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jeudi 13 février 2020

La baisse du chômage annoncée par Bercy, info ou intox ?

Derrière l'arbre de la baisse du chômage, la forêt d’emplois précaires

Un économiste explique pourquoi Bruno Le Maire dénonce la dernière étude de l'Observatoire français des conjonctures économiques


La politique du gouvernement est néfaste pour le pouvoir d'achat des plus modestes, souligne l'OFCEpolitiquement classé à gauche. Et  la baisse du chômage clamée par le gouvernement est un leurre. "Socialiste insoumis" associé à la France Insoumise (LFI), Liêm Hoang-Ngoc, ancien député européen PS, maître de conférences en économie à l’Université de Paris, donne raison à l'OFCE contre le ministre de l'Economie de Macron, lui-même ancien maître de Bercy. 
La publication de l’étude annuelle de l’OFCE sur les effets de la politique du gouvernement a suscité l’agacement du ministre de l’Economie et des finances. Contestant "l’esprit et la méthode" de ce travail, Bruno Le Maire affirme que la décrue du chômage en 2019 atteste du bien-fondé de la politique menée. La sienne. Or, elle est bien loin d’atteindre tous les objectifs annoncés.

Que dévoile l'étude de l’OFCE ?

Très rigoureuse sur la méthode, la simulation de l’OFCE montre que "l’effet cumulé des mesures socio-fiscales de 2018 à 2020 reste très fortement marqué par le geste fiscal effectué en direction des ménages les plus aisés en début d’année 2018" : suppression de l’ISF sur la détention d’actions et d’obligations et "flat tax" sur les revenus qu’ils procurent. 

En revanche, elle indique que
"l’effet cumulé des mesures prises devrait être négatif pour les 10% des ménages les plus pauvres" (suppression des APL, baisse ou suppression des allocations pour de nombreux chômeurs, désindexation de prestations sociales vis-à-vis de l’inflation). 

L'OCDE intègre bel et bien les effets de la prime d’activité et du "zéro reste à charge," assure Liêm Hoang-Ngoc, contrairement aux allégations de Bruno Le Maire
L'universitaire rend justice à l'OCDE qui souligne, les destinataires de la suppression de la taxe d’habitation, les classes moyennes sont les principales bénéficiaires des "mesures gilets jaunes" (baisse de l’impôt sur le revenu, prime d’activité, défiscalisation des heures supplémentaires), ayant pour effet de soutenir la demande. 
Enfin, les collectivités territoriales voient leur budget affecté par la baisse des dotations de l’Etat, dont le déficit est lui-même tributaire en 2019 du "double CICE" versé aux entreprises (crédit d’impôt versé au titre de l’année 2018 et transformation en baisse pérenne de cotisations patronales).

En fait, le ministre critique "l’esprit" de l’étude qui est suspecte de propagation de l’idée que la baisse des inégalités passe par la redistribution. Pourfendeur des politiques de redistribution, qu’il accuse d’accroître la pression fiscale, le chômage et la pauvreté, Le Maire soutient que la politique menée par le gouvernement est susceptible de s’attaquer aux inégalités en encourageant le travail. Elle commencerait à provoquer ses effets, comme en témoigne la décrue du chômage.

La baisse du chômage est l’arbre qui cache la forêt

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Le chômage a bien baissé de 3% en 2019, alors même que la progression du PIB décroît depuis 2017, où elle avait atteint 2,2%. 

"En même temps", la croissance baisse : elle fut de 1,7% en 2018 et de 1,2% en 2019. Poursuivant sa chute à -0,1% au dernier trimestre 2019, elle serait de 1,1% en 2020. 
De surcroît, les gains de productivité ont été nuls au cours des deux premiers trimestres 2019. 

Tout ceci signifierait que la croissance va se retourner, incessamment sous peu, si l'avenir est plus sûr que le présent : les années à venir seraient plus riches en emplois qu’auparavant, la croissance étant quatre fois plus riche en emplois qu’au cours des Trente glorieuses où les gains de productivité étaient de 4% par an). 

Mais les créations d’emplois sont localisées dans les secteurs à faible valeur ajoutée, tels que la restauration, le commerce, les services aux personnes et le bâtiment. Ces secteurs traditionnels ont aussi bénéficié de l’abaissement du coût du travail et des réformes du code du travail. Ils sont gourmands en emplois peu qualifiés, rémunérés au niveau du SMIC. Ils sont en outre fortement tributaires de la conjoncture, dont la tenue provisoire explique la baisse des demandeurs d’emplois de catégories B et C, occupant des emplois à courte durée: disons-le, les emplois précaires.

Autre hic! Si  les entreprises ont peu à peu transformé les CDD en CDI depuis la reprise de 2017, un retournement pourrait entraîner une forte recrudescence du chômage, dès lors que l’assouplissement du code du travail permet aux entreprises de réduire aisément les salaires et l’emploi face à une baisse d’activité.
Après Le Maire, le déluge ?

mercredi 19 juin 2019

Réforme de l’assurance-chômage : ce qui va bouleverser la vie des plus exposés

La réforme Macron réduira les droits des demandeurs d’emploi: conditions d’accès, montant des allocations, etc…  

Le gouvernement a dévoilé, mardi 18 juin, sa réforme de l’assurance-chômage

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La pratique de la boxe ébranle le cerveau
Elle comporte deux volets
D’un côté, de nouveaux droits à la formation et à l’accompagnement seront octroyés aux demandeurs d’emploi, et l’assurance-chômage sera ouverte aux salariés démissionnaires qui souhaitent se lancer dans un nouveau projet professionnel ; 
de l’autre, le régime d’indemnisation sera significativement durci. Censé dégager 3,4 milliards d’euros d’économies en deux ans, ce second volet a provoqué la colère des syndicats, qui y voient un coup dur pour de nombreux demandeurs d’emploi

Voici comment s'y prend le gouvernement pour réaliser des économies drastiques:Résultat de recherche d'images pour "réforme de l’assurance-chômage"
Combien de temps travailler pour déclencher des droits au chômage ?

Pour prétendre à une allocation-chômage, une personne doit justifier d’une certaine période de travail au cours de laquelle elle a cotisé. Avec cette réforme, il faudra avoir travaillé davantage pour avoir droit à l’allocation.

Comment recharger et reporter ses droits au chômage ?

Un allocataire chômage qui reprend le travail avant la fin de sa période d’indemnisation peut non seulement reporter ses droits non utilisés pour plus tard, mais aussi accumuler de nouveaux droits au chômage. Ce système, baptisé "droits rechargeables", ne lui est accessible que s’il atteint un seuil minimum d’heures travaillées. La réforme va, là encore, durcir significativement l’accès au dispositif.

Quel montant pour l’allocation-chômage ?

Pour les salariés précaires

Le niveau de l’allocation-chômage touchée par le demandeur d’emploi est aujourd’hui calculé à partir du salaire moyen perçu lors des jours où il a travaillé au cours des 12 derniers mois.
Le montant sera désormais calculé à partir du salaire mensuel moyen, quel que soit le nombre de jours travaillés.

Ce changement n’aura pas de conséquence pour la plupart des salariés, qui sont en CDI. Il désavantagera en revanche les salariés précaires qui enchaînaient les CDD et les périodes de chômage, qui toucheront donc des allocations plus faibles. 
Le gouvernement affirme avoir pris cette décision pour empêcher les cas où, grâce à ce mode de calcul, un demandeur d’emploi gagnait davantage en étant au chômage que lorsqu’il travaillait.

Pour les hauts salaires 

Le niveau de l’allocation-chômage est aujourd’hui constant pendant toute la période d’indemnisation.
Il baissera désormais de 30 % à compter du 7e mois d’indemnisation, mais seulement pour les chômeurs de moins de 57 ans qui gagnaient plus de 4.500 € bruts lorsqu’ils travaillaient (les 10 % les plus aisés).


La réforme Macron de l'assurance chômage
portée par Muriel Pénicaud entre en application le 1er novembre 2019
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mercredi 2 janvier 2019

Une députée LREM : il faut traquer les chômeurs pour plus de justice sociale...

Le parti du président réclame des sanctions plus dures dans une "logique de justice"

Les Gilets jaunes et leurs sympathisants ne sont toujours pas entendus de la majorité présidentielle

La porte-parole de LREM (ci-contre) a assumé mercredi des sanctions plus dures pour les chômeurs en cas de manquement à leurs obligations au nom d'une "logique de justice".

Un décret publié le dimanche 30 décembre 2018, la veille des voeux du président Macron, rend certaines sanctions prévues plus dures que ce qu'avait initialement annoncé le gouvernementdans le prolongement du volet "contrôle des chômeurs" de la réforme "avenir professionnel" (Loi pour la "Liberté de choisir son avenir professionnel", sic, en cinq points) adopté dans son principe - cet été -  par l'Assemblée à majorité macronienne.

Macron ne cède rien contre rien
"C'est fait tout simplement dans une logique qui est une logique de justice", a plaidé Aurore Bergé, députée LREM des Yvelines sur Cnews, en défendant un "équilibre entre des droits supplémentaires", par exemple en matière de formation, et des "devoirs supplémentaires, recherche d'emploi notamment".
"A partir du moment où vous ne venez pas à votre rendez-vous avec Pôle emploi et donc que vous n'êtes pas dans une recherche active d'emploi et que vous ne respectez pas quelque part le contrat que vous passez avec la société, avec les Français, c'est logique qu'il puisse y avoir des sanctions", a-t-elle jugé.

En mars dernier, la ministre du Travail avait annoncé de nouvelles sanctions, certaines allégées, d'autres alourdies, pour les chômeurs. 

Le fait de ne pas se rendre à un rendez-vous avec un conseiller, par exemple, devait être sanctionné de 15 jours de radiation des listes, au lieu des deux mois actuellement en vigueur. Finalement, ce sera un mois de radiation selon le texte du décret, deux mois au bout de deux manquements et quatre mois au "troisième manquement" constaté.

S'agissant des sanctions concernant l'insuffisance de recherche d'emploi (refus à deux reprises de deux offres raisonnables d'emploi par exemple), le gouvernement avait évoqué des sanctions graduelles: suspension de l'allocation d'un mois la première fois, de deux mois la deuxième fois et quatre mois la troisième fois. Il avait alors précisé que l'allocation serait amputée à partir de la deuxième fois.
D'après le décret, l'allocation est "supprimée" dès le premier manquement et non "suspendue", ce qui permettait de conserver ses droits.

A. Bergé a fait valoir que sur la formation professionnelle, le gouvernement "a mis le paquet", avec "un million de chômeurs de longue durée qui vont bénéficier d'une formation". Or, l'aide d'Etat à la formation professionnelle est une manne pour les syndicats.

Résultat de recherche d'images pour "aurélien Taché"
"Les sanctions beaucoup plus dures, ça doit s'accompagner de propositions d'emplois plus importantes et d'accompagnement plus importantes", a plaidé sur France Inter le corapporteur de la loi "avenir professionnel" et député LREM Aurélien Taché, ci-contre, ancien militant socialiste, conseiller auprès des ministres du Logement Sylvia Pinel (Mouvement radical) et Emmanuelle Cosse (Europe Ecologie-les Verts). 

"J'ai toujours dit quand j'étais rapporteur de cette loi que je n'étais pas du tout pour qu'on traque les chômeurs", car "quand ils n'ont pas de travail, c'est la plupart du temps tout simplement parce qu'ils n'en trouvent pas", a confessé ce député qui arrêta ses études en troisième et fit alors un apprentissage en plomberie, avant de militer à l’UNEF Limoges.
Lorsqu'il conseilla le candidat Macron en déplacement de campagne à Tunis, Taché s'était dit convaincu par les "idées fortes" portée par En marche ! "contre les inégalités de parcours et de destin."

mercredi 6 décembre 2017

L'argent de la mendicité est-il un revenu imposable?

L'argent gagné en faisant la manche est-il considéré comme un revenu en Allemagne ?

Un chômeur s'est vu retirer 300 euros d'allocations

Le Jobcenter, 'Pôle Emploi' allemand, s'était rendu compte que l'homme mendiait régulièrement. Un "site d’information du courant communiste révolutionnaire du NPA" s'est emparé de la mésaventure d'un couple de chômeurs allemands qui s’est fait retirer 300 euros d’ "allocations Hartz IV" au vu du montant de ses revenus accumulés à la faveur de la générosité populaire. 

Intox de propagande trotskiste ? 

Michael Hansen bettelt in DortmundLe premier des nombreux media allemands à avoir consacré un article à cette histoire est le site d’informations locales RuhrNachrichten. Son rédacteur-en-chef, Tobias Grossekemper, y raconte la mésaventure de Michael Hansen, un quinquagénaire allemand, qui touche l’allocation sociale Hartz IV (l’équivalent du RSA) depuis 2005. Jusqu’en juillet 2017, le Jobcenter lui versait, à lui et à sa femme Christa, 760 euros tous les mois et payait aussi leur loyer. Mais depuis le 1er août, 270 euros ont été soustraits de son allocation, rapporte der Spiegel (centre gauche). La raison ? Une employée du Jobcenter l’a reconnu alors qu'il faisait la manche dans le centre-ville de Dortmund. 
Christian Hansen explique qu’il mendiait pour arrondir ses fins de mois. Au milieu de l’année, il a reçu plusieurs lettres du Pôle Emploi allemand "l’invitant à collaborer". Le journaliste de RuhrNachrichten décrit ces demandes : "Le Jobcenter demandait à Hansen combien de revenus il dégageait de la mendicité et souhaitait consulter son livre de recettes. Il voulait également savoir combien d’argent il espérait gagner d’ici l’été 2018 et obtenir une présentation de sa projection de recettes.
Résultat de recherche d'images pour "Jobcenter Dortmund"Le Jobcenter souhaitait savoir combien Hansen et sa conjointe avaient dépensé d’argent dernièrement et avoir accès à un livre des comptes." Ne recevant pas de réponse, le Jobcenter a estimé que Christian Hansen gagnait 10 euros par jour de son activité de mendiant, ce qui équivaut aux 270 euros soustraits. 

Une avocate s'est rapprochée de l’intérimaire de la mendicité

Ils se seraient rencontrés dans la rue piétonne où il mendie. Spécialiste du droit social et du droit de la famille, Juliane Meuter a justement décidé de l’aider au moment où ses soucis ont été publiés dans la presse.
La conseil a d’abord contesté l’estimation du Jobcenter. Selon ses calculs, Christian Hansen gagne 6 euros par jour et il ne mendie que vingt jours par mois. Soit 120 euros mensuels. Comme il existe un montant non imposable de 30 euros pour les dons, elle a obtenu que le Jobcenter ne retire plus que 90 euros à Christian Hansen et sa compagne. 

Si les exigences du Jobcenter paraissent équitables et justifiées aux Allemands, c'est qu'elles sont en effet juridiquement conformes au code de la sécurité sociale allemand. Le Jobcenter a le droit de connaître les revenus de chacun pour calculer le montant de l’allocation Hartz IV qui doit être versée. 
Dans un article de la Süddeutsche Zeitung, le quotidien libéral de gauche confirma que le Jobcenter de Dortmund prenait le cas Hansen très au sérieux, et que s’il ne fournit pas un livre de recettes et de dépenses, "toutes ses allocations pourraient lui être retirées". 

En France, Libération raconte que "pour beaucoup d’Allemands, [cette affaire serait vécue] comme une injustice et une forme d’acharnement de la part du Jobcenter contre Christian Hansen." Or, si les Allemands ne considèrent pas que la mendicité constitue un revenu juste et équitable, un compromis a cependant été trouvé : les recettes de la mendicité toléré au couple doivent rester "raisonnables". 
Le montant désormais toléré est plafonné à 204,50 euros, sans lui demander des comptes. En cas de dépassement, le couple devra en informer les services sociaux.

mercredi 8 juin 2016

Des intermittents désoeuvrés bloquent le domicile de El Khomri

Comme Macron, la ministre du Travail se plaint du manque de respect des travailleurs

Une vingtaine d'intermittents du spectacle a brièvement manifesté, mercredi 8 juin, devant le domicile de la ministre du Travail 

Ils font tous par intermittence, même pour réclamer à Myriam El Khomri l'application de l'accord sur leur régime d'indemnisation chômage.

Les militants de la Coordination des intermittents d'Ile-de-France se sont donnés en spectacle sous les fenêtres de la socialiste, dans le très recherché 18ème de Paris, peu après 6h du matin, déployant une banderole portant la citation de la   Louise Michel, anarchiste libertaire, franc-maçonne et féministe,  "Ce que le peuple obtient, il le prend" - normal: la scène se passe dans l'ancienne commune de Montmartre. Les hommes de Samuel Churin (CIP-IDF), ont été repoussés par la police, deux heures plus tard.
Voir les photos
Samuel Churin est aussi un proche d'Olivier Py, nouveau directeur du Festival d'Avignon, mais en 2014, à trois semaines du Festival, le premier supplie le gouvernement de prononcer un "moratoire" sur l'accord du 22 mars sur l'assurance-chômage, pour éviter l'annulation, et le second, Samuel Churin et les militants de la CIP et de la CGT-Spectacle brandissent la menace de la grève si le gouvernement agrée l'accord. "Personne ne mène une politique de fond, assure Churin. Les ministres essaient juste de sauver la mise, avec des phrases de communicants. Aurélie Filippetti veut que les propositions alternatives des intermittents soient entendues avant que le ministre du travail, François Rebsamen, ne rende son verdict sur l'agrément. Quand on la voit, elle nous dit, c'est pas moi qui décide, c'est lui !"

Les intermittents réclament l'application immédiate de l'accord conclu par la profession du spectacle
, salariés et employeurs, le 28 avril dernier sur leur régime spécifique d'allocation chômage. Les négociateurs de la Convention UNEDIC coté patronal (Medef, CGPME, UPA) et de trois syndicats (CFDT, CFE-CGC, CFTC) refusent d'avaliser cet accord, qui ne respecte pas le cadrage financier qu'ils avaient fixé.
La veille, une centaine d'intermittents avaient déjà occupé le Medef et la police avait procédé à plusieurs arrestations. 

La CGT Spectacle exige mercredi dans un communiqué "la libération immédiate" de Loic
Ce technicien intermittent du spectacle "a reçu un coup violent et délibéré du chef de la sécurité du Medef au moment de l'évacuation" du siège du patronat et qui serait toujours détenu au commissariat du 7e arrondissement.

La ministre dénonce une violation ..."de son intimité"

L'intimité, les intermittents ne connaissent pas
(Juin 2014, festival Furies, à Châlons-en-Champagne)
Une fois les manifestants repoussés, la ministre du Travail Myriam El Khomri a "dénoncé"un "dérapage” qui "viole (son) intimité familiale", tout en assurant que ces "actes d'intimidation" ne la "détourneront  pas de ses convictions".
"La méthode consistant à violer l’intimité familiale, à cibler l’environnement personnel et le voisinage d’une personne, fût-elle membre du gouvernement, est aux antipodes de ma conception du débat démocratique et du respect dû à chacun", a-t-elle estimé dans un communiqué, avant de conclure: "Je tiens donc à dénoncer ce dérapage de la façon la plus ferme."

En Conseil des ministres, François Hollande a également dénoncé un acte "parfaitement inadmissible": "Ce qui s'est passé ce matin avec ces actes de violence est parfaitement inadmissible", a déclaré le chef de l'Etat, rapporté par le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll.

mercredi 10 juillet 2013

Des chômeurs ont accepté pour 812 millions versés à tort

La solidarité des Français n'incite vraiment pas au travail

La "gauche sociale" prend garde à ne pas stigmatiser les fraudeurs
Mais si ces trop-perçus ont liés à la complexité des dispositifs, à des erreurs, donc, ils sont pourtant aussi imputables à des fraudes.

Ce sont près de 812 millions d'euros qui ont été versés à tort en 2012 à des demandeurs d'emploi, selon un rapport du médiateur de Pôle emploi discuté mercredi au conseil d'administration de Pôle emploi. Ce montant représente 2,5% des 33 milliards d'allocations versées au total en 2012.
Un total de 524 millions (65%) a été récupéré auprès des demandeurs d'emploi.

La ministre des Affaires sociales nous met en condition
Les dysfonctionnements
Le ministère pointe des versements erronés résultant souvent de périodes de travail non déclarées, ou déclarées trop tard, par les inscrits à Pôle emploi, ou d'erreurs lors du calcul des droits par les agents de Pôle emploi, selon le rapport du médiateur Jean-Louis Walter, 60 ans. Ancien secrétaire général CFE-CGC de 1999 à 2006il est membre du conseil économique et social , a occupé des fonctions au sein de l’ANPE, l’UNEDIC et l’APEC (Association pour l'emploi des cadres,) et a réalisé la majeure partie de sa carrière au sein de Peugeot puis de PSA.

La majorité des sommes (66%) concernent le cumul d'une indemnisation et d'un revenu d'activité. Ce dispositif autorise à percevoir une indemnisation lorsqu'on exerce une activité réduite (moins de 110 heures d'activité par mois ou moins de 70% de son salaire antérieur) pendant une durée maximum de 15 mois. Ce qui fait qu'en période de crise, le nombre de chômeurs qui travaillent augmente! Il ne s'agit pas seulement d'une hausse du nombre de "travailleurs au noir", car le cumul est un droit qui avait été décidé pour inciter à la reprise d'activité des chômeurs. C'est ainsi que près de la moitié des chômeurs indemnisés bénéficie de ce cumul.

Les versements indus peuvent être obtenus par de "vrais fraudeurs, volontaires et organisés". 
Il fallait bien y venir, mais Jean-Louis Walter évoque aussi le cas de ceux "que la nécessité contraint à différer ou dissimuler une activité pour conserver leur indemnisation et faire la jonction jusqu'à une autre rentrée d'argent. Et puis, il y a aussi les erreurs et les omissions par manque d'information".

Il faudra bien limiter ces "indus" liés au cumul 

Le médiateur et la ministre Touraine qui l'a désigné préparent depuis des semaines des restrictions de moyens et la déshumanisation des conditions de travail et d’accueil des chercheurs d'emploi.
Le ministère a d'abord fait le choix de mettre en cause des erreurs de ses salariés de Pôle emploi plutôt que de montrer du doigt les fraudeurs et de se mettre à dos les syndicats qui les soutiennent. Après l’immolation d’un demandeur d’emploi à Nantes, le 13 février 2013, les incidents se sont multipliés, comme celui créé par cette demandeuse internée pendant trois jours en soins psychiatriques et placée en garde à vue après avoir menacé: "Si vous ne m’accordez pas de rendez-vous, je reviendrai avec un jerrican et des allumettes", comme nous en informe La Charente Libre. La secrétaire régionale du Syndicat national unitaire Pôle emploi(SNU-CLIAS FSU, dissidents de la CFDT et membre de la ...FSU, proche de la CGT)  déclare : "L’immolation de Nantes a entraîné un effet boule de neige. Les directions locales essayent d’étouffer la plupart des affaires, mais c’est incontestable que la tension augmente."

Il faut changer les règles de calcul de ce dispositif, juge le médiateur de Pôle emploi. Ce dispositif est "incitatif" à la reprise d'activité, juge-t-il, mais il est "de nature à générer des indus par sa complexité" et "est arrivé à saturation".

Le médiateur suggère également d'adapter le système informatique. Pour limiter "les sources de tension avec les demandeurs d'emploi", c'est-à-dire les contacts directs, au risque d'une déshumanisation des relations avec les précaires..., il préconise aussi une meilleure information donnée au demandeur d'emploi et un renforcement de la formation des conseillers. En  psychologie ou en informatique?

U
ne demi-douzaine de chômeurs accusent Pôle emploi de ne pas avoir respecté son obligation de suivi des chômeurs, notamment l'accompagnement dans la recherche d'emploi et la formation. 

Ils ont déposé des demandes de dommages et intérêts pouvant aller jusqu'à 300.000 euros, précisait lundi   la CGT-chômeurs et de leur avocat. "Après avoir été déboutés en octobre dernier sur une procédure d'urgence (référé liberté) par le Conseil d'Etat, nous utilisons désormais la voie judiciaire normale, avec un recours en indemnisation devant Pôle emploi", a expliqué Me Florent Hennequin, l'un des avocats des six chômeurs. Contrairement à l'annonce de leurs avocats, ces six demandeurs d’emploi ne seraient plus que cinq.
Les demandes d’indemnisation vont de 50.000 à 300.000 euros, a indiqué Me Emilie Videcoq, l’un des avocats des demandeurs d’emploi. 
Redoine, 48 ans, ingénieur réseau au chômage depuis 2001, était le seul des cinq demandeurs d’emploi à être présent devant Pôle emploi. "Malgré mes démarches, je n’ai jamais pu bénéficier d’un accompagnement et de propositions complètes. On ne m’a jamais offert de possibilité de me réinsérer sur le marché du travail, alors que Pôle emploi a des dispositifs : j’ai attendu douze ans pour qu’on me propose un contrat aidé", a-t-il témoigné. "Alors que j’ai travaillé pour Axa ou France Telecom, à 48 ans, dans mon métier, je suis pratiquement cuit. On m’a condamné au rebut", lance-t-il. 

L'avocat militant de Clichy évoque une "action électrochoc"
 
"Soit on obtient une réponse positive de la part de Pôle emploi, ce qui a peu de chances d’arriver, soit on poursuivra en justice devant le tribunal administratif", a expliqué Me Florent Hennequin, l’un des avocats des cinq chômeurs. : "Plusieurs centaines de milliers de gens sont dans le même type de situation, mais on ne veut pas être exhaustifs, il ne s’agit pas d’une "class action", mais d’une action nécessaire et symbolique pour pointer des dysfonctionnements".

Les deux avocats, accompagnés de membres de la CGT-chômeurs, ont été reçus une dizaine de minutes par des membres de la direction de Pôle emploi, qui les «ont écoutés», «sans réagir», selon Me Hennequin. La CGT-chômeurs, à l’origine de la procédure, avait déployé une banderole devant le siège de Pôle emploi pour réclamer «un véritable service public de l’emploi, pour le respect de la liberté fondamentale du droit au travail».

Début septembre 2012, un premier chômeur de 54 ans, ancien
chargé de clientèle chez Veolia, avait déposé une plainte contre Pôle emploi pour violation de ses obligations. Le plaignant n'aurait obtenu que trois rendez-vous depuis son inscription sur les listes de l'établissement public en février 2009. C'était la première fois que Pôle emploi était visé par une plainte de ce type. D'après les avocats du demandeur d'emploi, Me Émilie Videcoq et Me Florent Hennequin, leur client aurait tenté d'alerter à de nombreuses reprises l'agence locale d'Issy-les-Moulineaux (Haut-de-Seine) au sujet de sa situation, sans toutefois recevoir de réponse.

"Cet ex-cadre livre désormais des journaux à temps partiel", précise son avocat.


Heureusement que depuis la fusion entre les Assedics et l'ANPE, les chômeurs ont un guichet unique depuis 2008...


mercredi 27 février 2013

Envolée du chômage en janvier

Hollande n'avait-il pas pavoisé en décembre ?

Le nombre de demandeurs d'emploia bondi en janvier à son plus haut niveau depuis juillet 1997 en France métropolitaine.


L'exécutif met en cause l'impact d'une modification du système de radiation des chômeurs qui a pour effet d'accroître sensiblement leur nombre, ce qui ne manque pas de sel.
En effet, au mois de novembre 2012, le chômage avait encore augmenté, frappant alors plus de 4,6 millions de personnes en France, mais en décembre, le nombre de chômeurs inscrits à Pôle emploi n'avait pas varié. Alors le ministre du Travail, Michel Sapin, avait eu bien tort de se réjouir, car, ironiquement, cette stagnation inattendue du nombre de chômeurs s'expliquait par la très forte ...hausse des sorties de Pôle emploi en décembre, et notamment des radiations (+24,5 %) et des cessations d'inscription pour défaut d'actualisation (+5,9 %). On se souvient en outre que les socialistes dénonçaient ces deux raisons lorsque la droite était aux affaires.
LE CHÔMAGE EN FRANCE

La forte baisse des sorties enregistrées par Pôle emploi a contribué pour moitié à la hausse de 1,4% sur le mois de janvier

On dénombre 43.900 nouveaux demandeurs d'emploi inscrits
en catégorie A (ceux qui n'ont pas travaillé) en données corrigées des variations saisonnières et des jours ouvrables.

3.169.300 en métropole
En incluant l'Outre-mer, il atteint 4.967.500.
Sur un an, sa hausse est de 10,7% et janvier a été le 21e mois consécutif de progression du nombre de chômeurs en catégorie A.
Le niveau de chômage est le plus haut niveau depuis plus de 15 ans et demi et frôle le record enregistré en janvier 1997 (3.195.500, selon la nouvelle méthode de comptabilité).

En tenant compte des personnes exerçant une activité réduite (catégories B et C), le nombre de demandeurs d'emploi a augmenté de 1,3% le mois dernier, soit 60.800 personnes, pour atteindre 4.680.200, soit une augmentation de 9,8% sur un an. 

Le ministre du Travail sort des chiffres plus politiques 
Michel Sapin n'observe qu'une augmentation de 22.800 en janvier (soit +0,7% sur un mois et +10% sur un an) en catégorie A et, toutes catégories confondues (A, B et C) de 36.800 (soit +0,8% sur un mois et +9,2% sur un an) du nombre de demandeurs d'emploi.

Sapin maintient que les dernières prévisions de la CE pour 2013 n'invalident pas l'objectif du gouvernement d'inverser la courbe du chômage " d'ici la fin de l'année." "Elles appellent au contraire tous les acteurs à redoubler d'efforts pour y parvenir", a déclaré Sapin. La Commission européenne prévoit une hausse du chômage (taux de 10,7% contre 10,3% fin 2012), qui se poursuivraient en 2014 (11,0%).

Le gouvernement brouille les signaux de la dépression 

Tout va très bien pour Monsieur le marquis Sapin. 
Le ministre fait valoir que la progression de janvier est  inférieure à l'évolution moyenne constatée sur le second semestre 2012 et met en cause "avant tout" un recul de l'activité sur la fin de l'an passé, bien que la gauche soit responsable des sept derniers mois de 2012.
L'INSEE a en effet annoncé en février une contraction de 0,3% de l'économie française au quatrième trimestre 2012.

Bercy recommence avec des chiffres invraisemblables 
Les entrées à Pôle emploi sont restées stables en janvier, celles consécutives à des licenciements économiques diminuant même de 2,3%. 

Les fermetures d'usines ont-elles cessé ?
"Le mois de janvier 2013, avec les annonces de suppressions d'emplois de Renault puis de Goodyear, est le plus mauvais depuis que nous collectons des données", explique l'Observatoire de l'emploi et de l'investissement Trendeo. En conclusion, "les dynamiques à l'œuvre au sein de l'économie française ne sont pas bonnes". Alors que l'économie française s'installe donc dans une tendance dépressive, le Sapin de Jean-Marc Zayrault clignote encore de toutes ses bougies.

Pourtant, dans le même temps, le nombre de sorties de Pôle emploi a reculé de 10,0% en France métropolitaine sous l'impact d'une baisse de 11,5% des entrées en stage et d'une chute des radiations administratives (-58,1%), dont le nombre avait fortement augmenté en décembre.

Les demandeurs d'emplois de moins de 25 ans (+0,5% en catégorie A et +0,7% en A, B et C) ont été les moins affectés par la hausse de janvier, alors que les 50 ans et plus ont été une nouvelle fois à la peine (+1,8% en catégorie A, +1,4% en A, B et C). Les  500 000 contrats de génération permettront-ils un jour de rééquilibrer les chiffres ? L'Etat demande au groupe SNCF l'embauche de 10.000 personnes en 2013 et la signature de contrats de génération d'ici l'été. Fort bie, mais qui finance ? En moyenne, prendre le train coûte 2,3% plus cher depuis janvier: y a-t-il un rapport de cause à effet ? Les travailleurs ne sont-ils pas mis à contribution ?

Les demandeurs d'emploi de plus d'un an ont progressé eux aussi plus vite que la moyenne (+1,9% en janvier et 13,9% sur 12 mois), leur part dans les inscriptions à Pôle emploi atteignant 39,5%, soit 0,2 point de plus qu'en décembre et 1,4 point de plus qu'en janvier 2012. Mais Sapin n'est pas atteint par la déprime...

De plus, les offres d'emplois collectées par Pôle emploi ont reculé de 10,6% en janvier, leur baisse sur un an atteignant 19,7%.

La CFDT refuse toute baisse des allocations

La CFDT avoue que "l'absence prolongée" de croissance rend la reprise difficile et, toute pro-gouvernementale qu'elle soit, a prévenu qu'il est à ses yeux "inenvisageable" de baisser les allocations des demandeurs d'emploi. La CFDT   met en garde Ayrault alors que les partenaires sociaux doivent négocier d'ici la fin de l'année une nouvelle convention d'assurance chômage.

Le gestionnaire de l'assurance chômage, l'UNEDIC, prévoit que son déficit devrait presque doubler cette année pour atteindre cinq milliards d'euros, ce qui portera sa dette à 18,6 milliards fin 2013.

Le gouvernement sait que l'Union européenne suit la question de près.

Invité de France Info ce mercredi, le président de l'UMP a refusé de polémiquer avec François Fillon, très critique sur le parti. Il a surtout dénoncé "l'énorme erreur d'analyse" de François Hollande en matière économique. Avant de plaider pour un changement radical de politique. 


VOIR et ENTENDRE Jean-François Copé dénoncer "l'énorme erreur d'analyse" de François Hollande en matière économique et plaider pour un "big bang économique" sur France Info, le 27 février 2013:

Le président de l'UMP plaide donc pour un changement radical de politique:

"Avec une idée simple : ce sont les Français qui font la croissance. Là tout est fait pour bloquer. Quand vous augmentez les impôts, vous bloquez les initiatives. Quand vous augmentez les règlementations, vous bloquez les initiatives et pire encore..."