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dimanche 26 novembre 2017

La patronne de France Télévisions ne maîtrise plus les journalistes radicaux de ses magazines d'information

Ernotte face à la colère des journalistes de 'Complément d’enquête' et d''Envoyé Spécial' 

France Télévisions envisage de supprimer les magazines d'information le jeudi soir en deuxième partie de soirée. 

Elise Lucet dans "cash investigation"Le projet de Delphine Ernotte de fondre les deux magazines d’information de la chaîne, 'Complément d’enquête' et 'Envoyé Spécial', en un seul numéro, 'Complément d’enquête', en prime-time dès la rentrée de janvier 2018, suscite une levée de boucliers dans les équipes des deux émissions d'investigation de la chaîne publique, dont les têtes de gondole sont la hargneuse Elise Lucet pour 'Envoyé Spécial', et l'aimable Thomas Sotto, depuis septembre 2017, pour 'Complément d'enquête'.
Cette décision actuellement dans les tuyaux viserait à réduire le nombre d'éditions des deux équipes et, avant qu'elle soit prise, son annonce a d’ores et déjà provoqué la fronde des journalistes de France 2. 

Cette décision supprimerait 33 CDD de reporters des magazines"Nous venons d’apprendre par accident que notre propre direction vous propose de supprimer jusqu’à 30 ETP (Equivalent Temps Plein) dans les magazines – dont les effectifs s’élèvent à moins de 100 personnes, hiérarchie et production comprises", expliquent les reporters des 2 émissions dans un courrier adressé à Delphine Ernotte. D'après cette lettre, la trentaine d'ETP concernée représente la "quasi-totalité des postes de fabricants" d'Envoyé spécial et de Complément d'enquête. "Autant le dire franchement, cela reviendrait à faire disparaître ces émissions", en concluent les reporters.

"Concrètement, sans CDD, sachez qu’il ne restera plus que deux reporters à ‘Complément d’enquête’, et cinq à ‘Envoyé Spécial’."

"Envoyé spécial" et "Complément d'enquête" prennent de plein fouet les baisses de crédit imposées par l'Etat

Cette décision relève d'une forme de "censure en amont" exercée par le gouvernement,
qui préférerait couper les vivres à l'investigation plutôt que de l'interdire frontalement, estime le député d'extrême gauche, François Ruffin (La France Insoumise), un journaliste.

Il est toutefois révélateur que ce soit François Ruffin qui se soit insurgé contre ces projets, d'une part dans une intervention à l'Assemblée nationale, le 16 novembre, et d'autre part, dans son bulletin vidéo, ce vendredi 24 novembre. L'élu de l'extrême gauche perd de vue que France Télévisions est au service de la population et que ses journalistes doivent des comptes au redevable de la taxe audiovisuelle. 

Or, ses journalistes militants sont à l'origine d'une série de polémiques.
En janvier 2014, lorsque Envoyé spécial était présenté par Françoise Joly et Guilaine Chenu, l'émission de France 2 avait subi un rappel à l'ordre du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) pour manquements déontologiques, pour un reportage diffusé en 2013 et intitulé "Villeneuve : le rêve brisé", portant sur ce quartier populaire de Grenoble. Le CSA insistait sur la nécessité d’assurer la diversité des points de vue sur un sujet prêtant à controverse. 
Présenté depuis 2016 par Elise Lucet, l'ex-compagne de Jean-Marie Cavada, l'émission continue de se distinguer par ses partis-pris et ses méthodes intrusives, voire agressives. Cumularde de plusieurs émissions de télévision ('Cash Investigation' sur France 2 depuis avril 2012 et de 'Pièces à Conviction', émission similaire sur France 3) toujours sur le service public, en plus de 'Envoyé spécial'), Cash Investigation" du mardi 26 septembre a pris le parti de se concentrer sur deux entreprises emblématiques, Lidl France et Free, ironisant sur le "monde merveilleux du travail" et révélant l'envers du décor, la souffrance au travail et les licenciements avec des séquences parfois provocantes, selon de nombreux téléspectateurs. Une charge militante que ne renie pas le syndicat d'extrême gauche, SNJ-CGT.
Dans TPMP (Touche pas à mon poste), Pierre Ménès dira avoir "honte de faire le même métier qu’Elise Lucet". "Je la trouve d’une agressivité incroyable. J’ai déjà eu l’occasion de le dire ici : son Cash Investigation sur le foot était lamentable. La manière qu’elle a eue d’invectiver le Pape, j’ai trouvé ça très choquant. Le pipeau, c’est minable".

Mais le néo-député Ruffin va plus loin. Selon lui, les restrictions économiques sont une stratégie directement inspirée du gouvernement. "On voit comment la contrainte budgétaire se conjugue avec la censure politique", commente le député de la Somme. Il estime que les pouvoirs économiques et politiques "peuvent être gênés" par des émissions telles que Envoyé spécial et Complément d'enquête, car "ce sont ces magazines qui ont sorti Bygmalion, qui ont envoyé une équipe en Erythrée, qui ont sorti des trucs sur Penelope Fillon, la com' d'Emmanuel Macron..." Des émissions politiques partisanes déguisées.
Ruffin omet juste de signaler que l'équipe à la manoeuvre derrière Elise Lucet a participé au scandale des 'Paradise papers' qui a monté une opération de déballage des procédés de plusieurs entreprises et personnalités en matière d'optimisation fiscale à travers le monde, bien qu'elles n'aient rien d'illégal. Ainsi, le groupe Louis-Dreyfus, géant mondial des matières premières et ancien propriétaire de l'OM, à travers un holding, est lui aussi pointé du doigt par les équipes anti-libérales de France Télévisions.

Les journalistes disent devoir participer aux efforts financiers.
Tout en affirmant que la direction de France Télévisions a fait le choix de viser ces émissions d'investigation, ils disent aussi dans leur lettre que "la rédaction et les magazines doivent participer aux efforts d’économie. Nous avons beaucoup d’idées allant dans ce sens. Avant de faire votre choix, gardez à l’esprit que derrière cette décision comptable, c’est la survie des derniers magazines produits par le service public qui est en jeu", prétendent en conclusion les journalistes attachés à la co-gestion du service public par la gauche radicale. 

Ernotte assure vouloir préserver les deux marques "Envoyé Spécial" et "Complément d’Enquête" 
Contactée par le Figaro, la direction de France Télévisions confirme ce projet mais se veut rassurante sur la baisse des effectifs de la rédaction, évoquée par ailleurs: “Il y a une volonté de notre part de préserver les deux marques “Envoyé Spécial” et “Complément d’Enquête” et de conserver la place de l’investigation sur nos antennes. Effectivement, dans le cadre du plan d’économies qui est demandé à France Télévisions, de 50 millions d’euros, l’évolution de la programmation des deux magazines est l’une des pistes étudiées, mais rien n’est arbitré".

150 à 200 journalistes de France Télévisions  ont voté le principe d'une motion de défiance à l'encontre de la présidente du groupe, Delphine Ernotte, lors d'une assemblée générale, le jeudi 23 novembre. 
En cause, les conséquences du plan d'économies de 50 millions d'euros demandées par l'Etat à l'audiovisuel public en 2018. Le budget de l'émission Envoyé spécial s'élève à 150.000 € pour 1 h 30 de programme. Depuis 2001, quand le temps de l'émission est passé à 2 h, aucune donnée financière n’est plus disponible actuellement.

mardi 20 octobre 2015

Régionales: Julien Dray insulte Bartolone et Cambadélis

Le Parti de Gauche diffuse un enregistrement embarrassant de Julien Dray

La vidéo qui sort avant la 5e claque électorale pour les Régionales

La guerre est déclarée entre le socialiste Julien Dray et le Front de gauche. 
Irrité de faire sans cesse les frais des attaques de la tête de liste PS aux élections régionales dans le Val-de-Marne, le Parti de gauche de Mélenchon, une des composantes du Front de Gauche, a exhumé un enregistrement pirate des plus embarrassants pour Julien Dray. Celui qui a perdu sa circonscription de l'Essonne en 2012 y critique vertement le patron du PS, Jean-Christophe Cambadélis, et l'actuel président cumulard de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, deux éléphants du Parti socialiste qui viennent pourtant de relancer sa carrière politique. 
  

Quand Julien Dray s'en prend à Jean-Christophe Cambadélis et Claude Bartolone, il n'est plus dans le 'politiquement correct'.
Officiellement, Julien Dray est pourtant "toujours solidaire de Jean-Christophe Cambadélis, l'actuel premier secrétaire du PS, de Claude Bartolone, tête de liste PS en Île-de-France aux élections régionales [et pourtant toujours président mais absent du perchoir], et du gouvernement, "ironise "dans ses interviews" le secrétaire du Parti de Gauche, Alexis Corbière qui a rendu l'enregistrement public,.

Bartolone est un chat noir du PS, selon J. Dray 

Julien Dray attribue à Cambadélis et Bartolone la défaite de la gauche en 2002. Dans cet extrait audio non daté, mais probablement enregistré avant les régionales de 2010, Julien Dray se félicite d'avoir dissuadé Claude Bartolone de se mettre en avant, "parce que chaque fois qu'il est sorti", c'est "une catastrophe pour la gauche".

VOIR et ENTENDRE un récit du parcours de Julien Dray:
 
Cambadélis et Bartolone sont "deux grands fainéants devant l'éternel"

"Deux manipulateurs" aussi, assène le conseiller régional PS d'Île-de-France dans la vidéo.
 
"Cambadélis, il n'a jamais pris la parole devant l'Assemblée nationale", explique-t-il, désignant les apparatchiks inutiles

Pour les régionales, la tactique de Bartolone et Cambadélis c'est "on va leur faire peur aux électeurs, comme cela ils seront obligés de voter pour nous", confirme Julien Dray. 
Cette vidéo embarrassante pour la tête de liste apparaît à point nommé. 
Le Figaro souligne en effet la malencontreuse coïncidence de cette publication avec un entretien de Julien Dray au Supplément de Canal+, où il a vivement critiqué Mélenchon, le co-fondateur du Parti de gauche. De quoi déclencher ce caillassage d'Alexis Corbière. 
"Julien Dray s'est fixé une tâche: engager systématiquement le bras de fer contre Jean-Luc Mélenchon et ses amis," accuse depuis quelques temps, ce dernier sur son blog. "Le "tireur d'élite" du PS anti PG, c'est lui," la tête de liste PS aux élections régionales dans le Val-de-Marne.

Organisée pour l'unité de la gauche et des écologistes aux élections régionales, l'opération du référendum socialiste visait en vérité à mettre la gauche radicale en accusation. Au final, c'est un fiasco. Cambadélis attendait 300.000 participants, mais il n'en a mobilisé que 200.000. 
De plus, il n'aura pas seulement stigmatisé EELV et le Front de gauche (PCF et Parti de gauche). En plus, des triches qui ont jeté le discrédit sur ce scrutin le week-end dernier (ainsi, à titre d'exemple, une journaliste de France TV info avoue avoir pu voter vendredi matin dans le 19e puis dans le 3e arrondissement de Paris), celui-ci n'a fait que renforcer un peu plus les tensions à gauche. 
En recherchant apparemment l'unité, mais en réalité la désunion, Cambadélis  a atteint son objectif réel, la fracture de la gauche. Pendant des mois, jusqu'aux prochaines élections, le PS martèlera donc que son échec aux régionales est la responsabilité de la gauche radicale. Mince satisfacion, mais grand bonheur du FN.

samedi 17 octobre 2015

Régionales - Un cumulard socialiste de plus; après Bartolone, Le Drian

Les trois raisons de l'imposture de J.-Y. Le Drian, ministre-candidat à la présidence de la région Bretagne

Les va-t-en guerre socialistes ont fait de Le Drian un incontournable

Si Le Drian est un si bon ministre, Hollande a choisi de  laisser le champ libre aux islamistes 

Le "capitaine de pédalo" a jeté aux orties le pacifisme, l'une de ces 'valeurs' que le PS s'est appropriée, pour faire la guerre aux islamistes et se fabriquer ainsi l'image d'un chef d'Etat, d'abord, et  d'un chef d'Etat... "audacieux", ensuite. Savoir donc si l'islam radical à combattre du Mali à la Syrie ne serait pas une mauvaise raison pour promouvoir ce ministre dont Hollande a besoin pour tenter de conserver la Bretagne au PS. 

Le ministre de la Défense a choisi de se lancer dans la campagne des élections régionales comme tête de liste en région Bretagne. En cas de victoire, il pourrait devoir quitter le gouvernement. Une hypothèse incongrue si le ministre est aussi indispensable à Hollande qu'on le dit avec insistance, dans la perspective du scrutin, et quand on pense que Manuel Valls a voulu créer un nouveau poste de président-délégué à la tête des 13 exécutifs régionaux, en dépit du fait que cette nouvelle fonction ne plaît pas à tous les socialistes, notamment en Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon. Ce président-délégué aura en effet prépondérance sur les vice-présidents.
Pour les détracteurs de l'actuel président PS du Languedoc-Roussillon, ce nouveau poste ne servirait qu’à recaser  Damien Alary, un dommage collatéral de l’accord entre le PS et le PRG. En cas de victoire, le poste de présidente reviendrait à la socialiste Carole Delga, actuelle secrétaire d'État insignifiante, chargée du Commerce, de l'Artisanat, et celui de première vice-présidente à la radicale Sylvia Pinel, actuelle ministre intérimaire du Logement et de l'Égalité des territoires. Damien Alary récupérerait donc le poste de président délégué.

Le suspense de la candidature Le Drian n'a duré que le temps de la décence. Après avoir fait le mort en région pendant des semaines, le ministre de la Défense a fait 17 déplacements depuis Paris en 10 jours. Jean-Yves Le Drian, a officialisé son entrée effective en campagne des régionales comme tête de liste en région Bretagne. Son entourage l'a confirmé mercredi 14 octobre, sans attendre que l'intéressé réserve au Conseil régional de Bretagne la primeur officielle de l'annonce de sa décision lors de la session  de vendredi

Trois raisons ont poussé ce fidèle de Hollande à replonger dans l'arène, au risque de devoir abandonner ses responsabilités ministérielles 

Les socialistes bretons ne savaient plus à quel saint se vouer

La région avait voté pour la gauche à 56,35 % en 2012, contre 43,65 % pour la droite au second tour. 
Mais la victoire n'est pas acquise d'avance et si elle votait ecore à gauche lors du scrutin des 6 et 13 décembre, la Bretagne n'aurait pas retenu la leçon. Elle est  en effet devenue un Far West, ébranlée par de nombreuses fermetures d'entreprises, sinistrée dans le secteur agroalimentaire, secouée par la colère des exploitants agricoles et agitée par les affrontements sur le site de l'aéroport de Nantes à Notre-Dame-des-Landes ou par les attaques de Sioux en 'Bonnets rouges'. Alors, pour garder une chance de conserver la région, les socialistes locaux ont multiplié les appels du pied à celui que le service de communication de l'Elysée s'est employé à présenter comme la véritable figure tutélaire du parti en Bretagne. A 70 ans, Bernard Poignant, un ami de trente ans de Hollande, aurait pu faire l'affaire, s'il n'avait pas été éjecté de son siège de maire de Quimper à l'élection municipale de 2014, dans le déshonneur, avec 43,35 % contre 56,65 % à la liste de droite. Et Stéphane Le Foll, ex-directeur du cabinet de Hollande à la tête du Parti Socialiste pendant onze ans, qui a démontré qu'il avait atteint son seuil d'incompétence avant d'être fait calamiteux ministre de l'Agriculture, en a pris ombrage de l'engouement pour Le Drian et ne devrait pourtant pas survivre au vaste remaniement ministériel annoncé. Quant à l'ex-députée du Finistère, Marylise Le Branchu, elle fait la potiche au ministre de la Décentralisation et la changer de pot ne paraît pas une solution envisageable.

"Nous sommes dans l’attente. Même si ce n’est pas le messie, la seule option est celle de Jean-Yves Le Drian pour mener la liste", confiait début octobre aux Echos le directeur de campagne des socialistes et des radicaux en Bretagne, Loïg Chesnais-Girard. Il suffit de jeter un œil à sa carrière politique pour comprendre la raison de cette attente : maire de Lorient pendant dix-sept ans (de 1981 à 1988), député du Morbihan durant vingt-quatre années, président du Conseil régional pendant huit ans... "Il y a une telle demande [désespérée] que je ne vois pas comment Jean-Yves peut ne pas y aller, commentait sa collègue bretonne du gouvernement, Marylise Lebranchu, le 6 octobre sur Public Sénat. Quitte à réfléchir [ensuite] à comment on gère la situation" quant à un maintien ou non au gouvernement. 
L'opération consiste à tromper l'électorat en attirant les voix des Bretons sur son nom, tout en le gardant au gouvernement, quitte à lui faire faire des apparitions régionales au poste de président-délégué.

Le Drian assure l'après-2017
 et ses vieux jours politiques

En se replongeant - avec les moyens de l'Etat - dans une bataille électorale régionale, Jean-Yves Le Drian prépare l'avenir.
Il anticipe donc une éventuelle défaite de la gauche à la présidentielle de 2017, qui le laissera sans mandat: il ne siège plus à l'Assemblée depuis 2007. Or, le ministre de la Défense est un pantouflard naturel. En novembre 2013, dès les premiers échecs du gouvernement Ayrault, Jean-Yves Le Drian confiait au Nouvel Observateur "faire son service" au ministère de la Défense. "Un service de trois ans, 2012-2015", précisait-il déjà, avant d'évoquer son avenir, en Bretagne évidemment : "J'aurai alors 68 ans, disait-il, retour à la maison. Retour parmi les miens."

Pendant son séjour à l'hôtel de Brienne, Jean-Yves Le Drian a entériné les engagements de Hollande sur de nombreux fronts, avec un oeil inquiet sur  les multiples difficultés de la Bretagne plongée dans la crise. Présent à toutes les réunions lors de la révolte des Bonnets rouges, Jean-Yves Le Drian n'aura pourtant pas convaincu ses concitoyens, mais il aura en revanche travaillé à sauvegarder l'intégrité de son fief, puisque François Hollande n'a pas modifié les frontières de la Bretagne lors de la réforme territoriale. Intacte, la région reste ainsi taillée sur mesure pour lui. Les Bretons le récompenseront-ils dans les urnes d'avoir oeuvré à protéger sa carrière ?

Hollande n'a pas encore pas mieux 
à se mettre sous la dent qu'un septuagénaire

Si l'exécutif navigue à vue sur les conséquences de la candidature Le Drian,
la décision est la responsabilité de François Hollande, en concertation avec lui.
Jean-Yves Le Drian n'a pas hésité comme on le dit. Mais est-il plus utile au gouvernement - à temps partiel - qu'en Bretagne par intermittence ? Pour le moment, François Hollande l'a autorisé à mener de front sa campagne régionale et son poste de ministre. Sauver des élections régionales qui s'annoncent difficiles pour la gauche justifie-t-il d'abandonner encore davantage le ministère et Les militaires sur les terrains d'opérations à des hauts fonctionnaires ?

La presse est très critique du cumul d'un ministre et candidat 

Qu'adviendra-t-il en cas de victoire en décembre ?
Claude Bartolone a créé un précédent qu'on a peine à qualifier de 'républicain'... Il mène en effet la campagne des régionales comme tête de liste en Ile-de-France sans avoir démissionné de sa fonction de président de l'Assemblée nationale. 
Les règles édictées par François Hollande en début de mandat étaient claires jusqu'ici : on ne peut être à la fois ministre et président de conseil régional. Si Jean-Yves Le Drian décidait d'occuper le poste immédiatement après les élections régionales, il devrait en toute logique démissionner du gouvernement. C'est pourquoi il pourrait alors décider d'attendre 2017 au poste de président-délégué, pour prendre alors la présidence de la Bretagne. "L'hypothèse de son départ est tout à fait réaliste, mais aussi celle de son maintien", raconte une source proche du ministre...

La presse de samedi critique la décision de Jean-Yves Le Drian. 
Dès vendredi, dans Le Monde, David Revault d'Allonnes affectait de penser que c'est un choix "des plus délicats pour M. Le Drian, écartelé entre les deux piliers de sa carrière politique", tandis que Raymond Couraud de L'Alsace écrivait que " le baroudeur du Mali ou du ciel irakien, est envoyé sauver la Bretagne, sa terre natale".  Jeanne d'Arc aussi a été sacrifiée sur le bûcher, mais c'était à Rouen, à côté, mais en Normandie. 

"Petite décision, mais grande conséquence", selon Yann Marec du Midi libre, qui ne cache pas son incompréhension
: "Alors que le Moyen-Orient est à feu et à sang, que la France est engagée militairement sur le terrain, Jean-Yves Le Drian zappe et change de disque dur. La cible n'est plus Raqqa, mais Rennes. Oups !" Il reste que l'entrée en campagne avec un "adoubement élyséen a tout d'un cadeau empoisonné" pour Raymond Couraud (L'Alsace).
Un "mépris des usages politiques"
"S'il s'asseyait le 13 décembre au soir dans le fauteuil présidentiel à Rennes, on voit mal comment l'exécutif pourrait, dans le climat actuel, justifier le maintien du ministre à son poste. Fût-il le meilleur d'entre eux..." ironise Christophe Lucet dans Sud-Ouest.
Dans La Charente libre, Dominique Garraud relève que "la seule logique de cette double casquette inédite serait de permettre à Jean-Yves Le Drian de rester ministre de la Défense en cas de défaite historique dans son bastion breton". L'éditorialiste y voit un "mépris des usages politiques qui veulent qu'un ministre battu dans les urnes démissionne".
Aux Bretons de trancher, non pas à Paris.

vendredi 31 juillet 2015

Lassé par ses échecs à redresser la courbe de l'emploi, Rebsamen veut se retirer à Dijon

Rebsamen candidat à la mairie de Dijon et bientôt sorti du gouvernement?

Couac: François Rebsamen sera candidat à la mairie de Dijon, fait savoir un membre de son cabinet au ministère

Frère Rebsamen saisit l'occasion du décès 
 de son ancien adjoint
 
Rebsamen rêve de Côte d'Or
Alain Millot, en cours de mandat, pour sortir du guêpier gouvernemental. L'élection devrait avoir lieu le 10 août et le ministre du Travail assure qu'il ne démissionnera pas. Rebsamen devrait prochainement redevenir maire de Dijon. Mais sera-t-il encore ministre en 2016 ?

Et si, lassé de commenter mois après mois les soi-disant frémissements de la courbe du chômage comme on compte les battements de coeur d'un cher moribond, François Rebsamen s'exfiltrait lui-même du ministère du Travail ? L'hypothèse enfle depuis le décès du maire de Dijon Alain Millot, qui laisse derrière lui un fauteuil vide qu'a longtemps occupé l'actuel monsieur Chômage du gouvernement. 

Le ministre candidat ne se déclare pas franchement et clairement

Curieusement, c'est l'entourage ministériel de François Rebsamen qui a annoncé jeudi 30 juillet sa candidature officielle au retour en mairie à la mi-août. A 15h30, François Rebsamen entretient la confusion en affirmant qu'il ne démissionnera pas de ses fonctions au gouvernement.
Le ministre du Travail justifie cette décision par l'existence d'une "jurisprudence (Frédéric) Cuvillier", du nom de l'ex-secrétaire d'Etat aux Transports, qui avait cumulé son poste ministériel avec le mandat de maire de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) pendant cinq mois, du 30 mars au 25 août 2014.

La moutarde serait montée au nez de Hollande
Angela brandit son trophée
L'Elysée a aussitôt fait savoir que le faux frère "sera remplacé."
"Tant que le président ne m'aura pas demandé de cesser mes fonctions, je les assumerai", a riposté François Rebsamen ce jeudi. Et le ministre a bien fait savoir qu'il "remettra sa démission entre les mains du président et du Premier ministre, quand ses engagements ministériels seront terminés"

L'entourage du ministre du Travail laisse entendre que celui-ci pourrait conserver les deux fonctions quelques semaines, avant un probable remaniement après les élections régionales, en décembre.

Mais l'Elysée qui veut forcer François Rebsamen à choisir, l' recadré: le ministre "sera remplacé" s'il est "élu maire de Dijon". "Il y a un principe: il n'est pas possible de cumuler une fonction ministérielle et un mandat exécutif local." 

G. Cherpion, député des Vosges et tombeur du socialiste sortant Christian Pierret, est secrétaire National Les Républicains chargé du Travail et de l'Emploi.

Par ailleurs,
Manuel Valls est officiellement monté au créneau avec les mêmes arguments : "Il y a des principes qui s'appliquent et [François Rebsamen] le sait parfaitement: on ne peut pas être chef d'un exécutif (...) et en même temps membre du gouvernement. [C'est] une exigence des citoyens." En 2012, Valls avait été préféré à Rebsamen au ministère de l'Intérieur et les deux hommes s'apprécient guère. François Rebsamen est en effet considéré comme l'un des spécialistes de sécurité au sein du PS. 

Pendant la campagne présidentielle de 2012, c'est lui qui a élaboré et vendu à l'opinion ce volet du programme de François Hollande.  
En mai 2013, la victoire du PSG au championnat de France fut suivie de violentes émeutes au Trocadéro, à Paris. Interrogé par Public Sénat qui lui demandait qui, du club ou du ministère de l'Intérieur, était responsable de la tournure prise par les événements, François Rebsamen avait répondu "peut-être les deux". En août 2013, répondant à une question du JDD lui demandant s'il avait le sentiment que Manuel Valls en faisait trop durant l'été, François Rebsamen répondait: "Disons qu'il sait être au service de sa popularité. C'est sa méthode et visiblement elle lui réussit plutôt bien".
Avec l'arrivée de Valls à Matignon, François Rebsamen avait totalement changé de musique. Le sénateur PS avait décrit le nouveau Premier ministre comme "l'homme de la situation". "Valls est l'homme en situation et qui correspond à la situation", avait-il déclaré. Tout en affirmant, "comprendre" les doutes de "l'aile gauche du PS."

Le plan de carrière de François Rebsamen provoque les sarcasmes de l'opposition 

Luc Chatel n'a pas épargné le cumulard.

Le député Les Républicains de la Haute-Marne a expliqué à Patrick Roger en quoi
"ce gouvernement fait fausse route" sur le chômage :
Luc Chatel est d'acocord avec Rebsamen: si lutter contre le chômage est trop "difficile" pour le ministre de Valls, il faut en effet qu'il change de boulot.

A Dijon, on se consacre pour l'instant à un "temps du recueillement." 
Un hommage était rendu à Alain Millot en mairie ce jeudi après-midi, avant une cérémonie officielle prévue à 17h. François Rebsamen avait annoncé sur son compte Twitter qu'il serait présent. Un conseil municipal extraordinaire sera convoqué le 10 août à 14h pour élire le nouveau maire, selon des sources politiques locales. Puis, à 17h, l'assemblée du Grand Dijon se réunira pour choisir un nouveau président.
Depuis le décès d'Alain Millot qui avait été le premier-adjoint de ce dernier depuis 2001, c'est la première adjointe Nathalie Koenders qui assure l'intérim à la mairie.

dimanche 12 octobre 2014

Le maire UDI de Bobigny, contraint d'abandonner ses allocations chômage

L'UDI Stéphane de Paoli n'y voyait aucun problème moral...

Le maire  cumulait des allocations de Pôle Emploi et des indemnités d'élu


Légèreté stalinienne
de l'Hôtel de ville de Bobigny
Le maire UDI de Bobigny, Stéphane de Paoli, s'était fait épinglé par l’hebdomadaire Marianne lors des municipales. Sous la contrainte, il a choisi  ce samedi de renoncer à toucher son chômage.

Stéphane de Paoli a annoncé sa décision "de ne pas renouveler son inscription à Pôle Emploi", à compter de septembre. Le maire du chef-lieu de la très populaire Seine-Saint-Denis, qui touche 4.500 euros par mois d’indemnités d’élu, "ne figure donc plus sur les listes des demandeurs d’emploi sollicitant une indemnisation", insiste-t-il.
Il touchait jusqu’alors 1.581 euros par mois d’allocations chômage, selon le cabinet du maire. Marianne évoquait 1851 euros mensuels, par erreur, selon cette source.

L’élu, un ancien conducteur de travaux dans le BTP, explique avoir été "licencié" de son emploi précédent au début de la campagne électorale. Ce licenciement était "sans lien avec la politique", selon son cabinet, qui n’était toutefois pas en mesure d’en préciser le motif exact. Il lui a ouvert des droits aux allocations chômage.

Le maire se défend de toute "phobie administrative
Le cumul d’indemnités versées par l’assurance-chômage et de celles versées aux élus locaux n’est par interdit, souligne le cumulard. Mais comme tout chômeur, un maire peut être radié des listes de Pôle Emploi s’il ne fait pas "d’actes positifs et répétés en vue de retrouver" un travail.

Or, Stéphane de Paoli se justifie en affirmant avoir "consacré l’essentiel de son temps" "à son engagement citoyen" jusqu’à l’élection municipale de mars dans cette commune de près de 50.000 habitants, puis, après avoir été élu, "à la mise en place des nouvelles équipes et à la prise de connaissance de tous les dossiers (...), remettant à l’été la réflexion sur son avenir professionnel".

Ses opposants communistes n'avaient reculé devant aucun moyen 

Au mois de juillet, une première affaire avait déjà secoué l’équipe municipale, lorsque l’adjointe au maire chargée de la petite enfance avait porté plainte, assurant avoir été séquestrée dans un bureau et menacée de mort par quatre membres de l’équipe de Stéphane De Paoli. La mairie, dont les dirigeants étaient qualifiés de "petits caïds" par Marianne depuis Paris, avait décidé de porter plainte contre le journal pour diffamation.

Les élections municipales de 2014 à Bobigny mettaient fin à 95 années de gestion par un seul parti.
Stéphane de Paoli, candidat adoubé par l’UDI et son patron dans le département Jean-Christophe Lagarde, avait créé la surprise aux municipales dans ce bastion communiste depuis 1920. 
La fin de campagne avait été marquée par un climat malsain entre les militants communistes en déroute et les partisans du concurrent de la maire sortante, sur fond d’accusations de clientélisme et d’instrumentalisation du vote dans les cités.

La commune de Bobigny héberge un  tribunal de grande instance
En 2013, le tribunal correctionnel de Bobigny a jugé quatre affaires de discrimination, symptomatiques des des tensions communautaires en Seine-Saint-Denis. Le procureur, entre autres chargé des agressions antisémites dans le département, avance le chiffre de vingt cas  recensés pour l'année 2012.

mercredi 8 janvier 2014

Anne Hidalgo fait reculer la notion de "pénibilité"

La jeune retraitée de l'Hôtel de Ville oublie 40% de ce qu'elle gagne

Anne Hidalgo, retraitée depuis juillet 2011, à 51 ans...


Ces lignes sont extraites du blog de Serge Federbusch, président du Parti des Libertés, élu conseiller du 10 ème arrondissement de Paris en 2008 et fondateur de Delanopolis, premier site indépendant d'informations en ligne sur l'actualité politique parisienne. Il est l'auteur du livre L'Enfumeur, (Ixelles Editions), 2013.  

"Alors que François Hollande a insisté sur les efforts à faire en matière de durée de cotisation, la candidate socialiste à la mairie de Paris, ancienne directrice du travail, a été "admise à faire valoir ses droits à la retraite, à sa demande" à compter du 1er juillet 2011.

François Hollande a pourtant été catégorique sur France 2 : l'allongement de la durée de la vie implique des efforts de toutes et tous et notamment que le temps passé au travail pour faire valoir ses droits à la retraite soit allongé...

C'est beau, c'est juste, c'est responsable !
Mais enfin il y a des petit(e)s malin(e)s qui ont su dégainer plus vite...
Ainsi Anne la Dauphine a-t-elle fait ses valises à tout juste 52 ans pour jouir d'une retraite bien méritée.

Elle peut donc cumuler sa pension avec ses indemnités d'élue et, si elle devenait - ce qu'à Paris ne plaise - maire de la ville, elle se ferait une jolie pelote !

Ah, le Journal officiel ! Peu de gens le lisent et ils ont tort.
Car, on y trouve de temps à autres des pépites comme celle-ci, perdue dans l'édition du 5 février 2011 et que nul n'a remarqué :
Cette avisée personne étant née le 19 juin 1959, elle avait donc à peine 52 ans quand elle a bénéficié de cette agréable disposition.

Plus finement encore, ayant dépassé de peu les 50 ans au 1er janvier 2011, elle a pu bénéficier d'une pension calculée sur la base de la législation en vigueur avant la loi du 9 novembre 2010, fort généreuse. 
Le tout est assurément légal même si on peut constater avec amusement que cette Anne calculatrice s'est empressée de sauter dans le train avant qu'il ne soit trop tard. Bien joué !

On notera quand même que ces dispositions ont été abrogées, car ruineuses pour l'Etat et totalement injustes au regard du sort des femmes travaillant dans le privé.
De plus, elle vont permettre à ladite Anne, inspectrice d'un travail qu'elle aura bien vite quitté, de jouir le reste de sa vie durant d'un cumul retraite + indemnités d'élue tout à fait sympathique. Que ce dispositif ait été conçu pour des femmes qui, du fait de leurs maternités, n'ont qu'une carrière " hachée " et des droits réduits ne l'a sans doute pas émue.
Bah ... un fagot de plus sur le déficit budgétaire, qu'importe ! Toutes celles et tous ceux qui n'ont pas ou n'ont plus droit à pareilles largesses sauront lui pardonner sans le moindre sentiment d'envie.
Comment disent-ils déjà ? La République E-XEM-PLAIRE !!!!!" 

La retraitée de l'Hôtel de Ville ne contribue à l'impôt solidaire que pour 60% de ce qu'elle gagne 

"Embarrassée par les révélations de Serge Federbusch sur son statut de retraitée de la fonction publique et cumularde d'indemnités d'élue, Anne Hidalgo a joué à la petite modeste et lâché, à l'antenne de RMC le 4 avril : "Je gagne 5.000 euros nets par mois pour mes mandats". Cette bonne blague ! 



Utilisant les bonnes vieilles méthodes de Hollande et Delanoë, Hidalgo joue au bonneteau pour que le bon peuple ne s'indigne pas de sa situation réelle de retraitée à un âge où le Français moyen doit encore travailler au moins dix ans. 

De quoi Anne Hidalgo est-elle le revenu, comme on dirait dans la littérature de gauche ? Pour le savoir, rien de tel qu'un peu d'arithmétique. Retrouvons donc la calculette du Delanopolis. 

Hidalgo bénéficie d'abord de ses indemnités de conseillère de Paris et première adjointe au maire. Ces deux fonctions lui valent grosso modo le versement de 4 500 euros nets par mois. 

Elle est en outre conseillère régionale pour 2 118 euros nets

Les 5 000 mentionnés par Hidalgo sont donc d'ores et déjà oublieux de près d'un tiers : 6 600 euros réels ! 

A cela s'ajoute (elle se gardait de le révéler avant que nous en parlions) sa pension de retraitée. Hidalgo avait atteint, au moment de faire valoir ses droits, le grade de directeur du travail avec 29 ans d'ancienneté dans le corps de l'inspection du travail, selon ses propres déclarations. L'indice moyen d'un directeur du travail ayant une telle ancienneté est l'indice 733. Si on lui applique la valeur du point d'indice, on obtient un traitement brut annuel de 40.728 euros. Il faut toutefois apporter trois réductions : d'une part parce qu'elle n'a qu'une carrière incomplète de 29 ans, d'autre part parce que sa pension ne porte que sur 75 % du traitement d'activité et enfin parce qu'il y a quelques cotisations, plus faibles (6 % environ) toutefois que pour les fonctionnaires en activité. Mais il faut à l'inverse ajouter 10 % de majorations pour ses 3 enfants.
Cliquer sur le graphique pour agrandir

En résumé, 29 ans de carrière représentent 58 % de la valeur à 100 %, desquels on déduit encore 25 % puis 6 %, mais auxquels on ajoute 10 %. Ouf !

L'un dans l'autre, il est très probable que la pension versée à Hidalgo soit aux environs de 19.000 euros nets annuels soit 1.583 euros nets par mois.
Ses différents revenus se montent donc aux environs de 8.200 euros nets, bien loin des 5.000 qu'Hidalgo bafouille à la radio.

A cela s'ajoute l'usage abondant des différents attributs et avantages matériels de ses fonctions, notamment les véhicules mis à sa disposition et ses remboursements de frais. Elle fait également partie de différents organismes et conseils d'administration, liés à la ville ou à la région.

Enfin, si à Paris ne plaise, elle était élue maire de la ville, elle ajouterait des indemnités substantiellement plus élevées à ces montants."

Ah... c'est beau la retraite ! Dommage que pour les Français de demain ce ne soit qu'une illusion amère.