POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

Affichage des articles dont le libellé est ASSEDIC. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est ASSEDIC. Afficher tous les articles

jeudi 13 septembre 2018

Plan pauvreté : Macron ne promet pas un "pognon de dingue"...

Macron promet une fusion des prestations sociales, dont le RSA

Le "revenu universel d'activité" mettra fin au RSA en 2020


Ce jeudi, lors de la présentation de son "plan pauvreté" au Musée de l'Homme à Paris, Emmanuel Macron a annoncé des économies pour l'Etat en fusionnant plusieurs prestations sociales, mais son "revenu universel d'activité", mesure révolutionnaire, au moins dans les termes, permettra-t-il nécessairement aux précaires de vivre mieux.  
Le  projet phare de son "plan pauvreté" à 8 milliards d'euros, une réorganisation, devrait voir le jour en 2020.

Le chef de l'Etat a proposé cette nouveauté pour mettre fin au "maquis" des prestations sociales et la "sophistication administrative qui tourne au cauchemar". Il s'agirait donc d'une fusion des différentes prestations sociales. Il refait ainsi le coup de Pôle emploi, issu de la fusion entre l'ANPE et les Assedic.

"RSA, APL... Les acronymes enferment les gens dans des cases", a-t-il expliqué. L'écume des choses est porteuse du verbe jupitérien. Peu importe le sigle aux allocataires, pourvu que l'allocation permette de vivre plus dignement, mais Macron peut élucubrer à l'infini sur l'insignifiant. 
En même temps, le plan pauvreté de Macron supprime à coup sûr des sigles, mais peut-être pas la pauvreté. L'aide qui sera pourtant tout naturellement appelée "RUA" reprendra notamment le Revenu de solidarité active (RSA), lui-même déjà une fusion de différentes aides, dont le revenu minimum d'insertion (RMI), et l'allocation parent isolé (API), qui explique en grande partie le nombre croissant de mères seules, notamment dans certains milieux culturels.

L'aide "universelle" consentie par Macron est soumise à des obligations

C'est l'autre détail qu'a apporté Macron : le bénéficiaire du revenu universel d'activité devra respecter un "contrat d'engagement réciproque", "l'obligation d'inscription dans un parcours d'insertion avec l'impossibilité de refuser deux offres raisonnables d'emploi". Ni le RMI, ni le RSA n'avait jamais été ainsi conditionné à la recherche d'emploi.

Autre axe fort de la mesure, "l'Etat sera entièrement responsable" de cette nouvelle aide. Du fait de leurs missions d'insertion, ce sont actuellement les départements qui gèrent le RSA et les Caisses d'allocations familiales qui le versent.

Le gouvernement devra expliquer ce qu'il entend par "universel" qui peut orienter les esprits vers le revenu universel d'existence du candidat Benoit Hamon en 2017. Emmanuel Macron a notamment rappelé que près de 30% de ceux qui pourraient prétendre au RSA ne le font pas. 
Résultat de recherche d'images pour "plan pauvreté"Le socialiste de l'aile gauche du PS s’est montré dubitatif avant ces annonces, au Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI : "J’écoute les associations qui s’occupent, elles, tous les jours des pauvres, et pas un jour sur 365 comme M. Macron quand il fait un plan pauvreté, voire un jour sur le quinquennat."

Le cofondateur du mouvement Génération.s a fustigé dimanche "un gouvernement pauvrophobe ". Les associations "disent qu’il y a une montée de la pauvreté : des travailleurs, des retraités, des jeunes de plus en plus nombreux à être pauvres", a rapporté l’ancien ministre populiste. 

Macron, quant à lui, a aussi critiqué "l'empilement des aides" qui "finit par générer des erreurs, de la confusion", et alimente "ce discours insupportable sur l'assistanat" et le "pognon de dingue" distribué à fonds perdus.

dimanche 2 novembre 2014

Escalade dans la traque du chômeur: le contrôle des demandeurs d'emploi n'est pas suffisant

Désescalade: la faute à Pôle emploi qui devrait assurer un meilleur accompagnement !

Les fraudeurs et les passifs n'existent pas, nie la gauche du PS

Gaffe, provocation, propos délibéré ? Le 2 septembre, en" intimant l’ordre" à Pôle emploi (selon les termes de Challenges, groupe L'Obs) de "renforcer les contrôles pour vérifier que les chômeurs cherchent bien un emploi" et de les "sanctionner" dans le cas contraire, le ministre du Travail, François Rebsamen, a provoqué un tollé dans les rangs syndicaux. Eric Aubin (CGT) s’est "désolé" (selon Challenges!) que "la seule solution qu’il trouve pour faire baisser la courbe du chômage soit de sanctionner". "Même" (Challenges) le réformiste Laurent Berger (CFDT, proche du PS) s’est déclaré "atterré" par des propos "scandaleux et stigmatisants". Pourtant, un mois plus tard, Manuel Valls persistait : "La question des devoirs des chômeurs fait partie de l’assurance-chômage." Pour Challenges, priorité au ressenti syndical sur la préoccupation du gouvernement dès lors qu'il est "social-libéral". Or, 20 % des chômeurs ne cherchent pas de travail

350.000 offres non pourvues: les syndicats n'en sont pas choqués...

Pourquoi donc le gouvernement "s’engouffre-t-il" dans cette voie ? s'interroge Challenges. Pour faire baisser le chômage ? François Rebsamen a en effet pointé du doigt les "350.000 offres d’emploi qui ne trouvent pas preneurs", à commencer dans l'Education nationale, en dépit de l'abondance des créations de postes). Mais, selon Gilles Saint-Paul, membre associé de l’Ecole d’économie de Paris, ce n’est pas aussi simple : "Les profils des offres et ceux des demandeurs d’emploi ne correspondent jamais parfaitement. Il y a un stock incompressible d’emplois non pourvus, quels que soient le pays et la conjoncture." Tout va donc pour le mieux dans l'Hexagone, alors que la France compte 5 millions de demandeurs d’emploi. Une sous-estimation de l'hebdo économique, au passage, car la France comptait 6,0802 millions de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi  au 31 juillet, un chiffre probablement en deçà de la vérité, si on sait que beaucoup de personnes, découragées, ne s'inscrivent pas à Pôle emploi, bien qu'elles recherchent un emploi. 

Le gouvernement veut surtout combattre la défiance croissante de l’opinion vis-à-vis de l’assurance-chômage. Si on lit entre les lignes, la politique gouvernementale, voire le contexte économique européen, ne seraient donc pas en cause. Les Français en recherche extensive d'un emploi seraient victimes du système. D'ailleurs, une note du CREDOC sur l’Etat providence montre justement que 64% des Français pensent que "s’ils le voulaient vraiment, la plupart des chômeurs pourraient trouver un emploi". Selon un sondage LH2-Le Nouvel Observateur du 5 septembre, 72% des Français pourvus d'une feuille de paie sont d’accord pour "renforcer les contrôles" sur les travailleurs privés d'emploi. Or, l’enquête d’octobre de Pôle emploi montre que, sur 496.900 radiations annuelles, seules 7,6% sont dues à un arrêt temporaire de recherche d’emploi. Parce que les contrôles de demandeurs d’emploi sont insuffisants ? Faut-il monter en puissance et intensifier la chasse aux phobiques du travail ?

Entre sanctions inadaptées et laxisme approprié, la gauche social-démocrate à l'ancienne a choisi

Le contrôle fait bien partie des missions de Pôle emploi, issu de la fusion en 2008 de l’ANPE et des ASSEDIC. Mais la fracture idéologique perdure. Si les méchants ex-agents des Assédic ont conservé une culture de la sanction, les gentils ex de l’ANPE conçoivent plutôt leur mission comme celle de travailleurs sociaux. Et "l’arme de la radiation" (sic) pour refus de deux offres raisonnables d’emploi est peu utilisée : seules 77 personnes ont été sanctionnées pour refus en 2013 en France. "Les droits et les devoirs des chômeurs ne sont pas clairs dans le Code du travail", surtout l'interprétation qui en est faite dans la "bonne" pratique, souligne l'auteur de Chômage : inverser la courbe. 

Les sanctions sont complexes à manier et inadaptées. Les agents ne peuvent pas réduire les allocations, comme aux Pays-Bas ou au Royaume-Uni, ce qui encourage pourtant à retrouver un emploi." Michel-André Chasseing, délégué syndical CFE-CGC pour la région Centre, précise : "L’établissement public concentre ses moyens sur l’accompagnement renforcé des chômeurs les plus éloignés de l’emploi," les plus de 50 ans et les longue durée. Quant aux demandeurs d’emploi dits "autonomes", ils n’ont que deux entretiens obligatoires et ils peuvent actualiser leur situation via un formulaire en ligne. Une simplification administrative qui, paradoxalement, n'est plus au goût du jour du gouvernement qui se flatte de sa loi toute neuve.

Pôle emploi a donc lancé, mi-2013, une expérimentation sur le contrôle des chômeurs en créant des équipes dédiées dans trois régions tests (Poitou-Charentes, Franche-Comté et Provence-Alpes-Côte-d’Azur). Cette étude, présentée au conseil d’administration le 15 octobre dernier, donne du grain à moudre au ministre du Travail. Selon Jean Bassères, le directeur de Pôle emploi, "l’expérimentation a fait apparaître des taux de radiation plus importants qu’en moyenne. Les disparités sont remarquables d'une région à l'autre: 8 à 35% des personnes contrôlées ont été sanctionnées". Les agents se sont appuyés sur des méthodes variées : contrôles aléatoires ou ciblés sur des métiers dits "en tension", à partir de conversations téléphoniques, de questionnaires ou de justificatifs papier.


558 288
Refus de visite médicale
4
Refus d'élaboration ou d'actualisation du projet personnalisé d'accès à l'emploi
5
Refus d'offre raisonnable d'emploi
95
Réfus de visite médicale
1 504
Déclaration inexacte
8 790
Insuffisance de recherche d'emploi
29 276
Refus de contrat aidé, d'action d'insertion ou de formation
558 288
Non réponse à convocation

"Contrôles redynamisants": c'est comme les shampoings ?

Seulement 8% des personnes sanctionnées en Provence-Alpes-Côte-d’Azur, où les contrôles aléatoires représentent 87% des cas: quel pourcentage de passifs non sanctionnés ? En Franche-Comté, avec 78% de contrôles ciblés, la fréquence des radiations s’élève à 35%. Dans ces zones expérimentales, les radiations pour insuffisance de recherche d’emploi représentent juste 2,7% des sorties de la liste des demandeurs d’emploi, contre 0,1% dans d’autres régions. Un frémissement des statistiques peut-il faire espérer des économies substantielles pour l’assurance-chômage : 55% des chômeurs radiés étaient des récalcitrants, des passifs forcenés et n'étaient pas indemnisés. 

Mais Jean Bassères pointe un autre avantage :
"La création d’équipes dédiées permet aux conseillers de mieux se concentrer sur l’accompagnement." Et selon lui,  préconisant la psychologie, "le contrôle a un effet de redynamisation sur certains chômeurs". Mais ce sentiment de Bassères ne se fonde sur aucune statistique: il trouve l'idée belle, car il n'a pas de préoccupations comptables... La généralisation de l’expérimentation n’est d'ailleurs pas encore au programme: elle doit passer par une convention tripartite avec l’Etat et l’UNEDIC.

Le nœud du problème, c'est que Pôle emploi est face à des sous-effectifs criants.
D’après une étude comparée de l’inspection générale des Finances (IGF) de 2011 sur les missions d’accueil, d’indemnisation et d’accompagnement, Pôle emploi ne dispose que de 71 agents pour 10.000 chômeurs contre plus de deux fois plus en Allemagne. Mme Merkel est parfois la référence... "Ce n’est pas le contrôle, mais le rapport étroit entre le demandeur d’emploi et son conseiller qui réduisent la durée du chômage", résume Stefano Scarpetta, chef de la division de l’analyse et des politiques de l’emploi à l’OCDE. La psychologie de groupe est révolue: vive le contact personnel ! Et le massage?

Les syndicats sont partagés. 
"Un bon contrôle, c’est d’abord un bon suivi, insiste Dominique Nugues, délégué de l’UNSA, syndicat de progrès juste un peu figé (sur la ligne ringarde de la prévention en matière de police) et clairement ...moral ! "Les agents sont vite capables de dire si une personne cherche ou pas, de déceler les stratégies d’évitement." L'UNSA préconise-t-elle la délation ou l'omerta ? 

Réponse: le contrôle des chômeurs est devenu un passage obligé. Pour éviter "la suspicion générale qui pèse sur les demandeurs d’emploi", se défend Jean Bassères. On atteint même un niveau historique de moralisation: "il faut contrôler pour des raisons de justice sociale comme d’équité", explique Bertrand Martinot, que pour la seconde fois Challenges appelle à la rescousse de sa thèse : "Pour le gouvernement, la lutte contre le chômage est une lutte contre les chômeurs." L'auteur de "Chômage : inverser la courbe" est en effet un ex-conseiller social de Nicolas Sarkozy et il ajoute : "Cela ne permettra que marginalement de lutter contre ce phénomène lié à des causes profondes."

Quand il était dans l’opposition, François Hollande avait fustigé le renforcement des contrôles décidé par la droite
, rappelle Challenges dans un coup de pied de l'âne à Manuel Valls qui semble bien avoir pris l'ascendant sur Hollande.

mercredi 10 juillet 2013

Des chômeurs ont accepté pour 812 millions versés à tort

La solidarité des Français n'incite vraiment pas au travail

La "gauche sociale" prend garde à ne pas stigmatiser les fraudeurs
Mais si ces trop-perçus ont liés à la complexité des dispositifs, à des erreurs, donc, ils sont pourtant aussi imputables à des fraudes.

Ce sont près de 812 millions d'euros qui ont été versés à tort en 2012 à des demandeurs d'emploi, selon un rapport du médiateur de Pôle emploi discuté mercredi au conseil d'administration de Pôle emploi. Ce montant représente 2,5% des 33 milliards d'allocations versées au total en 2012.
Un total de 524 millions (65%) a été récupéré auprès des demandeurs d'emploi.

La ministre des Affaires sociales nous met en condition
Les dysfonctionnements
Le ministère pointe des versements erronés résultant souvent de périodes de travail non déclarées, ou déclarées trop tard, par les inscrits à Pôle emploi, ou d'erreurs lors du calcul des droits par les agents de Pôle emploi, selon le rapport du médiateur Jean-Louis Walter, 60 ans. Ancien secrétaire général CFE-CGC de 1999 à 2006il est membre du conseil économique et social , a occupé des fonctions au sein de l’ANPE, l’UNEDIC et l’APEC (Association pour l'emploi des cadres,) et a réalisé la majeure partie de sa carrière au sein de Peugeot puis de PSA.

La majorité des sommes (66%) concernent le cumul d'une indemnisation et d'un revenu d'activité. Ce dispositif autorise à percevoir une indemnisation lorsqu'on exerce une activité réduite (moins de 110 heures d'activité par mois ou moins de 70% de son salaire antérieur) pendant une durée maximum de 15 mois. Ce qui fait qu'en période de crise, le nombre de chômeurs qui travaillent augmente! Il ne s'agit pas seulement d'une hausse du nombre de "travailleurs au noir", car le cumul est un droit qui avait été décidé pour inciter à la reprise d'activité des chômeurs. C'est ainsi que près de la moitié des chômeurs indemnisés bénéficie de ce cumul.

Les versements indus peuvent être obtenus par de "vrais fraudeurs, volontaires et organisés". 
Il fallait bien y venir, mais Jean-Louis Walter évoque aussi le cas de ceux "que la nécessité contraint à différer ou dissimuler une activité pour conserver leur indemnisation et faire la jonction jusqu'à une autre rentrée d'argent. Et puis, il y a aussi les erreurs et les omissions par manque d'information".

Il faudra bien limiter ces "indus" liés au cumul 

Le médiateur et la ministre Touraine qui l'a désigné préparent depuis des semaines des restrictions de moyens et la déshumanisation des conditions de travail et d’accueil des chercheurs d'emploi.
Le ministère a d'abord fait le choix de mettre en cause des erreurs de ses salariés de Pôle emploi plutôt que de montrer du doigt les fraudeurs et de se mettre à dos les syndicats qui les soutiennent. Après l’immolation d’un demandeur d’emploi à Nantes, le 13 février 2013, les incidents se sont multipliés, comme celui créé par cette demandeuse internée pendant trois jours en soins psychiatriques et placée en garde à vue après avoir menacé: "Si vous ne m’accordez pas de rendez-vous, je reviendrai avec un jerrican et des allumettes", comme nous en informe La Charente Libre. La secrétaire régionale du Syndicat national unitaire Pôle emploi(SNU-CLIAS FSU, dissidents de la CFDT et membre de la ...FSU, proche de la CGT)  déclare : "L’immolation de Nantes a entraîné un effet boule de neige. Les directions locales essayent d’étouffer la plupart des affaires, mais c’est incontestable que la tension augmente."

Il faut changer les règles de calcul de ce dispositif, juge le médiateur de Pôle emploi. Ce dispositif est "incitatif" à la reprise d'activité, juge-t-il, mais il est "de nature à générer des indus par sa complexité" et "est arrivé à saturation".

Le médiateur suggère également d'adapter le système informatique. Pour limiter "les sources de tension avec les demandeurs d'emploi", c'est-à-dire les contacts directs, au risque d'une déshumanisation des relations avec les précaires..., il préconise aussi une meilleure information donnée au demandeur d'emploi et un renforcement de la formation des conseillers. En  psychologie ou en informatique?

U
ne demi-douzaine de chômeurs accusent Pôle emploi de ne pas avoir respecté son obligation de suivi des chômeurs, notamment l'accompagnement dans la recherche d'emploi et la formation. 

Ils ont déposé des demandes de dommages et intérêts pouvant aller jusqu'à 300.000 euros, précisait lundi   la CGT-chômeurs et de leur avocat. "Après avoir été déboutés en octobre dernier sur une procédure d'urgence (référé liberté) par le Conseil d'Etat, nous utilisons désormais la voie judiciaire normale, avec un recours en indemnisation devant Pôle emploi", a expliqué Me Florent Hennequin, l'un des avocats des six chômeurs. Contrairement à l'annonce de leurs avocats, ces six demandeurs d’emploi ne seraient plus que cinq.
Les demandes d’indemnisation vont de 50.000 à 300.000 euros, a indiqué Me Emilie Videcoq, l’un des avocats des demandeurs d’emploi. 
Redoine, 48 ans, ingénieur réseau au chômage depuis 2001, était le seul des cinq demandeurs d’emploi à être présent devant Pôle emploi. "Malgré mes démarches, je n’ai jamais pu bénéficier d’un accompagnement et de propositions complètes. On ne m’a jamais offert de possibilité de me réinsérer sur le marché du travail, alors que Pôle emploi a des dispositifs : j’ai attendu douze ans pour qu’on me propose un contrat aidé", a-t-il témoigné. "Alors que j’ai travaillé pour Axa ou France Telecom, à 48 ans, dans mon métier, je suis pratiquement cuit. On m’a condamné au rebut", lance-t-il. 

L'avocat militant de Clichy évoque une "action électrochoc"
 
"Soit on obtient une réponse positive de la part de Pôle emploi, ce qui a peu de chances d’arriver, soit on poursuivra en justice devant le tribunal administratif", a expliqué Me Florent Hennequin, l’un des avocats des cinq chômeurs. : "Plusieurs centaines de milliers de gens sont dans le même type de situation, mais on ne veut pas être exhaustifs, il ne s’agit pas d’une "class action", mais d’une action nécessaire et symbolique pour pointer des dysfonctionnements".

Les deux avocats, accompagnés de membres de la CGT-chômeurs, ont été reçus une dizaine de minutes par des membres de la direction de Pôle emploi, qui les «ont écoutés», «sans réagir», selon Me Hennequin. La CGT-chômeurs, à l’origine de la procédure, avait déployé une banderole devant le siège de Pôle emploi pour réclamer «un véritable service public de l’emploi, pour le respect de la liberté fondamentale du droit au travail».

Début septembre 2012, un premier chômeur de 54 ans, ancien
chargé de clientèle chez Veolia, avait déposé une plainte contre Pôle emploi pour violation de ses obligations. Le plaignant n'aurait obtenu que trois rendez-vous depuis son inscription sur les listes de l'établissement public en février 2009. C'était la première fois que Pôle emploi était visé par une plainte de ce type. D'après les avocats du demandeur d'emploi, Me Émilie Videcoq et Me Florent Hennequin, leur client aurait tenté d'alerter à de nombreuses reprises l'agence locale d'Issy-les-Moulineaux (Haut-de-Seine) au sujet de sa situation, sans toutefois recevoir de réponse.

"Cet ex-cadre livre désormais des journaux à temps partiel", précise son avocat.


Heureusement que depuis la fusion entre les Assedics et l'ANPE, les chômeurs ont un guichet unique depuis 2008...


samedi 26 janvier 2013

Retraites et Assedic, les vaches sacrées des syndicats atteintes de la vache folle

Nos assurances chômage et allocations sont généreuses et injustes

L'Etat-providence marche sur la tête

Le rapport du conseil d'orientation des retraites est l'occasion pour la Cour des Comptes de pointer la générosité de la France avec ses chômeurs.
La dépense publique est lourdement lestée par ses régimes de retraite et d'indemnisation des chômeurs. Le rapport met en évidence à la fois les injustice frappant les temps partiels et les bas salaires, mais aussi les femmes, les veufs et veuves ou les poly-pensionnés.

La réforme des retraites devrait être marquée cet été par la désindexation des pensions du coût de la vie, de l'inflation: une pension sur dix est actuellement payée par la dette.

L'assurance-chômage est à bout de souffle et la France n'a plus les moyens de verser ses assurances-chômage. Les cadres seront les premiers à voir leurs indémnités rognées, bien qu'ils rapportent le plus à l'Unedic et coûte le moins. Et le cas des intermittents du spectacle est singulièrement scandaleux, car ils ne cotisent pas en rapport de ce qu'ils touchen: 100.000 bénéficiaires coûtent un milliard d'euros chaque année à la collectivité.

VOIR et ENTENDRE Nicolas Doze rend courageusement compte de cette enquête, dans sa chronique du mercredi 23 janvier sur BFMTV :


Il fallait oser dire que les syndicats sont les premiers responsables de cette gabegie et le rédacteur en chef du service France au sein de la rédaction de France 2 , venu de BFM Business et de BFM TV, François Lenglet, ne l'a pas fait...


mardi 15 juin 2010

Quelle retraite pour les journalistes ?

Régimes de retraite des journalistes

Début février 2003, le Club Emploi organisait une rencontre avec René Andriès, représentant de la CRAM (Caisse régionale d’assurance maladie), sur la retraite des journalistes. Rappels des droits, du calcul de la retraite et des formalités administratives à effectuer.

Comme tous les autres salariés [sic !], les journalistes dépendent du régime général sur le plan de la retraite. Cependant, le législateur a prévu des dispositions particulières pour les journalistes qui travaillent pour plusieurs employeurs.
Ces derniers ont la particularité d’avoir un double choix au niveau des cotisations pour la retraite.
- soit ils choisissent de cotiser dans la limite d’un salaire plafond pour chacun des employeurs sur un taux égal à 80 % du taux commun (c’est-à-dire, depuis le 1er février 1991, un taux de 5,24 % au lieu de 6,55 %);
- soit ils peuvent, d’un commun accord avec les employeurs, opter pour le régime de cotisations au taux commun de 6,55 % sur un salaire plafond, chaque employeur répartissant cette assiette au prorata des sommes totales versées. Depuis le 1er janvier 2003, le salaire plafond est de 2 432 € par mois. La retraite complète est donc plafonnée à 1 216 € par mois.

Ages minimal et maximal

L’âge minimal de la retraite est de 60 ans. Il n’y a pas d’âge maximal pour obtenir la retraite à taux plein (soit 50 % du salaire moyen des 25 meilleures années), au terme de 40 ans de cotisations. Mais il faut savoir que les Assedic ne paient plus d’indemnités au-delà de 65 ans. Ce n’est pas la durée de travail à l’intérieur d’une année qui est déterminant pour le calcul de la retraite, mais l’importance du salaire.

Calcul de la retraite

Le salaire annuel moyen sera calculé sur les 25 meilleures années de sa carrière à partir de 2008 sans rétroactivité, le salaire étant actualisé en fonction de l’augmentation des prix. Le taux de calcul est compris entre 25 % et 50 % du salaire moyen de ces 25 meilleures années. Pour atteindre le taux maximum de 50 % pour un salarié qui a appartenu à plusieurs régimes, on additionnera l’ensemble de sa carrière en France et à l’étranger en fonction des accords existants (par exemple : Belgique, Grande-Bretagne, Pologne, Etats-Unis, pays d’Afrique, etc.). Sont considérées comme périodes assimilées, et donc comptabilisées dans le calcul de la retraite, les périodes d’inscription à l’ANPE (indemnisées ou non par les Assedic) et la période de service militaire. Les femmes bénéficient en outre de deux années de majoration de trimestres (8 trimestres) par enfant élevé. Les personnes invalides peuvent, quant à elles, obtenir leur retraite dès l’âge de 60 ans au taux entier, même si elles n'ont pas effectué 40 années de versement.

Les obligations du salarié

Pour que la pension puisse être payée, le salarié doit cesser son activité et rompre tout lien de subordination professionnelle avec son dernier employeur. Le compte est alors arrêté définitivement. Mais rien ne l’empêche de demander sa retraite et de retravailler pour un autre employeur pour un plafond de revenus annuels calculé sur la base du taux du SMIC horaire multiplié par 676 (soit le nombre d’heures dans un trimestre). En février 2003, ce calcul donne donc : 4 617 € (30 285 F) par an (soit 6,83 € multipliés par 676). Les cotisations alors prélevées le seront au titre de la solidarité. Une loi de 1988 permet, par ailleurs, d’opter pour une retraite progressive. En pratique, cela donne la possibilité de continuer de travailler pour le même employeur tout en réduisant son temps de travail et donc de toucher une fraction de sa pension. Dans ce cas, l’accord de l’employeur est évidemment indispensable.

Formalités administratives

Il n’y a aucune automaticité à la retraite : le salarié doit lui-même déposer une demande six mois avant la date de départ choisie. Il peut donc le faire dès l’âge de 59 ans et demi. Cette formalité permet la liquidation de la retraite et l’envoi de la notification réglementaire qui autorise l’assuré à enclencher les démarches auprès des organismes de retraite complémentaire. Présent au Club Emploi du 3 février, en qualité de représentant de la Cram, René Andriès a vivement recommandé aux journalistes présents de prendre un contact préalable avec ses services pour préparer leur retraite, en tête-à-tête et dans le calme, dès l’âge de 58 ans. Les paiements de la retraite seront mensuels et à terme échu.
Gérard Rougy - Source: La Lettre du Club n°52 - mars-avril 2003

Indemnité de départ à la retraite

Il existe différents régimes de retraite.

Le journaliste, quittant volontairement l'entreprise à partir d'au moins 60 ans, pour bénéficier du droit à une pension de vieillesse, percevra lors de la cessation de son activité, en sus de sa dernière mensualité, une indemnité de départ en retraite fixée, en fonction de son ancienneté comme journaliste dans l'entreprise, à :
­ 1 mois de salaire après deux ans de présence ;
­ 2 mois de salaire après cinq ans de présence ;
­ 3 mois de salaire après dix ans de présence ;
­ 4 mois de salaire après vingt ans de présence ;
­ 5 mois de salaire après trente ans (et plus) de présence.
Le salaire à prendre en considération est celui défini à l'article 44 de la présente convention.

Lorsque le journaliste aura atteint l'âge de 65 ans (ou de 60 ans en cas d'inaptitude au travail reconnue par la Sécurité sociale), l'employeur pourra le mettre à la retraite en application de l'article L122-14-13 du Code du travail, sans que cette décision puisse être considérée comme un licenciement. Le journaliste percevra lors de la cessation de son activité, en sus de sa dernière mensualité, l'indemnité de départ à la retraite fixée au paragraphe précédent.
Cette indemnité de départ à la retraite ne se cumule pas avec toute autre indemnité de même nature, et notamment avec l'indemnité compensatrice fixée par les conventions collectives de retraite, applicable à toute la profession, seule l'indemnité la plus favorable au journaliste devant être versée.

En cas de départ volontaire du journaliste à partir de 60 ans, l'indemnité n'est due que si l'intéressé a obtenu la liquidation de sa retraite.
En tout état de cause, dans une même entreprise, l'indemnité de départ à la retraite ne peut être versée qu'une seule fois à un même journaliste.
L'employeur ou le journaliste, selon que l'initiative du départ à la retraite émane de l'un ou l'autre, devra respecter un délai de prévenance de trois mois.
Reste à comparer avec votre situation personnelle.

mardi 20 octobre 2009

Le syndicat SUD, dénominateur commun des grèves SNCF, France Télécom et Pole Emploi

La CGT, l’UNSA et la CFDT sont à la remorque des radicaux

Action syndicale concertée, sans FO
Le trafic des trains devait être perturbé aujourd'hui mardi sur l'ensemble du réseau national à la suite d'un appel à la grève à la SNCF, tandis que les salariés de Pôle Emploi et de France Télécom sont appelés à se mobiliser sur les conséquences de leurs restructurations respectives.

SNCF

Le mouvement de grève des cheminots, à l'appel des syndicats CGT-Fgaac/CFDT et Sud Rail, a débuté lundi à 20H00 et, mardi matin, le trafic était conforme aux prévisions, selon un porte-parole de la SNCF.

Sans Force Ouvrière, trois des quatre syndicats représentatifs à la SNCF ont appelé à une grève jusqu'à mardi minuit pour protester contre la réforme du fret, pourtant initiée par Jean-Claude Gayssot, ministre communiste des Transports de Mitterrand-l’Aîné (lire les articles de PaSiDupes consacrés au 'ferroutage'), et ses conséquences en termes d'emplois et de réorganisation globale de l'entreprise, malgré la crise et l’ouverture à la concurrence européenne, ainsi qu'au sujet des salaires et des "facilités de transport".

=> La prise en otage des travailleurs-usagers s’étendra ce mardi sur l'ensemble du réseau national, la SNCF prévoyant un retour à la normale "dès le premier train mercredi matin", soit un jour et deux nuits, car le préavis courant jusqu'à mardi minuit permettra le repositionnement des trains suffisamment tôt.

=> Les perturbations malgré le service minimum
  • Pour les TGV, les liaisons internationales et le TGV Est rouleront normalement, tandis qu'il est prévu un train sur deux pour les TGV Atlantique, Sud-Est et Province-Province. Pour le TGV Nord, deux trains sur trois doivent circuler.

  • Dans les régions, un TER sur deux devrait rouler, tout comme les Corail Paris-province et les Intercités (province-province).

  • En Ile-de-France, deux trains sur trois sont prévus en moyenne, mais avec des différences notables en fonction des lignes. Ainsi, le trafic devrait être normal sur les RER A et E, ainsi qu'entre La Verrière et La Défense, par contre il n'y aura qu'un train sur deux sur le RER B, deux trains sur trois sur le C et trois trains sur quatre sur le D.

  • Enfin, vers la banlieue, il est prévu un train sur deux au départ de Paris-Nord et Paris-Montparnasse, et deux trains sur trois depuis Paris-Est, Paris-Saint-Lazare et Paris-Gare de Lyon.

    France Télécom

    A France Télécom, les salariés sont appelés à se mobiliser sous des formes à définir dans chaque établissement (débrayage, rassemblement, assemblée générale, etc.), alors que reprennent mardi les négociations sur le stress dans le groupe déclenchées par la vague des suicides (25 en moins de deux ans), bien orchestrés par les media dont la sincérité de la compassion n’est sans doute pas en cause, bien que des chiffres plus alarmants dans le système pénitentiaire, l’armée et l’éducation nationale ne sont pas mis sur la place publique. Ils ne sont pas encore instrumentalisés, car il est admis que, partout sauf à France Télécom, les causes de suicides sont multiples et que les conditions de travail, si dures soient-elles, n’expliquent pas tous les désespoirs.

    Pole Emploi

    A Pôle Emploi pareillement, un représentant de l’UNSA annonçait ce matin sur France Info, que les statistiques et le chantage au suicide étaient ouverts dans ce service public, au risque d’activer le syndrome du suicide qui frappe France Télécom et de provoquer une vague similaire d’actes désespérés à Pole Emploi.

    L’appel à la grève n’est pas non plus lancé par la base.
    Les salariés sont appelés par les directions nationales de leurs syndicats à faire grève par des syndicats.
    Sud appelle même à poursuivre le mouvement mercredi.
    Le mouvement de protestation porte sur les conditions de travail et les "services dégradés" rendus aux chômeurs, alors que la mise en oeuvre de la fusion ANPE-Assedic, censée améliorer leur accueil et rationaliser les moyens créérait des difficultés dans les agences, selon les grévistes. Le réprésentant UNSA accueilli ce matin par la radio militante de service public affirmait que le personnel n’est pas suffisamment formé. Or, Pole Emploi est le regroupement des ASSEDIC et de l'ANPE. Bien que ce service public de l'emploi ait été créé le 19 décembre 2008, il ne serait toujours pas opérationnel. Mieux, de source syndicale, ses personnels ne seraient pas formés, bien qu’issus des Assedic et de l’ANPE.

    Or, la rationalisation de l’aide aux chômeurs provoque dans le personnel des ajustements mal vécus par certains et exploités par les syndicats. En effet, les 30 Assedic (associations pour l'emploi dans l'industrie et le commerce) assuraient depuis 1998 l’accueil, l’information et d'inscription des demandeurs d'emploi.
    C’était pour le compte de l’
    ANPE, créée en 1967 sous l'impulsion de Jacques Chirac pour centraliser les offres et les demandes d'emploi, effectuer des statistiques sur le nombre de demandeurs d'emploi et gérer des centres de ressources pour aider les chercheurs d'emploi dans leurs démarches et leur parcours. Avec l’UNEDIC (et d’autres établissements), elle faisait partie du service public de l'emploi français et concrétisait le droit au travail reconnu par la Constitution de 1958.
    Quant à l’UNEDIC, elle fédère les Assédic au niveau national. Elle est plus particulièrement responsable de la gestion financière du système.
    Il convenait donc de mieux employer les deniers publics, de réformer ce système et de fusionner les services. La fusion de l’ANPE et de l'UNEDIC (incluant le réseau des
    Assedic) a pris effet le 1er janvier 2009.
    Comment les syndicats peuvent-ils donc affirmer que ces institutions d’experts de l’emploi seraient mal formés depuis la fusion qui ne date que d’un an, malgré des personnels en place depuis plusieurs décennies ?

    Enfourchant le cheval de France Télécom et virant à l’évidence dans la manipulation politicienne des personnels, les syndicats critiquent aussi "le management par objectif" prévalant à Pôle Emploi, la quantité jugée "insupportable" de demandeurs d'emploi suivis par chaque conseiller et le recours accru à la sous-traitance d'organismes privés en période de crise économique internationale et de lutte contre le chômage.