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mercredi 16 janvier 2019

Moulin à moudre pour les Gilets jaunes : la hausse des prix décolle en 2018

La faute au gazole et au tabac ? Un peu court, jeune homme !

Encore nulle en 2015, l'inflation accélère depuis








Elle a atteint une moyenne de + 1,8 % en moyenne en 2018, selon les chiffres tout juste publiés par l'Insee, soit exactement dans les clous de l’objectif officiel de la BCE (un taux "inférieur à, mais proche de 2 %"). C’est ce que révèle le rapport annuel de l’INSEE sur les prix à la consommation de l’année écoulée, publié ce mardi et qui insiste sur l’accélération de cette inflation. En effet, après une courte période de stagnation, 2018 signe le retour d’une inflation relativement forte : elle n’était que de +1 % l’année précédente, de +0,2 % en 2016 et nulle en 2015.

S'appuyant sur l'AFP, Le Figaro écrit le contraire.

Sans citer l'INSEE...

Cette hausse des prix est imputée à deux secteurs en particulier : l’énergie et les tabacs 

Dopée au gazole et au tabac, l'inflation décolle en 2018
La hausse des taxes sur les cigarettes a fait bondir les prix du tabac à + 14,2 % en moyenne en 2018, du jamais vu depuis presque quinze ans. Quant aux prix de l’énergie, qui avaient baissé trois années de suite avant de repartir à la hausse en 2017, ils augmentent encore de 9,7 % en moyenne, portés à la fois par la hausse du produit brut (le pétrole), des taxes gouvernementales sur les carburants et du prix du gaz.


Hors tabac, l’inflation annuelle moyenne est encore de + 1,6 % (contre + 1 % en 2017). Et l’inflation sous-jacente – c’est-à-dire celle des biens qui ne sont ni soumis à des prix volatiles, comme les carburants, ni à des prix modifiés par l’Etat, comme l’électricité, le gaz ou le tabac – est de + 0,8 %, ce qui reste supérieur aux années précédentes (+ 0,5 % en 2017).


L’énergie et le tabac ne sont pas les seuls à avoir augmenté en 2018. 
Le prix des produits alimentaires, par exemple, a également crû de + 1,9 % (contre + 1 % l’année d’avant), porté entre autres par une inflation des fruits et légumes, des produits laitiers et des œufs, de la viande et du poisson. 
Au rayon des rares baisses en moyenne annuelle : les services de communication, les produits et appareils médicaux ou encore l’électroménager.

L'inflation britannique a décéléré à 2,1% en décembre


L'inflation britannique a décéléré en décembre, avec l'énergie
Conforme aux attentes, ce chiffre résulte notamment de la baisse des prix de ...l'énergie. Cette baisse outre-Manche met ainsi à mal les affirmations de l'exécutif et de sa presse puisque le cours du Brent est le même pour tous... Ce qui diffère, c'est la charge fiscale associée.

Le taux d'inflation britannique revient ainsi à son plus bas niveau depuis janvier 2017, selon les données publiées mercredi par l'Office national de la statistique. Il était de 2,3% en novembre.
D'un mois sur l'autre, les prix ont augmenté de 0,2%, comme en novembre, un chiffre là aussi conforme aux attentes des économistes.
"L'inflation a principalement ralenti à cause d'une forte baisse de l'essence, conséquence de la chute des cours du pétrole ces derniers mois", a commenté Mike Hardie, statisticien à l'ONS et comme ne cesse de le souligner PaSiDupes. "Les tarifs aériens ont aussi contribué à faire baisser le taux (...). Cela a été partiellement compensé par de légères hausses dans l'hôtellerie et la téléphonie mobile."

Sur l'ensemble du quatrième trimestre, les prix à la consommation ont augmenté de 2,27% par rapport aux trois derniers mois de 2018, soit une hausse plus faible que celle de 2,47% projetée en novembre par la Banque d'Angleterre (BoE) sur la base du maintien de son taux de base à 0,75%.

vendredi 14 septembre 2018

L'inflation d'août sanctionne la politique de Macron et affaiblit notre pouvoir d'achat

En août 2018, l'indice des prix à la consommation rebondit à + 0,5 % sur un mois

Le panier de la ménagère de plus en plus cher
L'échelle mobile des salaires (indexation des salaires sur les prix) : 
quand les prix augmentent, les salaires suivent.
Août 2018 : l'inflation est de 2.3% par rapport à août 2017Sur un mois, la variation de l'indice des prix est de 0.5%
Les prix des produits alimentaires accélèrent (+0,3, % après +0,1 %), dans le sillage de ceux des produits alimentaires hors produits frais, ce qui invalide partiellement l'explication tordue selon laquelle ce rebond proviendrait d'une hausse saisonnière des prix des produits manufacturés (+1,1% après -2,8 %), après les soldes d'été sur le territoire métropolitain.

Un autre amalgame des experts partisans associe les prix des services qui ralentissent nettement (+0,3 % après +1,1 %), en lien avec le repli saisonnier des prix des ...transports aériens, aussi ben qu'au recul des prix des services de communication.

La manip continue avec la correction magique tenant compte des variations saisonnières. Les prix à la consommation en août ralentissent  à +0,1 % sur un mois - en pleine saison touristique quand les prix flambent - après +0,3 % en juillet. A croire donc qu'au final, la hausse du taux d'inflation serait nulle, voire négative !
Sur un an, les prix à la consommation augmentent de 2,3 %, comme le mois précédent. Circulez, il n'y a rien à voir, selon les analystes.

Des analystes concluent ainsi à la stabilité de l'inflation.
Elle résulte d'un ralentissement sur un an des prix de l'énergie compensé par une accélération des prix de l'alimentation.
Les prix des services augmentent au même rythme que le mois précédent et ceux des produits manufacturés reculent de 0,1 %, comme en juillet.

Même que l'inflation sous-jacente sur un an serait ...stable à +0,9 %, comme le mois précédent. Si votre bourse se vide, c'est une illusion !
Pourtant, l'indice des prix à la consommation ..."harmonisé" (IPCH) se redresse (+0,5 % en août après -0,1% en juillet) ; sur un an, il croît même de 2,6 %, mais comme le mois précédent.
Ralentissement des prix de l'énergie sur un an. Il n'est donc pas question du prix des carburants à la pompe : ils se sont envolés, sans incidence pour les experts... 
A les en croire, l'inflation énergétique recule en août 2018, après quatre mois consécutifs de hausse (+13,0 % sur un an après +14,3 % en juillet).


L'automobiliste constate le contraire, mais ils nous assurent que les prix des produits pétroliers décélèrent (+20,1 % sur un an après +21,8 %) et ceux de l'électricité ralentissent nettement (+0,3 % après +2,1 %) du fait d'une baisse des tarifs sur le mois.
En revanche, les prix du gaz accélèrent de nouveau (+19,8 % sur un an après +18,8 %). Un détail...

Stabilité de l'inflation, malgré l'accélération des prix de l'alimentation sur un an ?

En août 2018, les prix de l'alimentation sont en hausse de +2,2 % sur un an
Résultat de recherche d'images pour "panier de la menagere aout 2018"
Le panier moyen de la ménagère est-il toujours
à 136,07€ (2016)?
après +1,9 % le mois précédent.
Les prix des produits frais augmentent davantage (+6,9 % sur un an après +6,4%), du fait d'un net rebond des prix des pommes de terre, alors que ceux des légumes frais (+9,8 % après +10,1 %) et des fruits frais (+7,4% après +8,0 %) ralentissent sur un an.
Hors produits frais, les prix de l'alimentation accélèrent à +1,4 %, hausse la plus élevée depuis décembre 2012, du fait du dynamisme des prix des boissons (alcoolisées comme non alcoolisées).
Stabilité de l'inflation dans les services

Les prix des services augmentent de 1,3 %, sur un an, comme le mois précédent.
Les prix des transports se renchérissent de nouveau (+1,9 % sur un an après +1,4 %) en particulier ceux des transports aériens (+3,5 % sur un an après +1,0 %).
De même, pour le deuxième mois des vacances d'été, les prix des services d'hébergement accélèrent à +6,9 % sur un an, après +5,7 % en juillet.
Les prix des services de santé sont plus dynamiques qu'en juillet (+0,7% sur un an).
En revanche, les prix des services de communication se replient après trois mois de hausse (-0,9 % sur un an après +0,7 %) en lien avec des offres promotionnelles sur les forfaits mobiles et les services groupés de télécommunication.
Enfin, les prix des services liés au logement (loyers, eau et enlèvement des ordures ménagères) reculent de 0,3 %, comme en juillet.

Les prix des produits manufacturés baissent de 0,1 %, sur un an, comme le mois précédent.
Les prix de l'habillement et des chaussures augmentent de 0,8 % sur un an, comme en juillet 2018.
Les prix des "autres produits manufacturés" accélèrent légèrement (+0,2 % sur un an après +0,1 %) : la hausse accentuée des prix des voitures neuves (+2,6 % sur un an après +2,3 %) est en partie compensée par un recul plus marqué des prix des appareils ménagers (-1,4 % sur un an après -0,7 %) et des téléphones (-9,0 % après -7,7 %).
Par ailleurs, les prix des produits de santé baissent de 2,2 % sur un an pour le troisième mois consécutif.

Les évolutions sur un mois et sur un an de l'IPC sont confirmées, par rapport aux estimations provisoires publiées le 31 août 2018,.
L'évolution sur un mois de l'IPCH est toutefois révisée à la baisse de 0,1 point et celle sur un an est inchangée.
Source: INSEE

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L'échelle mobile des salaires a été introduite en France en juillet 1952 sous la présidence de Vincent Auriol (SFIO) par le gouvernement Antoine Pinay.

Elle a été supprimée par Mitterrand (PS) en 1982, quand il a entamé le tournant de la rigueur. Jacques Delors (PS et père de Martine Aubry) était ministre des Finances, dans le deuxième gouvernement de Pierre Mauroy (PS).Plutôt que de rétablir l'indexation des salaires sur les prix, Macron promet un "plan pauvreté" qui règlera les inégalités sociales. Or,  au micro de RTL ce 27 août 2018, le ministre de l'Economie défendait son projet de désindexation des pensions de retraite...

lundi 27 août 2018

Edouard Philippe dévoile les mesures chocs du budget de 2019

Macron privilégie les entrepreneurs plutôt que les retraités, les allocataires ou les chômeurs

Le Premier ministre lève le voile sur les économies à réaliser en 2019
 
Le premier ministre, Edouard Philippe, le 3 août à l’Elysée.

Philippe présente notamment deux mesures chocs : la hausse très modérée de certaines allocations et la désocialisation des heures supplémentaires dès 2019.
Rentrée compliquée pour le gouvernement qui, en 15 mois, n'est pas parvenu à relancer la croissance et le pouvoir d'achat et rame pour juguler le chômage et le déficit public. Alors que la croissance s'annonce moins élevée qu'espérée en 2019, le gouvernement doit trancher les questions budgétaires. 

Dans le JDD, le Premier ministre Edouard Philippe présente les arbitrages décidés par l'exécutif. Il annonce notamment que l'Etat décide que plusieurs aides sociales devraient arrêter de suivre le rythme ascensionnel de l'inflation, donc baisser. 
Il prévoit également de lancer dès 2019 la réforme de la désocialisation des heures supplémentaires. Le JDD vous résume les principales annonces du Premier ministre.

1) La hausse des pensions de retraite ne sera plus indexée sur l'inflation

Edouard Philippe assure pourtant qu'"aucune prestation sociale ne sera réduite". Certaines vont néanmoins très peu augmenter, dans la mesure où elles seront désindéxées de l'inflation montante. C'est le cas de l’aide personnalisée au logement (APL), des allocations familiales et des pensions de retraite qui ne suivront plus le coût de la vie. Elles vont progresser de 0,3 % par an en 2019 et en 2020, soit a priori beaucoup moins que l'inflation (1,6% en 2018, selon les dernières prévisions de l'Insee). 
Edouard Philippe tient toutefois à préciser que "les prestations qui bénéficient à nos concitoyens les plus fragiles, comme le RSA, seront augmentées conformément à la loi. "Certaines le seront même très significativement : la prime d’activité, le minimum vieillesse, l’allocation pour les adultes handicapés", indique-t-il. Quid du RSA au profit des migrants non recevables au droit d'asile? 

Edouard Philippe reste rigide  : "Nous assumons [tout est dit !] une politique de transformation et de maîtrise des dépenses qui privilégie, je le redis, la rémunération de l’activité et qui rompt avec l’augmentation indifférenciée des allocations. C’est par le retour à l’activité et une meilleure rémunération du travail que notre pays sera plus prospère."

2) La désocialisation des heures supplémentaires dès 2019

Le coup bas va être avancé d'un an. Edouard Philippe annonce que le gouvernement compte supprimer dès le 1er septembre 2019 les cotisations salariales sur les heures supplémentaires, dans le privé comme dans le public. "Pour une personne payée au SMIC, cette mesure représentera en moyenne plus de 200 euros supplémentaires par an", calcule Edouard Philippe."Nous voulons que les Français puissent revenir vers le travail, que ce travail paie, et qu’il paie de mieux en mieux. C’est le sens de notre action", détaille-t-il.  16 euros par mois pour stimuler l'envie de travailler, notamment loin de son domicile, quand augmentent les prix des carburants... 

3) 4.500 postes de fonctionnaires supprimés en 2019

Après 1.600 postes cette année, Edouard Philippe annonce que le gouvernement prévoit 4.500 suppressions de poste en 2019. L'objectif étant d'atteindre 50.000 suppressions annoncées  par Emmanuel Macron sur le quinquennat. "C’est parce que je ne crois pas à la politique du rabot, répond Edouard Philippe. La réduction du nombre de fonctionnaires n’est pas le fondement, mais la conséquence d’une transformation de l’action publique qui monte en puissance au fil du temps. Je peux déjà vous dire qu’en 2020 le chiffre sera supérieur à 10.000.
En 2019, les réductions se concentreront sur les ministère des Finances, dans l’audiovisuel public, dans le réseau extérieur de l’État. "Mais il y aura par ailleurs des recrutements, assure Edouard Philippe. Plus 2.000 agents supplémentaires dans la police, la gendarmerie et à la DGSI, 1.300 à la justice – parce qu’il s’agit de priorités." La jeunesse et l'Education nationale ne sont donc plus une priorité...

4) La poursuite de la réduction des contrats aidés

Le Premier ministre confirme que le gouvernement va continuer à réduire le nombre de contrats aidés. Ils ne débouchaient pas nécessairement sur un emploi après deux ans. "Nous allons poursuivre l’action engagée : nous voulons transformer l’action publique en diminuant le financement des politiques qui ne sont pas efficaces, par exemple sur le logement ou les contrats aidés, dont la plupart ne permettent pas d’obtenir ensuite un emploi viable", explique-t-il.

5) Les entreprises n'auront finalement pas à prendre en charge une partie des indemnités versées en cas d'arrêt maladie

Selon les informations du journal Les Echos, de LVMH, le gouvernement souhaitait que les entreprises prennent en charge quatre jours d'indemnités journalières pour les arrêts de travail de moins de huit jours. Une hypothèse qui avait suscité la colère du patronat, MEDEF et CPME mettant en garde contre les effets néfastes sur la productivité. Dans le JDD, Edouard Philippe affirme qu'il "écarte l’hypothèse d’une mesure brutale de transfert vers les entreprises".

"Nous avons pris beaucoup de mesures pour stimuler l’activité des entreprises et l’investissement ; on ne va pas envoyer de contre-message. Mais je le répète, il faut trouver une solution pour contenir ces dépenses", note-t-il. "L’enjeu des arrêts maladie est considérable. Chaque année, un peu plus de 10 milliards d’euros sont consacrés à l’indemnisation des salariés arrêtés, et ce volume progresse de plus de 4 % par an. En trois ans, le nombre de journées indemnisées est passé de 11 à 12 par an et par salarié du privé. C’est comme si notre pays avait instauré un jour de congé supplémentaire!", s'inquiète le Premier ministre.

vendredi 24 août 2018

Sondage Elabe : Macron meurtri par les doutes sur son efficacité

L'ego surdimensionné de Macron en a pris un coup

Le pessimisme s'impose et le doute s’installe, confirme une enquête Elabe 

Le sentiment d'une majorité nette de Français est étayé par les derniers indicateurs économiques, mal orientés : la croissance économique en berne et le chômage en hausse, le pouvoir d'achat en baisse continue et le déficit public reparti de plus belle, l'insécurité ne peuvent que conforter les inquiétudes. D’autant plus que le chef de l’Etat avait promis une efficacité comme jamais...

Seuls 14% des Français jugent l'action de Macron satisfaisante, après plus d'un an de pouvoir sans partage

C'est sur le terrain de l'efficacité promise que Macron trébuche. L'efficacité devait inspirer sa politique, pour rebooster l'économie, créer un choc de confiance, réduire le chômage, relancer la construction de logements, diminuer les inégalités… 
Ainsi, la réduction des aides sociales ou des aides au logement proclamée par le président, ne visait pas à faire des économies, mais l'efficacité! Même la réduction du nombre de députés a été présentée comme un moyen de gagner en efficacité.

L'efficacité est au cœur du discours du chef de l'Etat et de son identité politique. 
Macron a d'ailleurs cité le mot quinze fois lors de son discours devant le Congrès en juillet dernier. Et, il y a un an dans un entretien fleuve avec Le Point, l'ex-banquier déclarait: "Nous avons tourné la page de trois décennies d'inefficacité pour nous engager sur la voie de la reconstruction". Las ! 
Depuis son arrivée à l'Elysée, il n'a eu de cesse de vanter la culture du résultat, promettant de soumettre ses ministres à des évaluations chaque année, voulant même transformer le Parlement en un vrai organe de contrôle et d'évaluation. Par souci d'efficacité. Toute son action se justifie par la promesse de résultats concrets. Finis l'idéologie, les grands desseins, l'ambition du gouvernement, comme l'a répété Edouard Philippe à de nombreuses reprises, est de réparer la machine France.

Macron a besoin de plus de temps que prévu...

Quinze mois après son élection sur la base de 24% au premier tour,
les chiffres de cette rentrée ne sont guère porteurs : les indicateurs économiques condamnent la politique d'efficacité dont il nous a rebattu les oreilles. 

La croissance est plus faible que prévue en 2019, 1,7% et non les 1,9 promis, inférieure à celle de nos voisins européens, impactant gravement l'équilibre des finances publiques, singulièrement le pouvoir d'achat. Le chômage ne baisse que si les analystes ne valorisent que la catégorie la moins négative du moment, en fonction de la période de référence considérée et en excluant l'Outre-mer. 

L'inflation pointe son nez, mettant à mal l'espoir d'un pouvoir d'achat juste, singulièrement pour les retraités, cibles constamment visées. 

Le commerce extérieur est toujours aussi peu compétitif.

La construction de logements ne tient pas ses promesses. 

La machine Parcoursup régurgite des milliers de lyséens, un étudiant sur cinq n'a toujours pas d‘affectation… 

Et la perception qu'ont les Français de l'action du gouvernement est désormais très négative
 
Selon une enquête Elabe, seulement 6% des sondés estiment que la politique de l'exécutif améliore leur situation personnelle et 16% la situation du pays. 

Seulement 14% jugent son action efficace !
Un seul Français sur trois (34% des Français, soit +6 points par rapport au mois de juillet) garde patience. Les réformes structurelles engagées par le chef de l'Etat n'auront d'effets qu'à long terme. Or, ce n'est que l'accumulation de réformes qui peut transformer le pays en profondeur. 

Le chef de l'Etat arrive à la date-butoir qu'il s'était fixée. 
Lui-même avait parlé de résultats au bout de dix-huit mois, décembre 2018. "La France is back", s'exaltait-il à Davos, en janvier dernier, après huit mois. Slogan repris en écho par Edouard Philippe lors de son déplacement dans les Emirats.
Mais, près de deux fois huit mois plus tard, la France de Macron est encore à la traîne, en matière de croissance, de chômage, de déficits, de pression fiscale…. 

Ces mauvais chiffres mettent en cause la crédibilité du prétentieux. 
Pourquoi son soutien fiscal accordé aux entreprises et aux plus riches n'a pas eu l'effet attendu en matière de dynamisme économique? Pourquoi, en dépit des réformes El Khomri, puis Pénicaud, le chômage est-il toujours aussi élevé? Pourquoi certaines professions connaissent-elles une telle pénurie de main d'œuvre? 
Emmanuel Macron a-t-il actionné les bons leviers ? La suppression du statut de la SNCF était-elle la priorité? Ne fallait-il pas être plus volontariste en matière de baisse de la dépense publique? Sa méthode autoritaire et son Assemblée nationale servile ont fait comprendre aux Français qu'ils avaient misé sur le mauvais cheval, toque dorée et casaque argentée, singulièrement depuis les ordonnances pour imposer la réforme du Travail ou lors de sa réforme du statut des cheminots, sans concertation, ni dialogue.  

Macron va avoir la rentrée mouvementée qu'il a cherchée

L'illusion créée par la jeunesse de ce nouveau venu, vierge de tout passé clairement impliqué dans les turpitudes publiques passées, n'a pas fait long feu
Rapidement, la principale faiblesse de l'ex-banquier a été son image de "président des riches". Cette réalité lui colle à la peau, comme les sparadraps de l'affaire Benalla, comme le dilettantisme du président ou ses insultes aux "gens qui ne sont rien", illettrés" ou "cyniques", et désormais les caprices révélés du couple présidentiel qui a besoin de vaisselle de Sévres ou d'une piscine au fort de Brégançon, sans compter les affaires qui ont discrédité des proches: Ferrand, Bayrou, Schiappa ou Nyssen

Avec l'affaire Benalla, ses pouvoirs et ses privilèges, c'est l'arrogance de sa gouvernance qui a été pointée du doigt. Trop centralisée, trop solitaire, trop opaque, trop arrogante. Lui qui promettait un nouveau monde, horizontal, comme sa campagne En marche! n'a eu de cesse de se camper dans une posture verticale, jupitérienne. "Celui qui sait commander trouve toujours ceux qui doivent obéir," avertit Nietzsche dans "La volonté de puissance"...

Et de gouverner dans le culte du secret, avec une poignée de fidèles et de favoris. Le dérapage d'Alexandre Benalla et la gestion du scandale ont mis à nu un fonctionnement très clanique, très ancien monde.

Désormais donc, selon Elabe, 80% des Français le jugent autoritaire. Ce reproche serait subalterne, si la manière, le ton, le style déplaisants du quadra permettaient d'atteindre à l'efficacité. Et si Macron ne donnait raison à Nietzche qui écrit : "On veut la liberté aussi longtemps qu'on n'a pas la puissance ; mais si on a la puissance, on veut la suprématie. "
Qu'importerait son culte nietzchéen du "premier de cordée", s'il n'affichait pas le mépris de ses concitoyens dans des petites phrases blessantes opposant ceux qui réussissent à "ceux qui n'existent pas" ou concernant le "pognon dingue" des aides sociales… 

Si Emmanuel Macron réussit à redresser la barre, en mettant sous le boisseau la gauche qui entraîne la France dans une spirale décliniste, et surtout en tenant à distance les populistes, qu'ils soient de gauche ou de droite, à la Die Linke ou à l'italienne, les critiques et les oppositions n'auront pas prise. Mais là, comment accepter de subir un pouvoir autoritaire, une politique jugée socialement injuste, si la situation du pays ne s'améliore pas?

La rentrée s'annonce compliquée. Le chef de l'Etat s'apprête à lancer des réformes difficiles: retraites, chômage, prélèvement à la source, hôpital… Il devra argumenter le bien-fondé de ces réformes. Les justifier et convaincre, ce qui n'est pas gagné, puisqu'il semble avoir renoncé à sa réforme des institutions. 

Ses deux atouts maîtres semblent d'ailleurs éventés. 
En Europe comme en France, son image de leader volontariste est abîmée par les derniers indicateurs économiques, quand l'Espagne et l'Italie font mieux. Les Français conservent l'espoir en son dynamisme et sa sincérité affichés.
Mais les Français cherchent encore l'alternative proposée. Mais cet l'autocrate est le seul véritable acteur apparent et encore est-il ébranlé par ses  propres contre-performances et les doutes des Français, jusqu'à l'intérieur de son mouvement En marche!  
Tout reste à faire. Pire, il doit maintenant détourner une part de son énergie pour le redressement de son empreinte personnelle.  Mais l'arrogant a mis le terrain sens dessus dessous et le chef de l'Etat va devoir changer de ton, de manière. Or, les comportements du couple au fort de Brégançon augurent mal de cette nécessaire mutation. 
Ni les corps intermédiaires décriés, ni les collectivités territoriales malmenées, ni les syndicats en colère ne sont disposés à lui faire crédit.

mercredi 1 août 2018

Croissance: le gouvernement contraint de revoir ses ambitions à la baisse

Macron s'est-il trompé sur les compétences réelles de son successeur à Bercy ?


Après les contre-performances de la première partie de l'année, 
le gouvernement est contraint de réviser à la baisse ses prévisions de croissance pour 2018, sans se risquer à fixer de nouveaux objectifs, ni de pistes sur d'éventuelles économies budgétaires.

"Nous réviserons les prévisions de croissance pour 2018" qui étaient de 2%, a admis mardi le ministre des Finances, Bruno Le Maire, sur BFM TV/RMC, après la publication vendredi des chiffres "décevants" de l'INSEE, officine de Bercy, pour le second trimestre avec une hausse à un an d'à peine 0,2% qui a confirmé la décélération de l'économie française depuis le début de l'année.

Pire encore, le ministre s'est abstenu de donner de nouvelles prévisions de croissance. "Elle sera communiquée à la rentrée lors de la présentation du budget", a précisé son entourage, annonçant un ajustement politique.
"Le gouvernement n'avait pas le choix. Il était obligé de réviser à la baisse ses prévisions de croissance", a avoué Philippe Waechter, économiste chez Natixis AM, qui table sur une hausse de seulement 1,5% cette année, dans le meilleur des cas.
Christopher Dembik, responsable de la recherche économique chez Saxo Banque, ne manifeste guère plus d'optimisme, avec une prévision dans une fourchette de 1,6 à 1,7%, convaincu lui aussi que l'objectif gouvernemental est "beaucoup trop ambitieux, impossible à tenir".

La croissance robuste de 2,2% (2,3% en données corrigées des jours ouvrés) en 2017 n'a pas fait long feu

Largement supérieure aux attentes, car surfant sur une tendance européenne favorable et sur les espoirs nés dans l'entreprise de l'arrivée aux affaires d'un banquier, cette décélération sur la première partie de 2018 douche les volontaristes du secteur privé qui portent Macron. 

Les "experts" donnent à croire que cette décélération serait essentiellement due à une consommation plombée par la hausse des prix du pétrole, qui rogne sur le pouvoir d'achat des Français, mais plus sûrement imputable à  la hausse de la CSG et des taxes sur l'essence en début d'année, ont estimé les économistes.

L'exécutif mise sur deux leviers à venir : la première réduction de la taxe d'habitation, en vue de sa suppression d'ici 2022 pour 80% des Français, ainsi que la deuxième phase de suppression des cotisations salariales en octobre pourraient relancer la consommation, même si la baisse des cotisations arrivera tardivement pour donner une impulsion déterminante à la croissance en 2018 et si toutefois le pouvoir ne continue pas à se déconsidérer et à inquiéter par ses pratiques. .

Vers plus d'austérité imposée aux seuls "gens qui ne sont rien" ?

La nette accélération de l'inflation en juillet, avec une progression de 2,3% plus marquée que le mois précédent (+2% en juin), soutenue par la hausse des prix de l'énergie, du fait singulièrement des taxes, pourrait toutefois compliquer un peu plus l'objectif du gouvernement.
"Ce n'est pas bon. Il y aura un aspect perte de pouvoir d'achat", a souligné Ph. Waechter, qui s'interroge sur les capacités du gouvernement à tenir, dans ces conditions, son engagement avec Bruxelles de réduire cette année le déficit public à 2,3%.

"Que va faire le gouvernement pour parvenir à réduire le déficit public ? Des économies sur les dépenses une augmentation de la fiscalité ? En tout état de cause, cela aura des effets sur la demande à court terme et pourrait être pénalisant pour la croissance", a-t-il estimé.

Pour l'instant, le gouvernement, qui a établi son budget 2018 sur la base de 1,7% de croissance et n'a pas encore dévoilé ses intentions, cherche une issue.

Pour Ch. Dembik, les mesures pourraient se traduire pas des "coupes dans les budgets de certains ministères, voire une nouvelle baisse des dotations aux collectivités". "Les choix budgétaires seront certainement très compliqués", a-t-il prévenu. Et très rudes pour les Français...

En attendant, B. Le Maire appelle à poursuivre "la transformation de l'économie du pays"... 
Rien ne doit nous détourner de nos efforts pour accélérer la croissance, commente-t-il, sans savoir où il va. Il ne faut surtout pas que l'on lâche le rythme des réformes", a théorisé l'ancien ministre de l'Agriculture, soulignant le risque au passage.

"La croissance et l'économie, c'est le temps long", a-t-il raconté, en guise d'excuse à ses piètres résultats sur un an, pour expliquer le coup de mou de la croissance sur la première partie de l'année, mais aussi la hausse du chômage au second trimestre. "Il faut tenir notre cap, être capables de poursuivre la transformation jusqu'au bout. C'est comme ça que nous aurons des résultats", a fantasmé le ministre de l'Economie.

Selon l'INSEE, l'"acquis de croissance" pour l'année en cours - c'est-à-dire le niveau que le PIB atteindrait si l'activité stagnait d'ici la fin de l'année - est de 1,3%. L'organisme public veut croire à 1,7% de croissance pour l'ensemble de l'année. La Banque de France, qui se doit d'être plus optimiste avec 1,8%, s'attend à une accélération marquée sur la deuxième partie de l'année. 
Sinon, ce sera la faute à qui ?

mardi 14 juin 2016

Pas question de revalorisation des pensions de retraités

Les anciens ne sont vraiment pas la priorité de Hollande
L'inflation sur douze mois sera proche de zéro en septembre.

Déjà l’an dernier les pensions du régime de base n’ont été revalorisées que de 0,1 %. Les retraités ne vont pas profiter de la reprise, preuve qu'elle n'est pas là. "La revalorisation des pensions au 1er octobre 2016 serait nulle", prévoit la Commission des comptes de la Sécurité sociale dans son rapport de juin. La réforme votée à l’automne s’applique pour la première fois cette année : au lieu de tenir compte de l’inflation prévue en 2016 (0,1 %), on calculera la revalorisation en fonction de l’inflation constatée sur les douze derniers mois glissants. D’avril 2015 à avril 2016, l’indice des prix est en baisse. 

Le pouvoir d'achat des seniors va continuer de stagner
D’ici à septembre, il pourrait repasser en positif, mais sa hausse serait très limitée. Les pensions vont donc faire du surplace, après avoir déjà enregistré une hausse minime (+0,1 %) en octobre 2015. 

Les années Hollande ont pénalisé les retraités. 

La loi Touraine de janvier 2014 a décalé d’avril à octobre la revalorisation des pensions, tout en gelant leur montant pendant un an. Il n’y a donc eu ni rattrapage ni augmentation en 2014 et pendant les neuf premiers mois de 2015. Seuls les retraités les plus modestes (pension inférieure à 1.200 euros) ont bénéficié d’un coup de pouce ponctuel de... 40 euros. 

Les retraites complémentaires gelées 
Et les retraites complémentaires ne sont pas mieux servies dans le secteur privé. Elles ont été gelées pendant trois ans, de 2013 à 2015. L’accord Agirc-Arcco signé en octobre dernier a décidé de les sous-indexer à nouveau pendant trois ans, un point plus bas que la hausse des prix. 
Faute d’inflation, ce sera au final zéro. « "S’il y avait un peu d’inflation en juillet-août, il pourrait y avoir une revalorisation des pensions malgré tout " se prend à espérer le très peu combatif Gérard Rivière, le président CFDT de la Caisse nationale d’assurance-vieillesse (CNAV). "Avec trois années d’inflation au ras des pâquerettes, on est malheureusement à court d’arguments pour demander une hausse des pensions", se résigne-t-il. 
Le gestionnaire de la CNAV ne court pas non plus après un nouveau coup de pouce aux pensionnés modestes, car la dernière fois on n’avait pas pris en considération les revenus du conjoint ou les revenus du capital, ce qui avait pu conduire à des largesses injustes et coûteuses

La double peine c'est pour les seniors

La faible progression de l’indice des prix repose la question de l’indexation des pensions. Jusqu’à la réforme Balladur de 1993, elles évoluaient en fonction des salaires. Depuis, elles sont indexées sur les prix à la consommation. Or ces derniers ont tendance à stagner. Mais, jusqu'ici, il n’y avait  pas eu de crise majeure. Les débuts de carrières s’étant améliorées, les pensions versées ont crû et le niveau de vie des retraités est supérieur en moyenne à celui des actifs, en France. 

Néanmoins, le décrochage avec les salaires s’est accentué. Au premier trimestre, le rythme annualisé de progression de la masse salariale est de 2,5 %, et celui du salaire moyen par tête de 1,8 %. Celui de l’indice des prix hors tabac régresse à -0,1 %. "Je ne me souviens pas d’une période sans inflation aussi longue", témoigne Gérard Rivière. On a d'ailleurs flirté avec la déflation.  

Cette indexation sur les prix pénalise doublement les retraités, au moment de la prise en compte de leur salaire puis de la revalorisation des pensions. Or, le débat n’est même pas ouvert, car revenir à l’ancien système coûterait très cher.

samedi 1 août 2015

1er août: Livret A, EDF, loyers... ce qui va changer pour le pire

De nombreux changements qui riment avec hausse des dépenses pour les ménages

Les ménages vont encore souffrir de la politique socialiste...
 

Ce samedi 1er août,
le taux du livret A est abaissé de 1 % à 0,75 %, son plus bas niveau historique depuis sa création en 1818. Une décision prise par le ministre des Finances sur recommandation de la Banque de France, en raison de la faiblesse de l'inflation. Un effet de l'indexation qui aurait pu être pire : le taux aurait normalement dû descendre jusqu'à 0,5 %. Ce n'est que partie remise...

Le graphique de janvier 2015 ci-dessous souligne la valeur très relative de l'argument de l'indexation du Livret A sur le taux d'inflation: voir l'écart de 0,5% en 2008-2009
Une meilleure attractivité de la rémunération du livret aurait dû favoriser la construction de logements HLM et c'est donc le logement social qui va souffrir de la désaffection attendue pour le Livret A. 

Les tarifs de l'électricité vont augmenter de 2,5 %. 
28 millions de ménages sont concernés par cette hausse. 
Les commerçants et les petites entreprises seront en revanche épargnés, a assuré la ministre de l'Écologie, Ségolène Royal

En revanche, le prix du gaz ne change pas. Les tarifs ont diminué de 7 % en moyenne depuis le 1er janvier, selon la Commission de régulation de l'énergie (CRE): c'est l'effet bénéfique de la baisse de son prix, du fait de l'exploitation du gaz de schiste américain.
Le Premier ministre algérien souhaite que son pays relance ses projets énergétiques en partenariat avec l'Union européenne pour l’aider à limiter sa dépendance à l'égard de la Russie, rapportait le 11 mars la presse algérienne. Pays riche en hydrocarbures mais qui souffre de la crise du pétrole, l'Algérie est le deuxième fournisseur en gaz de l'Europe - 25% du gaz consommé - après la Russie.

Les loyers encadrés à Paris

Ce 1er août voit aussi l'entrée en vigueur de la loi Alur, mise en place par Cécile Duflot. La mesure est pour l'instant limitée à Paris, mais le gouvernement maintient encore l'idée de son élargissement. La mesure devrait ainsi entrer en application à Lille, à partir de 2016. 
Les loyers fixes ne pourront dépasser un certain montant au m2, en fonction de leur localisation dans les 80 quartiers découpés de la capitale. Ils ne pourront être majorés au-delà de 20 % du montant déterminé par secteur. 
Mais les détracteurs de cette mesure dénoncent des baisses qui s'appliqueront surtout dans les grands appartements des beaux quartiers... 

Parallèlement, le nouveau contrat-type pour la location d'un logement entre en application. La réforme vise à permettre une meilleure lisibilité pour le locataire et entend limiter les abus. Des informations jusque-là non précisées deviennent ainsi obligatoires, comme le montant du dernier loyer acquitté par le locataire précédent.