
"Je comprends la population (…), les produits peuvent être irritants sur le moment, a nuancé la ministre. Ce sont des suies, comme une pollution, comme des galettes, par exemple de goudron sur les plages. Si on voit des galettes de goudron sur les plages, on demandera aux enfants de pas les toucher (…) Et bien c’est la même chose que nous demandons aux riverains aujourd’hui, c’est-à-dire de nettoyer ces suies, ces saletés, visuellement très repérables, à prendre des précautions notamment en mettant des gants", a développé Agnès Buzyn qui s’exprimait au côté de la ministre de la Transition écologique, Elisabeth Borne.
Le préfet a livré les résultats des premières analyses menées dans l'air après l'examen de premiers prélèvements. Ces analyses ont été menées sous l'égide de l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris): créé en 1990, il est placé sous la tutelle du ministère de la Transition Ecologique et Solidaire français. Les éléments volatils ont tous été mesurés à "des taux inférieurs au seuil de quantification". "Nous sommes dans un état habituel de la qualité de l'air à Rouen", a assuré Pierre-André Durand. "A une exception près", selon le préfet, qui a fait état d'une "présence de benzène sur le site" de l'usine. Le détail des mesures officielles a été publié sur le site de la préfecture de Seine-Maritime.
Ils sont constitués de fibrociment, un matériau reconnu pour ses qualités isolantes mais qui contient de l'amiante. A ce sujet, "un programme de mesures de fibres dans l'air a été lancé dans un rayon de 300 mètres autour du site", a annoncé le préfet. Ce périmètre a été déterminé en prenant en compte les circonstances du sinistre, lors duquel "la quasi-totalité du toit s'est affaissée".
• Le préfet a évacué le sujet des sols touchés par les suies.
Au moins cinq personnes ont décidé de porter plainte contre X, à la suite de vomissements et malaises survenus après l'incendie de l'usine Lubrizol. Leurs avocats, Jonas Haddad et Grégoire Leclerc, précisent que d'autres plaintes seront déposées dans les prochains jours. Me Leclerc évoque "une vingtaine de rendez-vous dès lundi". Les deux avocats disent avoir reçu "depuis 48 heures des appels de particuliers, mais aussi d'entreprises".
Aussitôt le sinistre pris en compte - soit près de deux heures après l'apparition de l'incendie et les explosions qui ont alerté la population -, une enquête pour "destructions involontaires par l'effet d'une explosion ou d'un incendie" a été confiée au service régional de la police judiciaire de Rouen, en co-saisine avec l'office central contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique, la direction centrale de la police judiciaire et la direction générale de la gendarmerie nationale.
On ignore toujours les raisons du gigantesque incendie qui s'est déclaré dans la nuit de mercredi à jeudi. Dans un communiqué, Lubrizol a précisé que "l'incendie a touché un entrepôt, une installation d'enfûtage et un bâtiment administratif".
"Des hydrocarbures, des huiles et des additifs chimiques pour huiles de moteur" constituent "l'essentiel de ce qui a brûlé", a indiqué le préfet, sans détailler la liste exacte des composants chimiques. Il a souligné que "l'intégralité" des matériaux utilisés par l'entreprise est consultable publiquement, mais n'a pas précisé lesquels avaient brûlé et lesquels avaient été épargnés.
Au total, 51 personnes ont consulté les établissements de santé rouennais jeudi et vendredi matin à cause de l'incendie. Parmi eux, cinq adultes - qui avaient déjà des pathologies respiratoires auparavant, précise-t-on - ont été hospitalisés, selon le Samu. Immédiatement après l'incendie, le préfet avait indiqué qu'il n'y avait "pas de toxicité aiguë" dans la fumée, selon les premières analyses, précisant que les bruits d'explosion entendus par les habitants correspondaient à des explosions de fûts d'huile. Une déclaration confirmée par les analyses complémentaires.
"L'inquiétude est absolument légitime. Ce nuage qui est passé au-dessus de Rouen est chargé en poussières hautement toxiques au minimum cancérogènes", estime Annie Thébaud Mony, spécialiste des cancers professionnels et directrice de recherche honoraire à l'INSERM, institut sous la responsabilité du ministère de l'Enseignement supérieur, et dont le PdG de 2014 à 2018 a été le professeur Yves Lévy, époux d'Agnès Buzyn, actuelle ministre de la Santé et, elle-même oncologue, ex-présidente de l'Institut national du cancer (dès 2011).
Des mesures conservatoires ont été décidées. "Les productions végétales non récoltées ne devront pas l'être", a annoncé le préfet. Les productions récoltées avant le 26 septembre et susceptibles d'avoir été exposées, "devront être consignées sous la responsabilité de l'exploitant jusqu'à obtention de garanties sanitaires sur les productions et sur la base de contrôles officiels et d'une évaluation du risque sanitaire".








