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vendredi 7 octobre 2016

Centre de migrants: des communes choisies avec la CGT en Loire-Atlantique, Isère ou Essonne et dans le Var

Les récalcitrants à l'implantation de migrants expulsés de Calais se rebiffent en régions

Hollande a choisi  la résidentielle station balnéaire de Saint-Brévin-les-Pins pour y 
installer des migrants 
Des tirs ont été entendus à Saint-Brévin-les-Pins, DVD, 13.000 habitants. 
Le préfet de la Loire-Atlantique a lancé vendredi un "appel au calme" après qu'un futur centre d'accueil de migrants de la "Jungle" de Calais a été la cible de tirs. Henri-Michel Comet a promis des "moyens totaux" pour retrouver l'auteur des coups de feu qui ont criblé les baies vitrées du centre, mardi dernier.

Ce "centre d'accueil et d'orientation" (CAO) doit s'installer de façon temporaire dans un centre de vacances de la Caisse centrale des activités sociales (CCAS) des personnels des industries électriques et gazières, le "comité d'entreprise" d'EDF, géré par... la CGT.
Considérée comme "le plus gros et le plus riche comité d'entreprise de France", la CCAS est un organisme qui - depuis sa création (CCOS par Marcel Paul) en janvier 1947 - gère les activités sociales dont les séjours de vacances, les assurances et la restauration d’entreprise des salariés  des Industries électriques et gazières en France (IEG), principalement EDF et GDF et leurs filiales (ERDF, RTE, GRTgaz et GRDF) mais aussi les entreprises locales de distribution de gaz et d'électricité et les nouveaux entrants sur le marché de l'électricité et du gaz pour leur partie production (E.ON, une société européenne, anciennement société par actions de droit allemand, ENEL, société nationale italienne d'électricité, ou Poweo, fournisseur et producteur français privé d'électricité et de gaz, qui a fusionné avec Direct énergies et mis fin au monopole d'EDF et de GDF en 2002...). Les bénéficiaires actifs ou retraités, ainsi que leurs familles représentent 677.578 personnes en 2008.
Le CAO doit permettre aux migrants de "réfléchir à leur projet" pendant plusieurs mois et de déposer par la suite, s'ils le souhaitent, une demande d'asile en France. Ce CAO n'accueillera que "cinquante personnes maximum", promet-on actuellement, et non plus soixante-dix comme cela avait d'ailleurs été initialement envisagé (lien Ouest France).

"De quoi parlons-nous ? 
D'accueillir une cinquantaine de personnes, dans une commune de 13.500 habitants, pendant quelques mois", a souligné le préfet lors d'une conférence de presse commune avec le maire (divers droite) de Saint-Brévin, Yannick Haury. En 2007, Saint-Brevin-les-Pins vota majoritairement pour M. Sarkozy (50,15 %), devant Mme Royal (49,85 %). Si les scores avaient été inversés, on aurait pu avancer que les Brévinois étaient récompensés par l'arrivée de migrants...

Le maire de la station balnéaire, qui voit sa population multipliée par trois ou quatre l'été, a salué "la qualité des échanges" avec le préfet mais s'est dit "convaincu que le choix de ce lieu n'est pas adapté."

Le préfet de la Loire-Atlantique a rappelé que le dispositif "fonctionne très bien partout ailleurs" : 117 migrants sont déjà accueillis dans trois autres CAO du département.

Depuis un an, quelque 5.500 migrants ont ainsi été pris en charge en France dans 164 centres d'accueil et d'orientation répartis dans 80 départements. Certains ont été accueillis par des maires qui en ont depuis perdu la trace... Selon les services de l'Etat, 90% d'entre eux auraient déposé une demande d'asile par la suite, alors qu'ils devaient originellement retrouver des parents au Royaume-Uni, disaient-ils. Auraient-ils renoncé au regroupement familial allégué Outre-Manche ?

Les pouvoirs publics se targuent d'avoir procédé à 1.300 refoulements -qualifiés d'"éloignements"- depuis le début de l'année pour les étrangers qui ne correspondent pas aux critères de la demande d'asile.

VOIR et ENTENDRE Yannick Haury, le maire de la commune confirmer avoir été mis "devant le fait accompli. Il n'y a eu aucune concertation avec moi et l'équipe municipale. Nous n'avons aucune indication sur la durée de cet hébergement, sur l'éventuelle participation de l'État, sur les mesures de sécurité qui seront apportées". Début septembre, il comptait écrire au ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve pour lui "faire part de nos interrogations".
 


vendredi 8 juillet 2016

Feu vert du gouvernement aux premières éoliennes françaises en mer

Hollande balaie les craintes sur la protection de la biodiversité de la mer  

Les trois premiers parcs d'éoliennes en mer en projet au large des côtes françaises, pilotés par EDF, ont désormais le feu vert des préfectures
 
Trois projets ont été choisis en avril 2012 lors du premier appel d'offres passé par le gouvernement. 

Il
 a permis d'attribuer les sites au large 
de Fécamp (PS jusque 2014, Seine-Maritime,  PS jusque 2014, 500 MW), 
de Courseulles-sur-Mer, UMP (Calvados, UDI, 450 MW) 
et de Saint-Nazaire, PS (Loire-Atlantique, PS), 480 MW) au consortium associant EDF Energies Nouvelles, Dong Energy Power (Danemark) et Alstom (France, actionnariat flottant à 47,79 %). 
La construction et l'exploitation du parc de Saint-Brieuc (Côtes-d'Armor, 500 MW) a été confiée au consortium composé d'Iberdrola, Eole-Res et Areva. 
Ces quatre parcs devraient entrer en service en 2019. 
En mai 2014, dans le cadre du second appel d'offres, les sites du Tréport (Seine-Maritime, 500 MW) et des Îles d'Yeu et de Noirmoutier (Vendée, 500 MW) ont été attribués au consortium formé par GDF Suez, Areva, EDP Renewables (USA) et Neoen Marine. La construction des parcs devrait être lancée à l'horizon 2019.
La Loire-Atlantique pourrait être le premier département français à voir pousser des éoliennes en mer. Les recours contre ce projet de 480 MW (80 éoliennes à 12 km des côtes) doivent être déposés au plus tard le 25 juillet. Or, Prosimar, association locale membre du réseau Pulse opposé à l'éolien offshore, expliquait mardi ne pas avoir pour l'heure les fonds nécessaires à son combat.

France nature environnement est favorable aux trois projets qui prévoient des suivis environnementaux mais restera "vigilante" sur leur mise en oeuvre. Son président a été conseiller municipal écologiste (EELV) à Quimper, dont le maire fut Bernard Poignant (PS), battu par la droite en 2014, mais conseiller intime de François Hollande à l'Élysée.

Les opposants ont quatre mois pour saisir la cour d'Appel administrative de Nantes à compter de la publication ces derniers mois des arrêtés préfectoraux "autorisant l'implantation et l'exploitation" de ces parcs situé au large de quelques-unes des plages du Débarquement.
Début avril 2016, Ségolène Royal, la ministre de l'Environnement, en était encore à lancer deux appels d'offres éolien en mer pour la construction de six parcs offshore, pour une puissance totale de 3 GW d'ici à 2020 (contre 6 GW visés par le Grenelle). 
En France, des opposants se sont organisés sous forme d'associations: par exemple l'association bretonne C du Vent (communale) ou la fédération Vent de Colère ! (qui fait "échouer 60% des projets éoliens", se vante Alain Bruguier, président de la fédération), qui regroupe plus de 300 de ces associations.
Des associations travaillent à des recours 

Une barre d'éoliennes,
comme on connaît les barres d'immeubles
Le projet de Courseulles-sur-mer (75 éoliennes développant 450 MW à 10 km des côtes) semble le plus exposé à des recours. Les opposants ont jusqu'au 10 octobre pour le contester.
"On va déposer un recours. Avec plusieurs associations, on va plancher tout l'été. Notre argument principal est l'incompatibilité de ce projet avec celui de classement des plages du Débarquement au patrimoine de l'Unesco", explique Elsa Joly Malhomme, de l'association Libre Horizon (qui milite pour que ce parc soit situé non pas à 10 mais à 20 km au large), membre du réseau Pulse. Leur avocat, Francis Monamy, a obtenu en 2014 l'annulation du schéma régional éolien d'Ile-de-France.
Association française et internationale, Robin des bois affirme elle aussi préparer un recours contre Courseulles. Ce parc qu'elle juge tout aussi "surdimensionné" que les deux autres,  menace la biodiversité et la sécurité des navires.

A Fécamp (83 éoliennes produisant 498 MW à 13 km des côtes), un recours est juste "envisagé", selon l'association locale du réseau Pulse. Les opposants ont jusqu'au 22 août pour saisir la justice.

Le coût: une facture d'au moins 2 milliards, par parc 

EDF Energies Nouvelles doit prendre sa décision finale d'investissement au premier semestre 2017sur les trois parcs, pour une mise en service en 2020, sauf recours. Le groupe mène ces projets en partenariat avec le canadien Enbridge et Alstom Renewable Power.
Ce dernier a inauguré fin 2014 la première usine de pièces d'éoliennes, la seule à ce jour en France. La pose de la première pierre d'une seconde usine Alstom est espérée à Cherbourg pour "fin 2016, début 2017", après avoir été repoussée de plus d'un an.
Un quatrième projet, 62 éoliennes pour 496 MW, en tout à 17 kilomètres au large de Saint-Brieuc, avait aussi remporté l'appel d'offres. Il est mené par l'espagnol Iberdrola avec Adwen, la coentreprise d'Areva avec l'espagnol Gamesa, dont Areva est en train de se retirer. L'enquête publique préalable à l'arrêté préfectoral d'autorisation doit démarrer le 4 août et durer deux mois. La mise en service est annoncée pour 2020.

Ces quatre parcs représentent un investissement de 2 à 2,5 milliards d'euros chacun.

Deux autres projets, menés par Engie, ont été ensuite choisis, en 2014, par le gouvernement, au large du Tréport (Seine-Maritime) et des îles d'Yeu et de Noirmoutier (Vendée, dans les Pays de la Loire, un Conseil régional présidé par le PS Jacques Auxiette). La mise en service est envisagée à partir de 2021.

Au large du Royaume-Uni, EDF EN a déjà mis en service 62 mégawatts éoliens.
Fin 2015, l'Europe totalisait 3.230 éoliennes offshore réparties dans 84 parcs dans 11 pays (en incluant les sites en construction), pour une capacité cumulée de 11.027 MW, soit l'équivalent d'environ 11 réacteurs nucléaires et 1,5% de la consommation électrique totale de l'UE. Les plus grands parcs éoliens extraterritoriaux se trouvent au Danemark, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni.

dimanche 10 janvier 2016

NDDL : charge de la police contre des agriculteurs et militants opposants à l'aéroport de Nantes

Notre-Dame-des-Landes: démonstration de force des opposants et vive réaction policière

L'intervention de la police active brutalement la dispersion des opposants

Des agriculteurs hostiles au projet aéroportuaire ont paralysé la circulation autour de Nantes (Loire-Atlantique) ce 9 janvier.
Cette manifestation contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes a rassemblé 20.000 personnes, selon les organisateurs, trois fois moins selon la police, 400 tracteurs et plus d'un millier de cyclistes. 

Samedi, ils avaient pris le contrôle de certaines zones,
dont le périphérique. Plusieurs centaines de tracteurs ont ainsi convergé pour occuper le pont de Cheviré, l'un des principaux axes routiers de la métropole nantaise. 
Des activistes hostiles au projet d'aéroport à Notre-Dame-des-landes ont pris le contrôle du périphérique. Il était prévu qu'ils quittent les lieux sur les alentours de 15h30, mais arrivé le soir, ils conditionnaient leur départ. Ils demandaient à François Hollande qu'il abandonne les procédures d'expulsion de familles et agriculteurs installés sur le site du projet aéroportuaire.

Plusieurs centaines d'opposants à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes
qui bloquaient le périphérique de Nantes et l'un de ses principaux ponts depuis le matin, avaient toutefois quitté les lieux suite à l'intervention musclée des forces de l'ordre dans la nuit de samedi à dimanche.

Certains activistes ont riposté avec des fusées d'artifice, du type de celles que Rémi Fraisse transportait dans son sac à dos sur le site du réservoir de Sivens, Tarn.  Un feu de paille a été allumé, aussitôt éteint par un canon à eau de la police.
VOIR et ENTENDRE la réaction des organisateurs à l'opération policière d'évacuation:

Un pouvoir socialiste paralysé par ses divisions
Arrivés par milliers en fin de matinée, en tracteur, à vélo, ou encore à pied, les opposants à l'aéroport se sont rassemblés dans une ambiance festive. Ce qui n'empêche pas certains élus de pointer du doigt les incohérences, au coeur même du gouvernement. "Vous avez Ségolène Royal qui est clairement contre ce projet, on a un Premier ministre qui se dit pour, et un président qui ne se prononce pas trop, donc à un moment donné, c'est ce président-là qui doit siffler la fin de la récré", estime la conseillère régionale écologiste Sophie Bringuy. 
Une association favorable au projet d'aéroport a quant à elle dénoncé l'irresponsabilité de cette mobilisation "de gens qui refusent les décisions démocratiques et les décisions de justice".
Dans un entretien au Monde qui paraît le même jour,
Nicolas Hulot juge que ce projet d'aéroport est l'un de ceux "auxquels il va falloir renoncer".

Les forces de l'ordre étaient intervenues à Nantes samedi soir pour dégager les lieux
après une nouvelle démonstration de force mobilisant des milliers de militants opposés à ce projet.
18 ans de conflits en pays nantais qui a pourtant voté socialiste aux Régionales 

Plusieurs dizaines de camions de CRS avaient convergé vers le pont vers 22h00 samedi, accompagnés d'un véhicule lanceur d'eau et d'une grosse dépanneuse, puis les forces de l'ordre ont lancé leur offensive vers 23h00. Après plusieurs tentatives de négociation pour un départ à l'amiable, une violente charge au gaz lacrymogènes a été lancée vers 23h45, accélérant le départ des quelque 60 tracteurs qui bloquaient encore le passage. 

"La mobilisation paysanne est au rendez-vous au-delà des espérances"
, a commenté Julien Durand, porte-parole de l'Acipa, Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, une association de loi 1901,  créée en 2000, dans le but de lutter contre le projet d'aéroport du Grand Ouest, sur le site de Notre-Dame-des-Landes.
Au total, ils sont une quinzaine d'agriculteurs dont l'exploitation doit être intégralement rasée par l'aéroport, qui doit couvrir une zone de 1 650 hectares. Une bonne moitié d'entre eux a négocié à l'amiable la vente de ses terres, l'autre a été expropriée. 
Il y a trois ans, l'Acipa invite le premier Camp action climat de France. A son issue, des riverains incitent les participants à rester, "pour faire un nouveau Larzac, vivre sur la zone et la défendre contre le projet d'aéroport", explique Dominique Fresneau, l'un des agriculteurs expropriés.

Peu avant une heure du matin dimanche, ils avaient tous quitté le périphérique par les bretelles de sortie, en direction du sud.

"La garantie donnée par les organisateurs de quitter le périphérique en fin d'après-midi n'a pas été respectée", a regretté le préfet de Loire-Atlantique, Henri-Michel Comet dans un communiqué vers minuit.

"L'engagement pris n'a pas été tenu," 
a  insisté lors le représentant du ministère de l'Intérieur, lors d'un point presse à 1H30 du matin, au commissariat central de Nantes. 
"Par conséquent, je l'ai rappelé avec force. La circulation va reprendre pour dimanche matin, après les travaux de nettoyage de la voirie".
Le préfet a néanmoins estimé que la manifestation qui a  précédé le blocage s'est "bien déroulée dans son ensemble".

La manifestation, entamée dans la matinée de samedi aux abords de Notre-Dame-des-Landes et en plusieurs points de Nantes, a réuni plus de 20.000 personnes, 400 tracteurs et un millier de cyclistes, selon l'Acipa, la principale association d'opposants au projet d'aéroport nantais, la police parlant de 7.200 manifestants.
Les différents convois ont ensuite convergé sur le périphérique de Nantes et se sont rejoints au pont de Cheviré à la mi-journée.
Mais alors que le gros des manifestants commençait à se disperser à partir de 15h30, 
plusieurs organisations paysannes ont annoncé qu'elles poursuivent une occupation illimitée du pont de Cheviré tant que le Président Hollande ne renoncera pas à l'expulsion des habitants du site - 11 familles et quatre agriculteurs sur le site du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes - prévu pour le futur aéroport nantais.Dans un premier temps, entre 80 et 100 tracteurs entendent bloquer toute la nuit les accès au pont, a expliqué Vincent Delabouglisse, 
de l'organisation paysanne COPAIN44.
"Nous sommes tous ici aujourd'hui sur le périphérique nantais pour demander à François hollande de faire arrêter impérativement la procédure de référé d'expulsion des habitants et paysans historiques. Nous  demandons qu'il tienne ses promesses et garantisse qu'il n'y ait aucune expulsion juqu'à l'aboutissement des recours contre le projet d'aéroport.
Malgré l'importance de la mobilisation spontané de plus de 20 000 opposants et de plus de 450 paysans en tracteur la question reste entière et sans réponse aujourd'hui à 16h30.Nous paysans de COPAIN ne pouvons accepter l'expulsion de nos collègues de Notre Dame des Landes. Nous exigeons un engagement ferme. Nous restons donc sur le pont de cheviré. M. Hollande, nous vous attendons."
A en croire l'association Des Ailes pour l'Ouest, partisane du projet, 260 autres habitants ont accepté les procédures d'indemnisation.

'Occupation intolérable'
 


Le nouveau président LR du Conseil régional des Pays de la Loire, Bruno Retailleau, a dénoncé le blocage du pont, "axe économique majeur pour notre région". "Je demande à l'Etat de prendre toutes les mesures pour en finir avec cette occupation intolérable", a-t-il réclamé dans un communiqué.
Cette nouvelle mobilisation intervient après environ un an (février 2014) sans mobilisation et plus de deux mois après l'annonce, le 30 octobre 2015, d'une relance "pour 2016" du chantier, après la validation par le tribunal administratif de Nantes des arrêtés préfectoraux autorisant le début des travaux.


Les opposants dénoncent une audience prévue mercredi au tribunal de Grande Instance de Nantes lors de laquelle le concessionnaire du projet d'aéroport, le groupe Vinci, doit demander l'expulsion immédiate d'une quinzaine d'habitants du site prévu pour l'infrastructure.
Pour Bruno Gris, président du Groupement des agriculteurs bio de Loire-Atlantique, cette menace contredit un engagement pris en 2012 par François Hollande de geler les expulsions tant que tous les recours déposés devant la justice n'auront pas été entendus. Le gouvernement souligne que ces recours ont été rejetés, mais les opposants ont fait appel.
Nicolas Hulot, ex-envoyé spécial de François Hollande pour la protection de la planète, et la dirigeante d'EELV, Emmanuelle Cosse, ont appelé à l'abandon du projet d'aéroport.




La mobilisation de samedi est la plus forte depuis la manifestation du 22 février 2014, lorsqu'au moins 20.000 personnes selon la police et 40.000 à 60.000 selon les manifestants, s'étaient rassemblées dans le centre de Nantes. Mais, à la différence de ce rassemblement qui avait donné lieu à des dégradations et des affrontements avec les forces de l'ordre, la manifestation de samedi s'est déroulée dans une ambiance bon enfant, avec "un grand banquet" organisé au milieu des voies empruntées habituellement par les automobiles.
Le transfert de l'actuel aéroport vers le site de Notre-Dame des Landes, à 20 km au nord de l'agglomération, devait initialement s'achever en 2017 avec l'inauguration de la nouvelle infrastructure.

Des négociations sont en cours avec les zadistes

Les opposants au projet d'aéroport dénoncent une audience prévue mercredi au tribunal de grande instance de Nantes
lors de laquelle le groupe Vinci, concessionnaire du projet d'aéroport, devrait demander l'expulsion immédiate d'une quinzaine d'habitants du site prévu pour l'infrastructure. Pour Bruno Gris, président du Groupement des agriculteurs bio de Loire-Atlantique, cette menace contredit un engagement pris en 2012 par François Hollande de geler les expulsions tant que tous les recours déposés devant la justice n'auront pas été entendus. Le gouvernement souligne que ces recours ont été rejetés, mais les opposants ont fait appel.
Plusieurs dizaines de manifestants occupaient encore les lieux samedi soir.


Notre-Dame-des-Landes : les opposants ne lâchent rien


La violence de l'intervention de la police justifiée par l'état d'urgence ?  

"Depuis 22 heures, des négociations ont été entamées entre les forces de l'ordre et les zadistes qui occupent une partie du périphérique nantais et le bas du pont de Cheviré qui enjambe la Loire", détaille Xavier Rolland en direct de Bouguenais. Après la manifestation qui s'est tenue cet après-midi à Nantes, vers 17 heures, des agriculteurs ont décidé de ne pas partir.

Ils sont restés avec leurs tracteurs. "Ils ont dit : 'On ne partira pas tant que le président de la République ne prendra pas des engagements et fera notamment la promesse qu'il n'y aura pas d'expulsion sur le site de Notre-Dame-des-Landes tant que l'ensemble des recours en justice n'est pas terminé'. [...] Des négociations sont en cours actuellement", explique le journaliste de France 3 tout en précisant que si les négociations n'aboutissent pas rapidement, l'intervention des forces de l'ordre risque d'être beaucoup plus musclée.

L'Etat-PS invoque état d'urgence à toutes les sauces pour bloquer toutes les résistances
"Cette manifestation en plein état d'urgence est une véritable provocation de gens qui refusent les décisions démocratiques et les décisions de justice"accuse dans un communiqué Alain Mustière, 69 ans, ancien président du Conseil économique, social et environnemental des Pays de la Loire, gros concessionnaire Ford  régional qui de voir la Bretagne devenir le "cul-de-sac" de l'Europe, et président de l'association "Des Ailes pour l'Ouest," qui fait de surcroît valoir qu'à la différence de la quinzaine d'occupants menacés d'expulsion, 260 autres habitants ont accepté les procédures d'indemnisation. 
Cette opération de police, qualifiée de "violente" par BFMTV, assimile les agriculteurs bretons en colère à des terroristes islamistes.

Le président PS de Région, Jean-Yves Le Drian, également ministre de la Défense de Valls, est étrangement absent du règlement du conflit entretenu par le projet de... Jean-Marc Ayrault.

lundi 23 mars 2015

Départementales 2015 : les derniers résultats par département et projections sur le second tour

Valls a desservi la gauche en mettant sa personne et sa politique en avant

22 des 43 millions d'électeurs appelés aux urnes dimanche 22 mars ont voté 
pour désigner les nouveaux conseillers départementaux, lors du premier tour des élections départementales, autrefois nommées "élections cantonales". Alors que l'on craignait une abstention record pour ce scrutin inédit, la participation est finalement plus forte qu'attendue puisqu'elle est estimée à un peu plus de 50%, en hausse par rapport à 2011. Il y aura 314 triangulaires et une quadrangulaire au deuxième tour, en dépit du système des binômes.

La droite repasse en tête. 
L'UMP-UDI-Modem sort vainqueur de ce premier tour, devant le Front National et le Parti socialiste en 3e.

Le score parti par parti. Selon le ministère de l'Intérieur, l'UMP et l'UDI rassemblés obtiennent donc 27,5% des voix devant le FN à 25% et le PS à 21,4%. Les divers droite seraient à 6,7%, le Front de gauche obtiendrait 6% des voix, les divers gauche 6,7%, et les écologistes -aussi vertueux que totalitaires- Europe Ecologie-Les Verts plafonneraient à 2% des voix.

Les candidats élus. Selon le ministère de l'Intérieur peu avant 22h, ont déjà été élus au premier tour 220 candidats de droite (soit 85 binômes), 56 de gauche et 8 FN.
Les personnalités réélues dès le premier tour. Plusieurs personnalités politiques de premier plan ont été élues dès le premier tour. C'est le cas de Jean-Michel Baylet, le président du Parti radical de gauche (PRG) et patron de presse régionale, qui a annoncé sa réélection, de justesse avec 50,72% des voix, dans le Tarn-et-Garonne, qu'il préside depuis 1985, mais dont il a perdu le siège de sénateur en septembre 2014. Le président UMP sortant du Conseil général des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti,  est, quant à lui, réélu dès le premier tour dans son canton de Tourrette-Levens. Patrick Devedjian, le président sortant UMP du Conseil général des Hauts-de-Seine, a lui aussi annoncé sa réélection dans son canton d'Antony.

Résultats dans les départements clés 

Aisne : le FN a confessé son espoir de l'emporter. Aux mains du PS depuis 1998, le département est à la portée du Front national, qui sera présent dans tous les cantons encore à attribuer, dimanche prochain. L'un des 21 cantons en jeu, Vic-sur-Aisne, a même été emporté dès le premier tour par un binôme du FN. Souvent arrivé en tête, le parti frontiste recueille 38,7% des voix dans le département, la gauche 31% et la droite près de 30%. Parmi les cinq députés, le départements compte René Dosière (PS) et Xavier Bertrand (UMP) et deux des trois sénateurs sont UMP.

Allier : la gauche y croit. Dans ce département, l'un des deux derniers bastions communistes avec le Val-de-Marne, la majorité départementale résiste à la vague bleue et le second tour promet des duels serrés entre la gauche et la droite dans de nombreux cantons. "L'élection va se jouer sur un deuxième tour où nous avons toutes nos chances. Rien n'est perdu", veut croire le président sortant du conseil général, Jean-Paul Dufrègne.

Bouches-du-Rhône : le FN arrive en tête. La forte poussée du parti frontiste s'explique largement par le recul de l'ancien homme fort du PS local, le sulfureux Jean-Noël Guérini (en photo), dont l'horizon s'est singulièrement assombri avec une accumulation d'affaires judiciaires et après l'élimination de plusieurs candidats de sa majorité dès le premier tour. Le FN est en tête du département avec 33,5% des suffrages et n'est absent que dans un seul des 29 cantons au second tour.
A suivre, le canton de Martigues où se jouera un duel entre les deux fronts:  les frontistes du FN  (34,44 %, en forte poussée à Port-de-Bouc, 32,28% ) et le Parti communiste (43,05 %) du Front de gauche,  arrivé en tête, dominateur mais en perte de confiance.

Corrèze : la gauche et la droite sont au coude-à-coude dans le fief de François Hollande. La gauche devra s'unir si elle veut avoir une chance de l'emporter au second tour dimanche 29 mars. L'opposition de droite obtient, en effet, déjà quatre cantons, dont deux qu'elle arrache à la gauche. Le Front national est en retrait et ne sera pas présent au second tour.

Essonne : le bastion socialiste -fief de Manuel Valls, premier ministre de Hollande- menacé par la droite. Le département de la grande couronne parisienne pourrait être gagné par la droite, après avoir déjà connu une hécatombe aux municipales. La gauche avait alors perdu les villes de Viry-Châtillon, les Ulis ou encore Palaiseau. Le scrutin s'annonce serré entre la gauche, en place depuis 1998, et la droite, tandis que le Front national entend jouer les trouble-fête au second tour. On comprend ainsi que Valls réclame un "front républicain" à grands cris. 

Finistère : la droite progresse, mais rien n'est joué. Dans ce bastion totalement socialiste des députés Jean-Jacques Urvoas et Marilyse Lebranchu, membre du gouvernement, l'UMP-UDI progresse au premier tour, avec 33% des suffrages, ainsi que le Front national, qui recueille 15% des voix. Mais les socialistes pourraient bénéficier des reports de voix pour se maintenir.

Gard : le FN est premier. Le parti de Marine Le Pen est qualifié pour le second tour dans 22 des 23 cantons d'un département que le PS estime pouvoir sauver, malgré ses divisions. La droite, qui avait réalisé l'union entre l'UMP et l'UDI partout, a réalisé un score (22,2%) en deçà de ses espoirs, mais espère aussi parvenir à faire la différence au second tour, en participant à neuf duels et quatre triangulaires.

Gironde : la gauche sauvée? La gauche est en passe de préserver ce département, aux mains d'Alain Rousset, Michèle Delaunay et Gilles Savary (PS) et agité par le caractériel Noël Mamère (EELV). Le PS compte sur un "front républicain" et une dizaine de triangulaires là où se maintient le FN, qui a fait une poussée notable, et du report de voix d'une gauche partie souvent divisée. L'union de la droite, partie en rangs serrés (UMP-UDI-MoDem-CPNT), ne dispose que d'un très faible réservoir de voix dans un département où le maire de Bordeaux, Alain Juppé, prône le soutien au PS.

Haute-Garonne : le PS devrait maintenir une hégémonie vieille de 70 ans avec pour unique allié le Parti radical de gauche, totalisant 32,8% des suffrages exprimés. Mais l'inconnue reste de la proportion d'électeurs du Front National (22,32%) qui préférera l'Union de la droite et des divers droite (26,93%) à la gauche au gouvernement.

Haute-Vienne : la gauche en position de force. Le Parti socialiste restait dimanche soir la force politique dominante, avec 25,54% des suffrages à l'issue du premier tour, devant un Front national qui frise les 20% mais semble devoir être battu partout au second tour.

Ille-et-Vilaine : la gauche est en tête dans la plupart des cantons. Malgré un binôme de droite élu au premier tour, celui d'Isabelle Le Calennec, porte-parole de l'UMP, la gauche est confiante pour dimanche en Ille-et-Vilaine, tenant la corde de nombreux ballotages, face à une droite qui pourrait avoir du mal à combler son retard.

Isère : Vallini regrette déjà son entrée au gouvernement. Le département présidé jusqu'en 2014 par ce nouveau secrétaire d'Etat à la... Réforme territoriale tant controversée, devrait basculer à droite au vu des résultats du premier tour, marqué par une forte poussée du Front national. "Le département va basculer, oui", a affirmé l'actuel président du Conseil général, le socialiste Alain Cottalorda. Lui-même a été éliminé dès le premier tour dans son canton de Bourgoin-Jallieu et le maire EELV de Grenoble crispe la population. Le secrétaire d'Etat de Valls est lui-même en ballottage favorable dans son canton de Tullins, avec 40,87% des suffrages (19,53% des inscrits), où il affrontera les FN Bruno Desies et Jacqueline François (FN) qui, avec 24,65% des suffrages (11,78% des inscrits), ne semblent pas redoutables sans un apport d'électeurs déçus par le binôme unisexe Hollande-Valls.

Loire-Atlantique : suspense total dans le département de Jean-Marc Ayrault. Arrivé en deuxième position, avec 21,48% des voix, derrière l'union de la droite (33,09%), le Parti socialiste, isolé au premier tour, devra dépasser ses divergences profondes avec Europe Ecologie-Les Verts, notamment sur le dossier du transfert de l'aéroport de Nantes vers Notre-Dame-des-Landes, pour conserver le département.

Meurthe-et-Moselle : la gauche est en grand péril. Le PS a subi dimanche 22 mars 2015 une déroute au 1er tour des départementales en Lorraine, mais affiche l'espoir de conserver cet unique bastion lorrain, étant parvenue à se maintenir dans 21 cantons sur 23 au premier tourmalgré la forte percée du Front national. La droite UMP/UDI devrait conserver les 3 autres départements lorrains. 

Nord : la fin du règne socialiste et de l'insupportable Aubry. C'est sans doute le plus grand choc de ce premier tour : le PS va perdre ce bastion qu'il détenait depuis 1998. Les candidats socialistes ont été éliminés dans 27 cantons sur les 41 que compte ce département, le plus peuplé de France. La droite unie UMP-UDI se qualifie pour le second tour dans 28 cantons contre 37 pour le FN, mais se retrouve en position de force, en raison du report probable des voix de gauche à son profit.

Oise : le FN gagne le 1er tour... A l'échelle départementale, le parti de Marine Le Pen a viré en tête, avec 35,11% des suffrages devant la droite unie, qui frôle les 30% et l'union de la gauche, qui n'obtient que près de 20%, mais totalise 31% avec les DVG. Le pari de Marine Le Pen devrait néanmoins être battu presque partout au second tour par la droite avec le concours attendu des voix de gauche.

Pas-de-Calais : des duels PS-FN à prévoir. Le Parti de la rose résiste malgré une succession d'affaires d'élus en délicatesse avec la Justice et se qualifie dans 22 cantons sur les 33 pour lesquels un résultat définitif est publié. Ses candidats affronteront au second tour de nombreux binômes FN: le parti de Marine Le Pen réalise un quasi sans faute en se qualifiant dans 32 cantons.

Pyrénées-Atlantiques : la gauche pourrait n'avoir fait qu'un passage furtif dans les Pyrénées-Atlantiques où la droite se tient en embuscade et où François Bayrou doit la ville de Pau au soutien de la droite (notamment Alain Juppé) l'an dernier. L'opposition à Hollande et Valls apparaît en bonne posture de reconquête à l'issue du premier tour.

Pyrénées-Orientales : le FN a fait un carton. Avec 31% des suffrages, le FN s'est imposé comme le premier parti dans ce département, l'un des plus pauvres de France, où il fait vaciller une place forte de la gauche. Le parti de Marine Le Pen reste présent dans 16 des 17 cantons. Il peut disputer sept triangulaires et neuf duels, cinq contre la droite, quatre contre la gauche.

Saône-et-Loire : bascule possible en faveur de la droite. Dans ce département qui fut dirigé par l'ancien ministre Arnaud Montebourg, le chef de file de la droite, Alain Accary, a enregistré "de très bons scores" dimanche. La droite est seule à se maintenir au second tour dans sept des 29 cantons. Huit triangulaires, dans lesquelles s'opposeront des binômes de gauche, de droite et du FN, sont prévues dimanche.

Seine-Saint-Denis : duel droite-gauche serré. Dans ce bastion historique de la gauche depuis sa création en 1968 et pré carré du président socialiste de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, gauche et droite sont à égalité. Le PS, qui présentait des listes communes avec les écologistes dans la quasi totalité du département, est arrivé en tête dans moins de 50% des cantons (10 sur 21), le PC, qui avait ses propres listes, dans 3. Mais les électeurs de ce département choyé par le PS et couverts d'aides sociales et allocations diverses se sont massivement abstenus de voter ce dimanche: plus de 70% d’abstention, un record en France. Pourquoi voter quand les aides sociales pleuvent en dormant ?

Tarn-et-Garonne : ça sera serré. Le FN arrive en pole position dans un département ancré depuis longtemps à gauche. Le second tour n'est pas pour autant gagné pour le parti frontiste qui devra faire face à des triangulaires compliquées.  

Val-de-Marne : l'espoir du PCF. Les communistes espéraient dimanche soir conserver ce département, l'un de leurs deux derniers fiefs avec l'Allier. "Aucun candidat de gauche n'a été éliminé lorsqu'il était sortant", s'est réjoui Christian Favier, président PCF sortant du Conseil général, appelant "au rassemblement de tous" face à la droite. "Je n'ai aucun doute sur notre capacité à se rassembler pour conserver le département", a-t-il affirmé, non sans arrogance.

Var : le FN a-t-il fait carton plein ? En remportant le canton de Fréjus - une ville qu'il avait déjà gagnée aux municipales et aux sénatoriales - et en se qualifiant pour le second tour dans les 22 autres cantons du département, le FN a réussi son pari. Dans 20 des 22 cantons restants au second tour, le parti de Marine Le Pen trouvera face à lui des candidats UMP/UDI, des candidats de gauche ne se maintenant que dans deux cantons.

Vaucluse : le FN peut l'emporter au second tour. Le parti frontiste peut ambitionner de remporter la majorité des sièges dans le Vaucluse (où il devrait s'allier à la Ligue du sud au second tour). Joris Hebrard a d'ores et déjà remporté le canton du Pontet (58,2%) dès le premier tour. A suivre, Carpentras.

Manuel Valls croit toujours donner confiance

Manuel Valls s'est exprimé, peu après l'annonce des premiers résultats. "J'ai voulu mobiliser les électeurs pour leur donner confiance [...] L'extrême droite n'est pas la première formation politique de France. Je m'en félicite, car je m'y suis personnellement engagé. [...] Le total de voix de la gauche atteint celui de la droite [...] Je veux appeler à la mobilisation et au rassemblement. La gauche doit se rassembler. [...] J'appelle tous les républicains à faire barrage à l'extrême droite au second tour.

Ainsi, en choisissant l'extrême gauche contre l'extrême droite, 
le Premier ministre s'oppose frontalement à 5 millions d'électeurs français qu'il stigmatise et fracture le pays.