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dimanche 29 septembre 2019

Incendie de l'usine Lubrizol de Rouen : ce qui fuite et explose

Les propos rassurants du préfet, représentant du gouvernement, et l'hypocrisie de la ministre de la Santé, font exploser la cocotte de l'opinion

Après avoir tenté d'endormir l'inquiétude de la population, le préfet a confirmé, samedi, la présence d'amiante

L\'incendie de l\'usine Lubrizol vu depuis les hauteurs de Rouen (Seine-Maritime), le 26 septembre 2019.

Il a admis que le toit de l'usine partie en fumée en contenait, sans altérer, selon lui,  la qualité de l'air. 
"Nous sommes dans un état habituel de la qualité de l'air à Roue,." assure-t-il. Samedi 28 septembre, trois jours après l'incendie de l'usine Lubrizol de Rouen, classée Seveso, le préfet de Normandie et de Seine-Maritime, Pierre-André Durand, continuait de se montrer rassurant. Toutefois, certaines zones d'ombre demeurent quant à la cause de l'incendie, ou à la toxicité à plus long terme des émanations. Voici ce que l'on sait, et ce que l'on ignore encore, de cet accident industriel majeur.

Agnès Buzyn, ministre de la Santé, et Elisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et solidaire, étaient à Rouen, vendredi soir.
Tout autre son de cloche depuis Paris, du côté du ministère de la Santé.
La ministre, Agnès Buzyn, et la ministre de la Transition écologique et solidaire, Elisabeth Borne, étaient à Rouen, vendredi soir, après l’incendie de l’usine Seveso.

"La ville est clairement polluée" par les suies, a déclaré la ministre de la Santé, vendredi à Rouen.

"Je comprends la population (…), les produits peuvent être irritants sur le moment
, a nuancé la ministre. Ce sont des suies, comme une pollution, comme des galettes, par exemple de goudron sur les plages. Si on voit des galettes de goudron sur les plages, on demandera aux enfants de pas les toucher (…) Et bien c’est la même chose que nous demandons aux riverains aujourd’hui, c’est-à-dire de nettoyer ces suies, ces saletés, visuellement très repérables, à prendre des précautions notamment en mettant des gants", a développé Agnès Buzyn qui s’exprimait au côté de la ministre de la Transition écologique, Elisabeth Borne.
"C’est une usine qui produit des hydrocarbures, même si elles ne sont pas en grandes quantités, même si elles sont très proches des seuils, ce n’est jamais bon pour la population de toucher ce genre de produits, a généralisé Agnès Buzyn. Je ne peux pas dire qu’il n’y a pas de danger. Il y a forcément des traces d’hydrocarbures. Nous rendrons transparents la totalité des prélèvements réalisés hier et aujourd’hui », a-t-elle promis.
Elisabeth Borne, une ancienne préfète, a pour sa part précisé qu’il n’y a "pas de polluants anormaux dans les prélèvements effectués."

Et d'ajouter, avec la volonté présumée d'allumer un pare-feu à la polémique qui se développe : "Je suis très étonnée de voir un incendie qui se déclare en pleine nuit, dans un endroit où il n’y a personne. Je m’interroge", a supputé le PdG de Lubrizol France, Frédéric Henry, après le départ des deux ministres parisiennes.

Ce qu'il faut avaler



• Des mesures de qualité de l'air "normales". 
Le préfet a livré les résultats des premières analyses menées dans l'air après l'examen de premiers prélèvements. Ces analyses ont été menées sous l'égide de l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris): créé en 1990, il est placé sous la tutelle du ministère de la Transition Ecologique et Solidaire français. Les éléments volatils ont tous été mesurés à "des taux inférieurs au seuil de quantification". "Nous sommes dans un état habituel de la qualité de l'air à Rouen", a assuré Pierre-André Durand. "A une exception près", selon le préfet, qui a fait état d'une "présence de benzène sur le site" de l'usine. Le détail des mesures officielles a été publié sur le site de la préfecture de Seine-Maritime.

• De l'amiante dans les toits partis en fumée. 
Ils sont constitués de fibrociment, un matériau reconnu pour ses qualités isolantes mais qui contient de l'amiante. A ce sujet, "un programme de mesures de fibres dans l'air a été lancé dans un rayon de 300 mètres autour du site", a annoncé le préfet. Ce périmètre a été déterminé en prenant en compte les circonstances du sinistre, lors duquel "la quasi-totalité du toit s'est affaissée".

• Le préfet a évacué le sujet des sols touchés par les suies.
Elles se sont déposées sous l'effet des pluies. Il n'y a "pas de différences significatives entre un prélèvement témoin et d'autres situés sous le panache", a soutenu le préfet. "On retrouve les teneurs habituels pour une suie", a-t-il insisté.

• Des traces de plomb à certains endroits. 
Des traces de plomb ont en outre été relevées à certains endroits. Comme dans l'Ile de la Cité, suite à l'incendie de la cathédrale ND-de-Paris, où des écoles environnantes ont été temporairement fermées. Mais, selon le préfet, elles sont "vraisemblablement imputables à des traces historiques", c'est-à-dire à une pollution préexistante à l'incendie.

• Des plaintes déposées. 
Au moins cinq personnes ont décidé de porter plainte contre X, à la suite de vomissements et malaises survenus après l'incendie de l'usine Lubrizol. Leurs avocats, Jonas Haddad et Grégoire Leclerc, précisent que d'autres plaintes seront déposées dans les prochains jours. Me Leclerc évoque "une vingtaine de rendez-vous dès lundi". Les deux avocats disent avoir reçu "depuis 48 heures des appels de particuliers, mais aussi d'entreprises".
"Certains plaignants se sont plaints d'avoir eu des nausées importantes, d'autres ont été obligés d'aller à l'hôpital. L'un des plaignants a eu un malaise pendant la nuit à cause de ça, alors qu'il n'est jamais pris de vertiges, et il est tombé la tête la première, ce qui lui a occasionné des points de suture", précise Jonas Haddad. "Une autre personne évoque le fait qu'elle avait stocké des eaux, et l'intégralité des eaux a été souillée par les suies d'hydrocarbures", ajoute l'avocat.

• Une enquête judiciaire élargie. 
Aussitôt le sinistre pris en compte - soit près de deux heures après l'apparition de l'incendie et les explosions qui ont alerté la population -, une enquête pour "destructions involontaires par l'effet d'une explosion ou d'un incendie" a été confiée au service régional de la police judiciaire de Rouen, en co-saisine avec l'office central contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique, la direction centrale de la police judiciaire et la direction générale de la gendarmerie nationale.
Samedi, cette enquête a été élargie pour le chef de "mise en danger d'autrui". Dans un communiqué, le procureur de la République de Rouen, Pascal Prache, a justifié cette décision par "les plaintes portées à la connaissance du parquet, dans le ressort du tribunal de grande instance de Rouen ou hors ressort", et qui lui sont "adressées au fur et à mesure".

Ce qu'on ne saura peut-être jamais

• La cause de l'incendie. 
On ignore toujours les raisons du gigantesque incendie qui s'est déclaré dans la nuit de mercredi à jeudi. Dans un communiqué, Lubrizol a précisé que "l'incendie a touché un entrepôt, une installation d'enfûtage et un bâtiment administratif".
Jeudi, le préfet s'est couvert en affirmant que cette usine est "aux normes telle que nous l'avons vue en 2019", "parfaitement à niveau". Il avait cependant reconnu qu'"elle ne l'a pas toujours été" : en 2017, "elle a fait l'objet d'une mise en demeure" en raison de "dix-sept manquements", puis qu'une "mise à niveau" avait été réalisée. Lors de la conférence de presse de samedi, il n'a livré aucune autre information à ce sujet.

• La liste des matériaux qui ont brûlé. 
"Des hydrocarbures, des huiles et des additifs chimiques pour huiles de moteur" constituent "l'essentiel de ce qui a brûlé", a indiqué le préfet, sans détailler la liste exacte des composants chimiques. Il a souligné que "l'intégralité" des matériaux utilisés par l'entreprise est consultable publiquement, mais n'a pas précisé lesquels avaient brûlé et lesquels avaient été épargnés.
Le préfet et un responsable du Sdis (pompiers) de Seine-Maritime ont confirmé que des éléments radioactifs scellés, utilisés pour des instruments de mesure, étaient bien présents sur le site, mais ils ont certifié que ceux-ci n'avaient pas été affectés par l'incendie.

• La toxicité des émanations. 
Au total, 51 personnes ont consulté les établissements de santé rouennais jeudi et vendredi matin à cause de l'incendie. Parmi eux, cinq adultes - qui avaient déjà des pathologies respiratoires auparavant, précise-t-on - ont été hospitalisés, selon le Samu. Immédiatement après l'incendie, le préfet avait indiqué qu'il n'y avait "pas de toxicité aiguë" dans la fumée, selon les premières analyses, précisant que les bruits d'explosion entendus par les habitants correspondaient à des explosions de fûts d'huile. Une déclaration confirmée par les analyses complémentaires.

En revanche, une toxicité à long terme n'est pas exclue. 
"L'inquiétude est absolument légitime. Ce nuage qui est passé au-dessus de Rouen est chargé en poussières hautement toxiques au minimum cancérogènes", estime Annie Thébaud Mony, spécialiste des cancers professionnels et directrice de recherche honoraire à l'INSERM, institut sous la responsabilité du ministère de l'Enseignement supérieur, et dont le PdG de 2014 à 2018 a été le professeur Yves Lévy, époux d'Agnès Buzyn, actuelle ministre de la Santé et, elle-même oncologue, ex-présidente de l'Institut national du cancer (dès 2011).

• Les conséquences sur les cultures agricoles. 
Des mesures conservatoires ont été décidées. "Les productions végétales non récoltées ne devront pas l'être", a annoncé le préfet. Les productions récoltées avant le 26 septembre et susceptibles d'avoir été exposées, "devront être consignées sous la responsabilité de l'exploitant jusqu'à obtention de garanties sanitaires sur les productions et sur la base de contrôles officiels et d'une évaluation du risque sanitaire".


En ce qui concerne les potagers de particuliers, il est recommandé de ne pas consommer les produits souillés. Ils peuvent cependant l'être après avoir été soigneusement lavés ou épluchés, a minimisé le préfet.
Important investisseur dans Coca-Cola, le propriétaire de Lubrizol est l'Américain Warren Buffett.
C'est le troisième homme le plus riche au monde selon le classement annuel du magazine Forbes, qui estime sa fortune à 82,5 milliards de dollars américains en 2019). Et ce Démocrate historique, proche des "humanistes" Bill Gates ou les frères McDonald's, a soutenu Hillary Clinton à l'élection présidentielle de 2016.

lundi 19 août 2019

Traversée de l'Atlantique : l'opération médiatique de Greta Grunberg laissera une empreinte écologique déplorable

La pseudo-écologiste Greta Thunberg n'hésite pas à polluer pour faire sa campagne

Une défense incohérente et irresponsable de la planète

La traversée de l'Atlantique par l'activiste Greta Thunberg,
une fumisterie

Cet épisode illustre les dégâts de l'arrogance et de la vertu écologiste. Des membres de l'équipage qui l'accompagneront vont voyager jusqu'à New York, faisant grimper l'empreinte écologique de l'opération, explique 'Die Tageszeitung'.

L'esbroufe continue : faites ce que je dis, pas ce que je fais !

Résultat de recherche d'images pour "Malizia II"Dans l'esprit de ses très médiatisées prises de parole, Greta Thunberg, adolescente suédoise de 16 ans, a entamé, mercredi 14 août, une traversée de l'Atlantique en voilier zéro carbone pour New York, en près de deux semaines, pour assister au sommet mondial de l'ONU au mois de septembre. Puisqu'elle refuse de voyager en avion, jugé trop polluant, cette opération est destinée à promouvoir la lutte contre le réchauffement climatique

Résultat de recherche d'images pour "Pierre Casiraghi et Boris Herrmann Greta Thunberg"
Or, cette opération est une farce tragique
Résultat de recherche d'images pour "Malizia II"car l'impact écologique serait plus grave qu'il n'est apparu à sa bande d'experts donneurs de leçons. En effet, comme l'a expliqué au journal allemand Die Tageszeitung, le porte-parole du skipper, Boris Herrmann, cinq membres d'équipage du Malizia II vont voyager jusqu'à New York... en avion pour ramener le navire !

Gerhard Senft a passé trois jours et trois nuits dans le golfe de Gascogne.  Cela fait de lui l'un des rares à pouvoir vraiment évaluer ce qui se passe sur Greta Thunberg.
Ce qui n'est pas précisé - et qu'il ne convient pas de révéler -, c'est que le bâteau est monégasque et qu'il est la propriété du "prince" Pierre Casiraghi. Mais France Inter l'a fait. Alors, suivant la technique des "fact-checkers" officiels, plutôt que de prouver que l'information est fausse sur le fond, les détenteurs de toute vérité officielle objectent que le Pierrot n'est pas prince, ce qui suggérerait que, du même coup, son implication serait une "fake news". 
Il reste que notre Pierrot est le fils de la princesse Caroline de Monaco, princesse de Hanovre (en Allemagne) et qu'il a mis gracieusement à sa disposition à la fois son temps précieux et un bateau de compétition de 60 pieds (18 m), le Malizia II - qui termina 5e au classement Imoca dans la Route du Rhum 2018 - qu’il skippe avec l’Allemand Boris Herrmann (photos ci-dessus, ainsi que ci-dessous à la gauche du skipper en titre). “Je suis honoré que Greta ait accepté notre invitation”, a déclaré le skipper allemand.
Résultat de recherche d'images pour "Malizia II"
L'armateur fut d'abord le couple Ariane et Benjamin Rothschild qui a cédé le navire à l'homme d'affaires Gerhard Senft qui a fait fortune dans l'immobilier, comme le papa du "prince" sans titre, dans l'immobilier et la construction navale.

Un retour par porte-conteneurs...


Résultat de recherche d'images pour "Pierre Casiraghi et Boris Herrmann Greta Thunberg"Le Frankfurter Allgemeine écrit, le 11 août 2019, que les joyeux drilles navigueront "sur un voilier de course en haute mer pour participer au sommet des Nations Unies sur le climat à New York sans aucun voyage aérien, sans émissions de carbone". 
Le Parisien précise par ailleurs que si la jeune activiste  et son père avaient rallié New York en avion, la pollution émise par leur voyage aurait été moindre. Cela n'aurait en effet nécessité que deux billets d'avion, contre six au final, puisque le skipper de l'embarcation reviendra des Etats-Unis par les airs, lui aussi. 
Résultat de recherche d'images pour "Pierre Casiraghi et Boris Herrmann"A la vérité, ils sont deux skippers : le Frankfurter Allgemeine "la militante pour le climat est amenée de l'autre côté de l'Atlantique par les marins professionnels Boris Herrmann et Pierre Casiraghi." 
Pour ce qui est du retour, l'adolescente et son père rentreront probablement en Europe sur un bateau porte-conteneurs, ce qui n'engendrera pas, ou presque, de pollution supplémentaire.
Le Malizia II a quitté Plymouth, au Royaume-Uni, mercredi, pour une traversée de deux semaines. Il doit rallier New York pour permettre à Greta Thunberg d'assister au sommet mondial de l'ONU, qui doit commencer en septembre.

mardi 6 septembre 2016

Pollution: Valls et Royal se débattent dans les "boues rouges"

Valls impose sa loi à sa Royal ministre

Manuel Valls a recadré sa ministre de l'Environnement
© DOMINIQUE FAGET / AFPRoyal avait contesté la décision de Matignon d'autoriser le rejet de métaux dans le Parc national des Calanques, où un incendie vient malencontreusement de se déclenché. Ce matin, son directeur exprimait des doutes sur le caractère éventuellement accidentel du désastre. La numéro 3 du gouvernement a réaffirmé son opposition au numéro 1...
VOIR et ENTENDRE la ministre Royal - énième femme du gouvernement qui a maille à partir avec le Catalan - clamer, le 2 septembre, son désaccord avec le premier ministre:
Début janvier, Ségolène Royal finassait encore, assurant ne pas "être en guerre" contre Manuel Valls sur aucun des sujets comme l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes (a annoncé fin octobre la reprise des travaux en 2016) ou le rejet de boues toxiques en Méditerranée, même si sa position diverge de celle du gouvernement. A la question "êtes-vous en guerre avec le premier ministre ?", la ministre de l'Ecologie avait répondu sur RTL: "Non, pas vraiment. Je suis en guerre pour l'environnement et pour la santé", alors que Valls a annoncé fin octobre la reprise des travaux en 2016, après le rejet des recours environnementaux déposés par les opposants au projet. 
Sa ministre ne cesse de rappeler sa désapprobation de cette décision d'autoriser le rejet de boues rouges dans le Parc national des Calanques (Bouches-du-Rhône), confirmant que "l'ordre" est "venu du Premier ministre au préfet, direct".
"Ca prouve que les sujets environnementaux sont difficiles, qu'il y a des lobbies, qu'il y a des rapports de forces et ma responsabilité, c'est de mener ces combats", avait déclaré S. Royal en janvier 2016.
Interrogée sur l'éventuelle influence de lobbies sur Manuel Valls, la ministre a déclaré: "c'est un système qui est sensible à certains lobbies". Et de détourner l'attention de leur conflit permanent:" il y a aussi beaucoup de choses très positives qui sont faites", avait-elle fait valoir, soulignant que c'était "Manuel Valls qui (avait) arbitré par exemple sur la diminution (de la place) du diesel". 
Elle expliquait alors encore que ses divergences avec le Premier ministre résultent "peut-être aussi" du fait qu'elle a "un temps d'avance sur ces sujets-là". Et que le diesel catalan a du retard à l'allumage...
La ministre a eu beau expliquer à la matinale d'Europe 1 que "ce n'est pas une querelle", la réaction de Manuel Valls ne s'est pas fait attendre, confirmant un bras de fer. Quelques heures après les déclarations de sa ministre, un communiqué de presse de Matignon en appelait "à la maîtrise de l'expression sur ces sujets"...

L'affaire des boues rouges marque un énième affrontement entre la ministre de l'Écologie et le premier ministre. 

La fureur de l'ex-candidate battue à la présidence de la République n'est pas retombée depuis l'ordre donné en 2015 par Manuel Valls d‘autoriser la poursuite de la production d'Alumine de l'usine Altéo de Gardanne (Bouches du Rhône), ville communiste, lorsque le préfet de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur avait annoncé le maintien de l'activité du site industriel. Dans Thalassa, diffusé le 2 septembre dernier (ci-dessus), la numéro 3 du gouvernement jugeait "inadmissible" que l'autorisation ait été renouvelée.
L’usine de Gardanne de production d’alumine, à partir de bauxite, a déversé plusieurs millions de tonnes de boues rouges dans les fonds marins de la fosse de Cassidaigne. Fin novembre 2015, malgré l’opposition de Ségolène Royal, l’usine, qui a changé ses procédés de production, a obtenu une nouvelle autorisation préfectorale pour poursuivre son activité. Ses opposants continuent d’affirmer que ces déchets sont toujours très polluants.
"Il est Premier ministre, il a décidé le contraire de ce que dit sa ministre de l’Environnement. Voilà, donc acte, regrette la ministre de l’Environnement. "Je ne peux pas donner un contre-ordre. Mais en revanche, mon rôle, c’est de dire que je ne suis pas d’accord", termine Ségolène Royal.

"Je gouverne, je décide, chacun doit être à sa tâche avec l'esprit et le sens du collectif," lui a rappelé le locataire de Matignon, vendredi 2, lors de sa visite à la Foire européenne de Strasbourg. 

Un autoritarisme qui n'a pas réduit l'ancienne candidate à la présidentielle au silence
"Je ne lâcherai pas", assure Ségolène Royal qui s'est de nouveau exprimée ce lundi matin dans Le Parisien: "Je maintiens ma position. Cette décision n'est à mes yeux pas acceptable." Et de promettre: "Je ne lâcherai pas ce dossier", "un tabou qui doit cesser avant que l'on se retrouve avec une catastrophe sanitaire sur les bras".

Les deux s'opposent sur presque tous les sujets
S'agissant du projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes, proche de Nantes, la ministre était déjà "furieuse" après la reprise des travaux en Loire-Atlantique sans que Manuel Valls ne tienne davantage compte de son désaccord. Elle avait ensuite suivi les recommandations d'un rapport d'experts qu'elle avait elle-même désignés et qui jugeaient le projet d'aéroport régional de Notre-Dame-des-Landes "surdimensionné", alors que Manuel Valls continuait de soutenir le projet originel. Le premier ministre est en effet un utilisateur gourmand des jets de la République, si vous pensez à son vol familial à Berlin pour voir son "équipe de coeur", Barcelone, jouer à... Berlin. Seul le référendum - qui n'interrogea que les habitants de Loire-Atlantique potentiellement bénéficiaires - a permis de clore la polémique entre les deux ministres.
Autre source de conflit entre Matignon et la rue de Grenelle: les autoroutes.
En 2014, Manuel Valls avait relancé le projet de l'autoroute A831, faisant fi du veto de la présidente de région, Ségolène Royal, qui avait fait part de ses inquiétudes concernant les conséquences environnementales d'un tel projet. Un énième désaveu. La même année, alors que Ségolène Royal réclamait la gratuité des autoroutes le week-end, Matignon s'était empressé de réfuter cette hypothèse. Aucune de ses autres propositions, comme celle d'introduire une taxe sur les bénéfices des sociétés d'autoroute ou celle de résilier des concessions autoroutières, n'a été retenue par le chef du gouvernement.
Manuel Valls avait également chambré Ségolène Royal lorsqu'elle avait déconseillé la consommation du Nutella
Le produit est importé d'Italie, pays ami qui s'était senti traîné dans la boue. Déjà! "Avec Cazeneuve, on est très embêtés. La Préfecture de police nous annonce une manifestation de 10.000 enfants à Paris pour défendre le droit au Nutella. Ca pourrait être chaud. Crois-tu qu'il faille la faire interdire?", avait-il glissé à sa collaboratrice. Une petite phrase a priori anecdotique, mais qui illustre bien le ton des relations tumultueuses entre les deux coéquipiers du gouvernement éclaté.

A noter que le Gabon, actuellement en crise politique grave, a renouvelé en 2015 son contrat de vente de bauxite à l'Iran.

jeudi 31 décembre 2015

Gardanne: combat de ministres dans les boues rouges toxiques

Royal et Valls se déchirent sur les rejets de déchets industriels dans les Calanques de Cassis

Valls humilie la troisième du gouvernement, 
Ségolène Royal


La ministre de l'Écologie accuse Valls d'avoir donné l'ordre d'autoriser le rejet de métaux lourds dans le Parc national des Calanques: une attaque frontale du premier ministre. Elle clame que le préfet de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA) a pris la  décision avec l'accord du premier ministre. Il a signé mardi le renouvellement pour six ans de l'autorisation, donnée à la société Alteo, de rejeter des boues rouges au cœur du Parc national des Calanques, dans les Bouches-du-Rhône. 

La ministre de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie est désavouée. 
Depuis un an, Ségolène Royal avait commandé à des experts choisis des études et analyses pour démontrer la dangerosité environnementale de ces rejets de métaux toxiques, contenant notamment de l'arsenic, du fer et de l'aluminium.

"Chantage à l'emploi", hurle l'offensée 

"L'ordre est venu du premier ministre au préfet, direct", a réagi mardi, très remontée, l'ex-concubine présidentielle répudiée qui décidément compte pour du beurre des Charentes. 
"Je désapprouve cette décision, je n'ai pas du tout changé d'avis: je pense que c'est une mauvaise décision qui est essentiellement suscitée par le chantage à l'emploi", a-t-elle poursuivi, en faisant référence aux 400 salariés de l'entreprise de Gardanne, dont les postes ne seront pas menacés. 

Une réaction agressive peu appréciée de Matignon qui a rapidement livré sa version
"Il n'y a pas eu d'ordre du premier ministre au préfet. La procédure est claire", a assuré un membre anonyme de l'entourage du premier ministre. Cet illustre haut fonctionnaire mystérieux rappelle que la décision avait été prise sur "avis consultatif" d'un conseil indépendant composé "d'experts rattachés administrativement au ministère de l'Écologie". "Consultatif", donc non contraignant... 

France, pays où les experts prennent les décisions gouvernementales ?
C'est le Conseil supérieur de prévention des risques technologiques (CSPRT), présidé par le polytechnicien Jacques Vernier et réuni à partir du 22 décembre,
qui a donné un avis favorable au renouvellement de l'autorisation de rejet dans la mer de ces effluents, accordée pour la première fois il y a près de cinquante ans à la société industrielle. 
Depuis 1966, le site de production d'Alteo, situé à Gardanne, près d'Aix-en-Provence, a donc le droit de rejeter en mer, au large de Marseille et Cassis, des résidus  de la production d'alumine. Plus de 20 millions de tonnes de boues rouges ont ainsi été déversées sur les fonds marins de la fosse de Cassidaigne, malgré l'indignation des groupements de pêcheurs et des associations environnementales. 

La santé publique, comme les jeunes, la dette publique, la croissance et l'emploi
"Un scandale sanitaire", en dépit de 21 COP plus ou moins "historiques"...  
Renouvelé une première fois en 1996, l'accord devait arriver à son terme le 31 décembre 2015. Ces dernières années, l'entreprise avait investi dans une première tranche de travaux pour réduire le volume de pollution déversé en mer, ce qui a rendu les rejets plus clairs, mais non moins toxiques. 
Elle avait, en contrepartie, demandé un prolongement de l'accord pour continuer à évacuer les effluents dans la Méditerranée, provoquant la colère des opposants. 

"C'est un scandale sanitaire, c'est un permis de polluer et d'empoisonner qui a été délivré", déplore Alain Matesi, président de l'association CoLLecT-IF environnement. "Le rapport de l'Agence nationale de sécurité sanitaire démontre la toxicité et la nocivité de la pollution. Aujourd'hui ce ne sont plus des écologistes ou des défenseurs de l'environnement qui sonnent l'alarme mais un organisme officiel. C'est une décision inacceptable", ajoute-t-il, espérant que la situation ne se répète pas dans six ans. 

Pour apaiser les tensions, Frédéric Ramé, le président de l'entreprise pollueuse Alteo, a encore promis que tout sera mis en œuvre "pour améliorer la qualité des rejets liquides" dans les... années à venir. Un objectif qui sera scruté de près par les nombreux opposants. Et les commissions d'experts ?

Valls rejette le principe "pollueur-payeur" avec les boues rouges
Adopté en 1972 par l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) et en 1986 par la CEE, le principe pollueur-payeur (PPP) est un principe économique qui vise à internaliser dans l’économie les coûts environnementaux cachés (externalités).
Ce principe stipule que les coûts de prévention, de réduction de la pollution, de dépollution et de restauration doivent être supportés par le pollueur à l’origine du sinistre.

Les limites du principe pollueur-payeur

Le principe pollueur-payeur a cependant des limites :
  • tout d’abord, il faut être capable d’évaluer le coût économique des dégradations environnementales: avec tous ces experts auprès du gouvernement, cela devrait être un jeu d'enfants ;
  • ensuite, il y a la difficulté d’identifier le responsable, comme l’ont montré par le passé les exemples des marées noires où capitaine de pétrolier, propriétaire et affréteur se renvoyaient la balle, alors qu'en l'espèce le pollueur n'est pas un navigant mais un industriel installé sur le plancher des vaches ;
  • enfin, le coût environnemental peut dépasser les capacités de paiement du pollueur. Dans ce cas, d’autres mécanismes -comme les assurances (attention à l'augmentation des primes !) ou la solidarité nationale (et l'Etat, ce n'est ni Hollande, ni Valls ou Royal...) doivent se substituer au pollueur.

Les applications du principe pollueur-payeur

Dans son application, le principe pollueur-payeur prend de nombreuses formes telles que des normes, des redevances et des taxes (taxes pigouviennes), des assurances, des marchés de quotas ou encore des dommages et intérêts suite à une action en justice.
De quoi se traiter de tous les noms d'oiseaux

Et l'augmentation du prix du gazole -alors que celui du pétrole brut dégringole- sera-t-elle supportée par les propriétaires de véhicule au diesel, deux fois solidaires ?

Hollande peut-il appeler à l'union nationale contre le terrorisme islamiste quand l'ayatollah à la tête du gouvernement se comporte en terroriste de la majorité présidentielle ? L'art de vivre à la française est clairement visé ! A la Culture, Fleur Pellerin ne devrait-elle pas mettre nos chefs d'oeuvre hors de portée, au sec ?

vendredi 6 novembre 2015

COP21: scandale des travailleurs détachés employés sur le site de la conférence

Valls et Royal ne tiennent pas leurs engagements sur l'emploi local

Des révélations de 
France 2 ouvrent une polémique trois semaines avant le début de la COP21

Fabius lance le chantier express de la COP21 
au Bourget, le 6 octobre 2015

La conférence de Paris sur le climat (COP21) affronte des problèmes de financement et de sécurisation et de négociations préparatoires à un échec annoncé pour un monde plus durable, mais ses promesses de localisme se heurtent aujourd'hui à l'emploi par ses organisateurs vertueux de travailleurs détachés, donc de main d'oeuvre étrangère à moindre coût, au détriment des chômeurs français.
Le 10 octobre dernier, les équipes de chantier avaient 40 jours pour construire 80.000 mètres carrés de bâtiments éphémères qui accueilleront la COP21 à partir du 30 novembre prochain et pour 11 jours.

Fini le "produire et consommer local", fanfaronné il y a quelques mois encore par les organisateurs de cet événement planétaire qui se tiendra, fin décembre, au Bourget (Seine-Saint-Denis). La tendance est au déraisonnement sous l'effet de la chimère écologique. Celle du jour, la "relocation de l’économie", le "produire et consommer local" que les anglo-saxons ont nommé "locavorisme", a aussitôt trouvé ses limites en se frottant à la réalité. 

"Sur les 3.400 salariés employés à la construction du site de la conférence, environ 250 sont des travailleurs détachés de nationalité européenne"a dû l'admettre, jeudi, Pierre-Henri Guignard, le secrétariat général de la COP21. Avant de préciser que "tous [avaient] fait l'objet d'une déclaration à l'administration". La veille, un reportage de France 2  dans "L'oeil du 20 heures" avait justement révélé la présence de "travailleurs détachés" sur le chantier de la COP21.

Venus d’autres pays de l’Union européenne,
ces salariés sont embauchés pour des emplois temporaires et avec une protection sociale minimale. Une aubaine pour les entreprises françaises qui peuvent par ailleurs payer leurs cotisations sociales au niveau avantageux en cours dans le pays d’origine. 
Le pouvoir socialiste est coutumier du fait, puisqu'il a récidivé en faisant appel à l'une d'elles, la société GL Events citée par France 2. En août, le PS avait déjà été eu recours à la même entreprise au cœur d'une polémique similaire, en employant des travailleurs détachés roumains pour l'organisation de son université d'été.
Contredisant les faits qui le mettent en cause, Pierre-Henri Guignard assure pourtant que "le gouvernement, qui a fait de la lutte contre la fraude au détachement l’une de ses priorités, fera respecter scrupuleusement la législation française"...

Les PME de Seine-Saint-Denis ne profitent pas de l'aubaine

Le redressement de la courbe de l'emploi ne passe pas par la COP21 
Dans un département où le chômage atteint 15%, aux demandeurs d'emploi local, les organisateurs préfèrent des salariés venus de Pologne, République tchèque, Croatie ou encore Slovaquie pour le montage des hangars, l’installation des stands, l’accueil du public et la préparation des repas sur le futur site de la COP21. "Et nous devons évidemment réussir à donner à ces deux semaines de rencontre une haute qualité environnementale," raconte ce fantoche de Laurent Fabius.

Le successeur socialiste de Claude Bartolone (PS) à la présidence du Conseil général de Seine-Saint-DenisStéphane Troussel, ne cachait pas sa joie du "coup de projecteur" que l’événement jetait sur le '93'. Il espérait qu’il profite à ses habitants et ses entreprises. "Ça a l’air de bien marcher, prétendait-il, début octobre, devant un bon public, Libération. Nos entreprises du nettoyage ou de la restauration vont pouvoir se positionner comme prestataires." Le Quai d'Orsay promettait 100.000 millions d’euros de retombées pour l’Ile-de-France. Pourtant, selon le Medef local, interrogée par France 2, "rien" ne semble se dessiner pour les PME du coin, et ce malgré les 25 groupes de travail organisés avec les responsables de la COP21.


Le recours à des travailleurs détachés plutôt qu'à des salariés français du 93 est un effet collatéral des coûts sociaux en France. Le financement de la COP21 n'est pas assuré et l'appel à des personnels étrangers à bas coût en est une conséquence directe. Le budget total prévu pour la COP21, ce méga-sommet qui doit se tenir du 30 novembre au 11 décembre 2015 au Bourget, devrait atteindre 187 millions d’euros. Alors, en mai, taurent Fabius en était à faire appel aux entreprises pour financer la COP 21.

Le Monde, journal officieux du PS, cite des sociétés qui auraient répondu 'présent', dont les assureurs Axa (SA), Caisse centrale de réassurance (CCR, société anonyme détenue à 100 % par l’État français), Generali (italien), que l’impact des tempêtes, inondations et autres désordres climatiques frappent de plein fouet, ainsi que le secteur bancaire, dont...la Caisse des dépôts et consignations (qui exerce des activités d'intérêt général pour le compte de l'État), et de grands groupes de l’énergie... EDF et ERDF (établissements publics) ou encore  Renault Nissan, Air France (Etat français actionnaire à hauteur de 17,6 %), La Poste (SA à capitaux publics) qui ne semblent pas avoir tellement eu le choix: ce sont, pour la plupart, des entreprises publiques !
L’ONG Oxfam, auteure avec Les Amis de la Terre d’un récent rapport très critique sur EDF et sur Engie, dénonce le fait que "la COP21 sera financée par des champions français de la pollution", citant BNP Paribas, EDF et Engie, accusées de se livrer à "une véritable opération de greenwashing avec la complicité du gouvernement français", au lieu de "s’engager à stopper tout soutien au secteur du charbon d’ici au sommet sur le climat".
Accueillir à Paris la conférence sur le climat, "le plus grand événement international jamais organisé sur le sol français", a forcément un coût, mais la France de Hollande n'a pas les moyens de ses ambitions. Thomas, son flambeur de fils, a de qui tenir. Selon le député PS Pascal Terrasse, 1 euro d’argent public dépensé générera 2,80 euros de chiffre d’affaires. Ce bénévolat de la France peut rapporter gros ?
Le gouvernement espère que l’effort des entreprises partenaires atteindra 20 % du total. Et encore le secrétariat général de la conférence a réduit les coûts, tablant plutôt sur un budget disponible de 165 millions. Les participants ont d'ailleurs apporté leur contribution: sur les 196 délégations que la France devait accueillir, moins de 100 feront finalement le déplacement: solidarité internationale aux insuffisances de l'Etat-hôte !...

Le président du 9.3 avoue qu'il savait depuis longtemps. 
"Depuis mercredi, tout le monde crie au loup, mais cela fait longtemps que l’on sait qu’il y a une concurrence déloyale dans l’Union européenne", s’agace Stéphane Troussel. Alors, eurosceptique, le socialiste ? Le patron du département veut encore y croire... "Depuis le début, les organisateurs de la COP21 ont toujours essayé de jouer le jeu avec notre département. On a demandé 200 places de stage pour nos étudiants en BTS et nous les avons obtenues. Et là, nous sortons d’une réunion, au cours de laquelle on nous a garanti que, sur les 1.000 emplois qui allaient être créés autour de l’organisation, de l’orientation du public et des transports nécessaires pour l’événement, une grande partie serait pour les habitants de Seine-Saint-Denis."  Que de flou ! Une "grande partie," places de BTS "obtenues", formation en accéléré ? Ou créations de postes non pourvus pour BTS non recrutés au final ? Gabegie de l'Education nationale à Pole emploi ?
Et le président socialiste de conclure sur un fantasme : "Mais le véritable enjeu, c’est l’emploi vert, celui du futur, et avec son vieux passé industriel, la Seine-Saint-Denis est bien placée pour jouer un rôle dans la révolution industrielle verte." Pipeau !
Les faits prouvent que non.

dimanche 20 septembre 2015

Laval: la station d'épuration de Guillaume Garot provoque la pollution de l'eau

L'eau potable interdite à la consommation de 90.000 habitants de Mayenne  

La pollution du réseau d'eau du robinet de Laval et sept communes des environs rend l'eau impropre à la consommation
 
La préfecture de Mayenne a recommandé aux habitants de la commune de Guillaume Garot de ne pas boire l'eau publique. Suite à un problème informatique, boire  l'eau courante fait courir un risque sanitaire aux habitants de Laval, a révélé samedi la préfecture de la Mayenne. 
80.000 habitants de huit communes: Laval, Ahuillé, Changé, Entrammes, L'Huisserie, Montigné, Nuillé-sur-Vicoin et Saint-Berthevin victimes d'une pollution qui a rendu l'eau du robinet impropre à la consommation  sur le réseau de l'agglomération de Laval 
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Embarras de l'ex-ministre délégué à l'Agroalimentaire dans le gouvernement Ayrault II

Actuellement député de la Mayenne, il était maire de Laval de 2008 à 2012 et sa station d'épuration se révèle défaillante. Une défaillance technique serait à l'origine de la pollution du réseau d'eau, indique dans un communiqué François Zocchetto, le sénateur-maire d'opposition. Ancien adjoint à François d'Aubert, maire centriste de 1995 à 2002, F. Zocchetto a vaincu en mars 2014 le maire sortant socialiste Jean-Christophe Boyer, successeur de Guillaume Garot. Ce dernier a été porte-parole de la candidate Ségolène Royal battue dans la course au congrès de Reims, en 2009."

De l'eau de la Mayenne non traitée est entrée dans le réseau d'eau potable", a indiqué le maire. "Du fait des mesures mises en oeuvre sur le réseau pour le retour à la normale, l'eau peut être colorée et contenir des dépôts", a précisé la préfecture. "En cas de consommation de l'eau non bouillie, les principaux troubles pouvant survenir sont des troubles gastro-intestinaux", préviente la préfecture.
3.600 mètres cubes d'eau ont été puisés directement dans la rivière Mayenne, sans être traités, et mélangés avec l'eau potable. C'est ainsi que le réseau de distribution public de l'agglomération lavalloise a été contaminé.
Faire bouillir l'eau avant de la consommer
"L'eau ne doit pas être utilisée directement pour la boisson", prévient la préfecture dans un communiqué, mais "elle peut cependant être utilisée pour la préparation des aliments et à la boisson à condition de la faire bouillir au préalable 2 à 3 minutes". 
"Pour les autres usages, l'eau du réseau public reste utilisable (toilettes, douches)", précise la préfecture qui a convoqué une conférence de presse en urgence samedi matin afin de relayer l'information auprès de la population.
"Ces restrictions pourront se prolonger pendant quelques jours et probablement jusqu'au mardi 22 septembre", précise la préfecture.
Pour accélérer le processus de décontamination, les bornes incendies de toute l'agglomération ont été ouvertes afin de purger le réseau. Un processus dont la durée est estimée à environ 72 heures et qui devrait donc être achevé sous peu. Le retour à la normale devrait ainsi se faire d'ici mardi 22.