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mercredi 10 avril 2019

Privatisation d'Aéroport de Paris: "Une erreur stratégique majeure", selon Vallaud (PS)

Vallaud, un ancien collabo de Hollande aux hémisphères cérébraux déconnectés

Initiative inédite des oppositions rassemblées pour le recours à un "référendum d'initiative partagée" (RIP) contre la privatisation d'ADP

Autour de Vallaud, sont rassemblés Peu (PCF) et Carrez (LR),
Ravier (RN) et Coquerel (LFI), Vigier (ex-UDI) ou  Rabault (PS) 
Le porte-parole des députés PS l'a justifiée par la nécessité de combattre "une imbécilité" et une "erreur stratégique majeure" parce qu'Aéroports de Paris n'est pas une entreprise comme les autres", a expliqué le député des Landes sur France 2, Boris Vallaud, ce mercredi. 
Le Groupe ADP a dégagé 610 millions d'euros de bénéfice net en 2018, pour près de 4,5 milliards d'euros de chiffre d'affaires.

Alors que 185 signatures sont requises pour un "RIP", procédure jusqu'ici inédite depuis son introduction dans la Constitution en 2008, les parlementaires se sont unis de l'extrême gauche à l'extrême droite pour déposer une proposition de loi référendaire avec 218 signataires, issus de 11 groupes dans les deux chambres.

"En responsabilité, les parlementaires, sénateurs et députés qui se sont unis ont convenu que c'était une singularité dans l'alliance mais qu'enfin il y avait un intérêt supérieur, que c'était un service public d'intérêt national et que nous ne pouvions pas laisser se commettre l'irrémédiable, parce qu'il n'y a pas de machine arrière", a expliqué B. Vallaud, l'époux de l'ex-ministre Vallaud-Belkacem.

"Nous n'avons aucun doute" sur le fait d'obtenir la validation du Conseil constitutionnel, "et le gouvernement aura neuf mois pour récolter le soutien de 10% du corps électoral", a-t-il poursuivi, reconnaissant que "c'est beaucoup", mais jugeant que "l'opinion majoritaire est au maintien de ADP dans le giron public".

Ministre MoDem en charge des Relations avec le Parlement, Marc Fesneau a ironisé  sur "un coup politique" et une "alliance de circonstance" entre oppositions, estimant sur Public Sénat qu''"il y a quelque chose de détonnant et d'étonnant dans la photo hier de gens qui à peu près sur rien, ne pensent la même chose".

"Que LR fasse front uni avec LFI, je ne savais pas que je verrais ça dans ma vie politique", a abondé une autre ministre MoDem, aux Collectivités territoriales, Jacqueline Gourault sur RTL.

L'ancien ministre de l'Industrie et maire de Nice Christian Estrosi (LR) dénonce une privatisation d'ADP en forme de braderie, et réclame un "bon prix". "C'est tout à fait scandaleux. On ne peut pas vendre 10 milliards d'euros Aéroports de Paris, alors que, pour moi, il en vaut 4 ou 5 fois plus", s'est-il indigné sur RMC/BFMTV.

En débat depuis plus de six mois au Parlement, le projet de loi Pacte - Plan d'action pour la croissance et la transformation des entreprises - prévoit de supprimer l'obligation pour l'Etat de détenir la majorité du capital d'ADP (actuellement 50,63%). Depuis la première lecture en octobre, cette privatisation est devenue, après son rejet au Sénat, la principale pomme de discorde, certains pointant un "cadeau à Vinci", qui ne cache pas son intérêt. 

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a lui défendu son projet de concession durant 70 ans comme la meilleure façon de garantir le développement de ce "fleuron".

Marlène Schiappa, la plaie et le sel du gouvernement

La ministre de l'égalité des genres a encore mis son grain de sel où ça fait mal.
Elle a avancé un argument étonnant pour défendre cette privatisation : "Est-ce que cela fait partie des missions de l’Etat et des services publics de gérer la partie centre commercial et baux de luxe des aéroports ? Je n’en suis pas certaine." Du coup, selon la commère du gouvernement, ce ne serait plus le devoir de l'Etat de veiller sur ses frontières...


La Madelon de Macron s'est encore crashée: le groupe international ADP déploie en effet des activités autrement plus variées que n'imagine la secrétaire d’Etat :
il possède les plus gros aéroports français : Roissy-Charles-de-Gaulle (72,2 millions de passagers), Orly (33,1 millions de passagers), Le Bourget et une dizaine d’aérodromes ;

c’est le premier propriétaire foncier d’Ile-de-France, grâce aux 6 686 hectares des aéroports, dont 411 hectares sont disponibles. Il détient aussi plus d’un million de mètres carrés de bâtiments, hangars, hôtels, bureaux, etc. ;

il dispose d’une filiale dans la téléphonie (Hub One) ;

il a fortement développé sa participation dans le capital de nombreux aéroports internationaux, soit directement (Zagreb, Santiago, Amman, Maurice, etc.), soit par le groupe TAV Airport (Istanbul Atatürk, Antalya, Izmir, etc.) ;

ces aéroports sont aussi des centres commerciaux importants, avec 386 boutiques et services, qui ont rapporté, à eux seuls, 1 milliard d’euros en 2018 ; 
et enfin, plusieurs de ses aéroports sont des frontières avec l'étranger, hors Union européenne.

Son activité commerciale, certes lucrative, est donc loin d’être la seule mission d’ADP, qui génère un chiffre d’affaires de près de 4,5 milliards d’euros – la plus grande part provient des activités aéronautiques en France (1,89 milliard)

Par ailleurs, le fait de rapporter de l’argent à l’Etat fait partie des missions de l’Agence des participations de l’Etat : avec des bénéfices de plusieurs centaines de millions d’euros par an (610 en 2018), ADP répond à l’objectif de "la valorisation dans la durée du patrimoine des Français". 
Quant à l’argument sur les "missions essentielles de l’Etat", il est contredit par les actuels investissements de la puissance publique. Outre les secteurs-clés comme l’énergie (EDF, Engie), le transport public (SNCF, RATP), La Poste ou la Banque de France, l’Etat détient des parts d’un opérateur de communication (Orange), d’un constructeur automobile (Renault) ou aéronautique (l'européen Airbus), d’un chantier naval (Naval Group, ex-DCNS), du marché de Rungis (Semmaris), des casinos, de plusieurs ports maritimes… 
Sans compter les diverses participations de la Caisse des dépôts dans l’immobilier, les forêts ou les stations de ski.

Vallaud, c'est ballot, a juste des trous de mémoire...


La privatisation de l'aéroport de Toulouse, validée par Macron, ministre de l'Economie, est un "échec" à ne pas répéter, juge la Cour des comptes.
La vente des parts de l’Etat dans l’aéroport Toulouse-Blagnac à une société aux capitaux étrangers, la Chine, c’est le contre-exemple d’une opération réussie selon la Cour des comptesDans un rapport à la commission des Finances de l’Assemblée nationale sur "le processus de privatisation des aéroports de Toulouse, Lyon et Nice", les magistrats financiers taclent la décision prise en décembre 2014 de céder 49,99 % du capital à Casil Europe, pour 308 millions d’eurosLe repreneur, qui détient désormais 49,9 % d'ATB, est une holding française, Casil Europe, qui est formée de deux sociétés chinoises de Hong Kong. 


Vallaud, Macron et Ganzer, de droite à gauche,
condisciples à l'ENA, fabrique de hauts-fonctionnaires irrécupérables
Or, qui sont les co-responsables de cet échec reproduit à Lyon et à Nice sur le modèle de Toulouse? Le secrétaire général adjoint de la présidence de la République sous Hollande qui n'est autre que Boris Vallaud. Et qui était ministre de l'Economie ? Macron (26 août 2014 – 30 août 2016) !
Côté opposants, une information circule attribuant au président Emmanuel Macron un conflit d’intérêts, en mettant en cause le président de la branche française de la banque chargée de l’organisation de l’opération de privatisation… Là encore, un argument à suivre.

Macron s’est résolu à vendre la participation de l'Etat (50,63 %) dans les ex-Aéroports de Paris. Le groupe Vinci se verrait bien prendre le contrôle d’ADP: avaler ADP ferait de Vinci non seulement le numéro un mondial du BTP mais aussi le premier groupe aéroportuaire.

mercredi 17 janvier 2018

NDDL: Macron fait marche arrière et renonce à son engagement

"Les conditions ne sont pas réunies pour mener à bien le projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes," assure Édouard Philippe

"Le gouvernement a pris sa décision" : il ne fait pas ce qu'il dit...

Macron envoie son collaborateur à Matignon confirmer l'abandon du projet, ce mercredi 17 janvier, à l'issue du Conseil des ministres à l'Élysée. La ZAD devra être libérée "d'ici le printemps prochain". 

Le projet sera bien "abandonné". "Si la décision avait été facile, elle aurait été prise depuis longtemps", tente de se justifier le chef du gouvernement, rappelant les débats autour du projet depuis cinq décennies. L'aéroport de Nantes-Atlantique sera donc "modernisé", a indiqué Édouard Philippe, c'est-à-dire étendu. Les aéroports de Brest et Rennes seront eux aussi sollicités. 

Par ailleurs, la ZAD (un détournement de "zone d'aménagement différé" en "zone à défendre" : sorte de squat à vocation politique, voire zone de non-droit) devra être évacuée. "Nous mettrons fin à la zone de non droit qui prospère depuis près de dix ans", a promis Edouard Philippe. 
"La demande de prorogation de la déclaration d'utilité publique sera retirée. La déclaration d'utilité publique actuelle deviendra donc caduque le 8 février prochain", a-t-il précisé. 
De plus, les trois routes qui traversent la zone devront être à nouveau praticables, a-t-il précisé. Les agriculteurs dont les terres sont occupées par les zadistes vont pouvoir les récupérer. "Les occupants illégaux devront partir d'ici le printemps prochain ou seront expulsés", a averti le Premier ministre. 

Les élus locaux avait eu la primeur de la décision dans la matinée.
Le gouvernement avait confirmé à plusieurs élus locaux l'abandon du projet d'aéroport contesté à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) dans la matinée. Une trahison", selon ces élus qui étaient favorables au nouvel aéroport. 


"C'est officiel. C'est abandonné". Le projet de transfert d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes ne verra pas le jour, a indiqué Philippe Grosvalet, président du syndicat mixte aéroportuaire (SMA) et président du Conseil départemental de Loire-Atlantique, après avoir eu au téléphone un conseiller du Premier ministre Edouard Philippe dans la matinée. Le SMA regroupe les collectivités favorables au projet d'aéroport. 

Après six mois de médiation et une ultime consultation, l'exécutif a choisi d'abandonner le projet controversé d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, malgré des décisions de justice et un référendum départemental favorables. 

• Un projet passionnément controversé depuis 50 ans 

Prévenu par un conseiller de Matignon, Philippe Grosvalet fustige "un véritable reniement" et "une très très mauvaise décision du président de la République". "C'est pire que de la déception, c'est quasiment une trahison", s'étrangle l'élu. 
L'alternative devrait être d'aménager l'actuel aéroport Nantes-Atlantique, comme l'envisageaient des médiateurs dans leur rapport remis le 13 décembre. Malgré les multiples rejets des recours en justice des anti-aéroport, le soutien au projet d'une majorité des élus de Bretagne et des Pays-de-la-Loire, ainsi qu'un référendum consultatif favorable, mais étriqué (55,17%) en Loire-Atlantique en juin 2016, l'exécutif a préféré lâcher "NDDL"

Né dans les années 60, relancé en 2000,  l'aéroport "du Grand Ouest"  - attribué à Vinci par appel d'offres en 2010 - a traversé un demi-siècle, pour finalement devenir le symbole des atermoiements du quinquennat Hollande, des  conflits environnementaux emblématiques du pays, mais aussi de la montée en puissance de la république des juges.

• Evacuation de la ZAD ce mercredi 
Edouard Philippe, qui a rencontré plus de 100 élus de l'Ouest depuis début janvier et s'est rendu en catimini samedi à la mairie de Notre-Dame-des-Landes, avait reconnu mardi, devant les députés la République en marche (LREM), la difficulté de trancher. "Quelle que soit la réponse, elle sera mauvaise car elle fera des mécontents", a-t-il admis. 

Malgré l'abandon, l'exécutif ne veut pas perdre la face et s'est engagé à évacuer la ZAD. Des renforts de sept escadrons de gendarmerie mobile, soit plus de 500 hommes, sont attendus mercredi sur place, selon une source proche du dossier, avec l'objectif de quadriller la zone et de procéder à des contrôles pour éviter l'arrivée de renforts d'activistes dans la ZAD. Plusieurs compagnies de CRS seront cantonnées à Nantes et Rennes, prêtes à intervenir et assurer le maintien de l'ordre en cas de manifestations. Soit quelque 1.500 personnels de maintien de l'ordre.

Le mouvement anti-aéroport Ayrault, qui prévoit une conférence de presse deux heures après l'annonce du Premier ministre, s'est donné rendez-vous mercredi à 18h00 à "La vache rit", une grange servant de lieu de rassemblement en plein coeur de la ZAD. 

• Occupants et partisans déçus.
Pour ses partisans, le nouvel aéroport devait permettre d'assurer le développement attendu du trafic aérien depuis Nantes, tout en soulageant les aéroports d'Ile-de-France, face à la saturation attenduedans sa version actuelle, de Nantes-Atlantique, puisque son extension était gelée par les luttes menées par les écologistes et anti-libéraux.  

"Il faudra gérer la déception des partisans de l'aéroport, c'est une désillusion pour eux c'est certain", reconnaît un parlementaire anonyme. "Mais ce sont principalement des élus, il n'y a pas de mouvement citoyen de masse pour l'aéroport", selon le même élu masqué.

• Et maintenant, quel avenir ?
Pour les activistes, Notre-Dame-des-Landes était devenu un de ces "grands projets inutiles", condamnant un beau bout de zone humide au nom du développement d'un mode de transport contradictoire avec les objectifs de la France de réduire ses émissions de gaz à effet de serre. 

L'agrandissement de Nantes-Atlantique, une option longtemps écartée par les pouvoirs publics, en raison notamment de la présence d'une zone naturelle protégée à proximité et de la problématique du survol de Nantes, reste toutefois entouré d'incertitudes. Pour l'heure : comme la GPA après le mariage pour tous, une chose après l'autre... "Il s'agit de rallonger la piste vers le sud, l'extension des terminaux, l'aménagement des pistes de circulation pour les avions et changer la pente de la piste pour réduire les nuisances sonores", énumère un des élus voilés partisans de cette option. "Rallonger la piste en tant que tel le prendrait six semaines. Au total, je pense qu'en deux ans tout peut être réglé", juge le même optimiste.


  • La décision de Macron est vivement contestée par les élus partisans de Notre-Dame-des-Landes.
  • L'ex-président les Républicains (LR) de la région Pays de la Loire, Bruno Retailleau, ou la maire PS de Nantes Johanna Rolland, ont répété leur déception. Sur Twitter, l'ex-premier adjoint de Jean-Marc Ayrault dénonce une "trahison du Grand Ouest" et un "déni de démocratie". 







  • Macron se renie.
  • Macron promettait de construire l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes.
    Pendant la campagne, le candidat Macron s'était engagé à respecter le référendum validant la construction de Notre-Dame-des-Landes.
    "Je fais ce que j'ai dit". Emmanuel Macron a atteint son seuil de fiabilité avec ce dossier explosif de Notre-Dame-des-Landes. En annonçant l'abandon du projet d'aéroport, le chef de l'Etat ne respecte pas sa promesse de campagne. Interrogé dans l'Emission politique sur France 2, le 6 avril, le candidat Macron avait promis de construire l'aéroport s'il était élu. Il souhaitait respecter le référendum départemental de juin 2016, lors duquel 55% des votants s'étaient prononcés en faveur du projet. "Je prends l'engagement de faire respecter ce vote, avec ma méthode", avait assuré le candidat face à Bruno Retailleau, président du Conseil régional des Pays de la Loire et fervent soutien de l'aéroport.
    Alors que la droite réclamait à l'époque un "acte d'autorité" du gouvernement et l'évacuation de la ZAD, le candidat Macron avait exposé sa méthode: "Je nomme un médiateur pour faire tomber la pression pour une durée de six mois maximum. A l'issue de ces six mois, je ferai évacuer la zone avec les forces de l'ordre qui s'imposent". "C'est facile de dire: 'moi, j'enverrai l'armée". Allez faire un Sivens puissance 10...", avait-il craint, en référence à l'ultra tué dans un violent affrontement de l'extrême gauche avec la gendarmerie. "Je regarderai la situation; j'essaierai d'apaiser les choses. Si je n'y arrive pas, je prendrai mes responsabilités." 
    • Et maintenant, quel avenir ?
    Pour les activistes, Notre-Dame-des-Landes était devenu un de ces "grands projets inutiles"condamnant un beau bout de zone humide au nom du développement d'un mode de transport contradictoire avec les objectifs de la France de réduire ses émissions de gaz à effet de serre. 
    L'agrandissement de Nantes-Atlantique, une option longtemps écartée par les pouvoirs publics, en raison notamment de la présence d'une zone naturelle protégée à proximité et de la problématique du survol de Nantesreste toutefois entouré d'incertitudes. Pour l'heure : comme la GPA après le mariage pour tous, une chose après l'autre... "Il s'agit de rallonger la piste vers le sud, l'extension des terminaux, l'aménagement des pistes de circulation pour les avions et changer la pente de la piste pour réduire les nuisances sonores", énumère un des élus voilés partisans de cette option. "Rallonger la piste en tant que tel le prendrait six semaines. Au total, je pense qu'en deux ans tout peut être réglé", juge le même optimiste. 

    • Le contribuable versera au moins 350 millions à Vinci
    Un éventuel abandon du projet soulève aussi la question de l'indemnisation prévue pour Vinci qui, selon le rapport remis à Edouard Philippe, pourrait atteindre 350 millions d'euros.

    Mardi, le PDG de Vinci, Xavier Huillard, a évoqué un contrat "béton", après des rumeurs démenties de contestation de certaines clauses du contrat par l'Etat. Certains élus suggèrent une négociation avec le géant du BTP - également exploitant de Nantes-Atlantique ! -  et qui se place en vue de la possible privatisation des Aéroports de Paris (ADP).
    Vinci pourrait obtenir des compensations lors de prochaines passationss de marchés publics...

    samedi 22 février 2014

    Aéroport de Nantes: les "factieux" d'extrême gauche blessent 6 policiers

    Valls pointe les violences de "l'ultra-gauche"

    Epreuve de force: qui sont les provocateurs ?

    Photo d'une poésie inappropriée
    "Les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes, tandis que des participants ont tiré des projectiles en direction de policiers." Ainsi, la chaîne LCI et l'AFP suggèrent-ils que les forces de l'ordre seraient à l'initiative des agressions physiques. En revanche,  le site Les Echos respecte clairement la chronologie des séquences: "Des heurts ont opposé, samedi après-midi à Nantes, "une minorité" de manifestants hostile au projet d’aéroport aux forces de l’ordre, qui ont fait usage de gaz lacrymogènes et de canons à eau." Le rapport de cause à effets est établi.
    Les violences sont intervenues à l'arrivée du cortège en centre-ville.
    C'est là que les anarcho-révolutionnaires s'en sont pris à une agence du groupe Vinci, concessionnaire du projet d'aéroport, et à un poste de police. 
    VOIR et ENTENDRE un compte-rendu de LCI édulcorant des faits:


    La police n'a dénombré que 20.000 personnes.

    Les forces de l'ordre ont dû faire usage de gaz lacrymogènes pour repousser des centaines de jeunes manifestants et casseurs. 
    Sur différents endroits du parcours de la manif, des participants ont tiré des projectiles en direction des forces de l'ordre et s'en sont pris à un poste de police, à des commerces, ainsi qu'à une agence du groupe Vinci, concessionnaire du projet d'aéroport.  
    20.000 manifestants, dont 1.000 "radicaux". C'est le moins qu'on puisse dire !
    Et la ministre Cécile Duflot avait apporté son "soutien de coeur" à la manifestation, tandis que les altermondialistes José Bové, Eva Joly et Jean-Vincent Placé étaient sur place.

    jeudi 31 octobre 2013

    Otages d’Arlit : dessous d'une rançon versée

    Le déni d'un Etat souverain qui délègue et paie à un étranger

    L'Etat n'a pas versé d'argent "public" aux otages, selon Fabius

    Pierre Legrand, Daniel Larribe, Thierry Dol et Marc Féret sont arrivés, mercredi 30 peu avant midi, à Parisaprès trois ans de détention, et autant de mois de négociations, à compter du 16 septembre 2010, date de la capture de cinq Français, avec un Togolais et un Malgache, tous salariés d'Areva et de Satom (groupe Vinci), une opération de récupération de huit jours en octobre 2013 et le versement d'une rançon aux islamistes d'Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI).
    Les ravisseurs avaient demandé à la France de négocier le sort de ses otages directement avec Ben Laden et exigé le retrait de ses troupes d'Afghanistan: Oussama Ben Laden liait la libération des otages français au retrait des forces françaises en Afghanistan, qui permirent la libération de Françoise Larribe, malade d’un cancer.

    Le 24 février 2011, la France obtient la libération de trois otages des sept otages retenus au Mali. La remise des otages, la Française Françoise Larribe, malade d'un cancer, un Togolais et un Malgache, a déjà lieu en "territoire nigérien".

    Les dix-huit hommes, des Français et des touaregs, qui les ont récupérés à l'extrême nord-ouest du Mali, près des frontières mauritanienne et algérienne, ont quitté, le 21 octobre, la petite ville de Kidal, au coeur du Sahel, à bord de plusieurs véhicules
    .

    Le plan initial prévoit un retour entre les vendredi 25 et dimanche 27 au soir.
    Le 20 octobre, l'armée française et les Bérets Bleus des Nations-Unies ont lancé une vaste opération de sécurisation depuis le sud vers l'extrême nord désertique du Mali, une zone infestée de groupes djihadistes.
    Les ravisseurs devaient d'abord
    regrouper les quatre otages qui avaient été séparés au mois de juillet. Puis de les laisser, seuls, deux ou trois jours, dans un endroit sécurisé avec de l'eau et de la nourriture. A un autre endroit, les preneurs d'otages devaient ensuite échanger l'argent contre les coordonnées GPS permettant de localiser les quatre Français. Le convoi est revenu à Kidal le mardi 29 octobre d'où les ex-otages se sont envolés pour Niamey, la capitale du Niger.
    Apparemment en bonne santé, les quatre derniers otages français d'Arlit au Sahel ont été accueillis à Niamey, par les ministres français de la Défense et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian et Laurent Fabius.

    "Ni assaut, ni rançon" ! 

    Le 21 mars 2011, les ravisseurs avaient fixé le montant de la rançon à "au moins 90 millions d'euros" et cette exigence avait été rejetée par la France. 

    La veille de leur départ de Kidal,
    des membres de la DGSE auraient remis la "contrepartie" à la libération des otages, " plus d'une vingtaine de millions d'euros" avoués, confiés aux membres du convoi, selon une source française bien informée. Pour les quatre derniers otages, les islamistes d'al-Qaïda ont-ils accordé un prix ? 

    Hollande brouille les cartes 

    L'arrivée du socialiste à l'Elysée rebat les cartes et ouvre une année d'incertitudes,
    suivie de six mois de tractations ponctuées de négociations parallèles, de luttes entre des réseaux franco-français et d'une volte-face du président Hollande.
    L'heureux épilogue de cette semaine trouve son origine au mois de décembre 2012. L'Elysée ordonne alors à Erard Corbin de Mangoux, le directeur de la DGSE, de "débrancher" un négociateur français qui alors tient encore le haut du pavé pour avoir fait libérer, en février 2011, les trois premiers otages d'Arlit. Jean-Marc Gadoullet, ex-DGSE reconverti dans la sécurité au Niger et au Mali, réactive ses contacts avec le groupe de ravisseurs dirigé par l'émir Abou Zeid.
    Originaire d’Algérie, Abdelhamid Abou Zeid est le ravisseur qui a dirigé, en 2010, la prise d’otages à Arlit.  Considéré comme l’un des chefs les plus radicaux et impitoyables d’Aqmi, il est aussi l’un de ses idéologues d'alors.  Or, il a été tué début 2013 dans des combats à l’extrême nord-est du Mali contre les soldats français appuyés par des troupes tchadiennes dans le cadre de l’opération Serval. Mais Gadoullet n'obtient pas de meilleurs résultats ensuite, mais le conseil restreint de défense, à l'Elysée, le 29 décembre 2012, lui accorde néanmoins un répit jusqu'au 10 janvier, la veille du lancement de l'opération militaire française "Serval" contre les groupes djihadistes au Mali. Cette initiative aura pour effet de tout geler.

    Les militaires prennent le pas sur le Renseignement 
    Il faut attendre le mois de mai pour que soient relancées des négociations. Lors de l'opération Serval, la France compte un nouveau directeur de la DGSE, le diplomate Bernard Bajolet, Jean-Marc Gadoullet est officiellement écarté du dispositif, tout comme les entreprises qui employaient les otages.Le ministère de la Défense sous-traite la direction des opérations et soutient la solution présentée par Pierre-Antoine Lorenzi, un affidé de Laurent Fabiusnotamment, mais aussi de Michel Vauzelle à la commission des Affaires étrangères à l’Assemblée nationale, puis comme chef de cabinet du garde des Sceaux quand celui-ci est nommé ministre de la Justice en avril 1992, et proche de Cédric Lewandowski, le directeur de cabinet de Jean-Yves Le Drian. Son parcours dans les cabinets ministériels ne lui interdisent pas de devenir le président de la société de sécurité Amarante, aujourd'hui sollicitée.

    Ce "plan B" prend appui sur le Niger. Lorenzi travaille avec
    Mohamed Akotey, homme de confiance du président nigérien, Mahamadou Issoufou. Il est également président du conseil d'administration d'Imouraren SA, la filiale Niger d'Areva - plus que jamais impliquée, donc - et neveu de Mano Dayak, un ex-chef rebelle touareg. Intermédiaire privilégié des groupes djihadistes de la région sahélienne, Mohamed Akotey était en relation avec Abou Zeid jusqu'à la mort de ce dernier, et a gardé le contact avec les lieutenants d'Abou Zeid.

    Le Drian confie la direction du convoi français à un allié d'Abou Zied


    Mohamed Akotey, 46 ans, figure touareg et ex-ministre nigérien, est en charge de la récupération des otages. 
    Cet ancien étudiant en France appartient à la tribu des Ifoghas, un groupe touareg minoritaire au Niger, que l'on retrouve également au Mali voisin, notamment dans la zone de Kidal, et dont Iyad Ag Ghali, le chef du mouvement islamiste Ansar Dine (défenseurs de l'islam), est issu. "Ses relations composées d'ex-rebelles touareg maliens et des membres de la tribu Ifoghas ont été déterminantes dans la réussite de cette mission", estime Ibrahim Mohamed, un ex-chef rebelle nigérien.
    Il commence par mener les pourparlers avec Choureb, le successeur d'Abou Zeid à la tête de la Katiba qui retient les Français. Selon un membre des services de renseignement français au Mali, il a aussi le contact avec Mokhtar Belmokhtar, l'un des chefs redoutés d'AQMI. Les relations avec les ravisseurs ne sont pas aisées. Les Français ont tué leur chef, mais ils veulent être payés.

    Au cours du mois de mai, Jean-Yves le Drian se rend discrètemen tà Niamey pour valider l'option Lorenzi-Akotey auprès du président Issoufou. François Hollande donne son feu vert, mais, à partir de juin, le directeur de la DGSE, entame  ses négociations parallèles avec l'Etat nigérienDeux services, méthodes et réseaux s'opposent sur des questions de personnes mais aussi sur des points de doctrine. Selon une source au ministère de la Défense, M. Bajolet (DGSE), fidèle à la ligne fixée par le chef de l'Etat début 2013, défendrait une ligne de discussions sans versement de rançon pour la libération d'otages.

    Transparence: la rançon a été prélevée sur des fonds secrets 

    Fin juin, la situation se tend entre le président nigérien et la ligne Hollande suivie par la DGSE. Troublé par le double-jeu mené par Hollande et Bajolet dans le contrôle du processus engagé,  Issoufou décide de mettre ses moyens aériens au service du duo Le Drian-Lorenzi-Akotey pour poursuivre les négociations financières avec les ravisseurs.

    Lorsque la partie nigérienne estime que la négociation est ficelée, le président Issoufou appelle son homologue français et lui présente les termes d'un accord. 

    On peut les sortir mais il faut payer,
    affirme le président nigérien. Aux abois à l'intérieur, François Hollande donne son accord, contredisant ses déclarations devant les familles des otages d'Arlit en janvier auxquelles il assurait que la France ne paierait plus. Il restera au secrétaire général de l'Elysée, Pierre-René Lemas, de mettre le directeur de la DGSE devant le fait accompli. 
    L'argent a été prélevé sur les fonds secrets alloués aux services de Renseignement. La somme a été acheminée par la DGSE jusqu'à Kidal puis remise à Mohamed Akotey et aux hommes d'Amarante. Les services français apportent la logistique (voitures, armes, hélicoptères, avion). Amarante fournit les contacts locaux.

    L'Elysée nie tout versement de "rançon"

    Tout est dans les mots et les non-dits. Le ministère de la Défense, qui regrette en privé que le nouveau patron de la DGSE privilégie sa relation avec l'Elysée plutôt qu'avec son ministère de tutelle, a soutenu sans faille le duo Lorenzi-Akotey. 
    Lors d'un entretien direct avec Hollande, le président nigérien a fait valoir qu'en retour, son aide pourrait lui valoir un coup de pouce dans ses négociations avec Areva. L'entreprise publique française refusait en effet jusqu'ici les termes financiers proposés par Niamey pour renouveler sa concession d'exploitation d'uranium avant la fin de l'année.

    Bajolet et Lewandowski ont refusé de confirmer toute entente. L'Elysée a démenti à nouveau tout versement de rançon, mercredi.
    Dès l'arrivée à l'aéroport de Villacoublay des quatre Français détenus au Niger, les ministres Jean-Yves Le Drian et Laurent Fabius ont donc été pressés de questions sur les conditions mises à la libération des quatre hommes.

    Le Monde affirme, mercredi 30 octobre, qu'une rançon de plus de 20 millions d'euros a bien été versée, le ministre des Affaires étrangères a répondu, sur le plateau de TF1, qu'aucun "argent public" n'a été versé pour obtenir la libération des quatre otages. "Pour ce qui dépend de l'Etat français, il n'y a pas eu d'argent public versé", a maintenu Fabius. Selon l'article du Monde devenu inaccessible,la somme qui a servi à payer la rançon a été prélevée sur les fonds secrets alloués aux services de Renseignementrappelons-le
    Le ministre a par ailleurs éludé les questions sur des versements d'argent d'un groupe privé, notamment d'Areva, l'employeur des quatre hommes, ou Vinci.

    Interrogé sur France 2, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a lui aussi esquivé les questions, se contentant de répéter la ligne officielle selon laquelle "la France ne paye pas de rançon".

    Le régime socialiste de Hollande instaure la transparence floue.