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jeudi 4 juillet 2019

France : budget vacances en baisse; et pourtant, le pouvoir d'achat serait en hausse !

Les 10 milliards d’euros redirigés par l'Edouard vers les ménages cette année n'ont toujours pas atteint les Français

Le budget des Français disponible pour les vacances a de nouveau diminué
, révèle un sondage.


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Les Français se serrent la ceinture en cette période estivale, alors que, le 28 janvier 2019, gouvernement.fr clamait :"2019 : le pouvoir d’achat des Français est en hausse", précisant que "dans leurs études respectives, l’Insee et l’Institut des Politiques Publiques anticipent [sic] une forte hausse [tant qu'à anticiper...] du pouvoir d’achat des Français. Le budget 2019 et les mesures d’urgence économique et sociale décrétées par le président de la République [à la suite du mouvement des "gilets jaunes", indique l'étude de l'IPP] en sont les principaux responsables." Youpie !  Où est l'intox ?
L'IPP, associé à l'INSEE, officine de Bercy, est composé de l’École d’économie de Paris (EEP), dominée par l'EHESS, et du CREST, lequel est dirigé par un affidé de Jean-Pierre Raffarin, lequel n'a que tendresses pour Macron] précise que le "gain moyen [est] proche de 1% du revenu disponible pour une large partie des ménages". L'institut des Politiques publiques - qui, de son propre aveu, vise à promouvoir l'analyse et l'évaluation quantitative des politiques publiques - parle en outre d'"une forte hétérogénéité" masquée... Le Conseil de l'Ordre des journalistes proposé par Cédric O aurait eu beaucoup à faire avec la presse, mais avec le gouvernement, la tâche est immense... 

Où passe l'augmentation du pouvoir d’achat des ménages de 850 euros en 2019, annoncée par le premier ministre Edouard Philippe, le 7 mai 2019 ?

La baisse du budget vacances se concrétise dans les pratiques des estivants

Le baromètre RTL- Odoxa - FG2A souligne que le budget vacances des Français est en baisse cette année: 852 € contre 871 € en 2016, en moyenne. Près d’un Français sur deux (44%) ne partira pas en vacances cet été. Encore une fois, où passe donc la hausse du pouvoir d'achat de l'Edouard ?

Des chiffres qui cachent des réalités bien différentes. Les vacanciers sont à diviser en deux catégories. Ceux qui partent, allouant 1.200 euros à leurs vacances, tandis que les personnes ne partant pas en vacances y consacrent 400 euros

44% restent à la maison; 83% restent en France.
Le baromètre met par ailleurs en lumière la baisse des voyages à l'étranger, une tendance déjà perçue ces dernières années. A quoi sert-il donc que le budget des Français soit à la hausse (71 euros par mois) ? En trois ans, le nombre de voyageurs hors de nos frontières est passé de 19 à 17%. Les destinations privilégiées sont l'Espagne, l'Italie, le Portugal, la Grèce et ...le Maghreb (merci amis Franco-maghrébins]. Dans l'Hexagone, de plus en plus de vacanciers se tournent plutôt vers la façade maritime ouest, délaissant de plus en plus la Côte d'Azur et la Corse. Les effets cumulés de la canicule de juin et de la cherté de la côte du Sud-Est.

Autre tendance, la baisse de fréquentation des hôtels et centres de vacances. Outre les plateformes locatives entre particuliers, type Airbnb, quatre vacanciers sur dix sont logés par des membres de leur famille. 
La politique de Macron resserre les liens familiaux...

Le mirage des gains sociaux-fiscaux selon Macron

Le rapporteur Gaël Giraud met en évidence un problème de cohérence des chiffres présentésCe chef économiste de l'Agence française de développement (AFD, institution financière publique qui agit pour combattre la pauvreté et favoriser le développement durable et qui est dirigée par l'ex-secrétaire général adjoint du ministre socialiste des Affaires étrangères, Laurent Fabius) affirme en effet que "le calcul du gouvernement est conforme aux principes de la comptabilité nationale. Mais ces chiffres doivent être re-traités pour neutraliser certaines opérations neutres ou temporaires, afin d’avoir une vision consolidée de l’évolution des P.O. [prélèvements obligatoires] depuis le début de la législature."

Or, l'OFCE - créé par l'Etat en février 1981 - est excessivement optimiste.

Tout d’abord, l’OFCE table sur une croissance pour 2019 de 1,5% alors que le gouvernement retient seulement 1,4 (et même peut-être en dessous si l’on tient compte des éléments publiés par l’INSEE (0,3% de croissance au premier trimestre, or il faut 0,4%/trimestre pour atteindre 1,4% de croissance annuelle). On dira que cet élément est de l’épaisseur du cheveux… sans doute, mais il n’y a pas que lui.

L’OFCE retient "une forte croissance du pouvoir d’achat de +2,5%), or le PNR  (le programme national de réforme publié conjointement avec le Pstab, programme de stabilité 2019-2022) n’affiche, lui, qu’une croissance prévisionnelle de +2% du pouvoir d’achat. La différence commence à être assez significative.

L’OFCE retient "un effet des mesures socio-fiscales distribuées aux ménages de près de 12 milliards d’euros sur l’année (+0,8 point de revenu disponible brut) et la hausse significative du salaire réel (1,5% en 2019 après 0,3% en moyenne sur la période 2017-2018) liée notamment à la prime exceptionnelle défiscalisée pour les salariés et au ralentissement de l’inflation." 
En clair les 2,5% d’augmentation du pouvoir d’achat se répartiraient en deux parts :
+1,9 point par unité de consommation, lié à l’impact des mesures socio-fiscales, soit 440 euros/ménage ;
+0,6 point par U.C., lié à la prime défiscalisée et au ralentissement de l’inflation, ce qui permettrait d’atteindre +410 euros/ménage.

On remarquera au passage qu’il n’y a pas de linéarité entre la décomposition de l’augmentation du pouvoir d’achat par U.C. et les effets sur le revenu net des ménages. Mais le plus intéressant revient à l’effet des 440 euros résultant de la baisse des prélèvements obligatoires nets pour les ménages. Une mesure qui d'ailleurs reste provisoire, car comme tout le Pstab, elle ne tient pas compte des nouvelles mesures du Président à l'issue du Grand débat national (dont les 5 milliards de baisse d'IR), mais celles-ci devraient porter principalement sur 2020.

Le rapporteur Gaël Giraud cite la difficulté à bien traiter des effets de la CSG : " Par exemple, la bascule des cotisations sociales sur la CSG entraîne bien, au sens de la comptabilité nationale, une baisse de P.O. en 2019 mais cela s’explique par le fait qu’une fraction de la baisse des cotisations salariales avait été décalée du 1er janvier au 1er octobre 2018. Autrement dit, la baisse de 2019 s’explique par la hausse de 2018. Au global, la mesure est neutre."

Les vacanciers devront attendre 2020...
Ce qui n'empêche pas BFMTV de claironner "nouveau pic de popularité pour Macron et Philippe" : il suffit ainsi de matraquer les Français d'éléments de langage pour que avec 38% d'entre eux aient un sentiment favorable sur son action; 62%  des personnes interrogées restant toutefois mécontents.
Moins le pouvoir d'achat des Français s'améliore et plus le chef de l'Etat gagne en popularité : au total 9 points depuis le mois d'avril...
C'est sans doute que les Français se trouvent mieux chez eux qu'à Ibiza...

jeudi 6 juin 2019

Darmanin appelle Valérie Pécresse à "soutenir le mouvement du gouvernement"

A défaut de créer des emplois, LREM débauche ses futures collabos 

Le départ de Wauquiez n'est pas une bonne nouvelle pour le pouvoir macronien

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La présidente du Conseil régional d'Ile-de-France quitte les Républicains, estimant que la reconstruction de la droite "doit se faire à l'extérieur du parti". 

Le ministre de l'Action et des Comptes publics de Macron, Gérald Darmanin, qui s'était fait exclure de LR en octobre 2017 pour avoir fait dissidence, lui fait un appel du pied, se disant toutefois "dubitatif sur la capacité du personnel politique à dépasser son égoïsme".
Gérald Darmanin a commenté le départ de Valérie Pécresse des Républicains, annoncé dans la soirée du 5 juin. Le renégat était secrétaire général adjoint du parti jusqu'en mars 2017, avant d'en être exclu quelques mois plus tard pour avoir rejoint le gouvernement d'Edouard Philippe.

Valérie Pécresse traversera-t-elle aussi la rue? "J'ai pas de conseil politique à donner à Valérie Pécresse qui a beaucoup d'expérience", estime Gérald Darmanin sur franceinfo, ce jeudi 6 juin, ajoutant que "la porte naturelle serait de soutenir le mouvement du gouvernement"

Vers un parti unique en France ?
Le ministre appelle à arrêter "l'égoïsme personnel et de s'apercevoir qu'on a un président qui essaye de dépasser le clivage que les Français ne veulent plus". C'est élégamment dit, mais ce prosélytisme annonce un pays d'où serait exclu le pluralisme politique. "Je suis un peu dubitatif sur la capacité du personnel politique à dépasser son égoïsme pour travailler pour le pays. Je le regrette. Je juge sur les faits, et nous regarderons ce que fera Valérie Pécresse", ajoute -il encore.
Face aux soupçons de recherche d'une polarisation du paysage politique français autour d'un duel LREM/Rassemblement national, le numéro 13 du gouvernement Philippe 2 répond par la volonté de réunir les différentes sensibilités. "En politique, il faut rassembler. Si un homme politique passe son temps à exclure tous les gens avec qui il pourrait travailler, à exclure, excommunier, à regarder le passé (...), on risque pas d'avancer beaucoup". Cette priorité accordée au rassemblement est précisément la quête actuelle des Républicains, organisation politique composite... 

Le mouvement présidentiel veut-il se faire plus gros que le boeuf ?

Qui trop embrasse mal étreint. 
Bien que les députés LREM aient la réputation d'être des élus inexpérimentés - qualifiés de 'godillots'-, les premiers frondeurs ont émergé, parvenant à faire plier le gouvernement après un intense bras de fer. Pourtant, ces députés LREM qui prennent des initiatives en marge du groupe se veulent des 'grondeurs', espérant ainsi ne pas être renvoyés au quinquennat Hollande quand une cinquantaine de parlementaires de l'aile gauche s'opposaient régulièrement au chef de l'Etat. En octobre dernier, contre l'avis du gouvernement et du rapporteur LREM lors de l'examen du budget de la Sécurité sociale en commission des Affaires sociales, un élu à l'origine d'une section socialiste Terra Nova en Vaucluse, Jean-François Cesarini avait fait adopter un amendement visant à moduler cette hausse de la CSG sans que les recettes globales s'en trouvent affectées. Depuis le début de l'été 2018, quelque chose avait en effet changé au palais Bourbon. Accusés d'être "le doigt sur la couture du pantalon", certains députés ont ensuite souhaité aborder la hausse de la CSG pour les retraités. Le parlementaire avait réussi à tirer une trentaine de collègues dans son sillage. Mais Darmanin a fait marcher la calculette et, après le premier geste d'Edouard Philippe pour 300.000 foyers, il a été décidé de ne plus bouger et d'assumer un engagement de campagne d'Emmanuel Macron. A la place, il était demandé aux députés de vanter les mesures dites "sociales".
Le président Gilles Le Gendre (LREM) avait estimé que ces "victoires personnelles" sont en réalité des "défaites collectives". Il ciblait aussi l'amendement d'Aurélien Taché, un ex-socialiste, adopté lors de l'examen du budget, qui prévoit la création d'un crédit d'impôt pour les personnes hébergeant des ...demandeurs d'asile. Le patron des députés LREM assura que la disposition ne figurerait pas dans le texte final. Mais ces déclarations sont dans la continuité de celles faites au printemps par les députés qui n'avaient pas voulu voter la loi asile et immigration, expliquant que la bienveillance qui faisait le corps du programme d'En Marche avait disparu.
Les sensibilités sont très diverses dans la majorité présidentielle. Et de plus en plus compliquées à gérer, après seulement deux ans d'exercice du pouvoir. Le point commun de ces amendements était qu'ils visaient à faire pencher un peu à gauche la politique du gouvernement parfois jugée trop droitière par une partie des députés macroniens. "Le groupe est au centre gauche, le gouvernement au centre droit", admit un proche de Gilles Le Gendre.Si les grondeurs ont également remis en cause la gestion de l'affaire Benalla par l'Elysée ou émis des doutes sur la manière avec laquelle le dossier Aquarius a été géré, aucun parlementaire LREM ne critique encore frontalement Emmanuel Macron. "En aucun cas, ils ne veulent faire chuter le gouvernement", se rassure Gilles Le Gendre. Numéro deux du groupe, Amélie de Montchalin positive, qualifiant pour sa part ces "réfractaires" de "lanceurs d'alerte".

L'ancien porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux estime que "Madame Pécresse démontre qu'elle n'est plus à l'aise chez les Républicains". 
"Elle préfère les idées, qui sont différentes des miennes, à la discipline d'un parti. C'est tant mieux!" a commenté le député et candidat à la mairie de Paris, sur Radio-Classique. 

Annoncée sur le plateau du journal de 20h de TF1, mercredi 5 juin, à la surprise générale, la démission de Valérie Pécresse apparaît comme totalement incompréhensible, dans son calendrier, son fondement et dans la formule", a déclaré la président du groupe UMP, Christian Jacob. "Valérie Pécresse a décidé de quitter son parti." 
La refondation de la droite est un devoir impérieux. Elle exige du courage et de sortir des logiques personnelles", a taclé son homologue au Sénat, Bruno Retailleau.

Pour prendre l'Ile-de-France au PS, Pécresse a bénéficié du soutien de l'UMP
"Dans les moments difficiles, on ne quitte pas le navire", a encore tonné Eric Ciotti.
Le trésorier des Républicains, Daniel Fasquelle, a quant à lui fait valoir que ce n'est pas "en créant autant de partis qu'il y a de présidentiables que la droite reviendra un jour au pouvoir"
Dans un entretien au Parisien, Jean Leonetti, président intérimaire de LR, a observé de son côté que "Valérie Pécresse ne représente pas l'ensemble de la droite".

vendredi 24 mai 2019

Peut-on croire à une véritable augmentation du pouvoir d'achat au-delà des Européennes ?

Le pouvoir d'achat des ménages français va-t-il véritablement augmenter de 850 € et pour tous ?

L’OFCE n'a pas attendu le 27 mai pour envisager une augmentation moyenne du pouvoir d’achat des ménages français de 850 € en 2019


Ce serait même la plus forte hausse depuis 2007 et la crise économique internationale de 2008. Difficile d'y croire, car on sait déjà que les ménages ne la ressentiront pas forcément. 

Créé par l'Etat en février 1981, à l'initiative du premier ministre Raymond Barre, et pourtant classé à gauche, l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) avait prévu en février 2017 une baisse importante du chômage pour les années suivantes, atteignant 8,7 % pour 2019-2020 puis 7,7 % en 2022. Cette prévision est contredite par les faits, mais aussi, déjà à l'époque, par une étude de l'Unédic de fin 2016, qui prévoyait au contraire une légère hausse du chômage jusqu'en 2019 à 9,6 %. 
Après avoir assuré dès février dernier que le pouvoir d’achat des Français en 2019 "devrait être un bon cru avec environ 2 % de hausse par habitant", en moyenne, et qu’il a "augmenté de 20 %", mais sur ...vingt ans, François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France, affirme que cela "tient notamment à la très bonne maîtrise de la hausse des prix, du coût de la vie. C’est un des apports de l’euro pour le pouvoir d’achat des Français."

Un sondage paru en 2018 indique néanmoins que
66 % des Français estiment que leur pouvoir d’achat a baissé en 2018, et 57 % des sondés pensent qu’il va continuer de baisser. D'ailleurs, selon l’économiste François Bourguignon, "pour la première fois depuis la guerre, le pouvoir d’achat des Français a décliné ou stagné sur une très longue période, notamment pour les revenus bas et moyens".

Alors, comment expliquer cette différence de perception ?

Le 17 avril, une étude présentée par l'OFCE un mois avant les Européennes, assurait que les ménages français devraient gagner 850 euros de pouvoir d’achat en 2019, en moyenne. Il s’agirait de la plus forte hausse du pouvoir d’achat depuis 2007.

Le mouvement des Gilets jaunes, dont la hausse des prix du carburant a été le déclencheur, a cristallisé cette différence de ressenti. Et l’augmentation des dépenses contraintes, notamment, le confirme. Qualifiées par l’Insee de "dépenses préengagées", ces dépenses sont liées au logement (loyer, électricité, gaz, eau), aux abonnements (assurances, téléphonie, télévision, Internet), aux frais de cantine, etc. Celles-ci ont beaucoup augmenté durant ces derniers temps.

Selon l’Insee, le poids de ces dépenses pré-engagées est passé de 13 % environ du revenu disponible (revenu à disposition des ménages après retranchement des impôts et cotisations) dans les années 1960, à près de 30 % en 2016. Ce qui ne laisse aujourd’hui que 70 % de dépenses à disposition des Français, auxquelles il faut ajouter les dépenses liées à l’alimentation et aux transports, notamment l’essence, des dépenses qui fluctuent d’un mois à l’autre et qui pèsent beaucoup sur le porte-monnaie des Français.

Parmi les Français les plus touchés par cette augmentation des dépenses préengagées, on retrouve les ménages les plus modestes. "La part des dépenses pré-engagées dans le revenu disponible des ménages est d’autant plus forte que leur niveau de vie est faible : elle passe de 61 % pour les ménages pauvres à 23 % pour les ménages aisés", indique une étude publiée en 2018 par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DRESS) du ministère des Solidarités et de la Santé.
L’étude précise que les 10 % des ménages les plus modestes, après avoir payé les factures, ne disposent que de 180 euros en poche, alors que les plus riches disposent de 1.890 euros par mois.

Un alignement des planètes de facteurs

Résultat de recherche d'images pour "POUVOIR ACHAT 850 EUROS"Sur cette somme, 440 euros proviendraient des décisions récentes du gouvernement prises sous la pression du mouvement des Gilets jaunes. 
Parmi celles-ci : la revalorisation de la prime d’activité (+ 90 €/mois au Smic),  l’annulation de la hausse de la CSG sur les pensions de retraite (jusqu’à 2.000 euros)l’annulation des hausses de fiscalité écologique et l’exonération de charges et d’impôts sur les heures supplémentaires.
Annoncée lundi 10 décembre 2018 par le Président de la République, la défiscalisation des heures supplémentaires est inscrite dans la loi sur les mesures d'urgences économiques et sociales votée le 24 décembre dernier. Pour les salariés concernés, la mesure se traduira par un gain de salaire minimum d'environ 20 % par heure supplémentaire, soit le taux des cotisations et contributions salariales supprimées. Les cadres y gagneront un peu plus dans la mesure où ils payent davantage de cotisations. Rappelons que ce dispositif avait été mis en place par Nicolas Sarkozy en 2007, avant d'être supprimé par François Hollande en août 2012, lorsque Macron était secrétaire général adjoint de son cabinet (jusqu'en 2014).
Selon les projections foireuses de l'OFCE, alliée à un ralentissement de l'inflation, cette augmentation conduira à une hausse "significative" du salaire réel (+1,5%) cette année, après une hausse de 0,3% l'an passé.
Une hausse couplée à celle du salaire moyen par tête, qui devrait augmenter de 2,6 % en 2019 (contre 2 % en 2018). Si tout se passe comme prévu...

Un écart entre les mesures et le ressenti

Résultat de recherche d'images pour "POUVOIR ACHAT 850 EUROS"Cependant, même dans l'hypothèse la plus volontariste à l'approche du scrutin des Européen
nes, certains ménages gagneront donc beaucoup moins que les autres. il ne faut pas oublier d'ailleurs que cette hausse annoncée est une moyenne. 

De plus, l’écart entre les mesures officielles et le ressenti des ménages est à prendre en compte.
Selon un sondage, paru en 2018, 66 % des Français estiment que leur pouvoir d’achat a baissé en 2018. Et 57 % pensent qu’il va même continuer de baisser.
Selon une autre enquête, celle de l’Obsoco (Observatoire société et consommation), réalisée en janvier 2019, seulement un quart des Français estime que leur pouvoir d’achat a progressé.
Pourtant, si l’on en croit les chiffres de l’Insee, service de Bercy, le pouvoir d’achat est en croissance continue depuis 2013. En 2018, il a cru de 0,4 %, après 0,7 % en 2017. Sur cinq ans, il a progressé de plus de 3 %.

L'économiste Philippe Moati explique les raisons de cet écart, dans une tribune publiée dans Le Monde,.
Il écrit : "Les causes de l’écart entre la mesure et le ressenti sont multiples. Il y a bien sûr des facteurs psychologiques et des "biais de perception" qui affectent le ressenti. Mais il y a également un important travers dans la mesure : le calcul de la croissance du pouvoir d’achat ne tient pas compte de l’évolution de normes de consommation et mesure bien mal l’évolution du "coût de la vie"."
Pour l’expliquer, il prend l’exemple du téléphone portable. Selon l’Insee, "un téléphone vendu 100 € en 2007 ne coûterait plus que moins de 20 € en 2017 ! Le problème est qu’il serait bien difficile de trouver en 2017 sur le marché un téléphone aux caractéristiques identiques à celles des téléphones vendus en 2007, de surcroît 80 % moins cher !" De ce fait, "s’équiper d’un téléphone portable aujourd’hui pèse plus lourdement sur le budget des ménages et donc affecte négativement leur niveau de vie."
L’économiste en tire une interrogation qui devrait alimenter les questions de pouvoir d’achat pour de nombreuses années encore : "Comment faire en sorte que le revenu des ménages progresse, au moins aussi vite que les standards de consommation, dans un contexte de croissance économique structurellement molle ? Ce que révèle le mouvement des Gilets jaunes, ce sont les limites d’une société d’hyper-consommation devenue experte dans la capacité à stimuler le désir de consommer… mais qui n’en donne plus les moyens."

Macron avait affirmé qu'il ne serait pas le "président du pouvoir d'achat", mais celui de la fiche de paie et du mérite"...

VOIR et ENTENDRE Nicolas Doze souligner que "les Gilets jaunes ont obtenu un plan de relance absolument historique" et que jamais aucun président de la République avant Macron n'aura autant investi d'argent public dans la demande et la consommation: 


Les électeurs du 26 mai qui croiraient à l'augmentation moyenne du pouvoir d’achat des ménages français de 850 € en 2019 se trouveront fort dépourvus quand la bise sera venue...

mercredi 8 mai 2019

Pouvoir d'achat: les mesures d'urgence de Macron creusent les disparités sociales

Tous les Français vont-ils vraiment gagner 850 € de plus par an, comme annoncé ?

Dès le 7 mai, Edouard Philippe assure que l
e "pouvoir d'achat moyen" par habitant a progressé de "plus de 2 %" en 2019...

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Tous les Français vont-ils pouvoir en bénéficier équitablement ?
Dressant le bilan des "mesures d'urgence" qu'Emmanuel Macron à l'issue du Conseil des ministres de ce mardi, Edouard Philippe a affirmé que "le pouvoir d'achat moyen" par habitant va augmenter de "plus de 2 %" en 2019 ce qui représente, selon le Premier ministre, la plus forte augmentation depuis 12 ans. "C'est un gain moyen de 850 € sur l'année par ménage", a précisé l'Edouard qui assure que "390 euros sur ces 850 euros découlent des mesures annoncées par le Président de la République", le 10 décembre en réponse au mouvement des Gilets jaunes.

Une promesse qui n'est qu'une moyenne, en fonction des revenus.
Pour autant, nous n'allons donc pas tous gagner 850 € de plus dans l'année... Il s'agit d'une moyenne entre des ménages aux faibles revenus et des ménages aux revenus élevés. Tous les Français ne seront pas logés à la même enseigne. Ce chiffre de 850 € avait déjà été annoncé en avril par l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) qui évoquait une hausse du pouvoir d'achat de 2,5 % en 2019. 

Pour son étude, l'OFCE a anticipé les effets éventuels de la réduction de la taxe d'habitation, la baisse des cotisations salariales, la baisse de la CSG pour certains salariés, les mesures d'urgences du gouvernement ou encore la prime à la conversion pour un changement de véhicule.

Les chiffres fournis par le gouvernement sont-ils fiables ?
Voici les prévisions officielles, selon Bercy, des retombées présumées des mesures d'urgence, annoncées le 10 décembre dernier par Emmanuel Macron :

- Prime d'activité : plus de 4 millions de foyers perçoivent la prime d'activité. C'est 1,3 million de plus au
premier semestre 2019. Elle représente 3 milliards d'euros de pouvoir d'achat rendu aux actifs modestes seulement, en 2019.

- Prime exceptionnelle : 5,5 millions de salariés ont touché au total 2,2 milliards d'euros soit un montant moyen de 400 euros.
Seulement 20 % des entreprises privées ont versé cette prime à leurs salariés. Seront-ils plus nombreux en fin d'année ? Bercy devait visiblement faire vite pour communiquer ces chiffres avant qu'ils n'apparaissent dérisoires après un an....

-
Heures supplémentaires : 6,8 millions de salariés ont effectué des heures supplémentaires au premier trimestre? Soit 30 % des actifs. Le gain de pouvoir d'achat représente, selon les calculs du gouvernement, la somme de 670 millions d'euros (400 millions de cotisations sociales + 270 millions d'euros d'impôt sur le revenu). En ce qui concerne les fonctionnaires, le gain a été de 228 euros en moyenne au premier trimestre. Pour l'essentiel, les bénéficiaires sont d'ailleurs les seuls fonctionnaires... 
Il étaient 5,6 millions en 2014, 5,66 millions en 2017 et 5,480 millions dans les trois versants de la fonction publique, hors 189.000 bénéficiaires de contrats aidés (130.000 en 2019) - faites l'addition ! - , soit 19,9 % de l’emploi total. Or, Macron s'est engagé à réduire de 120.000 leurs effectifs d'ici 2022: 50.000 dans l’Etat, 70.000 dans les collectivités territoriales... 
Pourtant, la masse salariale de l'Etat sera une nouvelle fois en augmentation en 2019. Celle-ci atteindra 88,3 milliards d'euros, soit une augmentation de +1,6% par rapport à 2018 (supérieure à l'inflation prévue en 2019, à +1,4%).Car, si le gouvernement prévoit la suppression de 4.164 postes en 2019, on observe "en même temps" que les plafonds d'emplois des ministères et des opérateurs, enregistrent une augmentation du nombre d'agents publics  de près de 1.322 postes, entre 2018 et 2019.
- CSG pour certains retraités : La suppression de la hausse de la CSG pour 5 millions de retraités représente une augmentation de la dépense publique de 1,3 milliard d'euros en 2019. Le gain annuel sera de 450 € par foyer sur l'année et les retraités exclus des mesures Macron ne sont pas près de rattraper leur retard et de retrouver leur niveau de vie passé...

Au total, les coups de pouce vont toujours aux mêmes qui cumulent tous les avantages.
Savoir si, tous comptes faits, la précarité est tellement pénalisante...

Les mesures en faveur du pouvoir d'achat vont plomber les comptes de la Sécurité sociale

Avec les mesures censées mettre un peu de beurre dans le pouvoir d'achat, les comptes de la Sécurité sociale risquent d'en payer le prix fort. Alors que le Haut conseil du financement de la protection sociale prévoyait une centaine de millions d'euros d'excédent en 2019, on s'attend plutôt à un déficit de 3,6 milliards d'euros. Ce montant correspond au ralentissement de l'activité à hauteur de 1 milliard d'euros, 1,3 milliard pour les heures supplémentaires défiscalisées et désocialisées et 1,4 milliard pour l'annulation de la hausse de la CSG pour les retraités. Et avec la réindexation des pensions les plus faibles prévue l'an prochain, la facture devrait encore s'alourdir. Cela va-t-il freiner le désendettement de la Sécu ? Comment l'Etat compte-t-il combler ce trou ?


VOIR et ENTENDRE Nicolas Doze et Jean-Marc Daniel en débattre, le 08/05 :

Les Gilets jaunes ont fait plier Macron sur le sujet du pouvoir d'achat.
VOIR et ENTENDRE  l'analyse de Nicolas Doze, le 17 avril dernier :


lundi 15 avril 2019

Macron ne fera qu'anticiper le dégel des pensions imposé par le Conseil constitutionnel dès 2020

Les pleutres de LREM continuent d'attribuer à Macron le mérite de la ré-indexation pour quelques-uns

Le Conseil constitutionnel a censuré la poursuite de la désindexation de certaines prestations sociales au-delà de 2019

Pouvoir d’achat : les retraités se sentent oubliés, non sans raison
Les Sages ont obligé le gouvernement à revenir sur le sujet mal géré de la désindexation de certaines prestations, singulièrement les pensions de retraites, dissociées du coût de la vie, pour faire financer le "trou de la sécu" par les retraités, dont on ne cesse de dire qu'ils sont tous des nantis, bien qu'autant que possible, ils doivent aider leurs enfants et petits-enfants, chômeurs ou précaires et gardes d'enfants bénévoles, silencieux et dignes. 

Le Conseil constitutionnel a censuré ce qui pouvait l'être : le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) qui devait s'appliquer en 2018-2019 et 2020 ne s'appliquera pas à 2020, contre la volonté de Macron.

La rouerie du président consiste dès lors à faire passer ce désaveu du Conseil constitutionnel pour un cadeau, le signe d'une bonne écoute des plus démunis et de sa bonne volonté, éléments de langage des véhicules macroniens de l'Assemblée dans le paysage médiatique.
Saisis par des parlementaires de gauche, comme de droite, les Sages avaient validé la quasi-totalité des dispositions du budget de la 'Sécu' que Marisol Touraine disait pourtant avoir équilibré. Ils avaient ainsi estimé que la revalorisation de seulement 0,3 % de certaines prestations (pensions de retraites mais aussi allocations familiales ou aides au logement) "ne méconnaît aucune exigence constitutionnelle".

Dans le même temps, les garants du respect de la Constitution a toutefois jugé que le PLFSS ne peut pas décider de ce quasi-gel pour "2019 et 2020" comme le stipulait le texte voté par les députés de la majorité présidentielle LREM. Autrement dit, et comme prévu, la hausse est bien encore de 0,3 % en 2019. Mais en supprimant "et 2020", la décision rendue vendredi 21 décembre 2018 fait tomber l’extension automatique de la mesure pour l’année budgétaire suivante.

La prolongation de la désindexation est repoussée.

La prolongation initialement prévue n’avait pas sa place dans un texte qui fixe le budget pour 2019, a fait valoir le Conseil constitutionnel. "L’année 2020 n’est pas couverte par la loi de financement" 2019 et le gel ne revêt pas non plus "un caractère permanent" qui aurait permis de l’y insérer, relève le conseil pour expliquer sa décision de rejeter la prolongation que le gouvernement souhaitait faire passer sournoisement, avec la complicité de ses députés-godillots.

Sur le fond, la suppression de la mention "et 2020" n'a rien changé pour 2019. C’est "sans effet financier immédiat", se félicita Gérald Darmanin. Les pensions de retraites seront effectivement revalorisées de 0,3 % seulement en 2020, alors que le gouvernement lui-même prévoit une inflation tournant autour de 1,7 %... La différence doit permettre à l’Etat un gain d’environ 1,8 milliard d’euros.

En revanche, s’il entend poursuivre ce quasi-gel l’année suivante, le gouvernement devra réintroduire une mesure similaire à l’automne 2019, dans le budget 2020 de la 'Sécu'. C’est ce qu’a promis Bercy sous la contrainte du Conseil constitutionnel, assurant que "ces dispositions ont vocation à être à nouveau soumises au Parlement dans le cadre des textes financiers pour 2020". Ce que le gouvernement souhaitait éviter.

Un nouveau débat à prévoir, si Macron s'entête encore après 22 samedis du mouvement des Gilets jaunes pour l'équité fiscale.
Cette nécessité de revenir débattre avec les députés et surtout les sénateurs est évidemment une épine dans le talon de Macron. La sous-indexation avait en effet été l’un de sujets concentrant les plus de critiques, au Parlement comme dans l’opinion. La représenter pourrait s’avérer compliqué pour l’exécutif fort peu désireux de raviver la colère sociale autour de l’épineuse question du pouvoir d’achat. Ce soir, Macron devra choisir entre recul et intox.

Les oppositions - y compris chez  LREM - sont confortées par les Sages.
Elles promettent de se mobiliser si le débat revenait à l'automne. Se félicitant d’avoir évité "une nouvelle ponction, en 2020, sur le pouvoir d’achat des retraités et des familles", le groupe LR de l’Assemblée appelle ainsi "solennellement le Gouvernement à ne pas re-proposer cette mesure injuste".

Les députés socialistes se réjouissent de la décision des Sages qui va donner "une nouvelle occasion de défendre le principe de revalorisation des retraites avec l’inflation," soulignant l’importance de l’effort demandé aux retraités  : "la hausse de la CSG cumulée à la quasi non-revalorisation des pensions signifie une perte de pouvoir d’achat en 2019 équivalente à quasiment un demi mois de pension." 
Les retraités doivent s'attendre à la fonte de leur pouvoir d'achat en moyenne de 200 euros en 2019, puis de 400 euros en 2020. 600 euros sur deux ans...
En tout état de cause,
en ré-indexant les retraites sur l'inflation, Macron se désavouera
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mardi 9 avril 2019

Les retraités de nouveau décidés à manifester jeudi 10 contre le dédain de Macron

Les seniors dénoncent un gouvernement "qui reste "sourdingue" à leurs difficultés

Déjà la septième journée d’actions et de manifestations depuis l’élection de Macron

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Neuf syndicats et associations de retraités les ont appelés à une crier leur colère partout en France jeudi,  contre la politique du gouvernement "qui reste sourdingue" à leurs revendications. Plus de 130 initiatives sont recensées, ont indiqué les neuf organisations - CGT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, Solidaires, FGR (Fédération Générale des Retraités), LSR (

Loisirs et Solidarité des Retraités

)
et UNRPA (Union Nationale des Retraités et des Personnes âgées ) - lors d’une conférence de presse, lundi.

"Le printemps des retraités va se manifester dans les rues à travers de nombreux rassemblements et manifestations", a affirmé Olivier Jouchter, de la CGT. Les organisateurs espèrent un sursaut après plusieurs mobilisations en demi-teinte : depuis le point d’orgue de mars 2018, qui avait poussé le gouvernement à revenir en partie sur la hausse de la CSG, les cortèges de retraités se sont clairsemés.

Le gel des pensions, moteur de la fronde

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Cette année, c’est le quasi-gel des pensions qui alimente la colère, mais l’exécutif a déjà ouvert la porte à un aménagement en faveur des ménages modestes. Le "groupe des 9" syndicats prévoit de se réunir le 18 avril pour décider des "prolongements utiles" à la journée du 11.

Signe que d’autres mobilisations sont envisagées, les revendications se sont étendues au sujet de "la prise en charge de la perte d’autonomie", au cœur de la future réforme de la dépendance, et à " l’amélioration des pensions de réversion", point sensible de la réforme des retraites.