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vendredi 22 novembre 2019

A Amiens, aux ex-Whirlpool, Macron raconte des salades, croyant se refaire la cerise

Macron face à la colère des salariés, après les photos mises en scène avec les enfants des écoles

Macron, face à ses manquements et insuffisances


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"Comment avez-vu pu être aussi naïf ?"

lui reproche vendredi un salarié licencié : "le repreneur a menti !
Macron a mis deux ans avant de se montrer à nouveau, mais c'est pour dire que le président ne peut pas tout ! Il a donc affronté la colère d'ex-salariés de l'usine Whirlpool d'Amiens et du député François Ruffin, élu de la circonscription.

Le chef de l'Etat s'était affiché en octobre 2017 pour une visite avec un repreneur, lequel avait été largement aidé par Bercy. Mais cette entreprise de confiance (WN) de l'industriel picard Nicolas Decayeux a été liquidée en août 2019, faute de débouchés commerciaux. Alors, elle n'employait déjà plus que 182 salariés.

"Le repreneur s'est planté mais c'est trop facile de mettre ça sur le dos de l'Etat", a rétorqué Macron dans un langage qui se veut populaire, pour se faire comprendre des salariés qui lui reprochent de s'être laissé "berner", de ne pas avoir suivi l'affaire et de n'avoir donc pas vu venir l'échec de la reprise. C'est-à-dire manque de clairvoyance, négligence et incompétence.

Les échanges ont été vifs, rappelant sa venue sur le parking de l'usine entre les deux tours de la présidentielle de 2017, après que Marine Le Pen l'avait défié par une visite surprise aux salariés le même jour. Il est revenu vendredi dans l'usine pour faire le dos rond et dire qu'il n'oublie pas les salariés de nouveau sur le carreau, malgré les garanties qu'il avait apportées d'une reprise par un entrepreneur sérieux qui a reçu 7,5 millions d'euros de subventions publiques contre la reprise d'environ la moitié des 290 salariés. De l'argent public jeté par les fenêtres et des vies brisées.

"Une reprise, il y a toujours une part de risque", a raconté Macron

maintenant cinquante ans passés, les hommes et les femmes qui lui avaient accordé leur confiance n'en croient pas leurs oreilles ce matin : ce président qui appelle les Français à être positifs et entreprenants, "en même temps" leur dresse son "constat d'échec" et pis, c'est comme ça, on n'y peut rien au sommet de l'Etat. Et la presse leur reproche de l'avoir  "sans cesse interrompu" !

"Je regrette tous les jours d'avoir mis la signature du syndicat sur cette reprise", a lancé, dépité, l'ex-Whirlpool Frédéric Chanterelle, délégué CFDT, syndicat réformiste et béni-oui-oui.
"Cette reprise, j'ai uniquement l'impression que ça a été un montage entre vous et Whirlpool et un repreneur véreux. Vous aviez dit que c'était un projet fiable", a renchéri Patrick Sinoquet, de la CFDT. Raison de plus pour le suivre de près...
"Arrêtez d'être parano !", leur lance l'arrogant Macron. 
"Le repreneur, c'est pas un copain à moi [On parle comme ça dans le peuple, au moins dans les romans]. On l'a aidé, sinon vous me l'auriez reproché, argue le banquier victimisé. Tout a été vérifié, assure-t-il même, sans preuve : vérifier et ne rien voir, n'est-ce pas la preuve d'une incompétence ? (...) 

Et de prendre le parti du repreneur
: "Il a raté son affaire, est-ce qu'il a fait fortune sur notre truc [sic] ?" interroge-t-il, avec légèreté et indifférence. En cas de fraude, "il sera jugé, il y aura une condamnation", a-t-il encore assuré, bien qu'il ne soit pas juge.

Ce qui n'empêche pas - 
après avoir confirmé l'aide de l'Etat au repreneur - l'inconséquent Macron d'admettre que Nicolas Decayeux, patron de WN, a reçu "un salaire (...) aberrant" au point qu'a été lancée une procédure pénale. 

"Vous vous grandiriez auprès des salariés et auprès de moi à admettre que vous avez merdé"

"Pas vous personnellement, mais que l'Etat a merdé", a lancé François Ruffin. 
"Je fais pas ça pour me refaire la cerise" (se refaire une figure), a répliqué l'archaïque Macron, se voulant apaisant. "J'ai mis la pression sur les ministres sur ce dossier comme je ne l'ai pas fait pour d'autres". Au risque de perdre un peu plus la face, il doit maintenant citer les noms des entreprises qu'il a abandonnées à leur sort.

"L'engagement que je prends est que l'ensemble des salariés de Whirlpool retrouvent des perspectives et de l'emploi", a ajouté le beau parleur en faisant allusion à deux projets de reprise, ainsi que le projet de "l'Increvable" pour fabriquer des machines à laver réparables, défendu par F. Ruffin.

VOIR et ENTENDRE cette scène en (très) petit comité, dans un hangar entre deux autres, loin des cris des salariés et militants en colère, et entouré de la préfète qui distribue la parole, la secrétaire d'Etat Agnès Pannier-Runacher en charge de la... reconquête industrielle (!), et la députée Barbara Pompili, ex-EELV, désormais réélue députée en 2017 avec le soutien de La République en marche, dont elle a intégré le groupe LREM à l'Assemblée nationale...

"Je veux que dans le trimestre qui vient on réussisse à faire avancer les choses,  "précise"-t-il (si on peut dire), y compris en investissant sur le site pour réindustrialiser", a-t-il ajouté, sans autre précision de montant et de délai, promettant cette fois un suivi assuré par la ministre Agnès Pannier-Runacher ainsi qu'une cellule psychologique". "J'ai toujours tenu mes paroles", a-t-il asséné devant un public peu réactif...

"Rendez-vous dans un an !", a-t-il conclu, sur une note d'allégresse, l'une des salariées - tout aussi guillerette - espérant pouvoir alors "boire le champagne" avec lui... 

Chat échaudé craint l'eau froide
Atmosphère nettement plus circonspecte cependant sur le parking de l'usine à l'issue de la visite: "on a envie d'y croire mais on a été tellement berné qu'on est méfiant car des promesses, tout le monde peut en faire", a ainsi mis en garde Corinne Bizet, une ex-Whirlpool non reprise par WN. 
"Il y a eu des annonces, maintenant on attend des actes. Mais on a tellement été baladé que là, je ne m'attends plus à rien...", a renchéri Farid Baaloudji, 22 ans de Whirlpool et un an de WN, pendant que Pannier-Runacher, se félicitant en langue de bois d'énarque des "échanges francs, directs, dans le respect", affirmait: "Il n'y aura plus de doute quand chacun aura retrouvé un travail". Dans un an ou deux et à cinquante ans ? 
Suffira-t-il de traverser la rue ?

dimanche 2 décembre 2018

Gilets jaunes: le ministre de l'Intérieur met l'insurrection sur le compte d'une mauvaise communication du gouvernement

Après sa gestion catastrophique du rassemblement citoyen, Castaner fait profil bas  

Alors que la personne de Macron, comme sa politique autoritaire, est mise en question

pour son mépris hautain du mouvement social de rejet de sa politique autoritaire d'austérité, le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a taclé l'ensemble des acteurs politiques macroniens, au premier rang desquels l'exécutif, qui a "mal géré" sa communication concernant sa politique économique.

Commentant la troisième journée de mobilisation des "gilets jaunes" qui a viré à l'insurrection sociale violente, à Paris, notamment sur la Place de l'Etoile, en haut des Champs-Elysées, mais aussi en régions, Castaner a admis que la pédagogie macronienne dont l'exécutif nous rebat les oreilles depuis des semaines a été un fiasco. 

Soutiens à 85% du  mouvement revendicatif des Gilets jaunes, les Français refusent la révolution culturelle entreprise par Macron pour un "monde nouveau". Les "gardes rouges" de sa majorité présidentielle de blancs-becs nantis et prétentieux ont échoué à faire passer le message de lendemains qui chanteraient après la hausse des taxes. Leur Petit livre rouge des promesses du candidat est resté lettre morte. Le président élu par défaut en mai 2017 a sous-estimé la capacité de résistance des Français au formatage et à ses tentatives de ré-éducation des esprits : l'expression politique s'est libérée par le canal des nouveaux "dazibao", les réseaux sociaux sur lesquels s'expriment les révoltés. Mao est mort, mais Macron ne va pas bien...

La pédagogie qu'a voulu imposer Macron - pesamment, lors de son "itinérance mémorielle", au prétexte de la célébration du centenaire du 11-Novembre 2018 -  et que ses proches et des élus de sa majorité ont développée, a saturé les Français qui ont le souci, mois après mois, de vivre dignement et survivre, sous le poids des charges fiscales. Des "erreurs de communication", nous dit aujourd'hui Castaner, ministre de l'Intérieur contesté du fait de son incapacité face aux débordements, pillages et violences urbaines à travers le pays. Le bouffon avait atteint son seuil personnel d'incompétence au porte-parolat du gouvernement, mais Macron, solitaire et sans aucune base populaire, n'avait pas de meilleur choix ! Combien d'autres bras-cassés comme lui auprès de Macron, dont les propres limites sautent aujourd'hui aux yeux comme pavés parisiens en Mai 68 ?

La faute au tout-écologique
"On a objectivement mal géré un certain nombre de séquences de communication, de pédagogie sur l'enjeu de sortir du tout pétrole et de cette exigence de souveraineté nationale, de baisses de dépenses, d'augmentation du pouvoir d'achat", a-t-il piteusement lâché, samedi 1er décembre sur BFMTV.

Christophe Castaner pointe notamment les mesures prises par Macron pour assurer la transition énergétique : "Ce sont les mesures que nous avons mises en place et on n'a pas été compris. Par exemple, sur cette communication pour nous battre contre la dépendance pétrolière, on s'est planté".
L'exécutif ne comprend donc toujours pas que la priorité de la population n'est pas la planète, mais son quotidien.
"Est-ce que vous voulez que je vous répondre que tout va bien et qu'il n'y a pas de problème ? Ça serait paraître idiot et surtout vous mentir", a complété le ministre qui avait dénoncé, quelques minutes plus tôt, les violences commises à Paris et la "stratégie des professionnels du désordre".



L'intervention télévisée de Christophe Castaner a constitué un point d'orgue de cette troisième journée de mobilisation des "gilets jaunes", qui protestent notamment contre la hausse des prix du carburant et pour la défense de leur pouvoir d'achat, quand le pouvoir parle "lèpre nationaliste", féminisme ou interdiction de la fessée aux enfants. 
Cette journée pacifique s'est soldée par de multiples incidents et violences en France, et surtout à Paris. Dans la capitale, les heurts 
ont fait une centaine de blessés, dont 14 parmi les forces de l'ordre. 287 interpellations ont eu lieu.

mercredi 27 décembre 2017

Quimperlé: un médecin absent, mais rémunéré pendant 33 ans par l'hôpital public

L'hôpital public de Quimperlé lui a versé les deniers du contribuable

Aucun élu au conseil de surveillance du centre hospitalier ?



Pendant 30 ans, un médecin a été rémunéré par l’hôpital de Quimperlé sans avoir à travailler
Payé à rester les bras croisés
Un médecin du centre hospitalier de Quimperlé a été payé durant trente ans à ne rien faire, a enfin révélé la Chambre régionale des Comptes de Bretagne dans son rapport rendu public jeudi 21 décembre. 
Depuis 1982, les CRTC sont supposées exercer une triple compétence sur les collectivités territoriales et leurs établissements publics : jugement des comptes des comptables publics, examen de la gestion et contrôle des actes budgétaires...

Résultat de recherche d'images pour "centre hospitalier quimperlé"La ville a été gérée par le socialiste Daniel Le Bras de 2001 à 2008. 
Or, il était médecin anesthésiste-réanimateur : comment aurait-il pu savoir ?... Le maire actuel Michaël Quernez, depuis avril 2014, encore un socialiste et conseiller général (depuis 2008) a-t-il agi au bon usage des deniers publics ?

Cet établissement public de santé multi-sites compte 569 lits et 59 places, touchant un bassin de population de 60.000 habitants. Il appartient au territoire de santé n° 3 dont l’hôpital de référence est le centre hospitalier de Bretagne Sud (CHBS) de Lorient, dont Jean-Yves Le Drian (70 ans) fut le maire PS de 1981 à 1998, en même temps que président du Conseil régional de Bretagne (2004-2012 et 2015-2017), tout en étant ministre de la Défense (2012-2017, puis des Armées (depuis 2017).

Un médecin a pourtant indûment coûté 5,5 millions d'euros à l'hôpital de Quimperlé (12.000 habitants, Finistère) pour la seule période 2012-2016, écrit la Chambre régionale des Comptes de Bretagne dans un rapport publié jeudi.
Photo Le Télégramme
Une délégation fut reçue par Michaël Quernez,
maire et président  du conseil de surveillance
de l'hôpital
 de Quimperlé
Le médecin, dont le nom n'est pas cité avait été nommé chef de service en 1984 au centre hospitalier de Quimperlé. "Depuis cette date, plusieurs rapports émanant de diverses instances (...) ont relevé des problèmes quant à la manière de servir de ce médecin, mentionnant par exemple " 'une incompétence avérée' ", ainsi que des problèmes de comportement, tant vis-à-vis du personnel que des patients, incompatibles avec ses fonctions", indique la chambre dans son rapport.  
"Il faisait des diagnostics et des prescriptions loufoques", confie un salarié de l’hôpital à France Bleu, évoquant un homme "dangereux".

Mais ce dernier est néanmoins resté aux effectifs de l'établissement.
 
"Outre un déficit d'image, il en est résulté un coût salarial de 130.000 euros par an et une privation de recettes annuelles estimée à 980.000 euros, soit un coût total de 5,5 millions d'euros entre 2012 et 2016" pour l'hôpital, résume sobrement la Chambre régionale des Comptes. La direction de l'hôpital ne souhaite pas communiquer. 

Une "situation irrégulière, liée à une volonté de défense du corps des praticiens hospitaliers" pointée par les magistrats 

Programmée hier à 9 h, puis 11 h, puis midi, la rencontre entre le directeur du CHBS et les élus CGT n'a pas eu lieu.
La CGT de Qimperlé s'est-elle mobilisée pour la bonne cause ?
Les magistrats soulignent que cette connivence du milieu "contrevient à l'intérêt général, aux intérêts du système de santé publique et de protection sociale et altère la pérennité financière de l'établissement". 

Malgré plusieurs procédures, le médecin n’a jamais été licencié. "Les instances médicales et les différents responsables médicaux de l’établissement ont, au cours de ces années, manifesté une volonté individuelle de ne pas travailler avec l’intéressé tout en le protégeant, en raison de sa qualité de praticien hospitalier", expliquent les magistrats.

En 2004, l'agence régionale de l'hospitalisation (ARH) a même attribué une enveloppe de 124.000 euros par an à l'hôpital pour "compenser le surcoût lié à ce praticien sans affectation ni activité".
En 2010, le directeur de l'hôpital lui a demandé -en vain - de faire valoir ses droits à la retraite. Au 31 octobre 2016, il percevait une rémunération brute de près de 7.400 euros par mois. Il a finalement pris sa retraite en janvier 2017.

vendredi 28 juillet 2017

Assemblée : l’examen du projet de loi "confiance dans l’action publique" tourne à la cata

Nouvelle foire d’empoigne à l’Assemblée nationale

L’incompétence des élus de la majorité présidentielle bloque l’examen du projet de loi "confiance dans l’action publique", jeudi.

Les députés n'ont plus de mots assez sévères pour qualifier la séance levée à 1 h 30, vendredi 28 juillet : catastrophique", "dramatique", "du jamais vu"… Pas exactement ce que les jeunes novices prétentieux, triés sur le volet par Delevoye et Macron, nous promettaient. L’examen du projet de loi 'confiance dans l’action publique" a viré à la foire d’empoigne au Palais-Bourbon. Des mines défaites s’enfoncent dans la nuit parisienne, atterrées.

Quelques heures plus tôt, les plus optimistes ou allumés ambitionnaient pourtant de terminer l’examen du texte, en deux volets – une loi ordinaire et une loi organique – dans la nuit. En trois jours de débats, les députés n’avaient étudié qu’un tiers des amendements déposés sur ce projet, pilier du début de quinquennat d’Emmanuel Macron. Les travaux avaient été considérablement ralentis par des incidents de séance provoqués par l'amateurisme de vice-présidentes inconscientes de leur incompétence. Liens PaSiDupes: 

Les tensions ont éclaté sur les bancs de l’hémicycle dans la nuit de jeudi à vendredi. 

Au perchoir, l’un des vice-présidents LREM de l’Assemblée, considéré comme l’un des plus solides - a priori, au vu de ses manières cassantes - , Hugues Renson, a lamentablement cafouillé comme plusieurs de ses collègues, novices comme lui dans cet exercice, ajoutant à l'accablement de ses collègues déjà éprouvés ces derniers jours par une série de démonstrations que la parité n'est pas une avancée en soi et qu'il ne suffit pas d'être une femme (Carole Bureau-Bonnard ou Danielle Brulebois) pour faire mieux qu'un homme, fût-il cadre supérieur d'entreprise publique de 39 ans. Renson avait nettement devancé, au premier tour, Jean-François Lamour (28,08 %), son rival républicain, député sortant et ancien ministre : les électeurs sont-ils bons juges ? Interrogé par Le Point, le candidat Renson raillait ceux qui recommandaient de ne pas voter pour Emmanuel parce qu’il ne disposerait pas d’une majorité large et solide, voire compétente et ne voyait aucun inconvénient à une chambre monocolore...
Élu à l'Assemblée, voteriez-vous toutes les lois proposées par le gouvernement ?
Tous les candidats de La République en marche se sont engagés à soutenir le programme présidentiel d'Emmanuel Macron, avec six priorités : la culture et l'éducation ; la valorisation du travail ; la modernisation de l'économie ; la rénovation de la démocratie ; la sécurité ; les relations internationales. C'est sur ces chantiers que nous nous engageons. Mais notre groupe parlementaire laissera la part belle au dialogue et à l'enrichissement des projets de loi. Certains nous disent : "Je voterai ce qui est bon, et pas ce qui n'est pas bon"… Si ce n'était pas déjà le cas, c'est très inquiétant !
A plusieurs reprises cette semaine, François de Rugy, président de l’Assemblée, est apparu en sauveteur, venu reprendre les travaux en main dans des moments de défaillance des président(e)s de séance.
Ainsi, peu après 23 heures jeudi, l’ambiance était à nouveau électrique. Les députés examinaient un point anodin : l’instauration d’un médiateur du crédit pour faciliter le financement des campagnes électorales. Mais la conduite du vote sur un amendement défendu par le MoDem suscita une contestation. Les députés de La France insoumise (LFI), d’abord, se sont indignés de l’attitude du président de séance, tandis qu’Olivier Faure, patron du groupe Nouvelle gauche (ex-PS), cherchant un recours, proposa à la ministre de la Justice d’autoriser un nouveau vote. Nicole Belloubet s’y refusa, ne souhaitant pas "s’immiscer dans le fonctionnement interne de l’Assemblée" : séparation des pouvoirs oblige.

Une heure plus tard, Jean-Luc Mélenchon et les députés de son groupe quittaient "théâtralement" (selon Le Monde)  l’hémicycle. "Franchement, c’est saoulant. On vous dérange ? Eh bien, débrouillez-vous entre vous", a lancé le chef de file de LFI, tandis que ses collègues rangeaient leurs affaires (et leur panier de commissions).

Fallait-il, comme cela a été le cas les jours précédents, lever la séance à 1 heureou non ? Et tenter d’aller au bout du texte, malgré le désordre tangible et l'absence de sérénité ? A minuit, à la faveur d’une suspension de séance, les présidents de groupe sont tombés d’accord. L’examen du premier projet de loi serait bouclé dans la foulée, avant une reprise des travaux sur le deuxième texte, la loi organique, vendredi.

Suit un nouvel imbroglio quand Hugues Renson fait l'annonce que, conformément à une décision prise par les présidents de groupes en début de semaine, les deux textes ne seront pas votés séparément et que l’adoption définitive n’aura lieu qu’après la fin de l’examen de la loi organique, vendredi.

Cette volte-face provoque la colère des présidents du groupe de gauche comme de droite, Christian Jacob pour Les Républicains (LR) et Olivier Faure pour Nouvelle gauche, excédés, qui veulent que leurs députés puissent voter le premier texte, avant de retourner dans leurs circonscription s vendredi.

Le chef de file des socialistes réclame une réunion immédiate de la conférence des présidents pour rediscuter de la décision prise plus tôt dans la semaine.  On lui oppose que seul François de Rugy est habilité à prendre une telle décision. "Réveillez-le !", commence à clamer la droite. 
On dit le président de l’Assemblée injoignable. "Prenez vos responsabilités !", exhorte alors Christian Jacob à l’attention de Hugues Renson.

Un Parlement à vau-l'eau : où est Richard Ferrand ?

Mais cette fois la majorité a décidé de se montrer inflexible, alors que le président du groupe de la majorité parlementaire semble inexistant. "Le groupe La République en marche (LRM) est éprouvé par la longueur des débats et agacés par l’attitude de l’opposition à son égard," écrit Le Monde ! 

L’un dzs vice-présidents de l'Assemblée, Pacôme Rupin, député novice LREM de Paris âgé de 32 ans, est plaintif : "Il y a une remise en cause permanente de notre autorité, ils essaient de nous enfoncer à la seule fin de nous décrédibiliser." Le jeune diplômé de l'ESSEC que Le Monde présente comme un "jeune entrepreneur" à la tête d'une agence de communication a une expérience de cinq ans dans l’entrepreneuriat social, dans le recrutement, avant de rejoindre le groupe SOS, comme Aurélien Taché... Cf. PaSiDupes :  A l'Assemblée, la majorité présidentielle formatée agace
La majorité, qui avait jusque-là opposé son mutisme dans le rapport de force verbal avec ses adversaires, a décidé de sortir de ses gonds. "Je prends mes responsabilités; la séance se poursuit", annonce Hugues Renson, au perchoir, provoquant le départ des députés LR de l’hémicycle, puis la levée de la séance.

L'esclandre se poursuit en salle des Quatre-Colonnes, sorte de salle des pas perdus pour les députés et les journalistes. L’opposition ne peut mâcher ses mots. Au bord des larmes, la députée socialiste Cécile Untermaier se dit " écœurée" par "l’excès de rigidité" et "l’incompétence" de ses collègues LRM. "C’est catastrophique; j’ai l’impression qu’on abîme l’Assemblée nationale", ajoute-t-elle. "En quinze ans je n’ai jamais vu ça", enchaîne le 'Constructif' Yves Jégo, ex-UDI, ancien aussi aussi vice-président du Parti radical et déserteur de LR. "La question, c’est où est le ministre des relations avec le Parlement [Christophe Castaner]? Où est François de Rugy ? Où est le président du groupe majoritaire, Richard Ferrand ?" interroge-t-il encore, au diapason de députés LR et Nouvelle gauche. "Il n’y a pas de locomotive; l’absence de pilote l’emporte sur le fond des débats."

Vers deux heures du matin, un dialogue s’improvise entre Olivier Faure et Pacôme Rupin. 
"A chaque fois, il y a un groupe qui teste le président de séance", peste le débutant. "On n’a plus l’âge", lui rétorque O. Faure, le chef de file des socialistes, qui ajoute : "Où sont les gens qui connaissent le règlement ?" 

"On ne va pas se laisser impressionner", réplique le jeune inconscient macronisé. 


Stéphane Séjourné
Dans la nuit, un soutien leur est tombé du ciel, de l’Elysée. "L’opposition qui teste la résistance de la majorité en multipliant les incidents de séance. Technique bien connue politique à l’ancienne" déclarait, dans un tweet, 
Stéphane Séjourné, 32 ans (ci-contre à gauche et à droite avec I. Emelien, debout), conseiller politique de mauvaise foi auprès du président de la République et d'astreinte à l'Elysée, socialiste passé par le cabinet de Jean-Paul Huchon et le ministère de l'Economie occupé par Macron, puis chargé du maillage territorial du mouvement En marche!, de la récolte des parrainages aux investitures aux législatives et de la sélection des novices, en tandem avec Jean-Paul Delevoye. Un paire d'enfer...

Pour "donner sa chance" au premier ministre Edouard Philippe et dans un contexte où de nombreux députés juppéistes affichaient leur volonté d’être "constructifs" dans leur travail, jamais une majorité présidentielle n'aura atteint ce niveau d'incompétence. Niée, de surcroît.

vendredi 11 mars 2016

Loi El Khomri : l'histoire secrète d'une ministre vampirisée par Valls

Qui se cache derrière le prête-nom d'El Khomri, mère-porteuse de la Loi étiquetée à son nom

Histoire secrète d'une ministre fantoche parmi d'autres

Abus des tuteurs sur El Khomri
Hollande et Valls avaient sorti de leur manche une femme intouchable: ce soldat inconnu en robes couleur garance (comme un Poilu à Verdun en 14)devait leur servir de pare-balles contre les attaques de la gauche. La presse élyséenne l'avait aussitôt labellisée tant pour sa jeunesse que sa 'maghrébitude', vantant son dynamique et sa détermination, en contrepartie de son inexpérience et de son incompétence, deux faiblesses rédhibitoires communes à l'ensemble de l'exécutif, à commencer par le chef de l'Etat, Hollande qui n'avait jamais fait ses gammes dans aucun ministère, et par le premier ministre, Ayrault qui n'avait jamais été que président de son groupe parlementaire à l'Assemblée.

Pourquoi et comment ce projet est-il devenu une bombe à retardement? 

Les explications d'Europe 1 sont claires.
Devant les micros et les caméras, c'est Myriam El Khomri qui est chargée de défendre la réforme du code du Travail promise par le candidat Hollande.


Victime d'abus de confiance, l'arriviste avait cru pouvoir compter sur les soutiens indéfectibles de Hollande et Valls qui l'encadraient sur le perron le temps des  présentations à la presse, mais depuis des semaines, ses deux parrains dans la tourmente sont trop malmenés eux-mêmes pour la cornaquer plus longtemps. 
Les véritables initiateurs de ce projet controversé s'appellent Manuel Valls et Emmanuel Macron. C'est même devenu une affaire personnelle pour le Premier ministre. Il avait été piqué au vif par Robert Badinter qui estima que la loi ne verrait jamais le jour. 
Du coup, c'est un certain Pierre-André Imbert qui est chargé de relever le défi et qui traite parfois directement avec Matignon, par dessus la tête de Myriam El Khomri qui n'est pas toujours tenue informée.
Pierre-André Imbert est l’homme de la continuité au ministère du Travail. Ce quadra est arrivé dès 2012 dans les bagages de Michel Sapin pour occuper le poste de conseiller aux mutations économiques et aux entreprises. Il s’est peu à peu imposé comme directeur de cabinet adjoint, avant d’être nommé directeur de cabinet de François Rebsamen. Homme de l’ombre, il a suivi de près tous les dossiers chauds, de celui du chômage à la loi sur le dialogue social, en passant par le travail du dimanche ou les grandes restructurations. Les subtilités du droit du travail, les méandres du paritarisme, ou encore les complexités du marché du travail n’ont pas de secret pour cet ancien collaborateur de Raymond Soubie, pape français du social, membre du Conseil économique, social et environnemental, après avoir été conseiller du président de la République, Nicolas Sarkozy, de 2007 à 2010.
Le nouveau ministre - une femme, pourquoi pas, puisque Hollande tient toujours à être premier dans le symbolique, au sens d'insignifiant - devait mener une réflexion sur la réforme du marché du travail , sur la base de plusieurs rapports dont celui de l’Institut Montaigne qui ouvrait la voie aux travaux de la Fondation Terra Nova et de la commission Combrexelle.
Ligne de mire du 1ère classe El Khomri, faire baisser le chômage et inverser la trop fameuse courbe, en sorte que le capitaine du bateau ivre puisse concourir à la présidentielle 2017.

Une réforme improvisée, non discutée sous la menace du 49.3

Ce brouillon apparaît vite comme un torchon sous les attaques de la gauche qui y voit une provocation. Le journal Le Parisien a révélé le premier que l'avant-projet est inconsistant. Il se réduit à quelques lignes de force impossibles à présenter aux partenaires sociaux. 

L'exécutif lance une riposte politique.
La tâche est délicate, au vu du niveau de la ministre, le jeudi 5 novembre:

Contre vents et marées, Matignon s'entête:


Le gouvernement assure qu'il "assumera toutes ses responsabilités."
 
Ses opposants soupçonnent un coup de force et rédigent une tribune en forme de pétition contre la menace de l'article 49.3, qui passe outre le vote parlementaire, et dénoncent l'"impasse" dans laquelle l'exécutif conduit le pays.
Le 22 janvier, la ministre fantoche avoue au numéro un de la CFDT, proche du PS : "A aucun moment, un texte ne nous a été présenté". Quelques jours plus tard, elle déplore ne pas pouvoir "porter cette réforme si on applique ces mesures-là"...

Manuel Valls  a décidé que cette femme sera le bouc-émissaire du projet. 
Le "Poilu" de Valls
Il pousse Myriam El Khomri à monter au front. C'est lui qui l'incite à avoir recours au 49-3 et qui insiste pour qu'elle l'endosse. 
C'est encore elle qui devient la cible de cette pétition de la gauche du PS et de la gauche extrême recueillant un million de signatures sous la houlette d'une ancienne conseillère de... Najat Vallaud-Belkacem aux Droits de la femme, la féministe radicale Caroline de Haas. 

Ce texte ne correspond pas à la ministre, assure l'
ex-conseiller stratégique de la ministre du Travail.
Mais la ministre novice est trahie par le premier ministre, suggère ce Pierre Jacquemain, qui a signé la pétition hostile au projet et a participé à la manif du 9 mars.
VOIR et ENTENDRE la charge du haut-fonctionnaire qui revendique son appartenance à la gauche radicale, son opposition à la loi dite El Khomri et qui se félicite de la mobilisation de la jeunesse contre le projet du gouvernement:  


Le 2 mars, la représentante de la diversité malmenée aurait fini par tomber dans les pommes.
Elle fait alors annuler les premiers rendez-vous de concertation, au motif d'un malaise et d'une chute dans sa douche. 

Depuis ce jour, les responsabilités sont clairement établies: tout se passe à Matignon et c'est Manuel Valls qui pilote le projet de loi mis au point par Emmanuel Macron. 

Chaîne publique de télévision,
 France2 s'est à son tour fendue de "révélations", tardives certes et qui n'apportent rien, mais qui ont l'avantage d'être claires, au lendemain de la manifestation des étudiants et salariés:

Hollande et Valls ont délibérément sacrifié El Khomri 

Les manigances des hommes au sommet de l'Etat
ont aujourd'hui fait de leur ministre kamikaze la risée de tous.
VOIR et ENTENDRE le traitement infligé par les sadiques d'On n'est pas couché (ONPC) à la malheureuse brebis, le 5 mars, successivement, la chroniqueuse Léa Salamé dans le rôle de la balance et le trotskiste Edwy Plenel, dans celui du tueur de masse :  

Parce que femme et maghrébine, ils l'ont instrumentalisée à moindre frais, pensaient-ils. 
Potiche ou Kleenex, exit !