POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

Affichage des articles dont le libellé est Le Fur M. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Le Fur M. Afficher tous les articles

lundi 26 novembre 2018

Les députés ne paieront plus la CSG que sur leur indemnité parlementaire

Les députés paieront la CSG seulement sur leurs frais de mandat parlementaire

Les députés se sont bien protégés : leur CSG n'affecte plus qu'une part minime de leurs ressources de parlementaires

Document 'Le Media pour Tous'
Ils sont tenus de s'acquitter d'une CSG-CRDS d'un montant de 699,35 euros, indique le site de l'Assemblée.

Or, ils se sont voté la suppression de leur CSG sur l'indemnité représentative de frais de mandat (IRFM) d'un montant de 5.840 euros bruts, à compter du 1er janvier 2018 : article 20 de la loi "pour la confiance dans la vie politique" du 15 septembre 2017 , ex-loi de ...moralisation !
Cette indemnité (IRFM sert à faire face aux diverses dépenses liées à l'exercice du mandat (loyers de permanence, transports en circonscription) non prises en charges ou remboursées par l'Assemblée Nationale. Alors que l'IRFM était soumise à la CSG (à hauteur de 467 euros par mois), le nouveau système de remboursement sur justificatifs qui la remplace est lui exclu de la base CSG-CRDS.

Ce changement amène une suppression de la cotisation sociale généralisée (CSG) pour les parlementaires dans un contexte où elle devrait augmenter d'1,7 point pour l'ensemble des Français en 2018. Un député y voit là une "exonération d'impôt inexplicable".

"Très franchement, comme beaucoup de députés, j'ai découvert ce point avec l'intervention de Marc Le Fur (jeudi à l'Assemblée nationale)", assure le député la France Insoumise Eric Coquerel, contacté par LCI au sujet de la suppression de la CSG sur les frais de mandat parlementaires. Dans l'ancien système, l'IRFM, les députés touchaient une indemnité de 5.840 € bruts par mois de laquelle étaient déduits 438€ de CSG et 29,20€ de CRDS. Soit 467,20€ mensuels d'impôt sur les frais de mandat.

Le député Les Républicains Marc Le Fur s'est indigné jeudi d'un "tour de passe-passe fiscal"
La prochaine mise en place  du nouveau système de remboursement des frais parlementaires sur présentation de justificatifs (sur la base de factures), répétons-le, met fin à ces prélèvements. Contacté par LCI, le député LR des Côtes-d'Armor s'interroge : "Vous trouvez vraiment normal qu'on applique une exonération d'impôt dans une loi qui serait une loi de moralisation ?"

L'AFP monte au créneau

Quelle mouche à piqué l'agence de presse?
Elle nie farouchement les faits : voyez les énormes caractères qui barrent la révélation du "tour de passe-passe fiscal"...

"Non, les députés n'ont pas voté la suppression de "leur" CSG au moment où ils l'augmentaient pour le reste de la population," nient ces journalistes qui expliquent qu' "ils ont transformé leur manière de se faire rembourser leurs frais de mandat pour plus de transparence" [sic].

D'après un article, déjà vieux (octobre 2017) mais republié vendredi sur les pages Facebook de Lagauchematuer ou "La révolte des Vaches à Lait", il y a eu un "Vote de la suppression de la CSG pour les députés et hausse pour les retraités. Aucun média n’en parle."

"Pour commencer, cette affirmation ne concerne en réalité qu'une partie seulement de l'argent [redondance visant à minorer l'injustice sociale] que touchent les 577 députés pour exercer leur mandat: il s'agit de la partie frais ("frais de mandat") et non de la partie salaire ("indemnité parlementaire"). Sont-elles à parties égales ??

La majorité d'Emmanuel Macron a mis fin en 2017 à l'ancien dispositif pour les frais, l'IRFM pour "indemnité représentative de frais de mandat", critiquée pour son opacité et qui a servi à des députés à se payer des locaux parlementaires, des vacances ou même un téléviseur. C'était pour certains "un revenu complémentaire", "entièrement dans la poche", affirmait en 2016 Charles de Courson (UDI). Si cette disposition d'octobre 2017 assure plus de transparence, pour autant, est-elle plus juste ?

D'un montant de 5.840 euros brut, cette IRFM était soumise à la contribution sociale généralisée (CSG) et à la contribution à la réduction de la dette sociale (CRDS): une fois ces cotisations versées, un député recevait au final 5.373€ net.

Le député LR Marc Le Fur, le 2 décembre 2015 à Saint-Pol de Léon
Lorsque les lois de moralisation ont été adoptées à l'été [hasard du calendrier...] et le dispositif pour le versement des frais de mandat révisé, le vice-président LR de l'Assemblée nationale Marc Le Fur (ci-contre) avait alors manifesté son embarras contre le nouveau dispositif, qu'il dénonçait une "suppression du versement de la CSG", comme le rapportait LCI. Est-ce inexact ?


D'après ces nouvelles règles, en vigueur depuis le 1er janvier à l'Assemblée nationale, les députés disposent désormais d'une "avance sur frais de mandat", non soumise à l'impôt sur le revenu dont le périmètre est fixé dans une liste. Or, ce périmètre exclut aussi 600 euros qui peuvent être dépensés sans justificatifs.

L'AFP est-elle justifiée à se mettre dans tous ses états ?

La transparence et l'encadrement de l'impôt des députés n'est pas du goût des journalistes. Sont-ils concernés ?
Ils le sont indirectement, car le sujet, qui revient sur le tapis depuis octobre dernier, bien que la presse se soit appliquée à ne pas l'ébruiter, est d'une actualité brûlante, lorsque les "Gilets jaunes" peinent à se faire entendre du pouvoir lorsqu'ils se rebellent contre la sur-fiscalisation de tous leurs faits et gestes.
Si les députés ne paient que 699,35€ de CSG et de CRDS sur le coeur de leur rémunération, 7209.74€ bruts d'indemnité parlementaire mensuelle, il y a peut-être de quoi dresser quelques barrages filtrants...

N'en déplaise aux journalistes de l'AFP et d'ailleurs
La moralisation de la vie publique progresserait si les députés supprimaient l'abattement fiscal forfaitaire sur le revenu net des journalistes d'un montant de 7.650 €.
Si les "gilets jaunes" savaient...

mercredi 18 juillet 2018

Feu à l'Assemblée sur la réforme du nombre de parlementaires et de l'introduction de la proportionnelle

L'antiparlementarisme des députés de la société civile menace l'Assemblée nationale

Les députés d'opposition ont vivement réagi mardi soir

sur la réduction prévue du nombre de parlementaires et l'introduction d'une dose de proportionnelle, mesures emblématiques de la réforme des institutions qui doivent être examinées à la rentrée.
Le sixième jour d'examen de la réforme constitutionnelle a été marqué par des cris, rappels au règlement et suspensions de séance... à propos des mesures prévues dans les deux autres volets de la réforme (lois ordinaire et organique).

En début de soirée, soutenus par l'extrême gauche, des élus de droite (LR) comme de gauche (PS) ont notamment souhaité inscrire le mode de scrutin actuel dans la Constitution et maintenir un minimum de représentation démographique des députés.


Cerné, le rapporteur général du parti présidentiel a menacé d'un coup de force

Résultat de recherche d'images pour "richard ferrand"Richard Ferrand, LREM, a commencé par prétendre que les amendements de l'opposition auraient pour conséquence "la quasi impossibilité" d'effectuer la coupe sombre de 30% du nombre de parlementaires ou l'introduction de 15% de proportionnelle aux législatives.

Puis, il a prévenu que personne ne l'arrêterait. 
"Comme nous avons bel et bien l'intention de faire en sorte que les deux autres projets de loi puissent être examinés et adoptés", ce sera "tout simplement un avis défavorable", a-t-il lancé, suscitant la colère de l'opposition.
Sur la baisse du nombre de parlementaires, un engagement de campagne d'Emmanuel Macronla garde des Sceaux Nicole Belloubet à l'unisson d'élus de la majorité a ensuite fait l'amalgame dans la soirée avec les propositions de candidats de l'opposition, assurant notamment que était "également une proposition du candidat Fillon, également de François Hollande".
Dans une atmosphère sous tension croissante, des élus de divers bords ont demandé à plusieurs reprises "où est l'avantage de réduire le nombre de parlementaires?" disant "attendre autre chose que de simplement dire que c'est un engagement de campagne".
Alors que les députés LR rejettent en bloc les trois textes, Marc Le Fur a dénoncé une "affaire extrêmement machiavélique" car "l'essentiel de la réforme" n'est "pas inséré dans le texte principal" constitutionnel. 

"Ce qu'on entend aujourd'hui, c'est le grand vide", a affirmé l'Insoumis François Ruffin, pour qui la réduction est un "caprice du président" et la majorité de ses "valets".

"On est au coeur de votre mauvais projet" a aussi affirmé le communiste Sébastien Jumel, dénonçant la "sale besogne" confiée à Nicole Belloubet.

Le LR Aurélien Pradié a évoqué une "volonté de purification du Parlement" et le socialiste Boris Vallaud un futur Parlement "docile", comme si ce n'était déjà le cas.

L'ensemble des oppositions a fait front

Des amendements, notamment Insoumis, communistes ou socialistes ont ensuite plaidé en vain pour un socle ou un nombre minimal de députés.

Ferrand s'est dit surpris de l'"emphase" de l'opposition alors que "les uns et les autres vous défendiez des candidats qui voulaient réduire le nombre de parlementaires", y voyant de la "tartuferie", suscitant là encore de vives protestations.

N. Belloubet a dû nier tout antiparlementarisme, sur le fond, alors que la provocation de Ferrand continuait à produire ses effets dans l'hémicycle où étaient présents quelque 200 députés. 
L'ancienne patronne des maternelles (et plus) à la tête de l'Académie de ...Limoges a ensuite appelé les élus à participer à "un nouveau jeu [sic]: on s'écouterait d'abord, et on vociférerait après", a proposé Pimprenelle : Bonne nuit les Petits ?

"Nous ne sommes pas en train de jouer", lui a répondu l'ancien second vice-président de l'Assemblée nationale David Habib, PS, tandis que Sébastien Chenu (RN, ex-FN) a dénoncé du "mépris" pour la représentation nationale, malgré la présence du président de l'Assemblée François de Rugy (LREM) au "perchoir".

Résultat de recherche d'images pour "Sacha Houlié"
La crevure Sacha Houlié (LRE), un ex-socialiste fabriqué par le MJS, s'est alors dit "fier" d'être dans la majorité, le trentenaire affirmant de surcroît que "moins nombreux, nous serons aussi plus puissants", puis insultant l'opposition soupçonnée "d'obstruction pour des petites prébendes", ravivant les protestations.

Résultat de recherche d'images pour "Marc Fesneau"
Marc Fesneau (MoDem, premier bénéficiaire supposé de la réforme) n'a fait que de jeter de l'huile sur le feu, tout modéré qu'il se prétende,  en affirmant que la crise démocratique est à mettre au compte des gouvernements précédents, avant de lancer ses roquettes sur le PS et LR: "la montée des populismes, c'est pas à nous que vous le devez!".

Après une suspension de séance et plusieurs rappels au règlement, les débats ont repris un peu plus calmement. 

Les élus LR ont poursuivi avec notamment des amendements anti-proportionnelle, Pierre-Henri Dumont, 31 ans, "icône du renouvellement à l'Assemblée nationale chez les Républicains" (Les Echos), expliquant qu'il s'agit de "refuser l'impôt Bayrou" après un "deal" de campagne entre le président du MoDem et Emmanuel Macron.

Le président du groupe Christian Jacob disant le refus d'être "les notaires" de cet accord.

"Dans l'hémicycle, c'est la guerre des tranchées?" a glissé un élu de la majorité, sous couvert d'anonymat. Alors, craintif ?

lundi 26 octobre 2015

Régionales: Le Drian, candidat PS du dimanche

Le ministre de la Défense se... défend de négliger les militaires pour les électeurs de Bretagne 

"Alors, on reste ministre ou on revient en Bretagne ?"

Tout dépend du scrutin des Régionales: sera-t-il renvoyé à ses huîtres de Cancale ? Sa victoire atténuerait la débâcle qui menace le PS, mais il n'est populaire que dans la presse dévote, car les Français n'aiment pas la guerre et il la mène pourtant au Mali, en Centrafrique et en Syrie: ça fait beaucoup pour les pacifistes et pour les finances de l'Etat, donc les impôts et le manque de crédits pour les régions. 
"On revient en Bretagne ! Si les électeurs le veulent," a reconnu Jean-Yves Le Drian hier matin, au marché des Lices, à Rennes. Le JDD s'y trouvait, au côté du socialiste Le Drian, ministre en semaine, candidat le dimanche. 
 "On le remercie, on le félicite, on se fait prendre en photo avec lui, tel ce grand jeune homme en marinière, soldat du 2e Rima du Mans," écrit le Journal du Dimanche. Le journaliste est tombé sur le client qu'il fallait, "revenu du Mali et ému [sic] de croiser celui qui l'y a envoyé". On ne dira pas au casse-pipe. 
Le 18 février 2014, le président Hollande a rendu hommage aux soldats musulmans morts pour la France lors des deux guerres mondiales, en inaugurant à la Grande mosquée de Paris un monument en leur mémoire, mais qui a fait le compte des militaires de Hollande et Le Drian morts en Afrique ? 

Le ministre de la Défense est en campagne pour les régionales.
Les Bretons ne sont pas des veaux.

Mais sont-ils des cochons ?
Il est donné vainqueur, par les sondages. C'est dire que les Bonnets rouges hostiles à l'écotaxe, les exploitants agricoles de la filière porcine et ceux de l'agro-alimentaire sinistré vont voter Le Drian ?  Ils n'ont plus de mémoire, les Bretons ? 

Avec le Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées et l'Aquitaine-Poitou-Limousin, la Bretagne est l'une des rares régions que la gauche pourrait conserver en décembre, quoi qu'il soit arrivé et malgré un tissu économique breton resté fragile. Ainsi auraient-ils oublié le séisme industriel et social, les restructurations dans les télécoms, l'automobile et l'agroalimentaire, des milliers de suppressions d'emplois et leurs cortèges de drames humains ?...

En décembre 2013, le gouvernement Ayrault a certes mis les moyens pour acheter les Bretons - et les carrières régionales de trois ministres (JY. Le Drian, Marylise Le Branchu et Clotilde Valter, sans compter B. Hamon) - , dégageant des crédits  - 2 milliards d'euros -  pour mettre en place un pacte d'avenir spécifique, pour faire face à la crise économique en Bretagne. Un an après, le Premier ministre s'est rendu à Brest pour tirer les dividendes de la solidarité nationale. Des rassemblements à l'appel de l'intersyndicale FO-CGT-Sud-Solidaires-Unef avaient toutefois stigmatisé la venue du Premier ministre, réunissant plusieurs centaines de personnes.


Tout ça pour finalement voter Le Drian ?

Hollande a envoyé un ministre en détachement.
L'exécutif veut à tout prix sauver une Bretagne revenue de ses choix socialistes de 2004 et 2010 et se mettre un peu de rose au coeur au soir de la débâcle annoncée du PS au second tour. Un sondage lui donnait  32 % des suffrages: ce serait deux fois plus que la liste de son principal opposant, le député Marc Le Fur (16 % d'intentions de vote). Mais ça, c'était avant.
Un nouveau sondage commandé à BVA pour la presse régionale et publié vendredi indique à nouveau une victoire probable de J-Y Le Drian lors des élections régionales du mois de décembre.Le sondage, réalisé sur un échantillon 806 personnes choisies pour leur représentativité supposée, est révélateur d’une fracture profonde entre les élites et le peuple : 45% des électeurs ne sont pas intéressés par ces élections (32% pas vraiment, 13% pas du tout et 4% ne se prononcent pas). A noter qu’un tiers des moins intéressés sont les jeunes de moins de 35 ans alors que les retraités sont 65% à se déclarer intéressés par ces élections, signe là encore du fossé qui se creuse entre générations privilégiées et au pouvoir et générations sacrifiées et précaire. 
Au premier touravec 37% de sondés n’ayant pas exprimés d’intention de vote, la liste de Marc Le Fur (LR, ci-contre) arriverait en tête avec 30% des voix, devant la liste Le Drian (26 %), la liste Pennelle (FN, 16%) et la liste Troadec (extrême gauche, 9%). Des résultats qui contredisent le sondage publié la veille par IFOP. A noter le 1% réalisé par la liste Bertrand Deléon et le 1% de Breizhistance ce qui donnerait à la tendance régionaliste/autonomiste un poids beaucoup plus important qu’à l’accoutumée (11% d’autonomistes ou indépendantistes déclarés à additionner aux quelques personnalités présentes sur les listes Le Fur et Le Drian). EELV (7 %) et le Front de Gauche (4%) seraient en régression. Dans cette configuration, au second tour, la liste de Jean-Yves Le Drian l’emporterait avec 46% des suffrages devant la liste Le Fur (36%) et la liste Pennelle (18%). 39% des sondés n’ont pas donné d’intention de vote sur ce tour.La liste Troadec du meneur des Bonnets rouges constitue une inconnue. Créditée de 10%, elle n’assurerait plus Jean-Yves Le Drian d’une victoire, hormis si Christian Troadec venait à négocier – ce que les responsables de la liste 'Oui la Bretagne' avaient pourtant exclu.

"Je serai président de région," clame Le Drian 

A 68 ans, Le Drian veut retourner chez lui. Comment se peut-il portant  qu'un si subtile ministre de la Défense déserte le front d'une France en guerre ? Émile Coué de La Châtaigneraie, auteur de la célèbre méthode de développement personnel fondée sur l’autosuggestion (la méthode Coué) n'était pas breton, mais Le Drian prend le risque de prendre une châtaigne. 

Les visites du ministre resteront secrètes jusqu'au dernier moment.
Pour des raisons de sécurité, nous assure-t-on. De discrets gardes veillent en effet sur ce divin corps: les terroristes en sont obsédés. Mais en faisant campagne en catimini, Le Drian fait la preuve de sa suffisance. A moins que ce ne soit aussi le comble de l'autogestion de sa valeur personnelle. 
"Je ne fais campagne que le week-end. En cas d'urgence, je rentre immédiatement. Je suis informé en permanence", explique le ministre qui, en dix jours, vient de faire 17 navettes.
Ambigu ou réaliste, François Hollande lui a demandé de rester en poste jusqu'à l'issue du scrutin. Prudent ou solitaire, il lui a aussi rappelé la règle du non-cumul. Pas tout-à-fait sûr de la victoire de ce fidèle, le chef de l'État craindrait toutefois qu'il parte en cas de succès. 
Le Drian promet de ne pas installer au conseil régional un vice-président temporaire, son homme de paille. "Je serai président de région", insiste-t-il. 

Sans doute quitterait-il d'ailleurs son ministère en cas de défaite. C'est  la rumeur que distille son entourage, histoire de ne pas passer pour le général qui abandonne ses hommes en rase campagne africaine. Le retour à la région était prévu, bien qu'un faux suspens ait été entretenu : "En mai 2012, j'avais dit aux Bretonnes et aux Bretons que je reviendrai. Je suis là". La discussion avec François Hollande fut tout aussi claire : "Tu connais mon attachement et j'ai pris un engagement", lui a-t-il expliqué. 
Les Bretons sont menés en bateau, mais les marins savent qu'après le naufrage, la mer ne rend pas les corps.

"La France est en guerre, mais la Bretagne est en crise"

A 68 ans, à l'aube de sa treizième campagne, l'ancien maire de Lorient serait un revenant au Conseil régional de Bretagne et il est serein, bien qu'il n'incarne donc pas le renouvellement promis des cadres territoriaux. 
Il bénéficie de l'effet 'unité nationale' face au terrorisme, et pour un élu Les Républicains, comme le sarkozyste Henri Guaino, il est "un bon ministre". 

La partie paraît toutefois moins aisée que par le passé. 
La droite a progressé dans la région : elle a enlevé le fief socialiste des Côtes-d'Armor cette année. Avec le Morbihan, Les Républicains dirigent donc deux départements bretons sur quatre. Lors des Européennes, le PS s'est classé troisième à 16%. 
Le vote sanction menace donc, aussi, les socialistes bretons. 
Et Le Drian fait du terrain, escorté de militants, comme ici à Rennes. Lors des précédentes élections régionales, en 2004 et 2010, Le Drian était arrivé en tête au premier tour avec plus de 37% des voix à chaque fois. Cette année, il serait certes en tête, mais avec 5 à 11 points de moins, selon les sondages. 

"La France est en guerre, mais la Bretagne est en crise", souligne Marc Le Fur, chef de file des listes d'union de la droite et du centre, qui pointe la hausse du chômage. 

La surprise du scrutin est la présence d'une liste Bonnets rouges, portée par Christian Troadec, maire de Carhaix et héraut du mouvement. "Nous sommes la troisième voie régionaliste", clame-t-il avant le premier tour. Créditée de 10% environ des voix, Troadec est susceptible de se maintenir au second tour. La présidence de Bretagne se jouerait alors en quadrangulaire, le FN semblant aussi en mesure de franchir le cap. 

Le ministre a profité de son week-end pour assister au derby breton entre le FC Lorient dont il est président d'honneur et le Stade rennais. Match nul. L'heure n'est pas encore aux célébrations.

dimanche 3 août 2014

Les bons et les mauvais élèves de l'Assemblée nationale

Les cancres du Palais Bourbon, diplômés comme des bacheliers ordinaires ? 

Les feuilles de présence et les rapports d'activité des députés vont édifier leurs électeurs


Le site internet Nosdeputes.fr a flashé l'activité parlementaire des 577 élus du Palais-Bourbon. Selon les données du site, certains députés ont été contrôlés à des vitesses de mollusques. 

Parmi les représentants les plus assidus aux séances, on retrouve le député UDI de la Marne, Charles de Courson, ci-contre, le député PS de l'Isère, François Brottes, et Christophe Caresche, député socialiste de Paris, par ailleurs beaucoup vu à la télé cet hiver. Pour certains, les prestations télévisées sur LCP semblent assimilées au travail parlementaire...  Ces élus peuvent se prévaloir de 40 semaines de présence sur 40
Une assiduité qui contraste avec la transparence proche du néant de certains, à l'instar de Franck Marlin, député d'Essonne, qui a quasiment déserté les bancs de l'Assemblée. Ce quinqua, maire d'Etampes, n'a fait acte de présence qu'une seule semaine sur l'ensemble de l'année. Des habitudes probablement prises à la base de plein air et de loisirs qu'il dirigea dans sa ville.

Une activité bien détaillée

Au nombre d'interventions, les députés les plus exhibitionnistes sont mis en valeur sur les plus pudiques ou introvertis.
N'ayant jamais pris la parole en séance, le député
Patrick Balkany appartient à un lot de  trente à n'être jamais intervenus et qui n'ont pas même été aperçus près du radiateur. 
A l'inverse le député UMP des Côtes-d'Armor, Marc Le Fur, ci-contre, totalise plus de 6.000 interventions - dont 1.540 qualifiées de longues. "Quand nous sommes dans l'opposition, l'expression est notre seule arme", a-t-il d'ailleurs fait valoir au Parisien.

Et pendant que certains multiplient les prises de parole, d'autres se montrent en réunion pour les amateurs de La Chaîne Parlementaire. C'est le cas du député PS, François Brottes, déjà mis à l'honneur pour sa présence. L'élu a assisté à 200 réunions en douze mois. A contrario, en ne recherchant pas les caméras, Christian Jacob, qui préside le groupe UMP, et Éric Jalton, député PS en Guadeloupe, font figure de mauvais élèves : en un an, ils n'ont jamais assisté à une seule commission. Ce n'est pas le rôle d'un président de groupe et si Le Roux s'y fait voir, c'est pour tenir ses membres sous contrôle.

"Un vrai contrôle démocratique"

Par ailleurs, Thierry Lazaro, député UMP du Nord, se place comme le grand champion des questions d'actualité, interrogeant les ministres sur des sujets variés. Sur les douze derniers mois, l'élu a soumis 1.213 questions écrites.

Mais que signifient véritablement ces données chiffrées ? 
Pour Bernard Accoyer, ancien président UMP de l'Assemblée, elles ne représentent pas un indicateur significatif de la qualité de travail d'un parlementaire. En qualité de médecin, il ne manque pas de souligner que l'absentéisme peut notamment cacher des problèmes personnels. 
Au contraire, le Premier ministre Manuel Valls croit, quant à lui, discerner "un progrès et un vrai contrôle démocratique"... Mais alors ça doit être un frémissement, comme celui de la courbe du chômage...

jeudi 7 novembre 2013

L'écotaxe, impôt écologique que la majorité de gauche n'assume pas

Ministère de l’Intérieur : "Les Bretons vont payer l’addition" 

"Les Bretons, on gagne du temps pour mieux les mâter après. Et ils vont payer l’addition."
27 octobre 2013 à Pont-de-Buis, Finistère 
après les violentes manifestations contre l'écotaxe
C'est ce qu'aurait déclaré un membre du cabinet du ministre de l’Intérieur Manuel Valls à un petit groupe d’élus socialistesselon un officier de gendarmerie breton, témoin de la scène

Interrogé sur l'échec de l'ultimatum des Bonnets rouges à Jean-Marc Ayrault pour la suppression de l'ecotaxe en Bretagne, le maire DVG de Carhaix a reconnu que "ce n'était peut-être pas la bonne méthode", mais Christian Troadec a aussi estimé qu'il y a "beaucoup de mépris de la part du gouvernement à l’égard des Bretons".

VOIR et ENTENDRE le maire d'extrême gauche de Carhaix affirmer que l'écotaxe révèle "beaucoup de mépris de la part du gouvernement à l’égard des Bretons":

Ecotaxe: "Beaucoup de mépris de la part du... par BFMTV

Urvoas (PS) : les bonnets rouges seront "retrouvés, poursuivis, condamnés"

Jean-Jacques Urvoas, député PS de Kemper/Quimper a appelé à réprimer la révolte des Bonnets Rouges
Traits mous tavelés de méchanceté
"Les coupables de la destruction des portiques seront retrouvés, poursuivis, condamnés"… Seront-ils également pendus haut et court, M. Urvoas? Des propos qui rappellent 1793, La Terreur, cette période de la Révolution française caractérisée par le règne de l'arbitraire et des exécutions de masse, avant que les montagnards ne se déchirent entre eux, tels Urvoas et Placé. Dans le contexte de la guerre de Vendée, la région de Nantes compta le plus grand nombre de victimes.

Les propos d'Urvoas ont-ils dépassé sa pensée?
 
Bien que cet ancien directeur de Cabinet de Bernard Poignant, lui-même collaborateur de Hollande, soit député de Quimper, il est particulièrement répressif, bien qu'il soit localement inexistant et n'ait pas vu monter le ras-le-bol fiscal de ses électeurs. Seul Marc Le Fur, député des Côtes d'Armor, avait pris la température et avait voté contre l'écotaxe.
VOIR et ENTENDRE le député UMP développer ses arguments contre l'écotaxe en 2008, alors que Baupin préside la séance:  

M.Urvoas envisage-t-il de poursuivre également les casseurs payés par ses réseaux politiques
, lors de la manifestation de Kemper-Quimper ? Ou restent-ils, comme disait récemment le Préfet  "difficiles à identifier".

Urvoas prend fait et cause contre les Bretons 
et pour une société (Ecomouv) fortement soupçonnée de corruption, de favoritisme

Le député socialiste se range avec elle contre les Bonnets Rouges bretons dans une affaire d’Etat.

Dès 2008, l'UMP Marc Le Fur avait défendu les intérêts bretons à l'Assemblé, alors que le socialiste Urvoas votait l'impôt qui met le feu à la Bretagne.
A l'automne 2008, le PS, dont Ayrault (Nantes) et Cazeneuve (parachuté dans la Manche), avait voté contre le projet, mais le premier Conseil des ministres de 2013 voit à son ordre du jour le retour de la taxe poids-lourds. "Le bénéfice de cette écotaxe permettra à la fois d'aider des initiatives en terme de mutation de transports et d'amélioration des infrastructures", avait assuré le ministre des Transports Frédéric Cuvillier (Pas-de-Calais) sur RMC. Une date est fixée : juillet 2013. Le projet de loi est voté par la majorité socialo-écolo en avril, et la mise en application est encore reportée, au 1er octobre 2013… Et  des rumeurs circulaient déjà sur un éventuel et nouveau retard, effectivement  acté le 5 septembre : dans un communiqué commun, les ministres Bernard Cazeneuve et Frédéric Cuvillier annoncent que l'écotaxe sera effective au ...1er janvier 2014: il y a des problèmes techniques !
En fait, la colère grondait depuis quelque temps déjà chez les transporteurs , lesquels avaient notamment porté le dispositif devant le Conseil d'Etat en octobre, et le gouvernement voulut temporiser, provoquant la colère de la Bretagne notamment. Le gouvernement a reculé, promettant des mesures correctrices
Finalement, après une réunion de crise à Matignon, le gouvernement, qui tenta de passer en force sous la pression des altermondialistes, décida la "suspension" de l'écotaxe, une nouvelle fois.