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dimanche 29 septembre 2019

Incendie de l'usine Lubrizol de Rouen : ce qui fuite et explose

Les propos rassurants du préfet, représentant du gouvernement, et l'hypocrisie de la ministre de la Santé, font exploser la cocotte de l'opinion

Après avoir tenté d'endormir l'inquiétude de la population, le préfet a confirmé, samedi, la présence d'amiante

L\'incendie de l\'usine Lubrizol vu depuis les hauteurs de Rouen (Seine-Maritime), le 26 septembre 2019.

Il a admis que le toit de l'usine partie en fumée en contenait, sans altérer, selon lui,  la qualité de l'air. 
"Nous sommes dans un état habituel de la qualité de l'air à Roue,." assure-t-il. Samedi 28 septembre, trois jours après l'incendie de l'usine Lubrizol de Rouen, classée Seveso, le préfet de Normandie et de Seine-Maritime, Pierre-André Durand, continuait de se montrer rassurant. Toutefois, certaines zones d'ombre demeurent quant à la cause de l'incendie, ou à la toxicité à plus long terme des émanations. Voici ce que l'on sait, et ce que l'on ignore encore, de cet accident industriel majeur.

Agnès Buzyn, ministre de la Santé, et Elisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et solidaire, étaient à Rouen, vendredi soir.
Tout autre son de cloche depuis Paris, du côté du ministère de la Santé.
La ministre, Agnès Buzyn, et la ministre de la Transition écologique et solidaire, Elisabeth Borne, étaient à Rouen, vendredi soir, après l’incendie de l’usine Seveso.

"La ville est clairement polluée" par les suies, a déclaré la ministre de la Santé, vendredi à Rouen.

"Je comprends la population (…), les produits peuvent être irritants sur le moment
, a nuancé la ministre. Ce sont des suies, comme une pollution, comme des galettes, par exemple de goudron sur les plages. Si on voit des galettes de goudron sur les plages, on demandera aux enfants de pas les toucher (…) Et bien c’est la même chose que nous demandons aux riverains aujourd’hui, c’est-à-dire de nettoyer ces suies, ces saletés, visuellement très repérables, à prendre des précautions notamment en mettant des gants", a développé Agnès Buzyn qui s’exprimait au côté de la ministre de la Transition écologique, Elisabeth Borne.
"C’est une usine qui produit des hydrocarbures, même si elles ne sont pas en grandes quantités, même si elles sont très proches des seuils, ce n’est jamais bon pour la population de toucher ce genre de produits, a généralisé Agnès Buzyn. Je ne peux pas dire qu’il n’y a pas de danger. Il y a forcément des traces d’hydrocarbures. Nous rendrons transparents la totalité des prélèvements réalisés hier et aujourd’hui », a-t-elle promis.
Elisabeth Borne, une ancienne préfète, a pour sa part précisé qu’il n’y a "pas de polluants anormaux dans les prélèvements effectués."

Et d'ajouter, avec la volonté présumée d'allumer un pare-feu à la polémique qui se développe : "Je suis très étonnée de voir un incendie qui se déclare en pleine nuit, dans un endroit où il n’y a personne. Je m’interroge", a supputé le PdG de Lubrizol France, Frédéric Henry, après le départ des deux ministres parisiennes.

Ce qu'il faut avaler



• Des mesures de qualité de l'air "normales". 
Le préfet a livré les résultats des premières analyses menées dans l'air après l'examen de premiers prélèvements. Ces analyses ont été menées sous l'égide de l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris): créé en 1990, il est placé sous la tutelle du ministère de la Transition Ecologique et Solidaire français. Les éléments volatils ont tous été mesurés à "des taux inférieurs au seuil de quantification". "Nous sommes dans un état habituel de la qualité de l'air à Rouen", a assuré Pierre-André Durand. "A une exception près", selon le préfet, qui a fait état d'une "présence de benzène sur le site" de l'usine. Le détail des mesures officielles a été publié sur le site de la préfecture de Seine-Maritime.

• De l'amiante dans les toits partis en fumée. 
Ils sont constitués de fibrociment, un matériau reconnu pour ses qualités isolantes mais qui contient de l'amiante. A ce sujet, "un programme de mesures de fibres dans l'air a été lancé dans un rayon de 300 mètres autour du site", a annoncé le préfet. Ce périmètre a été déterminé en prenant en compte les circonstances du sinistre, lors duquel "la quasi-totalité du toit s'est affaissée".

• Le préfet a évacué le sujet des sols touchés par les suies.
Elles se sont déposées sous l'effet des pluies. Il n'y a "pas de différences significatives entre un prélèvement témoin et d'autres situés sous le panache", a soutenu le préfet. "On retrouve les teneurs habituels pour une suie", a-t-il insisté.

• Des traces de plomb à certains endroits. 
Des traces de plomb ont en outre été relevées à certains endroits. Comme dans l'Ile de la Cité, suite à l'incendie de la cathédrale ND-de-Paris, où des écoles environnantes ont été temporairement fermées. Mais, selon le préfet, elles sont "vraisemblablement imputables à des traces historiques", c'est-à-dire à une pollution préexistante à l'incendie.

• Des plaintes déposées. 
Au moins cinq personnes ont décidé de porter plainte contre X, à la suite de vomissements et malaises survenus après l'incendie de l'usine Lubrizol. Leurs avocats, Jonas Haddad et Grégoire Leclerc, précisent que d'autres plaintes seront déposées dans les prochains jours. Me Leclerc évoque "une vingtaine de rendez-vous dès lundi". Les deux avocats disent avoir reçu "depuis 48 heures des appels de particuliers, mais aussi d'entreprises".
"Certains plaignants se sont plaints d'avoir eu des nausées importantes, d'autres ont été obligés d'aller à l'hôpital. L'un des plaignants a eu un malaise pendant la nuit à cause de ça, alors qu'il n'est jamais pris de vertiges, et il est tombé la tête la première, ce qui lui a occasionné des points de suture", précise Jonas Haddad. "Une autre personne évoque le fait qu'elle avait stocké des eaux, et l'intégralité des eaux a été souillée par les suies d'hydrocarbures", ajoute l'avocat.

• Une enquête judiciaire élargie. 
Aussitôt le sinistre pris en compte - soit près de deux heures après l'apparition de l'incendie et les explosions qui ont alerté la population -, une enquête pour "destructions involontaires par l'effet d'une explosion ou d'un incendie" a été confiée au service régional de la police judiciaire de Rouen, en co-saisine avec l'office central contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique, la direction centrale de la police judiciaire et la direction générale de la gendarmerie nationale.
Samedi, cette enquête a été élargie pour le chef de "mise en danger d'autrui". Dans un communiqué, le procureur de la République de Rouen, Pascal Prache, a justifié cette décision par "les plaintes portées à la connaissance du parquet, dans le ressort du tribunal de grande instance de Rouen ou hors ressort", et qui lui sont "adressées au fur et à mesure".

Ce qu'on ne saura peut-être jamais

• La cause de l'incendie. 
On ignore toujours les raisons du gigantesque incendie qui s'est déclaré dans la nuit de mercredi à jeudi. Dans un communiqué, Lubrizol a précisé que "l'incendie a touché un entrepôt, une installation d'enfûtage et un bâtiment administratif".
Jeudi, le préfet s'est couvert en affirmant que cette usine est "aux normes telle que nous l'avons vue en 2019", "parfaitement à niveau". Il avait cependant reconnu qu'"elle ne l'a pas toujours été" : en 2017, "elle a fait l'objet d'une mise en demeure" en raison de "dix-sept manquements", puis qu'une "mise à niveau" avait été réalisée. Lors de la conférence de presse de samedi, il n'a livré aucune autre information à ce sujet.

• La liste des matériaux qui ont brûlé. 
"Des hydrocarbures, des huiles et des additifs chimiques pour huiles de moteur" constituent "l'essentiel de ce qui a brûlé", a indiqué le préfet, sans détailler la liste exacte des composants chimiques. Il a souligné que "l'intégralité" des matériaux utilisés par l'entreprise est consultable publiquement, mais n'a pas précisé lesquels avaient brûlé et lesquels avaient été épargnés.
Le préfet et un responsable du Sdis (pompiers) de Seine-Maritime ont confirmé que des éléments radioactifs scellés, utilisés pour des instruments de mesure, étaient bien présents sur le site, mais ils ont certifié que ceux-ci n'avaient pas été affectés par l'incendie.

• La toxicité des émanations. 
Au total, 51 personnes ont consulté les établissements de santé rouennais jeudi et vendredi matin à cause de l'incendie. Parmi eux, cinq adultes - qui avaient déjà des pathologies respiratoires auparavant, précise-t-on - ont été hospitalisés, selon le Samu. Immédiatement après l'incendie, le préfet avait indiqué qu'il n'y avait "pas de toxicité aiguë" dans la fumée, selon les premières analyses, précisant que les bruits d'explosion entendus par les habitants correspondaient à des explosions de fûts d'huile. Une déclaration confirmée par les analyses complémentaires.

En revanche, une toxicité à long terme n'est pas exclue. 
"L'inquiétude est absolument légitime. Ce nuage qui est passé au-dessus de Rouen est chargé en poussières hautement toxiques au minimum cancérogènes", estime Annie Thébaud Mony, spécialiste des cancers professionnels et directrice de recherche honoraire à l'INSERM, institut sous la responsabilité du ministère de l'Enseignement supérieur, et dont le PdG de 2014 à 2018 a été le professeur Yves Lévy, époux d'Agnès Buzyn, actuelle ministre de la Santé et, elle-même oncologue, ex-présidente de l'Institut national du cancer (dès 2011).

• Les conséquences sur les cultures agricoles. 
Des mesures conservatoires ont été décidées. "Les productions végétales non récoltées ne devront pas l'être", a annoncé le préfet. Les productions récoltées avant le 26 septembre et susceptibles d'avoir été exposées, "devront être consignées sous la responsabilité de l'exploitant jusqu'à obtention de garanties sanitaires sur les productions et sur la base de contrôles officiels et d'une évaluation du risque sanitaire".


En ce qui concerne les potagers de particuliers, il est recommandé de ne pas consommer les produits souillés. Ils peuvent cependant l'être après avoir été soigneusement lavés ou épluchés, a minimisé le préfet.
Important investisseur dans Coca-Cola, le propriétaire de Lubrizol est l'Américain Warren Buffett.
C'est le troisième homme le plus riche au monde selon le classement annuel du magazine Forbes, qui estime sa fortune à 82,5 milliards de dollars américains en 2019). Et ce Démocrate historique, proche des "humanistes" Bill Gates ou les frères McDonald's, a soutenu Hillary Clinton à l'élection présidentielle de 2016.

lundi 5 novembre 2012

Amiante: l'ancienne patronne de PS pourrait-elle être mise en examen ?

Le laxisme de la justice s'appliquera-t-il à Martine Aubry ? 


La Première secrétaire du parti du Président de la République est convoquée 

Déjà Le Point met en relief que les faits qui lui sont reprochés remontent à plus de 25 ans, en qualité d'ex-haut fonctionnaire du ministère du Travail.

Martine Aubry, convoquée mardi par la justice, pourrait être mise en examen pour homicides involontaires dans une des enquêtes sur le drame de l'amiante.

Aussitôt, avant même d'exposer les faits, Le Point saute au ressenti de l'ancienne patronne du PS. La maire de Lille a déjà fait savoir qu'elle demanderait, le cas échéant, à la chambre de l'instruction de la Cour d'Appel d'annuler sa mise en examen. Elle la jugerait par avance "incompréhensible", au motif qu'elle aurait oeuvré durant sa carrière à la protection des salariés et de la population, selon elle. Sans doute fait-elle allusion aux 35 heures qu'elle a imposées et qui ont en effet affaibli la compétitivité des entreprises et provoqué des destructions d'emploi et des fermetures d'usines.  

Le caractère cancérigène de l'amiante est connu depuis les années 1950 

Or, entre 1989 et 1991, la fille Delors trouva à s'employer au sein du groupe industriel Pechiney (production et transformation d'aluminium), électrométallurgie, emballage, chimie, et combustible nucléaire) et ne peut rien ignorer des problèmes de santé au travail.

Massivement utilisée dans le secteur de la construction, l'amiante est à l'origine de nombreux problèmes de Santé au travail. 
En juin 2010, le Conseil des prud'hommes d'Albi a d'ailleurs indemnisé 21 ex-salariés de l'usine d'Eternit à Albi.Joseph Cuvelier, le patron d'Eternit à Thianqui dirigea le groupe français Eternit de 1971 à 1994, a été mis en examen en 2009, à Paris, pour " homicides et blessures involontaires ". Il était accusé de n'avoir pas mis en place les mesures de sécurité nécessaires pour protéger les salariés de l'exposition aux fibres d'amiante dans cinq usines du groupe Eternit à Vitry-en-Charollais (Saône-et-Loire), Valenciennes-Thiant (où un monument aux victimes de l'amiante a été inauguré en 2003), Caronte-Martigues (Bouches-du-Rhône), Albi (Tarn) et Saint-Grégoire (Ille-et-Vilaine).

Le premier décret réglementant son usage en France date de 1977, et son interdiction, de 1997. 
Or, Martine Aubry, née Delors, fut directrice des relations du travail (DRT) du ministère du Travail entre 1984 et 1987.
En 2005, un rapport sénatorial avait tardivement accablé l'État pour sa "gestion défaillante" de l'amiante, jugée responsable par les autorités sanitaires de 10 à 20 % des cancers du poumon et qui pourrait provoquer 100 000 décès d'ici à 2025.

Convoquée par la juge Marie-Odile Bertella-Geffroy  le 6 novembre 2012

Martine Aubry, ex-militante de la CFDT, sera entendue en qualité d'ancienne haut fonctionnaire (DRT) du ministère du Travail. 
Dans le cadre de l'enquête sur l'université de Jussieu, la magistrate du pôle santé publique de Paris enquête notamment sur l'action des pouvoirs publics à partir des années 1970 jusqu'à l'interdiction de l'amiante. Elle a déjà entendu des dizaines de fonctionnaires, mais aussi des scientifiques et des industriels, et a prononcé plusieurs mises en examen. Elle s'intéresse en particulier à l'influence prêtée dans les années 1980 et 1990 au Comité permanent amiante (CPA), sur lequel l'association de victimes (Andeva) attire l'attention de la Justice. Ce lobby des industriels aurait efficacement défendu "l'usage contrôlé" de l'amiante pour retarder au maximum son interdiction.

"Bonne foi", malgré le décret de 1977 réglementant l'usage de l'amiante en France  ?

Interrogée par les policiers en janvier 2010, Martine Aubry avait plaidé la bonne foi, expliquant que jusqu'en 1994 - année où serait, selon elle, intervenue la nécessité d'interdire l'amiante - elle était convaincue que les décrets de 1977 et 1987 permettaient de protéger efficacement la santé des salariés. 

Martine Aubry met en cause deux ministères
"Aucune alerte n'est venue de la CNAM, du ministère de la Santé, d'autres acteurs ou des chercheurs pour nous dire que ce n'était pas le cas", avait-elle dit. 
Or, la CNAM est un établissement public national à caractère administratif qui agit sous la double tutelle du ministère s'occupant de la Sécurité sociale (ministère des Affaires sociales et de la Santé de Marisol Touraine) et du ministère de l'Economie et des finances (Pierre Moscovici).

Lundi soir, un des responsables de l'Andeva, partie civile dans l'enquête, a rétro-pédalé, abondant dans le sens de l'ancienne patronne du PS au pouvoir, estimant que le dossier d'instruction ne permettrait pas actuellement de prouver une responsabilité pénale individuelle de Martine Aubry. "Rien ne permet de dire, en l'état actuel du dossier, que Martine Aubry n'aurait pas répondu à des alertes qu'elle aurait reçues", a déclaré Michel Parigot, vice-président de l'Andeva.

Dans ce dossier technique et complexe, il a cependant pointé une "responsabilité" des pouvoirs publics et en particulier de la DRT, qui ne se serait pas à l'époque donné les moyens de recueillir "les informations objectives indispensables pour prendre les mesures adéquates". 
"La DRT a pris 15 ans de retard sur les mesures qui auraient dû être prises pour protéger adéquatement les travailleurs, a-t-il dénoncé, en évitant de pointer sa directrice ! Le fait que ces mesures n'aient pas été prises aura pour conséquence, à l'avenir, le décès de milliers de personnes."


dimanche 5 août 2012

Une chercheuse refuse d'être décorée de la légion d'honneur par Duflot

Elle dénonce “l’indifférence” qui touche la santé au travail et l’impunité des “crimes industriels”

A la vanité des honneurs
la militante préfère le notoriété
que lui assure son refus
dans les milieux extrémistes

Un camouflet pour la ministre de Hollande


Dans une lettre rendue publique hier, Annie Thébaud-Mony, directrice de recherche honoraire à l’Inserm, spécialiste des cancers professionnels, a refusé la Légion d’honneur décernée par la peu perspicace ministre du Logement Cécile Duflot. Sa collègue à l'Environnement,  Delphine Batho, appréciera à sa juste valeur ce pavé dans son jardin... Limogée de ce poste après trois semaines, Nicole Bricq est vengée: ce "crime" politique n'est pas resté impuni !
Annie Thébaud-Mony, spécialiste des cancers professionnels, entend ainsi dénoncer l'impunité des "crimes industriels". 

Activiste à la façon d'Eva Joly


La sociologue a refusé cette distinction pour dénoncer l' "indifférence" qui touche la santé au travail et l'impunité des "crimes industriels". Tout en assurant que "ce n'est pas un geste contre Cécile Duflot", la directrice de recherche honoraire à l'Inserm a demandé à la ministre, dans une lettre rendue publique samedi, d'agir pour "la remise en cause de l'impunité qui, jusqu'à ce jour, protège les responsables de crimes industriels".

La présidente de l'association Henri Pézerat, qui  œuvre pour la promotion des luttes sociales concernant la santé des personnes en lien avec le travail et l'environnement, regrette que la situation économique occulte la dégradation des conditions de travail et dénonce "l'accumulation des impasses environnementales, en matière d'amiante, de pesticides, de déchets nucléaires et chimiques".

Une dénonciation politique du transfert des risques vers les plus pauvres, selon elle

Un défi lancé au gouvernement
"Ma démarche se veut un appel à la mobilisation citoyenne, mais aussi parlementaire et gouvernementale, pour le respect des droits fondamentaux à la vie, à la santé, à la dignité", écrit-elle en accompagnement de sa lettre à la ministre datée du 31 juillet. 


L'activiste réclame des sanctions
"Cessons les vraies fausses controverses sur les faibles doses. Des politiques publiques doivent devenir le rempart à la mise en danger délibérée d'autrui, y compris en matière pénale", poursuit-elle.

Cette spécialiste, également porte-parole de Ban Asbestos France, une association de lutte contre l'amiante, dénonce par ailleurs "la sous-traitance et le transfert des risques vers des populations très précarisées (maintenance, nettoyages, gestion des déchets)" . 

La chercheuse parano, qui estime que ces populations sont délibérément visées, et aigrie qui estime que sa carrière a été "bloquée pendant dix ans" plaide pour qu'enfin la recherche sur l'exposition aux cancérogènes au travail soit dotée des moyens financiers publics nécessaires.
Dans son délire militant, elle revendique que les jeunes chercheurs qui s'y consacrent cessent d'être maintenus dans un statut précaire. Les moyens ne sont pourtant pas aussi dérisoires qu'elle le suggère et cela d'autant plus que les chercheurs ne sont pas soumis à une obligation de résultats.

VOIR et ENTENDRE une vidéo de 2012 dans laquelle Annie Thébaud-Mony évoque la sous-estimation chronique du nombre de cancers professionnels: 

Il arrive régulièrement que des personnes refusent de recevoir la Légion d'honneur, pour des raisons souvent très différentes. 
Parmi les personnalités les plus connues ayant décliné la prestigieuse distinction , citons George Brassens, Pierre et Marie Curie, Honoré Daumier, Albert Camus, Brigitte Bardot, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Louis Aragon.

mardi 27 décembre 2011

Mise en cause des chirurgiens qui ont placé les prothèses PIP

La Sécurité sociale ne va peut-être pas quand même payer pour les médecins !
10 avril 2010: des salariés en colère de la société PIP jettent des prothèses mammaires devant l’usine de la Seyne-sur-Mer


Un avocat va assigner les chirurgiens et la société qui certifiait leur qualité


Quatre porteuses d'implants mammaires de la société française PIP portent plainte au civil. Elles estiment que les chirurgiens et la société allemande Tüv, qui certifiait leur qualité, auraient manqué à leur devoir d'information. Le but est d'obtenir l'indemnisation que les victimes de prothèses défectueuses risquent de ne pas obtenir dans le volet pénal, Poly Implants Prothèses (PIP) ayant été déclaré en faillite en 2010, a dit Laurent Gaudon.

L'avocat se fonde sur un arrêt de la Cour d'Appel d'Aix de 2008 qui a déjà ciblé la responsabilité d'un chirurgien pour "manquement au devoir d'information" dans des faits qui remontent à 1996 mais concernaient déjà des prothèses PIP.
Outre les sociétés PIP et Tüv, Me Gaudon veut cibler les chirurgiens qui auraient continué à opérer des patientes avec des implants PIP malgré des ruptures en saisissant le tribunal de grande instance de Toulon dès la semaine prochaine.
Dans l'arrêt de la cour d'Aix, la patiente a subi quatre déchirures d'implants PIP et se serait vu réinsérer à chaque fois cette marque sans en avoir été informée, a-t-il dit.
"Le chirurgien est débiteur d'une obligation d'information, comme tous les médecins", a souligné Me Gaudon. "Il ne doit pas seulement vous informer sur l'opération elle-même - les risques de cicatrisation, les risques liés à l'anesthésie - mais sur les avantages, les inconvénients des prothèses qu'il va vous insérer et le choix qu'il y a entre les différents types de prothèses", a-t-il ajouté.
D'après l'arrêt, le chirurgien doit apporter la preuve écrite qu'il a bien informé sa patiente des risques de rupture ou de dégonflement des prothèses qu'il envisageait d'implanter.

Achat du silence des victimes ?

L'avocat de PIP, Me Yves Haddad, qui reconnaît que la majorité des implants de la société étaient fabriqués avec du gel non conforme depuis sa création en 1991, a lui aussi pointé du doigt la responsabilité des chirurgiens.
"Ce sont quand même les chirurgiens qui ont implanté ces prothèses mammaires dans le corps des femmes, ils devraient intervenir un peu plus pour dire quel est leur sentiment et quelle est leur position", a-t-il déclaré.

De son côté, Me Philippe Courtois, l'avocat de 1.300 autres plaignantes, demande que Jean-Claude Mas, le président fondateur de PIP, soit mis sous contrôle judiciaire pour éviter toute fuite avant son procès.

Les protagonistes de l'affaire devraient se retrouver avant fin 2012 au centre d'un procès pour "tromperie aggravée", mais aussi d'une instruction judiciaire ouverte pour "blessures et homicide involontaire".

Pour Philippe Courtois, PIP a tenté d'acheter le silence des femmes mécontentes, bien avant que le scandale n'éclate en 2010. "PIP a traité directement avec les femmes porteuses de ses prothèses en 2007-2008 et cela aussi bien en France qu'en Grande-Bretagne", affirme-t-il.
L'avocat de PIP a reconnu cette pratique, mais a expliqué qu'il s'agissait d'une décision contractuelle.

Les choses sont claires, selon Yves Haddad, puisque Jean-Claude Mas reconnaît avoir violé la législation. "Il y a un produit fabriqué par la société PIP qui n'a pas reçu formellement l'agrément et à ce titre il y a une infraction à la réglementation", a-t-il déclaré, expliquant que PIP avait un produit d'appel bon marché et un autre, de luxe.


Charge contre l'AFSSAPS

Me Haddad a amorcé une contre-attaque en s'interrogeant sur l'intervention, tardive selon lui, des autorités de contrôle.
Il souligne ainsi que l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS) n'est intervenue qu'à la suite d'une dénonciation anonyme.
Pour Yves Haddad, la question que l'on pourrait poser à l'Afssaps, c'est de savoir si des contrôles avaient été réalisés avant cette dénonciation anonyme .
Si des produits étaient fabriqués avec du gel non conforme, l'Afssaps "n'avait pas le droit de l'ignorer. Si elle l'ignorait, c'est qu'elle est négligente", estime l'avocat.

Dès 2000, les autorités sanitaires américaines avaient adressé une mise en garde à PIP sur la qualité de ses implants fabriqués à l'aide de sérum physiologique.
L'Afssaps a déclaré mardi ne pas avoir trouvé trace d'un avertissement de son homologue américaine, ajoutant qu'elle n'avait pas à être obligatoirement mise au courant pour un problème qui n'était pas de type sanitaire à l'époque.

A terme, Me Gaudon espère la création par l'Etat d'un "fonds de garantie" qui prendrait en charge l'explantation et la réimplantation des prothèses PIP.
"On milite pour la création d'un fonds qui, sur le modèle de ce qui a été fait pour le Mediator, indemniserait les victimes et se substituerait à elles dans les poursuites contre PIP, les chirurgiens esthétiques", souligne-t-il.

Le gouvernement français a recommandé le retrait des implants à titre préventif, même si le lien entre les prothèses PIP et neuf cas de cancers suspects signalés sur son territoire, dont deux mortels, n'est pas démontré.
On estime à 60 millions d'euros le coût de l'opération d'explantation, qui sera prise en charge par la Sécurité sociale. La pose de nouveaux implants sera à la charge de la patiente, sauf pour les femmes ayant subi une chirurgie réparatrice après un cancer du sein.
Dans ce dernier cas, la Sécurité sociale devra faire face, et non pas les chirurgiens-plasticiens coupables présumés d'une faute professionnelle en ne conseillant pas efficacement leurs patientes.
Lien PaSiDupes: "Retrait des prothèses PIP: c'est aux médecins de payer "

vendredi 23 décembre 2011

Retrait des prothèses PIP: c'est aux médecins de payer

Le coût d'environ 60 millions pour la ...Sécu

Et la Sécu, c'est nous !

Les Français doivent-ils être solidaires des practiciens ?
Le coût maximal des opérations de retrait des prothèses mammaires PIP est estimé à une soixantaine de millions d'euros, a indiqué vendredi François Godineau, chef de service de la Direction de la Sécurité sociale.

Cette estimation inclut le coût des interventions d'explantation (retrait) pour les porteuses de ces prothèses, ainsi que celui du remplacement par des nouveaux implants, lorsqu'il s'agit de reconstruction mammaire après cancer, a précisé M. Godineau, depuis le ministère de la Santé.

Le ministère de la Santé a recommandé vendredi, "à titre préventif et sans caractère d'urgence", que le retrait des prothèses mammaires PIP soit proposé aux femmes qui les portent, même s'il n'a pas été démontré à ce jour un risque accru de cancer.
Un total de huit cas de cancers a été signalé chez des femmes ayant eu des prothèses PIP, sans précision de l'existence, ou non, d'un cancer primaire.


Le gouvernement ménage-t-il ses fidèles électeurs médecins ?


La question est grave, mais la situation n'est pas toujours sérieuse
La top-model en provenance du Brésil tentait d’entrer en Italie, mais elle était tellement sexy qu'elle attira l'attention sur ses formes généreuses. Oh, stupéfaction, elle portait des implants mammaires et fessiers bourrés de ...drogue !

Malgré la crise et sa politique de réduction de l'endettement public, il a prévu que la Sécurité sociale prenne en charge le coût du retrait de tous les implants PIP. En revanche, seules les patientes portant des implants en raison d'une chirurgie reconstructrice verront également prendre en charge le coût de la réimplantation de nouvelles prothèses.

Le coût moyen d'une opération d'explantation ou d'implantation est estimé à 2.000 euros, a encore indiqué M. Godineau. Lorsque la pose de nouvelles prothèses est réalisée en même temps que le retrait des anciennes, le coût est légèrement majoré, mais pas doublé.

Quant au coût moyen d'un implant (prothèse), il est de l'ordre de 330 euros, soit 660 euros pour les deux seins.


La responsabilité des prescripteurs et des chirurgiens est engagée

Le risque de cancer lié aux prothèses défectueuses n'est pas établi
Le ministre de la Santé Xavier Bertrand a recommandé vendredi, "à titre préventif et sans caractère d’urgence", que le retrait des prothèses mammaires PIP soit proposé aux femmes qui les portent, même en l’absence de signes de détérioration de l’implant.

Quelque 30.000 femmes en France se sont fait implanter des prothèses mammaires de marque PIP
, dont certaines sont remplies d’un gel de silicone non médical, qui entraîne des risques accrus de fuite et de rupture de l’enveloppe de la prothèse.
Jusqu’à présent, les autorités sanitaires recommandaient simplement aux femmes porteuses d’implants PIP de faire réaliser "des examens cliniques et radiologiques appropriés", afin de s’assurer de l’état de la prothèse.
Cette consultation de leur chirurgien ou médecin traitant devrait être l'occasion de leur présenter la facture.

Un contrôle des possibles surfacturations s'impose
Seules les porteuses de prothèses, pour cause de reconstitution mammaire consécutive à un cancer, doivent être prises en charge par la Sécurité Sociale, pour défaire, après avoir fait, comme pour refaire.

Les médecins traitants ont engagé leur responsabilité et les chirurgiens plasticiens ont conseillé le type de prothèse à implanter.
Selon les termes du serment de l'ordre français des médecins (1996): " J'informerai les patients des décisions envisagées, de leurs raisons et de leurs conséquences. "

Il existe une présomption non négligeable que leur choix ait pu être influencé par le faible coût des produits de marque PIP et par le profit.
" Je ne me laisserai pas influencer par la soif du gain [...] "

Le scandale fuit à l’étranger
Plus de 250 Britanniques ont porté plainte contre six cliniques, après la rupture de leurs implants. Notre Sécu peut peut-être faire quelque chose aussi pour ces malheureuses...


vendredi 9 décembre 2011

Prothèses mammaires: information judiciaire ouverte après un nouveau décès

Et les médecins prescripteurs ne sont pas inquiétés

Nouveau drame que les médecins auraient pu prévenir

Le Parquet de Marseille a ouvert une information judiciaire pour "homicide involontaire par violation manifestement délibérée d'une obligation particulière de sécurité ou de prudence", après la mort par cancer en 2010 dans le Gers d'une ancienne porteuse de prothèses mammaires défectueuses, voire dangereuses.
C'est la mère de la victime qui a déposé plainte. L'instruction devrait être confiée à la juge d'instruction Annaïck Le Goff, en charge du pôle de santé publique. "J'espère qu'elle pourra aboutir dans des délais raisonnables à une réponse pénale", a déclaré le procureur Jacques Dallest.

Mais cette information judiciaire n'est pas liée au cas d'Edwige Ligonèche, morte d'un lymphome le 23 novembre à Marseille.
La famille de cette première catastrophe n'a porté aucune plainte à ce jour.

Prothèses mammaires PIP à risques ?

"Le médecin prescripteur n'a pas suspecté "un gel fabriqué de façon artisanale"

L'agence française de sécurité sanitaire et des produits de santé (AFSSAPS) a confirmé ce deuxième cas de cancer chez une porteuse d'implants mammaires de la société varoise Poly Implant Prothèse (PIP), dont les modèles ont été retirés du marché en mars 2010 en raison de la non-conformité avec les règles médicales en vigueur du gel utilisé.

" Un cas de cancer du sein (adénocarcinome) a été déclaré le 5 décembre 2011 à l'Afssaps chez une patiente portant des prothèses PIP depuis plusieurs années. Il y a quelques jours, un autre cas de cancer (lymphome anaplasique à grandes cellules) avait provoqué le décès d'une femme porteuse de prothèses PIP ", écrit l'Afssaps dans un communiqué. "La grande majorité des prothèses commercialisées par PIP étaient composées d'un gel fabriqué de façon artisanale qui ne répondait pas aux normes de qualité annoncées", a encore dit Jacques Dallest.


La chaîne médicale est épargnée

Renvoi du fabricant en correctionnelle pour "tromperie aggravée"

Le magistrat a affirmé que l'enquête préliminaire pour "tromperie aggravée" a pour sa part abouti au renvoi en correctionnelle d'une demi-douzaine d'anciens responsables de la société varoise pour un procès qui devrait se tenir à la fin de l'année 2012. Au total, 2.172 plaintes de porteuses de prothèses de la société PIP ont été déposées depuis le mois de mars 2010, date de l'ouverture d'une enquête préliminaire pour "faux et usage de faux, publicité mensongère et tromperie sur les qualités substantielles d'un produit, mise en danger de la vie d'autrui".

Produit bas de gamme pas cher devrait être suspecté
L'entreprise PIP a été mise en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce de Toulon. L'ex-numéro trois mondial du secteur était en proie depuis plusieurs mois à des difficultés financières et accusait un déficit de neuf millions d'euros au moment de sa liquidation.
Environ 30.000 femmes portent des prothèses PIP en France, soit 6% des femmes porteuses d'implants mammaires en silicone dans le pays, d'après l'Afssaps qui a renforcé jeudi ses recommandations de suivi médical aux femmes concernées.
Les victimes n'ont pas grand chose à attendre d'une société fortement endettée et déjà mise en liquidation judiciaire...

Le généraliste et le chirurgien s'en tirent bien
Ni les plaignantes, ni la justice ne mettent en cause les professionnels de santé qui sont supposés conseiller leurs patientes et pratiquer les interventions chirurgicales en connaissance de cause.

Jamais aucune "violation" du serment d'Hippocrate
L'Ordre des médecins connaît les termes de ce serment: "J'informerai les patients des décisions envisagées, de leurs raisons et de leurs conséquences. Je ne tromperai jamais leur confiance et n'exploiterai pas le pouvoir hérité des circonstances pour forcer les consciences." Mais s'il n'est pas tenu de les faire respecter, à quoi sert-il exactement ?

Une fois de plus les pare-feux n'ont pas fonctionné
Malgré ces deux drames, ils ne sont pas toujours pas responsabilisés. Ainsi, un médecin n'aurait donc "aucune obligation particulière de sécurité ou de prudence "...
Les beaux esprits suggèrent que le gouvernement -vous et moi- prenne en charge les frais chirurgicaux de remplacement des prothèses suspectes des 30.000 femmes porteuses de prothèses PIP.
Les médecins inconscients, conseillers ou practiciens qui ont participé au drame, ne pourraient-ils pas être appelés à réparer leur faute professionnelle ?

mardi 17 mai 2011

Affaire DSK: M. Sabban (PS) pratique la double peine contre les victimes

Une féministe de plus au PS s'en prend aux victimes d'agressions sexuelles

L'indécente Michèle Sabban stigmatise la mère d'une victime présumée de DSK

A noter que Michèle Sabban (1954) se présente comme "particulièrement engagée en faveur de l'égalité entre les hommes et les femmes
"...

Anne Mansouret (1945) a confirmé le 15 mai que sa fille, l'écrivaine Tristane Banon, a été la victime de la lubricité de Dominique Strauss-Kahn qui aurait essayé de la violer en 2002.
Lire PaSiDupes

Depuis cet article, Cécile Duflot et Clémentine Autain ont été les seules à condamner la consommation de porc par la force.

Au même moment, la strauss-kahnienne Michèle Sabban développait une incroyable théorie (reprise par d'autres au PS et dans la presse à la botte), prétendant que DSK est la victime d’un complot international contre le FMI.

La douleur militante égare la femme Sabban :

"une catastrophe pour l'homme"
"Dominique a de gros ennuis" [!]
et Mansouret -mère de Tristane Banon- "n'a plus sa place au PS"...

Rétro(activité)

La faute d’Anne Mansouret
, conseillère générale PS de l'Eure, conseillère régionale de Haute-Normandie et candidate à la primaire présidentielle socialiste de 2011 serait d’avoir pris la défense de sa fille, 8 ans après l’avoir elle-même retenue de porter plainte contre DSK: elle doit payer pour n'avoir pas "protégé" l'infâme plus de huit ans, ...en tenant sa langue.

Rien de plus à faire que visionner cet entretien de Michèle Sabban réclamant l’éviction du PS de la mère de Tristane Banon, ...qui a osé trahir DSK !

VOIR et ENTENDRE le délire socialiste de la "chaleureuse" harpie sur l’antenne de RMC:

Serait-elle en manque de DSK ?

La féministe Aubry va-t-elle enfin se décider à virer tous ceux et celles qui font tache au PS et "abiment" la France.

Sabban, socialiste depuis 1981 et héritière de Mitterrand, a-t-elle encore sa place au Conseil national du parti socialiste (depuis 1983) ?


jeudi 2 août 2007

Franchise médicale ? Opposition de la gauche et des syndicats

Les extrémistes de gauche font un blocage…

Le gouvernement a promis de veiller à ce que la franchise médicale soit socialement la plus juste possible. Pourtant, fidèles à leur posture commune de défiance permanente, les syndicats et l’opposition dénoncent une "hypocrisie" et une mesure inégalitaire par nature. Des accusations subjectives qui nécessiteraient une démonstration…

Dans un entretien au Figaro puis sur France Inter, la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a expliqué que les femmes enceintes, les enfants et les bénéficiaires de la couverture maladie universelle (CMU) ne seraient pas concernés par le dispositif dévoilé mardi par Nicolas Sarkozy : au total, dix millions de personnes seront en effet exonérées de franchise - "les plus faibles, les plus modestes", a-t-elle dit.

"Nous voulons que cette mesure soit la plus juste possible. Bien entendu, la concertation permettra d'affiner les modalités techniques", a ajouté Roselyne Bachelot.

Cette mesure consiste à faire payer

- 50 centimes par boîte de médicament et acte paramédical ;

- deux euros à chaque recours à un transport sanitaire,

- avec un plafond de 50 euros par an et par assuré.

Elle est une des promesses électorales de Nicolas Sarkozy et devrait permettre d’économiser 850 millions d'euros, selon la ministre de la Santé.

Les détails en seront présentés en septembre aux organisations syndicales et aux professionnels de santé et le système sera contenu dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2008. Il s'appliquera à partir du 1er janvier prochain.

Pour le Parti socialiste, Nicolas Sarkozy "persiste dans l'hypocrisie" inaugurée par les gouvernements Raffarin et Villepin qui avaient diminué les remboursements. Le PS ne fait toutefois pas de propositions… Quel est le rôle du 'cabinet fantôme'? Les membres seraient-ils des fantoches?...

Toujours dans le même registre de propagande primaire, cette annonce, déclarée "choquante", (...) " utilise la compassion en direction des malades du cancer ou d'Alzheimer pour justifier une mesure impopulaire destinée à combler pour partie les conséquences de la politique de la droite en matière de protection sociale", estime le secrétaire national à la Santé, Pascal Terrasse, dans un communiqué. L’Ardèche n’est sans doute pas assez frappée par ces maux. Le député socialiste a manifestement oublié la scène pathétique jouée à la télévision en campagne présidentielle, lorsque Sa Cynique Majesté Royal a quitté son sourire figé pour des simagrées compassionnelles face à un interpellateur handicapé en fauteuil : du grand art !

Toujours dans les mêmes termes transposables à l’infini, Jean-Marie Le Guen, responsable des questions de santé au sein du groupe PS à l'Assemblée nationale, mais aussi professeur occulte en art dramatique de la Cynique susnommée, a déclaré : "C'est un mauvais coup porté à la santé des Français parce que (la franchise) sert à dissuader chacun de recourir aux soins sans pénaliser les consommateurs abusifs". Ce qui reste à démontrer !

Même son de cloche avec la CFDT qui voit aussi et comme par hasard dans les franchises médicales "un grand risque de renoncement aux soins" ainsi qu'un "coût important sur les bas revenus et (...) un accroissement des inégalités devant les financements collectifs".

Pareillement, le bourdon de la CGT émet le même son : l'accumulation de ces mesures (déremboursement, ticket modérateur, franchises) présentées au nom de la responsabilisation, de la solidarité, faisant appel aux bons sentiments, vide en réalité la Sécurité sociale de son contenu". Ni plus, ni moins…

"L'hypocrisie se conjugue avec le cynisme", souligne le très extrêmiste Solidaires, dont la représentativité n’est pas démontrée, mais dont la presse ne manque pourtant pas de se faire l’écho. Cette union syndicale est dans son rôle lorsqu’elle accuse. Selon elle, aucune mesure concrète n'est annoncée contre le cancer ou la maladie d'Alzheimer et les professionnels de santé indiquent que lutter contre cette dernière nécessiterait plus de six milliards d'euros.

Roselyne Bachelot, sur France Inter, a fait observer aux détracteurs professionnels qu'"on n'en a jamais assez dans cette prise en charge de la maladie, mais pour la première fois, un plan est accompagné des mesures de financement qui permettent son efficacité".

Le porte-parole du gouvernement, Laurent Wauquiez, s'exprimant sur France 2, a expliqué quant à lui que "ce que les Français ne veulent pas, ne veulent plus, c'est des plans à répétition pour boucher des trous" mais ils sont favorables à un "engagement clair évalué chaque année".

La Ligue communiste révolutionnaire (LCR) s’en prend aux personnes. Selon ces trotskistes, Nicolas Sarkozy a "grillé la politesse" aux parlementaires qui doivent débattre des franchises médicales à l'automne. Se trompant de cible et dans leur style très particulier, les amis de Besancenot s'inquiètent de voir le chef de l'Etat "faire les poches des malades" et "condamne sans réserve ce nouveau subterfuge". Sur les maladies et les malades, rien ! Eux, au moins, ne se laisseront pas envahir par la compassion…

Constitué des principaux syndicats, du PS, du PCF, de la LCR et d'une vingtaine d'associations, notamment de médecins militants, un collectif (de plus!) national contre les franchises de santé appelle à une journée d'action en septembre avant d'engager "des manifestations décentralisées dans toute la France" dans la seconde quinzaine d'octobre.

Le réchauffement climatique n’est rien à côté de l’automne indien que nous préparent les radicaux –mais démocrates- de tous poils…

Les électeurs verront quelle valeur les démocrates rouges et noirs accordent au vote démocratique et républicain.