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vendredi 12 mai 2017

Investitures aux législatives : Berné, Bayrou traite de "secte" le mouvement de Macron

Macron trahit Bayrou, traître de Juppé, lequel est pressenti pour un retour à Matignon : 
vers un assainissement de la vie politique ?

Bayrou en colère, bavures et confusion, premiers pas incertains de l'apprenti président Macron 

Une autre si "Belle Alliance Populaire"
Bayrou, cocu historique du théâtre politique de Guignol.  Bayrou est à nouveau en crise. Cet éternel incompris n'a pas compris que Macron l'avait exploité. Le jeune banquier n'est pas avec les analystes politico-médiatiques sur la même longueur d'ondes éthiques. Tous ont estimé que les quelques points apportés en dot par Bayrou au jeune épousé de l'Elysée avaient fait la différence durant les préliminaires du premier tour, mais l'heureux élu du coeur d'une minorité d'électeurs est persuadé qu'il ne doit qu'à son seul mérite d'être au sommet de la pyramide humaine hexagonale. Il faut un ego sur-dimensionné pour gagner : c'est celui qui a la plus grosse ...estime de soi qui remporte le morceau.  Qui l'eût cru, pourtant ? 

Bayrou est en colère contre Macron 

En Marche ! multiplie couacs et flatulences avec élégance. 
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Bayrou a la narine délicate et il hausse le ton face à Macron. Par voie de presse, toutefois : un porte-feuille de garde des Sceaux reste en jeu. 
Après l'euphorie de la victoire, voici déjà venu le temps des premiers accrochages dont on croyait révolu le temps, à en croire les beaux parleurs du camp Macron, des communicants policés : ses VRP ont le teint hâlé, la barbe finement sculptée et le ton toujours égal aux lèvres, sur des dents acérées, mais étincelantes. 

Le président du machin qu'il appelle MoDem, François Bayrou, se mord déjà les doigts jusqu'au sang d'avoir fait le choix de rallier l'ancien ministre de Hollande dès l'éviction de son vieux compagnon de route à la primaire de la droite et du centre, le maire septuagénaire de Bordeaux. Il n'a pas vraiment apprécié la liste des investitures pour les législatives présentée jeudi par 'La République en marche' (REM). Le maire de Pau a éructé le refus de son "assentiment" et dans la bouche d'un bègue, ça tonne ! "C'est une opération recyclage du Parti socialiste. La grande lessiveuse. Je ne laisserai pas faire ça", a-t-il promis devant L'Obs, le soir même. 

Le centriste ne digère pas le sort réservé aux candidats de son parti, d'autant moins que d'anciens ministres de François Hollande peuvent désormais compter manger la poule au pot chaque dimanche. Seulement 35 candidats du MoDem ont été investis, au lieu des 120 promis en échange de l’apport qu’il a fourni au candidat pendant sa campagne électorale. 
Le maire de Pau qualifie En Marche ! de... "secte" !

Emmanuel Macron et son mouvement vont devoir  sortir d'une logique sectaireAprès une discussion orageuse avec Richard Ferrand, secrétaire général d’En Marche !, Bayrou a convoqué un bureau politique du MoDem pour ce vendredi soir. Pour mieux faire monter les enchères ? Bayrou est opposé aux tractations de marchands de tapis, mais en chef de parti en voie d'extinction, un sou est un sou et chaque siège peut rapporter gros aux finances du MoDem. 

Porte-parole d'Emmanuel Macron, Christophe Castaner a tenté de calmer le jeu. "Nous avons pris connaissance du souhait de François Bayrou de poursuivre la discussion et nous allons la poursuivre," a déclaré jeudi le maire de Forcalquier, non sans grandeur compassionnelle. "L'importance de François Bayrou au côté d'Emmanuel Macron est essentielle; c'est pour cela qu'il faut trouver des terrains d'entente", a susurré Castaner à l'heure de la berceuse.  "Il y a une discussion, les choses vont se détendre," a-t-il ajouté, comme s'il suçait un bonbon.

François Bayrou : "Macron va devoir changer de logique" 
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En effet, la colère de François Bayrou n'est pas la seule bavure de la journée, pour l'équipe de néophytes : anciens exécutants de l'ombre ou faire-valoir dans la lumière, les rôles d'appoint sont passés acteurs. Et ils cherchent encore comment occuper l'espace scénique et placer leur voix

A peine proclamés sur la liste des investitures, plusieurs personnes investies à l'insu de leur plein gré ont dû aussitôt démentir la fausse information de leur candidature. Alors qu'En Marche ! venait d'annoncer qu'il serait candidat dans la 1re circonscription du Var, Mourad Boudjellal, président du club de rugby de Toulon, s'est ainsi défendu d'avoir fait acte de candidature ! Une bavure loin d'être isolée. 
Investi dans son dos par le mouvement d'Emmanuel Macron, François Pupponi, député PS sortant de la 8e circonscription du Val-d'Oise, dit  lui aussi "être tombé de sa chaise". "Je n'ai ni adhéré à En marche !, ni demandé l'investiture de ce parti. La seule investiture que j'ai demandée est celle du Parti socialiste", a-t-il protesté sur France Info, chaîne amie de Benoît Hamon... Les 'fake news' continuent de polluer l'air aseptisé de Macron, utilisateur compulsif de lingettes (cf. la video ci-dessous), mais ni les réseaux sociaux, ni l'extrême droite américaine ne peuvent être incriminés. Poutine, peut-être ! 

VOIR et ENTENDRE Ponce Pilate s'en laver les mains :

Dans la soirée, Anormal 1er a fait publier une liste rectifiée par En marche!. Non, pas d'enrôlement de force, donc; aucun candidat n'a été mis devant le fait accompli. "Un tel climat de confusion est plutôt inhabituel dans l'entourage d'Emmanuel Macron," a aussitôt assuré l'AFP, reprise par la fainéants des salles de presse pléthoriques où personne ne sait ce qu'il a à faire et pour quelle tâche il est payé, sinon diffuser les éléments de langage officiels. Il reste que cette preuve d'amateurisme rappelle les couacs de Hollande, autre président sans expérience, livré à lui-même sans un proche pour lui tenir la main. Et établit la filiation dont la France n'avait pas besoin à nouveau. 

Au-delà de cette désolation de mauvais augure, que faut-il retenir des investitures de la République en marche (REM) ? 

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Ils se sont tellement aimés
Sélectionnés à partir de "19.000 dossiers" déposés, soit 25 postulants par siège, les 428 candidats investis ne couvrent qu'à peu près trois postes sur quatre. Le volant restant, 150 député(e)s virtuels en attente de campagne à quatre semaines de l'échéance, constitue un reliquat qui autorise toutes les tractations et ajustement, mais aussi les marchandages de dernière minute que Macron prétendait éradiquer des moeurs politiques en vigueur.

Suspicion officielle sur les personnels expérimentés (et mûrs) de la République

Il y a "52% de candidates et candidats issus de la société civile au sens qu'ils n'ont jamais exercé de mandat électif", a indiqué jeudi Richard Ferrand. Ce conseiller régional de Bretagne depuis sept ans et député du Finistère depuis cinq a-t-il une si piètre opinion de ses confrères et -soeurs bretons, tel Le Drian, 70 ans, qu'il ne jure que par la société civile et l'expérience acquise hors du giron de Marianne ? Conseiller général du canton de Carhaix (Finistère), est-il gagné par l'esprit contestataire véhiculé par son maire régionaliste DVG, Christian Troadec, activiste du mouvement des Bonnets Rouges, mouvement protestataire breton apparu en octobre 2013, en réaction aux mesures fiscales contre la pollution des véhicules de transport de marchandise et les nombreuses fermetures d'usines dans l'agroalimentaire.

Le secrétaire général du mouvement a aussi fait état d'une "parité réelle" avec 214 candidats femmes et 214 hommes. 

Et, annonçant un quinquennat de comptables, il a sorti toute une série de chiffres : 93% des candidats sont aujourd'hui en activité professionnelle ; 2% en recherche d’emploi ; 4% retraités et 1% étudiants. 

L'âge moyen est de 46 ans, "contre 60 ans pour la moyenne des députés sortants". Le candidat le plus jeune a 24 ans, le plus âgé, 72 ans.

95% ne sont pas des députés sortants. 
Mais tous les députés sortants investis sont socialistes. Ils sont pour l'instant 24. En revanche, pour l'heure, En marche! n'a réussi à débaucher aucun postulant Les Républicains. Le premier qui bougera sera encensé.

Mais des circonscriptions ont été volontairement laissées libres pour investir d'éventuels transfuges d'ici mercredi.
Bien qu'il se défende de prolonger les vieilles pratiques, Macron veille ne pas présenter de candidat face à des personnalités prêtes à travailler avec 'La République en marche.
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Mauvaise année pour les François
Ainsi, Manuel Valls, traître à Hamon, sera récompensé et ne trouvera pas la socialiste annoncée face à lui. Le PS n'a pas voulu priver le président Macron d'un homme d'une telle probité exemplaire. Manuel Valls est absent de cette liste En marche!. La demande de l'ex-Premier ministre, qui quémandait une investiture La République en marche (REM), n'a pas été honorée, sachant que la formation du nouveau chef de l'Etat - qu'il a déclaré "parti mort" - opterait néanmoins pour un compromis ménageant le traître et fossoyeur du parti de Jaurès. Pour éviter toute humiliation, aucun candidat REM ne sera désigné pour le défier – et potentiellement le faire battre – à Evry. Macron règle le cas Valls : ni investiture, ni humiliation. De Hollande, Macron a hérité aussi le sens du compromis...

Dans cette liste, figurent quelques OVNI, comme le mathématicien Cédric Villani, ou des protégés de Hollande, tel, à Rennes, Gaspard Gantzer, conseiller du président sorti François Hollande, chargé à l'Elysée de la brillante communication qui en a fait la risée du monde entier.  Investiture d'ailleurs dénoncée par Jean-Yves Le Drian.

Des candidats En Marche ! que personne ne connaît, une gauche KO, une droite déterminée à la reconquête, des triangulaires en pagaille, voire des quadrangulaires, les Français vont demander grâce...

Reste à connaître le nom du Premier ministre.
On subodore qu'il pourrait être marqué à droite, mais pas trop. Or, après "Les coulisses d'une victoire", documentaire diffusé sur TF1 au lendemain de la victoire d'Emmanuel Macron, le magazine "Envoyé Spécial" de France 2 diffusait à son tour, jeudi soir, un long reportage sur la campagne du leader En Marche !. Un document dans lequel on entend notamment l'ancien ministre de l'Economie expliquer, au lendemain de la victoire de François Fillon à la primaire de la droite et du centre, comment il compte "déstabiliser" une partie de la droite. Une séquence qui éclaire la recomposition politique et les grandes et petites manœuvres actuelles. 
Un Juppéiste ferait l'affaire. Et le nom d'Edouard Philippe circule. Avec d'autant plus d'insistance que Bayrou est prêt à renverser la table.

 

jeudi 31 octobre 2013

Otages d’Arlit : dessous d'une rançon versée

Le déni d'un Etat souverain qui délègue et paie à un étranger

L'Etat n'a pas versé d'argent "public" aux otages, selon Fabius

Pierre Legrand, Daniel Larribe, Thierry Dol et Marc Féret sont arrivés, mercredi 30 peu avant midi, à Parisaprès trois ans de détention, et autant de mois de négociations, à compter du 16 septembre 2010, date de la capture de cinq Français, avec un Togolais et un Malgache, tous salariés d'Areva et de Satom (groupe Vinci), une opération de récupération de huit jours en octobre 2013 et le versement d'une rançon aux islamistes d'Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI).
Les ravisseurs avaient demandé à la France de négocier le sort de ses otages directement avec Ben Laden et exigé le retrait de ses troupes d'Afghanistan: Oussama Ben Laden liait la libération des otages français au retrait des forces françaises en Afghanistan, qui permirent la libération de Françoise Larribe, malade d’un cancer.

Le 24 février 2011, la France obtient la libération de trois otages des sept otages retenus au Mali. La remise des otages, la Française Françoise Larribe, malade d'un cancer, un Togolais et un Malgache, a déjà lieu en "territoire nigérien".

Les dix-huit hommes, des Français et des touaregs, qui les ont récupérés à l'extrême nord-ouest du Mali, près des frontières mauritanienne et algérienne, ont quitté, le 21 octobre, la petite ville de Kidal, au coeur du Sahel, à bord de plusieurs véhicules
.

Le plan initial prévoit un retour entre les vendredi 25 et dimanche 27 au soir.
Le 20 octobre, l'armée française et les Bérets Bleus des Nations-Unies ont lancé une vaste opération de sécurisation depuis le sud vers l'extrême nord désertique du Mali, une zone infestée de groupes djihadistes.
Les ravisseurs devaient d'abord
regrouper les quatre otages qui avaient été séparés au mois de juillet. Puis de les laisser, seuls, deux ou trois jours, dans un endroit sécurisé avec de l'eau et de la nourriture. A un autre endroit, les preneurs d'otages devaient ensuite échanger l'argent contre les coordonnées GPS permettant de localiser les quatre Français. Le convoi est revenu à Kidal le mardi 29 octobre d'où les ex-otages se sont envolés pour Niamey, la capitale du Niger.
Apparemment en bonne santé, les quatre derniers otages français d'Arlit au Sahel ont été accueillis à Niamey, par les ministres français de la Défense et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian et Laurent Fabius.

"Ni assaut, ni rançon" ! 

Le 21 mars 2011, les ravisseurs avaient fixé le montant de la rançon à "au moins 90 millions d'euros" et cette exigence avait été rejetée par la France. 

La veille de leur départ de Kidal,
des membres de la DGSE auraient remis la "contrepartie" à la libération des otages, " plus d'une vingtaine de millions d'euros" avoués, confiés aux membres du convoi, selon une source française bien informée. Pour les quatre derniers otages, les islamistes d'al-Qaïda ont-ils accordé un prix ? 

Hollande brouille les cartes 

L'arrivée du socialiste à l'Elysée rebat les cartes et ouvre une année d'incertitudes,
suivie de six mois de tractations ponctuées de négociations parallèles, de luttes entre des réseaux franco-français et d'une volte-face du président Hollande.
L'heureux épilogue de cette semaine trouve son origine au mois de décembre 2012. L'Elysée ordonne alors à Erard Corbin de Mangoux, le directeur de la DGSE, de "débrancher" un négociateur français qui alors tient encore le haut du pavé pour avoir fait libérer, en février 2011, les trois premiers otages d'Arlit. Jean-Marc Gadoullet, ex-DGSE reconverti dans la sécurité au Niger et au Mali, réactive ses contacts avec le groupe de ravisseurs dirigé par l'émir Abou Zeid.
Originaire d’Algérie, Abdelhamid Abou Zeid est le ravisseur qui a dirigé, en 2010, la prise d’otages à Arlit.  Considéré comme l’un des chefs les plus radicaux et impitoyables d’Aqmi, il est aussi l’un de ses idéologues d'alors.  Or, il a été tué début 2013 dans des combats à l’extrême nord-est du Mali contre les soldats français appuyés par des troupes tchadiennes dans le cadre de l’opération Serval. Mais Gadoullet n'obtient pas de meilleurs résultats ensuite, mais le conseil restreint de défense, à l'Elysée, le 29 décembre 2012, lui accorde néanmoins un répit jusqu'au 10 janvier, la veille du lancement de l'opération militaire française "Serval" contre les groupes djihadistes au Mali. Cette initiative aura pour effet de tout geler.

Les militaires prennent le pas sur le Renseignement 
Il faut attendre le mois de mai pour que soient relancées des négociations. Lors de l'opération Serval, la France compte un nouveau directeur de la DGSE, le diplomate Bernard Bajolet, Jean-Marc Gadoullet est officiellement écarté du dispositif, tout comme les entreprises qui employaient les otages.Le ministère de la Défense sous-traite la direction des opérations et soutient la solution présentée par Pierre-Antoine Lorenzi, un affidé de Laurent Fabiusnotamment, mais aussi de Michel Vauzelle à la commission des Affaires étrangères à l’Assemblée nationale, puis comme chef de cabinet du garde des Sceaux quand celui-ci est nommé ministre de la Justice en avril 1992, et proche de Cédric Lewandowski, le directeur de cabinet de Jean-Yves Le Drian. Son parcours dans les cabinets ministériels ne lui interdisent pas de devenir le président de la société de sécurité Amarante, aujourd'hui sollicitée.

Ce "plan B" prend appui sur le Niger. Lorenzi travaille avec
Mohamed Akotey, homme de confiance du président nigérien, Mahamadou Issoufou. Il est également président du conseil d'administration d'Imouraren SA, la filiale Niger d'Areva - plus que jamais impliquée, donc - et neveu de Mano Dayak, un ex-chef rebelle touareg. Intermédiaire privilégié des groupes djihadistes de la région sahélienne, Mohamed Akotey était en relation avec Abou Zeid jusqu'à la mort de ce dernier, et a gardé le contact avec les lieutenants d'Abou Zeid.

Le Drian confie la direction du convoi français à un allié d'Abou Zied


Mohamed Akotey, 46 ans, figure touareg et ex-ministre nigérien, est en charge de la récupération des otages. 
Cet ancien étudiant en France appartient à la tribu des Ifoghas, un groupe touareg minoritaire au Niger, que l'on retrouve également au Mali voisin, notamment dans la zone de Kidal, et dont Iyad Ag Ghali, le chef du mouvement islamiste Ansar Dine (défenseurs de l'islam), est issu. "Ses relations composées d'ex-rebelles touareg maliens et des membres de la tribu Ifoghas ont été déterminantes dans la réussite de cette mission", estime Ibrahim Mohamed, un ex-chef rebelle nigérien.
Il commence par mener les pourparlers avec Choureb, le successeur d'Abou Zeid à la tête de la Katiba qui retient les Français. Selon un membre des services de renseignement français au Mali, il a aussi le contact avec Mokhtar Belmokhtar, l'un des chefs redoutés d'AQMI. Les relations avec les ravisseurs ne sont pas aisées. Les Français ont tué leur chef, mais ils veulent être payés.

Au cours du mois de mai, Jean-Yves le Drian se rend discrètemen tà Niamey pour valider l'option Lorenzi-Akotey auprès du président Issoufou. François Hollande donne son feu vert, mais, à partir de juin, le directeur de la DGSE, entame  ses négociations parallèles avec l'Etat nigérienDeux services, méthodes et réseaux s'opposent sur des questions de personnes mais aussi sur des points de doctrine. Selon une source au ministère de la Défense, M. Bajolet (DGSE), fidèle à la ligne fixée par le chef de l'Etat début 2013, défendrait une ligne de discussions sans versement de rançon pour la libération d'otages.

Transparence: la rançon a été prélevée sur des fonds secrets 

Fin juin, la situation se tend entre le président nigérien et la ligne Hollande suivie par la DGSE. Troublé par le double-jeu mené par Hollande et Bajolet dans le contrôle du processus engagé,  Issoufou décide de mettre ses moyens aériens au service du duo Le Drian-Lorenzi-Akotey pour poursuivre les négociations financières avec les ravisseurs.

Lorsque la partie nigérienne estime que la négociation est ficelée, le président Issoufou appelle son homologue français et lui présente les termes d'un accord. 

On peut les sortir mais il faut payer,
affirme le président nigérien. Aux abois à l'intérieur, François Hollande donne son accord, contredisant ses déclarations devant les familles des otages d'Arlit en janvier auxquelles il assurait que la France ne paierait plus. Il restera au secrétaire général de l'Elysée, Pierre-René Lemas, de mettre le directeur de la DGSE devant le fait accompli. 
L'argent a été prélevé sur les fonds secrets alloués aux services de Renseignement. La somme a été acheminée par la DGSE jusqu'à Kidal puis remise à Mohamed Akotey et aux hommes d'Amarante. Les services français apportent la logistique (voitures, armes, hélicoptères, avion). Amarante fournit les contacts locaux.

L'Elysée nie tout versement de "rançon"

Tout est dans les mots et les non-dits. Le ministère de la Défense, qui regrette en privé que le nouveau patron de la DGSE privilégie sa relation avec l'Elysée plutôt qu'avec son ministère de tutelle, a soutenu sans faille le duo Lorenzi-Akotey. 
Lors d'un entretien direct avec Hollande, le président nigérien a fait valoir qu'en retour, son aide pourrait lui valoir un coup de pouce dans ses négociations avec Areva. L'entreprise publique française refusait en effet jusqu'ici les termes financiers proposés par Niamey pour renouveler sa concession d'exploitation d'uranium avant la fin de l'année.

Bajolet et Lewandowski ont refusé de confirmer toute entente. L'Elysée a démenti à nouveau tout versement de rançon, mercredi.
Dès l'arrivée à l'aéroport de Villacoublay des quatre Français détenus au Niger, les ministres Jean-Yves Le Drian et Laurent Fabius ont donc été pressés de questions sur les conditions mises à la libération des quatre hommes.

Le Monde affirme, mercredi 30 octobre, qu'une rançon de plus de 20 millions d'euros a bien été versée, le ministre des Affaires étrangères a répondu, sur le plateau de TF1, qu'aucun "argent public" n'a été versé pour obtenir la libération des quatre otages. "Pour ce qui dépend de l'Etat français, il n'y a pas eu d'argent public versé", a maintenu Fabius. Selon l'article du Monde devenu inaccessible,la somme qui a servi à payer la rançon a été prélevée sur les fonds secrets alloués aux services de Renseignementrappelons-le
Le ministre a par ailleurs éludé les questions sur des versements d'argent d'un groupe privé, notamment d'Areva, l'employeur des quatre hommes, ou Vinci.

Interrogé sur France 2, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a lui aussi esquivé les questions, se contentant de répéter la ligne officielle selon laquelle "la France ne paye pas de rançon".

Le régime socialiste de Hollande instaure la transparence floue. 

lundi 3 décembre 2012

Ayrault a-t-il conclu un deal avec Mittal pour sa circonscription

Le Premier ministre nie tout conflit d'intérêts

Une révélation de Mediapart  du magazine  Le Point

Usine de fer blanc ArcellorMittal
sur la circonscription de Ayraul
t
Le premier ministre n'aurait pas été totalement désintéressé dans sa gestion du dossier Florange"

En toute discrétion, Jean-Marc Ayrault a négocié avec Mittal la garantie du maintien de l'activité d'un autre site du groupe [...] qui se trouve dans [s]a circonscription "
affirme Hervé Gattegno, rédacteur en chef du Point,  ce lundi 3 novembre, dans sa chronique diffusée sur RMC.
Lien Le Point : " Ayrault-Mittal, l'accord secret "

Le journaliste n'a pas auto-censuré l'information

Qu'on le condamne ou l'en loue, Le Point révèle que le premier ministre a, selon lui, négocié un accord qui "n'a pas été rendu public", concernant "l'usine de Basse-Indre, tout près de Nantes, qui fabrique des emballages métalliques", "on se demande bien pourquoi..."
L'usine Arcelor Packaging International (44) est spécialisée dans la fabrication d'acier plat pour emballages alimentaires, activité aussi présente à Florange.


En négociant avec Mittal,Jean-Marc Ayrault a visiblement pensé davantage aux 600 salariés de sa circonscription qu'à ceux de Moselle. Le député PS de la 10e circonscription, Michel Liebgott, soutient-il le gouvernement en connaissance de cause ? Et l'ex-députée, Aurélie Filippetti, va-t-elle conserver tout le respect que doit une ministre à son chef du gouvernement ? 


Matignon a confirmé à 13 heures que "l’ensemble de ses centres industriels en France", et "notamment Dunkerque, Fos et Basse-Indre" ont  bien bénéficié des engagements pris par le groupe ArcelorMittal.

Mais Ayrault assure "qu'aucun de ces sites n’a été privilégié par rapport à celui de Florange".
Interrogé par Ouest-France, le délégué syndical CGT du site de Basse-Indre, Frédéric Gautier, relativise maintenant les difficultés supposées du site, bien que l'usine Mittal y a   connu une période de chômage partiel en 2011 à cause de la baisse des commandes. "Nous avons connu du chômage partiel en tout début d’année mais nous sommes maintenant revenus à un travail en quatre équipes, la charge normale du site." "Nos commandes sont garanties aussi pour 2013 à un niveau normal", ajoute . 

La gauche  régional sert les rangs autour du baron socialiste

Frédéric Gautier, délégué CGT de l'usine de Basse-Indre et représentant au CCE d'Arcelor-Mittal pour la zone Atlantique et Lorraine, multiplie les déclarations pour trouver étonnant que le Premier ministre ait voulu obtenir quelque garantie que ce soit. " Les gros contrats sont signés", a-t-il précisé.
Selon le délégué CGT,  "Basse-Indre est l'entreprise dans le secteur du packaging qui a le meilleur coût ajouté en France".
Frédéric Gautier précise que la société emploie 546 personnes en CDI et 150 sous-traitants présents quasiment en permanence sur le site.

Ouest-France, "même si les salariés de Basse-Indre sont solidaires de leurs collègues de Florange, leur situation localement s’inscrit aux antipodes."


L'UMP Valérie Rosso-Debord a demandé des éclaircissements à Ayrault 


Lundi, la déléguée générale adjointe de l'UMP écrit: "après le cafouillage de la non nationalisation de ce week-end, il se murmure qu'il y aurait eu avec Mittal un accord secret sur le dos des ouvriers mosellans". "Jean-Marc Ayrault aurait obtenu un investissement de 180 millions d'euros de Mittal et au passage, il a envoyé un camouflet à son ministre du Redressement productif, tout en négociant directement avec Mittal la garantie du maintien de l'activité d'un autre site du groupe: l'usine de Basse-Indre", ajoute l'ex-députée de Meurthe-et-Moselle.

"La question est posée: cette usine basée tout près de Nantes, dans la circonscription de Jean-Marc Ayrault, a-t-elle fait l'objet d'un marchandage au détriment du site de Florange ?", interroge-t-elle.

Le Premier ministre de Hollande dément farouchement
Jean-Marc Ayrault est actuellement affirmatif: "aucun des sites" d'ArcelorMittal"n'a été privilégié par rapport au site de Florange".