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lundi 24 juin 2019

Assurance-chômage la réforme qui réussit à hérisser même la CFDT

"Tout est problématique dans la réforme de l'assurance chômage," déplorent les réformistes de la CFDT

"On va passer d’un système d’indemnisation à un système d’accroissement de la pauvreté", met en garde Laurent Berger
Laurent Berger au siège de la CFDT, à Paris, jeudi:
il cire merveilleusement ses chaussures. Lui-même ?

Le secrétaire général de la CFDT dénonce le contenu de la réforme de l’assurance chômage dévoilée mardi. Et elle avait réussi à mettre en fureur le réformiste lors de sa présentation à Matignon.  A chaud, il s’était indigné contre un projet "profondément injuste". Deux jours plus tard, il a convoqué Libé au siège du syndicat pour revenir sur cette réforme qu’il jugeait toujours "extrêmement dure".

Votre colère concernant cette réforme est-elle toujours intacte ?

C’est une vraie colère. Quand j’étais conseiller en insertion professionnelle, j’ai trop vu de gens précaires pour feindre. Là, si je suis particulièrement en colère, c’est que
cette réforme n’a qu’un objectif budgétaire. L’essentiel des 3,5 milliards d’économie va se faire sur le dos des chômeurs. Elle repose sur l’idée fausse que s’ils le voulaient vraiment, les chômeurs retrouveraient du boulot. Or, toutes les études montrent que les abus ne dépassent jamais 15% des demandeurs d’emploi. On fait quoi pour les 85% d’autres? On fait payer à tous les conditions d’indemnisation.

Qu’est-ce qui pose problème dans cette réforme ?

Tout, à l’exception des dispositifs d’accompagnement, est problématique. Prenons les conditions d’accès à l’assurance chômage : elles passent à six mois au lieu de quatre auparavant. C’est une mesure purement budgétaire qui va toucher les jeunes et les contrats courts. Ça représente 240.000 personnes qui n’auront pas droit à l’indemnisation. Ils sont en train de créer des trappes à pauvreté. On va passer d’un système d’indemnisation chômage à un système d’accroissement de la pauvreté.

Quelle réforme auriez-vous souhaité ?

Mais il n’y avait pas besoin d’une réforme de l’assurance chômage, on l’avait faite en 2016 ! On avait alors fait 800 millions d’économies. On a toujours respecté nos engagements de gestionnaires, mais jamais en tapant sur les chômeurs.

Le gouvernement a aussi introduit le bonus-malus que vous défendiez depuis longtemps. Mais seulement dans sept secteurs d’activité. 

Vous êtes-vous senti trompé ?

En l’état, le dispositif est totalement insuffisant. On réclamait une mesure de responsabilité des entreprises mais le patronat a refusé de négocier. Donc on a dit au ministère du Travail : c’est bonus-malus pour tout le monde. Or, il ne va concerner que 34% des contrats courts. Dans son livre Révolution, Emmanuel Macron promet le "bonus-malus pour tout le monde" et "pas de dégressivité". La promesse n’a pas été respectée.

Aujourd’hui, cette mesure est pourtant présentée comme celle qui équilibre la réforme…

Au Pôle Emploi de Clichy-Sous-Bois (Seine-Saint-Denis), le 17 avril 2018.
Le gouvernement met en avant la nécessaire transition écologique et la justice sociale. Or, les premières mesures après le discours de politique générale, ce sont ces mesures injustes sur l’assurance chômage. Donc oui, c’est difficile pour nous de combattre ce double discours…
Comment contester cette réforme désormais ?

Dans les conclusions du grand débat, 53% des gens pensaient que pour réduire les dépenses publiques, il fallait toucher aux allocations sociales. Donc, je ne vais pas faire rêver à un grand soir. D’autres le feront, pas moi. On va organiser, le 25 juin, un rassemblement devant le ministère du Travail avec l’Unsa, la CFTC, la CGC, la Fage et des associations de lutte contre la pauvreté et l’exclusion. C’est symbolique, c’est pour dire : on n’est pas dupe. A chaque fois qu’une décision sera injuste, la CFDT sera là pour le dire. Et, selon les sujets, on se mobilisera. Mais la mobilisation revêt des formes différentes, selon la capacité de construire le rapport de forces.

A aucun moment vous n’avez envisagé une action commune avec, notamment, la CGT ?

La CGT va manifester devant l’Unédic, qui gère le système d’assurance chômage, le 26 juin. Elle se trompe de cible. Rappelons quand même qu’ils n’ont jamais signé un accord sur l’assurance chômage et ont toujours considéré que c’était à l’Etat de faire. Eh bien voilà, c’est la fin de l’histoire : l’Etat gère. Et il le fait comme il l’entend… et c’est moins en faveur des demandeurs d’emplois que les compromis passés entre partenaires sociaux.

Il n’y a donc plus de marge de manœuvre ?

Dans une agence Pôle Emploi à Montpellier (Hérault).Hélas, je ne crois pas. Il y aura un décret dans l’été. Je pourrais vous dire qu’on va mettre demain 3 millions de personnes dans les rues, mais ça ne serait pas vrai, ne rêvons pas. Vous n’avez jamais assisté à des dîners avec des amis où certains parlent de "celui qui abuse" ? C’est tellement ancré. C’est pour ça qu’on n’arrive pas à mobiliser sur cette question des chômeurs. C’est dangereux, je suis persuadé qu’une société s’élève quand elle s’occupe de ceux qui sont le plus en difficulté et leur permet de s’en sortir. 

Que faire, alors ?

Il faut incarner davantage. On veut rendre visibles les demandeurs d’emploi, parce que cette réforme n’est pas du tout à hauteur de femmes et d’hommes. Nous voulons permettre aux chômeurs de s’exprimer. Cela peut avoir de la puissance de dire "voilà ce que cette réforme va produire". C’est aussi un des engagements du "Pacte du pouvoir de vivre" que nous défendons : évaluer les politiques publiques à l’aune de leur effet sur les 10% les plus pauvres de notre pays. Nous ne sommes pas découragés.

Pour les précaires, ça reste difficile de se mobiliser. Les syndicats en font-ils suffisamment ?

La CFDT a en son sein beaucoup de chômeurs. Mais nous n’organisons pas spécifiquement les demandeurs d’emploi car le chômage est, normalement, une situation passagère. Dans les accords successifs de l’assurance chômage, la CFDT a toujours porté la voix des plus précaires.

Et pour les travailleurs précaires justement, les abonnés aux CDD ?

Nous nous en occupons de plus en plus dans les entreprises. Avec la mise en place du comité social et économique, la nouvelle instance représentative du personnel, les salariés de la sous-traitance peuvent compter dans l’effectif des entreprises. Dans les boîtes, les élus portent désormais les préoccupations de ces travailleurs du nettoyage, du gardiennage. D’autres équipes syndicales font du gros boulot sur la titularisation des intérimaires, en allant parfois en justice. Si le syndicalisme ne s’intéresse pas encore plus à ces publics précaires, il sera en faute, il perdra une partie de sa raison d’être.

Cet individualisme rampant n’offre-t-il pas un boulevard au gouvernement pour faire exploser la protection sociale ?

Quand le consentement à la solidarité recule, c’est l’individualisme qui progresse. Et ça offre un boulevard à tous ceux qui pensent que la protection sociale devrait être un filet minimal de sécurité. C’est l’inverse de la philosophie de 1945, à savoir l’idée que chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins.

Si la protection sociale est en danger, cela veut dire que sur la réforme des retraites vos inquiétudes sont grandes ?

Le 7 mars 2018, à Paris, sur le stand de Pôle Emploi au Forum Emploi Senior.
Non, parce que sur ce dossier il y a eu une concertation. Si le gouvernement a la même logique à l’égard de nos propositions que sur ce précédent dossier, c’est-à-dire d’en avoir rien à faire, évidemment, nous serons en opposition. Mais nous ne serons pas de ceux qui diront que tout est à jeter et qu’il faut déjà faire des mobilisations sur une réforme dont on ne connaît même pas le début.

Une des dernières grandes mobilisations syndicales portait sur les retraites. C’était en 2010…

C’est aussi le dernier grand échec syndical. La réforme est passée malgré la mobilisation, et il y a eu beaucoup de perte pour le syndicalisme. Par contre, en 2013, sans aller dans la rue, nous avons obtenu l’instauration du compte de la pénibilité. La mobilisation syndicale ne se résume pas à des cortèges.

Cette réforme a-t-elle été prise par des gens hors sol ?

En tout cas elle est hors réalité quotidienne vécue par ceux qui subissent la précarité. Chaque semaine, je vais au moins une fois sur le terrain [en souliers vernis] pour discuter avec les militants dans les entreprises. Un certain nombre d’éditorialistes mais aussi d’acteurs politiques devraient le faire plus souvent.

A force, face à ces réformes qui se font sans prendre en compte l’avis des syndicats, vous n’êtes pas déçu ?

Les militants d’entreprise ne choisissent pas leur patron. C’est la même chose avec un gouvernement… C’est vrai que cela faisait au moins cinq ou six ans que je n’avais pas autant eu les nerfs. Mardi, j’avais la boule au ventre, car je sais qui sont les chômeurs qui seront touchés, je les connais. Evidemment, on est tenté de se dire que face à des gens qui ne comprennent pas les réalités, cela ne sert à rien de se battre. Mais on a choisi d’être militants. Parfois on prend des coups, mais on doit continuer de se battre. Et tant qu’on pourra discuter, on discutera. 

dimanche 3 février 2019

Coup de gueule du maire de Créteil après l’arrivée discrète de plusieurs dizaines de migrants

Un maire d'extrême droite, probablement...

Ils disent tous que leur ville paie déjà un lourd tribut, mais ce maire est socialiste...

Laurent Cathala assure qu'il a été mis devant le fait accompli.

Ils ont été déposés devant des bureaux inoccupés de la ville, sans crier gare.
Cadeaux de  Castaner, qui fut jusqu'à peu socialiste, les soixante-dix quidams ne sont pas passés inaperçus au petit matin à Créteil, Val-de-Marne. Parce que les socialistes doivent coller à l'image qu'ils se donnent, ce jeudi, ils ont placé leurs nouveaux migrants dans les anciens bureaux du Paris Football Club, au parc interdépartemental des sports (PIDS) Paris-Val de Marne. Or, ce lieu d'accueil est situé côté plaine Sud, donc côté Créteil, mais à Choisy-le-Roi, commune communiste depuis l'après-guerre... On n'apprend pas à un socialiste de 74 ans à faire la grimace !

Cette réquisition s’inscrit dans le cadre du plan hivernal. Ces clandestins, majoritairement Soudanais, vivaient dans la rue, alors que la neige tombait, Porte de la Villette à Paris, espace précaire sans cesse évacué et réoccupé.
"Ce sont des hommes au parcours très difficile, qui vivent dehors depuis quatre ans, ont fait le tour de l’Europe, qui ont déjà été hébergés dans plusieurs gymnases", explique Emmanuel Ollivier, l’un des directeurs de  l’Armée du Salut, une fondation (reconnue d'utilité publique, c'est pourtant une personne morale de droit privé) chargée de gérer le dispositif. Deux d’entre eux ont d’ailleurs été hospitalisés à leur arrivée.
Rappelons au passage qu'un amendement a étendu le périmètre du financement de la Sécurité sociale à la "protection sociale", également en catimini, pendant que tous les micros et caméras étaient braqués sur "l’affaire Benalla/Macron". Les risques habituellement couverts par la Sécurité sociale ont été élargis à 11 dans les comptes de la protection sociale : maladie, maternité, survie, vieillesse, chômage, invalidité, famille, logement, insertion et réinsertion professionnelle, accidents du travail, pauvreté et exclusion sociale. Volonté de l’amendement n° 1521 déposé par le député LREM de l’Isère, Olivier Véran, un médecin.
"Sans information, ni concertation," selon Laurent Cathala

Mais cette installation discrète et forcée ne passe pas en mairie de Créteil. 
Résultat de recherche d'images pour "migrants Soudanais Porte de La Chapelle"
"La préfecture du Val-de-Marne, sans information ni concertation préalable, tente à nouveau de pérenniser une nouvelle structure d’accueil sur le territoire communal", regrette le maire PS Laurent Cathala. La ville compte déjà une plateforme d’accueil France Terre d’Asile, avec 6.000 personnes accueillies par an, un centre d’accueil pour demandeurs d’asile (200 places), un centre de transit (80 places), un centre provisoire d’hébergement (129 places).

Dernier dispositif en date : l’ancien centre de tri postal a été transformé en établissement d’hébergement d’urgence de 200 places depuis novembre 2016. Cette réquisition devait prendre fin en juin 2017, puis à l’été 2018. Depuis, la ville-préfecture n’a plus d’horizon...

Réquisition autoritaire des lieux pour deux à trois mois
Résultat de recherche d'images pour "migrants Porte de La Chapelle"
Porte de La Chapelle, Paris
L’an passé déjà, un gymnase du PIDS avait servi à héberger 120 migrants venus de la Porte de La Chapelle à Paris, pendant deux semaines. Un site sur le périmètre de la ville de Créteil mais "plus en retrait".

Cette fois, les réfugiés sont installés à l’entrée du parc. Des lits et des kits d’hygiène leur ont été distribués avec l’aide de la Croix-Rouge. Du matériel — four, réfrigérateur… — a été ramené. Les lumières sont allumées ce vendredi dans les deux pièces des anciens bureaux du Paris Football Club. Blouson abandonné sur les buissons. Mais pas d’allées et venues, vers le bâtiment situé en face : des vestiaires où les migrants pourront profiter de sanitaires et douches individuelles. 

De fait, Laurent Cathala s’inquiète d’un possible "impact pour les activités concernées", rappelant que la ville loue les installations 60.000 € par an : des bâtiments qui se situent à deux pas des tennis de l’US Créteil.

L’Etat a réquisitionné les lieux pour une durée de deux à trois mois. Contactée, la préfecture n’a pas donné suite. Elle a passé la patate chaude...

mercredi 27 décembre 2017

Quimperlé: un médecin absent, mais rémunéré pendant 33 ans par l'hôpital public

L'hôpital public de Quimperlé lui a versé les deniers du contribuable

Aucun élu au conseil de surveillance du centre hospitalier ?



Pendant 30 ans, un médecin a été rémunéré par l’hôpital de Quimperlé sans avoir à travailler
Payé à rester les bras croisés
Un médecin du centre hospitalier de Quimperlé a été payé durant trente ans à ne rien faire, a enfin révélé la Chambre régionale des Comptes de Bretagne dans son rapport rendu public jeudi 21 décembre. 
Depuis 1982, les CRTC sont supposées exercer une triple compétence sur les collectivités territoriales et leurs établissements publics : jugement des comptes des comptables publics, examen de la gestion et contrôle des actes budgétaires...

Résultat de recherche d'images pour "centre hospitalier quimperlé"La ville a été gérée par le socialiste Daniel Le Bras de 2001 à 2008. 
Or, il était médecin anesthésiste-réanimateur : comment aurait-il pu savoir ?... Le maire actuel Michaël Quernez, depuis avril 2014, encore un socialiste et conseiller général (depuis 2008) a-t-il agi au bon usage des deniers publics ?

Cet établissement public de santé multi-sites compte 569 lits et 59 places, touchant un bassin de population de 60.000 habitants. Il appartient au territoire de santé n° 3 dont l’hôpital de référence est le centre hospitalier de Bretagne Sud (CHBS) de Lorient, dont Jean-Yves Le Drian (70 ans) fut le maire PS de 1981 à 1998, en même temps que président du Conseil régional de Bretagne (2004-2012 et 2015-2017), tout en étant ministre de la Défense (2012-2017, puis des Armées (depuis 2017).

Un médecin a pourtant indûment coûté 5,5 millions d'euros à l'hôpital de Quimperlé (12.000 habitants, Finistère) pour la seule période 2012-2016, écrit la Chambre régionale des Comptes de Bretagne dans un rapport publié jeudi.
Photo Le Télégramme
Une délégation fut reçue par Michaël Quernez,
maire et président  du conseil de surveillance
de l'hôpital
 de Quimperlé
Le médecin, dont le nom n'est pas cité avait été nommé chef de service en 1984 au centre hospitalier de Quimperlé. "Depuis cette date, plusieurs rapports émanant de diverses instances (...) ont relevé des problèmes quant à la manière de servir de ce médecin, mentionnant par exemple " 'une incompétence avérée' ", ainsi que des problèmes de comportement, tant vis-à-vis du personnel que des patients, incompatibles avec ses fonctions", indique la chambre dans son rapport.  
"Il faisait des diagnostics et des prescriptions loufoques", confie un salarié de l’hôpital à France Bleu, évoquant un homme "dangereux".

Mais ce dernier est néanmoins resté aux effectifs de l'établissement.
 
"Outre un déficit d'image, il en est résulté un coût salarial de 130.000 euros par an et une privation de recettes annuelles estimée à 980.000 euros, soit un coût total de 5,5 millions d'euros entre 2012 et 2016" pour l'hôpital, résume sobrement la Chambre régionale des Comptes. La direction de l'hôpital ne souhaite pas communiquer. 

Une "situation irrégulière, liée à une volonté de défense du corps des praticiens hospitaliers" pointée par les magistrats 

Programmée hier à 9 h, puis 11 h, puis midi, la rencontre entre le directeur du CHBS et les élus CGT n'a pas eu lieu.
La CGT de Qimperlé s'est-elle mobilisée pour la bonne cause ?
Les magistrats soulignent que cette connivence du milieu "contrevient à l'intérêt général, aux intérêts du système de santé publique et de protection sociale et altère la pérennité financière de l'établissement". 

Malgré plusieurs procédures, le médecin n’a jamais été licencié. "Les instances médicales et les différents responsables médicaux de l’établissement ont, au cours de ces années, manifesté une volonté individuelle de ne pas travailler avec l’intéressé tout en le protégeant, en raison de sa qualité de praticien hospitalier", expliquent les magistrats.

En 2004, l'agence régionale de l'hospitalisation (ARH) a même attribué une enveloppe de 124.000 euros par an à l'hôpital pour "compenser le surcoût lié à ce praticien sans affectation ni activité".
En 2010, le directeur de l'hôpital lui a demandé -en vain - de faire valoir ses droits à la retraite. Au 31 octobre 2016, il percevait une rémunération brute de près de 7.400 euros par mois. Il a finalement pris sa retraite en janvier 2017.

mercredi 11 octobre 2017

Raquel Garrido accablée par de nouvelles révélations sur ses revenus non déclarés à l’Urssaf

La porte-parole de Mélenchon n’a pas transmis la déclaration de ses revenus pour l'année 2016

L'élue de La France Insoumise nie.

Raquel Garrido est à nouveau mise à nu par le Canard Enchaîné. 
Dans son numéro paru mercredi, l’hebdomadaire anarchiste affirme que l’avocate "n'a pas déclaré un sou de revenu à l’Urssaf en 2016". L'avocate franco-chilienne a ainsi été l’objet d’une "contrainte" de 6.113 euros à régler à l'organisme en mars 2016. 
Les avocats libéraux cotisent au RSI (régime social des indépendants) pour la protection sociale obligatoire des travailleurs indépendants, artisans, industriels et commerçants et professions libérales et pas seulement maladie, et à la caisse nationale des barreaux français (CNBF) pour leur retraite.

La juriste insoumise est-elle frappée de 'phobie administrative?
Malgré cet avertissement, Raquel Garrido aurait à nouveau oublié ses devoirs. Le 28 septembre, l’administration lui a rappelé ses obligations dans un courrier. "Nous ne sommes pas en possession de votre déclaration de revenus professionnels et de vos cotisations personnelles et obligatoires", déclare la lettre, citée par le Canard. En conséquence, l’avocate est désormais soumise à une "taxation d’office".

Raquel Garrido assure que "ces documents sont caducs ou erronés"

Résultat de recherche d'images pour "cORBIERE gARRIDO melenchon"Au journal dit 'satirique', la Franco-chilienne assure que, "contrairement à ce qu'imagine le Canard, ce n'est pas parce que je me suis mise en règle il y a dix jours : je suis à jour de mes obligations déclaratives de 2015 depuis des mois". 
La porte-parole de Mélenchon assure être désormais "à jour" - sous la contrainte - de ses "obligations déclaratives sur les revenus de 2016" et "de tous (ses) paiements URSSAF".
Les 29 URSSAF régionales (unions de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d’allocations familiales) sont des organismes privés chargés d'une mission de service public, le "recouvrement" du régime général de la ...sécurité sociale. C'est-à-dire que Garrido s'était libérée des ses obligations de financement solidaire du régime général de la Sécurité sociale (régime de l'Assurance-chômage, Autorités organisatrices des transports, Fonds national d'aide au logement, fonds de solidarité vieillesse, CMU, régime retraite complémentaire, etc…).
Il n'empêche que Garrido fut dirigeante étudiante de l'UNEF (Union nationale des étudiants de France – Indépendante et démocratique) et vice-présidente de l'association SOS Racisme...
Cette belle âme, une bonne cliente des plateaux de radio et de télévision, est inscrite depuis 2011 au barreau de Paris où elle est spécialisée dans le droit de la presse. Elle n'a pas trop galéré pour se constituer une clientèle : cofondatrice du Parti de gauche en 2008, elle est conseil juridique de Jean-Luc Mélenchon, notamment dans les contentieux face à Marine Le Pen, Jean-François Copé, Nathalie Kosciusko-Morizet et Alain Juppé. Elle est également l'avocate de Maryline Mélenchon, fille du camarade Jean-Luc. 
Le Canard n'épargne pas l'épouse Corbière (LFI) sur sa moralité

Dans le même article, l’hebdomadaire d'extrême gauche revient sur l’affaire des cotisations non réglées à la Caisse des retraite des avocats (CNBF), révélée dans son édition du 4 octobre.  Un communiqué de la CNBF avait affirmé que cette information sur Garrido (mot espagnol qui équivaut aux adjectifs élégant ou riche !) était "inexacte". 
Avec une cruelle ironie, le Canard mis en cause reconnaît une "inexactitude" sur l’intitulé des impayés. Il ne s’agissait pas de "cotisations sociales", mais de "32.215 euros de contribution aux droits de plaidoirie" dues à la caisse de retraite par la militante Insoumise. Un fac-similé du document l’atteste.

"Le Canard insiste, alors que la CNBF a fait un démenti", se plaint Raquel Garrido à l'AFP. 
"Il était totalement faux de dire que je n'avais jamais payé de cotisations ou de droits de plaidoiries depuis six ans, c'est-à-dire depuis ma prestation de serment". 
L'hebdomadaire "n'avance aucun document prouvant leurs dires sur ce point", estime l'Insoumise. La candidate du Front de gauche aux législatives de 2012 dans la 2e circonscription des Français établis hors de France (arrivée 4e - en Amérique Latine - avec 8,6 % des voix) assure que "le document produit ne correspond pas à la réalité".
Rendez-vous mercredi prochain : Le Canard se fait en effet du blé en distillant ses informations sur plusieurs semaines...
Le couple Garrido-Corbière vit toujours en ...HLM
Résultat de recherche d'images pour "cORBIERE gARRIDO"
Depuis plusieurs semaines, la chroniqueuse de l'émission 'Les Terriens du dimanche' sur C8 est au coeur de multiples affaires. La juriste internationale 
Raquel Garrido dénonce pourtant une forme d' "acharnement" (de classe" ?).Ainsi, ce mardi 10, le site Buzzfeed publia un nouvel article embarrassant pour le couple qu'elle forme avec le député Alexis Corbière (France insoumise).Elu en juin, le député Corbière (LFI) avait promis qu’il quitterait l’appartement HLM qu’il occupe depuis 2003 avec sa compagne et trois de leurs enfants. D'après Buzzfeed, plus de trois mois après son élection, le couple vit toujours dans ce logement social de 80m2 situé dans le XIIe arrondissement de Paris, contre un loyer de 1.200 euros environ. Une HLM est en effet une habitation à loyer modéré qui bénéficie d'un financement public partiel, direct (subvention) ou indirect... Il n’y a rien d’illégal à cela, si ce n’est que la Régie immobilière de la Ville de Paris (RIVP) demande, depuis 2009, aux élus et ministres de ne plus occuper des logements initialement voués à des ménages modestes.
Buzzfeed affirme que les courriers adressés au couple sont restés lettre morte. 
Résultat de recherche d'images pour "cORBIERE gARRIDO"
Au point que la RIVP a dû faire appel à un huissier. Du jamais vu. Alexis Corbière se défend : "Cette lettre n'appelait aucune réponse et il faudrait peut-être que je trouve un logement d'abord. (...) Je suis en train de chercher un logement mais, avec une famille de trois enfants, ça ne se fait pas en claquant des doigts." 

Faites ce que je dis, pas ce que je fais.
Un couple politique d'extrême gauche est au-dessus de l'éthique sociale.

vendredi 6 novembre 2015

COP21: scandale des travailleurs détachés employés sur le site de la conférence

Valls et Royal ne tiennent pas leurs engagements sur l'emploi local

Des révélations de 
France 2 ouvrent une polémique trois semaines avant le début de la COP21

Fabius lance le chantier express de la COP21 
au Bourget, le 6 octobre 2015

La conférence de Paris sur le climat (COP21) affronte des problèmes de financement et de sécurisation et de négociations préparatoires à un échec annoncé pour un monde plus durable, mais ses promesses de localisme se heurtent aujourd'hui à l'emploi par ses organisateurs vertueux de travailleurs détachés, donc de main d'oeuvre étrangère à moindre coût, au détriment des chômeurs français.
Le 10 octobre dernier, les équipes de chantier avaient 40 jours pour construire 80.000 mètres carrés de bâtiments éphémères qui accueilleront la COP21 à partir du 30 novembre prochain et pour 11 jours.

Fini le "produire et consommer local", fanfaronné il y a quelques mois encore par les organisateurs de cet événement planétaire qui se tiendra, fin décembre, au Bourget (Seine-Saint-Denis). La tendance est au déraisonnement sous l'effet de la chimère écologique. Celle du jour, la "relocation de l’économie", le "produire et consommer local" que les anglo-saxons ont nommé "locavorisme", a aussitôt trouvé ses limites en se frottant à la réalité. 

"Sur les 3.400 salariés employés à la construction du site de la conférence, environ 250 sont des travailleurs détachés de nationalité européenne"a dû l'admettre, jeudi, Pierre-Henri Guignard, le secrétariat général de la COP21. Avant de préciser que "tous [avaient] fait l'objet d'une déclaration à l'administration". La veille, un reportage de France 2  dans "L'oeil du 20 heures" avait justement révélé la présence de "travailleurs détachés" sur le chantier de la COP21.

Venus d’autres pays de l’Union européenne,
ces salariés sont embauchés pour des emplois temporaires et avec une protection sociale minimale. Une aubaine pour les entreprises françaises qui peuvent par ailleurs payer leurs cotisations sociales au niveau avantageux en cours dans le pays d’origine. 
Le pouvoir socialiste est coutumier du fait, puisqu'il a récidivé en faisant appel à l'une d'elles, la société GL Events citée par France 2. En août, le PS avait déjà été eu recours à la même entreprise au cœur d'une polémique similaire, en employant des travailleurs détachés roumains pour l'organisation de son université d'été.
Contredisant les faits qui le mettent en cause, Pierre-Henri Guignard assure pourtant que "le gouvernement, qui a fait de la lutte contre la fraude au détachement l’une de ses priorités, fera respecter scrupuleusement la législation française"...

Les PME de Seine-Saint-Denis ne profitent pas de l'aubaine

Le redressement de la courbe de l'emploi ne passe pas par la COP21 
Dans un département où le chômage atteint 15%, aux demandeurs d'emploi local, les organisateurs préfèrent des salariés venus de Pologne, République tchèque, Croatie ou encore Slovaquie pour le montage des hangars, l’installation des stands, l’accueil du public et la préparation des repas sur le futur site de la COP21. "Et nous devons évidemment réussir à donner à ces deux semaines de rencontre une haute qualité environnementale," raconte ce fantoche de Laurent Fabius.

Le successeur socialiste de Claude Bartolone (PS) à la présidence du Conseil général de Seine-Saint-DenisStéphane Troussel, ne cachait pas sa joie du "coup de projecteur" que l’événement jetait sur le '93'. Il espérait qu’il profite à ses habitants et ses entreprises. "Ça a l’air de bien marcher, prétendait-il, début octobre, devant un bon public, Libération. Nos entreprises du nettoyage ou de la restauration vont pouvoir se positionner comme prestataires." Le Quai d'Orsay promettait 100.000 millions d’euros de retombées pour l’Ile-de-France. Pourtant, selon le Medef local, interrogée par France 2, "rien" ne semble se dessiner pour les PME du coin, et ce malgré les 25 groupes de travail organisés avec les responsables de la COP21.


Le recours à des travailleurs détachés plutôt qu'à des salariés français du 93 est un effet collatéral des coûts sociaux en France. Le financement de la COP21 n'est pas assuré et l'appel à des personnels étrangers à bas coût en est une conséquence directe. Le budget total prévu pour la COP21, ce méga-sommet qui doit se tenir du 30 novembre au 11 décembre 2015 au Bourget, devrait atteindre 187 millions d’euros. Alors, en mai, taurent Fabius en était à faire appel aux entreprises pour financer la COP 21.

Le Monde, journal officieux du PS, cite des sociétés qui auraient répondu 'présent', dont les assureurs Axa (SA), Caisse centrale de réassurance (CCR, société anonyme détenue à 100 % par l’État français), Generali (italien), que l’impact des tempêtes, inondations et autres désordres climatiques frappent de plein fouet, ainsi que le secteur bancaire, dont...la Caisse des dépôts et consignations (qui exerce des activités d'intérêt général pour le compte de l'État), et de grands groupes de l’énergie... EDF et ERDF (établissements publics) ou encore  Renault Nissan, Air France (Etat français actionnaire à hauteur de 17,6 %), La Poste (SA à capitaux publics) qui ne semblent pas avoir tellement eu le choix: ce sont, pour la plupart, des entreprises publiques !
L’ONG Oxfam, auteure avec Les Amis de la Terre d’un récent rapport très critique sur EDF et sur Engie, dénonce le fait que "la COP21 sera financée par des champions français de la pollution", citant BNP Paribas, EDF et Engie, accusées de se livrer à "une véritable opération de greenwashing avec la complicité du gouvernement français", au lieu de "s’engager à stopper tout soutien au secteur du charbon d’ici au sommet sur le climat".
Accueillir à Paris la conférence sur le climat, "le plus grand événement international jamais organisé sur le sol français", a forcément un coût, mais la France de Hollande n'a pas les moyens de ses ambitions. Thomas, son flambeur de fils, a de qui tenir. Selon le député PS Pascal Terrasse, 1 euro d’argent public dépensé générera 2,80 euros de chiffre d’affaires. Ce bénévolat de la France peut rapporter gros ?
Le gouvernement espère que l’effort des entreprises partenaires atteindra 20 % du total. Et encore le secrétariat général de la conférence a réduit les coûts, tablant plutôt sur un budget disponible de 165 millions. Les participants ont d'ailleurs apporté leur contribution: sur les 196 délégations que la France devait accueillir, moins de 100 feront finalement le déplacement: solidarité internationale aux insuffisances de l'Etat-hôte !...

Le président du 9.3 avoue qu'il savait depuis longtemps. 
"Depuis mercredi, tout le monde crie au loup, mais cela fait longtemps que l’on sait qu’il y a une concurrence déloyale dans l’Union européenne", s’agace Stéphane Troussel. Alors, eurosceptique, le socialiste ? Le patron du département veut encore y croire... "Depuis le début, les organisateurs de la COP21 ont toujours essayé de jouer le jeu avec notre département. On a demandé 200 places de stage pour nos étudiants en BTS et nous les avons obtenues. Et là, nous sortons d’une réunion, au cours de laquelle on nous a garanti que, sur les 1.000 emplois qui allaient être créés autour de l’organisation, de l’orientation du public et des transports nécessaires pour l’événement, une grande partie serait pour les habitants de Seine-Saint-Denis."  Que de flou ! Une "grande partie," places de BTS "obtenues", formation en accéléré ? Ou créations de postes non pourvus pour BTS non recrutés au final ? Gabegie de l'Education nationale à Pole emploi ?
Et le président socialiste de conclure sur un fantasme : "Mais le véritable enjeu, c’est l’emploi vert, celui du futur, et avec son vieux passé industriel, la Seine-Saint-Denis est bien placée pour jouer un rôle dans la révolution industrielle verte." Pipeau !
Les faits prouvent que non.