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mercredi 19 juin 2019

Ces quotas d'immigration voulus en 2019 par Macron qui les jugeait "impossibles à piloter" en 2017

Le candidat Macron a-t-il pris des engagements sur des sujets dont il ignorait tout ?

Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a relancé le débat autour de l'instauration des quotas d'immigration


Macron ouvre la voie à une proposition de Fillon. 
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Dans sa lettre aux Français publiée le 13 janvier 2019, Emmanuel Macron inclut l'immigration parmi les thèmes qui seront abordés lors de son "grand" débat national  - consécutif au mouvement des Gilets jaunes - dans toute la France jusqu'au 31 mars. "Que proposez-vous pour améliorer l'intégration dans notre Nation ? En matière d'immigration, une fois nos obligations d'asile remplies, souhaitez-vous que nous puissions nous fixer des objectifs annuels définis par le Parlement ? Que proposez-vous afin de répondre à ce défi qui va durer ?" C'est en ces termes qu'il soumettait la question des quotas qui ne figurait pas dans son programme, mais dans celui de la droite, et qui n'a pas été mentionnée par le gouvernement depuis le début du quinquennat.
Cette question, qui reste ouverte, n'est pas anodine. L'idée de faire voter chaque année par le Parlement des quotas d'immigration avait été proposée en 2017 par l'ancien candidat de la droite François Fillon. Elle figure toujours parmi les propositions des Républicains. Lors des débats sur la loi asile et immigration, la droite sénatoriale avait d'ailleurs tenté, en juin dernier, de réintroduire le principe des quotas, contre l'avis du gouvernement. La disposition des sénateurs LR proposait que le Parlement conduise chaque année "un débat approfondi, à partir d'un rapport du gouvernement, intégrant toutes les dimensions de la politique nationale d'immigration et d'intégration", et portant "sur les orientations pluriannuelles de la politique d'immigration et d'intégration en présentant des indicateurs chiffrés rendant compte des flux d'entrée, de séjour et d'éloignement".
La proposition de la droite avait été alors fustigée par Jacqueline Gourault, la ministre MoDem de la Cohésion des territoires : "L'introduction de quotas [...] ne résiste pas à un examen de sa faisabilité. Le gouvernement est défavorable à une telle politique".
Un nouveau gage en direction des électeurs de droite ou une mise à nu du président ? Le sujet pourrait être abordé au Parlement à la rentrée, annonce le ministre dans le JDD. Durant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait pourtant jugée inefficace cette proposition venue de la droite

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a remis le sujet sur la table , bien que cette proposition ne figure pas dans les projets du candidat Macron sur lesquels lui et la majorité présidentielle ont été élus, puisqu'elle venait à l'origine de la droite LR. François Fillon en avait fait l'un de ses arguments phares durant la campagne présidentielle. Macron cherche-t-il ainsi à rallier cette droite-là ou a-t-il trompé les électeurs sur ses projets profonds ?

S'il exclut d'évoquer des quotas pour le droit d'asile - ce serait "contraire à nos engagements internationaux" -, le ministre de l'Intérieur a jugé que la question pourrait être "posée dans le cadre du débat pour d'autres modes d'immigration légale", sans préciser s'il parlait de regroupement familial, d'immigration économique, des étudiants étrangers faux ou réels, ou encore l'immigration sociale suscitée par les aides consenties par la France et les contribuables français. Elle pourrait notamment être abordée au Parlement en septembre, Edouard Philippe ayant annoncé, la semaine dernière, dans son discours de politique général, la tenue annuelle d'un débat sur l'immigration au parlement - là encore, une idée défendue par François Fillon durant la présidentielle. Ce qui donne à penser que cette simple annonce a pu susciter les ralliements à la majorité présidentielle de maires LR, tels ceux des Hauts-de-Seine subornés par Thierry Solère, ancien porte-parole de François Fillon à la primaire de la droite et du centre, tour à tour UDF, UMP et groupe Les Constructifs : républicains, UDI, indépendants (2017), exclu des Républicains (LR), le 31 octobre 2017, et aussitôt adhérent à La République en marche (LREM), le 25 novembre 2017.

Christophe Castaner a déjà fait toutefois évoqué un ancien président du Conseil constitutionnel, Pierre Mazeaud, pour souligner qu'il est l'auteur d'un rapport rédigé en 2009 émettant des doutes sur l'instauration d'un dispositif de quotas. 

Une opération de débauchage

Les propos de Christophe Castaner interviennent alors que, la semaine dernière, en cercle restreint, Macron a fait part de ses doutes sur l'efficacité de la loi asile et immigration votée l'an dernier, convaincu par ailleurs que ce thème serait au coeur du prochain scrutin national. 
Le durcissement possible du discours de l'exécutif sur l'immigration est d'ailleurs un sujet d'inquiétude pour certains membres de la majorité, dont certains députés LREM qui avaient déjà "frondé" lors du vote de la loi alors portée par Gérard Collomb et qui viennent de créer un collectif "social-démocrate" - ni "frondeurs", ni "godillots" - au sein de la majorité présidentielle à l'Assemblée nationale. Deux nouveaux membres, Albane Gaillot et Jean-François Mbaye, viennent encore de rejoindre la vingtaine d'origine.

Il faut dire que l'hypothèse des quotas annuels d'immigration est bien loin de l'ADN initial d'En Marche!. Durant la présidentielle, le programme de Macron n'envisageait pas cette mesure. Dans un entretien avec l'ancienne présidente de la Cimade, Geneviève Jacques, en mars 2017, il affirmait même ceci : "Je ne crois pas aux politiques des quotas, parce qu'on ne sait pas les faire respecter. Déciderions nous, demain, d'avoir un quota de Maliens ou de Sénégalais d'un côté, d'informaticiens, de bouchers de l'autre, comme certains le proposent ? Un tel dispositif serait quasiment impossible à piloter"

Le tournant du Grand débat

Durant les débats sur la loi asile et immigration, la droite sénatoriale avait proposé que les quotas soient introduits dans le texte de la majorité. Une proposition alors fustigée par la centriste Jacqueline Gourault, ministre de la Cohésion des territoires, pour qui "l'introduction de quotas ne résiste pas à un examen de faisabilité", et martelant toujours que "le gouvernement est défavorable à une telle politique". Logiquement, Gourault ne peut pas avaler cette énorme couleuvre et devrait prochainement donner sa démission du gouvernement.

Le tournant s'est opéré en janvier 2019, dans le cadre du Grand débat. Dans la "lettre aux Français" précédant cette séquence liée à la crise des Gilets jaunes, Macron a fait volte-face, évoquant le sujet sous une forme interrogative : "En matière d'immigration, une fois nos obligations d'asile remplies, souhaitez-vous que nous puissions nous fixer des objectifs annuels définis par le Parlement ?" De fait, le sujet est resté minoritaire dans le cadre du Grand débat, derrière les thèmes plus sociaux abordés par les Français. Pour autant, le résultat du scrutin européen du 26 mai dernier - l'immigration et l'avenir de l'espace Schengen se sont imposés aux candidats - et la perspective des prochaines élections, avec une campagne d'éviction de l'opposition républicaine avec mise en oeuvre de tous les moyens de l'Etat (presse, sondages, etc), concurremment avec une recherche de duel avec un RN diabolisé, ont conduit l'exécutif à réorienter son discours. 

Se faisant, devant les parlementaires, le champion du retournement de veste, Edouard Philippe a estimé qu'il faut avoir "le courage d'affronter le débat sans fausse pudeur"! Un débat qui risque, en premier lieu, de soulever des grondements dans la majorité. 
Lundi matin, sur BFMTV, la députée LREM tout-terrain Aurore Bergé, issue de la droite, s'est dite favorable à des quotas pour l'immigration économique, mais pas pour l'immigration familiale. En se positionnant contre le regroupement familial, Bergé est désormais sur la corde raide...
Idem, sur LCI, pour le député du Val d'Oise Aurélien Taché, un ex-socialiste qui juge qu'il sera "plus efficace d'en débattre au niveau européen" que dans l'enceinte du Parlement national. Va-t-il bientôt rejoindre le Parti socialiste auquel il appartient foncièrement ?

Dans l'opposition, le Rassemblement national s'oppose à toute politique de quotas: le porte-parole du RN Sébastien Chenu préférant, sur LCI, l'arrêt quasi-total de l'immigration légale, a rappelé que son mouvement juge que cela "ne marche pas", la droite devrait logiquement défendre cette proposition qui est sienneLundi matin, Damien Abad se positionne en faveur de la mise en place de quotas. "Oui, je suis pour, affirme-t-il, j’ai d’ailleurs proposé des choses allant dans ce sens l’année dernière. Les Républicains ont déposé des amendements, car je pense que c’est le rôle du parlement de fixer des objectifs annuels et des quotas d’immigration". Mais la majorité présidentielle a toujours rejeté tous les amendements de l'opposition...

mercredi 10 avril 2019

Privatisation d'Aéroport de Paris: "Une erreur stratégique majeure", selon Vallaud (PS)

Vallaud, un ancien collabo de Hollande aux hémisphères cérébraux déconnectés

Initiative inédite des oppositions rassemblées pour le recours à un "référendum d'initiative partagée" (RIP) contre la privatisation d'ADP

Autour de Vallaud, sont rassemblés Peu (PCF) et Carrez (LR),
Ravier (RN) et Coquerel (LFI), Vigier (ex-UDI) ou  Rabault (PS) 
Le porte-parole des députés PS l'a justifiée par la nécessité de combattre "une imbécilité" et une "erreur stratégique majeure" parce qu'Aéroports de Paris n'est pas une entreprise comme les autres", a expliqué le député des Landes sur France 2, Boris Vallaud, ce mercredi. 
Le Groupe ADP a dégagé 610 millions d'euros de bénéfice net en 2018, pour près de 4,5 milliards d'euros de chiffre d'affaires.

Alors que 185 signatures sont requises pour un "RIP", procédure jusqu'ici inédite depuis son introduction dans la Constitution en 2008, les parlementaires se sont unis de l'extrême gauche à l'extrême droite pour déposer une proposition de loi référendaire avec 218 signataires, issus de 11 groupes dans les deux chambres.

"En responsabilité, les parlementaires, sénateurs et députés qui se sont unis ont convenu que c'était une singularité dans l'alliance mais qu'enfin il y avait un intérêt supérieur, que c'était un service public d'intérêt national et que nous ne pouvions pas laisser se commettre l'irrémédiable, parce qu'il n'y a pas de machine arrière", a expliqué B. Vallaud, l'époux de l'ex-ministre Vallaud-Belkacem.

"Nous n'avons aucun doute" sur le fait d'obtenir la validation du Conseil constitutionnel, "et le gouvernement aura neuf mois pour récolter le soutien de 10% du corps électoral", a-t-il poursuivi, reconnaissant que "c'est beaucoup", mais jugeant que "l'opinion majoritaire est au maintien de ADP dans le giron public".

Ministre MoDem en charge des Relations avec le Parlement, Marc Fesneau a ironisé  sur "un coup politique" et une "alliance de circonstance" entre oppositions, estimant sur Public Sénat qu''"il y a quelque chose de détonnant et d'étonnant dans la photo hier de gens qui à peu près sur rien, ne pensent la même chose".

"Que LR fasse front uni avec LFI, je ne savais pas que je verrais ça dans ma vie politique", a abondé une autre ministre MoDem, aux Collectivités territoriales, Jacqueline Gourault sur RTL.

L'ancien ministre de l'Industrie et maire de Nice Christian Estrosi (LR) dénonce une privatisation d'ADP en forme de braderie, et réclame un "bon prix". "C'est tout à fait scandaleux. On ne peut pas vendre 10 milliards d'euros Aéroports de Paris, alors que, pour moi, il en vaut 4 ou 5 fois plus", s'est-il indigné sur RMC/BFMTV.

En débat depuis plus de six mois au Parlement, le projet de loi Pacte - Plan d'action pour la croissance et la transformation des entreprises - prévoit de supprimer l'obligation pour l'Etat de détenir la majorité du capital d'ADP (actuellement 50,63%). Depuis la première lecture en octobre, cette privatisation est devenue, après son rejet au Sénat, la principale pomme de discorde, certains pointant un "cadeau à Vinci", qui ne cache pas son intérêt. 

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a lui défendu son projet de concession durant 70 ans comme la meilleure façon de garantir le développement de ce "fleuron".

Marlène Schiappa, la plaie et le sel du gouvernement

La ministre de l'égalité des genres a encore mis son grain de sel où ça fait mal.
Elle a avancé un argument étonnant pour défendre cette privatisation : "Est-ce que cela fait partie des missions de l’Etat et des services publics de gérer la partie centre commercial et baux de luxe des aéroports ? Je n’en suis pas certaine." Du coup, selon la commère du gouvernement, ce ne serait plus le devoir de l'Etat de veiller sur ses frontières...


La Madelon de Macron s'est encore crashée: le groupe international ADP déploie en effet des activités autrement plus variées que n'imagine la secrétaire d’Etat :
il possède les plus gros aéroports français : Roissy-Charles-de-Gaulle (72,2 millions de passagers), Orly (33,1 millions de passagers), Le Bourget et une dizaine d’aérodromes ;

c’est le premier propriétaire foncier d’Ile-de-France, grâce aux 6 686 hectares des aéroports, dont 411 hectares sont disponibles. Il détient aussi plus d’un million de mètres carrés de bâtiments, hangars, hôtels, bureaux, etc. ;

il dispose d’une filiale dans la téléphonie (Hub One) ;

il a fortement développé sa participation dans le capital de nombreux aéroports internationaux, soit directement (Zagreb, Santiago, Amman, Maurice, etc.), soit par le groupe TAV Airport (Istanbul Atatürk, Antalya, Izmir, etc.) ;

ces aéroports sont aussi des centres commerciaux importants, avec 386 boutiques et services, qui ont rapporté, à eux seuls, 1 milliard d’euros en 2018 ; 
et enfin, plusieurs de ses aéroports sont des frontières avec l'étranger, hors Union européenne.

Son activité commerciale, certes lucrative, est donc loin d’être la seule mission d’ADP, qui génère un chiffre d’affaires de près de 4,5 milliards d’euros – la plus grande part provient des activités aéronautiques en France (1,89 milliard)

Par ailleurs, le fait de rapporter de l’argent à l’Etat fait partie des missions de l’Agence des participations de l’Etat : avec des bénéfices de plusieurs centaines de millions d’euros par an (610 en 2018), ADP répond à l’objectif de "la valorisation dans la durée du patrimoine des Français". 
Quant à l’argument sur les "missions essentielles de l’Etat", il est contredit par les actuels investissements de la puissance publique. Outre les secteurs-clés comme l’énergie (EDF, Engie), le transport public (SNCF, RATP), La Poste ou la Banque de France, l’Etat détient des parts d’un opérateur de communication (Orange), d’un constructeur automobile (Renault) ou aéronautique (l'européen Airbus), d’un chantier naval (Naval Group, ex-DCNS), du marché de Rungis (Semmaris), des casinos, de plusieurs ports maritimes… 
Sans compter les diverses participations de la Caisse des dépôts dans l’immobilier, les forêts ou les stations de ski.

Vallaud, c'est ballot, a juste des trous de mémoire...


La privatisation de l'aéroport de Toulouse, validée par Macron, ministre de l'Economie, est un "échec" à ne pas répéter, juge la Cour des comptes.
La vente des parts de l’Etat dans l’aéroport Toulouse-Blagnac à une société aux capitaux étrangers, la Chine, c’est le contre-exemple d’une opération réussie selon la Cour des comptesDans un rapport à la commission des Finances de l’Assemblée nationale sur "le processus de privatisation des aéroports de Toulouse, Lyon et Nice", les magistrats financiers taclent la décision prise en décembre 2014 de céder 49,99 % du capital à Casil Europe, pour 308 millions d’eurosLe repreneur, qui détient désormais 49,9 % d'ATB, est une holding française, Casil Europe, qui est formée de deux sociétés chinoises de Hong Kong. 


Vallaud, Macron et Ganzer, de droite à gauche,
condisciples à l'ENA, fabrique de hauts-fonctionnaires irrécupérables
Or, qui sont les co-responsables de cet échec reproduit à Lyon et à Nice sur le modèle de Toulouse? Le secrétaire général adjoint de la présidence de la République sous Hollande qui n'est autre que Boris Vallaud. Et qui était ministre de l'Economie ? Macron (26 août 2014 – 30 août 2016) !
Côté opposants, une information circule attribuant au président Emmanuel Macron un conflit d’intérêts, en mettant en cause le président de la branche française de la banque chargée de l’organisation de l’opération de privatisation… Là encore, un argument à suivre.

Macron s’est résolu à vendre la participation de l'Etat (50,63 %) dans les ex-Aéroports de Paris. Le groupe Vinci se verrait bien prendre le contrôle d’ADP: avaler ADP ferait de Vinci non seulement le numéro un mondial du BTP mais aussi le premier groupe aéroportuaire.

mardi 2 avril 2019

La venue de Macron en Corse fait monter les tensions dans l'île

Les dirigeants autonomistes ne participeront pas à la rencontre prévue avec les élus insulaires. 

Des charges explosives ont été retrouvées à Bastia
Simeoni et Talamoni font peu cas de Macron (Ajaccio, février 2018)

Alors que le chef de l'Etat est attendu jeudi en Corse, les dirigeants nationalistes Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni ont annoncé qu'ils ne participeront pas à la rencontre prévue avec les élus insulaires. C'est la dernière étape - explosive - du tour de France en gilet jaune que Macron a engagé dans le cadre de son grand débat, pré-campagne électorale déguisée.

Jeudi 4 avril, Emmanuel Macron va se rendre en Corse pour une rencontre avec les élus insulaires à Cozzano (Corse-du-Sud). Sa visite suscite des craintes d'une reprise des violences : la police a fait la découverte lundi de deux tentatives d'attentat contre des bâtiments des finances publiques à Bastia, et le plasticage de plusieurs résidences secondaires depuis le début mars. Des événements qui n'ont pas été revendiqués, mais qui n'ont pas non plus été ébruités par les grands media institutionnels.

"Ça n'a pas explosé, c'est un avertissement, c'est une charge pour impressionner et avertir", a commenté lundi après-midi Jean-Pierre Battestini, secrétaire général local de la CGT Finances Publiques, présent sur place. Il a fustigé, dans un communiqué, des attentats et tentatives d'attentats qui "mettent en péril la vie des personnels et fragilisent (...) nos missions de services publics au moment où justement le président Macron veut les supprimer. Macron et poseurs de bombe poursuivent les mêmes objectifs au détriment de l'intérêt général de la Corse".

Une journée "Ile Morte", 
comme Bordeaux "ville morte" pour l'Acte XX...

La visite du chef de l'Etat sur l'Ile de Beauté s'annonce délicate. Dès lundi matin, le président autonomiste du Conseil exécutif corse Gilles Simeoni avait annonçait qu'il ne "participera(it) pas en l'état" à la rencontre avec les élus. Estimant que "la venue du président de la République s'inscrit dans un climat tendu", il craint que la "situation de crise économique et sociale structurelle et de blocage politique ne p(uisse) conduire qu'à la résurgence de la logique de conflit, et donc à une impasse, aussi bien pour la Corse que pour l'Etat".

Vendredi, le président indépendantiste de l'Assemblée de Corse Jean-Guy Talamoni avait déjà indiqué qu'il "n'irait pas à Cozzano", assurant que les nationalistes ne pratiquent "pas une politique de la chaise vide" mais que "cette visite n'a strictement aucune chance de déboucher sur un dialogue".

La coalition nationaliste Pe a Corsica, formée des partis de Gilles Simeoni (Femu a Corsica), Jean-Guy Talamoni (Corsica Libera) et Jean-Christophe Angelini (PNC), a par ailleurs appelé à une demi-journée "Isula Morta" (Île morte) ce jeudi entre 12h et 18h.

Macron se dit "disponible et volontaire"

"Je viens en Corse disponible et volontaire. Disponible pour toutes celles et ceux qui seront présents, et volontaire pour échanger et apporter ma part de réponses de manière concrète", annonce de son côté le chef de l'Etat dans un entretien à Corse-matin publié mardi matin. Au cours du débat, il entend échanger "sur les sujets nationaux et la crise que nous traversons aujourd'hui, mais également pour répondre directement aux questions spécifiques de la Corse", qu'elles soient économiques, sociales ou politiques.
Indiquant avoir récemment eu "une longue discussion" avec Gilles Simeoni, le chef de l'Etat souligne que leur responsabilité commune "est de ne pas faire bégayer l'histoire" et de "tout faire pour que la page de la violence soit définitivement tournée""Je pense qu'on peut défendre l'identité de la Corse et respecter profondément la République et ses valeurs", précise-t-il.

Interrogé sur l'impression de rigidité qu'il avait laissée après sa première visite en Corse en février 2018, le président met en avant "la certaine tonalité" liée à la 20e anniversaire du préfet Claude Erignac, assassiné en février 1998. "Je dis toujours, là où je m'exprime, ce à quoi je crois très profondément", souligne-t-il.

La marche-arrière de Macron

Emmanuel Macron confirme que la principale annonce de cette première visite, l'inscription de la Corse dans la Constitution, est "toujours d'actualité". "C'est un geste politique fort. Un projet de texte a été débattu entre les représentants de la Collectivité de Corse et des maires et la ministre Jacqueline Gourault. Il a fait l'objet d'un compromis entre les attentes des Corses et les souhaits de la représentation nationale", indique-t-il, tout en reconnaissant que le texte "ne va pas aussi loin que certains l'auraient voulu". "Dès lors que la Constitution reconnaît la spécificité corse, l'efficacité sera au rendez-vous", assure-t-il.

Pour soutenir la langue corse, que les nationalistes souhaiteraient rendre obligatoire jusqu'en Terminale, il annonce une concession : le corse sera sur l'île l'une des spécialités du baccalauréat, avec quatre heures par semaine en première et six heures en terminale. Le chef de l'Etat a réaffirmé qu'il soutient le bilinguisme mais refusé la co-officialité du corse, "car il n'y a qu'une langue officielle dans la République".

Par ailleurs seront créés 55 postes dans les établissements scolaires à la rentrée 2019 et 40 à l'université. Ces avancées ont été actées lors d'une rencontre lundi entre les ministres Jean-Michel Blanquer (Éducation) et Jacqueline Gourault (Cohésion des territoires), Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni.

dimanche 24 février 2019

Quand la ministre MoDem Jacqueline Gourault voulait que tous les Français payent l'impôt sur le revenu

La ministre de la cohésion des territoires a mis le feu au gouvernement 

Jacqueline Gourault voulait que tous les Français soient solidaires par l'impôt


Jacqueline Gourault est-elle un "casseur" de la cohésion nationale ?
En estimant que tous les Français devraient payer l'impôt sur le revenu, la ministre de la Cohésion des territoires a ajouté le chaos au chaos dans l'exécutif. 

Que chaque Français paye l’impôt sur le revenu, "même un euro", pourrait être l’une des pistes de sortie du grand débat national, estime la ministre de la cohésion des territoires, Jacqueline Gourault, dans un entretien au JDD paru ce dimanche.
"Chacun pourrait contribuer à la hauteur de ses moyens, y compris les plus modestes, même de manière très symbolique, pour recréer le lien entre citoyen et impôt, alors que l'impôt sur le revenu est aujourd'hui payé par moins d'un ménage français sur deux (43%). 

"Notre système fiscal est surconcentré sur les classes moyennes", explique Gourault, 68 ans, qui veut "redonner à chacun le sens de l’impôt, qui est un acte citoyen ." "Dans le même temps, il faut aussi que nous réfléchissions à la contribution que devraient apporter les très hauts revenus."
Cette ex-professeure d'histoire-géographie ne serait ainsi "pas choquée" d’instaurer une nouvelle tranche d’impôt sur les plus hauts revenus, même si elle ne croit "pas que les solutions aux problèmes de notre pays viendront d’une augmentation globale des impôts".

Le sujet de la fiscalité est l’un des quatre thèmes du grand débat lancé par l’exécutif pour anesthésier le mouvement des Gilets jaunes

A propos de l’idée de faire payer l’impôt à tous les Français dès le premier euro gagné, le premier ministre Edouard Philippe a pourtant fait valoir fin janvier que c’est déjà le cas pour la contribution sociale généralisée (CSG), impôt modulé, ou pour la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), impôt indirect frappant à l'aveugle tous les Français,  en ce qui concerne les dépenses, sans toutefois en écarter l’idée.

La création d’une tranche supplémentaire de l’impôt sur le revenu pour les hauts revenus est notamment soutenue par le patron de la CFDT Laurent Berger mais aussi par certains députés La République en Marche (LREM).

Cinq tranches progressives existent actuellement pour l'impôt sur le revenu : 0 %, 14 %, 30 %, 41 % et 45 %, pour les revenus supérieurs à 153.783 euros. 

Quant à la taxe d'habitation, dont la suppression n'était initialement prévue que pour 80 % des Français, Jacqueline Gourault estime qu'il est "préférable de la supprimer totalement". "Faire croire que les 20 % qui restent sont des riches, comme si nous vivions dans une société binaire, serait une erreur", a commenté l'adjointe au ministre de l'Intérieur.

L
a piste "n’est pas à l’étude", réplique sèchement Matignon

L’entourage d’Edouard Philippe a  rejeté l'hypothèse émise par la ministre de la Cohésion des territoires, Jacqueline Gourault qui avait porté un sérieux coup à la cohésion gouvernementale.
Dimanche 24 février, Matignon a bloqué la piste ouverte par Gourault. "C’est une idée qui revient souvent dans les débats et Jacqueline Gourault peut légitimement la restituer et la soutenir dans un moment où chacun est invité à faire des propositions. Mais la piste d’un impôt sur le revenu universel n’est pas à l’étude", a fait savoir Matignon, bien que, rappelons-le, Edouard Philippe, n'en ait pas toutefois écarté l’idée, fin janvier.

L’entourage du ministre de l’économie, Bruno Le Maire, confirme : "les Français payent déjà l’impôt dès le premier euro avec la CSG (contribution sociale généralisée). Tous payent la TVA", rappelle-t-on à Bercy. 
N'en déplaise au secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, mais aussi à certains députés La République en marche (LRM), comme les premiers "frondeurs" Matthieu Orphelin (Maine-et-Loire), Sacha Houlié (Vienne), Guillaume Chiche (Deux-Sèvres) ou encore Aurélien Taché (Val-d’Oise).

jeudi 19 avril 2018

Loi Asile et immigration : la ministre Gourault sort de ses gonds à l'Assemblée

La majorité totalitaire aux abois multiplie les réactions d'intolérance 

La ministre n'accepte pas le débat avec l'opposition

Les débats en soirée ont été très tendue mardi à l'Assemblée sur le projet de loi "asile et immigration." L'incident est survenu après ...minuit quand les députés LR ont réussi à mettre le gouvernement en difficultés et la ministre Jacqueline Gourault en a perdu ses nerfs en fin de séance. Quand on pense que Macron l'avait d'abord chargée du suivi du "dossier corse"...

Gagné par la fatigue, le ministre septuagénaire de l'Intérieur était parti prendre sa tisane et se coucher. Les députés LR, notamment Fabien Di Filippo, député de la Moselle, et Pierre-Henri Dumont, , n'ont rien lâché face au ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, qui s'est fait relayer par la ministre Jacqueline Gourault, pour savoir si le gouvernement a un "plan caché de 40.000 régularisations" de sans-papiers, un chiffre évoqué par un élu de la majorité dans un article publié par le journal Le Monde.
En commission, G. Collomb avait entretenu le flou, indiquant seulement que "lorsque nous aurons examiné l'ensemble des articles de cette loi, nous pourrons débattre de ce qu'il convient de faire au sujet des personnes qui se trouvent sans statut". 

Cette demande insistante de précisions légitimes a fini par pousser Mme Gourault dans ses retranchements, en fin de séance. 
"M. Jacob, vous allez laisser continuer ces méthodes pendant longtemps ? obliger un ministre à répondre ? Ce sont des méthodes autoritaires qui ne sont pas acceptables en démocratie. Qu'est-ce que c'est que ces méthodes ?", s'est impatientée la ministre auprès du ministre de l'Intérieur, plutôt que d'apporter des réponses.

Comme la presse, Christian Jacob n'a pas manqué de souligner que Mme Gourault "perdait son sang-froid"

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La majorité macronienne conteste le droit de s'opposer

"C'est le gouvernement qui est responsable devant le Parlement, pas l'inverse"
, a-t-il rappelé à cette ministre de 68 ans qui est aussi vice-présidente du Mouvement démocrate (MoDem). "Je regrette que la ministre ait décidé délibérément de ne pas répondre à nos questions", a-t-il ajouté.

La réponse de la collaboratrice du ministre sécuritaire fut également jugée "déplacée" par la socialiste Laurence Dumont. 
Un élu de la majorité reconnaissait après les débats que, même si un ministre "n'a pas à répondre à des injonctions", J. Gourault, ancienne sénatrice, avait été "extrêmement maladroite" face à des LR "privés de Collomb".

Quelques minutes auparavant, la présidente de la commission des Lois, Yaël Braun-Pivet (LREM), était passée dans les rangs LR pour essayer de réparer les maladresses de la ministre mettant le feu à la séancedans un hémicycle empli de près de 200 députés, et qui avait démarré avec de nombreux rappels au règlements par les oppositions LR et de gauche. Elles demandaient qu'on revoit l'organisation des débats, prévus pour s'achever dans la nuit de vendredi à samedi avec un vote immédiat, alors qu'on en est encore qu'à l'article 3 (sur 40) du texte.


L'article 3 du projet gouvernemental prévoit que les mineurs reconnus réfugiés pourront désormais faire venir leurs "frères et soeurs"

Le rassemblement familial ne serait plus restreint à leurs parents, mais étendu, ce qui a provoqué l'opposition de LR et du FN qui ont raillé les "belles âmes" de la majorité et de la gauche. J. Gourault est une fidèle de François Bayrou...

Résultat de recherche d'images pour "colere Gourault"A la différence du "regroupement familial" qui concerne les étrangers venus légalement et qui est soumis à des conditions financières et de logement, cette réunification familiale ne devrait pourtant concerner que quelques centaines de personnes (357 mineurs réfugiés en 2016, prétend G. Collomb). "Nous partîmes cinq cents ; mais par un prompt renfort - Nous nous vîmes trois mille en arrivant au port "...

Les élus LR et FN ont dénoncé un "appel d'air" (Ludovic Pajot, élu FN du Pas-de-Calais, benjamin de l'Assemblée, 25 ans), l'ouverture "des vannes de l'immigration" depuis des pays "où les fratries peuvent être importantes" (Patrice Verchère, élu LR du Rhône, 45 ans). "Vous allez ouvrir une filière de mort depuis l'Afrique vers la France", a lancé Pierre-Henri Dumont (élu LR du Pas-de-Calais, 29 ans).

Majorité et gauche ont défendu, comme Coralie Dubost (35 ans, LREM), "une avancée humaine et juste".
La ministre auprès du ministre de l'Intérieur Jacqueline Gourault
"C'est une question d'humanité de demander aux parents de ne pas choisir entre le mineur protégé et celui qui restera dans le pays d'origine", a ajouté la rapporteure Elise Fajgeles (élue LREM de Paris, suppléante de Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement) déplorant que LR et FN fassent "valoir absolument les mêmes arguments". 
"Vous parlez de l'Afrique en termes indignes et insultants", a estimé Danièle Obono (élue franco-gabonaise LFI de Paris et ancienne adhérente à la Ligue communiste révolutionnaire, LCR, puis au Nouveau Parti anticapitaliste, NPA, trotskiste).
Erwann Balanant (élu MoDem, comme Gourault, dans le Finistère, comme Jean-Yves Le Drian et Richard Ferrand, puis investi par la République en marche) a accusé LR de "pourrir le débat" en "amalgamant immigration et asile". Sandrine Mörch (LREM, journaliste "indépendante") a dénoncé "une peur panique de l'étranger" chez LR et FN. 

"Vous êtes irréprochables, vous aurez tous le prix Nobel de la gentillesse sociale et immigrationiste", a moqué le FN Gilbert Collard. Fabien Di Filippo (LR) s'en est pris au "monopole des leçons d'humanité et des bons sentiments".

La majorité introuvable a pâti de son impréparation et de son excès de confiance. Au final, seuls 27 amendements ont été étudiés et l'article 3 n'a pu être soumis au vote. "Une soirée de gaspillée", commenta une élue LREM anonyme qui ne s'attendait pas à un sursaut des oppositions.
Reprise des débats jeudi à 09h30 avec encore 972 amendements en discussion et le retour de Gérard Collomb, après un repos réparateur.