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dimanche 24 février 2019

Quand la ministre MoDem Jacqueline Gourault voulait que tous les Français payent l'impôt sur le revenu

La ministre de la cohésion des territoires a mis le feu au gouvernement 

Jacqueline Gourault voulait que tous les Français soient solidaires par l'impôt


Jacqueline Gourault est-elle un "casseur" de la cohésion nationale ?
En estimant que tous les Français devraient payer l'impôt sur le revenu, la ministre de la Cohésion des territoires a ajouté le chaos au chaos dans l'exécutif. 

Que chaque Français paye l’impôt sur le revenu, "même un euro", pourrait être l’une des pistes de sortie du grand débat national, estime la ministre de la cohésion des territoires, Jacqueline Gourault, dans un entretien au JDD paru ce dimanche.
"Chacun pourrait contribuer à la hauteur de ses moyens, y compris les plus modestes, même de manière très symbolique, pour recréer le lien entre citoyen et impôt, alors que l'impôt sur le revenu est aujourd'hui payé par moins d'un ménage français sur deux (43%). 

"Notre système fiscal est surconcentré sur les classes moyennes", explique Gourault, 68 ans, qui veut "redonner à chacun le sens de l’impôt, qui est un acte citoyen ." "Dans le même temps, il faut aussi que nous réfléchissions à la contribution que devraient apporter les très hauts revenus."
Cette ex-professeure d'histoire-géographie ne serait ainsi "pas choquée" d’instaurer une nouvelle tranche d’impôt sur les plus hauts revenus, même si elle ne croit "pas que les solutions aux problèmes de notre pays viendront d’une augmentation globale des impôts".

Le sujet de la fiscalité est l’un des quatre thèmes du grand débat lancé par l’exécutif pour anesthésier le mouvement des Gilets jaunes

A propos de l’idée de faire payer l’impôt à tous les Français dès le premier euro gagné, le premier ministre Edouard Philippe a pourtant fait valoir fin janvier que c’est déjà le cas pour la contribution sociale généralisée (CSG), impôt modulé, ou pour la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), impôt indirect frappant à l'aveugle tous les Français,  en ce qui concerne les dépenses, sans toutefois en écarter l’idée.

La création d’une tranche supplémentaire de l’impôt sur le revenu pour les hauts revenus est notamment soutenue par le patron de la CFDT Laurent Berger mais aussi par certains députés La République en Marche (LREM).

Cinq tranches progressives existent actuellement pour l'impôt sur le revenu : 0 %, 14 %, 30 %, 41 % et 45 %, pour les revenus supérieurs à 153.783 euros. 

Quant à la taxe d'habitation, dont la suppression n'était initialement prévue que pour 80 % des Français, Jacqueline Gourault estime qu'il est "préférable de la supprimer totalement". "Faire croire que les 20 % qui restent sont des riches, comme si nous vivions dans une société binaire, serait une erreur", a commenté l'adjointe au ministre de l'Intérieur.

L
a piste "n’est pas à l’étude", réplique sèchement Matignon

L’entourage d’Edouard Philippe a  rejeté l'hypothèse émise par la ministre de la Cohésion des territoires, Jacqueline Gourault qui avait porté un sérieux coup à la cohésion gouvernementale.
Dimanche 24 février, Matignon a bloqué la piste ouverte par Gourault. "C’est une idée qui revient souvent dans les débats et Jacqueline Gourault peut légitimement la restituer et la soutenir dans un moment où chacun est invité à faire des propositions. Mais la piste d’un impôt sur le revenu universel n’est pas à l’étude", a fait savoir Matignon, bien que, rappelons-le, Edouard Philippe, n'en ait pas toutefois écarté l’idée, fin janvier.

L’entourage du ministre de l’économie, Bruno Le Maire, confirme : "les Français payent déjà l’impôt dès le premier euro avec la CSG (contribution sociale généralisée). Tous payent la TVA", rappelle-t-on à Bercy. 
N'en déplaise au secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, mais aussi à certains députés La République en marche (LRM), comme les premiers "frondeurs" Matthieu Orphelin (Maine-et-Loire), Sacha Houlié (Vienne), Guillaume Chiche (Deux-Sèvres) ou encore Aurélien Taché (Val-d’Oise).

mardi 8 janvier 2019

Le grand débat national cale au démarrage avec le départ de Chantal Jouanno

La présidente de la Commission nationale du débat public descend en marche

Chantal Jouanno a expliqué ce retrait, mardi, par la polémique portant sur sa rémunération




Chantal Jouanno a décidé de se lâcher le manche à balai du coucou télécommandé par Emmanuel Macron : son 'grand débat national' décollera le 15 janvier, comme si de rien n'était, pour l'heure sans pilote à bord, et devra répondre à la crise sociale portée par les 'gilets jaunes'.  La présidente de la Commission nationale du débat public (CNDP) l’a annoncé mardi 8 janvier au 20h00 de France 2, expliquant ce retrait par la polémique portant sur sa rémunération. Vérité partielle...
 
Son salaire s’élève à 14.666 euros brut mensuels, soit un revenu quasi équivalent à celui du président de la République ou du premier ministre, qui touchent chacun 15.140 euros brut par mois. "J’ai décidé de me retirer du pilotage de ce débat", a déclaré l’ancienne ministre des Sports (2010-2011) de Nicolas Sarkozy à France 2, estimant que les débats provoqués par son niveau de salaire sont "légitimes", mais que les "conditions de sérénité nécessaires pour ce débat" ne sont plus assurées, depuis cette révélation. "C’est une décision que j’ai prise parce que je crois en ce débat (...) plus que nécessaire", a-t-elle poursuivi.

Mais si elle cède la direction du grand débat,
la fine mouche conserve la présidence de la Commission nationale du débat public, avec son salaires et les avantages attachés à la fonction.
La Commission nationale du débat public (CNDP) a été créée en 1995 par la loi Barnier relative au renforcement de la protection de l'environnement. La CNDP est devenue une autorité administrative indépendante (AAI) en 2002,à qui la loi confie la mission de "veiller au respect de la participation du public au processus d'élaboration des projets d'aménagement ou d'équipement d'intérêt national de l'État, des collectivités territoriales, des établissements publics et des personnes privées, relevant de catégories d'opérations dont la liste est fixée par décret en Conseil d'État, dès lors qu'ils présentent de forts enjeux socio-économiques ou ont des impacts significatifs. Mais elle n'a pas à se prononcer "sur le fond des projets qui lui sont soumis".
Le grand débat national qui se profile n'est pas encadré seulement par Macron. 
Promis par Macron le 10 décembre dernier, ce que certains gilets jaunes dénoncent déjà comme une "mascarade" a pour mission de redonner la parole à tous les Français pour faire naître une "réflexion profonde et partagée", "partout sur le terrain", selon les mots du président, et "bâtir le socle de notre nouveau contrat pour la Nation".

Or, cette consultation comporte un cadre et des règles qui ne sont pas aussi floues qu'on le dit: même si les maires, censés être les garants des discussions, commencent à s'impatienter, voire à s'inquiéter, elle est contrainte. "Outil de la réconciliation" pour Mounir Mahjoubi, secrétaire d’Etat au Numérique, "auberge espagnole où tout le monde apportera sa contribution", pour Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat à l’Egalité entre les femmes et les hommes, le grand débat est le remède miracle pour ramener la sérénité sur tout le territoire national, ronds-points compris.

Même si la démission de Jouanno est un mauvais signal de départ, le grand débat ne sera pas improvisé. Il doit se dérouler en deux phases
La première est en cours : elle consiste à mettre à disposition des citoyens des "cahiers de doléances" dans les mairies dans lesquels ils peuvent inscrire leurs préoccupations. Et la seconde, qui doit démarrer à la mi-janvier et s'achever à la mi-mars, doit être celle des échanges sur tout le territoire national. 
Ils auront lieu à l'occasion d'une "multitude de réunions d'initiative locale", comme le détailla Chantal Jouanno, dans les colonnes du Journal du Dimanche, ce 6 janvier, avant de tirer sa révérence, le 8, et organisées "à l’échelle d’une famille, d’un quartier, d’un village, d’une association ou d’un syndicat".
Sur le site du gouvernement, on découvre que les "citoyens, associations, collectifs, élus, entreprises, syndicats, etc. souhaitant organiser des réunions locales" pourront demander à la CNDP un... "kit d'accompagnement des réunions" et son enregistrement, mais aussi des "stands mobiles" pour recueillir les avis ainsi qu'un "accompagnement" pour l'organisation d'un "atelier". 

L'expression sera-t-elle donc libre ? 
Elle est d'ores et déjà pour le moins encadrée.
Depuis 2016, une Charte de la participation du public liste les bonnes pratiques en matière de participation du public, rappelant les valeurs et principes qui définissent le socle d’un processus participatif vertueux. L'adhésion à la charte est volontaire, tout comme son application.

Ces discussions ne pourront porter que sur quatre thèmes fixés par le gouvernement : "la transition écologique", "la fiscalité et les dépenses publiques", "la démocratie et la citoyenneté" et "l'organisation de l’Etat et des services publics". Exit donc les questions sur l'immigrationle mariage pour tous et la PMA ou la GPA pour s'éviter de craquer de nouvelles allumettes... Et qu'importe si Emmanuel Macron insistait, dans son allocution du 10 décembre, pour que cette question soit "affrontée" par les Français. Pour éviter que les échanges ne "partent dans tous les sens", comme le redoute Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement.

Des couacs autour du 'grand débat', comme autour de la taxe d'habitation

Le cadrage de la consultation populaire est déjà fragilisé. Ce lundi 7 janvier sur Europe 1, Chantal Jouanno a annoncé, en contradiction totale avec les règles émises par le gouvernement, qu'"aucun thème ne sera interdit". Cela veut-il dire que l'abrogation du mariage pour tous pourra être discutée ?  "Si des personnes veulent organiser une réunion pour rouvrir ce débat, elles sont parfaitement libres de le faire", a-t-elle répondu. 
Pourtant, quelques minutes plus tôt sur France Inter, le porte-parole du gouvernement, l'illustre spécialiste de la montée du nazisme, Benjamin Griveaux, assurait le contraire… Un désordre qui dessine une improvisation totale : si, dans la forme, les maires vont disposer d'un 'kit', rien ne semble arrêté sur le fond, au grand désarroi de ces maires qui auront la charge d'animer ces débats dans la sérénité requise, mais qui devront faire face aux conséquences de ce micmac sur le terrain, en plus de faire remonter le contenu des doléances et des discussions au CNDP, par mail. 
Depuis, Chantal Jouanno a "clarifié" ses propos dans un tweet. "J’indiquais que chacun est libre d’organiser un débat sur le sujet qu’il souhaite. Il n’est pas dans mon pouvoir de censurer les sujets", a-t-elle précisé. Ce qui ajoute à la confusion en ne réglant rien.

L’ancienne ministre UDI a précisé qu’elle reste toutefois présidente de la CNDP.
"Le gouvernement prend acte de la décision de Chantal Jouanno et proposera à l’issue du séminaire gouvernemental (mercredi) une organisation et un mode de pilotage du grand débat national qui présenteront des garanties équivalentes en termes d’indépendance et de neutralité", a réagi Matignon. 

"Ceci dit, je remets dans les mains du président de la République et du gouvernement en général, le niveau de rémunération de la présidente de la CNDP qu’il leur appartiendra d’arbitrer, comme les autres rémunérations des autorités indépendantes et des hauts fonctionnaires," a ajouté l'ex-championne de France de karaté, nommée par Macron, en mars 2018. En même temps, le "boxeur de CRS", Christophe Dettinger, est champion de France poids lourds-légers (2007 et 2008).

Empêtré depuis bientôt plus de deux mois dans la crise sociale sans précédent des Gilets jaunes, Emmanuel Macron semble subir les événements. Et les démissions se multiplient autour de lui, avec Sylvain Fort, outre Jouanno, avant d'autres dans les tuyaux...
Après avoir parrainé Nathalie Kosciusko-Morizet pour la primaire présidentielle des Républicains de 2016, celle qui servit Nicolas Sarkozy soutint finalement Alain Juppé... En raison de l'affaire visant Fillon, LR, elle lâcha le candidat de sa famille politique, durant la campagne présidentielle.


mercredi 21 novembre 2018

Macron établit un rapport de forces avec les maires

Le Congrès des maires se tient à Paris dans un climat de fortes tensions entre les élus locaux et Macron

Macron n'affrontera pas les maires :
ce soir l'Elysée, aux maires qui se rendront à son invitation, il fera un de ses longs discours d'hommage.


Promesse non tenue : Macron ne se rendra pas au Congrès des maires de France, le 22 novembre, bien qu'il en ait pris l'engagement en 2017. Il a préféré s'exprimer la veille à l'Elysée devant le seul bureau de l'AMF et quelques centaines de maires qui acceptent de partager les petits-fours et le champagne de l'Elysée, en pleine période de tension entre Etat et collectivités, mais aussi et surtout de révolte citoyenne des automobilistes pour leur pouvoir d'achat.

Alors que le chef de l'Etat avait promis l'an dernier de venir chaque année "rendre compte des engagements" du gouvernement devant le Congrès de l'Association des Maires de France, c'est le premier ministre Edouard Philippe qui ira prononcer le discours de clôture sous de probables huées et sifflets. Il dira qu'il a "entendu" et compris" le mécontentement des maires, mais, voilà, dans l'intérêt des "gens" qui ne comprennent rien, quant à eux, il tiendra le cap...

Lors de l'édition 2017, devant des milliers de maires dont une partie l'avait hué et sifflé à son arrivée, Macron avait lancé : "Je m'engage à une chose, si vous l'acceptez, c'est venir chaque année rendre compte des engagements que je viens de prendre parce que c'est cela l'esprit de responsabilité dans la République", avait-il lancé.
Esprit de la République où es-tu ?

Le locataire de l'Elysée a préféré recevoir à l'Elysée le bureau de l'AMF et plusieurs centaines de maires

C'est devant des groupies qu'il prononcera son discours, a expliqué la présidence. L'an dernier, il avait déjà invité plus de 1.000 maires pour une soirée au Palais. Soit une note salée, que les républicains devraient alléger cette année en boudant le raout et l'épouse, ne serait que par respect des Gilets jaunes qui passeront la nuit dans le froid.

Les relations restent tendues entre Etat et collectivités, qu'il s'agisse des communes, des départements ou des régions, qui reprochent à l'exécutif des décisions trop autoritaires tombées de l'Olympe macronien et l'inéquité de la contribution de l'Etat à la décentralisation du fait de ses réformes des aides sociales et des impôts locaux.

L'AMF a même lancé le 26 septembre un "appel de Marseille" pour les libertés locales et contre l'ultra-centralisation.

Les maires sont dans "une logique de revendication et de négociation", a confirmé la semaine dernière François Baroin, évoquant des "tensions assez fortes", sur les pactes financiers Etat/collectivités pour réduire les dépenses ou la compensation pour les communes de la suppression de la taxe d'habitation.

Lors de son "itinérance mémorielle" de cinq jours à l'occasion de cérémonies du 11-Novembre, dans l'Est et le Nord de la France, Macron a mené la campagne d'En Marche! aux Européennes 2019, multipliant les caresses aux petits comme aux grands et les rencontres avec les élus locaux, avec le sentiment d'une urgence à tenter de renouer le dialogue. Le 16 octobre, il avait rendu un hommage appuyé aux maires, "premiers porteurs de la République au quotidien", ce qui ne coûte rien.

Ses simagrées avaient été diversement reçues
Lors de sa tournée des popotes, censée amorcer une reconquête de l'opinion, Macron avait pris plusieurs camouflets et les échanges avaient été souvent houleux. "Un vrai bonheur," avait-il commenté, méprisant et provocateur. 

Une part des ratés tenait à la surtaxation des carburants et à la baisse du pouvoir d'achat, sans l'excuse de la crise économique internationale de 2008, et à son manque d'écoute sur le maintien d'un haut niveau de chômage, la baisse du niveau de vie, la réforme des retraites et aussi l'immigration qui draine les aides sociales et abaisse le niveau scolaire. L'arrogant président je-sais-tout s'est même autorisé une controverse inutile déclenchée d'abord par son intention de panthéoniser le général Pétain, puis par son parallèle hasardeux entre la montée de la "lèpre nationaliste" des années 30 et la progression actuelle du populisme dans une Europe apaisée, mais incapable de remettre en cause ses choix impopulaires.
Emmanuel Macron lors de sa courte allocution aux Éparges, dans la Meuse, le 6 novembre 2018.
Macron lors de sa courte allocution aux Eparges, 
dans la Meuse, le 6 novembre 2018

Le jour même, dans sa lancée, le quadra sentit le souffle de la balle : "Votre politique, elle est en train de nous détruire. On subit vos réformes injustes", lui décocha à bout portant un passant à Verdun lors d'un bain de foule. 
Plus loin, Emmanuel Macron s'en est pris à un autre, qui se revendiquait militant gaulliste depuis 1976, de "raconter des carabistouilles" sur sa politique. "Vous ne sentez pas le malaise en France, qui monte ?", lui a retourné ce retraité.



Macron préfère aller au devant des "gens qui ne sont rien" et ne sont pas formés au débat, plutôt que des élus, maires ou syndicalistes, qui connaissent leur sujet, mais l'ex-banquier s'en prend plein la tête face aux gens simples mais remontés contre lui et les blancs-becs de sa majorité. Sur Europe 1, dans un entretien diffusé durant la matinale, il n'hésita pas à dire qu'il inciterait les régions à compenser une partie du prix à la pompe
"La hausse des carburants, c'est pas bibi", a-t-il tenté de se justifier, en termes censés "faire  peuple", comme si les maires influaient sur les taxes ou le cours du pétrole, et avant d'expliquer que la hausse des prix du carburant découle "aux trois-quarts des cours mondiaux". Or, le sachant prononçait une "fake news", car le cours du Brent n'a cessé de baisser en octobre...

Mieux, les taxes de l'Etat sur les carburants ne sont presque pas affectées à la transition énergétique
Un tiers de la contribution obtenue avec le TIPCE, taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (32,6% en 2019), sera reversé aux collectivités locales, 12,3 milliards d'eurosen financement de dépenses sociales comme le RSA, assumé par les départements. 
Mais c'est le budget général de l'Etat qui est le grand gagnant de la TICPE, avec 17 milliards d'euros, soit 45,1% en 2019) qui lui seront reversés l'année prochaine.

Et Macron se paie aussi la tête des Français avec lesquels il prétend renouer.
En effet, la TVA porte à la fois sur le prix du carburant et sur le montant de TICPE, si bien que les taxes et surtaxes sur les produits pétroliers sont une manne pour les coffres de l'Etat, pour les ministères indistinctement ou objectif particulier, voire personnel à la la présidence.
A une dame dont il caresse les mains - comme Tron, les pieds de quelques autre - et qui lui faisait observer que "30 euros" de hausse du minimum vieillesse, "ça fait pas beaucoup" quand la facture de gaz augmente de "250 euros", il a fait mine de déplorer que "les choses ne se font pas comme ça tout d'un coup". "Tout le monde est pressé, je l'entends [!], mais il faut faire les choses sérieusement et sans mentir", a raconté le bonimenteur.

Au bonneteau, jeu d'argent, jeu de dupes de l'ordre de l'escroquerie, il ne faut pas se démonter... Or, le lendemain, dans les Ardennes et l'Aisne, à Rozoy-sur-Serre, Macron se fait alpaguer lors de la visite d'un Ehpad. "Je suis aide-soignante dans un foyer. La hausse du carburant fait que je me demande si je ne vais pas être obligée de démissionner", lui a innocemment expliqué une dame au bord des larmes. "Ceux qui sont obligés de se déplacer chaque jour pour travailler" seront "mieux aidés", a répliqué le débagouleur, ajoutant que le gouvernement planche sur le mécanisme...  

Un homme interpelle Emmanuel Macron devant la préfecture de Charleville-Mézières, le 7 novembre 2018
Un homme interpelle Macron à  Charleville-Mézières, le 7 novembre 2018 
Il se fait entortiller : toucher, c'est tromper...
"Le problème avec tous les présidents, c'est que vous ne savez pas ce que ça veut dire de vivre avec 1.000 ou 2.000 euros par mois. Avec mon mari, on a 2.000. J'ai 880", lui a expliqué une retraitée. "Je ne dis pas que c'est facile", lui répond l'ex-banquier, avant de défendre son choix d'augmenter la CSG pour réduire les charges des salariés. Suite à quoi la dame, qui sait ce que sont un budget familial et les fins de mois difficiles, soupçonne à haute voix le gouvernement de faire un tour de passe-passe, "Vous le [compensez par une hausse] sur les carburants !", réplique cette femme de bon sens. Il suffit à l'autre de poursuivre sa déambulation vers de plus crédules, sous bonne escorte.

Harponné chez Renault
La visite présidentielle à l'usine Renault de Maubeuge (2.200 salariés) n'a pas été une promenade de santé. Bien que le PDG de la marque automobile, Carlos Ghosn, ait accueilli Macron avec l'annonce d'un investissement de 450 millions d'euros sur le site (ajouté à celui d'un milliard d'euros dans les véhicules électriques sur cinq ans, annoncé par le groupe en juin), le fauteur de troubles tomba sur un mauvais coucheur, un syndicaliste de SUD, qui mit le bololo: "M. Macron, vous n'êtes pas le bienvenu ici !", lui a crié Samuel Beauvois. 


S'adressant au personnel de l'usine, le prêcheur réplique : "On est là tous ensemble pour réussir", a répliqué le président. "On réussit sans vous...", a souligné le salarié du premier groupe automobile mondial, devant Toyota et Volkswagen. Alors que le travailleur le lançait sur la hausse de l'essence, le président perd alors ses nerfs et lâche un jugement de valeur méprisant : "Là vous êtes ridicule, pardon de vous le dire"...

Macron, patron paternaliste du 20e siècle.
Dans une autre tentative malheureuse pour aller "au contact" dans un bar PMU près de Lens, à Bully-les-Mines, l'ex-banquier Rothschild lança à la cantonade : "Salut, les gars! C'est ma tournée...", avant de retrouver la première ministre britannique Theresa May dans la Somme sur un lieu symbolique de la Première Guerre mondiale. 
Emmanuel Macron a rencontré des habitants dans un bar PMU de Bully-les-Mines, dans le nord de la France le 9 novembre 2018
"Bibi" prenant un canon avec des prolétaires,
 à l'insu de mamie qui lui avait donné un cache-col contre le froid
"Il faut aller au contact de la colère. Il ne faut pas chercher à l'éviter, il ne faut pas chercher de réponse démagogique. Je sais contre qui j'étais au second tour", a déclaré le président par défaut - 24% au premier tour - (28,6 à Hollande en 2012) aux clients du Café de la Place, où il s'était déjà rendu pendant la dernière campagne présidentielle. 
Une "itinérance" qui fut son Chemin des Dames, théâtre de plusieurs batailles meurtrières de la Première Guerre mondiale....
"J'ai creusé le lit où je coule en me ramifiant en mille petits fleuves qui vont partout" (Apollinaire)
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mercredi 22 août 2018

Budget de l'Etat : vers un serrage de vis, faute de croissance

Le budget 2019 s'annonce encore plus contraint que prévu


Macron ne réussit pas à relancer la croissance : peut-être Benalla?


La France devra revoir à la baisse sa prévision de croissance, suite à la publication de chiffres fort décevants du déficit commercial. Les carnets de commandes sont positifs dans l’industrie et l’activité est soutenue dans les services, mais elle est non productive. 
La Banque de France affiche un optimisme modéré en parlant d'un possible rebond de la croissance, après 0,4% au troisième trimestre contre 0,2% aux premier et deuxième trimestres, mais ne promet pas les 2,2% de 2017. 

Gérald Darmanin, le ministre du Budget, qui tablait sur 2%, a d'ailleurs dû revoir sa prévision à la baisse il y a une semaine. Or, ce nouvel objectif est hors d’atteinte pour les spécialistes, même si la croissance est aussi bonne au quatrième trimestre qu’au troisième. 
Une croissance plus faible, c’est moins d’activité, donc moins de rentrées fiscales et de TVA. Le gouvernement pourrait donc revoir son budget dès septembre et exiger de nouvelles économies.


Un nouveau tour de vis social en vue ?

Résultat de recherche d'images pour "patate chaude"Pendant ses deux semaines de vacances annoncées, mais trois effectives, Macron, qui avait fait venir un nombreux personnel, du chef cuisinier aux collaborateurs proches, a planché sur les moyens de faire avancer ses réformes à tout prix, tout en faisant oublier sa dernière casserole, l'affaire Benalla, du nom de cet intime à qui il a donné tous les droits sans qu'il ait les compétences de ses attributions et accordé à son favori les privilèges qui vont avec. 

Le Conseil des ministres de rentrée se tient ce mercredi 22 août. Ensuite, Emmanuel Macron réunira à l'Elysée quelques ministres (Edouard Philippe, Bruno Le Maire, Gérald Darmanin, Murielle Pénicaud et Agnès Buzyn) pour finaliser les derniers arbitrages budgétaires. Le budget 2018 s'annonce contraint par une croissance plus faible que prévu.
Le gouvernement va devoir revoir son budget pour l'an prochain avec sans doute un nouveau serrage de vis, s'il veut continuer à contenir son déficit comme promis auprès de la Commission européenne.

Vers une nouvelle réduction des emplois aidés et des aides au logement ? 
L'ex-banquier va donc vraisemblablement chercher à faire davantage d'économies, surtout qu'il doit financer des réformes coûteuses comme la suppression progressive de la taxe d'habitation et le remplacement du Crédit d'impôt compétitivité emploi (mesure du gouvernement de Jean-Marc Ayrault, le CICE minore l'impôt à payer des entreprises) par une baisse pérenne des cotisations patronales.

En ligne de mire du gouvernement, il y a entre autres les emplois aidés (le CUI, contrat unique d'insertion, est en vigueur depuis le 1er janvier 2010,), qui pourraient encore diminuer l'an prochain, tout comme les aides au logement. 

L'exécutif envisage aussi de transférer aux employeurs une partie du coût lié aux arrêts maladie. Cette piste a entraîné une levée de boucliers du patronat au cœur de l'été.


Quelles seront les économies réalisées sur les effectifs de la fonction publique d'Etat ? est une autre question pour l'instant sans réponse : malgré ses promesses de transparence et de dialogue, le gouvernement s'est refusé jusqu'à présent à avancer le moindre chiffre.

Un budget plus contraint est-il opportun ? 

Le renouvellement de la vie politique retombe sous la menace  des vieilles recettes de l' "ancien monde"...
Car l'interrogation de Philippe Waechter, chef économiste chez Ostrum Asset Management est rhétorique.  "En terme de gestion du déficit public jusqu'à la fin de l'année, la question est de savoir s'il faut contraindre davantage la demande privée au risque de peser encore plus sur l'activité ? Ce serait le cas si on voulait absolument tenir le déficit public à l'objectif de 2,3 du PIB. Ou alors est-ce qu'on laisse filer pour limiter le risque de contraction ou de ralentissement supplémentaire de l'activité ?"

L'accroissement du déficit public ne fait pas peur à Philippe Waechter. "Il me semble qu'il est nécessaire de laisser filer le déficit pour limiter le risque sur la croissance parce que l'enjeu est là, estime l'économiste. La vraie question, c'est est-ce qu'on a un objectif sur l'activité ou l'emploi ou un objectif plutôt comptable ? Je crois que les questions de croissance et d'emploi sont plus importantes dans la gestion de la politique économique."
Les générations à venir ne seront décidément pas épargnées.

mercredi 1 août 2018

Croissance: le gouvernement contraint de revoir ses ambitions à la baisse

Macron s'est-il trompé sur les compétences réelles de son successeur à Bercy ?


Après les contre-performances de la première partie de l'année, 
le gouvernement est contraint de réviser à la baisse ses prévisions de croissance pour 2018, sans se risquer à fixer de nouveaux objectifs, ni de pistes sur d'éventuelles économies budgétaires.

"Nous réviserons les prévisions de croissance pour 2018" qui étaient de 2%, a admis mardi le ministre des Finances, Bruno Le Maire, sur BFM TV/RMC, après la publication vendredi des chiffres "décevants" de l'INSEE, officine de Bercy, pour le second trimestre avec une hausse à un an d'à peine 0,2% qui a confirmé la décélération de l'économie française depuis le début de l'année.

Pire encore, le ministre s'est abstenu de donner de nouvelles prévisions de croissance. "Elle sera communiquée à la rentrée lors de la présentation du budget", a précisé son entourage, annonçant un ajustement politique.
"Le gouvernement n'avait pas le choix. Il était obligé de réviser à la baisse ses prévisions de croissance", a avoué Philippe Waechter, économiste chez Natixis AM, qui table sur une hausse de seulement 1,5% cette année, dans le meilleur des cas.
Christopher Dembik, responsable de la recherche économique chez Saxo Banque, ne manifeste guère plus d'optimisme, avec une prévision dans une fourchette de 1,6 à 1,7%, convaincu lui aussi que l'objectif gouvernemental est "beaucoup trop ambitieux, impossible à tenir".

La croissance robuste de 2,2% (2,3% en données corrigées des jours ouvrés) en 2017 n'a pas fait long feu

Largement supérieure aux attentes, car surfant sur une tendance européenne favorable et sur les espoirs nés dans l'entreprise de l'arrivée aux affaires d'un banquier, cette décélération sur la première partie de 2018 douche les volontaristes du secteur privé qui portent Macron. 

Les "experts" donnent à croire que cette décélération serait essentiellement due à une consommation plombée par la hausse des prix du pétrole, qui rogne sur le pouvoir d'achat des Français, mais plus sûrement imputable à  la hausse de la CSG et des taxes sur l'essence en début d'année, ont estimé les économistes.

L'exécutif mise sur deux leviers à venir : la première réduction de la taxe d'habitation, en vue de sa suppression d'ici 2022 pour 80% des Français, ainsi que la deuxième phase de suppression des cotisations salariales en octobre pourraient relancer la consommation, même si la baisse des cotisations arrivera tardivement pour donner une impulsion déterminante à la croissance en 2018 et si toutefois le pouvoir ne continue pas à se déconsidérer et à inquiéter par ses pratiques. .

Vers plus d'austérité imposée aux seuls "gens qui ne sont rien" ?

La nette accélération de l'inflation en juillet, avec une progression de 2,3% plus marquée que le mois précédent (+2% en juin), soutenue par la hausse des prix de l'énergie, du fait singulièrement des taxes, pourrait toutefois compliquer un peu plus l'objectif du gouvernement.
"Ce n'est pas bon. Il y aura un aspect perte de pouvoir d'achat", a souligné Ph. Waechter, qui s'interroge sur les capacités du gouvernement à tenir, dans ces conditions, son engagement avec Bruxelles de réduire cette année le déficit public à 2,3%.

"Que va faire le gouvernement pour parvenir à réduire le déficit public ? Des économies sur les dépenses une augmentation de la fiscalité ? En tout état de cause, cela aura des effets sur la demande à court terme et pourrait être pénalisant pour la croissance", a-t-il estimé.

Pour l'instant, le gouvernement, qui a établi son budget 2018 sur la base de 1,7% de croissance et n'a pas encore dévoilé ses intentions, cherche une issue.

Pour Ch. Dembik, les mesures pourraient se traduire pas des "coupes dans les budgets de certains ministères, voire une nouvelle baisse des dotations aux collectivités". "Les choix budgétaires seront certainement très compliqués", a-t-il prévenu. Et très rudes pour les Français...

En attendant, B. Le Maire appelle à poursuivre "la transformation de l'économie du pays"... 
Rien ne doit nous détourner de nos efforts pour accélérer la croissance, commente-t-il, sans savoir où il va. Il ne faut surtout pas que l'on lâche le rythme des réformes", a théorisé l'ancien ministre de l'Agriculture, soulignant le risque au passage.

"La croissance et l'économie, c'est le temps long", a-t-il raconté, en guise d'excuse à ses piètres résultats sur un an, pour expliquer le coup de mou de la croissance sur la première partie de l'année, mais aussi la hausse du chômage au second trimestre. "Il faut tenir notre cap, être capables de poursuivre la transformation jusqu'au bout. C'est comme ça que nous aurons des résultats", a fantasmé le ministre de l'Economie.

Selon l'INSEE, l'"acquis de croissance" pour l'année en cours - c'est-à-dire le niveau que le PIB atteindrait si l'activité stagnait d'ici la fin de l'année - est de 1,3%. L'organisme public veut croire à 1,7% de croissance pour l'ensemble de l'année. La Banque de France, qui se doit d'être plus optimiste avec 1,8%, s'attend à une accélération marquée sur la deuxième partie de l'année. 
Sinon, ce sera la faute à qui ?

lundi 16 avril 2018

Taxe foncière : une modulation selon les revenus n'est pas pour maintenant, assure Matignon

Le premier ministre clarifie le flou du président

Il n'y aura pas de modulation de la taxe foncière en fonction des revenus

Il a fallu que le Premier ministre exclue cette possibilité, ce matin, encore sur RMC et BFMTV : Edouard Philippe a garanti que cette piste n'est "pas sur la table".

L'idée avait été avancée en début de mois par Gerald Darmanin. Devant les sénateurs, le ministre de l'Action et des Comptes publics avait jugé la taxe foncière "injuste", car sans rapport avec les revenus. Il avait également avoué qu'une taxe foncière proportionnelle aux revenus serait plus facile à mettre en place qu'une réforme des valeurs locatives. Mais Matignon a tranché.

Quelle réforme de la fiscalité locale ?

Résultat de recherche d'images pour "modulation de la taxe foncière"
Si son démenti peut - provisoirement - rassurer de nombreux propriétaires, Matignon est en tout cas loin de régler la question de fonds concernant la fiscalité locale. De fait, dans la perspective de l'abandon de la taxe d'habitation en 2020, la fiscalité devra être remise à plat, notamment pour garantir des ressources suffisantes aux collectivités.

Le gouvernement va-t-il se lancer dans le chantier de la révision des valeurs locatives (avec des gagnants et de perdants) ? 
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Décidera-t-il d'allouer une partie d'un impôt national aux collectivités ? Une chose est sûre, alors que la taxe d'habitation a rapporté quelque 22 milliards d'euros en 2016, les collectivités voudront des compensations. Et, du fait de la promesse de Bercy de ne pas créer de nouvel impôt, les marges de manœuvre seront réduites. Pour l'heure, Matignon ne donne aucun indice. "On va prendre le temps, rien n'est arbitré", a déclaré Edouard Philippe.
Ils vont laisser passer les élections, les européennes en 2019, puis les municipales en 2020. Tout nous tombe dessus après le printemps 2020.