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mercredi 15 mai 2019

Invalides : la main de Macron repoussée par la mère d'un des sauveteurs d'otages capturés par des islamistes au Burkina-Faso

Certains contacts ne sont pas désirés...

Macron a la manie de tripoter ses interlocuteurs, mais ses attouchements peuvent déplaire  
Résultat de recherche d'images pour "Emmanuel Macron lors de la cérémonie d'hommage aux deux soldats tués au Burkina Faso, le 14 mai 2019 aux Invalides, à Paris"
Macron a-t-il eu un geste inapproprié lors de la cérémonie d'hommage aux deux soldats tués au Burkina Faso, le 14 mai 2019 aux Invalides ?
La mère d'un soldat de nos troupes d'élite, Alain Bertoncello, mort au combat contre des ravisseurs islamistes de quatre otages français, mais aussi sud-coréen et américain, a repoussé la main d'Emmanuel Macron lors de la cérémonie aux Invalides. Pourquoi l'instant a-t-il disparu des vidéos officielles?

Les rares témoins de cet extrait de la scène ont pu s'interroger sur sa signification et conclure à la réaction naturelle d'une mère éplorée à l'encontre de celui qui a donné depuis Paris l'ordre de l'assaut mortel, le président Macron? "Laissez-moi à ma douleur", semble implorer la maman face à ce geste intrusif.

Pourquoi cette scène, fugace, a-t-elle été coupée dans la plupart des montages ?

Elle a suscité de nombreuses interrogations sur les réseaux sociaux, suite à la cérémonie d'hommage aux deux valeureux commandos-marine français qui se sont sacrifiés pour libérer des otages, organisée mardi 14 mai aux Invalides. Ils ont donné leurs vies pour sauver des mains d'islamistes un couple de touristes en voyage de noces, Laurent Lassimouillas et Patrick Picque, dans une zone au nord du Bénin, réputée dangereuse du fait de la présence sporadique de groupes mobiles de combattants hostiles à l'Occident (mais en zone orange, selon le ministère des Armées de Jean-Yves Le Drian), ainsi qu'une Sud-Coréenne en voyage à travers plusieurs états du Sahel et d'une Américaine qui pourrait appartenir à la CIA.

L'espace d'un instant, Emmanuel Macron pose sa main sur l'épaule de la mère d'Alain Bertoncello, l'un des deux jeunes officiers. Mais celle-ci repousse alors d'un geste de la main l'intrusion du président dans sa sphère. Cette indélicatesse est évidemment comprise comme une marque de rejet et de défiance.

Aura-t-on jamais la vérité ?
Samedi dernier, le couple avait confirmé qu'il serait présent à la cérémonie des Invalides. "Mon Alain a eu un geste héroïque, déclarait Danièle Bertoncello. Il avait une mission, il l'a accomplie. Il a sauvé ces quatre otages," a-t-elle commenté pour apaiser sa peine.
Le père de ce soldat fait chevalier de la Légion d'honneur à titre posthume, Jean-Luc Bertoncello, livre sa version de la scène. "Si ma femme a effectivement repoussé la main du président lors de la cérémonie d'hommage à Alain et Cédric, c'est qu'elle a l'épaule droite fracturée et qu'elle a eu mal," assure-t-il. 
Vérité médicale ou réponse sur ordre militaire, voire politique ?
Une vive douleur due à une fracture n'aurait-elle pas provoqué une réaction plus vive d'auto-défense ?

samedi 11 mai 2019

Deux soldats sacrifient leurs vies au Burkina Faso pour sauver deux irresponsables Français

La classe politique ne condamne pas les touristes pris pour otages en voyage d'agrément dans une zone dangereuse du Bénin

Macron va saluer héros et inconscients pareillement

Les soldats français Alain Bertoncello et Cédric de Pierrepont, morts dans l'opération visant à libérer les otages Picque et Laurent Lassimouillas au Burkina Faso.

Pour sauver le soldat Loiseau, les président est entré en campagne des Européennes. Pour autant, ces élections justifient-elles que Macron manque à nouveau de discernement dans le jugement des responsabilités des uns et des autres ? Qu'il honore les deux soldats qui ont fait le sacrifice de leurs vies est certes naturel, mais qu'il aille à l'aéroport accueillir les deux enseignants en balade responsables de leurs morts est un geste de mépris de la vie des militaires.

Vendredi, des élus ont pourtant mêlé dans un même salut la mémoire des deux sauveteurs français qui ont été tués et les deux individus pour lesquels une vie opération de libération a dû être montée. Que les otages libérés aient été quatre au final ne change rien à la faute du ministère des Affaires étrangères qui a autorisé le voyage des deux ressortissants Français au Bénin, retrouvés au Burkina Faso, en cours de transfert au Mali, dans la nuit de jeudi à vendredi.
Le Bénin est un pays en guerre. Avec le Tchad, le Cameroun, le Niger et le Nigeria, le Bénin participe à la lutte armée contre Boko Haram et ISIS, avec le soutien de la France, dans le cadre de l'opération Barkhane, menée depuis le 1er août 2014 au Sahel et au Sahara contre les groupes armés salafistes djihadistes dans toute la région du Sahel. Ensemble, ils devaient mobiliser 8.700 hommes pour lutter contre ce mouvement salafiste djihadiste né dans le nord-est du Nigeria et qui a pour objectif d'appliquer la charia sur l'ensemble des territoires qu'il parvient à conquérir...
Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello, tous deux officiers mariniers du commandement des opérations spéciales, membres du prestigieux commando Hubert de la Marine nationale, ont été tués lors d'une opération des forces spéciales françaises, au cours de laquelle quatre otages - deux Français, une Américaine et une Sud-coréenne - ont été libérés.
Dans le communiqué annonçant la libération des otages, l'Elysée prête au président Macron des mots de réconfort, assurant qu'il "s'incline avec émotion et gravité devant le sacrifice de nos deux militaires qui ont donné leur vie pour sauver celles de nos concitoyens" et "adresse ses sincères condoléances à leurs familles".
Cédric de Pierrepont, chef de groupe commando
Pacsé, Cédric de Pierrepont, 33 ans, ci-dessus à gauche, cumulait 15 ans de service au cours desquels il a plusieurs fois été engagé sur des théâtres d'opérations en Méditerranée, au Levant et au Sahel, théâtre sur lequel il était déployé depuis le 30 mars dernier.
Il était titulaire de quatre citations avec attribution de la croix de la valeur militaire et d'une citation à l'ordre de la brigade avec attribution de la médaille d'or de la défense nationale.
Alain Bertoncello, 7 ans de service
À 28 ans, il était également pacsé et cumulait plus de 7 ans de service au sein de la marine nationale. Après son entrée dans les commandos Marine, il a participé à des missions de défense des intérêts maritimes français aux Seychelles (protection des thoniers) et à plusieurs opérations extérieures au Qatar, au Levant...
Lui était titulaire d'une citation à l'ordre du régiment avec attribution de la médaille d'or de la défense nationale et était décoré de la médaille d'outre-mer pour le Moyen-Orient ainsi que de la médaille d'argent de la défense nationale.
"Morts pour la France cette nuit au Burkina Faso, les commandos marine Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello ont sacrifié leur vie pour sauver celle de 4 otages, désormais libres. Je pense à leurs familles, à leurs frères d'armes. Toute la Nation s'incline devant leur courage", a également réagi la ministre française des Armées Florence Parly.

Au nom du président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand (LREM), la chambre basse a présenté "ses sincères condoléances" "aux familles et aux proches des soldats morts pour la France, mais aussi à nos forces armées endeuillées", sur Twitter.

"Ils s'étaient formés pour servir jusqu'au milieu du plus grand danger ; par leurs vies données, (ils) n'ont pas seulement sauvé des otages, ils ont montré ce qui fonde un pays, ce lien qui nous engage jusqu'au don de soi", a pour sa part fait valoir la tête de liste LR pour les Européennes, François-Xavier Bellamy.
"Pour cela, nous leur devons tous notre reconnaissance infinie, comme à leurs frères d'armes des Commandos marine", a-t-il poursuivi.

La présidente du Rassemblement national Marine Le Pen a également rendu hommage à "nos deux marins qui se sont sacrifiés pour sauver la vie de nos compatriotes au Burkina Faso", en les qualifiant de "héros", un terme également utilisé par la tête de liste du parti d'extrême droite aux Europénnes, Jordan Bardella.

Président du MoDem, François Bayrou, a pour sa part exprimé "une pensée fervente pour les deux militaires", en écrivant que "donner sa vie pour d'autres et pour son pays, consentir au sacrifice, ce n'est pas un vain mot.

Le Parti socialiste a salué "le courage des forces spéciales françaises" et "s'incline devant la mémoire et le sacrifice des 2 officiers commandos morts dans l'accomplissement de leur devoir".

Le président de Debout la France et tête de liste aux Européennes, Nicolas Dupont-Aignan, a lui-aussi évoqué un "sacrifice". "La Nation remercie ces hommes et femmes engagés quotidiennement en France et à l'étranger pour préserver notre sécurité", a-t-il encore écrit.

Jean-Yves Le Drian a fait rédiger un communiqué en langue de bois.
"Je salue avec émotion le sacrifice des deux militaires français engagés dans cette opération. J’exprime à leurs familles et à leurs proches mes condoléances attristées et toute ma sympathie. N’oublions jamais le courage et l’abnégation de nos soldats au service de la sécurité des Français partout dans le monde".
Le Quai d'Orsay n'a pas omis d'adresser ses "pensées aux proches du guide béninois sauvagement assassiné lors de l'enlèvement de nos deux compatriotes".
Le Drian se fait discret : il a assez à faire avec ses ventes d'armes au Yémen, d'autant que leur ventilation atteint le Sahel selon des circuits de redistribution qu'il ne maîtrise pas, mais tuent au Burkina-Faso... 

Jean-Yves Le Drian a fait rédiger un communiqué
Je salue avec émotion le sacrifice des deux militaires français engagés dans cette opération. J’exprime à leurs familles et à leurs proches mes condoléances attristées et toute ma sympathie. N’oublions jamais le courage et l’abnégation de nos soldats au service de la sécurité des Français partout dans le monde.
Il se fait discret : il a assez à faire avec ses ventes d'armes au Yémen, d'autant que leur ventilation atteint le Sahel selon des circuits de redistribution qu'il ne maîtrise pas, mais tuent au Burkina-Faso... 
Les otages libérés devraient être traduits en justice pour mise en danger de la vie d'autrui...car ils se sont rendus dans une zone fortement déconseillée par le ministère des affaires étrangères...Et à cause de leur inconscience 2 soldats sont morts ..RIP.— Mr.Taupe (E.Alkemade) (@ERIC415ERIC) 11 mai 2019
Une voix manque toutefois au flot de tweets et communiqués 
Celui de Mélenchon : il est en campagne à Marseille et son obsession du moment c'est "Il faut que les gouvernements français arrêtent de trottiner derrière les gouvernements de droite allemands. "

Ces chants de gloire aux héros retentissent pour recouvrir la responsabilité du gouvernement 

Une zone déconseillée par le Quai d'Orsay.
Nathalie Loiseau y a fait carrière : elle en dirigeait les services administratifs.  Faut-il en dire davantage pour être convaincu de la qualité de sa gestion?  

Les deux touristes français avaient été enlevés le 1er mai au Bénin, dans le parc de la Pendjari situé à la frontière avec le Burkina Faso et le Niger, deux pays où des groupes armés, notamment djihadistes, sont de plus en plus actifs. Le corps de leur guide avait été retrouvé samedi dernier.
Selon des experts et des sources sécuritaires, le nord des pays côtiers de l'Afrique de l'Ouest, comme le Togo et le Bénin, est devenu vulnérable ces derniers mois face à la stratégie d'expansion et de multiplication des fronts adoptée par les groupes armés.
Le Bénin est un pays démocratique considéré comme un îlot de stabilité en Afrique de l'Ouest, une région où opèrent de nombreux groupes djihadistes liés à Al-Qaïda et à l'organisation Etat islamique. Mais les parcs sont des zones très difficiles à surveiller, malgré un renforcement des équipes, entraînées militairement depuis qu'African Park, l'ONG en charge de la gestion de la Pendjari, a repris la gestion de la Pendjari.
L'opération de libération des otages a été "rendue possible par la mobilisation des moyens de Barkhane (quelque 4.500 hommes déployés par la France au Sahel depuis 2014), l’implication des forces burkinabè et le soutien américain en renseignement", précise le chef d’état-major français, le général François Lecointre.
Bras ballants, Jean-Yves Le Drian a pointé - mais un peu tard - la dangerosité prévisible de l’endroit où ils se trouvaient. "La zone où étaient nos compatriotes était considérée depuis déjà pas mal de temps comme une zone rouge, c’est-à-dire une zone où il ne faut pas aller, où on prend des risques majeurs en allant", a-t-il souligné. "Je pense qu’il faut que tous ceux qui veulent faire du tourisme dans ces pays s’informent auparavant (…)""Le message que je peux délivrer comme ministre des Affaires étrangères est que la plus grande précaution doit être prise dans ces régions pour éviter que de tels enlèvements n’aient lieu, et pour éviter des sacrifices de nos soldats", a-t-il insisté. Il n'est donc pas de sa responsabilité d'encadrer le tourisme et de prévenir les prises de risque en concertation avec les agences de voyages. A moins que sa politique soit de favoriser le tourisme des pays amis aux dépens de la prévention. 
L’enlèvement de deux Français dans le parc de la Pendjari, "un coup dur pour le tourisme au Bénin," selon France 24...
À Cotonou, les expatriés sont inquiets, mais certains Béninois considèrent qu'il s'agit d'un non-événement mineur après les violences post-électorales. Parce que le président du Bénin, Patrice Talon? a fait le pari du tourisme à son arrivée au pouvoir en 2016 et que le parc de la Pendjari en est le premier atout, "je vois derrière cette histoire un complot,” confie un jeune béninois.

Les deux individus libérés


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Les deux ressortissants français, enlevés au Bénin le 1er maiau cours d'un séjour touristique, et libérés le 10 au Burkina Faso seront récupérés par les services de l'Elysée : le président assurera leur accueil télévisé samedi à Villacoublay.

Ils se nomment Laurent Lassimouillas et Patrick Picque. 
Les deux otages français sont attendus samedi 11 mai à 18 heures à Villacoublay, près de Paris. Ils sont  âgés respectivement de 46 et 51 ans et ne sont donc pas - a priori - de grands ados irresponsables. Ils ont pourtant choisi de faire du tourisme en territoire occupé par des groupes djihadistes liés à Al-Qaïda et à l'organisation Etat islamique, avec l'autorisation du Quai d'Orsay.

Ils n'étaient d'ailleurs pas rentrés de leur safari dans le parc de la Pendjari. Les deux aventuriers avaient d'abord été considérés comme perdus dans cette étendue de près de 5.000 km le long de la frontière burkinabé, jusqu'à ce que le corps sans vie et très abîmé de leur guide béninois, Fiacre Gbédji, soit retrouvé samedi matin dans ce parc.

Né à Marseille, 
Laurent Lassimouillas est professeur de piano à Longjumeau, dans l'Essonne. Ce chef d'orchestre dirige l'orchestre symphonique 2e et 3e cycles du conservatoire municipal Maurice Ravel d'Ozoir-la-Ferrière, 20.000 habitants, en Seine-et-Marne. Décrit comme "très sympathique" par son entourage, l'homme lettré, amoureux de la nature et des voyages exotiques est "très professionnel et très apprécié". "Il est brillant, très pro, pointu, très impliqué et très exigeant avec ses élèves", assure-t-on au conservatoire d'Ozoir-la-Ferrière.
Engagé pour la cause des sourds et malentendants, "c'est quelqu'un qui donne sans compter", raconte l'un de ses anciens élèves qui a appris pendant près de six ans le piano à son côté. "Je le connais depuis que j’ai 14-15 ans. Il est bienveillant et donne de nombreux conseils." Venu passer une dizaine de jours au Bénin, il était donc accompagné de Patrick Picque. 

Né à Mortain, dans la Manche, P. Picque a grandi à Barenton, à une dizaine de kilomètres, mais est domicilié en région parisienne, où il est créateur de bijoux. C'est sur franceinfo que la mère de Patrick Picque a appris la libération de son fils, indique la radio.

Les deux valeureux sauveteurs de ces deux artistes faisaient partie du prestigieux commando Hubert de la Marine nationale. Macron a fait savoir qu'il dirigera personnellement l'hommage national qui leur sera rendu mardi aux Invalides.

Les deux touristes, qui venaient de se marier, étaient en voyage de noce lors de leur rapt. 

samedi 22 octobre 2016

Et si le Qatar arrosait les zones de non-droit plutôt que des politiques ?

"L'ancien ambassadeur du Qatar a copieusement arrosé nos politiques," affirme Libération

Deux journalistes décrivent des liens troubles entre des responsables politiques français et leurs homologues des monarchies du Golfe.

Georges Malbrunot, co-auteur, avec Christian Chesnot, d’un livre sur les relations entre la France et les monarchies du Golfe, décrit les dérives d’un système et les petites corruptions à coups de gros cadeaux. "L’ex-ambassadeur du Qatar [cheikh Hamad ben Khalifa Al Thani, ci-contre] a copieusement arrosé nos politiques," affirment les auteurs, Christian Chesnot (France Inter) et Georges Malbrunot (Le Figaro), dans leur livre paru ce jeudi, Nos très chers émirs. Les auteurs décryptent les liens vénéneux entre des responsables politiques français et leurs homologues des monarchies du Golfe. "Vendre à tout prix aux émirs, propulsés au rang de "partenaires stratégiques", semble être devenu l’alpha et l’oméga de notre diplomatie au Moyen-Orient," assurent les journalistes.

Pourquoi la France a-t-elle noué des liens étroits avec les monarchies du Golfe ?
Au départ, l'objectif était de décrocher des contrats en échange de notre appui politique et diplomatique. La France avait aussi besoin de sécuriser ses approvisionnements pétroliers au vu de l’instabilité au Moyen-Orient. Mais cette relation se serait déséquilibrée: pour l’Arabie Saoudite, le véritable partenaire stratégique reste les Etats-Unis, alors que nous sommes considérés comme un partenaire de compensation.

François Hollande a-t-il changé quelque chose lors de son arrivée au pouvoir ? 
Hollande a eu l'intention de rééquilibrer ses relations avec le petit Qatar et l'ogre d'Arabie Saoudite. Or, en 2015 les autorités saoudiennes laissent entendre qu’elles sont prêtes à investir 50 milliards d’euros dans les années à venir, tandis que la France rencontre des difficultés chroniques d'équilibre budgétaire. Alors elle se laisse séduire par l’Arabie Saoudite, comme dans le dossier du nucléaire iranien, l’ennemi historique de Riyad.

Des personnalités politiques se seraient même laissées aller à des pratiques relevant du trafic d’influence, selon les auteur du livre.
"Nous avons observé ces dérives notamment avec l’ambassade du Qatar. De 2003 à 2013, Mohamed Jaham Al-Kuwari, l’ambassadeur à Paris, a copieusement arrosé nos responsables politiques. Sans tenir un fichier, il savait très bien qui se laissait corrompre. "Les Français sont les plus faciles à acheter", avait déclaré aux journalistes un proche de Hamad Al-Thani, l’émir qui régnait à l’époque. 
Puis, lui a succédé son fils Tamim qui a souhaité nettoyer les écuries. Mais les habitudes ne se perdent pas facilement et, dans un premier temps, les politiques français ont continué à demander des cadeaux. Des membres de la nouvelle équipe étaient stupéfaits et en avaient marre d’être pris pour des "distributeurs de billets de 500 euros". Alors même que le discours est désormais au 'Qatar bashing', accusé d’injecter de l’argent dans les banlieues et de financer le terrorisme. On a sorti une dizaine de noms révélateurs de ces pratiques, mais il y en a certainement beaucoup plus qui sont concernés.""

Des relations troubles Qatar-politiques : "Ce n’est que la partie émergée de l’iceberg", assure Georges Malbrunot

Au coeur du scandale, le journaliste Georges Malbrunot confirme les dérives de la relation entre le Qatar et les politiques françaisDans ce livre-enquête, ils racontent notamment comment l'argent a "pourri" cette relation avec les monarchies du Golfe et en particulier comment l'ambassade du Qatar à Paris est sollicitée par des politiques. de tous bords, dont Jean-Marie Le Guen et Rachida Dati, qui ont d'ores et déjà annoncé leur intention de porter plainte pour diffamation.
Jean-Marie Le Guen, actuel ministre des Relations avec le Parlement, se vante par exemple de pouvoir y "bloquer les questions hostiles" sur le Qatar. "Mais je n'ai pas à le faire gratuitement", précise-t-il. "Il nous faisait littéralement du chantage", s'étonne l'ambassade. 
D'autres sont beaucoup plus directs, à l'image de la députée Rachida Dati qui demande 400.000 euros pour financer un "Club des Ambassadeurs" dans son arrondissement de Paris. 
Députés PS Thévenoud et Bays
Le livre cite aussi le député PS du Nord-Pas de Calais, Nicolas Bays qui envoie personnellement un SMS à l'ambassadeur. "J'ai des problèmes financiers.
Mariage homosexuel:
deux chauds partisans,
les députés PS Galut et Bays
La mère de notre jeune enfant est fatiguée; je voudrais l'emmener à l'étranger. Peux-tu me faire inviter dans un hôtel de Doha et nous payer le billet d'avion
?", écrit-il ainsi. Malgré un premier refus, il enverra deux autres demandes par SMS, notamment pour financer des travaux dans sa maison. 

Dans ce livre, on apprend encore que l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin exige de voyager en première classe lorsqu'il est invité à un colloque à Doha, la capitale du Qatar, sinon il annule. 
La présidente du FN Marine Le Pen a quant à elle fait financer son déplacement au Caire, en 2015, par les Emirats Arabes Unis. 
Les deux journalistes citent encore la sénatrice centriste Nathalie Goulet. 

"Nous avons des preuves", lance Malbrunot.
"Tout n’est pas terminé". "On cite une douzaine d’hommes politiques qui ont essayé de monnayer leur parole, mais ce n’est probablement que la partie émergée de l’iceberg", avance même le journaliste. "D’ailleurs, si j’en crois certaines indiscrétions, certains députés se sont félicités de ne pas être dans notre livre. Je crois donc que tout n’est pas terminé. Il y a des habitudes qui ont la vie dure". 
Et de préciser, toutefois, que "tous les membres du groupe d’amitié France-Qatar ne sont pas à mettre dans le même panier. Maurice Leroy, le président, est clean", souligne-t-il en exemple. "Mais il y avait parmi eux, et parmi d'autres, des hommes politiques qui se comportaient d’une manière indécente."

L'argent de la libération du grand reporter du Figaro n'a pas d'odeur
En 2003, à la suite du renversement de Saddam Hussein, Malbrunot s'installa à Bagdad en Irak.
Le 20 août 2004, Georges Malbrunot, son confrère Christian Chesnot, ainsi que le fixeur syrien Mohammed Al-Joundi furent enlevés par l'Armée islamique en Irak, alors qu'ils tentaient de se rendre à Nadjaf. Leurs ravisseurs demandèrent officiellement l'abrogation de la Loi française sur les signes religieux dans les écoles publiques.
Le 21 décembre 2004, après cent vingt-quatre jours de détention, soit quatre mois plus tard, les deux journalistes français sont libérés.
D'après un article de LCI.TF1 citant le journal The Times, la France aurait versé 15 millions de dollars (soit 11,8 millions d'euros) pour leur libération. ("Paris, Rome, Berlin auraient payé une rançon pour leurs otages" (22 mai 2006).

vendredi 20 novembre 2015

Mali : au moins trois otages tués dans une attaque contre un hôtel de Bamako

Une fusillade a éclaté vendredi matin dans l'hôtel Radisson Blu de Bamako 

Les forces de sécurité ont établi un périmètre de sécurité au centre de la capitale malienne


Une fusillade était en cours vendredi 20 novembre au matin, à l'hôtel Radisson Blu de Bamako, dans le centre de la capitale malienne. Des tirs d'armes automatiques pouvaient être entendus de l'extérieur de l'hôtel, qui compte 190 chambres.

140 clients - dont dix Chinois - et 30 employés sont présents à l’intérieur de l'hôtel, a indiqué le groupe hôtelier Rezidor dans un communiqué. Au moins une dizaine d'entre eux ont été évacués de l'établissement par les forces de sécurité.

Certains otages ont été libérés. Parmi eux, il y avait notamment des otages capables de réciter des versets du Coran.

Les forces de l'ordre ont établi un périmètre de sécurité. Le périmètre est "totalement bouclé", précise le correspondant de France 24 à Bamako.

Le nombre, l'identité et les motivations des assaillants ne sont pas encore connus. 

Les assaillants sont arrivés dans un véhicule portant une plaque d’immatriculation du corps diplomatique. "Ça se passe au septième étage, des djihadistes sont en train de tirer dans le couloir", a toutefois déclaré une source de sécurité.
Le Radisson Blu de Bamako est l’un des hôtels les plus huppés de la capitale malienne. 
Il était considéré parmi les plus sécurisés, aussi... Beaucoup d’étrangers fréquentent cet établissement, notamment les équipages des compagnies aériennes, dont Air France.

Au moins trois otages ont été tués, selon le ministère de la sécurité malien.

mardi 7 juillet 2015

Un terroriste d'Aqmi, Ali Ag Wadossene, abattu par les forces spéciales françaises au Mali

Ag Wadossene était l'un des responsables d'al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi)

Responsable d'Aqmi, il est mort lors d'une opération militaire française

Le Malien Ali Ag Wadossene, a été tué dimanche au Mali lors d'une opération des forces spéciales françaises.


Un des responsables d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), le Malien Ali Ag Wadossene, a été tué dimanche au Mali lors d'une opération des forces spéciales françaises au cours de laquelle deux militaires français ont été blessés. Cette opération s'est déroulée dans la région nord de Kidal. "Au cours des combats, deux terroristes ont été capturés et un troisième, Ali Ag Wadossene, a été tué", indique un communiqué du porte-parole de l'état-major, le colonel Gilles Jaron.
Cette opération "déstabilise la chaîne de commandement d'une katiba (brigade, ndlr) d'Aqmi" et "porte à nouveau un coup dur aux groupes armés terroristes au Sahel", ajoute le communiqué. 


Monnaie d'échange pour la libération d'otages


Ali Ag Wadossene avait participé au kidnapping des Français Philippe Verdon, pseudo-archéologue et aventurier, un temps proche du défunt mercenaire Bob Denard, plusieurs fois pris en otage (capturé en 1991 par les rebelles de John Garang), et Serge Lazarevic dans le nord du Mali en 2011.
Il était même considéré comme l'organisateur de l'enlèvement. A l'époque, sa libération avait été vivement critiquée par des ONG et des partis politiques maliens. Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta avait alors promis qu'il ne serait "jamais absous". 

Le terroriste islamiste avait été libéré en échange de la libération de l'otage Serge Lazarevic
Il était l'un des deux djihadistes touareg maliens libérés le 9 décembre 2014 par le Mali, en échange de la libération d'un otage français, Serge Lazarevic, enlevé par Aqmi en 2011.

Le colonel Gilles Jaron a indiqué que le pronostic vital des deux militaires français des forces spéciales blessés n'est "pas engagé". "Ils bénéficieront d'une évacuation vers la France très prochainement", a précisé l'officier.

samedi 18 octobre 2014

Hollande: l'annonce précipitée de la libération des lycéennes enlevées par Boko Haram

Le pathétique Hollande est tombé dans la panneau du pathos

Le président s'est empressé de publier l'information encore non confirmée 
de la libération des lycéennes nigérianes enlevées par le groupe terroriste.

Alors que le Nigeria annonce avoir trouvé un accord avec la secte armée Boko Haram concernant la libération des 219 lycéennes enlevées en avril dernierFrançois Hollande déclare avoir "des informations" sur leur prochaine libération.
"Boko Haram a annoncé que les jeunes filles allaient être libérées. Nous avons des informations qui laissent penser que ça pourrait venir dans les heures ou dans les jours qui suivent", a-t-il déclaré lors d'une intervention au siège de l'OCDE à Paris.

VOIR et ENTENDRE
la vidéo de Boko Haram montrant les lycéennes enlevées pour servir d' esclaves sexuelles:

Une annonce prématurée de plus des branquignols à la tête de l'Etat

Après s'être emballé, François Hollande rectifie et admet que "pour l'instant, nous n'avons pas encore confirmation qu'elles ont été libérées, mais l'engagement a été pris". 

Dans un premier temps, le président avait pourtant clamé comme finalisé que "les jeunes filles au Nigeria avaient été libérées", affirmant que leur libération était déjà effective. Mais il semblerait que le chef de l'État ait fait cette déclaration de façon un peu prématurée... 
En fait, il voulait juste parler de l'accord aboutissant à leur libération, s'est empressé de rectifier son entourage : "Pour l'instant, il y a un accord qui a été signé qui doit aboutir à leur libération". François Hollande s'est donc repris et a piteusement ajouté : "L'engagement a été pris, et nous espérons que Boko Haram tiendra son engagement".

Son ministre, Kader Arif, a déjà commis une grosse bourde sur les otages au Cameroun
Le 13 février 2013, devant l'Assemblée nationale, le ministre délégué aux Anciens combattants de Hollande avait annoncé la libération des sept Français enlevés par le groupe islamiste Ansaru au Cameroun, sans attendre de confirmation officielle, juste par prudence élémentaire... "Je viens d'avoir comme information, à confirmer, mais il semble qu'elle est confirmée, que nos otages au Cameroun ont été libérés", a en effet déclaré ce proche du président, devant les députés. Une nouvelle qui a provoqué les applaudissements sur tous les bancs... 
Mais quelques minutes plus tard, après avoir fébrilement consulté son téléphone, il a repris la parole: "Il s'agissait d'informations transmises par voie de presse. Il n'y a pas pour le moment de confirmation officielle à ce stade" de la libération, a déclaré le ministre aux représentants de la nation. 
Le ministre camerounais de l'Information, Issa Tchiroma Bakary, a pour sa part parlé de "folle rumeur". 
L'ancien ministre de la Défense Défense Hervé Morin (UDI) avait souligné que Kader Arif n'était tout simplement "pas dans son rôle" et estimé que face à "un ministre délégué aux Anciens combattants qui veut se la jouer et annoncer une nouvelle, il faut que le Premier ministre mette de l'ordre dans son gouvernement". Or, Hollande a conservé l'éjaculateur précoce dans les deux gouvernements Valls suivant et le président "qui veut se la jouer" accomplira son quinquennat, quoi qu'il arrive et quoi qu'il fasse ou dise...

Les sept otages français de la famille Moulin-Fournier, trois adultes et quatre enfants, kidnappés le 19 février 2013 et détenus au Nigéria par le groupe islamiste Boko Haram, en lien avec l'intervention de Hollande au Mali, ont été libérés contre rançon le 19 avril 2013, deux mois après l'annonce intempestive de ce membre du gouvernement.

dimanche 7 septembre 2014

Islamiste Nemmouche : tueur au musée juif de Bruxelles et geôlier en Syrie

Le Parquet de Bruxelles était au courant "depuis des mois"

Le tueur franco-algérien de 4 personnes du Musée juif
, le 24 mai, garde toujours le silence face aux enquêteurs.
Extradé vers la Belgique le 29 juillet et emprisonné dans un quartier de haute sécurité à la prison de Bruges, Mehdi Nemmouche - né à Roubaix en 1985 - doit comparaître vendredi 12 septembre devant la Chambre du Conseil de Bruxelles, une instance qui décide de maintien en détention préventive d'un suspect.  

Interrogé samedi, après les révélations sur le possible rôle de Mehdi Nemmouche en Syrie, le Parquet de Bruxelles a admis qu'il est au courant  de cette information " depuis des mois". Le parquet fédéral, chargé des affaires de terrorisme, n'a, de son côté, fait aucun commentaire. 

Aucun lien direct avec la Belgique

Les informations sorties en France n'auront pas de réelle incidence sur la procédure en Belgique
Le Monde n'a pas de meilleur document
sur Nemmouche
précisent des spécialistes de la procédure pénale. 
Paris se réserve le droit de les dénoncer à la justice belge et lui permettre ainsi d'enrichir ses investigations, de même que la France a livré son ressortissant.

Pour l'heure, aucun élément ne permet toutefois d'établir un lien entre l'attentat de Bruxelles et l'activisme du djihadiste Nemmouche: les faits présumés de séquestration concernent des otages Français en Syrie. Mehdi Nemmouche n'avait, semble-t-il, aucun lien direct avec la Belgique avant l'attentat qui a fait quatre morts. Bruxelles n'est distant de Roubaix que d'une centaine de kilomètres.

La France pourrait délivrer un mandat d'arrêt européen pour récupérer le tortionnaire islamiste, si elle décidait de le juger pour ces faits. Elle pourrait également demander à la justice belge de le lui remettre temporairement, avant ou après son renvoi devant une Cour d'Assises. Ainsi Nemmouche pourrait être jugé en France pour des faits de séquestration après son procès en Belgique, au terme de sa peine belge. Il pourrait toutefois être également transféré dans l'Hexagone pour y effectuer sa peine aux frais du contribuable français, conformément aux dispositions sur le transfèrement de certains détenus.
Et bénéficier d'une réduction de peine ?