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dimanche 2 décembre 2018

Gilets jaunes: le ministre de l'Intérieur met l'insurrection sur le compte d'une mauvaise communication du gouvernement

Après sa gestion catastrophique du rassemblement citoyen, Castaner fait profil bas  

Alors que la personne de Macron, comme sa politique autoritaire, est mise en question

pour son mépris hautain du mouvement social de rejet de sa politique autoritaire d'austérité, le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a taclé l'ensemble des acteurs politiques macroniens, au premier rang desquels l'exécutif, qui a "mal géré" sa communication concernant sa politique économique.

Commentant la troisième journée de mobilisation des "gilets jaunes" qui a viré à l'insurrection sociale violente, à Paris, notamment sur la Place de l'Etoile, en haut des Champs-Elysées, mais aussi en régions, Castaner a admis que la pédagogie macronienne dont l'exécutif nous rebat les oreilles depuis des semaines a été un fiasco. 

Soutiens à 85% du  mouvement revendicatif des Gilets jaunes, les Français refusent la révolution culturelle entreprise par Macron pour un "monde nouveau". Les "gardes rouges" de sa majorité présidentielle de blancs-becs nantis et prétentieux ont échoué à faire passer le message de lendemains qui chanteraient après la hausse des taxes. Leur Petit livre rouge des promesses du candidat est resté lettre morte. Le président élu par défaut en mai 2017 a sous-estimé la capacité de résistance des Français au formatage et à ses tentatives de ré-éducation des esprits : l'expression politique s'est libérée par le canal des nouveaux "dazibao", les réseaux sociaux sur lesquels s'expriment les révoltés. Mao est mort, mais Macron ne va pas bien...

La pédagogie qu'a voulu imposer Macron - pesamment, lors de son "itinérance mémorielle", au prétexte de la célébration du centenaire du 11-Novembre 2018 -  et que ses proches et des élus de sa majorité ont développée, a saturé les Français qui ont le souci, mois après mois, de vivre dignement et survivre, sous le poids des charges fiscales. Des "erreurs de communication", nous dit aujourd'hui Castaner, ministre de l'Intérieur contesté du fait de son incapacité face aux débordements, pillages et violences urbaines à travers le pays. Le bouffon avait atteint son seuil personnel d'incompétence au porte-parolat du gouvernement, mais Macron, solitaire et sans aucune base populaire, n'avait pas de meilleur choix ! Combien d'autres bras-cassés comme lui auprès de Macron, dont les propres limites sautent aujourd'hui aux yeux comme pavés parisiens en Mai 68 ?

La faute au tout-écologique
"On a objectivement mal géré un certain nombre de séquences de communication, de pédagogie sur l'enjeu de sortir du tout pétrole et de cette exigence de souveraineté nationale, de baisses de dépenses, d'augmentation du pouvoir d'achat", a-t-il piteusement lâché, samedi 1er décembre sur BFMTV.

Christophe Castaner pointe notamment les mesures prises par Macron pour assurer la transition énergétique : "Ce sont les mesures que nous avons mises en place et on n'a pas été compris. Par exemple, sur cette communication pour nous battre contre la dépendance pétrolière, on s'est planté".
L'exécutif ne comprend donc toujours pas que la priorité de la population n'est pas la planète, mais son quotidien.
"Est-ce que vous voulez que je vous répondre que tout va bien et qu'il n'y a pas de problème ? Ça serait paraître idiot et surtout vous mentir", a complété le ministre qui avait dénoncé, quelques minutes plus tôt, les violences commises à Paris et la "stratégie des professionnels du désordre".



L'intervention télévisée de Christophe Castaner a constitué un point d'orgue de cette troisième journée de mobilisation des "gilets jaunes", qui protestent notamment contre la hausse des prix du carburant et pour la défense de leur pouvoir d'achat, quand le pouvoir parle "lèpre nationaliste", féminisme ou interdiction de la fessée aux enfants. 
Cette journée pacifique s'est soldée par de multiples incidents et violences en France, et surtout à Paris. Dans la capitale, les heurts 
ont fait une centaine de blessés, dont 14 parmi les forces de l'ordre. 287 interpellations ont eu lieu.

jeudi 22 novembre 2018

Des Gilets jaunes font de la pédagogie au domicile d'élus LREM

Les députés d’En Marche, cibles de Gilets jaunes "radicalisés", selon Le Parisien

La presse "indépendante" se livre à une manipulation  psychologique de l'opinion rappelant l'au-delà "rideau de fer" 
 

Les Gilets jaunes cherchent à expliquer la vie aux députés qui ne comprennent rien, mais la pédagogie ne passe pas. Une certaine presse militante dénonce d'ailleurs l'initiative : les sachants n'acceptent pas les leçons venues des "gens".

Depuis le déclenchement de la mobilisation contre la hausse injustifiée des taxes sur les carburants, alors que le cours du Brent (prix du pétrole brut) a chuté en octobre, et de façon plus inquiétante depuis le début de cette semaine, quelques dizaines de députés La République en Marche (sur 308) sont la cible de Gilets Jaunes de plus en plus radicalisés, lit-on dans Le Parisien
"Il ne faut pas trop noircir la situation. Nous prenons ces menaces au sérieux mais nous n’assistons pas non plus à un déchaînement de haine", tempère-t-on au sein du groupe LREM. Mais, Jannick Alimi, journaliste engagée, liste "permanences taguées, intimidations, violences verbales ou postées sur les réseaux sociaux…" Il n’empêche !", objecte la journaliste radicalisée. "Depuis le début de la semaine, des dizaines d’élus LREM sont ciblés sur les réseaux sociaux, leurs permanences et leurs domiciles menacés," assure la même. Peut-elle seulement en citer  trois ?

"La tension est suffisamment forte pour que, selon nos informations, les renseignements territoriaux, sur ordre des ministères, prennent contact avec tous les députés marcheurs, maintient-elle. Motif : faire le point sur la situation individuelle de chaque élu. Certaines préfectures seraient à cran et appellent à la prudence les élus qui recevraient des Gilets jaunes dans leur permanence. Couvre-feu dans les quartiers habités par les députés contestés ?

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Mardi, Gilles Le Gendre, le président des députés LREM, avait envoyé à ses troupes un courrier les informant qu’il venait de saisir le ministre de l’Intérieur. "Ses troupes" (terme belliciste, s'il en est) n'avaient-elles donc rien remarqué ? 
Notons au passage que, rédactrice en chef adjointe au service Politique du Parisien-Aujourd'hui en France, Halimi relaie les propos d'un confrère, puisque Le Gendre fut directeur de la rédaction de 'L'Evénement du jeudi' et directeur de la rédaction de 'Challenges' (Perdriel et Renault). Et les deux individus n'appartiennent pas au même groupe de presse LVMH (depuis 2015), dont Alimi est la salariée au Groupe Les Echos. Visiblement, Jannick n'a rien à refuser à Gilles... Des partis-pris qui peuvent naturellement irriter les défavorisés.
"Ces faits sont intolérables et confirment un durcissement de ce mouvement que le gouvernement et notre majorité dénoncent depuis dimanche", écrit le député parisien. Un peu plus que ça, Jannick, mais voyez ça entre vous ! Une radicalisation qui, de source gouvernementale, serait le fait de groupuscules extrémistes de gauche et de droite. Nous y voilà, comme à chaque mouvement contestataire ! Même pas des "casseurs" classiques, mais carrément la "lèpre" brune ou rouge à la fois...

La faute à qui ? Il faut, pour le savoir, lire la presse étrangère

Or, tout en la lisant, Le Parisien la néglige :

Des appels à vandaliser les permanences et domiciles des élus ?

Faut pas jouer avec la susceptibilité des électeurs...
Alimi n'hésite pas à sombrer dans les amalgames, puisque le pouvoir l'y engage. 
"Il est vrai" - c'est elle qui témoigne - "que les menaces se multiplient," écrit-elle, pour l'avoir sans doute constaté sur le terrain, à moins que ce ne soit à la lecture de l'AFP ou des "éléments de langage" distribués par l'Elysée, ce qui revient au même

L'information vient non pas du terrain ou des renseignements généraux, mais des réseaux sociaux, tous infâmes, bien que Le Parisien aille s'y encanailler. 

Las !  Yannick a une mission. 
Ce jeudi matin, des messages relayés sur les réseaux sociaux postaient les adresses de tous les députés LREM de la Région Centre. Ils appelaient à vandaliser les permanences et les domiciles privés de ces élus. 

La complotiste a le goût du secret et de la tragédie. 
"Une députée du Pas-de-Calais a été l’objet de requêtes de Gilets jaunes souhaitant la suivre dans tous ses déplacements de députée." Harcèlement ? Menaces ? Simple souhait de rencontrer une représentante du peuple ? Volonté de pédagogie auprès de élus ? D'une part, la dame n'est pas nommée () et d'autre part, elle-même banalise ce que Jannick dramatise :  "Légalement, il n’y avait rien de répréhensible, reconnaît cette élue. Mais leur insistance frôlait l’intimidation." On frôle et ça suffit... Si les manants ont l'impression d'être opprimés par la fiscalité, l'élue a elle aussi l'impression d'être intimidée. 

Dans le Gard, Olivier Gaillard, député de la cinquième circonscription, apprenait, mercredi, qu’un message représentant un cercueil à son nom et celui d’Emmanuel Macron circulait sur Facebook. Quand Facebook se rend complice de menaces sur Trump, il n'y a rien à dire. Mais que des électeurs déraillent en France et c'est un drame. Certes, condamnable, aussi.

La page était celle de "Stoptaxe#76 Dieppe", ville du communiste Sébastien Jumel. La préfecture en a aussitôt informé le ministère de l’Intérieur. La page a depuis été retirée.

"La gendarmerie a désiré me rencontrer. Je ne veux pas déposer plainte, mais je vais procéder malgré tout un signalement", nous confie Olivier Gaillard, un ancien élu socialiste. Cependant, le député ne souhaite pas faire d’amalgame : une leçon adressée à Jannick ? "Ces faits et gestes viennent d’éléments radicalisés [Ils se connaissent ? Il a des noms ?] qui n’ont plus rien à voir avec ceux qui manifestaient la semaine dernière et qui méritent, eux, toute notre attention", clame l’élu du Gard. Alors Jannick, vous faites du zèle ?

Résultat de recherche d'images pour "députée Odette Duriez"A lire Le Parisien, les "députés d'En Marche, cibles de Gilets jaunes radicalisés" seraient au nombre de deux. Bon, c'est déjà trop...

A propos, la dame dont vous taisez le nom, à la différence de son homologue masculin,  est la députée Odette Duriez, une ex-sénatrice socialiste de 70 ans, devenue députée après le décès du titulaire. Pourquoi cette discrimination genrée ? Est-ce équitable , outre la généralisation à partir de, non pas trois cibles, mais deux...
Tout ce là est moche, Jannick, de la part de professionnels, même pas digne  des réseaux !

Gilets jaunes : les députés de la majorité s'avouent "désemparés" face à leurs électeurs en colère

Des députés LREM en souffrance dans la majorité présidentielle

Des \"gilets jaunes\" bloquent un rond-point à Dinan (Côtes-d\'Armor), le 20 novembre 2018.

L'entêtement hautain de Macron jette les élus honnêtes dans le doute.
"Je ne sais pas quoi leur répondre d'autre que les arguments que l'on avance et qui ne prennent pas..."Valéria Faure-Muntian, députée LREM de la 3e circonscription de la Loire, fait preuve d'une franchise décapante, qui contraste avec l'attitude supérieure des autres blancs-becs de la majorité qui font écho à la parole jupitérienne sans analyse, ni sens critique. Désormais certains entendent véritablement l'exaspération de la population. Et la comprennent sincèrement.

Cette jeune parlementaire de 34 ans, ancienne chargée de clientèle en assurances et élue en 2017 grâce à la vague En marche !, l'avoue sans ambages : elle est "totalement désemparée" face au mouvement des "gilets jaunes". Samedi, ils étaient plus de 280.000 dans la rue pour faire entendre leur colère face à la hausse du prix des carburants. Depuis, les blocages se concentrent sur certains points névralgiques, tandis qu'un appel à manifester le 24 novembre à Paris a été lancé sur Facebook. L'issue du conflit est plus qu'incertaine. Les revendications dépassent maintenant le simple ras-le-bol fiscal mais, si les corps intermédiaires sont exclus de la contestation, en revanche, certains syndicats se sont ralliés à la cause des révoltés: outre que les syndicats FNTR (syndicat de transporteurs routiers) et OTRE (Organisation des Transporteurs Routiers Européens) appellent le gouvernement à discuter avec les gilets jaunes pour une sortie de crise rapide, FO Transports appelle à rejoindre le mouvement.

Les députés de la majorité qui ont accepté de parler sont unanimes : ils comprennent l'exaspération et le sentiment de déclassement exprimés par les "gilets jaunes". Mais comment leur répondre ? Avec qui entamer les discussions ? Sur quoi ? "On n'est pas sur la même longueur d'onde, ils ont des sentiments, nous des arguments, ça ne colle pas", estime Valéria Faure-Muntian qui ne voit pas comment le président compte procéder quand il déclare mardi depuis Bruxelles que "c'est dans le dialogue qu'on peut en sortir, dans l'explication, dans la capacité à trouver le bon rythme et les solutions de terrain"... Plus facile à dire qu'à faire pour les députés de la majorité. 

Rejet de LREM : "J'ai tenu une permanence, personne n'est venu"

Nombre de députés LREM ont préféré ne pas aller au contact des manifestants, pour "ne pas envenimer" les choses. 
Ex-directeur de la Mutuelle générale de l'Education nationale (MGEN) et ex-professeur en Dordogne, Philippe Chassaing, 46 ans, est député de la 1re circonscription, où les appels au blocage "ont été suivis avec des ronds-points occupés". "Je n'ai pas voulu me rendre sur les sites pour ne pas que ça dégénère et que cela soit perçu comme une provocation", explique-t-il. Alors, il s'est décidé à "tenir une permanence samedi matin si les 'gilets jaunes' voulaient interroger un élu". Mais voilà, "personne n'est venu". Le midi, le député s'est rendu au PC de sécurité pour s'entretenir avec la préfète.





Les jeunes élus de la "start-up" En Marche!, on le voit, n'ont pas l'étoffe.

Son collègue de Charente-Maritime, Jean-Philippe Ardouin, 54 ans (Rotary et ancien membre du Bureau National Interprofessionnel du Cognac ) , n'était pas non plus sur le terrain. Il a suivi le mouvement via les services de la préfecture et les réseaux sociaux, et n'a pas eu de contacts avec les "gilets jaunes".
"Sur le glyphosate, on avait été sollicité par les citoyens. Là, on n'a été sollicité par aucun 'gilet jaune'; ils s'en foutent de leur député". (Jean-Philippe Ardouin, député de Charente-Maritime)
On peut-être quinqua et élu de la majorité, mais plus à l'aise dans les salons.

D'autres parlementaires ont pu s'entretenir avec les "gilets jaunes", "un peu en marge des blocages". 
C'est le cas de Jean-René Cazeneuve, 60 ans, ex-directeur Général adjoint de Bouygues Telecom, député du Gers, qui était samedi à Auch : "J'ai écouté ce qu'ils avaient à dire mais c'est compliqué, c'est très hétérogène entre celui qui demande moins de taxes et l'autre qui veut plus de services publics, les revendications n'étaient pas communes." Un commentaire que s'est approprié un "analyste" de BFMTV, ce matin, sans citer sa source. 

A 400 kilomètres de là, Anthony Cellier, député du Gard, 43 ans, a pris sa voiture et s'est retrouvé bloqué à un rond-point. "On m'a dit que je n'avais pas mon gilet jaune et que je ne pouvais pas passer", raconte cet expert en énergie. Il se retrouve à débattre avec quatre personnes sans dire, au début, qu'il est député (et sa cocarde, alors ?). "Ils me disaient qu'ils n'avaient plus de quoi payer à la fin du mois. Je leur ai demandé qui avait voté aux dernières élections, sur les quatre, un seul l'avait fait. Je leur ai aussi expliqué qu'un très bon moyen de s'exprimer, c'était d'aller dans les urnes", ajoute-t-il, précisant leur avoir dit qu'il comprenait leur colère. 

Des législateurs démunis face "au ras-le-bol"

Cette colère, Anne-Laure Cattelot la perçoit, l'entend tous les jours. Députée du Nord à 30 ans, à la faveur d'un redécoupage de circonscription, l'ex-assistante parlementaire européenne de Jean-Luc Benhamias (2004-2014, MoDem) a croisé samedi plusieurs manifestants qu'elle connaît alors qu'un blocage était organisé à 200 mètres de chez elle.
"C'est un énorme ras-le-bol cumulé: on a mis un couvercle sur la cocotte depuis 30 ans, et là les gens sont sortis de leurs gonds." (commentaire d'Anne-Laure Cattelot, députée du Nord, bras ballants)
Concernant la hausse du prix des carburants, Anne-Laure Cattelot aurait récité à ses administrés son couplet sur "le scandale de la pollution liée au diesel". "Ils comprennent avec le scandale de l'amiante qu'on a connu ici, mais ils me disent : 'Est-ce que les pouvoirs publics font les mêmes efforts ?' Ils ont l'impression d'être la vache à lait." Plus qu'une impression, une constat ! La jeune apprentie-parlementaire d'Avesnes (radical-socialiste depuis 1890) n'a rien compris, mais l'assure : "On aide un maximum mais demain, on ne va pas non plus offrir des voitures, il faut responsabiliser les gens." Et si elle affirme être "très compréhensive des petites gens" les "gens qui ne sont rien", voir "un gilet jaune sur une Porsche Cayenne" la rend "dingue". Et où l'a-t-elle vue, sur un territoire où le chômage touche près de 16% de la population ?


Anthony Cellier assure lui aussi comprendre "cette impatience parfaitement légitime". "On parle des 6 milliards de baisse d'impôts ou encore de la suppression de la taxe d'habitation pour 80% des foyers [dans trois ans, l'a-t-il précisé], mais on n'a pas le sentiment que c'est perçu et compris", soupire-t-il. 
Car il est compliqué de porter cet argumentaire quand le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, souligne mardi sur Europe 1 que, pour lui, "le gouvernement fait les poches des Français, non pas pour de bonnes raisons, mais parce qu'en réalité il cherche à compenser les cadeaux fiscaux qu'il a faits par ailleurs".
Ce quadra n'est pas le seul à vivre cette impuissance. "J'ai des arguments factuels, mais mes arguments n'ont pas la force nécessaire pour faire face à leur désarroi", explique Valéria Faure-Muntian, une trentenaire ingénue (née en Ukraine et immigrée en 1998 à l'âge de 14 ans, BTS banque !), qui ne semble avoir jamais géré un budget et n'a jamais eu à équilibrer des recettes et des dépenses

"C'est très difficile d'avoir un dialogue constructif : les gens [les autres, selon ceux et celles qui se classent parmi l'élite] ne sont pas rationnels; ils mettent en avant ce qui baisse, mais jamais ce qui monte, abonde Jean-Philippe Ardouin. Quand on augmente la rémunération de 20 euros, on me dit : c'est bien gentil, mais je vais faire quoi avec 20 euros', mais quand on baisse de 5 euros les APL, les gens hurlent." Les nantis à plus de 7.500 euros mensuels de LREM peuvent-ils "comprendre", comme ils disent, que quand on n'a pas assez, un peu moins, c'est énorme, et un peu plus, ça ne suffit pas ?

La majorité présidentielle accuse les 'Gilets jaunes' de "confusion"

"Il faut qu'ils adressent un mot d'ordre parce que là, c'est confus", les entend-on répéter ad nauseam, repris par le choeur des media.
Ces parlementaires disent d'une part "assumer" le "maintien du cap" opposé par Edouard Philippe et, d'autre part, "comprendre" l'incompréhensible ! : le mouvement n'a ni revendications précises ni représentants déclarés. 

"Il faudrait qu'ils adressent un mot d'ordre parce que là c'est confus, il y a l'essence mais aussi les taxes, les retraites, les services publics...", selon Philippe Chassaing, finalement représentatif d'une majorité à l'écoute et qui ne veut pas comprendre. 
"Il n'y a pas de revendications claires et nettes, on peut vouloir entendre cette parole mais là, elle est multiple", reprend Anne-Laure Cattelot. Et puis, vers qui se tourner ?
"La difficulté d'entamer le dialogue, c'est aussi d'arriver à identifier un interlocuteur. Est-ce qu'on fonctionne par rond-point, par département, avec celui qui a le plus de likes sur Facebook ?", raille Anthony Cellier, député du Gard.
Dans sa circonscription de la Loire, Valéria Faure-Muntian a bien essayé d'identifier des interlocuteurs, mais "c'est complexe", explique-t-elle. "On essaye tous d'identifier l'objet qu'est ce mouvement social, car on doit y répondre en tant qu'élu de la nation." Le problème, se rétracte-t-elle, c'est ce "sentiment qu'ils ne souhaitent pas de dialogue". C'est pourtant celle qui, "en même temps", avouait : "J'ai des arguments factuels, mais mes arguments n'ont pas la force nécessaire pour faire face à leur désarroi". 
Les arguments de la jeune Valéria n'atteignent pas leur cible, précisément parce qu'elle ne connaît pas ni sujet, ni la France profonde et les difficultés de la vie quotidienne des Français les plus exposés à la sur-fiscalité, dont celle qui s'abat sur les automobilistes : les 'Gilets jaunes' - et derrière eux la France silencieuse - appartiennent à toutes les classes de la société; elles sont plus ou moins vulnérables, mais elles sont toutes impactées. La majorité parlementaire a voté à l'aveugle. Elle ne peut surtaxer large et, après avoir bombé l'ensemble de la population à tout vent, s'étonner que les gaz lacrymo fiscaux piquent les yeux de la population entière, dans sa diversité. LREM met le bololo et parle ensuite de confusion !
Alors, certains parlementaires font leur auto-critique, en attendant de se mettre autour de la table des négociations. "On aurait dû anticiper la hausse du baril, on savait qu'on allait augmenter les taxes, si on avait été dans l'anticipation, on n'en serait pas là", ose Frédéric Barbier, député du Doubs et ancien socialiste : lors des élections législatives de 2012, Pierre Moscovici le choisit comme suppléant et il devint ainsi député à sa nomination au ministère de l’Economie et des Finances dans le gouvernement Ayrault. "On a séquencé nos mesures parce qu'on n'avait pas les moyens de faire tout en même temps, mais avec ce séquençage, les bonnes nouvelles sont indolores, c'est quelque chose que l'on a raté", convient Jean-Philippe Ardouin.

Pédagogie, pédagogie, pédagogie

Alors comment concrètement répondre à la "colère juste" des "gilets jaunes" ?
Castaner, demi-ministre de l'Intérieur, oppose la force.
Une mobilisation de gilets jaunes près de Montceau-les-Mines, le 21 novembre 2018.
Les "méchants" visés par Castaner, Philippe et Macron
Dès lundi soir, il a appelé "solennellement" les "gilets jaunes" au respect du "principe de la libre circulation" et averti que les déblocages menées par les forces de l'ordre allaient se poursuivre. "Je demande solennellement, mais fermement, à ceux et celles qui veulent manifester de continuer à manifester s'ils le veulent, mais sans chercher à bloquer et à atteindre la liberté de chacune et chacun", a déclaré l'ancien porte-parole du gouvernement lors d'un point presse. Les préfets ont ordre de dégager "méthodiquement les dépôts pétroliers et les sites sensibles".

Côté confusion et fermeté, le député Vignal (LREM, Hérault) bat des records

Patrick Vignal, député (LREM) de l'HéraultEn passant du PS à LREM, Patrick Vignal garde le même argumentaire en toutes circonstances.
"Sur les centres-villes, il y a eu 40 ans de lâcheté des gouvernements", lançait-il au micro de Sud Radio en juin dernier, ès-qualité de président de l’association Centre-Ville en Mouvement.
Sur le sujet de la sur-taxation des automobilistes, il est très ambigu, voire ...confus:
"Ca fait quarante ans qu'on n'a respecté c'te France périphérique"
Comme Christophe Castaner, il mise sur la "fermeté".

C'est un député intègre qui se défend, par ailleurs, d'avoir contrevenu à la loi sur la moralisation de la vie publique en faisant embaucher sa fille, Maryll Vignal, par Bertrand Sorre, député LREM de la Manche.


Gilles Le Gendre (En Marche) à l\'Assemblée nationale en mars 2018.
Gilles Le Gendre, sexagénaire recroquevillé,
garde chiourme des jeunes apprentis députés LREM inexpérimentés
Inexpérimentés, les députés peinent à trouver la solution magique. 
Beaucoup répondent, comme le fait l'exécutif, par plus de "pédagogie", mais leurs "éléments de langage" ne sont pas audibles. Mieux expliquer les réformes aux Français est non seulement un leitmotiv désobligeant, mais aussi illusoire, car déconnecté des difficultés de la vraie vie. 
Si Castaner montre les muscles, l'Edouard est désarmé. "Avons-nous su occuper le terrain ou répondre aux critiques ? Trop peu", s'était ainsi flagellé Edouard Philippe mardi  devant la majorité parlementaire, avant de poursuivre : "On m'a rapporté que sur les plateaux, nous n'avons pas été suffisamment sonores, présents, audibles."

Le premier ministre @EPhilippePM devant les députés @LaREM_AN : "Dans le plus fort de la mobilisation, avons-nous su occuper le terrain ou répondre aux critiques? trop peu (...) il y a quelques combats qu'on peut gagner sans combat, mais c'est rare"


Le pouvoir macronien garde donc le cap sur le fond, ne concédant que quelques faiblesses dans la forme :
peu importe la colère, quand on a l'ivresse des rentrées fiscales ? La boîte à outils des députés se résume à des marteaux, rabots, limes et pieds de biche. manque le memento du petit bricoleur. 
Ils ne cessent de pointer la sottise de leurs concitoyens, des "Gaulois réfractaires" "illettrés" et "fainéants" :  "Oui, on a un travail de pédagogie à faire. A quoi servent le budget, les taxes, l'Etat ? On [les autres, les débiles] a l'impression que les impôts nourrissent un monstre qui est l'Etat, mais l'Etat, c'est l'ensemble des citoyens", tient à rappeler le pédagogue Anthony Cellier, 45 ans, qui ne se voit nullement en oppresseur méprisant. 

Jean-Philippe Ardouin a, lui aussi, une piètre idée de ses électeurs. 
"Il faut que l'on soit meilleur en pédagogie et en communication, il faut toucher ces gens qui ne lisent pas la presse mais qui s'intéressent aux émissions de divertissement et qui sont sur les réseaux sociaux pour qu'ils ne se laissent pas influencer par les fake news", poursuit ce chef d'entreprise d'un domaine viticole de Cognac. Ce sachant ignore que les organes de presse se trouvent aussi sur Twitter et Facebook...
Le député a des certitudes : "Une grande partie des 'gilets jaunes' ne se serait pas mobilisée si elle avait eu accès à des infos vérifiées." Lutter contre les 'fake news', avoir une meilleure communication... 

D'autres députés plaident une réflexion à des réponses plus innovantes. "Edouard Philippe a essayé d'apporter des réponses, mais ça n'a pas bougé depuis son intervention de France 2." Nul ne sait à quelle mesure innovante elle fait allusion, mais peut-être le sait-elle? "Je me dis que puisque ça n'a pas bougé, ça ne suffit pas", remarque Valéria Faure-Muntian, en analyste fine.
"On a essayé des réponses classiques, ça ne suffit pas; il faut que l'on invente un nouvel arsenal de dialogue". (Valéria Faure-Muntian, députée de la Loire)
Frédéric Barbier a pris, quant à lui, au mot la proposition du secrétaire général de la CFDT. Il se trouve qu'il est ex-apparatchik socialiste, suppléant de Moscovici et à la remorque de ce syndicat réformiste... Dans un entretien gratuit pour un article payant du Monde, lundi, Laurent Berger proposait au gouvernement de construire "un pacte social de la conversion écologique" avec les organisations syndicales et patronales mais aussi les associations. "Mais, pour moi, il ne s'agirait pas d'une conférence une fois pour toute; il faut une instance de dialogue qui se réunirait tous les deux ou trois mois et qui permettrait d'évaluer nos politiques et d'engager des actions correctives si nécessaire", et gratuites, tant qu'à faire, assure le député du Doubs, renégat socialiste, "démissionnaire d'office" du PS.
En attendant, chacun sait qu'il y a urgence avec un mouvement qui risque de se durcir à mesure que la macronie multiplie les coups de menton et les menaces. "Au début, c'était bon enfant, mais là, ça se tend et ça m'inquiète pour la sécurité de tout le monde", alerte Anthony Cellier. 
"Ce qui est inquiétant, c'est que l'on ne trouve pas la façon adéquate de leur répondre", soupire Valéria Faure-Muntian. Il est préoccupant que cette jeunesse inexpérimentée qui prétendait construire un "nouveau monde" soit à ce point à démunie. 

Une personne qui se met toujours en colère est insensée, mais celle qui ne se fâche jamais manque de courage moral. 
Henry Ward Beecher explique : "Un homme qui ne connaît pas la colère ne connaît pas la bonté. Un homme qui ne sait pas profondément s’indigner du mal est soit inconscient, soit mauvais."