’une milice privée, 
Le drapeau djihadiste du front Al-Nosra
 rebelles armés affilié à al-Qaïda
flotte au coeur de Paris
avec les manifestants pro-palestiniens
en ce qu’elle présente "une organisation hiérarchique paramilitaire, l’obéissance de tous à un chef, des entraînements collectifs aux arts martiaux, une capacité à orchestrer des coups de forces". 
La dissolution du mouvement n’est, pour autant, pas encore acquise, tnt elle est partiale. Les services juridiques de Beauvau veulent d’abord s’assurer que leur argumentaire est imparable, un aveu d'incertitude lourd de sens sur le bien-fondé d'un projet d'action partisane. "On ne prendra pas le risque de perdre en justice contre la LDJ, explique une source policière. D’autant que depuis quelques années, ce mouvement est légitimé de fait par la montée de antisémitisme, dont les émeutes pro-Gaza sont la démonstration sur le sol français et que certains faits ou accusations sont ou prescrits ou infondés. 

Mercredi, les services du ministère ont d’ailleurs décortiqué la réponse du Conseil d’Etat au recours déposé par Serge Ayoub, qui contestait la dissolution de ses organisations. L’étude de l’arrêt, qui confirme deux dissolutions et en annule une, doit permettre d'étayer les arguments juridiques du gouvernement et de sécuriser une éventuelle procédure à l’encontre de la LDJ.

Les spécialistes des mouvements radicaux sont toutefois divisés sur l’opportunité des dissolutions.
Le NPA est gravement responsable des émeutes de Barbès

En effet, de telles organisations ont au moins l’avantage de concentrer les militants ultras, facilitant leur surveillance par les autorités. Elles canalisent leur engagement et évitent souvent les débordements les plus extrêmes. A l’inverse, une dissolution risque de disséminer et de livrer à eux-mêmes les éléments les plus radicaux.

Hollande ne dissout que les extrémistes de droite
Groupe Action antifasciste Paris-banlieue de Clément Méric, 
avec foulards et cagoules 

Le président réclame à la gauche un brevet de bon socialiste
Le père de François Hollande est en effet un ancien partisan de l'OAS et candidat de Me Jean-Louis Tixier-Vignancour...

Restent aussi les Femen
Une organisation para-militaire longtemps hébergée par la Mairie de Paris dans le 18e arrondissement, au coeur de Paris, là où eurent lieu les violences urbaines de Barbès.

samedi 9 novembre 2013

L'UMP Accoyer dénonce une "récupération" de De Gaulle par Philippot et Hidalgo

Les socialistes " ont combattu le général De Gaulle avec une constance remarquable de 1958 à 1969", a rappelé l'ancien président UMP de l'Assemblée nationale...

Bernard Accoyer a dénoncé ce samedi une "récupération politique" de De Gaulle par ses anciens adversaires.


La socialiste Anne Hidalgo et le frontiste Florian Philippot se sont prêtés à l'exercice de l'hommage médiatique  à Colombey-les-deux-Eglises (Haute-Marne), à la mémoire du général que Mitterrand et l'extrême droite ont détesté.
Il y a cinquante ans, le lundi 11 mars 1963, Jean-Marie Bastien-Thiry, organisateur de l'attentat manqué du Petit-Clamart contre le général de Gaulle sept mois plus tôt, était exécuté à l'aube au fort d'Ivry (Val-de-Marne). Condamné à mort pour avoir planifié cet attentat au nom  de l'OAS contre le premier président de la Ve République et le libérateur de la France, il est le dernier condamné à mort à avoir été fusillé en France.


"Les socialistes ont combattu le général De Gaulle 
avec une constance remarquable de 1958 à 1969. 
Ils le traitaient de dictateur", a rappelé Bernard Accoyer. 


"Il faut se rappeler que l'extrême droite haïssait le général De Gaulle. Elle  a toujours soutenu l'OAS qui a voulu tuer le général De Gaulle", a rappelé l'ex-président (UMP) de l'Assemblée nationale sur France Info

Comme chaque année,
plusieurs candidats à une prochaine élection ont prévu de se rendre à Colombey en hommage au général de Gaulle, pour le 43e anniversaire de sa mort.

Dans la famille politique du général, François Fillon (UMP) a été le premier visiteur, suivi de Nicolas Dupont-Aignan (Debout La République).

La prétendante PS à la mairie de Paris Anne Hidalgo a osé faire le déplacement,
ainsi que le vice-président du FN Florian Philippot, s'est indigné le député UMP de Haute-Savoie.
Un hommage à De Gaulle qui n'est pas du goût des gaullistes
Pierre-Yves Bournazel, porte-parole de  Nathalie Kosciusko Morizet, a manifesté sa désapprobation : "Elle a combattu toutes les idées du général De Gaulle pendant longtems et des différents mouvements politiques qui s'en sont revendiqués.", a-t-il souligné. "Certes, De Gaulle appartient à tous les Français mais il faut un peu de cohérence et de consistance quand on fait de la politique. Je considère qu'à quelques mois des élections municipales de Paris, Mme Hidalgo fait de l'électoralisme un peu hasardeux". 

Les gaullistes de l'Union des jeunes pour le progrès (UJP), ont dénoncé également ces "récupérations" : "Anne Hidalgo, héritière à Paris, est aussi l’héritière du 'coup d’Etat permanent'. Décidemment, assumer un héritage n’est pas son fort.

"
Finalement ce défilé ça ressemble beaucoup à de la récupération politique de la part de ceux-là même qui ont été des adversaires constants et acharnés du général", a conclu Bernard Accoyer.

A noter que le président Hollande n'a pas souhaité se rendre sur la tombe du général De Gaulle pour la commémoration.
Une nouvelle fois, le "sale mec" affiche son refus d'être le président de tous les Français.

mardi 25 décembre 2012

F. Hollande se démarque du passé nationaliste de son père

Un ancien OAS, père de président socialiste de la République
Georges Hollande, père de François, coule des jours heureux à Cannes
Retraité à Cannes, Georges Hollande fait sa petite balade quotidienne à pied, avant  le déjeuner à la maison. Malgré l'élection de la veille, le père du nouveau président de la République semble vouloir se tenir à l'abri de toute l'agitation qui accompagne la réussite politique de son fils, à moins qu'il n'ait reçu la consigne stricte de se tenir à distance de la politique et de la presse: à 89 ans, le vieil homme n'est pas disposé à faire de longs discours à la Nation. Encore moins aux journalistes.
Mais lorsqu'on évoque le sacre démocratique de Normal 1er, Georges réplique, sans plus de convictions : "Je suis heureux pour lui. Mais Sarkozy a fait un cadeau empoisonné à mon fils. J'espère qu'il va redresser la France. Oui, je le crois. Il a beaucoup de diplômes… "
" Il a voté pour son fils, mais… "
Sa boîte aux lettres a soudainement débordé de messages de sympathie du voisinage. Et pourtant. Dans cette résidence de riches qui surplombe Cannes et sa Croisette, l'ancien partisan de l'Algérie française hostile à De Gaulle, a sans doute été l'un des rares à apporter une voix au candidat socialiste. Point tant au nom de la rose qu'au nom des Hollande. " Il a voté pour son fils parce qu'il ne peut pas faire autrement, mais ce ne sont pas ses idées ", persifle une riveraine du quartier. Ironie du destin, Georges Hollande réside avenue… Montrose, le Mont des Oliviers, en somme. 


15 août 2012:
visite privée de François Hollande 
à son père, Georges,

en DS5 officielle



Version officielle: "J'ai toujours de bons contacts avec lui "

Ce n'a pas été toujours le cas. En fait, on ne connaît pas exactement la vraie nature actuelle des rapports entretenus par le futur hôte de l'Élysée avec son géniteur, alors qu'on le sait la "gauche molle" était le fils à sa maman assistante sociale. 
Hollande père avec Paul Borel,
ancien élu municipal FN
Mais le passé politique de Georges est un secret de polichinelle

Candidat battu sur listes d'extrême droite aux élections municipales de Rouen en 1959 et de Bois-Guillaume en 1965, Georges Hollande est un militant d'extrême droite qui ne se retrouvait pas dans la personnalité timide et fade de son fils cadet, lequel s'identifiait davantage à sa maman et craignait le père.

Dans son ouvrage François Hollande, itinéraire secret, le biographe Serge Raffy décrit même " un chef de famille autoritaire et ombrageux " à propos de Georges Hollande.  Georges ne confirme pas et récite la leçon républicaine " J'ai toujours de bons contacts avec François, souffle-t-il, dans la méfiance

On trouvait le jeune François plutôt dans le sillage de sa mère Nicole, fervente catholique de gauche. Aujourd'hui décédée, cette ancienne assistante sociale figurait même sur la liste PS aux municipales cannoises de 2008. " François a adopté le caractère de sa mère, toujours bienveillante, généreuse et ouverte aux autres, alors que le père est beaucoup plus secret et discret, il ne va pas trop vers les gens ", confie une connaissance de la famille Hollande, suggérant que le couple parental était quelque peu disparate.
François Hollande est une illustration du complexe d'Oedipe.

Autoritaire, selon son biographe Serge Raffy, rédacteur en chef du Nouvel Observateur, le père imposait des "diktats aussi martiaux qu’incompréhensibles" à ses deux fils, Philippe et François.

A défaut de "tuer le père", celui qui enfant lisait en cachette Pif Gadget, publication communiste, une fois étudiant milite à l’UNEF-Renouveau, proche du PCF. 

L'Elysée l'a mis en garde"Je l'ai eu au téléphone hier, il m'a dit que les journalistes en faisaient un peu trop. "
Ce papa secret sait ce qu'il en coûte d'afficher des idées de droite radicale. Début 1968, son soutien à l’Algérie française et à l’OAS ne lui amène que tracas. Il est poussé à vendre sa clinique, ses appartements du Clos du Hamel, et la maison de Bois-Guillaume, un faubourg cossu de l’agglomération rouennaise pour laquelle François garde "une affection particulière": il y a été scolarisé jusqu’à la troisième, chez les Frères catholiques de Jean-Baptiste-de-La-Salle. La famille doit déménager et le "père à histoires" l'entraîne à ...Neuilly-sur-Seine, où il se lance dans l’immobilier.
Cet ancien extrémiste est muselé 
Le fils revendique une présidence "normale" et le père n'a plus droit qu'à  une retraite paisible: pas question de lui poser de nouveaux problèmes !… Le passé pétainiste de Mitterrand n'a été révélé que tardivement, tout comme la proximité de Georges Hollande avec Jean-Louis Tixier-Vignancour, candidat nationaliste à l'élection présidentielle de 1965, au cours de laquelle son directeur de campagne n'était autre que Jean-Marie Le Pen.

mardi 18 décembre 2012

France-Algérie: Hollande tente de re-tisser des liens avec Alger

Le président socialiste français va au devant du dictateur socialiste algérien

Un lourd contentieux

19 mars 1962,
proclamation du cessez-le-feu

mettant un terme à
l'
"opération de maintien de l'ordre" en Algérie
 

Fort du capital de sympathie dont jouit le socialiste qui choisit en 1978 de faire son stage d'ENA en Algérie, bien que son père ait été un sympathisant actif de l'OAS, François Hollande tentera de relever mercredi et jeudi un triple défi : trouver les mots justes pour panser les plaies du passé, relancer les échanges économiques et adresser un message d'espoir à la jeunesse algérienne.

Le 6 octobre 2001, l'hymne national de la France fut sifflé lors d'un match amical de football avec Algérie au Stade de France, en présence de Marie-George Buffet (PCF), ministre de la jeunesse et des sports de Lionel Jospin (PS): elle tenta de ramener le calme et reçut une bouteille d'eau en pleine face. 


Des lieux publics ont été (re)baptisés


Vue de l'ex-Pont Bayard,
devenu pont du 19 mars 1962,
donnant accès à la gare de Toulouse

Le 13 février 2012, avant même la victoire de Hollande à la présidentielle, Pierre Cohen, député-maire PS de Toulouse a débaptisé le pont Bayard pour le rebaptiser Pont du 19-Mars 1962.  De nombreuses rues du 19 mars 1962 ont été inaugurées, à Chambly (PS, Oise) ou Châtillon (PS, Hauts-de-Seine), et Champigny-sur-Marne (PCF, Doubs), Malakoff (PCF, Hauts-de-Seine), Martigues (PCF, Bouches-du-Rhône) ou Saint-Denis (PCF, Seine-Saint-Denis), par exemple.


Un premier devoir de repentance 


Devant les deux Chambres du Parlement algérien réunies, le président Hollande entend poser jeudi 'un regard lucide' sur le passé, celui de 132 années de colonisation française et de combats meurtriers pour l'indépendance.

François Hollande avait posé de premiers jalon à l'automne, reconnaissant la 'sanglante répression' par la police française de la manifestation du 17 octobre 1961 qui avait fait plusieurs dizaines de morts à Paris parmi les manifestants algériens. 'L'Histoire doit servir à bâtir l'avenir et non pas à l'empêcher', a plaidé, qui connaît bien l'Algérie pour y avoir fait en 1978 son stage de l'ENA.

'La reconnaissance du passé colonial et des crimes de la colonisation apaisera, enfin, les mémoires encore douloureuses, rendra justice aux victimes et mettra également fin aux instrumentalisations et calculs politiciens entretenus de part et d'autre', veut croire mercredi l'éditorial du grand quotidien francophone algérien El-Watan.


Des excuses françaises ?

Selon un sondage CSA-BFMTV publié mercredi 19 décembre, une majorité des Français sondés, 35%, estiment que François Hollande ne doit pas présenter les "excuses" de la France à l'Algérie pour la colonisation, d'autant que, dans leur vocabulaire coutumier, les politiques ne possèdent jamais que le mot "regrets".
26% - qui connaissent leur Histoire - estiment que le chef de l'Etat doit le faire si et uniquement si l'Algérie présente elle aussi ses "excuses" pour les pieds noirs et les harkis.
13% jugent que François Hollande doit effectuer ce devoir de repentance sans condition, un pourcentage correspondant peu ou prou aux gauches extrêmes.

Tourner la page sans froisser

A Alger et Tlemcen, la 'perle du Maghreb', 580 kilomètres plus à l'ouest, deux villes pomponnées pour l'occasion, le président socialiste entend réussir auprès d'un pays membre de plein droit de l'Internationale socialiste,  là où ses prédécesseurs ont trébuché.
Jacques Chirac avait été accueilli dans la liesse en 2003 et 2004. Mais l'année suivante, une loi visant à reconnaître équitablement dans les manuels scolaires français 'le rôle positif' de la colonisation avait durablement plombé les relations franco-algériennes. 
Quant à Nicolas Sarkozy, il avait séduit les Algériens en décembre 2007 mais la réception dans la foulée de sa visite d'associations de Harkis avait rompu le charme.

François Hollande et son homologue algérien depuis 1999, Abdelaziz Bouteflika (né au Maroc en 1937), président d'honneur du FLN (Front de libération nationale) tenteront donc de tourner la page de ces espoirs déçus par une 'déclaration conjointe' à défaut d'un traité d'amitié. A 25 ans, Bouteflika fut ministre de la Jeunesse et du Tourisme dans le gouvernement du président Ahmed Ben Bella.
Il n'y a aucune urgence à pactiser avec les survivants: en 1958, Bouteflika fut en effet promu par Houari Boumédiène et s'éleva dans la hiérarchie du FLN de la Wilaya V jusqu'au PC de l’état-major général (1960).


Kad Merad, intercesseur


Depuis la prise de fonctions du président français en mai, jamais une délégation  n'était arrivée à ce point en force à l'étranger: près de 200 personnes dont neuf ministres, une douzaine de responsables politiques, une quarantaine d'hommes d'affaires, des écrivains, des artistes dont le réalisateur Djamel Bensalah (Neuilly sa mère, né à Saint-Denis, 9.3), groupe de musique kabyle Djurdjura, la chef d’orchestre Zahia Ziouani, le metteur en scène Bernard Murat (né à Oran en 1941), l’historien socialiste spécialiste de l’Algérie, Benjamin Storaet le comédien Kaddour Merad, né à Sidi Bel Abbès en Algérie, d’un père algérien et d’une mère berrichonne, deux ans après l'indépendance de son pays et très populaire en France, sans compter la moitié de l'effectif de la troupe de dévôts, une centaine de journalistes "indépendants".

VOIR et ENTENDRE le judoka français Djamel Bouras, né de parents algériens, exprimer son incompréhension du comportement d'Algériens qui sifflèrent l'hymne national, lors de la rencontre amicale France-Algérie de football de 2001, alors que le ministre de l'Agriculture de Lionel Jospin, Jean Glavany, minimise le scandale sur le plateau de Thierry Ardisson:

'C'est l'illustration de l'importance politique mais aussi symbolique et économique que le président de la République attache à ce déplacement', commente le porte-parole diplomatique de l'Elysée, Romain Nadal. 'Elle correspond aussi à la volonté des Algériens d'assurer le renouveau de la relation', assure-t-il.


Des prises d'intérêts réciproques 


Des enjeux diplomatiques


Le chef de l'Etat algérien a dit en attendre un 'partenariat d'exception',  tandis que le président Hollande souhaite aussi nouer  'un dialogue politique sur les grands enjeux internationaux', à commencer par le Mali. La France voudrait obtenir l'appui du dictateur algérien à une intervention internationale dans le nord de ce pays, contrôlé par des islamistes radicaux.

La France semble déterminée à obtenir la libération de ses six otages détenus au Mali, Philippe Verdon et Serge Lazarevic, deux Français enlevés en novembre 2011  par Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). 


Des enjeux économiques



Un transfert de savoir faire



'L'Algérie et la France vont procéder à la signature de 7 à 8 accords touchant plusieurs secteurs dont la défense, l'industrie, l'agriculture, la culture, l'enseignement et la formation', a indiqué pour sa part Abdelmalek Sellal, le Premier ministre algérien 

L'un d'eux, âprement négocié, portera sur la construction près d'Oran (Ouest) d'une usine de montage de Renault (bien que privatisée depuis 1996) susceptible de produire à compter de 2014 au moins 25.000 véhicules par an.



Un discours pour la jeunesse

Jeudi, au deuxième et dernier jour de sa visite d'un pays à la démographie galopante, le président français adressera un discours à la jeunesse algérienne privilégiée en rencontrant les enfants des cadres dirigeants à l'université de Tlemcen. 'Il soulignera à cette occasion que les questions d'éducation, d'échanges universitaires et de formation seront au coeur de l'agenda bilatéral', selon Romain Nadal.

Pourquoi le 19 mars 1962 est-il une faute ?



Mémorial du quai Branly,
pour commémorer les conflits d'indépendance d'Algérie

dans les départements français d'Algérie

et du Sahara, et ceux situés dans les protectorats français du Maroc et de Tunisie, (1952-1956,

puis 1961 pour la crise de Bizerte)

Le 19 mars 1962 ne marqua pas la fin réelle des hostilités, du fait des activistes des deux bords, à la fois OAS et FLN, car de nombreuses victimes (1565 harkis et Pieds-noirs) furent massacrées jusqu'en 1964, ce qui justifie la contestation de la légitimité de cette date et la préférence de celle du 5 décembre 2002, jour retenu par Jacques Chirac, de l'inauguration à Paris en 2003 du "Mémorial National de la Guerre d'Algérie  (1952-1962) et des Combats du Maroc et de la Tunisie" dédié aux militaires morts en service commandé par les gouvernements.

Hollande a manqué l'occasion de marquer du respect à tous en faisant le choix d'une date unique pour commémorer les grands événements de l'histoire militaire entre la France et l'Algérie, une date qui aurait enfin réuni les différentes sensibilités. Une sorte de "Mémorial Day" méditerranéen à la française qui ne mêlerait pas les morts des deux grandes guerres mondiales à un drame régional, dans un amalgame visant à les fondre avant dissolution dans les mémoires.




mardi 8 mai 2012

Sarkozy a célébré le 8-Mai avec Hollande

Nicolas Sarkozy a fait participer François Hollande aux cérémonies du 8-Mai


Le nouveau président n'est pas plus grand que le précédent.
Les critiques physiques vont-elles pleuvoir équitablement sur ses rondeurs et sa calvitie ?


Le président-sortant a démontré sa capacité d'apaisement, une parenthèse républicaine inédite

Le président sortant, en fonction jusqu'au 15 mai, avait invité son successeur à commémorer avec lui la fin de la Seconde Guerre mondiale à l'Arc de triomphe de l'Etoile, à Paris.
Le Chef de l'Etat a serré la main de son successeur au début de la cérémonie et ils ont déposé une gerbe et rallumé la flamme sur la tombe du Soldat Inconnu, avant d'écouter, côte à côte, la Marseillaise, puis le Chant des partisans.
Nicolas Sarkozy, qui ne s'est pas exprimé, a reçu  des témoignages de sympathie venus de la foule.
Pour François Hollande, il était "utile et précieux pour le pays de savoir qu'il était rassemblé à travers le président encore en exercice et le nouveau", sur "un même enjeu, celui de la patrie retrouvée", après une rude campagne électorale.

La présence de deux présidents réunis pour l'occasion est inédite.
Le 8 mai 1995, Jacques Chirac, au lendemain de sa victoire à la présidentielle, avait participé à la cérémonie aux côtés de François Mitterrand, mais ce dernier ne s'était pas représenté pour un nouveau mandat.
"C'est une image de la démocratie française, de l'alternance réalisée, qui est bonne. C'est mieux qu'en 1981. Reconnaissons-le", a commenté mardi sur RTL Pierre Moscovici, chargé par François Hollande de gérer cette période de transition. Une rencontre était d'ailleurs prévue mardi entre les équipes du vainqueur et du vaincu.
MM. Sarkozy et Hollande se reverront ensuite le 15 mai, sur le perron de l'Elysée, pour la passation de pouvoirs.
Tel père, tel fils
Le nouveau président partagera-t-il alors le jugement de son père Georges, 87 ans et ancien OAS, qui vient de déclarer, confondant les électeurs du suffrage universel direct et la petite polémique, dans une entretien à Nice-Matin, que Nicolas. Sarkozy faisait "un cadeau empoisonné" à son fils en lui transmettant les clefs de l'Elysée ? En tout cas, l'AFP compâtit déjà, estimant que le calendrier ne laissera pas de répit au dilettante Hollande.

L'agenda du président-élu

Alors enfin, François Hollande annoncera le nom de son Premier ministre: la Voix de son Maître, Jean-Marc Ayrault, est favori, la Ch'tite Martine Brochen-Aubry tient la corde et a déjà annoncé qu'elle libère la place de Premier secrétaire du PS, tandis que Pierre Moscovici fait figure de troisième homme.
Le 16 ou le 17 mai, François Hollande fera le déplacement de Berlin pour rencontrer Angela Merkel, qui l'attend "les bras ouverts" mais de pied ferme depuis la dissolution du couple franco-allemand. " Mélenchon appela d'ailleurs à "briser le joug Sarko-Merkel".
Hollande est très isolé et la question de la relance de la croissance en Europe apparaît bien d'ores et déjà comme le dossier international majeur qui va occuper le socialiste ces prochaines semaines.
Les deux dirigeants affichent pour l'instant des positions de fermeté, François Hollande plaidant pour une renégociation du traité de discipline budgétaire européen dans le sens de la croissance contre l'avis d'Angela Merkel.
Dans un message de félicitations à François Hollande, la chancelière allemande a d'ailleurs rappelé sa détermination, soulignant que la France et l'Allemagne doivent "prendre les décisions nécessaires" pour assurer la "prospérité" de l'Europe et de la zone euro.
Les dirigeants de l'UE se retrouveront le 23 mai à Bruxelles pour une réunion extraordinaire qui marquera le baptême du feu européen du président élu français et consacrée au conflit croissance-austérité, a annoncé mardi le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy.
Pierre Moscovici, désormais conciliant, s'est déclaré persuadé qu'un "compromis" émergera avec l'Allemagne sur la question de la croissance.
Au-delà du couple franco-allemand, le Japon a interpellé François Hollande sur la maîtrise des déficits. "Nous voulons qu'il fasse ce qui a été décidé jusqu'à présent, et j'aimerais le lui dire si j'en ai l'occasion", a déclaré mardi le ministre japonais des Finances, Jun Azumi.
Les sommets du G8 et de l'Otan à Chicago, du 18 au 21 mai, précédés d'une rencontre à la Maison Blanche avec Barack Obama.
Le retrait anticipé des troupes françaises d'Afghanistan, que François Hollande veut à la fin de l'année, constitue un "dossier difficile",  suite aux promesses de campagne du socialiste, souligne le  président démocrate américain.

A l'intérieur,  la nécessité de former un gouvernement, fait l'objet de  pronostics.
Michel Sapin est bien placé pour l'Economie, Pierre Moscovici en compétition avec Laurent Fabius pour les Affaires étrangères, Manuel Valls avec François Rebsamen pour l'Intérieur, Christiane Taubira avec Bertrand Delanoë et André Vallini, pour la Justice...
C'est dans ce contexte de pléthore que s'inscrit la rencontre, mardi matin, de François Hollande avec le président socialiste du Sénat, Jean-Pierre Bel. Pierre-René Lemas, directeur de cabinet de Jean-Pierre Bel, pourrait être nommé en effet secrétaire général de l'Elysée.
Le futur Premier ministre aura pour tâche de conduire la bataille des élections législatives des 10 et 17 juin.
Le PS va affronter une UMP bien décidée à transformer ce scrutin en un troisième tour de la présidentielle, mais il va devoir gérer aussi ses relations avec ceux qui ont soutenu François Hollande au second tour: le PRG (Baylet, Taubira),  EELV, qui en la personne de Cécile Duflot, va réclamer ce mardi sa place au gouvernement, le Front de gauche, avec qui doivent être négociées des candidatures communes là où le FN est puissant, et enfin, François Bayrou.
L'UMP a en effet annoncé lundi qu'elle présenterait un candidat dans sa circonscription des Pyrénées-Atlantiques contre le dirigeant centriste, qui risque ainsi de perdre son siège de député acquis de justesse. Le PS lui renvoie l'ascenseur et ne devrait pas présenter de candidat, solution qui "peut tout à fait se concevoir", selon Pierre Moscovici.