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mercredi 2 août 2017

Migrants: Macron veut ouvrir deux centres déjà ouverts

Des centres d’accueil pour migrants d’un genre nouveau vont ouvrir dans les Hauts-de-France

Le ministère de l’Intérieur fait volte-face sur la gestion des migrants de Calais



Depuis neuf mois, le gouvernement faisait l’impossible pour rendre les exilés invisiblesMais il a fait volte-face et Gérard Collomb a annoncé, lundi 31 juillet, l’ouverture de deux centres d’hébergement d’un type nouveau. Ce faux pas de La République en marche (LREM) fait suite à l'injonction du Conseil d’Etat et à un contre-pied du président de la République à ses propres déclarations. 

Le "déclic" est venu chez Macron de l’arrêt rendu, lundi, par le Conseil d’Etat, ordonnant à l’Etat et à la ville de Calais de revoir leur gestion des quelque 600 migrants qui errent aux abords du tunnel et des ferries pour la Grande-Bretagne. 
Jeudi, le jeune Jupiter souhaita tout à trac en finir "d’ici la fin de l’année" avec les "personnes" -elles ont un nom: "clandestins"- dormant "dans les rues, dans les bois". 


Le gouvernement annonce l’ouverture de deux nouveaux lieux existants

Déjà centre d’accueil, l’abbaye de Belval, à Troisvaux (Pas-de-Calais)


Ce lieu exceptionnel de paix et de recueillement abritait la vie monastique des cisterciennes -trappistines- de l'abbaye Notre-Dame. 









Après le départ des religieuses vers l'abbaye d'Igny, l'ancien 
couvent fut transformé en hôtel occupant le château du XVIIIe siècle doté d'un jardin, d'une terrasse et d'un parking privé gratuit. 
Le lieu fut repris par une association 'Abbaye de Belval' créée en 2011. La fromagerie et l'hostellerie restent ouvertes au public et des séminaires d'entreprises fonctionnaient toujours encore, mais l'arrivée promise d'une communauté de religieuses, trois religieuses de la Compagnie des Filles de la Charité, a été abandonnée.

Le centre d’accueil des migrants a ouvert à l’abbaye de Belval en mai 2017. 
Quarante "migrants", des clandestins kurdes, sont arrivés le 15 mai sur le site de l’abbaye de Belval, où a été aménagé un centre d’accueil et d’orientation (CAO). Humaniste parce qu'elle gère des services d'éducation spéciale et de soins à domicile' (9 SESSAD), des Instituts médico-éducatif (14 IME), un institut thérapeutique éducatif et pédagogique (ITEP), 4 ESAT (et 16 autres structures pour adultes handicapés), 14 Ehpad, 3 centres d'hébergement et de réinsertion sociale (CHRS, etc...), 3 structures de protection de l'enfance (MECS), une pieuvre sociale qui  "vise à apporter le bien-être aux personnes accueillies ou accompagnées par ses établissements et services", l’association 'La Vie active' gère cette structure, qui n’avait pas vocation à perdurer.
Les bénéficiaires se trouvaient à Grande-Synthe (nouvelle jungle de Calais) avant d’être accueillis dans ce centre d’accueil et d’orientation (CAO). On a procédé à la mise à l’abri de ces familles, "15 adultes et 25 enfants, issus de 11 compositions familiales."
Belval était le quatrième CAO ouvert aux illégaux. Il y a eu deux premiers centres ouverts dans le Pas-de-Calais, à Croisilles et à Lens, respectivement pour 37 et 36 migrants. "On vient d’ouvrir un centre la semaine dernière [mai 2017] à Longuenesse pour 15 migrants, et donc maintenant celui de Belval." [...] Un CAO est un lieu précaire [ou de transition], ouvert pour six à huit mois. Celui de Croisilles, par exemple, a ouvert en novembre et doit fermer en juin. Mais les migrants peuvent décider de le quitter volontairement, ce n’est pas une prison !" Ou prolonger le séjour ?
L'abbaye sera simplement transformée dès la fin de la semaine en centre d’accueil et d’examen des situations (CAES). "Jusqu’à 120 places" sont prévues à Troisvaux (Pas-de-Calais), commune de 300 habitants à 80 kilomètres de Calais. "Tout se passe très bien à Belval; il n’y a pas eu d’opposition de la part de la population" lors de l’implantation , mi-mai.

Dès juin 2017, l'hôtel Formule 1 de Bailleul (Nord) a été transformé en centre pour demandeurs d’asile.
Situé entre l’autoroute et la zone industrielle, l’hôtel ferme ses portes au public. PHOTO PATRICK JAMES
Discrimination des pensionnaires défavorisés de Formule 1  ?
Il n'est plus possible de séjourner à l’hôtel Formule 1 -63 chambres- le long de l’A25 à Bailleul : l’établissement a fermé, racheté par la filiale immobilière de la Caisse des Dépôts pour devenir centre d’hébergement pour demandeurs d’asile: 25 places dans un premier temps, puis environ 80 places à terme. Depuis le 25 juin, il n’est plus possible d’acheter des nuitées. 

La pseudo ouverture annoncée par Gérard Collomb a été assurée par le groupe SNI (Société nationale immobilière), filiale immobilière à vocation d’intérêt général de la Caisse des Dépôts, sachant qu’il implique de fournir à la fois un toit et un accompagnement social, ce qui n'est pas sa vocation. SNI a ainsi acheté plusieurs hôtels, selon différents critères et ceux qui en ont besoin ont été remis en état pour les adapter à ce type d’accueil . La transaction a été rendue publique en mars, pour 62 hôtels Formule 1 lesquels bénéficient "d’un plan de relance incluant un programme d’envergure de rénovation", avait indiqué la communication d’Accor. La structure devait devenir un CADA (centre d’accueil de demandeurs d’asile).

Trois cents places au total sont dégagées. Bailleul, 13.000 habitants, dans le Nord, à 70 km de Calais, les migrants seront hébergés environ huit jours avant d’être triés et "orientés" vers un autre lieu à déterminer, a assuré ce mardi le préfet du Nord.
Qualifié de 'centre de premier accueil', il pourra accueillir 85 migrants, selon le préfet du Nord, à proximité immédiate de l’autoroute A25 Lille-Dunkerque, dans une zone industrielle. Il a ouvert en réalité en juillet et abritant aujourd’hui 43 demandeurs d’asile.

Le renouvellement, c'est que le dispositif est "spécifique" et permettra d’accélérer les demandes d’asile 

Image associéeAu départ, onze associations avaient déposé un référé devant le tribunal administratif de Lille. L’Etat et la municipalité avaient fait appel auprès du Conseil d'Etat qui les enjoignait d’installer des points d’eau. Non seulement leur appel est rejeté, mais ils se retrouvent pointés du doigt par un arrêt stigmatisant. Celui-ci estime que "la prise en compte par les autorités publiques des besoins élémentaires des migrants qui se trouvent présents à Calais en ce qui concerne leur hygiène et leur alimentation en eau potable demeure manifestement insuffisante et révèle une carence de nature à exposer ces personnes, de manière caractérisée, à des traitements inhumains ou dégradants, portant ainsi une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale".
Face à ce cinglant camouflet pour sa politique menée depuis deux mois, la Place Beauvau a donc changé son fusil d’épaule. Le 23 juin, Gérard Collomb avait conseillé aux humanitaires de Calais "d’aller exercer leur savoir-faire ailleurs"... Aujourd'hui, mis au pas, le ministre de l'Intérieur de Macron doit faire en sorte que les exilés aient un accès à l’eau, à des sanitaires, puissent se nourrir et faire enregistrer leur demande d’asile, par le biais des services préfectoraux. En outre pressé d'ouvrir deux "lieux de répit" (CAO), le ministre a indiqué lors d’une conférence de presse que des blocs sanitaires mobiles seraient mis en place dans la commune, pour les quelque 600 migrants présents. 

Un risque d'appel d'air non pris en compte par le conseil d'Etat
Outre que ces revirements incessants ont irrité la maire, Natacha Bouchart, l'élue Les Républicains a déclaré qu’elle n’installera " ni douche, ni toilettes" prévoyant  que "se recréent autour des squats ou des bidonvilles". Elle a ajouté que "si le gouvernement veut le faire, il devra réquisitionner un terrain". 
A l’opposé, à Grande-Synthe, le maire Europe Ecologie-Les Verts se réjouit que l’Etat se plie enfin à sa demande démagogique de "plus de dignité" pour les 1.500 exilés [des illégaux, migrants politiques, économiques ou climatiques] qui vivent là. "J’ai pu m’entretenir avec le préfet qui me propose un dispositif de pré-accueil de plusieurs jours sous toiles de tente, sur la commune, avec un enregistrement administratif sur place, avant que les réfugiés ne soient orientés vers un centre en dur", rappelle Damien Carême, un ancien socialiste. 
Le maire de Grand-Synthe n'est pas loin pourtant  de partager les mêmes craintes que la maire d'opposition sur les risques d'incitation. "Les migrants partis en CAO reviennent effectivement à Grande-Synthe pour la simple raison que la frontière avec l’Angleterre est toujours là."

Un pôle alimentation et des blocs sanitaires avec douches devraient donc revoir le jour tout début septembre sur le terrain de la Linière, qui avait abrité le premier camp humanitaire de France – un espace construit par Médecins sans frontières (MSF) pour héberger 1.500 Kurdes. 
Pour avoir souvent acquitté leur voyage jusqu’à son terminus, ces fugitifs du Dunkerquois qui font escale à Grande-Synthe sont traditionnellement plus difficiles à convaincre que ceux de Calais de demander l’asile en France. Cet objectif paraît d'ailleurs insensé. 

Des associations veulent mettre à profit ce temps de répit sur place pour persuader ceux qui refusent de s'échouer en France

A Briançon, où des migrants sont entrés en grève de la faim pour protester contre le règlement Dublin.A Calais, en revanche, l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) va tenter, lors de maraudes de convaincre directement les migrants de monter dans des bus pour être emmenés vers les CAES -nouveau sigle ne veut pas dire réalité nouvelle- où des agents des préfectures feront le point sur leur statut et pourront exercer des pressions pour les décider à rester dans un pays non désiré. L’OFII, placé sous la tutelle du ministère de l'Intérieur, y sera lui aussi présent, ce qui rendra possible l’enregistrement direct des demandes d’asile depuis ces nouveaux centres.

Ce nouveau dispositif simplifié, qui gomme la case pré-accueil en vigueur partout en France et évite le passage en préfecture, permettra de commencer à réduire la durée nécessaire pour obtenir l’asile, comme le promet le plan gouvernemental annoncé le 12 juillet. Il pourrait d’ailleurs servir de modèle pour faire évoluer le dispositif parisien que Collomb sait être son prochain sujet à traiter. 

Ensuite, comme il l’a rappelé lundi, les migrants seront répartis selon leur statut. 
Les demandeurs d’asile rejoindront des hébergements spécifiques. Les exilés qui ont laissé leurs empreintes ailleurs en Europe ('dublinés', ceux que le règlement Dublin oblige à déposer leur dossier dans le premier pays européen où ils sont entrés) devraient de toute évidence se retrouver assignés à résidence, le temps que le premier pays qu’ils ont rallié donne son accord pour les reprendre. Et comme l’ajoute Fabien Sudry, préfet de Calais : "Ceux qui sont en situation irrégulière pourront être dirigés vers des centres de rétention." A moins qu’ils ne décident d’un retour volontaire, comme les 542 Afghans qui sont entrés dans cette procédure, proposée par l’OFII, depuis le début de l’année.
Plus de 400 demandeurs d’asile et autres migrants, la plupart d’Érythrée, d’Éthiopie et d’Afghanistan, vivent dans les rues et les zones boisées de Calais et des alentours.

Le distinguo entre toutes ces catégories de migrants est l’un des credo de Macron. 
La grande inconnue reste l’attrait des migrants pour ces CAES, assumés comme des espaces de tri. Natacha Bouchart a des raisons de craindre que beaucoup ne refusent et continuent à tenter de passer en Grande-Bretagne. L’élue de terrain regrette d’ailleurs qu’on n’ait "pas aujourd’hui de réponse à ceux qui refusent de demander l’asile en France" et compte bien obtenir qu’un volet spécifique figure dans le texte de loi que le gouvernement prépare pour la rentrée. Un  risque non encore mentionné est évidemment celui d’une chasse à l’homme dans la lande, dont des associations internationalistes pourraient s'emparer pour leur propagande "humanitaire"… 

Human Rights Watch, ONG supra-nationale illégitime, a mené une 'enquête' 
Camp de Grande-Synthe réduit en cendres par un incendie le 10 avril 
- " ‘C’est comme vivre en enfer’ : Abus policiers à Calais contre les migrants, enfants et adultes" - dont le résultat ne peut surprendre : un procès mettant en cause les forces de l’ordre dans le Calaisis. 
La police française à Calais commet régulièrement des abus envers les demandeurs d’asile et autres migrants, a accusé Human Rights Watch ce 26 juillet, sur 46 pages.
"Les forces de l’ordre à Calais, en particulier les Compagnies républicaines de sécurité (CRS), ont recours de façon routinière à la pulvérisation de gaz poivre sur des migrants, enfants et adultes, alors qu’ils sont endormis ou dans d’autres situations où ils ne représentent aucune menace. Les policiers aspergent aussi régulièrement de gaz, ou confisquent, leurs sacs de couchage, couvertures et vêtements. Parfois ils aspergent même de gaz poivre la nourriture et l’eau des migrants – tout cela apparemment dans le but de les pousser à quitter la région. De tels agissements de la part de la police violent l’interdiction d’infliger un traitement inhumain et dégradant, mais aussi les normes internationales de comportement des forces de l’ordre, qui appellent les agents à ne faire usage de la force que lorsque cela est inévitable, et alors uniquement avec modération, de façon proportionnée aux circonstances, et toujours dans un objectif légitime de maintien de l’ordre.
"Il est tout à fait condamnable que des policiers utilisent du gaz poivre sur des enfants et des adultes endormis ou en train de vaquer pacifiquement à leurs occupations" [violon]. "Lorsque les policiers détruisent ou confisquent les couvertures des migrants, leurs chaussures ou encore leur nourriture, non seulement ils rabaissent leur profession, mais ils portent atteinte à des personnes, dont ils ont juré de défendre les droits," a lancé Bénédicte Jeannerod, directrice France de Human Rights Watch.
Issue de Médecins Sans Frontières, cette intello s'est illustrée en documentant la situation des civils dans les conflits (Tchétchénie, Burundi, Tchad, etc.), élaborant les positions publiques de MSF en matière d’accès aux traitements/vaccins dans les situations d’épidémies/pandémies en contexte précaire (HIV, TB multi-résistante, malnutrition, vaccination). 
Elle est en effet titulaire d’un master en journalisme et a occupé, pendant 7 ans, la direction du Plaidoyer et de la Communication de l’UNICEF France dont elle a notamment développé le plaidoyer auprès des pouvoirs publics français sur les questions liées à la pauvreté des enfants, aux enfants migrants et à la justice des mineurs, après avoir exercé pendant 3 ans en tant que responsable de production audiovisuelle dans le champ de la santé publique.
Le sous-préfet de Calais a catégoriquement nié les accusations d’abus policiers, les qualifiant de calomnies. 
Le ministre de l’Intérieur a indiqué lundi avoir ordonné des contre-enquêtes à l’inspection générale de l’administration, à l’inspection générale de la police et à l’inspection générale de la gendarmerie nationale. Un entre-soi.

samedi 17 décembre 2016

Toujours des camps de migrants: encore un démantèlement aux portes de Paris

Reconstitution de campements sauvages de migrants à quoi servent les centres d'accueil officiels ?

Premier démantèlement depuis l'ouverture d'un centre d'accueil officiel pour migrants  le mois dernier à Paris.

Le démantèlement a commencé vendredi matin, à Saint-Denis (PCF) aux portes de Paris.
Les clandestins ont été chassés pour un accueil de force dans des gymnases ou des hôpitaux. "Il y a entre 700 et 750 personnes présentes, qui vont être conduites dans des gymnases ou vers des hôpitaux", a déclaré une source policière sur place. 
Ainsi le premier campement s'est-il reconstitué malgré l'ouverture d'un centre d'accueil officiel le 10 novembre dans la capitale.

Un centre "humanitaire" que boudent les migrants

Anne Hidalgo a loupé son coup médiatique



Le mot "humanitaire" ne fait recette que dans la presse bobo. Car les campements sauvages se multiplient dans la capitale et le centre "humanitaire" que la mairie de gauche parisienne a ouvert Porte de la Chapelle il y a un mois ne convainc pas.
Il devait offrir un hébergement à 400  illégaux, quand les SDF ne trouvent pas d'abri.  Fin mai, Anne Hidalgo, la maire PS de Paris promettait de mettre un terme aux incessantes reconstitutions de campements et de mieux orienter les migrants dont le nombre était sous-évalué,  entre 50 et 80 "personnes" chaque jour, soit près de 4.000 par mois, selon les estimations les plus optimistes. 

Les migrants doivent d'abord passer par une vaste structure gonflable blanche, jaune et grise (ci-dessus), sorte de bulle de 900 m2, pour y recevoir des informations sur leurs droits [et leurs devoirs ?] et les démarches pour obtenir l'asile, traduites en anglais, arabe, pachtoune, dari et tigrinya. 
"On va aussi leur proposer l'aide au retour volontaire[ et à la réinsertion, ARVR], explique Didier Leschi, directeur de l'Office français d'immigration et d'intégration (Ofii) dont 16 agents sont déployés sur place.
L'aide au retour comprend une allocation d'un montant forfaitaire de 650 euros (contre 300 euros pour les clandestins originaires d'un pays non-européen mais dispensé de visa pour la France). Pour les ressortissants d'un pays membre de l'UE, d'un autre Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen ou de la Confédération suisse, le montant est de 50 euros. Pour les demandes faites avant le 1er janvier 2017, il est possible de toucher une majoration dont le montant peut atteindre jusqu'à 1850 euros. Cette majoration est cumulable avec l'allocation forfaitaire. En tout, un clandestin d'un pays non-européen et non-dispensé de visa pour la France peut donc toucher jusqu'à 1850 + 650 = 2500 euros. 
Des accompagnements spécifiques à chaque situation. 
Les hommes isolés pourront être hébergés sur le site, où ils resteront de 5 à 10 jours, avant d'être orientés vers d'autres lieux, selon leur situation : centre pour demandeurs d'asile (Cada), centre d'accueil ou d'orientation (CAO)... 
Les femmes et les familles seront amenés en navette vers des lieux d'accueil spécifiques, avant l'ouverture d'un centre de 400 places destiné à ces "publics vulnérables" à Ivry-sur-Seine (PCF) dans le Val-de-Marne, "début 2017", selon Bruno Morel, le directeur général d'Emmaüs solidarités qui pilotera le centre. 
Les mineurs isolés seront transférés vers des structures de la ville de Paris. "L'idée est de créer un endroit où chaque migrant primo-arrivant pourra recevoir un accueil et se verra proposer une mise à l'abri digne et humaine", expliquait Bruno Morel, avant que les migrants fassent le choix de la rue contre le conditionnement psychologique.

Huit "villages" de 50 places. 
Dans une halle de 10.000 m2, ont été créés huit "villages" de 50 places chacun, comprenant des chambres pour quatre installées dans des cabanes en bois recouverts de bâches, des espaces de bureaux, un réfectoire et des sanitaires. "Il y une douche, une toilette et un lavabo pour 8 personnes, nous sommes au-delà des normes du HCR (Haut-commissariat aux réfugiés)", a souligné Bruno Morel, ajoutant que "des lavabos plus bas ont été installés pour [que les musulmans puissent] faire des ablutions".
Avec un taux d’occupation de ses prisons d’environ 117 %, la France fait en revanche figure de mauvais élève en Europe.
Evolution de la population carcérale depuis 2009
Ensemble des prévenus et condamnés. 
La ligne rouge représente le nombre de places disponibles
01000020000300004000050000600007000080000PrévenusCondamnés01/12/0901/04/1001/08/1001/12/1001/04/1101/08/1101/12/1101/04/1201/08/1201/12/1201/04/1301/08/1301/12/1301/04/1401/08/1401/12/1401/04/1501/08/1501/12/1501/04/1601/08/2016
01/08/2016
 Prévenus: 19 297 personnes
 Condamnés: 49 522 personnes

120 salariés et 500 bénévoles pour ce centre. 
Des équipes du Samu social et de l'ONG Médecins du monde prodigueront les premiers soins et proposeront des consultations (physiques et psychologiques). Au total 120 salariés travaillent sur le site, auxquels s'ajoutent 500 bénévoles qui distribuent des kits d'hygiène, des vêtements, ou proposent des activités. Sur le site sont installés des baby-foot, tables de ping-pong et des agrès. Mais les personnels et les équipements restent sous-employés...

Une alternative aux camps de fortune. D'un coût total de 16,4 millions d'euros (investissement et fonctionnement), ce projet qui n'est pas rentabilisée visait à mettre fin à un cycle de démantèlement et de reconstitution de camps. Au total, une trentaine d'opérations ont été réalisées et plus de 21.000 migrants mis à l'abri depuis plus d'un an dans la capitale. La dernière - et la plus grosse - opération, avec plus de 3.800 personnes prises en charge, dans le 19e arrondissement, PS, était un préalable à l'ouverture du centre.

Un centre humanitaire démonté dans 18 mois. 
"C'est une alternative digne à la rue", fait valoir la maire de Paris Anne Hidalgo, soulignant qu'il est composé de structures modulaires "démontables" et transposables ailleurs. Or, le site étant destiné à accueillir des bâtiments universitaires, il devrait être réaffecté d'ici 18 mois. "Ce centre est une nécessité, nous allons continuer à en ouvrir", affirme la ministre du Logement Emmanuelle Cosse, assurant que les places en CAO et CADA vers lesquelles sont orientés les migrants "ne sont pas saturées"... Mieux, ces centres se vident de leurs migrants qui disparaissent dans la nature.

Le centre sera largement suffisant pour absorber les flux de migrants qui convergent chaque jour vers Paris. "C'est quelque chose d'expérimental, qu'il va falloir évaluer", commente Bruno Morel. "Il va falloir essaimer, sans doute en régions. La solidarité doit s'exercer partout". Les migrants ne semblent pas apprécier les décisions "humanitaires" prises en leur faveur et au détriment de populations  endogènes défavorisées qui n'ont pas suscité une pareille mobilisation politique et "humanitaire" ! Question de faciès !


vendredi 7 octobre 2016

Centre de migrants: des communes choisies avec la CGT en Loire-Atlantique, Isère ou Essonne et dans le Var

Les récalcitrants à l'implantation de migrants expulsés de Calais se rebiffent en régions

Hollande a choisi  la résidentielle station balnéaire de Saint-Brévin-les-Pins pour y 
installer des migrants 
Des tirs ont été entendus à Saint-Brévin-les-Pins, DVD, 13.000 habitants. 
Le préfet de la Loire-Atlantique a lancé vendredi un "appel au calme" après qu'un futur centre d'accueil de migrants de la "Jungle" de Calais a été la cible de tirs. Henri-Michel Comet a promis des "moyens totaux" pour retrouver l'auteur des coups de feu qui ont criblé les baies vitrées du centre, mardi dernier.

Ce "centre d'accueil et d'orientation" (CAO) doit s'installer de façon temporaire dans un centre de vacances de la Caisse centrale des activités sociales (CCAS) des personnels des industries électriques et gazières, le "comité d'entreprise" d'EDF, géré par... la CGT.
Considérée comme "le plus gros et le plus riche comité d'entreprise de France", la CCAS est un organisme qui - depuis sa création (CCOS par Marcel Paul) en janvier 1947 - gère les activités sociales dont les séjours de vacances, les assurances et la restauration d’entreprise des salariés  des Industries électriques et gazières en France (IEG), principalement EDF et GDF et leurs filiales (ERDF, RTE, GRTgaz et GRDF) mais aussi les entreprises locales de distribution de gaz et d'électricité et les nouveaux entrants sur le marché de l'électricité et du gaz pour leur partie production (E.ON, une société européenne, anciennement société par actions de droit allemand, ENEL, société nationale italienne d'électricité, ou Poweo, fournisseur et producteur français privé d'électricité et de gaz, qui a fusionné avec Direct énergies et mis fin au monopole d'EDF et de GDF en 2002...). Les bénéficiaires actifs ou retraités, ainsi que leurs familles représentent 677.578 personnes en 2008.
Le CAO doit permettre aux migrants de "réfléchir à leur projet" pendant plusieurs mois et de déposer par la suite, s'ils le souhaitent, une demande d'asile en France. Ce CAO n'accueillera que "cinquante personnes maximum", promet-on actuellement, et non plus soixante-dix comme cela avait d'ailleurs été initialement envisagé (lien Ouest France).

"De quoi parlons-nous ? 
D'accueillir une cinquantaine de personnes, dans une commune de 13.500 habitants, pendant quelques mois", a souligné le préfet lors d'une conférence de presse commune avec le maire (divers droite) de Saint-Brévin, Yannick Haury. En 2007, Saint-Brevin-les-Pins vota majoritairement pour M. Sarkozy (50,15 %), devant Mme Royal (49,85 %). Si les scores avaient été inversés, on aurait pu avancer que les Brévinois étaient récompensés par l'arrivée de migrants...

Le maire de la station balnéaire, qui voit sa population multipliée par trois ou quatre l'été, a salué "la qualité des échanges" avec le préfet mais s'est dit "convaincu que le choix de ce lieu n'est pas adapté."

Le préfet de la Loire-Atlantique a rappelé que le dispositif "fonctionne très bien partout ailleurs" : 117 migrants sont déjà accueillis dans trois autres CAO du département.

Depuis un an, quelque 5.500 migrants ont ainsi été pris en charge en France dans 164 centres d'accueil et d'orientation répartis dans 80 départements. Certains ont été accueillis par des maires qui en ont depuis perdu la trace... Selon les services de l'Etat, 90% d'entre eux auraient déposé une demande d'asile par la suite, alors qu'ils devaient originellement retrouver des parents au Royaume-Uni, disaient-ils. Auraient-ils renoncé au regroupement familial allégué Outre-Manche ?

Les pouvoirs publics se targuent d'avoir procédé à 1.300 refoulements -qualifiés d'"éloignements"- depuis le début de l'année pour les étrangers qui ne correspondent pas aux critères de la demande d'asile.

VOIR et ENTENDRE Yannick Haury, le maire de la commune confirmer avoir été mis "devant le fait accompli. Il n'y a eu aucune concertation avec moi et l'équipe municipale. Nous n'avons aucune indication sur la durée de cet hébergement, sur l'éventuelle participation de l'État, sur les mesures de sécurité qui seront apportées". Début septembre, il comptait écrire au ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve pour lui "faire part de nos interrogations".