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vendredi 19 juillet 2019

Macron a dépassé son budget de 5,6 millions d'euros en 2018

La dotation initiale de 103 millions d’euros s’est révélée insuffisante pour couvrir les dépenses

La faute 
aux Gilets jaunes et au cours du homard ?  

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Une piscine polémique à 34.000 euros a été installée 
pour la famille de Brigitte? au fort de Brégançon en août 2018
Les Macron partagent avec les Gilets jaunes les fins de mois difficiles... 
A l'Elysée, le budget du couple était dans le rouge pour seulement de 5,6 millions d'euros en 2018 : le Château a dépassé son budget initial, en prélevant cinq millions d’euros sur ...ses réserves, selon le rapport annuel de la Cour des comptes : des fonds secrets ? En cause, une augmentation déraisonnée de l’activité du président frénétique qui n'a cure des questions d'intendance. Il a été conseiller économique de Hollande, avant d'être ministre de l'Economie...

"Les dépenses de la présidence se sont élevés à 105,07 millions d’euros et les charges à 108,88 millions, précise la Cour, soit un "résultat déficitaire à hauteur de - 3,81 millions d'euros". La hausse des charges (+6,6 % par rapport à 2017) "s’explique [on n'en doute pas!] principalement par celle des charges de personnel et de fonctionnement courant, en raison d’un accroissement de l’activité de la présidence", durant cette première année complète du quinquennat d'Emmanuel Macron, note-t-elle.

La masse salariale en augmentation : 
les Macron ont des besoins grandissants de personnels
Malgré une piscine neuve, l'épouse mobilise du personnel
pour faire un petit tour en scooter des mers
"La dotation budgétaire initiale, de 103 millions d’euros, s’étant révélée insuffisante pour couvrir les dépenses, un prélèvement sur la réserve d’un montant de 5,67 millions a dû être effectué pour contribuer à rétablir l’équilibre budgétaire", indiquent les magistrats. Concernant les effectifs en personnels au 31 décembre 2018, la présidence disposait de 816 agents, dont 333 militaires et 483 civils, contre 822 fin 2017, et le commandement militaire représentait à lui seul 30 % des effectifs. Les militaires n'ont donc pas été affectés en plus grand nombre au couple, et détournés du budget militaire... 

Les personnels de l'Elysée sont-ils plus grassement payés, alors ?
La masse salariale a augmenté de 4,2 % en 2018, bien supérieure à la hausse des salaires des fonctionnaires, notamment retraités, "ses facteurs d’évolution n’étant que partiellement maîtrisés par la présidence" : les agents "mis à disposition" par d’autres services de l’Etat dépendant de leur administration d’origine.
Mais la Cour des comptes est confiante : les dispositions passées incriminées "devraient être revues grâce au plan de transformation de l’Elysée mis en place en 2019". Les "autres services de l’Etat" doivent désormais prendre à leur compte les charges salariales de leurs "mis à disposition"... Le Palais ne cesse de clamer qu'il est au travail 24/24, mais le recours aux heures supplémentaires aurait diminué, tout en restant pourtant "élevé" au sein du Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR), des personnels strictement soumis au devoir de réserve. Ca tombe bien.

Ca ira mieux demain, avec une réorganisation pour 2019

L’Elysée se défend, estimant que le rythme plus soutenu de l’activité des services de la présidence en 2018 par rapport à 2017 - au temps du "capitaine de pédalo" respectueux de la planète - entraîne mécaniquement une hausse des dépenses de fonctionnement, dont il n'est pas responsable, on l'a vu... C'est pourtant la présidence qui a engagé une réorganisation. Mise en place en 2019, elle doit par ailleurs permettre "à la fois d’améliorer l’efficience des services, les conditions de travail des agents et d’assurer la maîtrise des dépenses", promet-on.

Le nouveau logiciel de gestion mis en place début ...2017 "paraît répondre aux besoins de la présidence," se réjouit  par ailleurs la Cour des comptes, bien qu'il ait tardé à produire ses effets. 

Un contrôle spécifique porte enfin sur les dépenses relatives à l’activité de Brigitte Macron

Cette dame n'a pas d'existence constitutionnelle, mais a un coût.
Cette sexagénaire bénéficie d'attentions particulières parmi les retraités de France et les soins que lui prodigue la République sont non seulement inéquitables, mais indus. Ses dépenses budgétaires "viennent pour l’essentiel de dépenses de personnel", assurent encore les comptables de l'Etat.

L’épouse du chef de l’Etat dispose d’un directeur de cabinet et d’un chef de cabinet, qui préparent ses rendez-vous, et de deux secrétaires. 
Il faut leur ajouter que sept agents du service de la correspondance présidentielle sont affectés "au traitement des 19.500 courriers qu’elle a reçus en 2018" et elle ne bénéficie d'"aucun budget de représentation". Juste une garde-robe en prêt.

Il manque au moins un personnel à ce décompte.
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Ils sont quatre pour accompagner Brigitte
lors du pipi de Nemo 
Il semble ainsi que la maman de Manu est soutenue par onze personnes. Il en est une qui manque à cette énumération: outre les officiers du Groupe de sécurité de la présidence de la République  qui l'assistent au cours de ses promenades du chien présidentiel, Nemo, la coiffeuse !



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Si "aucun budget de représentation" n'est attribué à Brigitte Macron, elle bénéficie néanmoins des services de la coiffeuse-maquilleuse de la Présidence
Les magistrats de la Cour des comptes ne sont pas en état de préciser qui a payé pour l'achat des extensions capillaires qui étoffent sa chevelure de sexagénaire.

Résultat de recherche d'images pour "PRIX DES EXTENSIONS capillaires"En revanche, "la Cour s’est fait confirmer que la personne chargée de choisir les vêtements qui lui sont prêtés pour les manifestations et les déplacements officiels n’est pas rémunérée par la présidence de la République".
Dans un rapport publié mardi 24 juillet 2018, la Cour des comptes estimait à au moins 278.750 euros annuels le budget de l'épouse. 
Or, dans leur rapport sur l'exercice 2017, les magistrats de la Cour admettaient d'emblée qu'ils n'avaient pas pu chiffrer le coût total de Brigitte Trogneux-Macron, malgré la charte de transparence de la présidence. "Cette forme de comptabilité reste à ce jour insuffisamment développée pour réaliser complètement cet exercice", lisait-on dans le rapport. 

Pas moins de six bureaux et deux voitures.
Le rapport rappelle également que l'épouse bénéficie de six bureaux dans "l’aile Madame" de l’Hôtel d’Evreux (le bâtiment central de l'Elysée), celui qui donne sur les jardins, sans compter les  membres du GSPR (Groupe de sécurité de la présidence de la République) dont elle jouit
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Deux véhicules issus de la flotte présidentielle lui sont affectés : l’un pour ces déplacements, l’autre pour les agents du GSPR qui la protègent. 

dimanche 31 mars 2019

Nathalie Loiseau a laissé en vrac les comptes de l'ENA

La cheffe de file de la liste présidentielle aux Européennes n'était déjà pas une affaire à la tête de l'ENA 

La meilleure d'entre eux pour le Parlement de Strasbourg
, selon Macron,  a laissé  l’ENA dans le rouge

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Ecole Nationale d'Administration à Strasbourg :
ouverte sur le monde réel ?
Ce n'est pas non plus  à l'ENA que les technocrates peuvent apprendre à gérer.
L'état de la comptabilité et le bilan social 2017 de la prestigieuse Ecole nationale d’administration jette un doute sur la compétence de sa directrice (2012-2017), Nathalie Loiseau, dont Macron s'efforce de se débarrasser en la retournant à l'expéditeur, son colombier strasbourgeois (Loiseau est née Ducoulombier), après l'avoir promue en juin 2017 ministre chargée des Affaires européennes. L’établissement, qu'elle a dirigé pendant cinq années et qui formate l’élite dirigeante de la nation, accuse un grave déficit.

C’est, dit-on, la fabrique à hauts fonctionnaires, voire à présidents, ce qui ne contribue pas à sa renommée : Giscard, Chirac, Hollande et Macron en sont sortis, mais Mitterrand et Sarkozy n'y sont pas passés. Quant à Loiseau, elle y a niché, comme le coucou, sans y avoir jamais été admise, mais n'a laissé que des dettes au nid.  

A l’Ecole nationale d’administration, les voyants financiers sont au rouge.
Depuis 2005, la totalité de la scolarité de l’ENA est organisée à Strasbourg
Loiseau a laissé l'ardoise à son successeur. La masse salariale pèse lourd. Les nouvelles missions imposées par l’Etat coûtent cher, alors que la subvention publique stagne. Et les trésoriers de l’école peinent à se faire payer les factures des prestations que l’ENA propose. Loiseau a pris son envol avant d'entreprendre la réforme nécessaire à l'assainissement des comptes. Résultat, le déficit augmente et si rien ne change, l’école, qui dispose encore d’une petite réserve pour éponger, fera banqueroute d’ici quatre ans. Voilà qui fait désordre à l’endroit même où l’Etat se fixe pour mission d’enseigner les règles de la bonne gestion publique.

La situation se dégrade depuis plusieurs années, les années Loiseau. 
La fuite d’une note interne avait déjà mis le sujet sur la place publique par le passé. Mais, pour la première fois, le compte financier 2017 de la prestigieuse école a fuité dans la presse et c'est semble-t-il mission impossible de boucler un budget à l’équilibre
En 2017sur un budget de 40,8 millions d’euros, le déficit a atteint 2,8 millions d’euros. Les chiffres parlent d’eux-mêmes et c’est d’ailleurs pour cela que ces millions ont été si difficiles à obtenir. Pour se les procurer, la fondation iFRAP, un think-tank libéral, a sollicité la Commission d’accès aux documents administratifs (Cada). "J’ai dû attendre un an entre ma demande initiale à l’ENA et le moment où l’école a été forcée par la Cada à m’envoyer ses comptes", soupire Agnès Verdier-Molinié, la directrice de l’iFRAP, qui a passé au crible les dépenses et les recettes de l’établissement.
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Premier constat, les 30,9 millions d’euros de dépenses de personnels absorbent à eux seuls la quasi-intégralité de la subvention d’Etat (31,1 millions d’euros). Pas besoin d’avoir fait l’ENA pour comprendre que boucler un budget à l’équilibre dans ces conditions relève de l'exploit !
Si les salaires de l’équipe pédagogique et des enseignants sont confortables, ce sont surtout les 9,2 millions d’euros alloués aux élèves qui plombent la ligne "dépenses de personnels". C'est dès l'ENA que les futurs hauts-fonctionnaires apprennent à vivre, à l'aise, aux crochets des contribuables, ces classes moyennes qu'arrivés aux manettes, ils n'hésitent pas à maltraiter.

Elèves-salariés, scolarité "all inclusive", des étudiants gagnants ?

Les 117 étudiants qui composent chaque promotion sont payés en moyenne 1.691 € bruts par mois en France (Source : JDN - point d'indice, 2016). De quoi faire s’étrangler, par exemple, les élèves des meilleures écoles de commerce, dont les frais de scolarité sont parmi les plus élevés. Et encore davantage les Gilets jaunes que l'information va remonter pour encore trois mois. 

Mais ce n’est pas tout. A l’ENA, les frais de mission sont également pris en charge. Une sorte de scolarité "all inclusive". L’ENA dépense ainsi chaque année 1,5 million d’euros en frais de déplacement, repas et nuitées accordés aux étudiants lorsqu’ils sont sur le terrain, en stage dans les préfectures par exemple. Avantageux ? Tout dépend. "C’est le jackpot si vous êtes un fils de bonne famille de 20 ans, célibataire, qui fait ses stages logé-nourri-blanchi sans dépenser un rond, confie une ancienne élève. C’est plus compliqué si vous avez 30 ans, un conjoint et déjà un ou deux enfants à charge. Là, le salaire est un peu juste…"
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La promotion Senghor (2002-2004) comptait dans ses rangs un certain Emmanuel Macron, fils de parents divorcés, 
un père médecin, professeur de neurologie et une mère, médecin conseil

Les énarques savent veiller sur leurs propres intérêts... 
L’ancien ministre des Finances de Hollande, Michel Sapin, élève de la promotion Voltaire sortie de l’ENA en 1980, se souvient qu’il avait mis en place une "caisse de solidarité" pour lisser les écarts de ce type. Délégué des élèves en 1979, l’ex-ministre de l’Economie siégeait au conseil d’administration de l’école. "A l’époque, je n’ai pas souvenir de problèmes liés au déficit", confie celui qui, au gouvernement, voyait sans cesse venir le redressement de la courbe de l'emploi, en vain... 

L’ENA, bonnet d’âne de l’encaissement des factures

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ENA, Paris
De 2002 à 2004, Macron était élève de l'ENA à Strasbourg, mais le futur banquier n'a rien entrepris, à la différence de Sapin.  L’ENA n’est pas douée pour faire rentrer l’argent dans ses caisses, ce qui explique en partie pourquoi la situation financière s’est beaucoup dégradée depuis 1980. Beaucoup de factures de formations restent en souffrance. Le Koweït est de loin le plus gros débiteur, qui doit 569 700 €. Mais d’autres petites ardoises s’accumulent. Le Brésil a deux paiements en suspens pour 20.500 € et 11.000 €, la République dominicaine pour 22.588 €, la Jordanie pour 7.268 €.

Et l’ENA n’apparaît guère plus pressée pour pousser les mauvais payeurs français à régulariser leur situation. Castaner va-t-il enfin régler la facture de l’Ecole nationale supérieure de la police et Jacqueline Gourault, celle du Commissariat général à l’égalité des territoires qui lui doivent chacun 10.000 €. Et de Rugy, ministre de l'écologie punitive, va-t-il presser l'établissement public AgroParisTech (Institut des sciences et industries du vivant et de l'environnement) de régler sa dette de 9.120 €. Et, Eric Verlhac, inspecteur général de l’administration du développement durable, un ...haut fonctionnaire d'Etat, les 5.200 € de l’Association des maires de France ?

Un petit paradis pour fonctionnaires ?

Image associée
ENA, Paris
Il fait bon vivre à l’ENA, un paradoxe comptable, si l’argent sort plus vite de l’école qu’il n’y rentre. 
L’institution affiche une politique d’action sociale généreuse. En 2017, elle a accordé 11.405 € d’aides financières non remboursables à ses agents, un poste budgétaire en hausse de + 48,12 %. De quoi faire rêver ceux qui n’ont d’autre solution que de demander une avance sur salaire. Ou de négocier un prêt étudiant...
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ENA, Paris,
site de l'Observatoire
L’ENA délivre aussi généreusement les formations en interne, y compris certaines aux intitulés insolites comme "Comprendre l’UE en une journée", " The Lego serious play method" ou encore la mystérieuse "Praticien en hypnose ericksonienne".

Enfin, si la décision a été prise de déménager l’ENA à Strasbourg, l’école a fait ses cartons en conservant une antenne parisienne. Une double implantation coûteuse à l’heure des économies d’échelles.

"Nous ne sommes pas en faillite"

"Nous ne sommes pas en faillite, nous n’avons pas de dettes, insiste Thierry Rogelet, le secrétaire général de l’ENA, un ancien chef du bureau des ressources humaines et de la ...modernisation (sic), à la direction de la défense et de la sécurité civiles du ministère de l’Intérieur. L’école est en difficulté financière mais notre objectif est de revenir à l’équilibre en 2020". Ben voyons ! L’établissement travaille avec le ministère de l’Action et des Comptes publics (Gérald Darmanin) pour mettre en place un plan de redressement.

"Nous avons déjà fait beaucoup d’effort sur nos dépenses, poursuit le secrétaire général. Nous avons également réduit la masse salariale en supprimant 38 postes ces dernières années. Et quatre autres postes ont été supprimés en 2018 », détaille-t-il. Voilà donc pourquoi les nouveaux énarques seront mieux formés...

Une diète budgétaire d’autant plus cruelle que l’école n’est pas responsable de tout. Absorption de l’Institut international administration publique en 2002, du Centre d’études européennes de Strasbourg en 2005, l’Etat lui a imposé de grossir sans vraiment revaloriser la subvention qu’il lui verse.

Objectif : un retour dans le vert en 2020

Thierry Rogelet veut développer les recettes propres plutôt que de réclamer davantage de deniers publics. "Nous nous sommes réorganisés pour mieux encaisser les factures ( ! ) et nous allons nous recentrer sur des missions à forte valeur ajoutée, explique-t-il, suivant les conseils du Sénat et de l'IFRAP. Nous aimerions aussi faire en sorte que la rémunération de la préparation au concours interne ne soit plus uniquement supportée par l’ENA. Notre objectif est que d’autres écoles du service public ou bien les employeurs d’origine (collectivités locales, ministères…) participent".

La fabrique à président de la République n’entend pas mettre la clé sous la porte. "Selon nos estimations, nous serons à -1,4 million d’euros de déficit en 2018, puis à -400.000 € en 2019. Avant un retour dans le vert à +500.000 € en 2020", promet Thierry Rogelet. 
On croirait entendre la France qui défend son budget à Bruxelles, sous les regards narquois de ses collègues.

L’ENA EN CHIFFRES


  • 1945 : Création de l’Ecole nationale d’administration. Objectif, démocratiser l’accès à la haute fonction publique de l’Etat.


  • 6 500 anciens élèves français. Auxquels il convient d’ajouter 3 657 anciens élèves étrangers, originaires de 134 pays.


  • 6 % d’heureux élus. L’an passé, le nombre d’inscrits aux trois concours a atteint 1 368 candidats, pour un total de 80 places. En clair, beaucoup d’appelés, peu d’élus, avec une sélectivité d’un sur sept pour le concours interne (agents publics), d’un sur treize pour le concours externe (diplômés de l’enseignement supérieur) et d’un sur huit pour le 3e concours (actifs du secteur privé).


  • Nathalie Loiseau est-elle responsable de la dégradation des comptes de l'ENA ?


    La situation catastrophique du budget de l'ENA est partiellement due à la baisse de dotation de l’Etat (19 % depuis 2010), comme aux autres institutions, singulièrement depuis Hollande (Moscovici et Sapin), mais aussi et surtout à un "développement insuffisant des ressources propres".

    Juan Branco, avocat et auteur de 'Crépuscule', livre "réquisitoire contre la politique d’Emmanuel Macron" mentionne un rapport de l’Ifrap qui s’est "violemment payé" la gestion de l’Ecole nationale d’administration (ENA) lorsqu’elle était dirigée par Nathalie Loiseau, tête de liste LREM aux Européennes. J. Branco souligne au passage que la charge de la Cour des comptes est d’autant plus forte que la plupart de ses membres sont recrutés directement dans les promotions sortantes de l’ENA.
    L’Ifrap (fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques) est un cercle de réflexion libéral dirigé par Agnès Verdier-Molinié, régulièrement invitée sur les plateaux de télévision où elle défend notamment une baisse drastique des impôts et dépenses publiques. 

    Dans un rapport publié en octobre 2018, l’Ifrap fustigeait "les mauvais comptes de l’ENA" (un déficit de près de 3 millions d’euros, rappelons-le). En s’appuyant sur le dernier exercice alors disponible (2017) de cette école obtenus auprès de la commission d’accès aux documents administratifs, l’institut décrivait "une grande fragilité financière, caractérisée par un déficit récurrent qui nécessite des ponctions régulières dans la trésorerie de l’école". 

    Le think tank faisait des propositions pour combler le déficit : "faire l’économie d’environ 70 postes parmi ses personnels permanents" et baisser drastiquement le traitement des élèves fonctionnaires "de 1.682 € bruts par mois à environ 1.000 €".

    Le nom de Nathalie Loiseau n'apparaît jamais dans ce rapport, mais le site de l’Ifrap note toutefois en 2018 que "la situation se dégrade depuis plusieurs années". Or, la tête de liste LREM a quitté ses fonctions à l’ENA en 2017 et c’est donc bien son bilan qui est pointé. Une mise en cause confirmée par les chiffres livrés par le magazine spécialisé Acteurs publics : la situation financière de l'ENA s’est même fortement dégradée entre l’arrivée de Nathalie Loiseau en 2012 et son départ en 2017 : d’une situation de léger excédent d’environ 200 000 €, on passe à un déficit de près de 3 millions d’euros. Après son départ, le déficit est ensuite bien moindre, puisqu’il repasse à 339.597 € en 2018 (et l’actuel secrétaire général de l’ENA estime qu’il sera comblé d’ici 2020).

    Loiseau n'avait aucun poids, aucune audience.
    Un rapport de la commission des lois du Sénat de novembre 2018 souligne même que l’Etat, qui "constitue la principale source de financement de l’ENA" aussi longtemps que l'Ecole néglige son auto-financement, a profité de l'arrivée de la mollusque à sa tête pour baisser son financement de 2,27 millions sur un an dès 2012 et 2013. Malgré cette baisse et sans que Loiseau ne bronche, l’Etat confiait dans le même temps à l’ENA de nouvelles missions, comme l’organisation de nouveaux cursus ou le passage des promotions de 80 à 90 élèves (qui a coûté 1,4 million d’euros par an supplémentaire à lui seul). Savoir si la potiche, qui n'est pas elle-même énarque, n'a pas été placée à ce poste pour avaler les couleuvres.

    Le Sénat impute clairement à la direction de l'ENA, un "développement insuffisant de [ses] ressources propres" avec "la multiplication d’actions non rentables ou à faible valeur ajoutée". Le rapport cite un exemple : "Une semaine de formation au sein du cycle international spécialisé d’administration publique est facturée 1.000 euros, ce qui est insuffisant pour amortir son coût d’organisation et de gestion."
    Attention, Strasbourg, il vous arrive un drôle de Loiseau.

    vendredi 24 août 2018

    Sondage Elabe : Macron meurtri par les doutes sur son efficacité

    L'ego surdimensionné de Macron en a pris un coup

    Le pessimisme s'impose et le doute s’installe, confirme une enquête Elabe 

    Le sentiment d'une majorité nette de Français est étayé par les derniers indicateurs économiques, mal orientés : la croissance économique en berne et le chômage en hausse, le pouvoir d'achat en baisse continue et le déficit public reparti de plus belle, l'insécurité ne peuvent que conforter les inquiétudes. D’autant plus que le chef de l’Etat avait promis une efficacité comme jamais...

    Seuls 14% des Français jugent l'action de Macron satisfaisante, après plus d'un an de pouvoir sans partage

    C'est sur le terrain de l'efficacité promise que Macron trébuche. L'efficacité devait inspirer sa politique, pour rebooster l'économie, créer un choc de confiance, réduire le chômage, relancer la construction de logements, diminuer les inégalités… 
    Ainsi, la réduction des aides sociales ou des aides au logement proclamée par le président, ne visait pas à faire des économies, mais l'efficacité! Même la réduction du nombre de députés a été présentée comme un moyen de gagner en efficacité.

    L'efficacité est au cœur du discours du chef de l'Etat et de son identité politique. 
    Macron a d'ailleurs cité le mot quinze fois lors de son discours devant le Congrès en juillet dernier. Et, il y a un an dans un entretien fleuve avec Le Point, l'ex-banquier déclarait: "Nous avons tourné la page de trois décennies d'inefficacité pour nous engager sur la voie de la reconstruction". Las ! 
    Depuis son arrivée à l'Elysée, il n'a eu de cesse de vanter la culture du résultat, promettant de soumettre ses ministres à des évaluations chaque année, voulant même transformer le Parlement en un vrai organe de contrôle et d'évaluation. Par souci d'efficacité. Toute son action se justifie par la promesse de résultats concrets. Finis l'idéologie, les grands desseins, l'ambition du gouvernement, comme l'a répété Edouard Philippe à de nombreuses reprises, est de réparer la machine France.

    Macron a besoin de plus de temps que prévu...

    Quinze mois après son élection sur la base de 24% au premier tour,
    les chiffres de cette rentrée ne sont guère porteurs : les indicateurs économiques condamnent la politique d'efficacité dont il nous a rebattu les oreilles. 

    La croissance est plus faible que prévue en 2019, 1,7% et non les 1,9 promis, inférieure à celle de nos voisins européens, impactant gravement l'équilibre des finances publiques, singulièrement le pouvoir d'achat. Le chômage ne baisse que si les analystes ne valorisent que la catégorie la moins négative du moment, en fonction de la période de référence considérée et en excluant l'Outre-mer. 

    L'inflation pointe son nez, mettant à mal l'espoir d'un pouvoir d'achat juste, singulièrement pour les retraités, cibles constamment visées. 

    Le commerce extérieur est toujours aussi peu compétitif.

    La construction de logements ne tient pas ses promesses. 

    La machine Parcoursup régurgite des milliers de lyséens, un étudiant sur cinq n'a toujours pas d‘affectation… 

    Et la perception qu'ont les Français de l'action du gouvernement est désormais très négative
     
    Selon une enquête Elabe, seulement 6% des sondés estiment que la politique de l'exécutif améliore leur situation personnelle et 16% la situation du pays. 

    Seulement 14% jugent son action efficace !
    Un seul Français sur trois (34% des Français, soit +6 points par rapport au mois de juillet) garde patience. Les réformes structurelles engagées par le chef de l'Etat n'auront d'effets qu'à long terme. Or, ce n'est que l'accumulation de réformes qui peut transformer le pays en profondeur. 

    Le chef de l'Etat arrive à la date-butoir qu'il s'était fixée. 
    Lui-même avait parlé de résultats au bout de dix-huit mois, décembre 2018. "La France is back", s'exaltait-il à Davos, en janvier dernier, après huit mois. Slogan repris en écho par Edouard Philippe lors de son déplacement dans les Emirats.
    Mais, près de deux fois huit mois plus tard, la France de Macron est encore à la traîne, en matière de croissance, de chômage, de déficits, de pression fiscale…. 

    Ces mauvais chiffres mettent en cause la crédibilité du prétentieux. 
    Pourquoi son soutien fiscal accordé aux entreprises et aux plus riches n'a pas eu l'effet attendu en matière de dynamisme économique? Pourquoi, en dépit des réformes El Khomri, puis Pénicaud, le chômage est-il toujours aussi élevé? Pourquoi certaines professions connaissent-elles une telle pénurie de main d'œuvre? 
    Emmanuel Macron a-t-il actionné les bons leviers ? La suppression du statut de la SNCF était-elle la priorité? Ne fallait-il pas être plus volontariste en matière de baisse de la dépense publique? Sa méthode autoritaire et son Assemblée nationale servile ont fait comprendre aux Français qu'ils avaient misé sur le mauvais cheval, toque dorée et casaque argentée, singulièrement depuis les ordonnances pour imposer la réforme du Travail ou lors de sa réforme du statut des cheminots, sans concertation, ni dialogue.  

    Macron va avoir la rentrée mouvementée qu'il a cherchée

    L'illusion créée par la jeunesse de ce nouveau venu, vierge de tout passé clairement impliqué dans les turpitudes publiques passées, n'a pas fait long feu
    Rapidement, la principale faiblesse de l'ex-banquier a été son image de "président des riches". Cette réalité lui colle à la peau, comme les sparadraps de l'affaire Benalla, comme le dilettantisme du président ou ses insultes aux "gens qui ne sont rien", illettrés" ou "cyniques", et désormais les caprices révélés du couple présidentiel qui a besoin de vaisselle de Sévres ou d'une piscine au fort de Brégançon, sans compter les affaires qui ont discrédité des proches: Ferrand, Bayrou, Schiappa ou Nyssen

    Avec l'affaire Benalla, ses pouvoirs et ses privilèges, c'est l'arrogance de sa gouvernance qui a été pointée du doigt. Trop centralisée, trop solitaire, trop opaque, trop arrogante. Lui qui promettait un nouveau monde, horizontal, comme sa campagne En marche! n'a eu de cesse de se camper dans une posture verticale, jupitérienne. "Celui qui sait commander trouve toujours ceux qui doivent obéir," avertit Nietzsche dans "La volonté de puissance"...

    Et de gouverner dans le culte du secret, avec une poignée de fidèles et de favoris. Le dérapage d'Alexandre Benalla et la gestion du scandale ont mis à nu un fonctionnement très clanique, très ancien monde.

    Désormais donc, selon Elabe, 80% des Français le jugent autoritaire. Ce reproche serait subalterne, si la manière, le ton, le style déplaisants du quadra permettaient d'atteindre à l'efficacité. Et si Macron ne donnait raison à Nietzche qui écrit : "On veut la liberté aussi longtemps qu'on n'a pas la puissance ; mais si on a la puissance, on veut la suprématie. "
    Qu'importerait son culte nietzchéen du "premier de cordée", s'il n'affichait pas le mépris de ses concitoyens dans des petites phrases blessantes opposant ceux qui réussissent à "ceux qui n'existent pas" ou concernant le "pognon dingue" des aides sociales… 

    Si Emmanuel Macron réussit à redresser la barre, en mettant sous le boisseau la gauche qui entraîne la France dans une spirale décliniste, et surtout en tenant à distance les populistes, qu'ils soient de gauche ou de droite, à la Die Linke ou à l'italienne, les critiques et les oppositions n'auront pas prise. Mais là, comment accepter de subir un pouvoir autoritaire, une politique jugée socialement injuste, si la situation du pays ne s'améliore pas?

    La rentrée s'annonce compliquée. Le chef de l'Etat s'apprête à lancer des réformes difficiles: retraites, chômage, prélèvement à la source, hôpital… Il devra argumenter le bien-fondé de ces réformes. Les justifier et convaincre, ce qui n'est pas gagné, puisqu'il semble avoir renoncé à sa réforme des institutions. 

    Ses deux atouts maîtres semblent d'ailleurs éventés. 
    En Europe comme en France, son image de leader volontariste est abîmée par les derniers indicateurs économiques, quand l'Espagne et l'Italie font mieux. Les Français conservent l'espoir en son dynamisme et sa sincérité affichés.
    Mais les Français cherchent encore l'alternative proposée. Mais cet l'autocrate est le seul véritable acteur apparent et encore est-il ébranlé par ses  propres contre-performances et les doutes des Français, jusqu'à l'intérieur de son mouvement En marche!  
    Tout reste à faire. Pire, il doit maintenant détourner une part de son énergie pour le redressement de son empreinte personnelle.  Mais l'arrogant a mis le terrain sens dessus dessous et le chef de l'Etat va devoir changer de ton, de manière. Or, les comportements du couple au fort de Brégançon augurent mal de cette nécessaire mutation. 
    Ni les corps intermédiaires décriés, ni les collectivités territoriales malmenées, ni les syndicats en colère ne sont disposés à lui faire crédit.

    mercredi 27 mai 2015

    SNCF: l'Etat-PS veut ré-enclaver les ruraux

    Décentralisation ou comment se décharger sur les régions en frappant les Français de plus bel au portefeuille

    Suppression 
    de certaines lignes ou tronçons et de quatre trains de nuit Intercités
    Ces lignes touristiques
    dont Paris veut l'extinction
    Commandé par le ministère des Transports, ce rapport d'un élu PS va sans le sens  de la gestion comptable souhaitée par le gouvernement Valls  
    Ces recommandations cherchent à atténuer le déficit annuel d'exploitation des Intercités qui atteindrait entre 300 et 400 millions d'euros, selon les estimations, soit 30 à 40% du chiffre d'affaires total, a publié  Le Parisien/Aujourd'hui-en-France.

    Si les préconisations du rapport étaient appliquées, seuls seraient conservés les trains de nuit entre entre Paris et Briançon, Rodez, Toulouse et Latour-de-Carol, le rapport estimant que les autres sont coûteuses et peuvent être remplacées par des liaisons existantes, plus rapides par train ou avion, ou de nuit par... autocar. En journée, la commission préconise de supprimer les Intercités sur cinq tronçons de lignes, sur lesquelles il existe également des dessertes TGV ou TER : Toulouse-Cerbère, Quimper-Nantes, Bordeaux-Toulouse, Marseille-Nice et Saint-Quentin-Cambrai. 

    Les 320 trains qui circulent sur les 35 lignes Intercités (35 lignes : 23 de jour et 12 de nuit) transportent quotidiennement quelque 100.000 voyageurs
    ce qui correspond à un taux de remplissage moyen estimé à 35%, contre 70% pour le TGV par exemple L'autocar peut prendre le relais du train pour effectuer certaines liaisons rapides entre grandes villes et le gouvernement mobilise ses relais médiatiques pour assurer que "le bon vieux 'corail' a du plomb dans les catenaires", du fait de doublons avec le TER, de la concurrence du bus ou du co-voiturage.
    Un aller-retour en InterCités, Quimper-Nantes par exemple, c'est 77€20 plein tarif, 38€ euros pour les jeunes de moins de 26 ans. Il y en 2 par jour : 6h20 et 10h11 au départ de Quimper et retour de Nantes à 15h20 et 19h05. En voiture, le trajet se fait en 2h46 pour 234 km et 29.64€ de carburant. En co-voiturage, il peut revenir à moins de 15€ par passager. Mais les personnes plus âgées? Si on prend toutes les tranches d'âge en compte, les trains Intercités ont leur utilité et leurs adeptes. Les services à la personne, c'est aussi ça. 



    Vers un démembrement du réseau Intercités ?


    Quand les élus régionaux socialistes sacrifient leurs électeurs à la logique comptable du pouvoir. Le rapporteur Philippe Duron ne tourne pas rond. Le Quimper-Nantes figure parmi les lignes pointées du doigt par le rapport de Philippe Duron, député PS et ex-professeur d'histoire-gographie...
    Il est ex-président PS du Conseil régional de Basse-Normandie (2004-2008).
    Mieux, il est toujours député du Calvados, en Bretagne, région péninsulaire qui se plaint de façon récurrente de son éloignement des centres décisionnaires parisiens. Mais ils élisent des parlementaires qui les desservent mieux qu'un train SNCF.

    Le gouvernement commande mais n'assume pas
    Dans un communiqué publié ce mardi, le secrétaire d'Etat foireux aux Transports, Alain Vidalies, se défausse, déclarant que "ce rapport, qui n'engage en l'état pas le gouvernement, va désormais être présenté aux commissions compétentes du Parlement": le désengagement moral et politique du gouvernement socialiste.

    L'annonce inquiète certes les usagers mais aussi les écologistes. Il semble même que ce soit cette seule opposition d'EELV qui embarrasse le pouvoir. 
    Les Verts estiment qu'une fermeture de ligne serait "un très mauvais signal, au moment où on va faire la Conférence climatique en France, où l'on dit qu'il faut passer des déplacements automobiles vers les transports collectifs", déplore ainsi le député écologiste Denis Baupin, interrogé sur France Info ce matin.

    C
    ollectif de défense du service public du rail, Convergence Nationale Rail appelle à des manifestations  depuis deux ans pour défendre le réseau des trains Intercités. Après avoir appelé au "sursaut" des élus pour défendre ces liaisons SNCF, le collectif organise des rassemblements sur les lignes menacées de disparition, notamment l'Intercités Aubrac qui relie Clermont-Ferrand à Béziers. Ce matin, France Info interrogeait le vice-président  de ce collectif, sans le nommer:

    Didier Le Reste a été patron de la fédération CGT des cheminots jusqu'en 2010, lorsqu'il a pris sa retraite à 55 ans. Pour ce cheminot, "le bus, c’est le début de la fin".


    Les trains corails ne seraient "pas assez rentables et surtout vieillots". 
    Train Inter-cités 'Le Cévenol'
    entre Clermont-Ferrand et Nîmes
    A moins qu'ils soient jugés vieillots parce que peu rentables... Quel valeur ce critère de désuétude a-t-il en fait en termes de services publics et de traitement égalitaire des zones les moins peuplées -et en voie d'extinction économique- et d'engagement de l'Etat envers toutes les couches de la population -qui ne se déplacent pas toutes en voiture individuelle? Que signifient en régions les notions d'empreinte carbone laissée par les autobus dont Macron préconise la multiplication ou de développement durable brandies par les acteurs politiques?

    L'ex-opposition ne dénonçait-elle pas la désertification des campagnes? En se désengageant, l'Etat laisse aux communes la lutte contre le désert administratif et le sauvetage des services à la population. L'Etat décentralisateur s'éloigne résolument de la France profonde. Hollande a-t-il besoin d'ajouter à son bilan cette nouvelle fracture territoriale ?