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mardi 28 mai 2019

A peine les européennes passées, les prix des carburants s'envolent

Les européennes n'étaient pas déjà passées que les prix des carburants s'envolaient

Hausse généralisée du sans-plomb et du diesel

Le prix des carburants vendus dans les stations-service françaises est en hausse.
Mains en l'air !
La hausse des prix du carburant était la cause principale de la colère des Gilets jaunes". Les prix des carburants routiers, vendus dans les stations-service françaises, ont progressé dans leur ensemble la semaine dernière, selon des chiffres officiels publiés, lundi 27 mai. 

Carburant le plus vendu avec près de 80% des volumes, en ruralité singulièrement, le gazole s'affichait à 1,4898 euro le litre en moyenne, en hausse de 0,82 centime, selon les données hebdomadaires publiées par de Rugy, le ministre de la Transition écologique et solidaire, menton haut et bras ballants. 

La hausse est encore plus marquée pour le sans-plomb. Il ne devrait pas rester encore longtemps en-deçà de son plus haut niveau de l'an dernier, lorsqu'il avait atteint une moyenne hebdomadaire de 1,5331 euro le litre en octobre.

Quant à lui, le litre d'essence sans-plomb 95 a déjà augmenté de 1,48 centime à 1,5943 euro, à des niveaux encore jamais atteints depuis 2013.
De même, celui du sans-plomb 95 (SP95) contenant jusqu'à 10% d'éthanol (SP95-E10) a pris 1,56 centime à 1,5669 euro.
Enfin, le sans-plomb 98 (SP98) a atteint 1,6551 euro le litre, progressant de 1,43 centime.

Composition des prix des carburants
Structuration des prix des carburants à la pompe en mai 2018, d'après UFIP et données ministérielles (©Connaissance des Énergies)

Macron maintient pourtant sa taxe TICPE et sa TVA sur la TICPE !

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Les prix des carburants à la pompe varient en fonction de plusieurs paramètres comme le cours du baril de pétrole, le taux de change euro-dollar, la demande ou les taxes (TICPE, Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques - qui augmente chaque année depuis 2014, pèse fortement dans le budget énergétique des Français - et TVA). Les cours du brut avaient reculé la semaine dernière, sur fond de ralentissement de l'économie et de tensions commerciales, mais les évolutions sur les marchés mondiaux se traduisent avec un décalage sur les prix à la pompe. En mettant ce coup de projecteur sur la hausse en dents de scie du brut, la presse institutionnelle et subventionnée joue le jeu du pouvoir macronien.

La presse nous ment sur le sujet de la politique gouvernementale du su-enchérissement des prix des carburants

Et, dans leur immense cohérence républicaine, aux européennes, les automobilistes français ont donné un coup de boost aux écologistes...
Comment est constituée la TICPE ?
La TICPE est constituée de la contribution climat énergie (CCE) depuis le 1er avril 2014. Il s’agit d’une adaptation de la taxe intérieure sur les produits énergétiques, également appelée 'assiette' carbone ou taxe carbone. Elle est fixée en fonction de l’émission de CO2 liée à l’utilisation de produits énergétiques. La tonne de carbone est passée de 30,50€ en 2017 à 44,60€ en 2018 (+14,1€) et devrait, selon les objectifs écologiques du gouvernement, quadrupler entre 2016 et 2030 pour atteindre jusqu’à 100€.

vendredi 24 mai 2019

Peut-on croire à une véritable augmentation du pouvoir d'achat au-delà des Européennes ?

Le pouvoir d'achat des ménages français va-t-il véritablement augmenter de 850 € et pour tous ?

L’OFCE n'a pas attendu le 27 mai pour envisager une augmentation moyenne du pouvoir d’achat des ménages français de 850 € en 2019


Ce serait même la plus forte hausse depuis 2007 et la crise économique internationale de 2008. Difficile d'y croire, car on sait déjà que les ménages ne la ressentiront pas forcément. 

Créé par l'Etat en février 1981, à l'initiative du premier ministre Raymond Barre, et pourtant classé à gauche, l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) avait prévu en février 2017 une baisse importante du chômage pour les années suivantes, atteignant 8,7 % pour 2019-2020 puis 7,7 % en 2022. Cette prévision est contredite par les faits, mais aussi, déjà à l'époque, par une étude de l'Unédic de fin 2016, qui prévoyait au contraire une légère hausse du chômage jusqu'en 2019 à 9,6 %. 
Après avoir assuré dès février dernier que le pouvoir d’achat des Français en 2019 "devrait être un bon cru avec environ 2 % de hausse par habitant", en moyenne, et qu’il a "augmenté de 20 %", mais sur ...vingt ans, François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France, affirme que cela "tient notamment à la très bonne maîtrise de la hausse des prix, du coût de la vie. C’est un des apports de l’euro pour le pouvoir d’achat des Français."

Un sondage paru en 2018 indique néanmoins que
66 % des Français estiment que leur pouvoir d’achat a baissé en 2018, et 57 % des sondés pensent qu’il va continuer de baisser. D'ailleurs, selon l’économiste François Bourguignon, "pour la première fois depuis la guerre, le pouvoir d’achat des Français a décliné ou stagné sur une très longue période, notamment pour les revenus bas et moyens".

Alors, comment expliquer cette différence de perception ?

Le 17 avril, une étude présentée par l'OFCE un mois avant les Européennes, assurait que les ménages français devraient gagner 850 euros de pouvoir d’achat en 2019, en moyenne. Il s’agirait de la plus forte hausse du pouvoir d’achat depuis 2007.

Le mouvement des Gilets jaunes, dont la hausse des prix du carburant a été le déclencheur, a cristallisé cette différence de ressenti. Et l’augmentation des dépenses contraintes, notamment, le confirme. Qualifiées par l’Insee de "dépenses préengagées", ces dépenses sont liées au logement (loyer, électricité, gaz, eau), aux abonnements (assurances, téléphonie, télévision, Internet), aux frais de cantine, etc. Celles-ci ont beaucoup augmenté durant ces derniers temps.

Selon l’Insee, le poids de ces dépenses pré-engagées est passé de 13 % environ du revenu disponible (revenu à disposition des ménages après retranchement des impôts et cotisations) dans les années 1960, à près de 30 % en 2016. Ce qui ne laisse aujourd’hui que 70 % de dépenses à disposition des Français, auxquelles il faut ajouter les dépenses liées à l’alimentation et aux transports, notamment l’essence, des dépenses qui fluctuent d’un mois à l’autre et qui pèsent beaucoup sur le porte-monnaie des Français.

Parmi les Français les plus touchés par cette augmentation des dépenses préengagées, on retrouve les ménages les plus modestes. "La part des dépenses pré-engagées dans le revenu disponible des ménages est d’autant plus forte que leur niveau de vie est faible : elle passe de 61 % pour les ménages pauvres à 23 % pour les ménages aisés", indique une étude publiée en 2018 par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DRESS) du ministère des Solidarités et de la Santé.
L’étude précise que les 10 % des ménages les plus modestes, après avoir payé les factures, ne disposent que de 180 euros en poche, alors que les plus riches disposent de 1.890 euros par mois.

Un alignement des planètes de facteurs

Résultat de recherche d'images pour "POUVOIR ACHAT 850 EUROS"Sur cette somme, 440 euros proviendraient des décisions récentes du gouvernement prises sous la pression du mouvement des Gilets jaunes. 
Parmi celles-ci : la revalorisation de la prime d’activité (+ 90 €/mois au Smic),  l’annulation de la hausse de la CSG sur les pensions de retraite (jusqu’à 2.000 euros)l’annulation des hausses de fiscalité écologique et l’exonération de charges et d’impôts sur les heures supplémentaires.
Annoncée lundi 10 décembre 2018 par le Président de la République, la défiscalisation des heures supplémentaires est inscrite dans la loi sur les mesures d'urgences économiques et sociales votée le 24 décembre dernier. Pour les salariés concernés, la mesure se traduira par un gain de salaire minimum d'environ 20 % par heure supplémentaire, soit le taux des cotisations et contributions salariales supprimées. Les cadres y gagneront un peu plus dans la mesure où ils payent davantage de cotisations. Rappelons que ce dispositif avait été mis en place par Nicolas Sarkozy en 2007, avant d'être supprimé par François Hollande en août 2012, lorsque Macron était secrétaire général adjoint de son cabinet (jusqu'en 2014).
Selon les projections foireuses de l'OFCE, alliée à un ralentissement de l'inflation, cette augmentation conduira à une hausse "significative" du salaire réel (+1,5%) cette année, après une hausse de 0,3% l'an passé.
Une hausse couplée à celle du salaire moyen par tête, qui devrait augmenter de 2,6 % en 2019 (contre 2 % en 2018). Si tout se passe comme prévu...

Un écart entre les mesures et le ressenti

Résultat de recherche d'images pour "POUVOIR ACHAT 850 EUROS"Cependant, même dans l'hypothèse la plus volontariste à l'approche du scrutin des Européen
nes, certains ménages gagneront donc beaucoup moins que les autres. il ne faut pas oublier d'ailleurs que cette hausse annoncée est une moyenne. 

De plus, l’écart entre les mesures officielles et le ressenti des ménages est à prendre en compte.
Selon un sondage, paru en 2018, 66 % des Français estiment que leur pouvoir d’achat a baissé en 2018. Et 57 % pensent qu’il va même continuer de baisser.
Selon une autre enquête, celle de l’Obsoco (Observatoire société et consommation), réalisée en janvier 2019, seulement un quart des Français estime que leur pouvoir d’achat a progressé.
Pourtant, si l’on en croit les chiffres de l’Insee, service de Bercy, le pouvoir d’achat est en croissance continue depuis 2013. En 2018, il a cru de 0,4 %, après 0,7 % en 2017. Sur cinq ans, il a progressé de plus de 3 %.

L'économiste Philippe Moati explique les raisons de cet écart, dans une tribune publiée dans Le Monde,.
Il écrit : "Les causes de l’écart entre la mesure et le ressenti sont multiples. Il y a bien sûr des facteurs psychologiques et des "biais de perception" qui affectent le ressenti. Mais il y a également un important travers dans la mesure : le calcul de la croissance du pouvoir d’achat ne tient pas compte de l’évolution de normes de consommation et mesure bien mal l’évolution du "coût de la vie"."
Pour l’expliquer, il prend l’exemple du téléphone portable. Selon l’Insee, "un téléphone vendu 100 € en 2007 ne coûterait plus que moins de 20 € en 2017 ! Le problème est qu’il serait bien difficile de trouver en 2017 sur le marché un téléphone aux caractéristiques identiques à celles des téléphones vendus en 2007, de surcroît 80 % moins cher !" De ce fait, "s’équiper d’un téléphone portable aujourd’hui pèse plus lourdement sur le budget des ménages et donc affecte négativement leur niveau de vie."
L’économiste en tire une interrogation qui devrait alimenter les questions de pouvoir d’achat pour de nombreuses années encore : "Comment faire en sorte que le revenu des ménages progresse, au moins aussi vite que les standards de consommation, dans un contexte de croissance économique structurellement molle ? Ce que révèle le mouvement des Gilets jaunes, ce sont les limites d’une société d’hyper-consommation devenue experte dans la capacité à stimuler le désir de consommer… mais qui n’en donne plus les moyens."

Macron avait affirmé qu'il ne serait pas le "président du pouvoir d'achat", mais celui de la fiche de paie et du mérite"...

VOIR et ENTENDRE Nicolas Doze souligner que "les Gilets jaunes ont obtenu un plan de relance absolument historique" et que jamais aucun président de la République avant Macron n'aura autant investi d'argent public dans la demande et la consommation: 


Les électeurs du 26 mai qui croiraient à l'augmentation moyenne du pouvoir d’achat des ménages français de 850 € en 2019 se trouveront fort dépourvus quand la bise sera venue...

mercredi 14 février 2018

Après neuf mois, Macron déchante et reconnaît des échecs

Les godillots arrogants de La République en Marche l'ont-il servi ou desservi ?

Le président-souverain en a rabattu à propos de ses promesses et projets


Il a admis avoir "échoué" à tenir promesse.
Neuf mois après son élection, Emmanuel Macron a lâché quelques informations  sur les dossiers chauds -service national, Syrie, pouvoir d'achat, Europe, Hulot et Darmanin- lors d'une séance de questions-réponses transformée en toute première conférence de presse, mardi.Cette rencontre avec 120 journalistes de l'Association de la presse présidentielle a duré près de deux heures.

Admettant en souriant que la position du gouvernement sur le service national n'est "pas très claire", il a ainsi annoncé qu'il souhaite un service national avec "une partie obligatoire de 3 à 6 mois", "ouvert sur la chose militaire", mais pouvant être plus long, si on intégrait une partie civique.

Interrogé sur les craintes des Français pour leur pouvoir d'achat, une inquiétude visible dans les sondages, il a écarté catégoriquement toute "réponse rapide" par la "dépense publique". En clair, il n'a pas de réponse...
"Je ne suis pas prisonnier des sondages. Je ne suis pas obsédé par ce qu'à ce stade on me fasse confiance ou pas sur le pouvoir d'achat, car quand on vous pose la question, nous sommes tous pareils, ce n'est jamais assez", a-t-il commenté, tirant le fil pour mettre en cause l'esprit français. "Il faut convaincre nos concitoyens au moment où il faut savoir s'ils vous font confiance ou non", a-t-il précisé, en allusion aux échéances électorales.

Macron admet qu'il n'a pas de solutions

Il s'était engagé à l'automne à ce qu'il n'y ait "plus personne dans la rue pour la fin de l'année", rejetant la faute sur un afflux de migrants.
"On a échoué là-dessus car il y a eu une pression migratoire forte en fin de trimestre", a-t-il tranquillement constaté, demandant d'éviter toute polémique face au "devoir d'humanité", tentant ainsi de déplacer le problème, avec un zeste de compassion, du politique sur les media. 
En réponse au président de la Fédération des acteurs de la solidarité, Louis Gallois, qui a accusé le gouvernement de minimiser le nombre de personnes dormant dans la rue, et tandis que Julien Denormandie assure, pour sa part, que le gouvernement ne cherche pas à sous-évaluer le nombre de SDF, le président Macron a répliqué qu'il a chargé le gouvernement de mieux compter le nombre de sans-abri. Une gestion comptable réglera-t-elle la question ? 
Dans le Journal du Dimanche, Louis Gallois avait jugé "insupportables" les propos de Julien Denormandie laissant penser que seulement une cinquantaine d'hommes isolés dorment dans la rue en Ile-de-France. Invitée ce dimanche de BFM Politique, la présidente d'Ile-de-France interpelle le ministre: "Une cinquantaine? Je vais l'emmener avec moi en maraude !" Valérie Pécresse rappelle avoir réuni la semaine dernière la plupart des responsables associatifs pour préparer le plan grand froid. "Sur la mise à l'abri, les villes font de gros efforts pendant le plan grand froid, et je parle de Paris et de sa banlieue. Mais après le grand froid, la vie reprend ses droits et on retrouve des gens à la rue, dans des bidonvilles. C'est ça, le vrai sujet." Elle appelle à "travailler pour organiser un habitat d'urgence décent", notamment sur les ancienne friches industrielles d'Ile-de-France.
Le secrétaire d'État s'est expliqué dimanche. "Je refuse ce que dit Louis Gallois, comme quoi le gouvernement chercherait à minimiser les chiffres. Je refuse totalement une telle accusation", a lâché, sans convaincre, le secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Cohésion des territoires, dans l'émission Le grand jury sur RTL, soulignant que "s'il y a bien une chose que fait toujours ce gouvernement, c'est partir de la réalité". Deux dénis ne valent pas une preuve.
"Je parle du nombre de personnes qui appellent le Samu social de Paris en fin de journée et à qui on dit (...) 'nous ne sommes pas en capacité de vous offrir un hébergement' (...), le chiffre correspond précisément à cela", précise Denormandie, mais "ce chiffre, évidemment ne correspond pas au nombre de personnes qui dorment dans la rue", a-t-il concédé au Grand jury. "
Les associations donnent un chiffre" de 2.000 à 3.000 sans abri dormant dans la rue, "ils sont certainement plusieurs milliers; je n'ai aucune raison de les contredire", a-t-il rectifié.Interpellé sur les propos de Sylvain Maillard, député soumis LREM de Paris, qui avait cru pouvoir justifier les chiffres minimalistes du  gouvernement en affirmant, le 5 février, que "même dans les cas de grand froid, certains SDF ne souhaitent pas être mis à l'abri", Julien Denormandie a répondu: "ces propos, je ne suis absolument pas en phase avec cela". "Etre dans la rue, ce n'est pas une situation choisie, c'est une situation subie; la rue ça tue", a-t-il asséné, surjouant l'indignation, sans apporter de solution.
Il a par ailleurs eu à défendre ses ministres Gérald Darmanin et Nicolas Hulot, deux bavures dans le renouvellement annoncé de la vie publique. 
Dès l'annonce de la parution d'Ebdo, le gouvernement et l'exécutif ont fait bloc derrière le ministre, de la même manière qu'ils avaient fait bloc derrière Gérald Darmanin, le ministre de l'Action et des comptes publics. Très rapidement, et dans les deux cas, leur éventuelle démission a été exclue par l'Elysée, l'exécutif s'en tenant à la ligne du "pas de démission tant qu'il n'y a pas de mise en examen."

"Bien évidemment non, car
ce n'est pas une question que j'ai posée. Après, j'ai été informé par Nicolas Hulot", a-t-il expliqué à propos de sa connaissance d'une plainte contre Hulot. "Mais ce n'est pas inscrit au casier judiciaire". Demander "'est-ce que quelqu'un a déjà porté plainte contre vous ?', cela n'existe dans aucune démocratie au monde", a-t-il lancé.

Mais il s'en est pris cette fois à la "République du soupçon"
qui imposerait d'écarter des ministres pour des "plaintes classées sans suite". Ce qui n'est pas le cas pour chacun d'entre eux... "Cela devient une forme de République du soupçon où tout se vaut", a déploré le chef de l'Etat, invitant à "collectivement se méfier".
Le président de la République a affirmé, lors d'une déclaration devant la presse, hors micros et caméras, qu'il ignorait, au moment où le gouvernement a été formé, que des plaintes pour viol avaient été déposées contre les deux futurs ministres. "Il n'y a pas eu de jury de moralité, il y a eu des éléments de bon sens", a déclaré Emmanuel Macron.
Mais à ses yeux, le but des contre-pouvoirs comme la presse ne doit pas être de "détruire ceux qui exercent le pouvoir"

Son projet de révision constitutionnelle ne fait pas consensus
Il a annoncé un projet de loi "au début du printemps" qui ferait l'objet, "dans l'idéal", d'une première lecture à l'Assemblée, comme au Sénat, avant l'été.
Le président de la République veut limiter le cumul des mandats dans le temps. Il en propose trois maximum. Gérard Larcher répond que c’est "un gadget". Douze sénateurs sur 348 seulement sont concernés. Emmanuel Macron souhaite réduire d’un tiers le nombre de parlementaires. Même si "ce n’est pas la condition d’un meilleur fonctionnement démocratique", selon Gérard Larcher, qui estime qu' "il est indispensable de préserver le lien entre les parlementaires et nos territoires. C’est pourquoi nous proposons de préserver l’ancrage territorial des parlementaires en revoyant l’article 24 de la Constitution : l’élection d’au moins un sénateur et un député par département."
Le Sénat n'est pas favorable non plus à la généralisation de la procédure accélérée entre l’Assemblée nationale et le Sénat. Elle réduit, selon lui, la durée du débat parlementaire. Sur le sujet de l’élection des députés à la proportionnelle, il souhaite une dose la plus minime possible. Son homologue de l’Assemblée nationale, François de Rugy, imagine quant à lui jusqu’à 30% de proportionnelle.
Interrogé sur le recours au référendum pour tout ou partie de cette réforme, notamment face à un blocage de la Chambre haute, Emmanuel Macron a esquivé, assurant qu'il n'a pas fait de "choix", donc qu'il n'a "pas d'annonce" à faire en ce sens.

"Nous frapperons" en Syrie
Côté international, il s'est montré déterminé à frapper le régime syrien si l'utilisation des armes chimiques [contre des civils] était "avérée". "Nous frapperons l'endroit d'où ces envois sont faits ou là où ils sont organisés. La ligne rouge sera respectée", a dit le président de la République. "Dès que la preuve sera établie, je ferai ce que j'ai dit. Nous frapperons", a-t-il lancé, martial, apaisant aussitôt son auditoire en indiquant que pour l'instant les services français n'en ont pas la preuve.

Le chef de l'Etat a également détaillé sa stratégie pour les futures élections européennes de 2019.
Il a expliqué sa volonté de recomposer le paysage politique de l'UE en créant une nouvelle force politique progressiste qui puisse mobiliser, y compris au sein des partis européens actuels. Car ces derniers seraient traversés, selon lui, par des "divergences de vues assez fondamentales", que ce soit au sein du Parti populaire européen ou du Parti socialiste européen.
"L'Europe gagnerait à une recomposition politique", qui est "possible et souhaitable si on veut donner un mandat clair à la commission", a-t-il expliqué.
Il faut "essayer une clarification idéologique, il y a la place pour un réformisme et un progressisme européens. Il peut y avoir une initiative" au moment des européennes pour, après les élections, "structurer son propre groupe" en "fédérant d'autres mouvements".

Jupiter a livré quelques confidences sur l'exercice du pouvoir

L'exercice du pouvoir, n'est "pas une épreuve" mais "une ascèse", avoue Emmanuel Macron.
Pour le quadra, c'est une fonction qui marque "la fin de l'innocence", confiant de surcroît un certain accablement: "il n'y a pas de temps pour le répit". "Je ne suis pas l'enfant naturel de temps calmes de la vie politique; je suis le fruit d'une forme de brutalité de l'Histoire, une effraction", a-t-il raconté, finissant sur ses états d'âme.

dimanche 29 décembre 2013

Les Français sont-ils devenus des Rom pour les Belges ?

La Belgique expulse de plus en plus de Français
En juillet 2012, la Belgique expulsait "certains" Européens, selon BFMTV

En période de crise, certains Européens représentent une charge trop lourde pour la Belgique. Julie, une jeune Française qui recevait des aides sociales, a bien failli être expulsée du royaume. Telle était la justification de la multiplication des expulsions de ressortissants européens hors du plat pays.Installée à Bruxelles où elle était venue faire ses études, notre Julie a failli revoir Tulle. L'étudiante fantôme a bénéficié d’aides sociales de 750 euros par mois en attendant de trouver du travail. Elle a finalement reçu un ordre de quitter le territoire au motif qu’elle constituait une charge déraisonnable pour le système d’aides sociales du royaume qui lui non plus ne peut "accueillir toute la misère du monde".

Plus de 1200 expulsés

Julie aurait pu voir ses aides sociales supprimées, mais elle s'est retrouvée sous une menace d'expulsion, si elle n'avait fini par trouver un emploi. Les Belges auraient-ils trouvé le moyen de stimuler les demandeurs d'emploi ?
L'écolo Zoé Génot, députée fédérale belge, s’est saisie de la question. "On parle toujours de la liberté de circulation en Europe et de l’égalité entre les citoyens. En fait, cette égalité ne vaut que pour certains", pointe-t-elle. "Seuls les riches sont bienvenus car ils vont consommer", poursuit cette jeune ringarde de la lutte des clases. Le travail parlementaire de cette altermondialiste est donc très orienté: lutte contre les discriminations (dossiers du droit de vote pour les résidents étrangers, mariage et adoption pour les couples homosexuels, organisation du culte musulman en Belgique, les inégalités Nord-Sud et les injustices sociales (chasse aux chômeurs) ou encore pour la société de l'information et les logiciels libres. Elle a tout pour plaire à une Eva Joly ou une Taubira.
Avec la crise, les chiffres sont en augmentation. Sur les six premiers mois de 2012, plus de 1200 personnes, Italiens, Français ou Polonais, ont été expulsés de Belgique.

Aujourd'hui, BFMTV assure que tous les Français seraient particulièrement visés

De plus en plus de ressortissants de l'Union européenne, dont de nombreux citoyens français, sont expulsés de Belgique, surtout après un long séjour aux crochets de la Couronne. La raison invoquée reste la "charge déraisonnable" pour le système d'aide sociale belge, selon des chiffres rendus publics cette semaine.
"En 2013, et ce jusqu'en août, il a été mis fin au séjour de 1.130 citoyens européens", a indiqué la secrétaire d'Etat belge chargée de l'Asile et de la MigrationMaggie De Block (photo ci-contre), interrogée sur ce sujet par un parlementaire belge.

Est-ce un dommage collatéral de la rivalité entre Flamands et Wallons?
 
Une législation sociale encore plus attractive qu'en France
Les expulsions de ressortissants européens ont explosé au cours de ces dernières années. En 2010, à peine 343 citoyens de l'UE avaient été expulsés de Belgique. En 2011, leur nombre est passé à 989 et a ensuite doublé en 2012, avec 1.918 expulsions.
Au cours des huit premiers mois de 2013, 133 Français ont été expulsés de Belgique, faute de moyens suffisants de subsistance.

En application stricte d'une directive européenne
Elue "femme de l'année" 2013 par les lecteurs de La Libre Belgique, Maggie De Block, une flamande et l'une des ministres les plus populaires du gouvernement d'Elio Di Rupo, en raison de sa fermeté sur les questions d'asile et d'immigration, a décidé d'appliquer à la lettre une directive européenne de 2004 sur la libre circulation des citoyens européens.

Ce texte européen autorise chaque Etat-membre à mettre un terme aux aides sociales d'un citoyen européen dès lors qu'il constitue "une charge déraisonnable" pour le système d'aide sociale du pays qui l'accueille et à le renvoyer dans son pays d'origine, au-delà du droit accordé à tout citoyen européen de séjourner dans n'importe quel pays de l'UE pendant trois mois. Une loi communautaire qu'en France le gouvernement socialo-écolo ignore...

Des considérations humanitaires 
Ces derniers jours, la presse belge a mis en exergue des cas de Français, notamment une famille menacée d'expulsion - avec au moins quatre enfants, comme souvent dans ces cas choisis - faute de moyens suffisants de subsistance, alors qu'elle réside depuis trois ans en Belgique, et d'une autre Française, âgée de 30 ans, résidant également depuis trois ans dans le royaume.

"A l'heure où nous travaillons main dans la main à la construction de bassins de vie transfrontaliers, il est choquant que des expulsions continuent", s'est ému le député des Français du Benelux, Philip Cordery. C'est que l'élu est socialiste et craint de voir les Français réclamer l'application en France de cette directive européenne de 2004. Il a promis de saisir les ministres de l'Intérieur français et belge pour que cessent ces expulsions, avant que le peuple de France n'exige de travailler pour ses concitoyens exclusivement, d'autant que la crise, singulièrement en matière de chômage qui frappe plus lourdement la France que la Belgique. Il a également souhaité une révision de la directive européenne de 2004 pour que "la liberté d'installation en Europe soit valable pour tous", en vertu de la libre circulation des biens et des personnes en Europe.
En réponse aux interpellations réitérées de la député belge écologiste Zoé Génot, Mme De Block a assuré que les "éléments humanitaires" sont pris en compte dans chaque cas.
"Je connais une dame française, seule avec deux enfants, résidant en Belgique depuis plus de dix ans; elle a travaillé la majorité des années de sa présence chez nous. Elle vient de se voir forcée de rentrer en France, alors que les enfants étaient ancrés chez nous depuis toutes ces années. Je serais donc intéressée à connaître les motifs humanitaires pouvant être pris en compte", lui avait répondu l'élue écologiste, sans obtenir de réponse.

Les Européennes réveillent les députés de Bruxelles
En septembre dernier sur France Info, la commissaire européenne à la justice, aux droits fondamentaux et à la citoyenneté, Viviane Reding avait vivement critiqué la polémique sur les Rom, suite notamment aux déclarations de Manuel Valls, ministre de l'Intérieur de Hollande. "Il y a de l'élection en l'air en France" ironisa-t-elle. Avant de s'étonner de la non utilisation des fonds (comprendre "redéploiement" !) mis à la disparition par l'UE pour régler les problèmes qui se posent dans les communes: 50 milliards d'euros...

Quant à nous, en France, nous connaissons tous depuis des années des mères clandestines "ancrées chez nous" avec enfants scolarisés et qui ont d'autant moins  de raisons de se trouver sur le territoire que Hollande nous matraque d'impôts pour financer les dépenses sociales. 


mercredi 21 août 2013

Canfin (EELV) caillasse Valls

Canfin : "Valls déclenche le désordre"

Pascal Canfin analyse la place de la question environnementale au sein du gouvernement

A la veille de l'ouverture des Journées d'été d'Europe Ecologie - Les Verts, l'ancien député européen et ministre délégué au Développement fait aussi le point sur les échéances à venir, à l'automne, pour les écologistes et assure qu'il "jugera sur pièces" et en "tirera les conséquences". De Manuel Valls, l'écologiste dit ne pas "voir comment" EELV pourrait "participer au gouvernement" s'il devenait Premier ministre.

Cette année a été ponctuée par un certain nombre de couacs entre ministres. Récemment, Manuel Valls et Christiane Taubira se sont affrontés sur la réforme pénale. Cette équipe gouvernementale manque-t-elle de cohésion?

La gauche n'a jamais été caporalisée,
car la liberté d'expression fait partie de ses valeurs. Par définition [!], il y a plus de débats dans un gouvernement de gauche que de droite, car le rapport à l'autorité est différent. [C'est aussi pourquoi le chaos caractérise les altermondialistes] Ceci dit, j'ai été surpris par la sortie de Manuel Valls sur la politique migratoire lundi lors du séminaire de rentrée. Pour quelqu'un qui veut incarner l'ordre, c'est lui qui déclenche le désordre. Sur le fond, le regroupement familial est un droit internationalement reconnu. En France, il concerne 15.000 personnes par an. J'ai du mal à croire que c'est un des principaux problèmes de la France, aujourd'hui comme dans 10 ans.

Comment expliquez-vous l'attitude de Manuel Valls?

Je n'ai pas à l'expliquer [sic]
, mais je trouve que finalement cette stratégie le marginalise au sein de la gauche. Un gouvernement, c'est une alchimie autour d'une vision partagée. Le chef doit incarner l'équilibre, ce que fait aujourd'hui Jean-Marc Ayrault. Sincèrement [c'est là qu'il faut se méfier], je ne vois pas comment, si Manuel Valls était Premier ministre, nous pourrions participer au gouvernement.

Avec trois autres ministres,
vous avez signé un texte sur la transition énergétique. Avez-vous eu un retour lors du séminaire de lundi? 

Il n’y a pas eu de retour direct
, car il n’y avait pas de copie remise, ni de note donnée. Mais tout le monde a parlé d’environnement : le Président, le Premier ministre, Laurent Fabius, Pierre Moscovici… Il est évident que la nouvelle donne écologique est l’un des enjeux fondamentaux auxquels la France sera confrontée dans les dix ans à venir. La réponse a donc été de remettre cette question au coeur de la stratégie du gouvernement.

Les "quatre mousquetaires" ont-ils eu un poids dans cette prise de conscience?

Je pense qu’on y a contribué.
Notre objectif politique est de constituer au coeur du gouvernement - et non en marge - un pôle qui défend la transition écologique et théorise un nouveau logiciel pour la gauche. L’écologie, c’est le bon sens, c'est l'intérêt économique de la France et c'est conforme à ses valeurs.

D’autres ministres pourraient-ils vous rejoindre?

On verra. On ne structure pas un courant dans un parti, mais une dynamique au service de l'avenir de la France.
L’idée est aussi d’être en totale cohérence entre ce que l’on porte en tant qu’écologiste au gouvernement et ce que porte le ministre de l’Environnement. On a gagné au change entre Delphine Batho e et Philippe Martin. Nous n’aurions pas pu mener cette initiative avec Delphine Batho. On travaille en confiance avec Philippe Martin, qui est le vrai ministre du Redressement productif. La transition écologique et l’économie verte sont la base du redressement productif de la France. [Montebourg peut se recycler dans la voulange et les croissants!]

Ne faut-il pas aussi voir dans ce texte une opposition à Arnaud Montebourg ? 

Sur le gaz de schiste, on a un désaccord avec Arnaud Montebourg.
Le président de la République a arbitré dans notre sens. La non-exploitation du gaz de schiste est une victoire des écologistes. Lorsqu’il était candidat à la primaire socialiste, Arnaud Montebourg était contre les OGM, contre les gaz de schiste, contre l’aéroport de Notre-Dame des Landes… Il tenait un discours écolo. Depuis qu’il est ministre, il a complètement changé de bord. Nous, nous avons conservé notre cohérence.

Les grands rendez-vous de l’automne (budget, fiscalité écologique et transition énergétique) approchent pour les écologistes. Début juillet, vous menaciez de quitter le gouvernement si des "actes" n'étaient pas pris. Vous maintenez vos propos?

Les choses sont très simples.
Si ces rendez-vous sont manqués, on en tirera les conséquences. Derrière les grands discours, qui ont encore été tenus hier et dont je me félicite, les échéances du 20 septembre avec la conférence environnementale, puis le Conseil des ministres du 25 septembre où le budget sera présenté, représentent une grande partie du rendez-vous. C’est le moment de vérité.

Fin septembre, vous pourrez donc dire si vous restez ou non au gouvernement?

Je ne peux pas imaginer qu’après les discours prononcés, les actes ne suivent pas.
On jugera sur pièces. Il y a des rendez-vous. On les évaluera lors du Congrès d’EELV [fin novembre à Caen]. A ce moment-là, on prendra une décision politique : faut-il continuer ou arrêter? Si les rendez-vous de septembre sont réussis, nous pourrons alors nous projeter dans l’an 2.

Le secrétaire national Pascal Durand affirme que la première année Hollande "n'a pas été à la hauteur des attentes de changement". Partagez-vous ses propos?

En matière d’écologie, je comprends la
frustration des militants écologistes qui, après dix ans de droite, se sont dit qu’on allait tout de suite repartir dans une politique beaucoup plus favorable à l’environnement. Maintenant, sur la fiscalité écologique par exemple, les esprits n’étaient pas prêts en septembre 2012 [lors de la précédente conférence environnementale] pour faire une réforme fiscale écolo, il fallait notamment digérer l'échec de la taxe carbone version Sarkozy. Il a fallu un an de travail de conviction. Maintenant, les choses sont mûres. Mais, d'une manière générale, il ne faut pas minorer ce qui a déjà été fait, je pense par exemple à la non exploitation des gaz de schiste ou encore au récent plan d'investissements d'avenir très marqué par l'écologie. Je suis convaincu que la vraie victoire des lobbies ce serait le départ des écologistes du gouvernement.

Vous êtes sur des dossiers qui semblent moins concrets que ceux de votre collègue écologiste Cécile Duflot au Logement. Est-ce difficile pour vous?

C'est évidement moins médiatique, mais la politique de Développement relie la France au reste du monde. A travers elle, on influence la marche du monde dans 100 pays, en plus des institutions internationales (Banque mondiale, ONU…). Par ailleurs,
je travaille aussi sur la négociation climat. La France va accueillir la grande conférence internationale sur le climat à Paris en 2015 et devra réussir ce qui a échoué à Copenhague en 2009. Cela ne fait pas nécessairement la une des journaux, mais si nous parvenons à un accord sur le climat, cela me comblera largement!

En vue des municipales de 2014, le PS appelle à l'unité dès le premier tour, tandis qu'EELV prône l’autonomie au moins dans les grandes villes. Pourquoi?

Aux élections municipales, il y a deux tours.
Au premier tour, les électeurs choisissent la couleur qu'ils veulent donner à la majorité. Pour les électeurs, c'est limpide : vous choisissez au premier tour et que le meilleur gagne. Ensuite, on se rassemble au second tour pour gagner face à la droite. Les cas de figure où aucune liste de gauche ne fait plus de 10% des votants au premier tour et risque donc l'élimination est quand même extrêmement faible.

Après les municipales, auront lieu les élections européennes. Vous étiez troisième sur la liste écologiste en Ile-de-France en 2009. Pourriez-vous être tête de liste en 2014?

Il y a un calendrier qui sera déterminé par le Conseil fédéral d'Europe Ecologie, le 14 septembre prochain. En fonction de ce calendrier, je prendrai ma décision.
Aujourd’hui, je n'exclus aucun des scénarios.


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