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jeudi 13 février 2020

La baisse du chômage annoncée par Bercy, info ou intox ?

Derrière l'arbre de la baisse du chômage, la forêt d’emplois précaires

Un économiste explique pourquoi Bruno Le Maire dénonce la dernière étude de l'Observatoire français des conjonctures économiques


La politique du gouvernement est néfaste pour le pouvoir d'achat des plus modestes, souligne l'OFCEpolitiquement classé à gauche. Et  la baisse du chômage clamée par le gouvernement est un leurre. "Socialiste insoumis" associé à la France Insoumise (LFI), Liêm Hoang-Ngoc, ancien député européen PS, maître de conférences en économie à l’Université de Paris, donne raison à l'OFCE contre le ministre de l'Economie de Macron, lui-même ancien maître de Bercy. 
La publication de l’étude annuelle de l’OFCE sur les effets de la politique du gouvernement a suscité l’agacement du ministre de l’Economie et des finances. Contestant "l’esprit et la méthode" de ce travail, Bruno Le Maire affirme que la décrue du chômage en 2019 atteste du bien-fondé de la politique menée. La sienne. Or, elle est bien loin d’atteindre tous les objectifs annoncés.

Que dévoile l'étude de l’OFCE ?

Très rigoureuse sur la méthode, la simulation de l’OFCE montre que "l’effet cumulé des mesures socio-fiscales de 2018 à 2020 reste très fortement marqué par le geste fiscal effectué en direction des ménages les plus aisés en début d’année 2018" : suppression de l’ISF sur la détention d’actions et d’obligations et "flat tax" sur les revenus qu’ils procurent. 

En revanche, elle indique que
"l’effet cumulé des mesures prises devrait être négatif pour les 10% des ménages les plus pauvres" (suppression des APL, baisse ou suppression des allocations pour de nombreux chômeurs, désindexation de prestations sociales vis-à-vis de l’inflation). 

L'OCDE intègre bel et bien les effets de la prime d’activité et du "zéro reste à charge," assure Liêm Hoang-Ngoc, contrairement aux allégations de Bruno Le Maire
L'universitaire rend justice à l'OCDE qui souligne, les destinataires de la suppression de la taxe d’habitation, les classes moyennes sont les principales bénéficiaires des "mesures gilets jaunes" (baisse de l’impôt sur le revenu, prime d’activité, défiscalisation des heures supplémentaires), ayant pour effet de soutenir la demande. 
Enfin, les collectivités territoriales voient leur budget affecté par la baisse des dotations de l’Etat, dont le déficit est lui-même tributaire en 2019 du "double CICE" versé aux entreprises (crédit d’impôt versé au titre de l’année 2018 et transformation en baisse pérenne de cotisations patronales).

En fait, le ministre critique "l’esprit" de l’étude qui est suspecte de propagation de l’idée que la baisse des inégalités passe par la redistribution. Pourfendeur des politiques de redistribution, qu’il accuse d’accroître la pression fiscale, le chômage et la pauvreté, Le Maire soutient que la politique menée par le gouvernement est susceptible de s’attaquer aux inégalités en encourageant le travail. Elle commencerait à provoquer ses effets, comme en témoigne la décrue du chômage.

La baisse du chômage est l’arbre qui cache la forêt

Résultat de recherche d'images pour "précarité"

Le chômage a bien baissé de 3% en 2019, alors même que la progression du PIB décroît depuis 2017, où elle avait atteint 2,2%. 

"En même temps", la croissance baisse : elle fut de 1,7% en 2018 et de 1,2% en 2019. Poursuivant sa chute à -0,1% au dernier trimestre 2019, elle serait de 1,1% en 2020. 
De surcroît, les gains de productivité ont été nuls au cours des deux premiers trimestres 2019. 

Tout ceci signifierait que la croissance va se retourner, incessamment sous peu, si l'avenir est plus sûr que le présent : les années à venir seraient plus riches en emplois qu’auparavant, la croissance étant quatre fois plus riche en emplois qu’au cours des Trente glorieuses où les gains de productivité étaient de 4% par an). 

Mais les créations d’emplois sont localisées dans les secteurs à faible valeur ajoutée, tels que la restauration, le commerce, les services aux personnes et le bâtiment. Ces secteurs traditionnels ont aussi bénéficié de l’abaissement du coût du travail et des réformes du code du travail. Ils sont gourmands en emplois peu qualifiés, rémunérés au niveau du SMIC. Ils sont en outre fortement tributaires de la conjoncture, dont la tenue provisoire explique la baisse des demandeurs d’emplois de catégories B et C, occupant des emplois à courte durée: disons-le, les emplois précaires.

Autre hic! Si  les entreprises ont peu à peu transformé les CDD en CDI depuis la reprise de 2017, un retournement pourrait entraîner une forte recrudescence du chômage, dès lors que l’assouplissement du code du travail permet aux entreprises de réduire aisément les salaires et l’emploi face à une baisse d’activité.
Après Le Maire, le déluge ?

Aubry (PS): avec Macron, "l'inhumanité est en marche"

La maire de Lille parle peu, mais elle est toujours aussi  vacharde

Maire PS sortante de Lille et
 candidate, à 69 ans, à un quatrième mandatMartine Aubry, a encore dénoncé Macron et sa majorité "d'amateurs" : "l'inhumanité est en marche dans toutes ses politiques".

"M. Macron a dit hier à ses députés 'vous avez raison d'être des amateurs'... Ce sont des amateurs ! Et c'est un homme qui, aujourd'hui, sert ceux qui ont déjà beaucoup d'argent", a résumé  M. Aubry, mercredi sur RTL

"Il parle 'd'humanité' à ses députés, à qui on demande de voter comme un seul homme, parce qu'ils n'ont pas compris que, quand on perd un enfant, on a besoin d'un congé... L'inhumanité, elle est en marche dans toutes les politiques qu'il met en place !", a-t-elle lâché.

Concernant la réforme des retraites, l'ancienne ministre de l'Emploi et de la Solidarité de Jospin, il y a 23 ans (1991-1993) a rappelé qu'elle est "extrêmement inquiète depuis le début".
"La retraite, c'est l'assurance retraite ! Il faut que chacun ait l'assurance d'avoir une retraite et de pouvoir (en) vivre" mais aujourd'hui, "personne ne sait ce qu'il va gagner lorsqu'il sera en retraite et tout le monde est inquiet en France. Nous ne savons rien sur la durée de cotisation, sur la valeur du point", a-t-elle déploré.
"On est en train de tout changer, de faire en sorte que ceux qui étaient déjà les plus défavorisés le soient encore plus", a poursuivi l'ex-patronne du PS (2008-2012), évoquant la situation des femmes, des personnes travaillant à temps partiel ou des "emplois pénibles".

S'il "manque 7 milliards par an à partir de 2025", la France "crée une richesse de 30 milliards supplémentaires par an, ne peut-on pas trouver là les 7 milliards ?", a-t-elle plaidé.

"Quand M. Macron a supprimé l'ISF (impôt de solidarité sur la fortune, créé en 1989 par Jean-Pierre Soisson, ministre du Travail giscardien de Michel Rocard) et mis en place une flat tax pour les revenus des actions et des obligations, cela représentait 5 milliards", a-t-elle ajouté, citant aussi une étude de l'OFCE selon laquelle, avec les mesures prises par le gouvernement, "5% des Français les plus riches ont gagné 2.940 euros par an pendant que les 5% les plus pauvres ont perdu 240 euros".

"La France, elle est perdue, divisée, angoissée et M. Macron en est le responsable", a-t-elle asséné.

jeudi 6 février 2020

Un rapport d'économistes accable le "président des riches"

Un rapport d'économistes sur le "président des riches" jette le trouble en macronie

La politique budgétaire et fiscale menée depuis 2018 a favorisé le pouvoir d'achat des plus aisés

Ce rapport va dans le sens des mouvements sociaux à travers le territoire,
Gilets Jaunes et militants opposés à la réforme Macron des retraites. 
Macron, premier spécimen de mentaliste autiste
Autre révélation du même rapport d'économistes, publié mercredi : cette politique s'est faite au détriment des plus modestes. Ce qui ne réussit pas à perturber les mutants socialistes qui ont largué le PS. Le gouvernement Philippe conteste ses conclusions et Bercy défend sa politique. 

L'image de "président des riches" n'est pas caricaturale et le rapport confirme le clivage social opéré par la politique de Macron depuis son arrivée à l'Elysée en mai 2017. Elle a même changé de format avec le mouvement des Gilets Jaunes, qui a vainement mis en évidence les enjeux de pouvoir d'achat, alors que les macroniens se cherchent des excuses dans la longueur de la mobilisation populaire, prolongée par les opposants à la réforme Macron des retraites. 

Plusieurs rapports d'économistes publiés ces derniers mois montraient déjà que les ménages modestes avaient été les premiers oubliés de la hausse globale du pouvoir d'achat, estimée à 17 milliards d'euros entre 2018 et 2020. Un gain qui représente "quelque chose de totalement massif" et un "effort sans précédent", raconte-t-on pourtant à Bercy, en se cachant : ils ne sont pas dans le détail...
Mais le rapport de l'Observatoire français des conjonctures économiques  va plus loin.



"Plus des deux tiers des ménages appartenant aux 10% les plus modestes  affichent des pertes de revenu disponible"

Alors que le reste des Français l'a vu augmenter sur la période, selon les calculs de l'OFCE
Rien que pour 2020, 15% des ménages les plus modestes vont voir leur niveau de vie "amputé" - et ils ne sont pas tous Français -, en particulier par les réformes des allocations chômage et logement, précise l'OFCE. 

A l'inverse, "les grands gagnants" seront plutôt ceux dont le niveau de vie est supérieur au niveau de vie médian. 
Ainsi, entre 2018 et 2020, un quart des 17 milliards d'euros de gains de pouvoir d'achat ont profité aux 5% des ménages les plus aisés.

lundi 4 novembre 2019

Conditions d'accès à l'assurance-chômage : la réforme est-elle une trappe à chômeurs ?

Inquiétudes grandissantes face aux durcissements des règles d'accès à l'assurance chômage

Les premières mesures de la réforme de l'assurance-chômage sont entrées en vigueur vendredi 1er novembre

Résultat de recherche d'images pour "trappe à chomage"Une réforme visant avant tout à réaliser plus d'un milliard d'euros d'économies par an (3,4 milliards d'économies sur trois ans) est-elle faite pour les éclopés du marché du travail ? Les conditions d'éligibilité aux allocations sont notablement durcies par une série de mesures qui attirent tout particulièrement les critiques.

Laurent Berger dénonce une réforme "indigne" et se dit prêt à débattre avec Muriel Pénicaud, la mère-porteuse de cette nouvelle réforme Macron.

"Tuerie", "punition", réforme qui va "créer des drames" et des "trappes à pauvreté". Depuis l'annonce du contenu de la réforme en juin, traduite dans deux décrets publiés en juillet, Laurent Berger ne décolère pas.
Le secrétaire général de la CFDT, syndicat réformiste, n'a pas eu de mots assez durs ces derniers temps pour qualifier cette réforme scélérate, et encore vendredi matin sur Franceinfo. "Cette réforme va faire beaucoup de mal aux demandeurs d'emploi. Beaucoup beaucoup de mal aux chômeurs indemnisés", a-t-il répété sur la radio publique. "C'est 1,4 million de personnes qui vont être très directement concernées", a-t-il précisé.

Les mesures assurant le durcissement des conditions d'accès à l'assurance chômage sont les premières mises en vigueur dès ce 1er novembre. Il faudra désormais avoir travaillé six mois sur les 24 derniers mois, au lieu de quatre sur 28 auparavant, et la dégressivité des allocations pour les hauts revenus au bout de six mois. Selon les chiffres de l'UNEDIC, 850.000 demandeurs d'emploi vont perdre 200 euros net par mois à partir de l'an prochain, dans deux mois.

"Ça fait 100% de perdants", a calculé le responsable syndical, qui accuse la ministre du Travail Muriel Pénicaud d'avoir fait cette réforme non pas pour aider au retour à l'emploi mais "pour faire des économies sur le dos des demandeurs d'emploi" . 

Ces règles "se sont mises en place suite à l'échec d'une négociation dans un cadre où il était quasi-impossible, pour l'ensemble des acteurs sociaux, patronat ou syndicats, d'aller vers un accord", a dénoncé L. Berger. "Elles ont été mises en place par décret, et il n'y a pas de possibilité d'intervention sur les décrets lorsqu'ils sont légaux. Ça n'empêche pas de continuer à dire que cette réforme est injuste et indigne", a-t-il insisté.
"On est dans un pays où quand on tape sur les plus fragiles, ce n'est pas ce qui fait le plus réagir. J'en suis presque malade au sens imagé . Ma colère n'est pas feinte", a ajouté Laurent Berger.

"Je viens de ce secteur, de l'accompagnement des demandeurs d'emploi. Je suis prêt à débattre avec Mme Pénicaud sur ce que ça veut dire concrètement, y compris sur ses allégations selon lesquelles les demandeurs d'emploi n'ont qu'à retrouver un travail. C'est plus compliqué que cela", a-t-il insisté.

"Nous nous battons contre la précarité, on investit un milliard d'euros pour l'insertion par l'économique des plus vulnérables, on est en train de former des jeunes pour qu'ils aient un emploi, on est en train de former des demandeurs d'emploi comme on l'a jamais fait, on rajoute des postes à Pôle emploi pour que les personnes soient mieux accompagnées", s'est justifiée jeudi sur LCI la ministre du Travail. "Notre but, c'est l'emploi, plus d'emploi, moins de précarité" , a-t-elle ajouté.

Eric Heyer, est sceptique : à bien des égards, les mesures gouvernementales ne vont rien régler, sinon à la frange.

VOIR et ENTENDRE le directeur du département analyse et prévision de l'OFCEdans Ecorama :



Michel Sapin, l'ancien ministre de l'Economie de François Hollande, taclait une "réforme injuste et brutale"

"Là, c'est vraiment la première réforme depuis très longtemps qui est aussi brutale, aussi injuste et qui va créer plus de pauvres. C'est une réforme qui tape sur les plus faibles," s'est-il indigné au micro d'Europe 1 vendredi 1er novembre.



Interrogé sur les échecs des négociations avec les partenaires sociaux, Michel Sapin a estimé que cet échec était "voulu par le président de la République".
Macron "avait créé toutes les conditions pour qu'il ne puisse pas y avoir d'accord. Il ne pouvait pas y avoir d'accord de la part du patronat et il ne pouvait pas y avoir d'accord de la part des organisations syndicales", affirme Michel Sapin qui pointe "un échec organisé, c'est un échec voulu. Et c'est un échec qui donnait toute liberté ensuite au gouvernement de prendre des mesures que jamais les partenaires sociaux n'auraient pu négocier ou n'auraient voulu négocier".

Matthieu Orphelin, ancien membre de la majorité présidentielle LREM, s'est déclaré samedi sur Europe 1, "très inquiet"

Résultat de recherche d'images pour "trappe à chomage"

"Il faut que le gouvernement entende", a tonné e député du Maine-et-Loire, un ancien membre de la majorité présidentielle. Il est en effet monté à nouveau au créneau samedi, cette fois contre le durcissement des règles d'accès. "Je suis très inquiet par le durcissement des conditions d'éligibilité", a ainsi déclaré sur Europe 1 le député dissident du Maine-et-Loire.
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"C'est assez paradoxal par ailleurs, au moment où le gouvernement met en place une stratégie de lutte contre la pauvreté, j'ai peur que ce durcissement soit une trappe à pauvreté", a déclaré le député. "Je crois qu'il faut que le gouvernement entende les inquiétudes des acteurs comme Laurent Berger de la CFDT (...) Il faut que le gouvernement entende les alertes des acteurs sur ce sujet". Et de répéter : "j'ai beaucoup d'inquiétudes". 


jeudi 4 juillet 2019

France : budget vacances en baisse; et pourtant, le pouvoir d'achat serait en hausse !

Les 10 milliards d’euros redirigés par l'Edouard vers les ménages cette année n'ont toujours pas atteint les Français

Le budget des Français disponible pour les vacances a de nouveau diminué
, révèle un sondage.


Résultat de recherche d'images pour "VAcances des Francais"
Les Français se serrent la ceinture en cette période estivale, alors que, le 28 janvier 2019, gouvernement.fr clamait :"2019 : le pouvoir d’achat des Français est en hausse", précisant que "dans leurs études respectives, l’Insee et l’Institut des Politiques Publiques anticipent [sic] une forte hausse [tant qu'à anticiper...] du pouvoir d’achat des Français. Le budget 2019 et les mesures d’urgence économique et sociale décrétées par le président de la République [à la suite du mouvement des "gilets jaunes", indique l'étude de l'IPP] en sont les principaux responsables." Youpie !  Où est l'intox ?
L'IPP, associé à l'INSEE, officine de Bercy, est composé de l’École d’économie de Paris (EEP), dominée par l'EHESS, et du CREST, lequel est dirigé par un affidé de Jean-Pierre Raffarin, lequel n'a que tendresses pour Macron] précise que le "gain moyen [est] proche de 1% du revenu disponible pour une large partie des ménages". L'institut des Politiques publiques - qui, de son propre aveu, vise à promouvoir l'analyse et l'évaluation quantitative des politiques publiques - parle en outre d'"une forte hétérogénéité" masquée... Le Conseil de l'Ordre des journalistes proposé par Cédric O aurait eu beaucoup à faire avec la presse, mais avec le gouvernement, la tâche est immense... 

Où passe l'augmentation du pouvoir d’achat des ménages de 850 euros en 2019, annoncée par le premier ministre Edouard Philippe, le 7 mai 2019 ?

La baisse du budget vacances se concrétise dans les pratiques des estivants

Le baromètre RTL- Odoxa - FG2A souligne que le budget vacances des Français est en baisse cette année: 852 € contre 871 € en 2016, en moyenne. Près d’un Français sur deux (44%) ne partira pas en vacances cet été. Encore une fois, où passe donc la hausse du pouvoir d'achat de l'Edouard ?

Des chiffres qui cachent des réalités bien différentes. Les vacanciers sont à diviser en deux catégories. Ceux qui partent, allouant 1.200 euros à leurs vacances, tandis que les personnes ne partant pas en vacances y consacrent 400 euros

44% restent à la maison; 83% restent en France.
Le baromètre met par ailleurs en lumière la baisse des voyages à l'étranger, une tendance déjà perçue ces dernières années. A quoi sert-il donc que le budget des Français soit à la hausse (71 euros par mois) ? En trois ans, le nombre de voyageurs hors de nos frontières est passé de 19 à 17%. Les destinations privilégiées sont l'Espagne, l'Italie, le Portugal, la Grèce et ...le Maghreb (merci amis Franco-maghrébins]. Dans l'Hexagone, de plus en plus de vacanciers se tournent plutôt vers la façade maritime ouest, délaissant de plus en plus la Côte d'Azur et la Corse. Les effets cumulés de la canicule de juin et de la cherté de la côte du Sud-Est.

Autre tendance, la baisse de fréquentation des hôtels et centres de vacances. Outre les plateformes locatives entre particuliers, type Airbnb, quatre vacanciers sur dix sont logés par des membres de leur famille. 
La politique de Macron resserre les liens familiaux...

Le mirage des gains sociaux-fiscaux selon Macron

Le rapporteur Gaël Giraud met en évidence un problème de cohérence des chiffres présentésCe chef économiste de l'Agence française de développement (AFD, institution financière publique qui agit pour combattre la pauvreté et favoriser le développement durable et qui est dirigée par l'ex-secrétaire général adjoint du ministre socialiste des Affaires étrangères, Laurent Fabius) affirme en effet que "le calcul du gouvernement est conforme aux principes de la comptabilité nationale. Mais ces chiffres doivent être re-traités pour neutraliser certaines opérations neutres ou temporaires, afin d’avoir une vision consolidée de l’évolution des P.O. [prélèvements obligatoires] depuis le début de la législature."

Or, l'OFCE - créé par l'Etat en février 1981 - est excessivement optimiste.

Tout d’abord, l’OFCE table sur une croissance pour 2019 de 1,5% alors que le gouvernement retient seulement 1,4 (et même peut-être en dessous si l’on tient compte des éléments publiés par l’INSEE (0,3% de croissance au premier trimestre, or il faut 0,4%/trimestre pour atteindre 1,4% de croissance annuelle). On dira que cet élément est de l’épaisseur du cheveux… sans doute, mais il n’y a pas que lui.

L’OFCE retient "une forte croissance du pouvoir d’achat de +2,5%), or le PNR  (le programme national de réforme publié conjointement avec le Pstab, programme de stabilité 2019-2022) n’affiche, lui, qu’une croissance prévisionnelle de +2% du pouvoir d’achat. La différence commence à être assez significative.

L’OFCE retient "un effet des mesures socio-fiscales distribuées aux ménages de près de 12 milliards d’euros sur l’année (+0,8 point de revenu disponible brut) et la hausse significative du salaire réel (1,5% en 2019 après 0,3% en moyenne sur la période 2017-2018) liée notamment à la prime exceptionnelle défiscalisée pour les salariés et au ralentissement de l’inflation." 
En clair les 2,5% d’augmentation du pouvoir d’achat se répartiraient en deux parts :
+1,9 point par unité de consommation, lié à l’impact des mesures socio-fiscales, soit 440 euros/ménage ;
+0,6 point par U.C., lié à la prime défiscalisée et au ralentissement de l’inflation, ce qui permettrait d’atteindre +410 euros/ménage.

On remarquera au passage qu’il n’y a pas de linéarité entre la décomposition de l’augmentation du pouvoir d’achat par U.C. et les effets sur le revenu net des ménages. Mais le plus intéressant revient à l’effet des 440 euros résultant de la baisse des prélèvements obligatoires nets pour les ménages. Une mesure qui d'ailleurs reste provisoire, car comme tout le Pstab, elle ne tient pas compte des nouvelles mesures du Président à l'issue du Grand débat national (dont les 5 milliards de baisse d'IR), mais celles-ci devraient porter principalement sur 2020.

Le rapporteur Gaël Giraud cite la difficulté à bien traiter des effets de la CSG : " Par exemple, la bascule des cotisations sociales sur la CSG entraîne bien, au sens de la comptabilité nationale, une baisse de P.O. en 2019 mais cela s’explique par le fait qu’une fraction de la baisse des cotisations salariales avait été décalée du 1er janvier au 1er octobre 2018. Autrement dit, la baisse de 2019 s’explique par la hausse de 2018. Au global, la mesure est neutre."

Les vacanciers devront attendre 2020...
Ce qui n'empêche pas BFMTV de claironner "nouveau pic de popularité pour Macron et Philippe" : il suffit ainsi de matraquer les Français d'éléments de langage pour que avec 38% d'entre eux aient un sentiment favorable sur son action; 62%  des personnes interrogées restant toutefois mécontents.
Moins le pouvoir d'achat des Français s'améliore et plus le chef de l'Etat gagne en popularité : au total 9 points depuis le mois d'avril...
C'est sans doute que les Français se trouvent mieux chez eux qu'à Ibiza...

vendredi 24 mai 2019

Peut-on croire à une véritable augmentation du pouvoir d'achat au-delà des Européennes ?

Le pouvoir d'achat des ménages français va-t-il véritablement augmenter de 850 € et pour tous ?

L’OFCE n'a pas attendu le 27 mai pour envisager une augmentation moyenne du pouvoir d’achat des ménages français de 850 € en 2019


Ce serait même la plus forte hausse depuis 2007 et la crise économique internationale de 2008. Difficile d'y croire, car on sait déjà que les ménages ne la ressentiront pas forcément. 

Créé par l'Etat en février 1981, à l'initiative du premier ministre Raymond Barre, et pourtant classé à gauche, l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) avait prévu en février 2017 une baisse importante du chômage pour les années suivantes, atteignant 8,7 % pour 2019-2020 puis 7,7 % en 2022. Cette prévision est contredite par les faits, mais aussi, déjà à l'époque, par une étude de l'Unédic de fin 2016, qui prévoyait au contraire une légère hausse du chômage jusqu'en 2019 à 9,6 %. 
Après avoir assuré dès février dernier que le pouvoir d’achat des Français en 2019 "devrait être un bon cru avec environ 2 % de hausse par habitant", en moyenne, et qu’il a "augmenté de 20 %", mais sur ...vingt ans, François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France, affirme que cela "tient notamment à la très bonne maîtrise de la hausse des prix, du coût de la vie. C’est un des apports de l’euro pour le pouvoir d’achat des Français."

Un sondage paru en 2018 indique néanmoins que
66 % des Français estiment que leur pouvoir d’achat a baissé en 2018, et 57 % des sondés pensent qu’il va continuer de baisser. D'ailleurs, selon l’économiste François Bourguignon, "pour la première fois depuis la guerre, le pouvoir d’achat des Français a décliné ou stagné sur une très longue période, notamment pour les revenus bas et moyens".

Alors, comment expliquer cette différence de perception ?

Le 17 avril, une étude présentée par l'OFCE un mois avant les Européennes, assurait que les ménages français devraient gagner 850 euros de pouvoir d’achat en 2019, en moyenne. Il s’agirait de la plus forte hausse du pouvoir d’achat depuis 2007.

Le mouvement des Gilets jaunes, dont la hausse des prix du carburant a été le déclencheur, a cristallisé cette différence de ressenti. Et l’augmentation des dépenses contraintes, notamment, le confirme. Qualifiées par l’Insee de "dépenses préengagées", ces dépenses sont liées au logement (loyer, électricité, gaz, eau), aux abonnements (assurances, téléphonie, télévision, Internet), aux frais de cantine, etc. Celles-ci ont beaucoup augmenté durant ces derniers temps.

Selon l’Insee, le poids de ces dépenses pré-engagées est passé de 13 % environ du revenu disponible (revenu à disposition des ménages après retranchement des impôts et cotisations) dans les années 1960, à près de 30 % en 2016. Ce qui ne laisse aujourd’hui que 70 % de dépenses à disposition des Français, auxquelles il faut ajouter les dépenses liées à l’alimentation et aux transports, notamment l’essence, des dépenses qui fluctuent d’un mois à l’autre et qui pèsent beaucoup sur le porte-monnaie des Français.

Parmi les Français les plus touchés par cette augmentation des dépenses préengagées, on retrouve les ménages les plus modestes. "La part des dépenses pré-engagées dans le revenu disponible des ménages est d’autant plus forte que leur niveau de vie est faible : elle passe de 61 % pour les ménages pauvres à 23 % pour les ménages aisés", indique une étude publiée en 2018 par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DRESS) du ministère des Solidarités et de la Santé.
L’étude précise que les 10 % des ménages les plus modestes, après avoir payé les factures, ne disposent que de 180 euros en poche, alors que les plus riches disposent de 1.890 euros par mois.

Un alignement des planètes de facteurs

Résultat de recherche d'images pour "POUVOIR ACHAT 850 EUROS"Sur cette somme, 440 euros proviendraient des décisions récentes du gouvernement prises sous la pression du mouvement des Gilets jaunes. 
Parmi celles-ci : la revalorisation de la prime d’activité (+ 90 €/mois au Smic),  l’annulation de la hausse de la CSG sur les pensions de retraite (jusqu’à 2.000 euros)l’annulation des hausses de fiscalité écologique et l’exonération de charges et d’impôts sur les heures supplémentaires.
Annoncée lundi 10 décembre 2018 par le Président de la République, la défiscalisation des heures supplémentaires est inscrite dans la loi sur les mesures d'urgences économiques et sociales votée le 24 décembre dernier. Pour les salariés concernés, la mesure se traduira par un gain de salaire minimum d'environ 20 % par heure supplémentaire, soit le taux des cotisations et contributions salariales supprimées. Les cadres y gagneront un peu plus dans la mesure où ils payent davantage de cotisations. Rappelons que ce dispositif avait été mis en place par Nicolas Sarkozy en 2007, avant d'être supprimé par François Hollande en août 2012, lorsque Macron était secrétaire général adjoint de son cabinet (jusqu'en 2014).
Selon les projections foireuses de l'OFCE, alliée à un ralentissement de l'inflation, cette augmentation conduira à une hausse "significative" du salaire réel (+1,5%) cette année, après une hausse de 0,3% l'an passé.
Une hausse couplée à celle du salaire moyen par tête, qui devrait augmenter de 2,6 % en 2019 (contre 2 % en 2018). Si tout se passe comme prévu...

Un écart entre les mesures et le ressenti

Résultat de recherche d'images pour "POUVOIR ACHAT 850 EUROS"Cependant, même dans l'hypothèse la plus volontariste à l'approche du scrutin des Européen
nes, certains ménages gagneront donc beaucoup moins que les autres. il ne faut pas oublier d'ailleurs que cette hausse annoncée est une moyenne. 

De plus, l’écart entre les mesures officielles et le ressenti des ménages est à prendre en compte.
Selon un sondage, paru en 2018, 66 % des Français estiment que leur pouvoir d’achat a baissé en 2018. Et 57 % pensent qu’il va même continuer de baisser.
Selon une autre enquête, celle de l’Obsoco (Observatoire société et consommation), réalisée en janvier 2019, seulement un quart des Français estime que leur pouvoir d’achat a progressé.
Pourtant, si l’on en croit les chiffres de l’Insee, service de Bercy, le pouvoir d’achat est en croissance continue depuis 2013. En 2018, il a cru de 0,4 %, après 0,7 % en 2017. Sur cinq ans, il a progressé de plus de 3 %.

L'économiste Philippe Moati explique les raisons de cet écart, dans une tribune publiée dans Le Monde,.
Il écrit : "Les causes de l’écart entre la mesure et le ressenti sont multiples. Il y a bien sûr des facteurs psychologiques et des "biais de perception" qui affectent le ressenti. Mais il y a également un important travers dans la mesure : le calcul de la croissance du pouvoir d’achat ne tient pas compte de l’évolution de normes de consommation et mesure bien mal l’évolution du "coût de la vie"."
Pour l’expliquer, il prend l’exemple du téléphone portable. Selon l’Insee, "un téléphone vendu 100 € en 2007 ne coûterait plus que moins de 20 € en 2017 ! Le problème est qu’il serait bien difficile de trouver en 2017 sur le marché un téléphone aux caractéristiques identiques à celles des téléphones vendus en 2007, de surcroît 80 % moins cher !" De ce fait, "s’équiper d’un téléphone portable aujourd’hui pèse plus lourdement sur le budget des ménages et donc affecte négativement leur niveau de vie."
L’économiste en tire une interrogation qui devrait alimenter les questions de pouvoir d’achat pour de nombreuses années encore : "Comment faire en sorte que le revenu des ménages progresse, au moins aussi vite que les standards de consommation, dans un contexte de croissance économique structurellement molle ? Ce que révèle le mouvement des Gilets jaunes, ce sont les limites d’une société d’hyper-consommation devenue experte dans la capacité à stimuler le désir de consommer… mais qui n’en donne plus les moyens."

Macron avait affirmé qu'il ne serait pas le "président du pouvoir d'achat", mais celui de la fiche de paie et du mérite"...

VOIR et ENTENDRE Nicolas Doze souligner que "les Gilets jaunes ont obtenu un plan de relance absolument historique" et que jamais aucun président de la République avant Macron n'aura autant investi d'argent public dans la demande et la consommation: 


Les électeurs du 26 mai qui croiraient à l'augmentation moyenne du pouvoir d’achat des ménages français de 850 € en 2019 se trouveront fort dépourvus quand la bise sera venue...

lundi 24 septembre 2018

L'OFCE conteste la baisse fiscale de 6 milliards, selon Macron

L'Observatoire français des conjonctures économiques y voit une imposture

Le gouvernement annonce 6 milliards d'euros de baisse des prélèvements en 2019

Macron évalue à six milliards d’euros la baisse globale des prélèvements obligatoires pour les ménages en 2019, selon des chiffres publiés samedi par Les Echos et confirmés à la source par les services de Gérald Darmani au ministère des Comptes publics.

L’exécutif arrive à cette estimation en agrégeant des mesures déjà annoncées, comme la baisse de la taxe d’habitation pour 80% des Français (3,8 milliards d’euros), la suppression de certaines cotisations salariales (4 milliards d’euros) et la baisse de la CSG pour 300.000 retraités (300 millions d’euros).

Et ces baisses sont partiellement annihilées par la hausse de la fiscalité énergétique, représentant 1,9 milliard d’euros, celle des paquets de cigarettes, pour 400 millions d’euros, ou les restrictions du périmètre du CITE (crédit d’impôt pour la transition énergétique), pour 800 millions d’euros.
La différence entre les deux colonnes permet au gouvernement d’arriver au chiffre de six milliards d’euros d’allègement.


L’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) a abouti à une estimation bien inférieure

Cette étude de l’OFCE publiée vendredi a estimé à seulement 3,5 milliards d’euros le gain de pouvoir d’achat pour les Français en 2019 attribuables aux mesures gouvernementales.

L’OFCE souligne dans son évaluation que l’évolution des prestations sociales devrait amputer le pouvoir d’achat des ménages de 2,5 milliards en raison principalement de la désindexation des pensions de retraite, des prestations familiales et des allocations logement.

La presse institutionnelle n'a pas pointé l'intox de Macron
Malgré leurs importants moyens en personnels, les "fact-checkers" vertueux de la presse - toujours prêts à pointer les blogs et les réseaux sociaux qui ont la parole libre (le "check news" de Libération, l'AFP factuel, les "Observateurs"de France 24, le "fake off" de 20 Minutes, en partenariat avec Facebook !, "Le vrai du faux" mené par Antoine Kremp à francetvinfo, ou 8 rédacteurs "décodeurs" au journal Le Monde, avec 2 coordinateurs et 5 data-journalistes : combien d'emplois inutiles, donc) - n'ont pas dénoncé le tour de passe-passe de Macron.

L'exécutif s'est mis en difficulté dans la résolution de l'équation budgétaire - et aussi politique - , mais continue à magouiller les chiffres pour tenter de tromper l'opinion, tout en s'étonnant de sa chute vertigineuse de popularité, suite à ses choix de dépenses publiques et au "ras-le-bol fiscal".

Le premier ministre, Edouard Philippe, a dû annoncer une baisse de la CSG pour 300.000 retraités, en guise de "mesure de correction".
Or, selon l'édition 2018 des Tableaux de l'économie française publié en février par l'INSEE: "en fin d’année 2015, 16,0 millions de personnes, vivant en France ou à l’étranger, sont retraitées de droit direct d’au moins un régime français". Parmi ceux-là, 13,1 millions bénéficient du régime général des salariés du privé géré par la caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav). 300.000 sur 16 millions...

Les ministres de l’Economie et des Comptes publics, Bruno Le Maire et Gérald Darmanin, doivent présenter le projet de loi de Finances pour l’année prochaine lundi en conseil des ministres.