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mercredi 11 avril 2018

Notre-Dame-des-Landes : montée en puissance de la violence dans la ZAD

Des renforts - infiltrés malgré la présence militaire - radicalisent les affrontements

Les tirs ont redoublé entre gendarmes mobiles et zadistes

Aux abords des Fosses Noires, les zadistes ont monté un mur de pierres et creusé des tranchées dans la route.
Les opérations d'expulsion de la ZAD débutées lundi s'étaient déjà durcies ce mardi, quand le village des Fosses-Noires a été pris en tenaille par les forces de l’ordre. En ce troisième jour d’évacuation dans la Zad de Notre-Dame-des-Landes, les écologistes radicaux intensifient leur harcèlement.


Les zadistes utilisent parfois une catapulte pour lancer des pierres sur les forces de l'ordre.
Ecologistes rétrogrades, les zadistes jouent parfois avec une catapulte pour lancer des pierres sur les forces de l'ordre. — L.Venance/AFP

L’opération d’expulsion partielle de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes est marquée par une violence accrue entre zadistes et gendarmes. Les occupants illégaux ont été repoussés par les militaires usant de gaz lacrymogènes, grenades de désencerclement et flash-ball, appuyés de véhicules blindés et de drones. Plus nombreux que la veilleles squatteurs ont répondu par des jets de pierres (à l’aide de frondes ou d’une catapulte artisanale), de cocktails Molotov et de boue. 

De nouveaux "jeunes", venus parfois d’autres régions françaises et même de l’étranger, ont pu s'infiltrer - malgré l'important dispositif militaire -  avec l’envie d’en découdre. "Je suis arrivé ce matin de Rennes pour défendre ce territoire contre les attaques de l’Etat", raconte l’un d’entre eux - rompu aux techniques de la guérilla, visage cagoulé et protégé d'un masque contre le gaz lacrymogène - devant une barricade.

Dix blessés côté gendarmes, une vingtaine côté zadistes


Les zadistes ont reçu du renfort ce mardi.
Selon l’Etat, dix gendarmes auraient été blessés, dont un plus gravement atteint par une pierre à la tête. "De graves exactions injustifiables", dénonce Nicole Klein, préfète sexagénaire de Loire-Atlantique et représentante du "nouveau monde" macronien. "On estime à 300 à 350 le nombre d’opposants sur la zone, explique Richard Lizurey, directeur de la gendarmerie nationale. Les affrontements ont été plus intenses, car ils agissent de manière plus groupée qu’hier. Certains sont juste là pour affronter du gendarme."


Intervention des forces de l'ordre dans un champ au cœur de la ZAD.
Un rapport de forces extrêmement déséquilibré

Du côté des zadistes, on parle d’une vingtaine de blessés. Deux d’entre eux, sérieusement touchés, ont été hospitalisés. "Et on ne compte pas les dommages causés par les très nombreux gaz lacrymogènes", déplore l’un des observateurs anonymes. Face à ce bilan, l’équipe médicale de la ZAD exprime sa "vive inquiétude pour les jours à venir".

Par ailleurs, le Parquet de Nantes a ouvert une enquête à la suite d’un tir de fusée de détresse contre un hélicoptère de la gendarmerie qui survolait mardi matin la ZAD.


Un total de 15 squats démolis, sur une quarantaine

La préfecture de Loire-Atlantique affirme avoir expulsé 16 cabanes et habitats précaires et en avoir démoli 15 depuis lundi. Au total, une trentaine de "squats" sont visés par l’expulsion sur les 97 lieux de vie de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. Par ailleurs, après la polémique de la 'ferme des 100 noms'​ lundi, de nouveaux lieux agricoles ont été détruits ce mardi, dénoncent les zadistes.

Les expulsions, qui mobilisent un total de 2.500 gendarmes et CRS, doivent se prolonger plusieurs jours. Et ensuite ? "Nous maintiendrons le dispositif autant de temps qu’il le faudra pour nous assurer que les personnes qui n’ont pas vocation à rester ne se réinstallent pas. Et s’il y a réinstallation, nous interviendrons dans les plus brefs délais", prévient le directeur de la gendarmerie nationale. 
Plusieurs zadistes ont en effet exprimé leur détermination à reconstruire.

jeudi 9 novembre 2017

Colère des anti-nucléaires: la sécurité nucléaire française globalement satisfaisante, assure l'ASN

L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) fera-t-elle taire les Cassandre anti-nucléaire ?

La sécurité des centrales nucléaires exploitées par EDF en France est globalement satisfaisante en dépit d'incidents mineurs

Pierre-Franck Chevet, président de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), a fait cette déclaration lors d'une audition en commission à l'Assemblée nationale, mercredi.
Confirmé le 16 octobre par l'ASN, le risque de sûreté sur des tuyauteries de systèmes de pompage d'eau froide de 20 réacteurs nucléaires exploités par EDF en France  a été évalué à la suite de trois incidents mineurs depuis cet été, et classé niveau deux sur une échelle qui en compte sept, mais "le tout dans un contexte de moyen terme qui, lui, est préoccupant".
Un événement de niveau 2 concerne également 10 centrales françaises pour un risque portant sur la robustesse de certaines structures métalliques liées à des groupes électrogènes de secours au diesel en cas de séisme.

L'ASN a en outre imposé fin septembre l'arrêt provisoire de la centrale du Tricastin (Drôme et Vaucluse) en raison de risques d'inondation du site, en cas de séisme d'ampleur exceptionnelle.

L'ASN confirme le report de son avis sur la prolongation de réacteurs

Au lendemain de l’abandon de l'objectif de 2025 pour atteindre 50 % d’électricité nucléaire en France, et son report à 2030 ou 2035, par l'écologiste Nicolas Hulot que Macron a placé à la tête du ministère d'Etat à la Transition écologique et solidaire, l’Autorité de la sûreté nucléaire a également confirmé ce mercredi que son avis générique sur la poursuite du fonctionnement des réacteurs de 900 mégawattS (MW) au-delà de quarante ans sera reporté.

Le contrôleur du nucléaire repousse désormais à "2020 l’avis, qui sera ensuite transformé en prescription juridiquement imposable en 2021", a déclaré son président, Pierre-Franck Chevet, devant des députés de la Commission du développement durable. Concernant 34 des 58 réacteurs répartis sur 19 sites exploités par EDF, cet avis devait être initialement rendu en 2019. Le Haut comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire (HCTISN) avait récemment évoqué la date de 2021.

L’ASN devra aussi se prononcer sur la prolongation ou non de chaque réacteur. 
"La question de la prolongation n’est pas un dossier simple", a admis Pierre-Franck Chevet. "On attend des dossiers d’EDF et, à partir de là, on fera ce travail, ce qui explique une partie de la durée", s'est-il justifié, avouant sa dépendance aux documents d'EDF. "Même s’il y a des décalages, il y a des marges, donc il n’y a pas de sujet de sûreté", explique le président de l’ASN, un polytechnicien qui fut directeur général de l'énergie et du climat (ex-DGEMP) au Ministère de l'Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement d'Alain Juppé.

Le gouvernement voulait recueillir la caution générique de l’ASN avant de décider d’éventuelles fermetures de centrales pour assurer la transition énergétique. L'ASN est à la fois "indépendante" et "rattachée" au programme budgétaire 181 (Prévention des risques)du Ministère de l’Écologie...

Les associations écologistes dénoncent "un recul inacceptable"

Les acteurs du secteur (la multinationale Areva, le Commissariat à l’énergie atomique, EDF) font face à des difficultés économiques au moment où se profilent des enjeux inédits, souligne le président de l'ASN.  Ceux-ci portent sur la prolongation des centrales au-delà de 40 ans, mais aussi le vieillissement d’usines et des réacteurs de recherche, la prise en compte de nouvelles exigences, après l’accident de Fukushima au Japon en 2011, et enfin la construction d’installations nouvelles, comme l’EPR de Flamanville (Manche).


Les réseaux anti-nucléaires ne décolèrent pas depuis que Nicolas Hulot a annoncé mardi que l’objectif de réduire la part du nucléaire de 75% à 50 % de la production d’électricité en 2025 ne sera pas tenu.
Les associations écologistes multiplient les critiques contre le ministre pour la Transition écologique, ce mercredi. "Il fait une erreur extrêmement grave en repoussant cette échéance de cinq à dix ans parce qu’il détricote le moteur de la loi sur la transition énergétique, estime sur France Info Alix Mazounie de Greenpeace.
Simple diplômée de Science Po, cette militante a d'abord travaillé auprès de Pierre Radanne, responsable de la commission énergie des Verts (l'ancien nom du parti politique écologiste français Europe Écologie-Les Verts, EELV, et membre du Parti vert européen, radical), avant d'être en charge des politiques internationales (Afrique) pour le Réseau Action Climat France, (RAC-F), une fédération d'associations impliquées dans la lutte contre les changements climatiques et sous-produit de Climate Action Network International (CAN-I), réseau mondial de plus de 1.100 ONG (supranationales et illégitimes) dans 120 pays, dont le but est de faire pression sur les gouvernements et les citoyens à prendre des mesures pour limiter l’impact des activités humaines sur le climat.
"On n’a jamais dit que c’était facile. En revanche, c’est faisable de réduire la part du nucléaire et les gaz à effet de serre en fermant des centrales à gaz et à charbon," s'obstine la lobbyiste internationale, face au réalisme du ministre Nicolas Hulot.


Pour ajuster une promesse électorale de Macron, dans le contexte des mensonges généralisés colportés lors des surenchères démagogiques de la campagne présidentielle, Nicolas Hulot a expliqué que cette diminution du nucléaire aurait été au prix d'une augmentation des émissions de CO2 avec l’utilisation de centrales à gaz et à charbon.

L'énoncé de réalités met les associations en crise. 'Sortir du nucléaire' voit dans sa décision "un recul inacceptable". Le Réseau action climat n'accepte pas davantage la contradiction, estimant que cela revient à "mettre en péril le développement des filières d’avenir et créatrices d’emplois que sont les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique". La vérité est en fait que les solutions alternatives ne sont pas en mesure de faire face à la demande énergétique. Sur France Info, l'une des porte-parole de l'écologie punitive culpabilise les Français en leur rappelant l'engagement de l'Etat qui leur enjoint de réduire leur consommation.
Or, l'abandon de l’écotaxe poids lourds (et le milliard d’euros par an qu'elle devait rapporter) a été compensé par huit autres formes de prélèvements obligatoires en plein essor :
  • Taxe carbone ou Contribution climat énergie ;
  • Subventions à la production renouvelable d’électricité (CSPE) ;
  • Surcoût des agro-carburants ;
  • Certificats d’économie d’énergie (CEE);
  • Surcoût des véhicules classiques ;
  • Surcoût construction et rénovation ; 
  • Taxes, subventions et surcoûts divers ;
  • Aide aux pays en voie de développement (PEVD) centrée sur la transition énergétique.
Le ministre a même été critiqué par sa propre fondation Hulot, rebaptisée 'Fondation pour la nature et l’homme' et présidée par Audrey Pulvar, après son entrée au gouvernement. Dans un communiqué, elle explique que l’annonce la "stupéfie autant qu’elle l’inquiète". Ce qui fait la Une des journaux, mais n'apporte pas la preuve de la faisabilité des exigences des lobbies anti-nucléaires.

L'idéologie des réseaux anti-nucléaires est irresponsable
Les doctrinaires de l'écologie doivent admettre, y compris la mairesse de Paris avec son projet de ville sans véhicules à essence ou diesel, c’est que l'achat de voitures électriques (alors que la prime de l'Etat -jusqu'à 200 euros, non cumulables- à l'achat de vélos à assistance électrique, VAE, femmes enceintes, malades et seniors exclus, sera supprimée le 31 janvier 2018), que les panneaux solaires ou les éoliennes (même offshores, rejetées par les Bretons !) ne peut réduire à 50% la consommation d'électricité nucléaire dès 2035. A cette date, la production à suffisance d'énergie renouvelable et décarbonée sera encore un mythe. Si chacun voulait son véhicule électrique, la production d’électricité nucléaire devrait grimper de 50 % et plus, faute d’électricité renouvelable. Même si un décret Vert stalinien imposait le vélo électrique aux masses populaires. L'alternative entre centrales au gaz ou au charbon et nucléaires conduirait à plus de centrales nucléaires... Reste la voiture hybride ou à l’eau salée... 

Et le biocarburant à base de maïs est plus polluant que l'essence.
Certains évoquent encore le biocarburant, un substitut au combustible fossile, produit à partir de matériaux organiques (l'huile végétale carburant, le biodiesel, ou biogazole, mais aussi les graisses animales ou des acides gras divers, tels que les algues) ou produit à partir d'alcool comme le bioéthanol (du sucre, de l'amidon, de cellulose ou de lignine hydrolysées)... Tous comprennent que ce n'est pas pour demain, sauf les écolos...
Or, tout catalogué écologique qu'il puisse être, un carburant produit à partir des feuilles de maïs, émettrait en réalité plus de gaz à effet de serre que l'essence traditionnelle. Des études effectuées dans la Corn Belt, ou 'ceinture de maïs' du Middle West des États-Uni, montrent que l'éthanol cellulosique obtenu à partir de résidus de feuilles de maïs libère dans l'air une grande quantité de dioxyde de carbone (CO2). Les émissions liées à la production de biocarburant dépasseraient de 7 % les émissions générées par l'essence classique et se situeraient 62 grammes au-delà du seuil établi par la réduction de 60 % des émissions de GES qu'exige l'Energy Independence and Security Act, une loi de 2007. Le département de l'Énergie des États-Unis a investi plus d'un milliard de dollars (750 millions d'euros) pour soutenir la recherche sur les biocarburants cellulosiques, y compris l'éthanol fabriqué à partir de tiges, feuilles et épis de maïs après récolte.

La presse sous emprise écolo fait l'impasse sur un carburant tabou : 
le gaz de schiste.
L'exploitation à grande échelle du gaz de schiste a démarré au cours des années 2000 lorsque le prix des hydrocarbures s'est établi à un niveau élevé durable. C'est un gaz naturel contenu dans des roches rendues imperméables par l'argile qu'elles contiennent à la différence du gaz naturel conventionnel. Son extraction pose donc problème, actuellement. L'accès à ces roches-réservoir nécessite en effet le recours aux techniques combinées du forage dirigé et de la fracturation hydraulique à grands volumes particulièrement coûteuses et polluantes.
Les Etats-Unis ont joué un rôle de pionnier dans la mise en exploitation de cette nouvelle ressource : le gaz de schiste y représentait en 2012 une proportion importante du bouquet énergétique. Grâce au gaz de schiste les États-Unis étaient passés du 4e au 6e rang au classement des importateurs nets de gaz naturel. 
Les réserves dans le monde sont estimées en 2013 à 207 billions de mètres cubes de gaz de schiste (32 % des réserves totales de gaz naturel) et 345 milliards de barils d'huile de schiste (10 % des réserves totales de pétrole). Réparties sur tous les continents, la Chine, l'Argentine, l'Algérie et les États-Unis en sont les plus gros détenteurs. 
De 2010 à 2012, l'augmentation de la production de gaz de schiste aux États-Unis et au Canada a entraîné une pression à la baisse du prix du gaz qui a réduit la capacité de la Russie à dicter des prix élevés pour le gaz naturel qu'elle exporte vers l'Europe ; les effets du boom du gaz de schiste sur les marchés internationaux de l'énergie ont été très importants, en particulier en Europe : hausse de la production d'électricité à base de charbon aux dépens du gaz, diminution de l'attractivité économique des énergies renouvelables, etc.

Les Allemands ont trouvé la solution.
Ils ont fermé leurs centrales nucléaires et exploitent à nouveau le charbon, en dépit de la pollution émise, important, au prix fort, de l'électricité nucléaireen partie de ...France.

Six centrales nucléaires sont actuellement en cours de démantèlement : Brennilis (Monts d'Arrée), Chooz A (Ardennes), Chinon A (Indre-et-Loire), Bugey A (Ain), Saint-Laurent-des-Eaux A (Loir-et-Cher) et Creys-Malville (Isère) ).
Pour une plus grande indépendance énergétique...

jeudi 19 octobre 2017

Des CRS en mission doivent partager le même hôtel que des migrants

Le gouvernement loge des CRS dans le même hôtel que les migrants qu'ils viennent d'évacuer

Collomb et ses services manquent-ils d'égards envers les policiers ?

Nord : des CRS logés dans le même hôtel que les migrants qu'ils venaient d'évacuerChargés du service d'ordre du démantèlement du camp de migrants du Puythouck, à Grande-Synthe (Nord), mardi 19 septembre au matin, des policiers ont appris que des clandestins étaient logés dans le même hôtel que le leur, rapporte La Voix du Nord
Très tôt le mardi 19 septembre, les forces de l’ordre ont bouclé la zone. Plus de 200 policiers – des gendarmes mobiles, des CRS, des fonctionnaires de la police aux frontières (PAF), des hommes du commissariat de Dunkerque ont empêché toute entrée ou sortie au Puythouck. Les bénévoles des associations ont été escortés jusqu’aux abords du Puythouck pour les écarter du dispositif.

Ce n'est que lorsque le premier des douze bus mobilisés au transport des migrants  évacués s'est dirigé vers leur propre hôtel que les fonctionnaires de police de leur escorte se sont rendus compte de la délicatesse de leurs supérieurs.

Stupéfaits, les fonctionnaires de police ont alors prévenu leurs syndicats des risques que leur hiérarchie leur faisait courir. Il était inconcevable que des personnes évacuées le matin même contre leur gré partagent le même bâtiment le soir venu
"C'est la première fois que ça arrive", lance à franceinfo Christophe Canon, au nom des 22 CRS logés dans l’hôtel Première Classe de Rouvignies, près de Valenciennes.


"Evidemment, c’était une situation intenable pour les CRS. Il a fallu monter au créneau pour trouver un nouvel hôtel aux collègues", explique à franceinfo Christophe Canon, délégué du syndicat UNSA du Nord pour les CRS.

"Si on avait su, on aurait escorté directement les migrants à l’hôtel, plutôt que d’affréter des bus privés pour les acheminer," ironise-t-il.
"Maintenant, on cherche à savoir qui a pris cette initiative de débloquer des places dans le même hôtel que les CRS", poursuit le syndicaliste, certain qu’il ne s’agit pas d’une décision délibérée. "Mais il y a eu de toute évidence un dysfonctionnement. On cherche à comprendre pour que ça ne se reproduise plus."

Les CRS ont finalement changé d'hôtel

Le service logistique de la police a alors pris la décision de mettre en sécurité les fonctionnaires concernés dans un autre établissement, dans la même zone.

"C'est un couac dans l'organisation de la préfecture, dénonce le syndicaliste. Ce sont eux qui ont pris la réservation de l'hôtel." La préfecture aurait, selon le syndicaliste, été pris de cours devant le nombre de migrants. Sans place suffisante dans les centres d'accueil, ils se sont repliés sur cet hôtel de Rouvignies. "Nous allons demander à notre hiérarchie et à la préfecture de prendre des mesures afin que cela ne se reproduise pas".
Lors de l’opération d’évacuation de la 'jungle' du Puythouck, la préfecture a annoncé qu’elle avait pris en charge 557 migrants dont 60 enfants – seize personnes ont été interpellées, faisant pour la plupart l’objet de reconduite à la frontière.

Affectés à des missions de maintien de l'ordre dans des quartiers sensibles de Lille et de sa banlieue, les policiers étaient détachés spécialement à Grande-Synthe pour l'évacuation du camp. 

La préfecture n'a pas manifesté sa volonté de transparence avec franceinfo qui l'interrogeait. De son côté, le groupe hôtelier - Louvre Hotels Group, détenu (avec Kyriad et Campanile) par Starwood Capital Group (SCG), une société privée américaine de gestion d'investissements - affirme en revanche à franceinfo que le groupe de migrants n'est resté qu'une seule nuit dans l'hôtel.
En 2005, Starwood Capital Group fit l’acquisition du Groupe Taittinger et de sa filiale, la Société du Louvre et de ses sociétés affiliées, dont la Cristallerie Baccarat, l’Hôtel Lutetia, l’Hôtel du Louvre à Paris, l’Hôtel Martinez à Cannes et les parfums Annick Goutal
Or, la présidente des parfums Annick Goutal n'est autre que Brigitte Taittinger qui laissa toute la place aux Sud-Coréens d'Amore Pacific, propriétaires de l'entreprise, déjà propriétaire de la licence des parfums Lolita Lempicka. 
Et Brigitte Taittinger est l'épouse en secondes noces de Jean-Pierre Jouyet qui fut secrétaire général de la présidence de la République sous ...François Hollande, lequel a donné sa première conférence internationale rémunérée à l'occasion du "World Knowledge Forum", mardi 17 octobre 2017, à Séoul (lieu de naissance de Fleur Pellerin et de Jean-Vincent Placé qui furent ses ministres) en ...Corée du Sud. 

samedi 29 octobre 2016

Camps de migrants en France: Hollande promet l'intenable

"La France ne tolérera plus aucun camp de migrants", assure le président sortant

"La France ne tolérera plus de camp de migrants sur son territoire"

"Bons migrants" sélectionnés par la préfecture
C'est la dernière promesse en date d'un président sortant à 4% de confiance dans le pays. Samedi, François Hollande a aussi confirmé l'intention du gouvernement de mener la chasse aux migrants récalcitrants à ses CAO (Centre d'Accueil et d'Orientation), et a fait procéder à l'évacuation d'un nouveau campement à Paris dans le sillage de ceui, toujours en cours, de la "jungle" de Calais.
Entamée lundi dernier, l'opération de démantèlement du campement de Calais, où vivaient plus de 8.000 clandestins, était annoncée bouclée vendredi 28, mais devrait en fait se poursuivre jusqu'à ce lundi.

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Environ 5.000 illégaux ont été dispersés dans des centres d'accueil et d'orientation (CAO) disséminés sur le territoire.

Depuis novembre 2015, plus de 6.000 migrants en provenance de Calais ont été accueillis dans les 167 centres d’accueil et d’orientation dits 'historiques' (c’est à dire créés entre octobre 2015 et septembre 2016). Il a fallu demander aux préfets d'augmenter le nombre de communes impactées en créant 9.000 nouvelles places de CAO (soit 283 CAO supplémentaires), ce qui porte leur nombre total à 12.000 places (soit 450 CAO).
A noter que, selon le ministère de l'Intérieur,
"le Gouvernement est soucieux que l’insertion de ces CAO dans le tissu local qui les accueille continue de se réaliser dans la sérénité, comme c’est le cas depuis un an. C’est donc sur la base de critères démographiques [et non sociaux pré-existants] que les objectifs de capacités des CAO par région ont été fixés. Des concertations étroites ont été conduites avec les élus locaux qui ont été associés."
"Nous ne pouvions plus tolérer les camps et nous n'en tolérerons pas", a martelé le gros mou de l'Elysée à la presse dévote à l'issue d'une visite du centre d'accueil et d'orientation (CAO) de Doué-la-Fontaine (UMP), commune où est implanté un parc zoologique renommé, près de Saumur (PRG, Maine-et-Loire).

"Il y en a aussi à Paris et nous aurons à les évacuer"

Hollande  prend le problème à bras le corps, affirmant toutefois que seuls quelques-uns de ces migrants venaient de Calais. Entre 2.000 et 2.500 migrants auraient rejoint le campement sauvage qui s'est formé ces derniers jours dans le nord-est de Paris, dans le quartier de Stalingrad. Le camp "ne peut pas être une situation durable", a estimé François Hollande. "On ne peut pas laisser des personnes dans le dénuement, on ne peut pas laisser les riverains subir un certain nombre de désagréments."
"Ça, nous ne pouvons pas le tolérer et donc nous allons faire la même opération [à Paris] que celle de Calais, mais dans des conditions différentes, parce que ces personnes sont là depuis peu [depuis l'annonce du démantèlement de la "jungle" de Calais] et nous allons les accueillir [de force] dans les centres d'accueil et d'orientation dès lors que ces personnes relèvent du droit d'asile", a-t-il ajouté. Or, les fuyards n'auraient pas évité les rafles en cars s'ils étaient éligibles au statut de demandeur d'asile. Il existe actuellement 34 guichets uniques pour demandeurs d'asile répartis sur l’ensemble des préfectures du territoire métropolitain.

Devenu un symbole de la crise de l'accueil des clandestins, le démantèlement du campement de Calais a suscité cette semaine des tensions entre Londres et Paris concernant le sort des migrants mineurs isolés qui vivaient dans la "jungle".
Londres a appelé Paris à les protéger, suscitant la colère des autorités françaises [un mode de gouvernement socialiste, à l'instar de son chef, en état permanent de surchauffe] qui ont souligné avoir assumé leurs responsabilités "sans jamais se dérober" en "mettant à l'abri" 1.451 mineurs depuis le 17 octobre. 

"Il nous reste 1.500 mineurs isolés à Calais, ils seront très rapidement acheminés vers d'autres centres", a affirmé le chef de l'Etat. "Je me suis entretenu hier avec la Première ministre britannique; Bernard Cazeneuve l'a fait également avec son homologue la ministre de l'Intérieur du Royaume-Uni, pour que les Britanniques accompagnent les mineurs dans ces centres et puissent ensuite prendre leur part pour les accueillir au Royaume-Uni." La priorité de Hollande n'est clairement pas la jeunesse.

mardi 25 octobre 2016

La colère des policiers révèle une crise de régime, selon Jacques Sapir

Les victimes du laxisme et des partis-pris de Hollande se rassemblent

Des infirmiers et des pompiers se sont joints aux rassemblements de policiers, qui continuent dans toute la France.
 

Si ce mouvement se confirme dans les jours à venir, François Hollande n'en sera pas la seule victime, explique Jacques Sapir. Economiste, directeur d'études à l'EHESS, Jacques Sapir dirige le Centre d'Études des Modes d'Industrialisation (CEMI) et coorganise avec l'Institut de prévision de l'économie nationale (IPEN-ASR) le séminaire franco-russe sur les problèmes financiers et monétaires du développement de la Russie. Le 3 février 2014, sur le plateau de l'émission télévisée Mots croisés, Pierre Moscovici, alors désastreux ministre de l'Économie (écarté vers l'UE), face à Marine Le Pen, qualifia Jacques Sapir d'économiste "d'extrême droite", une diabolisation aussi classique qu'inapropriée provoquant une vague d'indignation parmi les militants de la gauche radicale et de nombreux soutiens à gauche.

Les manifestations non-autorisées de policiers continuent de se multiplier à Paris et dans de multiples villes de province. 


Strasbourg : les pompiers rejoignent les manifestations des policiers


Dans l'Est
, l
ors de la manifestation de Strasbourg, samedi 22 octobre, on a vu une vingtaine de pompiers se joindre aux policiers
D’après France 3 Alsace, une vingtaine de soldats du feu a rejoint la centaine de manifestants rassemblés place Kléber à Strasbourg, vendredi soir, troisième "nuit debout" en soutien aux forces de l’ordre mobilisées après l’agression de policiers au cocktail Molotov, le 8 octobre à Viry-Châtillon (Essonne).


Les policiers strasbourgeois rejoignent le mouvement de protestation

Dans le Sud, à Nice
des infirmières des services d'urgence, ont fait de même. 

Dans l'Ouest, à Brest, mardi 25 (ci-dessous), une manifestation hors cadre syndical a rassemblé 200 personnes hier soir, devant la mairie de Brest, explique France Bleu Breizh Izel. 
Outre les policiers, des pompiers en uniforme et des infirmiers du CHU de la ville étaient présents. Les manifestants ont entonné La Marseillaise, explique la radio.
"On travaille souvent avec eux, donc on est confrontés aux mêmes types de problèmes, même si nos missions à nous sont plus acceptées de la population, précise un pompier. On voit que leur travail est vraiment difficile dans certains secteurs".

Si limitées que soient ces manifestations de solidarité, l'évidence apparaît d'une potentielle extension du mouvement aux autres catégories sociales qui sont confrontées à la violence. Il faudra attendre naturellement la manifestation, autorisée celle-là, de mercredi 26 octobre pour juger de la dynamique réelle du mouvement. A cet égard, il est dommage qu'elle se tienne en plein milieu des vacances de la Toussaint, car les enseignants sont, à l'évidence, eux aussi concernés et auraient pu se joindre à cette manifestation. Aussi bien, les vacances dégagent du temps libre pour descendre dans la rue, un chemin qu'ils connaissent. Mais, en tout état de cause, ces manifestations et ce mouvement ont, à l'évidence, changé la situation politique. Ils marquent une césure brutale dont les différentes forces politiques seront obligées tenir compte. Une paradigme politique a fait son temps, un autre s'impose, comme ce fut le cas en 1958.


François Hollande, première cible et responsable des manifestations 

La principale victime est François Hollande. Dans le même temps où se développe le mouvement, les appels pour qu'il renonce à présenter sa candidature se multiplient. Ce qui n'est pas pour déplaire aux impétrants en embuscade. Mais, survenant alors que le président est durablement discrédité par ses "confessions" mais surtout par son addiction à la fréquentation des journalistes,  ce mouvement a,, semble-t-il servi de révélateur d'eux-mêmes parmi les "fidèles" du président "normal".

Certes, ces manifestations sont véritablement "extraordinaires". Rappelons d'abord que l'obligation de réserve limite les possibilités des policiers de se faire entendre et que leur droit de manifester est sévèrement réglementé. Rappelons, ensuite, que ces manifestations se déroulent alors que l'état d'urgence est toujours en vigueur ou que 1.250 des leurs sont actuellement engagés dans la dispersion des migrants -abusivement qualifiés de "réfugiés"- de la "jungle" de Calais, ainsi privés de la possibilité de manifester. Cazeneuve aurait dû en convoquer 500 de plus qu'il n'aurait pas retrouvés sous ses fenêtres...
S'il a eu raison de décréter l'état d'urgence à la suite des attentats de novembre 2015, Hollande a donc eu tort de vouloir le prolonger, prenant le risque d'en affaiblir la signification et la portée, car, ces manifestations de policiers traduisent l'impuissance du gouvernement à agir de manière décisive. L'état d'urgence avait pour but de répondre à une situation d'urgence, quitte pour cela à faire évoluer la loi et à modifier, si le besoin s'en faisait sentir, la Constitution. Mais, si François Hollande semble à son aise quand il s'agit de prononcer des discours ou de présider à des cérémonies commémoratives, force est de constater que l'action du gouvernement est restée très en deçà de ce qui était nécessaire.


Les zones de "non-droit", les "territoires perdus" de la République, n'ont fait l'objet d'aucune amorce de reconquête.
La "France périphérique" se sent toujours aussi abandonnée. Le gouvernement n'agit que quand la pression populaire lui devient insupportable, et encore agit-il alors dans l'urgence, sans plan d'ensemble, sans compréhension des interactions et des causes profondes des problèmes qui le font agir. Le règne du court terme, de l'urgence, est aujourd'hui absolu. Nous sommes dans la situation classique de nombreux dessins animés ou un personnage tente de remédier aux voies d'eau de son bateau en y mettant un, puis deux, puis trois doigts. Mais l'on sait bien comment cela se termine.

L'invalidation de la stratégie européiste
François Hollande est une des victimes du nouveau contexte politique, comme on le voit dans les sondages qui le donnent au plus bas (4% de popularité), mais ces manifestations de policiers le désignent
comme principal responsable de l'échec à la fois de son action et de sa méthode, tandis que l'opprobre frappe aussi le ministre de l'Intérieur, B. Cazeneuve, sans épargner Manuel Valls qui fut son prédécesseur (2012-2014). 

Certains de ses opposants socialistes n'échapperont pas au désamour qui aujourd'hui frappe le président. Les mêmes causes entraînant les mêmes effets, l'exaspération qui aujourd'hui saisit des segments entiers du peuple français envers François Hollande se manifeste déjà envers les élus socialistes. Elle se manifestera demain envers l'opposition, singulièrement A. Juppé, dont tout le monde comprend qu'il n'est que la pale copie de Hollande, en plus vieux et plus rigide, quelqu'un dont il ne faut rien attendre, ou envers François Fillon ou Bruno le Maire, à la différence de Nicolas Sarkozy dont a cessé de stigmatiser la différence. Quant à la "bulle" Macron, il en est de celle-ci ce qui en est de toutes les bulles qui se gonflent, qu'elles soient de savon ou financière, elle est en train d'éclater.

Plus largement,
la nouvelle situation politique en gestation depuis l'année 2015 et qui vient de révéler toutes ses implications au travers des manifestations de policiers, invalide radicalement les lignes politiques  dans la continuité de la politique suivie depuis une quinzaine d'années. 
D'où la panique qui semble régner au parti dit 'socialiste'. On dira que l'abandon de Hollande par certains de ses proches amis n'est  que l'illustration de la règle de politique politicienne: les rats quittent le navire en train de sombrer. Mais, les acteurs politiques ont ceci de moins que ces rongeurs qu'ils s'avèrent incapables d'innover. Hollande, sombre? Essayons Valls ou Ségolène Royale ou Hamon ou Montebourg… Tous, on déjà fait la preuve de leur incompétence et ils ne proposent que des variantes de la ligne hollandaise, avec une réserve pour Montebourg, qui doit cependant d'urgence clarifier ses positions sur l'Euro, sur l'Union européenne et sur la laïcité, et pour ce faire, ils doivent tous rompre radicalement et définitivement avec Terra Nova.

Un paradigme politique est donc en train de mourir sous nos yeux. C'est celui de l'Union européenne. Il a nourri une génération de femmes et d'hommes politiques, et cette génération a fait faillite. Il est temps qu'un autre lui succède. Mais, parce qu'ils sont incapables d'aboutir à cette conclusions, et d'en tirer toutes les conséquences, les politiques sont en train de plonger le pays dans une crise aux effets incalculables.

La force du moment souverainiste

La mélenchonisation du paysage politique est le signe que les yeux se décillent. Des sondages convergents le donnant actuellement entre 14% et 15% et régulièrement au-dessus de François Hollande. On peut penser qu'il a un potentiel pouvant monter vers les 18%. 

Seule, la direction du P 'C' F - qualifiée de 'gauche de la gauche' après avoir été 'gauche radicale', de peur d'avoir à assumer qu'elle est l'extrême gauche - ne semble pas l'avoir compris et ne veut pas le comprendre. Elle mène contre lui une guerre d'usure aussi imbécile qu'obstinée. Mais, cela n'étonnera personne quand on se souvient des positions de cette même direction en juillet 2015 sur la Grèce. Cette direction-là - comme celle d'Europe Ecologie-les Verts (EELV) - est prête à toutes les concessions, à toutes les bassesses, pour sauver le principe des désistements avec le P 'S', principe grâce auquel elle doit d'avoir encore des députés… Le P 'C' F est un parti-zombie. Le Parti communiste  prend donc le risque de couler avec Hollande et le P 'S' si elle ne change pas, du tout au tout, son attitude. Mais il y aurait à cela une certaine logique.  Sa seconde vie est appelée à n'être que la caricature de la première et à être des plus limitées…

Les manifestations de policiers signalent que la situation politique a pris désormais un cours nouveau. 
On assiste à l'effondrement, par pans entiers, de la stratégie européiste que défendent, chacun à leur façons, tant le P 'S' que Les Républicains. Le "moment souverainiste" qui est celui de J. Sapir, ce moment, dont il indiquait l'émergence dans un livre paru au début de l'année, est en train de s'imposer à tous avec une force de jour en jour plus redoutable. Les différents candidats souverainistes devraient en profiter.