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vendredi 12 mai 2017

Investitures aux législatives : Berné, Bayrou traite de "secte" le mouvement de Macron

Macron trahit Bayrou, traître de Juppé, lequel est pressenti pour un retour à Matignon : 
vers un assainissement de la vie politique ?

Bayrou en colère, bavures et confusion, premiers pas incertains de l'apprenti président Macron 

Une autre si "Belle Alliance Populaire"
Bayrou, cocu historique du théâtre politique de Guignol.  Bayrou est à nouveau en crise. Cet éternel incompris n'a pas compris que Macron l'avait exploité. Le jeune banquier n'est pas avec les analystes politico-médiatiques sur la même longueur d'ondes éthiques. Tous ont estimé que les quelques points apportés en dot par Bayrou au jeune épousé de l'Elysée avaient fait la différence durant les préliminaires du premier tour, mais l'heureux élu du coeur d'une minorité d'électeurs est persuadé qu'il ne doit qu'à son seul mérite d'être au sommet de la pyramide humaine hexagonale. Il faut un ego sur-dimensionné pour gagner : c'est celui qui a la plus grosse ...estime de soi qui remporte le morceau.  Qui l'eût cru, pourtant ? 

Bayrou est en colère contre Macron 

En Marche ! multiplie couacs et flatulences avec élégance. 
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Bayrou a la narine délicate et il hausse le ton face à Macron. Par voie de presse, toutefois : un porte-feuille de garde des Sceaux reste en jeu. 
Après l'euphorie de la victoire, voici déjà venu le temps des premiers accrochages dont on croyait révolu le temps, à en croire les beaux parleurs du camp Macron, des communicants policés : ses VRP ont le teint hâlé, la barbe finement sculptée et le ton toujours égal aux lèvres, sur des dents acérées, mais étincelantes. 

Le président du machin qu'il appelle MoDem, François Bayrou, se mord déjà les doigts jusqu'au sang d'avoir fait le choix de rallier l'ancien ministre de Hollande dès l'éviction de son vieux compagnon de route à la primaire de la droite et du centre, le maire septuagénaire de Bordeaux. Il n'a pas vraiment apprécié la liste des investitures pour les législatives présentée jeudi par 'La République en marche' (REM). Le maire de Pau a éructé le refus de son "assentiment" et dans la bouche d'un bègue, ça tonne ! "C'est une opération recyclage du Parti socialiste. La grande lessiveuse. Je ne laisserai pas faire ça", a-t-il promis devant L'Obs, le soir même. 

Le centriste ne digère pas le sort réservé aux candidats de son parti, d'autant moins que d'anciens ministres de François Hollande peuvent désormais compter manger la poule au pot chaque dimanche. Seulement 35 candidats du MoDem ont été investis, au lieu des 120 promis en échange de l’apport qu’il a fourni au candidat pendant sa campagne électorale. 
Le maire de Pau qualifie En Marche ! de... "secte" !

Emmanuel Macron et son mouvement vont devoir  sortir d'une logique sectaireAprès une discussion orageuse avec Richard Ferrand, secrétaire général d’En Marche !, Bayrou a convoqué un bureau politique du MoDem pour ce vendredi soir. Pour mieux faire monter les enchères ? Bayrou est opposé aux tractations de marchands de tapis, mais en chef de parti en voie d'extinction, un sou est un sou et chaque siège peut rapporter gros aux finances du MoDem. 

Porte-parole d'Emmanuel Macron, Christophe Castaner a tenté de calmer le jeu. "Nous avons pris connaissance du souhait de François Bayrou de poursuivre la discussion et nous allons la poursuivre," a déclaré jeudi le maire de Forcalquier, non sans grandeur compassionnelle. "L'importance de François Bayrou au côté d'Emmanuel Macron est essentielle; c'est pour cela qu'il faut trouver des terrains d'entente", a susurré Castaner à l'heure de la berceuse.  "Il y a une discussion, les choses vont se détendre," a-t-il ajouté, comme s'il suçait un bonbon.

François Bayrou : "Macron va devoir changer de logique" 
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En effet, la colère de François Bayrou n'est pas la seule bavure de la journée, pour l'équipe de néophytes : anciens exécutants de l'ombre ou faire-valoir dans la lumière, les rôles d'appoint sont passés acteurs. Et ils cherchent encore comment occuper l'espace scénique et placer leur voix

A peine proclamés sur la liste des investitures, plusieurs personnes investies à l'insu de leur plein gré ont dû aussitôt démentir la fausse information de leur candidature. Alors qu'En Marche ! venait d'annoncer qu'il serait candidat dans la 1re circonscription du Var, Mourad Boudjellal, président du club de rugby de Toulon, s'est ainsi défendu d'avoir fait acte de candidature ! Une bavure loin d'être isolée. 
Investi dans son dos par le mouvement d'Emmanuel Macron, François Pupponi, député PS sortant de la 8e circonscription du Val-d'Oise, dit  lui aussi "être tombé de sa chaise". "Je n'ai ni adhéré à En marche !, ni demandé l'investiture de ce parti. La seule investiture que j'ai demandée est celle du Parti socialiste", a-t-il protesté sur France Info, chaîne amie de Benoît Hamon... Les 'fake news' continuent de polluer l'air aseptisé de Macron, utilisateur compulsif de lingettes (cf. la video ci-dessous), mais ni les réseaux sociaux, ni l'extrême droite américaine ne peuvent être incriminés. Poutine, peut-être ! 

VOIR et ENTENDRE Ponce Pilate s'en laver les mains :

Dans la soirée, Anormal 1er a fait publier une liste rectifiée par En marche!. Non, pas d'enrôlement de force, donc; aucun candidat n'a été mis devant le fait accompli. "Un tel climat de confusion est plutôt inhabituel dans l'entourage d'Emmanuel Macron," a aussitôt assuré l'AFP, reprise par la fainéants des salles de presse pléthoriques où personne ne sait ce qu'il a à faire et pour quelle tâche il est payé, sinon diffuser les éléments de langage officiels. Il reste que cette preuve d'amateurisme rappelle les couacs de Hollande, autre président sans expérience, livré à lui-même sans un proche pour lui tenir la main. Et établit la filiation dont la France n'avait pas besoin à nouveau. 

Au-delà de cette désolation de mauvais augure, que faut-il retenir des investitures de la République en marche (REM) ? 

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Ils se sont tellement aimés
Sélectionnés à partir de "19.000 dossiers" déposés, soit 25 postulants par siège, les 428 candidats investis ne couvrent qu'à peu près trois postes sur quatre. Le volant restant, 150 député(e)s virtuels en attente de campagne à quatre semaines de l'échéance, constitue un reliquat qui autorise toutes les tractations et ajustement, mais aussi les marchandages de dernière minute que Macron prétendait éradiquer des moeurs politiques en vigueur.

Suspicion officielle sur les personnels expérimentés (et mûrs) de la République

Il y a "52% de candidates et candidats issus de la société civile au sens qu'ils n'ont jamais exercé de mandat électif", a indiqué jeudi Richard Ferrand. Ce conseiller régional de Bretagne depuis sept ans et député du Finistère depuis cinq a-t-il une si piètre opinion de ses confrères et -soeurs bretons, tel Le Drian, 70 ans, qu'il ne jure que par la société civile et l'expérience acquise hors du giron de Marianne ? Conseiller général du canton de Carhaix (Finistère), est-il gagné par l'esprit contestataire véhiculé par son maire régionaliste DVG, Christian Troadec, activiste du mouvement des Bonnets Rouges, mouvement protestataire breton apparu en octobre 2013, en réaction aux mesures fiscales contre la pollution des véhicules de transport de marchandise et les nombreuses fermetures d'usines dans l'agroalimentaire.

Le secrétaire général du mouvement a aussi fait état d'une "parité réelle" avec 214 candidats femmes et 214 hommes. 

Et, annonçant un quinquennat de comptables, il a sorti toute une série de chiffres : 93% des candidats sont aujourd'hui en activité professionnelle ; 2% en recherche d’emploi ; 4% retraités et 1% étudiants. 

L'âge moyen est de 46 ans, "contre 60 ans pour la moyenne des députés sortants". Le candidat le plus jeune a 24 ans, le plus âgé, 72 ans.

95% ne sont pas des députés sortants. 
Mais tous les députés sortants investis sont socialistes. Ils sont pour l'instant 24. En revanche, pour l'heure, En marche! n'a réussi à débaucher aucun postulant Les Républicains. Le premier qui bougera sera encensé.

Mais des circonscriptions ont été volontairement laissées libres pour investir d'éventuels transfuges d'ici mercredi.
Bien qu'il se défende de prolonger les vieilles pratiques, Macron veille ne pas présenter de candidat face à des personnalités prêtes à travailler avec 'La République en marche.
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Mauvaise année pour les François
Ainsi, Manuel Valls, traître à Hamon, sera récompensé et ne trouvera pas la socialiste annoncée face à lui. Le PS n'a pas voulu priver le président Macron d'un homme d'une telle probité exemplaire. Manuel Valls est absent de cette liste En marche!. La demande de l'ex-Premier ministre, qui quémandait une investiture La République en marche (REM), n'a pas été honorée, sachant que la formation du nouveau chef de l'Etat - qu'il a déclaré "parti mort" - opterait néanmoins pour un compromis ménageant le traître et fossoyeur du parti de Jaurès. Pour éviter toute humiliation, aucun candidat REM ne sera désigné pour le défier – et potentiellement le faire battre – à Evry. Macron règle le cas Valls : ni investiture, ni humiliation. De Hollande, Macron a hérité aussi le sens du compromis...

Dans cette liste, figurent quelques OVNI, comme le mathématicien Cédric Villani, ou des protégés de Hollande, tel, à Rennes, Gaspard Gantzer, conseiller du président sorti François Hollande, chargé à l'Elysée de la brillante communication qui en a fait la risée du monde entier.  Investiture d'ailleurs dénoncée par Jean-Yves Le Drian.

Des candidats En Marche ! que personne ne connaît, une gauche KO, une droite déterminée à la reconquête, des triangulaires en pagaille, voire des quadrangulaires, les Français vont demander grâce...

Reste à connaître le nom du Premier ministre.
On subodore qu'il pourrait être marqué à droite, mais pas trop. Or, après "Les coulisses d'une victoire", documentaire diffusé sur TF1 au lendemain de la victoire d'Emmanuel Macron, le magazine "Envoyé Spécial" de France 2 diffusait à son tour, jeudi soir, un long reportage sur la campagne du leader En Marche !. Un document dans lequel on entend notamment l'ancien ministre de l'Economie expliquer, au lendemain de la victoire de François Fillon à la primaire de la droite et du centre, comment il compte "déstabiliser" une partie de la droite. Une séquence qui éclaire la recomposition politique et les grandes et petites manœuvres actuelles. 
Un Juppéiste ferait l'affaire. Et le nom d'Edouard Philippe circule. Avec d'autant plus d'insistance que Bayrou est prêt à renverser la table.

 

lundi 26 octobre 2015

Régionales: Le Drian, candidat PS du dimanche

Le ministre de la Défense se... défend de négliger les militaires pour les électeurs de Bretagne 

"Alors, on reste ministre ou on revient en Bretagne ?"

Tout dépend du scrutin des Régionales: sera-t-il renvoyé à ses huîtres de Cancale ? Sa victoire atténuerait la débâcle qui menace le PS, mais il n'est populaire que dans la presse dévote, car les Français n'aiment pas la guerre et il la mène pourtant au Mali, en Centrafrique et en Syrie: ça fait beaucoup pour les pacifistes et pour les finances de l'Etat, donc les impôts et le manque de crédits pour les régions. 
"On revient en Bretagne ! Si les électeurs le veulent," a reconnu Jean-Yves Le Drian hier matin, au marché des Lices, à Rennes. Le JDD s'y trouvait, au côté du socialiste Le Drian, ministre en semaine, candidat le dimanche. 
 "On le remercie, on le félicite, on se fait prendre en photo avec lui, tel ce grand jeune homme en marinière, soldat du 2e Rima du Mans," écrit le Journal du Dimanche. Le journaliste est tombé sur le client qu'il fallait, "revenu du Mali et ému [sic] de croiser celui qui l'y a envoyé". On ne dira pas au casse-pipe. 
Le 18 février 2014, le président Hollande a rendu hommage aux soldats musulmans morts pour la France lors des deux guerres mondiales, en inaugurant à la Grande mosquée de Paris un monument en leur mémoire, mais qui a fait le compte des militaires de Hollande et Le Drian morts en Afrique ? 

Le ministre de la Défense est en campagne pour les régionales.
Les Bretons ne sont pas des veaux.

Mais sont-ils des cochons ?
Il est donné vainqueur, par les sondages. C'est dire que les Bonnets rouges hostiles à l'écotaxe, les exploitants agricoles de la filière porcine et ceux de l'agro-alimentaire sinistré vont voter Le Drian ?  Ils n'ont plus de mémoire, les Bretons ? 

Avec le Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées et l'Aquitaine-Poitou-Limousin, la Bretagne est l'une des rares régions que la gauche pourrait conserver en décembre, quoi qu'il soit arrivé et malgré un tissu économique breton resté fragile. Ainsi auraient-ils oublié le séisme industriel et social, les restructurations dans les télécoms, l'automobile et l'agroalimentaire, des milliers de suppressions d'emplois et leurs cortèges de drames humains ?...

En décembre 2013, le gouvernement Ayrault a certes mis les moyens pour acheter les Bretons - et les carrières régionales de trois ministres (JY. Le Drian, Marylise Le Branchu et Clotilde Valter, sans compter B. Hamon) - , dégageant des crédits  - 2 milliards d'euros -  pour mettre en place un pacte d'avenir spécifique, pour faire face à la crise économique en Bretagne. Un an après, le Premier ministre s'est rendu à Brest pour tirer les dividendes de la solidarité nationale. Des rassemblements à l'appel de l'intersyndicale FO-CGT-Sud-Solidaires-Unef avaient toutefois stigmatisé la venue du Premier ministre, réunissant plusieurs centaines de personnes.


Tout ça pour finalement voter Le Drian ?

Hollande a envoyé un ministre en détachement.
L'exécutif veut à tout prix sauver une Bretagne revenue de ses choix socialistes de 2004 et 2010 et se mettre un peu de rose au coeur au soir de la débâcle annoncée du PS au second tour. Un sondage lui donnait  32 % des suffrages: ce serait deux fois plus que la liste de son principal opposant, le député Marc Le Fur (16 % d'intentions de vote). Mais ça, c'était avant.
Un nouveau sondage commandé à BVA pour la presse régionale et publié vendredi indique à nouveau une victoire probable de J-Y Le Drian lors des élections régionales du mois de décembre.Le sondage, réalisé sur un échantillon 806 personnes choisies pour leur représentativité supposée, est révélateur d’une fracture profonde entre les élites et le peuple : 45% des électeurs ne sont pas intéressés par ces élections (32% pas vraiment, 13% pas du tout et 4% ne se prononcent pas). A noter qu’un tiers des moins intéressés sont les jeunes de moins de 35 ans alors que les retraités sont 65% à se déclarer intéressés par ces élections, signe là encore du fossé qui se creuse entre générations privilégiées et au pouvoir et générations sacrifiées et précaire. 
Au premier touravec 37% de sondés n’ayant pas exprimés d’intention de vote, la liste de Marc Le Fur (LR, ci-contre) arriverait en tête avec 30% des voix, devant la liste Le Drian (26 %), la liste Pennelle (FN, 16%) et la liste Troadec (extrême gauche, 9%). Des résultats qui contredisent le sondage publié la veille par IFOP. A noter le 1% réalisé par la liste Bertrand Deléon et le 1% de Breizhistance ce qui donnerait à la tendance régionaliste/autonomiste un poids beaucoup plus important qu’à l’accoutumée (11% d’autonomistes ou indépendantistes déclarés à additionner aux quelques personnalités présentes sur les listes Le Fur et Le Drian). EELV (7 %) et le Front de Gauche (4%) seraient en régression. Dans cette configuration, au second tour, la liste de Jean-Yves Le Drian l’emporterait avec 46% des suffrages devant la liste Le Fur (36%) et la liste Pennelle (18%). 39% des sondés n’ont pas donné d’intention de vote sur ce tour.La liste Troadec du meneur des Bonnets rouges constitue une inconnue. Créditée de 10%, elle n’assurerait plus Jean-Yves Le Drian d’une victoire, hormis si Christian Troadec venait à négocier – ce que les responsables de la liste 'Oui la Bretagne' avaient pourtant exclu.

"Je serai président de région," clame Le Drian 

A 68 ans, Le Drian veut retourner chez lui. Comment se peut-il portant  qu'un si subtile ministre de la Défense déserte le front d'une France en guerre ? Émile Coué de La Châtaigneraie, auteur de la célèbre méthode de développement personnel fondée sur l’autosuggestion (la méthode Coué) n'était pas breton, mais Le Drian prend le risque de prendre une châtaigne. 

Les visites du ministre resteront secrètes jusqu'au dernier moment.
Pour des raisons de sécurité, nous assure-t-on. De discrets gardes veillent en effet sur ce divin corps: les terroristes en sont obsédés. Mais en faisant campagne en catimini, Le Drian fait la preuve de sa suffisance. A moins que ce ne soit aussi le comble de l'autogestion de sa valeur personnelle. 
"Je ne fais campagne que le week-end. En cas d'urgence, je rentre immédiatement. Je suis informé en permanence", explique le ministre qui, en dix jours, vient de faire 17 navettes.
Ambigu ou réaliste, François Hollande lui a demandé de rester en poste jusqu'à l'issue du scrutin. Prudent ou solitaire, il lui a aussi rappelé la règle du non-cumul. Pas tout-à-fait sûr de la victoire de ce fidèle, le chef de l'État craindrait toutefois qu'il parte en cas de succès. 
Le Drian promet de ne pas installer au conseil régional un vice-président temporaire, son homme de paille. "Je serai président de région", insiste-t-il. 

Sans doute quitterait-il d'ailleurs son ministère en cas de défaite. C'est  la rumeur que distille son entourage, histoire de ne pas passer pour le général qui abandonne ses hommes en rase campagne africaine. Le retour à la région était prévu, bien qu'un faux suspens ait été entretenu : "En mai 2012, j'avais dit aux Bretonnes et aux Bretons que je reviendrai. Je suis là". La discussion avec François Hollande fut tout aussi claire : "Tu connais mon attachement et j'ai pris un engagement", lui a-t-il expliqué. 
Les Bretons sont menés en bateau, mais les marins savent qu'après le naufrage, la mer ne rend pas les corps.

"La France est en guerre, mais la Bretagne est en crise"

A 68 ans, à l'aube de sa treizième campagne, l'ancien maire de Lorient serait un revenant au Conseil régional de Bretagne et il est serein, bien qu'il n'incarne donc pas le renouvellement promis des cadres territoriaux. 
Il bénéficie de l'effet 'unité nationale' face au terrorisme, et pour un élu Les Républicains, comme le sarkozyste Henri Guaino, il est "un bon ministre". 

La partie paraît toutefois moins aisée que par le passé. 
La droite a progressé dans la région : elle a enlevé le fief socialiste des Côtes-d'Armor cette année. Avec le Morbihan, Les Républicains dirigent donc deux départements bretons sur quatre. Lors des Européennes, le PS s'est classé troisième à 16%. 
Le vote sanction menace donc, aussi, les socialistes bretons. 
Et Le Drian fait du terrain, escorté de militants, comme ici à Rennes. Lors des précédentes élections régionales, en 2004 et 2010, Le Drian était arrivé en tête au premier tour avec plus de 37% des voix à chaque fois. Cette année, il serait certes en tête, mais avec 5 à 11 points de moins, selon les sondages. 

"La France est en guerre, mais la Bretagne est en crise", souligne Marc Le Fur, chef de file des listes d'union de la droite et du centre, qui pointe la hausse du chômage. 

La surprise du scrutin est la présence d'une liste Bonnets rouges, portée par Christian Troadec, maire de Carhaix et héraut du mouvement. "Nous sommes la troisième voie régionaliste", clame-t-il avant le premier tour. Créditée de 10% environ des voix, Troadec est susceptible de se maintenir au second tour. La présidence de Bretagne se jouerait alors en quadrangulaire, le FN semblant aussi en mesure de franchir le cap. 

Le ministre a profité de son week-end pour assister au derby breton entre le FC Lorient dont il est président d'honneur et le Stade rennais. Match nul. L'heure n'est pas encore aux célébrations.

samedi 22 février 2014

Notre-Dame-des-Landes: manifestation à Nantes contre l'aéroport de Ayrault

Les opposants à l'aéroport atterrissent à nouveau dans les rues de Nantes

Plusieurs milliers d'opposants à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes doivent manifester samedi après-midi dans les rues de Nantes

Ils veulent réaffirmer leur refus du projet de transfert de l'actuel aéroport vers celui qui doit être construit dans le bocage à 15 km au nord de la ville d'ici 2020.Le projet est de construire une plate-forme économique "Grand Ouest" d’envergure internationale allant de Nantes à Saint-Nazaire, qui ne formeraient plus qu’une seule et grande métropole. La réalisation de cette plate-forme demande de maîtriser tant le ciel et la mer, que la terre à travers le remplacement de l’actuel aéroport de Nantes par un nouveau à Notre-Dame-des-Landes, mais aussi l’agrandissement du port de Saint-Nazaire, la construction de nouvelles routes et autoroutes…

Sont mobilisées es différentes composantes de l'opposition à ce projet,
des associations comme l'ACIPA (Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes), agriculteurs proches de la confédération paysanne, le CéDpa (Collectif d'élus doutant de la pertinence de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes) ou l'Adeca (Association de défense des exploitants concernés par l'aéroport), mais aussi des personnalités politiques et des militants anti-capitalistes de l'extrême gauche.

A trois jours de la mobilisation, Julien Durand, porte-parole de l’ACIPA, précisait le but de cette journée: "maintenir le débat sur le projet pendant les élections municipales et européennes, afin de dénoncer tous les mensonges" autour des études réalisées pour l’aéroport. Le mouvement qui avait quelque peu décliné il y a quelques mois, a redémarré à l’automne, lorsque tout semblait prêt pour accueillir le début du chantier. Et les 150 à 200 "zadistes", c’est-à-dire les habitants/occupants de la Zone A Défendre, présents au quotidien, se serrent les coudes. Au-delà de l’occupation, "nous proposons également une autre vision des choses", affirme un agriculteur de la zone. Contrairement à ce qui a pu être dit ou écrit, les 1.650 hectares de cette ZAD sont tous cultivés, rappelle ce zadiste menacé d'expulsion.

Parmi les personnalités politiques annoncées, Jean-Luc Mélenchon, coprésident du Parti de gauche, plusieurs personnalités altermondialistes d'Europe Ecologie-Les Verts parmi lesquelles José Bové, Eva Joly, mais aussi, à titre personnel, Christian Troadec, le maire DVG de Carhaix (Finistère) et leader des Bonnets rouges.

Le début du défilé est prévu à 13H00 à la préfecture

La participation des anti-libéraux anarcho-révolutionnaires à la manifestation et des précédents de violences a provoqué une modification du tracé de la manifestation par la préfecture de Loire-Atlantique vendredi par arrêté, afin qu'elle évite l'hypercentre commerçant et les banques, comme cela était initialement prévu par les organisateurs.

En contournant le centre ainsi que la principale avenue de Nantes, le cours des 50 otages, le cortège doit arriver sur le square Daviais, au milieu d'un large terre-plein de parking et de pelouses, au pied des vieux quartiers nantais. Les tracteurs doivent en majorité s'y rendre directement et c'est là que sont prévues les prises de parole.
Plus de 200 tracteurs et 60 cars sont prévus, mais les organisateurs de la manifestation n'ont pas souhaité donner le nombre de manifestants attendues.
Un important dispositif de maintien de l'ordre - autour d'un millier d'hommes des forces de police et de gendarmerie - est mobilisé. Certains transports en commun et parkings nantais annonçaient déjà à leurs usagers vendredi qu'ils ne pourraient pas assurer leur service samedi après-midi. En mars 2012, environ 200 tracteurs et de 4.000 à 10.000 manifestants avait défilé lors de la dernière grande manifestation.

La manifestation est organisée deux mois après la publication des arrêtés préfectoraux autorisant le début des travaux préalables à la construction de l'aéroport
Les travaux n'ont toujours pas commencé: municipales obligent... Si des recours ont été déposés contre ces arrêtés, ils n'ont pourtant pas de caractère suspensif, mais ltransfert des espèces, diagnostics archéologiques et défrichage prennent néanmoins un temps infini.

A un mois du premier tour des élections municipales, le projet de Jean-Marc Ayrault handicappe sa poulichela candidate socialiste Johanna Rolland. 
L'ancien maire de Nantes et actuel premier ministre est en effet initiateur du projet de transfert de l'aéroport qui met la zone à feu et à sang depuis l'origine, dans les années 70, faute de concertation.
C'est aussi la première fois depuis plusieurs mandatures que socialistes et Europe Ecologie-Les Verts ne font pas liste commune au premier tour des municipales à Nantes, en grande partie en raison de leur divergence sur le projet d'aéroport.
Le trouble règne aussi au sein du PS, selon un membre de l'ACIPA: "Monsieur Mareschal (ancien président du Conseil général de Loire-Atlantique) a admis que le débat n’a  pas été mené correctement. Et lorsque l’on apprend qu’une partie de la commission agricole du PS appelle à manifester samedi, on se dit que c’est le fouillis pour eux".

Depuis l'arrêt d'une première opération d'expulsion des opposants installés sur le site, en novembre 2012 à la suite d'intenses affrontements avec les forces de l'ordre, 
les travaux préalables qui auraient dû se dérouler au premier semestre 2013 n'ont pratiquement pas avancé. Et l'inauguration du futur aéroport, prévue initialement en 2017 est désormais envisagée seulement "en 2019 ou avant 2020" par les partisans du transfert.
Le projet de transfert de cet aéroport, déclaré d'utilité publique en 2008, est justifié par ses partisans par le risque de saturation de l'actuel aéroport de Nantes Atlantique, ainsi que par les entraves qu'il génère sur les constructions du centre de Nantes, soumises au bruit des avions.

Après une prétendue phase de "concertation" et de "dialogue" destinée à apaiser le débat en 2013, les travaux auraient dû démarrer après la publication le 20 décembre 2013 des arrêtés préfectoraux les autorisant.

dimanche 24 novembre 2013

A Morlaix, l'intersyndicale contre les Bonnets rouges s'est ridiculisée

En Bretagne, les syndicats prennent un râteau

Seulement quelques milliers de salariés ont manifesté ce samedi 23 à l'appel des organisations syndicales

Dans l'espoir de 
reprendre la main contre les Bonnets rouges, ils ont réclamé des mesures en faveur de l'emploi. 
La sémantique ne nourrissant pas son homme, l'annonce du  gouvernement de l'ajout d'une dimension sociale au "pacte d'avenir" n'a convaincu personne: le compte ne semble pas y être, une fois de plus.

Les syndicats ont bien moins mobilisé, hier, que les Bonnets rouges début novembre à Quimper.
Les représentants des travailleurs espéraient reprendre la main en réclamant des mesures sociales. Mais la hargne est mauvaise conseillère car, encore moins nombreux à Carhaix (700) qu'à Quimper le 2 novembre dernier, où les organisateurs avaient recencé 30.000 (15.000 participants, selon la préfecture), les syndicats qui soutiennent l'écotaxe voulue par les altermondialistes d'EELV n'ont réussi à mobiliser qu'entre 4000 et 8000 personnes.
VOIR et ENTENDRE un écologiste se révolter contre l'écotaxe et les charges fiscales:



Les salariés ont pourtant manifestédans plusieurs villes bretonnes hier samedi

Alors que FO s'était abstenue de cette démonstration de déconnection de la base,
les manifestations organisées à l'appel de sept syndicats régionaux, CFDT, CGT, Solidaires, CFTC, Unsa, CFE-CGC et FSU, ont rassemblé 2200 manifestants à Rennes selon la police, (3000 selon les organisateurs), 750 à Saint-Brieuc (2000 selon les syndicats), et 1100 personnes à Lorient (3000 selon les organisateurs) où défilaient Thierry Lepaon et Laurent Berger, les deux leaders de la CGT et de la CFDT. Seule Force ouvrière-Bretagne s'est désolidarisée de l'intersyndicale, comme FO a déjà rejeté, au niveau national, l'appel de la CFDT et de la CGT à constituer un front uni face à la "gravité de la situation"  du pays et "la menace populiste"
Mais des drapeaux de FO flottaient dans le ciel rennais, le syndicat ayant appelé dès octobre à manifester en Ille-et-Vilaine contre les plans de licenciements. Les manifestations devaient se poursuivre plus tard dans la journée à Morlaix, en présence du secrétaire général de la CGT.

Les sifflets de la CFDT contre les Bonnets rouges 

L'intersyndicale entendait peser sur le "Pacte d'avenir pour la Bretagne" lancé par le premier ministre Jean-Marc Ayrault mi-octobre pour tenter de trouver des solutions à la crise, amplifiée par le rejet de l'écotaxe poids-lourds

L'objectif inavoué des syndicats étaient aussi de reprendre la main sur les "Bonnets rouges". Leur manifestation pour l'emploi et contre l'écotaxeavait mis en rage les conservateurs favorables à la relance de la "lutte des classes":  le rassemblement de Quimper avait en effet réuni une foule importante de salariés, de chefs d'entreprises, d'élus, de militants politiques et régionalistes motivés par une cause commune, l'emploi, plutôt qu'une lutte d'influence. 

Les manifestations se sont donc déroulées dans un esprit de rivalité, sans aucun bonnet rouge, malgré la présence à Lorient de Christian Troadec, maire régionaliste divers gauche, et qui a dû essuyer des quolibets. "Il y a une montée des poujadismes", a estimé devant la presse Laurent Berger au départ du cortège lorientais, alors qu'il était interrogé sur la présence dans le cortège du maire de Carhaix, porte-parole du collectif "Vivre, décider et travailler en Bretagne", à l'origine du mouvement des "Bonnets rouges". "C'est une manifestation syndicale; il faut arrêter de mélanger les genres", a lancé Laurent Berger.

Résolument recentrés contre la politique socialo-écolo, les manifestants ont défilé en arborant les slogans "Zéro chômage", "La mort de l'emploi", "Interdiction des licenciements. Partage du travail entre tous". "Pas de pacte d'avenir, des emplois maintenant", criaient les manifestants FO, dont le responsable pour le département, Fabrice Lerestif, a rejeté les engagements de Guillaume Garot sur le pacte d'avenir. 

Poussé en première ligne samedi matin sur Europe 1, alors que les Bretons appellent son ministre de tutelle, le Breton Stéphane Le Foll, à la démission, Garot, le ministre délégué à l'Agroalimentaire avait tenté de convaincre que les questions sociales ne seraient pas oubliées dans le pacte promis par Jean-Marc Ayrault. "Hier [vendredi] j'étais avec Michel Sapin, le ministre du Travail, à Brest, nous avons organisé une conférence sociale pour discuter directement avec les organisations syndicales, ouvrières et patronales, de cette dimension sociale qui sera donnée au Pacte d'avenir, et en particulier sur les questions agroalimentaires qui sont une part importante de l'économie bretonne", a raconté Guillaume Garot. 
Dans l'incapacité d'entrer dans les détails, le ministre a affirmé que les questions relatives à "la formation, l'accompagnement des personnes licenciées, les conditions de travail" seraient intégrées, invoquant des "mesures d'urgence", notamment pour le site de l'entreprise d'abattage Gad de Lampaul-Guimiliau (Finistère) vouée à la fermeture.

Un pacte insuffisant

Une déclaration de bonnes intentions insuffisantes pour les syndicats. Le gouvernement "n'a pas grand chose à donner, alors il donne quelques gages à ceux qui vont manifester en disant 'pacte d'avenir', histoire de faire baisser la tension et éviter la contagion à d'autres régions", a affirmé Fabrice Lerestif.

Les manifestants ont dénoncé les restructurations qui frappent des entreprises bretonnes.
"Après l'automobile, l'agroalimentaire; qu'est-ce qu'il restera après? Les agriculteurs commencent à descendre dans la rue, ça fait beaucoup", s'inquiétait Claude Le Meur, salarié CFDT de PSA à Rennes. Au-delà du "pacte social", tous exigent que les salariés participent effectivement à la réflexion sur les mutations économiques et industrielles dans la région.

Une manifestation de Bonnets rouges au pied d'un portique écotaxe
Moins d'une trentaine de militants (mais une quarantaine pour France 3) a manifesté au pied d'un portique écotaxe à Montauban-de-Bretagne (Ille-et-Vilaine), en marge des manifestations qui se tenaient ce samedi.
Le rassemblement qui s'est déroulé entre 10 heures et midi se réclamait du mouvement des «Bonnets rouges» et répondait à un appel lancé sur les réseaux sociaux. La manifestation s'est déroulée dans le calme.
VOIR et ENTENDRE de ces "nigauds", comme ceux de Quimper, discriminés par Mélenchon qui les avait décrits comme des "esclaves [qui] manifesteront pour les droits de leurs maîtres":

Un important dispositif de gendarmes mobiles avait été déployé, mais il n'y a pas eu lieu de bloquer la circulation sur la RN 12 qui relie Rennes à Saint-Brieuc.