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vendredi 5 juin 2020

Une note de Le Gendre (LREM) à Macron scandalise la majorité présidentielle

Le Gendre met le feu au parti du président

La fuite dans la presse d'une de ses notes révèle sa prétention à être un influenceur de l'ombre


Le groupe LREM est entré dans le cauchemar de la fin de règne. 
Le patron du groupe LREM aurait soumis plusieurs noms au chef de l'Etat en vue du changement de gouvernemental qui se profile, tout en laissant entendre que la majorité ne compte aucun candidat crédible, révèle le magazine Marianne.
"C’est vrai que cette semaine, on n’avait pas encore eu de nouveau groupe, ni de création de courant, ni de plainte pour harcèlement contre un député", rit jaune l’un d’entre eux, mais l'article de Marianne publié, ce vendredi, par Marianne, ramène le groupe dans le réel. 
Les députés LREM consternés ne dissimulent plus guère leur indignation face à leur chef de file depuis la révélation de ses notes adressées fin mai à Emmanuel Macron. Gilles Le Gendre lui livre ses pistes "sur le casting d’un nouveau gouvernement", en distribuant des bons points et des avertissements, notamment dans la perspective du remplacement à Matignon d'un Edouard Philippe à qui il adresse plusieurs remontrances.
Dans sa note, le député de Paris soumet rien de moins qu'une liste de noms pour le changement de gouvernement de cet été
"A toi la vision, la stratégie, la relation aux Français, au PM [Premier ministre], l’opérationnel et l’animation de la majorité", développe le député de Paris en s'adressant à Emmanuel Macron. On peut également lire que "le gouvernement doit être un vrai collectif, ce qui n’a jamais été le cas pendant trois ans".
Le Gendre y suggère pêle-mêle les noms de Jean-Yves Le Drian, Manuel Valls, Bruno Le Maire, et même le sien, pour des postes importants, Gilles Le Gendre s'appuyant, à en croire les passages cités par le magazine, sur une analyse cynique du contexte politique méprisante des "gens qui ne sont rien" à LREM. 
Dans l'esprit du patron du groupe LREM, Jean-Yves Le Drian et Bruno Le Maire devraient être les "favoris" pour le poste de premier ministre. L'envoi du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères à Matignon enverrait "le bon signal politique", écrit le patron du groupe LREM, selon Marianne. L'ancien socialiste "saura gérer la majorité, dans la complexité actuelle de sa composition", mais, "en même temps",  l'ex-socialiste se voit reprocher son potentiel manque de dynamisme. <br>Quant à Bruno Le Maire, il "porterait parfaitement la reconstruction" post-crise sanitaire, défend une "pensée et un discours limpides", mais l'ex-LR  dispose d'un "faible charisme". 
Les députés LREM ne décolèrent pas contre l'initiative intempestive et prétentieuse de leur président de groupe, déjà fragilisé, qui s'attribue en catimini la fonction de conseiller du prince. De quoi rallumer les brandons à peine éteints précédents.

"Soit c’est un fake soit c’est très grave", envoie une élue dans la boucle Telegram des députés marcheurs

"Je ne peux pas le croire. Si aucun député du groupe n’est crédible qu’en est-il du président de ce même groupe ?," interroge anonymement un député, tandis q'un autre grince : "J’hésite entre affligeant et accablant #teampascredible"

Une remarque citée dans l’article les a particulièrement ulcérés. 
Au poste de premier ministre, Gille Le Gendre, 62 ans, cite entre autres Jean-Yves Le Drian, 73 ans en juin, ou Bruno Le Maire, 51 ans, mais, dans les rangs LREM de l’Assemblée nationale "aucun candidat crédible" n'est à la hauteur, selon l'ancien journaliste (directeur de la rédaction de Challenges, 1995-2001, et président du directoire du groupe Expansion, successivement détenu par Vivendi, puis la Socpresse, le groupe Express-Roularta, racheté en janvier 2015 par Marc Laufer et Patrick Drahi, propriétaire notamment de SFR et BFM).

Et encore Le Gendre ne parlait que de Matignon, assure l' entourage de Gilles Le Gendre, qui, bizarrement, refuse de s'exprimer. "Cet article comporte de nombreuses contre-vérités et interprétations tendancieuses, dont chacun pourra comprendre les intentions politiques", leur a-t-il affirmé en toute franchise et transparence sur... Telegram, application de messagerie cryptée. 
"Par ailleurs, comme cela a toujours été le cas, je ne commenterai pas le contenu de mes discussions avec le chef de l’Etat, inhérentes à mes responsabilités de président de groupe. Elles sont privées et, pour ce qui dépend de moi, le demeureront."

Gilles Le Gendre s'est assis sur un siège éjectable.

Qui a fait fuiter ses notes ? Cette question obsède l'orgueilleux député de Paris. "Soit il l’a organisé lui-même et c’est suicidaire soit quelqu’un l’a exécuté", analyse un parlementaire qui craint pour son avenir. "La fuite est soit à l’entrée, soit à la sortie. Si ça vient de l’Elysée, ça ressemble un peu à une mise à mort", envisage un autre député stratège.

Le président du groupe majoritaire a été affaibli par le processus de dislocation de LREM, ces dernières semaines. 
Certains députés se sont sentis quantité négligeable et frustrés d'avoir été tenus éloignés de l’Assemblée nationale pendant le confinement. Puis la création du groupe Ecologie démocratie solidarité, composé de marcheurs et ex-marcheurs déçus a été un coup dur pour le patron de LREM qui ne croyait pas à cet acte de défiance qui l'atteint dans sa majorité absolue.
En commun, un courant, sur le même créneau écolo-social, s’est lancé en interne. 
Au lendemain d’une houleuse réunion de crise, un autre groupe s’est créé à l’initiative de députés juppéistes d'Agir !, exfiltrant encore une poignée d’élus LREM. 

"Là, c’est l’estocade", observee un pilier du groupe qui condamne l’initiative de Le Gendre. "Des notes au Président, on en envoie tous mais il faut se souvenir d’où on parle.» "Quand on voit le sens politique de Gilles, tous les pièges qu’on n’a pas vu venir, s’il y a un casting à ne pas faire ce serait bien celui que propose Le Gendre", cingle un rival masqué qui estime que sa position à la tête du groupe "devient intenable". "Vous le voyez accueillir le premier ministre en réunion de groupe en lui donnant du "Edouard mon cher ami" ? Ce sera pas crédible pour deux balles", ajoute un troisième prétendant à sa succession.
"C'est d'une nullité", se borne à commenter - comme nombre d'autres - un député macronien qui s'esclaffe en apprenant que son chef se verrait bien cumuler le porte-parolat du gouvernement et le ministère des Relations avec le Parlement. "Il est dans la merde", poursuit cette source. 
"Il va avoir le goudron et les plumes". Cet épisode ne fait que renforcer et couronner la fronde du groupe contre son patron, Le Gendre ne jugeant aucun membre de la majorité suffisamment "crédible" pour rejoindre cette future équipe gouvernementale. 
"S'il avait une once d'esquisse de dignité, il annoncerait sa démission dès ce soir. Mais il n'en a pas, de dignité", assène un autre. "Il nous décrédibilise tous au passage, c'est pas possible. Il va avoir le goudron et les plumes", dit un troisième, qui poursuit: "Il se tire plusieurs balles dans le pied: d'abord le PM va le mépriser encore plus, donc il ne pourra passer aucun deal avec lui; ensuite le président ne va jamais lui répondre de peur que ça fuite; il méprise sa propre majorité, ce qui va poser un gros problème; et enfin il passe pour un débile. Je ne sais pas comment il va s'en sortir cette fois-ci." Un décryptage qui n'a pas effleuré l'ex-journaliste. 
Le Gendre va devoir affronter les reproches des députés LREM
Mardi matin, ils ont réunion de groupe... "On est plusieurs à considérer que mardi, il faudra une expression forte pour demander son départ, s’il est encore en fonction, avertit Bruno Questel, à visage découvert. Il y avait déjà, depuis un moment, un sujet de crédibilité. Il l’a confirmé"... 
Sa nécrologie politique est déjà prête...

La rumeur d’un changement à la tête du groupe se précise.
Certains envisagent une éventuelle exfiltration de Le Gendre vers le gouvernement, alimentant les paris sur les noms de remplaçants. D'autres imaginent un simple un intérim jusqu’au changement de gouvernement, suivi d’une élection interne. "Gilles a accéléré sa marche vers la sortie", raille une députée. 
Parmi les courtisans de Le Gendre, on explique à BFMTV que le député de Paris échange régulièrement avec le président de la République. "C’est une fuite avec une volonté de lui nuire", le mettre en porte-à-faux et susciter l’émoi au sein du groupe. Puis on  se rassure en affirmant que la grogne est circonscrite à ses adversaires habituels ou en exprimant des doutes sur le bon 'timing' de ce remplacement, souligne d'ailleurs l’issue incertaine : "Cela aurait du sens si le président de la République pouvait imposer quoi que ce soit. Ce n’est pas le cas. Si l’on organise un vote, c’est du sans pilotage; on ne sait absolument pas quel nom peut sortir et cela pourrait être tout aussi effrayant." La belle affaire ! Les ambitieux LREM sont-ils devenus aussi rares que les masques de protection en avril ? 
 

lundi 27 avril 2020

Le vote sur le déconfinement réussit à perturber les "godillots" de Macron

Les incertitudes, vire-voltes et coups de menton de Macron jettent un fort doute sur la capacité  de Jupiter à prendre les bonnes décisions

L'aile gauche de LREM réclame un vote décalé du plan de déconfinement 

LogoLe néo-député LREM Aurélien Taché est "favorable" à "un délai pour pouvoir regarder les mesures" proposées.
Ancien conseiller auprès des ministres des gouvernement de Hollande au Logement, Sylvia Pinel, puis Emmanuelle Cosse, avant de rejoindre En marche ! en 2016, quand le PS était assuré de sa défaite à la présidentielle, Aurélien Taché assure qu'il "comprend la demande" formulée par Damien Abad, le chef du groupe LR à l'Assemblée, qui souhaite un délai de 24 heures entre la présentation du plan de déconfinement et le vote des députés. 

Ancien plombier diplômé de l’université de Limoges en qualité de président de l'UNEF locale, Aurélien Taché y côtoya "la bande de Poitiers".
Tous sont des militants socialistes venu à Limoges pour recevoir leur diplôme de juriste 
- le Parisien Stéphane Séjourné, dont on ne sait rien des diplômes à Poitiers mais où, en 2006, il a bloqué la fac de droit contre le gouvernement, uni par un PACS à Gabriel Attal et conseiller politique du président de la République, mais qui s'est prononcé contre une utilisation sans garde-fou du traçage numérique pour lutter contre la pandémie de Covid-19,
- le local Sacha Houlié, 30 ans, vice-président de l’Assemblée nationale qui vient de publier une tribune contre le traçage numérique des Français, évoquant "une réponse dangereuse et condamnable",
- le Lorrain Pierre Person, nommé délégué général adjoint du parti par son patron, Stanislas Guerini, mais qui a présenté le déploiement du traçage numérique comme une ligne rouge à même de remettre en cause son appartenance à la majorité présidentielle
et le Niortais Guillaume Chiche, ex-UNEF, MJS et Mutuelle des Etudiants, ex-MNEF,  fils de patron de mutuelle (ex-Smacl Santé, puis Eovi MCD Mutuelle, groupe Aésio, qui assure la couverture santé des 230.000 salariés des établissements d’hospitalisation, ainsi que des... EHPAD), un apparatchik chargé de la prospective à LREM, mais qui a mis en garde contre le traçage numérique, évoquant le risque de fractionnement de nos droits ou d’une logique de restrictions de libertés ciblées et individualisées, 
et Taché n'envisagea plus de retourner à la plomberie.

Le patron des députés LR Damien Abad a demandé "un délai de 24 heures"
 
LR demande le temps de la réflexion entre le moment où le premier ministre présentera aux députés le plan de déconfinement, le mardi 28 avril, et le moment où il sera soumis au vote des députés.
Sur le fond, il souhaite "un déconfinement territorialisé qui fait confiance aux acteurs locaux et surtout un déconfinement sous protection, c'est-à-dire la protection par les masques et les tests pour les Français".

"Je comprends cette demande", a affirmé Aurélien Taché, le néo-député LREM du Val-d'Oise. "Je suis très favorable à ce qu'on puisse avoir un débat et un vote différencié sur le traçage numérique
Avoir un délai, pour pouvoir regarder les mesures du plan de déconfinement dans son ensemble et se prononcer sur ces mesures me semble de bon aloi." Aurélien Taché estime que "sur des décisions aussi importantes", les députés doivent pouvoir se prononcer "avec le maximum de garanties"

Le débat sur question du traçage numérique occulte l'ensemble.

La demande de Damien Abad sera examinée lundi 27 avril lors d'une conférence exceptionnelle des présidents des groupes à l'Assemblée nationale. Pour Aurélien Taché, si le gouvernement "trouvait cette demande légitime", décaler le vote lui "semble envisageable"
Le député du Val-d'Oise rappelle qu'avec plusieurs collègues de la majorité, ils ont pareillement "demandé qu'un délai puisse se tenir entre la déclaration du Premier ministre mardi et le vote. Beaucoup souhaitent que sur la question du traçage numérique, nous ayons un vote et un débat dédié".

Un vote séparé entre le traçage numérique et le plan de déconfinement "était prévu au départ", rappelle Aurélien Taché. "C'est extrêmement important" d'y revenir, selon lui. "Nous nous engageons sur une voie nouvelle avec ce traçage numérique. Moi je suis très réservé sur ce principe." Le député de la majorité aurait préféré "sur les sujets d'éthique et du numérique, prendre le temps du débat". 

Taché souligne que le projet Macron pose "beaucoup de questions". 
"En matière de souveraineté numérique, est-ce que nous devons trouver des alternatives aux Gafam, en investissant par exemple de l'argent public dans les logiciels libres ?" 
Cela pose également des questions "en matière de propriété des données personnelles. Ces Gafam maîtrisent nos données personnelles. Est-ce que c'est normal", s'interroge le député LREM. "J'aurais préféré que nous puissions avoir un débat de ce type-là. 
Maintenant, c'est vrai que la crise est là, que le Covid est là, que le confinement est là. Le gouvernement étudie toutes les options, soit. Mais sur un sujet aussi important, un débat parlementaire et un vote sont indispensables. Le Parlement est le gardien des libertés fondamentales. On doit pouvoir se prononcer sur un sujet comme celui-ci."

Retour à l'école : aux élus de "trancher"

Interrogé sur le fait qu'en optant finalement pour le 11 mai, Macron passe outre l'avis de ses "sociétés savantes" : son propre "Conseil scientifique" a en effet préconisé la fermeture des écoles jusqu'en septembre. S'engouffrant dans la brèche, Aurélien Taché estime que c'est carrément "le rôle de la démocratie et des élus de trancher après avoir pris connaissance des avis scientifiques"
Il faut, selon lui, "éclairer les décisions" des politiques par "des avis scientifiques rendus par les experts". Mais les élus doivent "décider en fonction d'autres considérations". A définir... 

"Le confinement devient extrêmement difficile sur le plan social, pour de nombreux Français, qu'il creuse des inégalités et que nous devons être capables de redémarrer l'activité sociale pour y faire face," insiste l'ex-plombier socialiste du Val-d'Oise, qui pense notamment que les "décrocheurs" doivent être rattrapés par la manche et contraints les premiers de revenir à l'école... "Nous avons aussi toutes ces contraintes sociales et démocratiques", insiste Aurélien Taché.

Les députés LREM ne savent plus sur quel pied danser

Les vire-voltes de Macron embarrassent bon nombre d'élus de la majorité présidentielle. 
Outre le tracage, arbre qui cache la forêt, l’accélération soudaine des horloges interpelle sur sa tactique de déconfinement

A cela s'ajoute les fausses raisons dénoncées comme autant de mensonges. Samedi soir, la nouvelle est tombée d'en-haut sur les députés LREM qui ont appris que "le gouvernement a décidé d'avancer la présentation de la stratégie nationale de déconfinement, afin de répondre aux aspirations pressantes de nos concitoyens", comme le leur a écrit leur chef de file, Gilles Le Gendre. Or, ces mêmes Français - qui sont habituellement méprisés parce qu'"ils n'ont pas compris" (la "pensée complexe" de Jupiter) ou ne savent pas comment placer un masque, aux dires d'une autre lumière, Sibeth Ndiaye - auraient cette fois été entendus, écoutés et leurs avis pris en compte !

Autre carabistouille de Le Gendre : contrairement à ce qui avait été annoncé, le débat parlementaire suivi d'un vote sur l'application StopCovid sera finalement "élargi" à l'ensemble de la stratégie de déconfinement. 
De quoi se plaint-on ?

dimanche 26 avril 2020

Pris par surprise, les députés voteront au dépoté sur le déconfinement

Les députés LREM ne marchent plus d'un même pas

Nombre d'élus de la majorité sont embarrassés par la décision de Macron d’accélérer le calendrier 

Le plan de déconfinement du gouvernement, toujours en cours de préparation mais sur lequel...

Le président a en effet voulu faire voter les députés mardi, dans la foulée de l'annonce des mesures de déconfinement et pas seulement sur le 'tracking' (traçage, en français), comme à l'origine. Gilles Le Gendre, président fantoche du groupe LREM à l’Assemblée Nationale, aurait écrit à ses députés pour les... rassurer. 
Finalement, sous la pression de l'opinion et de quelques rebelles de la chambre d'enregistrement des volontés du prince-président, l'Elysée a donné du mou en repoussant à mercredi le vote sur ce qu'il est convenu d'appeler la "stratégie" du tsar soumis à certains Raspoutine de son Comité dit "scientifique". 

Par chance, les députés n'"étudient" plus les projets, ils les "regardent"!
Le débat était initialement prévu le 5 mai prochain. 
Les députés ont appris la veille pour le lendemain qu'il est avancé et élargi.
Ils seraient même appelés à débattre d'un projet de stratégie que l'exécutif n'a toujours pas présenté.

Certains ont toutefois réagi pour réclamer le respect du parlement!
Face aux demandes pressantes de députés, Macron va permettre - via Ferrand, sa courroie de transmission - à 75 d’entre eux de revenir siéger au Palais Bourbon et d'engager une réflexion sur un plan de “reprise progressive” lors du déconfinement, a-t-on appris mardi de source parlementaire.
Or, alors que depuis mi-mars, les élus siègent en “format restreint”, à une vingtaine, pour cause de coronavirus, s
amedi soir, les députés LREM ont trouvé "sur la table" que "le gouvernement a décidé d'avancer la présentation de la stratégie nationale de déconfinement, afin de répondre aux aspirations pressantes de nos concitoyens", a avoué par écrit leur chef de file, Gilles Le Gendre.


Mensonges à tous les niveaux de l'Etat


Contrairement à ce qui avait été annoncé d'un débat sur la seule application de traçage 'StopCovid',
 le débat parlementaire suivi d'un vote sera finalement "élargi" à l'ensemble de la stratégie de déconfinement, dont on ne sait rien encore puisque l'Edouard parle mardi en fin d'après-midi."On voit bien" que, pour les députés, le "challenge" ("défi", en français) est "clairement" de passer une nuit blanche sur cette question, pardon, ce "sujet"? évidemment "compliqué". 

vendredi 28 février 2020

Retraites: Jacques Maire, co-rapporteur du texte, accusé de conflit d'intérêts

Le fils d'Edmond Maire (secrétaire général de la CFDT, 1971-1988) met LREM dans la panade

Co-rapporteur de la réforme des retraites, l’élu LREM a été interpellé sur ses 400.000 euros d’actions chez l’assureur Axa, qui vend des plans d’épargne-retraite

Sa suffisance est à elle seule une insulte
à la méritocratie et à la démocratie 

La CFDT verse dans la face obscure du réformisme vertueux...

Ce fils de... a occupé différents postes dans la haute fonction publique, dont ceux de conseiller diplomatique, chargé des affaires européennes auprès du Premier ministre de François Mitterrand, Pierre Bérégovoy, dans les années 1990-2000 et penser qu'il aura été pistonné serait ne pas lui rendre justice de son immense mérite personnel. Sa défense hors sujet confirmerait toutefois les doutes : Effectivement, je n’ai pas passé ma vie à courir les mandats électoraux. Je n’ai pas passé ma vie à cumuler les fonctions. Je n’ai pas passé ma vie dans le confort d’une carrière particulière”, a répondu (un peu à côté) Jacques Maire, se disant “convaincu que les Français ne veulent pas de députés qui soient des professionnels de la politique pendant quarante ans”.

Socialiste, puis député LREM au premiers signes de l'agonie du PS, ce co-rapporteur du texte sur la réforme des retraites a été accusé de conflits d’intérêts du fait de son portefeuille d'actions chez Axa. Une mention figurant sur sa déclaration d’intérêts à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) a attiré l'attention...

Mis en cause par les Insoumis,
l’élu a évidemment été défendu par la déontologue de la majorité macronienne à l’Assemblée nationale, ce vendredi. 
A la suite des révélations de la députée LFI  Mathilde Panot sur un potentiel "conflit d’intérêts", Jacques Maire avait saisi, mardi, la déontologue de l’Assemblée pour "ne pas laisser d’ambiguïtés". 

Le député LREM des Hauts-de-Seine a avoué posséder "17.700 actions" d’Axa pour "une valeur de 400.000 euros", liées à ses fonctions passées chez l’assureur de 2002 à 2012. Ce groupe international d'assurance a été cofondée par Claude Bébéar qui est devenu son président du conseil de surveillance. Dans une tribune publiée dans Les Echos en avril 2017, il apporta publiquement son soutien à Macron dans l’élection présidentielle.
Or, vendredi 21 février, l’équipe du député avait assuré qu'il avait revendu ses parts. Et, en répondant dans l’hémicycle, Jacques Maire avait lui-même aggravé son cas, suggérant qu’il en est toujours détenteur...
Dans le second article d'un service de fact-checking,
Jacques Maire livre un commentaire supplémentaire, transmis par son entourage: “la HATVP demande à ce que la déclaration soit mise à jour en cas de changement substantiel de situation. Je fais des mises à jour quand c’est le cas”. Autrement dit, la situation est régulière, circulez !Une version diamétralement opposée à la première et selon laquelle il avait soldé son portefeuille. Et qui conduit désormais les députés LFI à demander que Jacques Maire quitte son poste de co-rapporteur. "Comment Jacques Maire peut-il continuer à être rapporteur de la loi sur les retraites ?, s’indigne sur Twitter la députée de Seine-Saint-Denis Clémentine Autain. “Sa situation de conflits d’intérêts est donc avérée", renchérit sa collègue du Val-de-Marne, demandant le retrait du député. Mais il en faut plus à une juriste de haut vol bombardée "déontologue" (ils n'ont pas peur des mots) pour bons et loyaux services antérieurs.
"Pas nécessaire que vous renonciez pour l’avenir à l’exercice de vos fonctions"
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"Aucun conflit d’intérêts ne peut vous être reproché", a jugé la déontologue au député LREM, corapporteur de la réforme des retraites. "Il ne paraît pas nécessaire que vous renonciez pour l’avenir à l’exercice de vos fonctions", a-t-elle écrit, évacuant la possibilité de pressions sur ses collègues de travail et rappelant que la partie du texte dont Jacques Maire a la charge concerne l’âge minimal de départ à la retraite, le cumul emploi retraite, la retraite progressive ou la retraite anticipée. "Vos intérêts financiers au sein du groupe Axa ne vous interdisent pas d’exercer les fonctions de rapporteur du titre 2 dès lors qu’aucune disposition de ce titre ne concerne directement l’épargne retraite, et que par conséquent vos intérêts privés ne sont pas susceptibles d’interférer avec vos fonctions de rapporteur », a-t-elle ajouté.
Cette déontologue-maison de 44 ans, le professeur Agnès Roblot-Troizier, une juriste, a été nommée à l'unanimité des membres du Bureau, le 2 août 2017, sur proposition de l’ex-président de l’Assemblée nationale, François de Rugy. Elle avait déjà servi la gauche: en 2012, l’ancien premier ministre, Lionel Jospin, l'avait nommée membre de la Commission sur la rénovation et la déontologie de la vie publique. 

Résultat de recherche d'images pour "Agnès Roblot-Troizier Macron" 
 Dans sa déclaration d’intérêts, Jacques Maire ne faisait état que de 13.836 parts chez l’assureur Axa. 
Sa participation a augmenté depuis par la levée de "dernières options en décembre 2018". "La déontologue m’a indiqué qu’il aurait été souhaitable que ma déclaration fasse état de cette levée, ce que j’ai fait aujourd’hui même", a-t-il déclaré, sans empressement. 
La déontologue estime qu’il aurait "également été souhaitable que je signale mes intérêts lors des débats en commission et avant même d’accepter les fonctions de rapporteur. Ce n’est ni l’usage, ni une obligation, mais je reprends totalement à mon compte cette recommandation", a-t-il poursuivi.

Au final,
malgré deux "négligences", tout va bien pour 
Agnès Roblot-Troizier : la déontologien'est plus ce qu'elle était !



"Ses parts chez Axa interfèrent avec ses fonctions publiques"


Jacques Maire, fils de cadre syndical reconverti dans le tourisme... social à la présidence de VVF (Villages Vacances Familles, qui deviendra Belambra Clubs après avoir été... privatisé en juillet 2006, un an avant son décès), a indiqué qu’il se "déportera" [récusera] sur trois articles du projet de loi ordinaire (13, 15 et 65) dont il n’est pas rapporteur mais qui sont "susceptibles d’avoir un effet potentiel mais sans être automatique sur le recours à des dispositifs épargne retraite", selon la déontologue. 

Bien qu'il se soit soudain déclaré incompétent, aveu implicite de conflit d'intérêts que la déontologue n'a pas condamné -,  Jacques Maire a toutefois dénoncé une "manœuvre" de Mathilde Panot (LFI) qui a "libéré sur les réseaux sociaux des torrents de haine contre moi-même, ma propre famille, la mémoire de mon père, contre le syndicalisme responsable de la CFDT, c’était évidemment un des buts", s'est étranglé, à  57 ans, ce syndicaliste du temps de sa jeunesse. Enarque que le soupçon de favoritisme n'atteint pas, il a oscillé entre cabinets ministériels et privé. 

Ses déclarations ont entraîné une série de rappels au règlement dans l’hémicycle et deux suspensions de séance. Selon l’insoumise Clémentine Autain, Mathilde Panot a "lancé une alerte", car Jacques Maire "détient un intérêt. Ses parts chez Axa interfèrent avec ses fonctions publiques. Demander de la vertu, ce n’est pas l’inquisition, c’est tout à fait normal en démocratie".

Et la transparence n'est pas un luxe : alors que la bataille sur la réforme des retraites fait rage au Palais Bourbon, cette légèreté ne devrait pas arranger les affaires déjà très compliquées de la majorité présidentielle empêtrée dans ses velléités de réforme des retraites 

mercredi 5 février 2020

Perte d'un enfant, perte de la macronie

Une majorité parlementaire à vau-l'eau

A cinq semaines des municipales, le bateau de Macron prend de la gîte. 

Résultat de recherche d'images pour "turner navire orage""Et les élus LREM ne peuvent s'en prendre qu'à eux-mêmes : ni les Gilets Jaunes, ni la CGT et Sud ne peuvent êþre incriminés.
Le Medef favorable à l’allongement du congé de deuil pour enfant mort, contre l'avis de Pénicaud, la sous-ministre Schiappa qui tacle la ministre Pénicaud, Macron qui accuse ses députés d'inhumanité et qui attribue à sa ministre Pénicaud le sens politique d'une palourde, la majorité, comme l'exécutif, est aux abois.
Jeudi, les députés de la majorité ont repoussé la proposition de ses alliés UDI de faire passer de 5 à 12 jours le congé en cas de mort d’un enfant, au seul motif qu'il n'émane pas du parti du président ! Réflexe de Pavlov qui met en lumière un sectarisme parlementaire de type stalinien. 
Après l'adoption en commission la semaine dernière, la proposition du groupe centriste UDI-Agir visait à allonger de cinq à douze jours le congé en cas de décès d'un enfant.

La ministre Muriel Pénicaud avait prétexté un risque de peser sur les entreprises, alors que, selon le rapporteur du texte soi-même, chaque année en France, seulement 4.500 enfants meurent à travers la France avant d’avoir atteint la majorité.  La ministre du Travail défendait plutôt l’idée du don de RTT, à l'initiative des entreprises. 

Ce texte avait été rejeté à seulement deux voix près, jeudi, par des députés conditionnés d'astreinte, dans un hémicycle aux trois-quarts vide et en l'absence de Gilles Le Gendre, président fantoche de groupe, appelé à la rescousse, qui avait répondu qu'il avait mieux à faire : un dîner en ville !

Sous la pression de l'opinion, la majorité présidentielle a dû retoquer le texte après un long débat houleux. 
Un situation de sauvetage en urgence qui a  d'autant plus scandalisé l'ensemble de l'opposition que la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, faisait obstacle à l'extension du congé, alors que, de surcroît, la proposition excluait les familles des professions indépendantes et les fonctionnaires...  

Vendredi, le Medef, syndicat des patrons mécontent d'être pointé par Pénicaud comme récalcitrant, a demandé un nouveau vote à l'Assemblée. Autrement dit, le syndicat fait savoir que le veto de la majorité n'est pas de son fait et que les entreprises seraient ouvertes à participer, par solidarité, au financement de ce congé.  "C'est une évidence et c'est lancé", a répondu Geoffroy Roux de Bézieux, président de l'organisation patronale, dans un tweet adressé à Laurence Parisot. L'ancienne patronne du syndicat avait estimé un peu plus tôt que "le MEDEF s'honorerait à demander un nouveau vote de cette proposition".

Schiappa - en campagne des municipales - se désolidarise de Pénicaud

Dans la soirée, la secrétaire d'Etat à l'égalité femmes d'abord et des hommes, Marlène Schiappa, a ouvertement condamné la ministre Muriel Pénicaud. Sur BFM TV, l'ex- blogueuse et fondatrice du réseau d'entraide 'Maman travaille' a été cinglante : "Je souhaite que le gouvernement reconsidère sa position, qu'il y ait un nouveau vote, qui soit plus digne. Je crois que la seule réponse "entendable" (en Moyen français de blogueuse bobo)  c'est de dire à une personne qui vient de perdre son enfant 'Prenez le temps dont vous avez besoin." Le Medef et les syndicats se sont exprimés en faveur de cet allongement."
Après avoir ménagé Pénicaud en assurant qu'elle a "une grande admiration pour Muriel Pénicaud, pour sa trajectoire et ce qu'elle fait en tant que ministre du Travail", la secrétaire d'Etat a avoué : " là, j'ai une divergence, je ne partage pas son avis"

Un appel général à "l'humanité" des députés

"Honte sur eux", s'est exclamé le député LFI François Ruffin à la tribune.

Le rapporteur de la proposition de loiavait jugé que "cinq jours ne sont pas à la hauteur" pour "reprendre pied, suite à la mort d'un enfant", Guy Bricout (UDI-Agir) appelant à l'"humanité" de ses collègues.
En réponse, Sereine Mauborgne (LREM) avait défendu la "possibilité pour l'employeur de créer un compte de don", et la ministre du Travail Muriel Pénicaud lui avait emboîté le pas en surjouant la repentance et en appelant avec le don de RTT pour un collègue endeuillé à un "élan de solidarité".

Un amendement de la députée Michèle de Vaucouleurs (conseillère savoyarde en en insertion professionnelle, MoDem) avait tenté de tirer Pénicaud de son mauvais pas, remplaçant l'extension des congés liés au deuil d'un enfant mineur (de parents salariés du privé, exclusivement) par la possibilité d'offrir ses RTT à un collègue en cas de décès d'un de ses enfants: rien qui puisse mettre en péril les finances des PME-PMI ! Cette dernière proposition de loi a finalement été adoptée en première lecture par 46 voix et... 37 abstentions. 


Selon Le Gendre, Macron n'a pas nié "l'humanité" des députés LREM
La majorité LREM se rebiffe. L'ambiance est à la mutinerie dans l'armée de PlayMobil au Palais Bourbon. La tension est aussi forte qu'inédite entre le gouvernement et sa majorité après l'"erreur" sur le congé de deuil parental. Les députés robots respectueux des consignes repassent la patate chaude à l'exécutif qui les téléguide. 

La presse contredit de déni de Le Gendre qui reste à son poste:
VOIR et ENTENDRE la synthèse de BFMTV:
Les élus LREM insistent pour faire savoir qu'ils ont tout simplement suivi les consignes du gouvernement et refusent d'être montrés du doigt. Le député LREM du Vaucluse, Jean-François Césarini ne mâche pas ses mots. "Sur le plan politique, c’est une catastrophe. Le fait que le gouvernement dise 'votez contre ça', les députés votent contre. Et ensuite, c’est le gouvernement lui-même qui nous dit 'Non, vous êtes des imbéciles, vous êtes des inhumains.' C’est in-entendables [audible] pour nous.

Emmanuel Macron et Edouard Philippe tentent de désamorcer la crise

Pour tenter de désamorcer la grogne qui monte dans la majorité? cour des miracles inédite sous la Ve République, Macron n'a pas hésité à s'ingérer directement dans le débat, en dépit du principe de séparation des pouvoirs, en passant un coup de téléphone à Gilles Le Gendre. Le président du groupe LREM à l'Assemblée nationale - que, le mardi 31 juillet 2018, à propos de l'affaire Benalla, le député PCF du Puy-de-Dôme, André Chassaigne, a décrit: "simples digéreurs, intestins silencieux de la bouche élyséenne" - a confié les propos du chef de l'Etat. Macron avait pris la parole samedi et demandé de "l'humanité" aux députés. 

"Il n’a jamais dénié aux députés La République en Marche le fait d’êtres humains, prétend Gilles Le Gendre.
Il a souhaité que le principe d’humanité guide la solution que nous devons apporter pour sortir de la mini-crise dans laquelle nous nous trouvions," en conséquence de leur inhumanité constitutive et de partisans : nombre d'entre eux sont issus de la société civile et défendent leurs propres intérêts. 

VOIR et ENTENDRE Gilles Le Gendre soutenir que le président Macron n'a pas mentionné le défaut d'"humanité" des députés de sa majorité:
Dans l'après-midi, c'est le premier ministre qui est passé la nouvelle consigne en réunion du groupe majoritaire à l'Assemblée et "assume" [devant qui? Terme vide de sens] pleinement [tant qu'à faire !] la part de responsabilité qui provient du gouvernement. Par devoir - et avant de partir au Havre pour y rester après les municipales, à la surprise générale, en rupture avec le scénario qu'il a lui-meme  - Edouard Philippe a volé au secours de sa ministre du Travail, Muriel Pénicaud, qui s'est déconsidérée, justifiant les appels à sa démission : "Tous ceux qui iront chercher la responsabilité ailleurs, sur Muriel, en interne ou en externe, je leur dis merde !"  Parole de premier ministre grossier qui se prévalait d'une maîtrise de soi sans faille ! En juin dernier, dans le Journal du dimanche, l'Edouard se flattait de sa capacité à garder son sang-froid malgré la crise des Gilets Jaunes...

Pas un problème d'argent, selon Muriel Pénicaud...
La ministre du Travail, que les présidents de Région traitent de "menteuse" à propos de performances de sa politique en direction de l'apprentissage (lien PaSiDupes), raconte désormais qu'il n'a jamais été question d'un "problème d'argent", mais plutôt de connaître les modalités de financement de ce congé. 

Pénicaud avait rencontré dans la journée deux associations de parents d'enfants décédés auxquelles elle avait promis un "plan d'action" allant "de l'accompagnement psychologique aux frais d'obsèques"Le temps qu'un plan soit élaboré et mis en oeuvre il aura coulé des torrents de larmes sous les ponts.

Syndicats et patronat ont été reçus au ministère pour "trouver une solution" en vue de l'examen du texte au Sénat le 3 mars, qu'elle espère - désormais - adopté "à l'unanimité".

La proposition centriste, examinée dans le cadre d'une journée dédiée à ses propositions ("niche parlementaire", espace temps réservé à l'émergence de propositions de dernière minute), avait déjà été vidée  la semaine dernière de sa mesure phare consacré à l'extension du temps de récupération des familles. 

Surfant sur l'émotion, un co-fondateur d'En Marche! et actuel secrétaire d’Etat auprès de la ministre des Solidarités et de la Santé, la fameuse "triple buse" Agnès Buzyn, Adrien Taquet fait de la surenchère en proposant maintenant un accompagnement psychologique...

lundi 7 octobre 2019

Tuerie islamiste au coeur de la police: Le Gendre (LREM) accuse LR

Le garde-chiourme des députés LREM dénonce une "instrumentalisation politique

Le Gendre croit-il ainsi pouvoir détourner l'attention ?

Résultat de recherche d'images pour "le gendre"Alors que Mélenchon réclame la démission de Castaner, c'est à l'opposition de droite qu'il s'en prend, l'accusant d'être "dans la pure instrumentalisation politique" de la tuerie islamiste commise par un converti antillais sur son lieu de travail, la préfecture de police, du fait de sa demande démocratique qu'une commission d'enquête soit ouverte à l'Assemblée nationale, au grand dam de Le Gendre, lundi.
"Je n'ai pas à être d'accord ou pas d'accord" avec Christian Jacob, président du groupe LR à l'Assemblée, qui demande la mise en place de cette commission, comme d'autres, à gauche comme à droite, puisque "c'est un droit" et "je le respecte", a admis Le Gendre, 61 ans, sur LCI.
Mais "je dis juste que ça ne servira pas à grand chose pour une raison très simple que Christian Jacob sait comme moi: maintenant l'ensemble des faits qui se sont produits jeudi sont couverts par l'enquête judiciaire et le parlement n'a pas le droit d'y intervenir", s'est-il félicité.
"Nous sommes dans la pure instrumentalisation politique, selon l'ancien journaliste qui en connaît donc un rayon sur la question,(...) ça n'est pas ça qu'attendent les Français," estime-t-il encore, a priori. Sur quelle base ?


Le député Guillaume Larrivé n'a pas non plus échappé à sa colère. 
L'élu LR de l'Yonne a réclamé la démission du ministre de l'Intérieur Christophe Castaner et Le Gendre l'accuse aussitôt d'instrumentalisation de l'attaque survenue jeudi, en notant que G. Larrivé est "un des candidats à la présidence de LR". Où est le rapport ?

Bien évidemment, Le Gendre a en revanche défendu le ministre accablé de critiques de tous bords, expliquant que, dans de telles fonctions, il sera sous pression "jour et nuit de la première heure à la dernière heure de son mandat donc il n'y a rien de nouveau sous le soleil". C'est donc bien sa capacité à tenir qui est en question.
"Je crois qu'il fait bien son travail", a abondé le ministre des Relations avec le Parlement, Marc Fesneau, MoDem, sur Francinfo, estimant qu'on "vit quand même dans un monde curieux où la pression collective est de parler immédiatement". Il aurait pourtant suffi qu'il laisse le procureur s'exprimer, plutôt que de se porter en avant et d'interférer avec le principe de séparation des pouvoirs.
"Quand on parle immédiatement, on vous dit : 'mais oui, mais vous avez dit des choses', mais factuellement c'était ce que savait Christophe Castaner, et quand vous parlez avec un peu de délai, en disant : 'j'attends des analyses', immédiatement la suspicion s'organise en disant: 'vous essayez de cacher des choses' ", a-t-il polémiqué à blanc, faisant référence à l'incendie de l'usine chimique Lubrizol à Rouen. 

Christophe Castaner a finalement admis des "failles" dans le suivi du terroriste islamiste

Nourri au sein du service du Renseignement à la préfecture de police, il a réussi à égorger un collègue et poignardé à mort jeudi trois autres fonctionnaires, dont une femme - mère de deux enfants -, avant d'être abattu.

Contrairement à la déclaration du joueur de poker Castaner, pour qui l'assassin ne présentait pas de "difficultés comportementales", cet employé protégé - pendant 16 années -pour des raisons de handicap, avait montré des signes de "radicalisation" en 2015. Cette tuerie est révélatrice d'un "dysfonctionnement d'Etat", mais pas d'un "scandale d'Etat", comme l'affirme l'opposition, a-t-il argué, lundi matin.

Christian Jacob a annoncé samedi sa demande "mardi en conférence des présidents la mise en place d'une commission d'enquête sur l'affaire de la préfecture de police", précisant que son groupe est prêt à utiliser son "droit de tirage" annuel qui lui permet d'inscrire une demande de commission d'enquête à l'ordre du jour de l'Assemblée.