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dimanche 20 octobre 2019

SNCF : le droit de retrait, en faveur des usagers comme des personnels

Au delà de leur légitime colère, les passagers ne réalisent pas que leur sécurité est mise à mal par les décisions gouvernementales

La sûreté des installations, c'est la sécurité des usagers.


Le TER roulait entre Charleville et Reims lorsqu'il a percuté le convoi exceptionnel. / © Ali Benbournane / France 3La sécurité des passagers était-elle assurée au passage à niveau ?
Les agents qui font valoir leur droit de retrait s’inquiètent de la sécurité des passagers lorsque les trains circulent en "équipement agent seul" (EAS), c’est-à-dire sans autre agent à bord que le conducteur. 
Depuis trois jours, la circulation des trains en France est perturbée par un mouvement social à la SNCF, suite à un accident survenu mercredi 16 octobre dans les Ardennes, où on a d'abord dénombré onze blessés sur un passage à niveau

La direction dénonce une "grève surprise qui ne respecte pas la loi", puisqu'à la SNCF le préavis est obligatoire. Le premier ministre Edouard Philippe - à qui Macron délègue de plus en plus systématiquement le rôle du croque-mitaine -  a violemment dénoncé un "détournement du droit de retrait qui s’est transformé en grève sauvage" et a "demandé à la SNCF d’examiner toutes les suites qui pouvaient être données, et notamment judiciaires".

Pour les syndicats au contraire, il s’agit bien d’un droit de retrait,
une procédure exercée par un salarié lorsqu’il considère qu’il existe un danger grave et imminent pour sa vie et sa santé, ou s’il constate une défectuosité dans les systèmes de protection. Ce qui semble bien être le cas sur ces deux points à la fois. 

A l’origine de l’arrêt du travail par les agents :
l'accident de mercredi  met en lumière l'exposition des usagers et des personnels à de gros dysfonctionnements d’organisation, déjà dénoncés par les cheminots dans le passé. La direction et le gouvernement "n’ont pas compris qu’il y a une colère des agents à propos de la sécurité. Ça n’a rien à voir avec le 5 décembre et les retraites", insiste Julien Troccaz, de SUD-Rail, syndicat révolutionnaire trotskiste.

Les agents qui font valoir leur droit de retrait ces jours-ci s’inquiètent à la fois de la sûreté du matériel et de la sécurité des passagers lorsque, comme le 16 octobre, les trains circulent en mode d’exploitation "équipement agent seul" (EAS), c’est-à-dire sans contrôleur, ni autre agent à bord, alors que chacun peut constater une montée vertigineuse du nombre des incivilités et des agressions  sur les lignes de chemin de fer et les lignes RATP de la SNCF.

Un sur-accident évité de justesse et des morts


Le soir de l’accident, le TER reliant Charleville-Mézières à Reims a percuté un convoi routier exceptionnel coincé sur un passage à niveau à Saint-Pierre-sur-Vence. 
Malgré son état de choc et ses blessures, le conducteur a dû venir seul en aide aux passagers blessés, 11, dont plusieurs hospitalisés, selon la préfecture. Le sur-accident a été évité de justesse grâce au sang-froid, au sens des responsabilités et à l'abnégation du conducteur.
Blessé à la jambe, le conducteur a notamment dû marcher 1,5 km pour sécuriser les voies, abandonnant à eux-mêmes les passagers, pour déposer lui-même des agrès de protection sur les voies, le système d’alarme destiné à alerter les autres trains étant par ailleurs défaillant. "On a évité un drame parce qu’il y a un conducteur consciencieux, attaché au service public ferroviaire, qui a bossé. Mais on ne peut pas continuer comme ça", a déploré le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez.

Le syndicat FO-Cheminots interpelle le gouvernement.  
"L’accident de Reims démontre que ce danger est réel et qu’il est grave et imminent. Comment comprendre qu’un agent de conduite blessé se trouve contraint d’aller appliquer les procédures de sécurité alors même que la présence d’un agent d’accompagnement aurait évité cette prise de risque ?, interroge FO dans un communiqué.

Après cet épisode, les cheminots des Ardennes ont les premiers exercé leur droit de retrait et ont rapidement été rejoints partout en France. "Le droit de retrait, c’est un droit des travailleurs pour dire : attention il se passe quelque chose de grave", a défendu Philippe Martinez (CGT).

L’EAS, un dispositif contesté pour sa mise en danger des personnes

Sur Twitter, un cheminot détaille comment fonctionne le dispositif "équipement agent seul" (EAS), présent sur les trois quarts des TER dans toutes les régions et sur tous les trains en Île-de-France
Le conducteur a tout à faire : grâce à un système de caméras et un système de fermeture automatique des portes, le conducteur peut surveiller les montées et descentes des voyageurs, et ouvrir et refermer les portes à distance. Ce matin sur CNews, le journaliste Jean-Pierre Elkabbach et Jean-Baptiste Djebbari, secrétaire d’État chargé des Transports., s'accordaient néanmoins pour penser que la présence du chef de gare sur les quais pour assurer le départ des trains est archaïque à l'ère du digital...



Les syndicats contestent ce mode de fonctionnement, qui permet de faire circuler des trains sans contrôleur, évoquant des risques de sécurité. 
Ils pointent aussi des problèmes de sécurité particuliers à l’engin accidenté, un autorail grande capacité (AGC).
Comme le rappelle L’Express, l’objectif de ce dispositif était au départ (en 2002) de lutter contre la fraude, et de "concentrer la présence humaine dans les trains où fraudes et incivilités sont des phénomènes importants".

La direction a mis sur la table trois propositions qui ne les satisfont pas: modification de "certains équipements" de l’AGC ; des groupes de travail sur les procédures de sécurité "dans les jours qui viennent" et "accélération" des recrutements, a résumé samedi le patron de la SNCF Guillaume Pepy, lequel aura quitté la direction de la SNCF dans dix jours...

Mais compte tenu des risques soulevés en termes de sécurité pour les voyageurs, la fédération CGT des cheminots fait savoir qu’elle "exige le retour de contrôleurs sur l’ensemble des circulations afin de permettre aux agents de conduite de se concentrer uniquement sur la gestion de la sécurité ferroviaire"

Les syndicats dénoncent également la mise en place prochaine de nouvelles règles de départ des trains, qui autorisera dès le 15 décembre la suppression des agents sur les quais et laissera au conducteur la mission de s’assurer lui-même que le train peut repartir en toute sécurité.

"Grève surprise", comme l'accident sur la voie...
Le ton est peu à peu monté entre l’exécutif et la direction, d’une part, et les syndicats de l’autre. Les media envenimant le débat en prenant le parti du pouvoir et des passagers en colère, plutôt que d'informer les usagers de la convergence de leur demande de sécurité (contre les agressions et les accidents matériels) avec celle des cheminots. 

Le grand escogriffe de Matignon n'a pas hésité à dresser les uns contre les autres, en dépit de leurs intérêts joints. Edouard Philippe a dénoncé un "détournement du droit de retrait qui s’est transformé en grève sauvage" et a menacé de représailles du fait de sa "demande à la SNCF d’examiner toutes les suites qui pouvaient être données et notamment judiciaires". 
En partance, Guillaume Pepy a décoché le coup de sabot de l'âne, jugeant "pas admissible" ce mouvement qu’il a qualifié de "grève surprise".

Quant à Jean-Baptiste Djebbari, il a estimé samedi dans un autre entretien avec Le Parisien (LVMH) que la SNCF pourrait prononcer des sanctions individuelles envers les cheminots qui ont pris part à ce mouvement social.
Le secrétaire d’Etat aux Transports n'a d'ailleurs pas reculé devant l'accusation d'une action politique concertée : il  "semble organisé de façon collective par des syndicats, et notamment la CGT".

"Le niveau de violence des déclarations donne le ton de la suite, car c’est difficile de dire on se met autour de la table quand on parle de judiciaire et qu’on nous prend presque pour des criminels", s’insurge Julien Troccaz, de SUD-Rail. La direction et le gouvernement "n’ont pas compris qu’il y a une colère des agents à propos de la sécurité. Ça n’a rien à voir avec le 5 décembre et les retraites", insiste-t-il en référence à la prochaine journée d’action contre la réforme des retraites.
"Le droit de retrait aurait dû être réglé en quelques heures si le gouvernement ne s’en était pas mêlé, mais Edouard Philippe veut le pourrissement et use de provocations pour cela", a réagi la CGT cheminots qui elle, n’entend pas séparer les revendications. Elle lance un appel à participer "massivement" à la journée d’action du 5 décembre et en y joignant "les sujets d’entreprise, notamment la sécurité". "Vous évacuez la sécurité, vous aurez un conflit généralisé", avertit le syndicat.

Quant aux usagers, il faudrait qu'ils distinguent leurs désagréments ponctuels passagers des risques que les décisions de compression de personnels et de numérisation leur font courir actuellement et encore davantage à l'avenir.  

dimanche 6 octobre 2019

Aurore Bergé (LREM) a-t-elle empoché 6.000 euros faciles ?

La porte-parole de LREM aurait bénéficié de 6.000 euros pour seulement deux réunions communautaires

L'argent facile peut-il être propre et moral ?

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Elle paie bien la communauté d'agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines : elle est située dans les Yvelines, département de l'ex-député PS Benoît Hamon (2014-2017) et de Valérie Pécresse ou de  Yaël Braun-Pivet, une ex-socialiste, LREM depuis 2017, présidente de la commission des Lois à l'Assemblée, qui assura la présidence de la commission d'enquête parlementaire sur l’affaire Benalla, du nom du très trouble chargé de mission de Macron. 
Elue de Magny-les-Hameaux (Yvelines, où tous les députés, sauf un LR, appartiennent à la majorité présidentielle) et porte-parole du parti présidentiel, Aurore Bergé, a encaissé 6.000 euros, rien que pour avoir fait acte de présence aux réunions du conseil communautaire de Saint-Quentin, assemblée chargée d'administrer les affaires de l'intercommunalité, alors qu’elle ne s’y est rendu que deux fois depuis son élection en 2017, selon les récentes révélations du Canard enchaîné.

La loi de moralisation de la vie publique, promesse de campagne de Macron et cheval de bataille de son allié François Bayrou, MoDem, est lettre morte
La moralisation de la vie publique évite le niveau territorial comme nuage de Tchernobyl contournant la France. 
En août 2017, les députés ont voté, à une large majorité (412 voix contre 74), la loi de moralisation de la vie publique. Elle interdit les emplois familiaux, supprime les réserves parlementaire et ministérielle, adopte un nouveau régime pour les frais de mandat parlementaire et met fin aux compléments de rémunération dont bénéficient certains parlementaires siégeant en cette qualité au sein de certains organismes publics ou parapublics. En même temps qu'elles se plaignent de l'insuffisance des dotations allouées aux collectivités territoriales en compensation des transferts de compétences de l'Etat, ces mêmes collectivités ont des largesses insoupçonnées pour leurs élu(e)s, se redistribuant généreusement l'impôt entre eux.

Depuis son élection au palais Bourbon en juin 2017, la députée et porte-parole du parti présidentiel LREM n’a siégé 
que deux fois au conseil communautaire de Saint-Quentin, mais Aurore Bergé n'a pas refusé les 6.067 euros d’indemnités, révèle le journal anarchiste dans son édition du 2 octobre. "Depuis […] juin 2017, Aurore Bergé ne s’est rendue qu’à deux séances – sur 19 ! – du conseil communautaire de Saint-Quentin".
Vu la fréquence de ses visites et la somme totale reçue, le coût d’une seule séance peut être évalué à 3.033.50 euros.

Et Bergé-la-vertueuse cumule plusieurs fonctions électives.
Outre celle de conseillère communautaire à Saint-Quentin-en-Yvelines, LR, elle est aussi députée des Yvelines en mission auprès du ministère de la Culture occupé par une potiche, Franck Riester, et la conseillère municipale de Magny-les-Hameux, dans le même département.  
Membre de l'équipe de campagne d'Alain Juppé pour la primaire de la droite et du centre de 2016, en passant par ses soutiens à Sarkozy, puis Fillon, Bergé a rejoint Macron en février 2017.

L'activité débridée d'Aurore Bergé en irrite plus d'un.
La député LRM Claire O'Petit est de ceux-là. Jusqu'à peu, elle ne semblait pas du tout apprécier l'omniprésence d'Aurore Bergé, opportuniste sans complexes et lèche-bottes de tous les pouvoirs successifs. Elle a ainsi déploré la souplesse politique et le don d'ubiquité de la "gamine de 25 ans" (en fait une trentenaire déjà beaucoup vue depuis de nombreuses années): "Je n'ai pas besoin que l'on parle de moi dans les médias ni d'avoir un attaché de presse comme certains députés le font pour passer à l'antenne, gronda la sexagénaire. Je voudrais bien savoir comment ils justifient les 2.000 ou 3.000 euros qu'ils dépensent dans leurs frais, uniquement pour pouvoir s'entendre à la radio", avait dénoncé O'Petit lors d'un entretien avec "l'Impartial". Alors sa jeune collègue des Yvelines n'avait pas hésité à comparer O'Petit aux frondeurs du quinquennat de François Hollande, après les critiques de son aînée à l'encontre de Richard Ferrand et de sa gestion du groupe LREM au Palais-Bourbon. "Je vais me la faire", avait lancé dans "Society" l'ancienne "Grande Gueule" de RTL à l'adresse de sa benjamine. Depuis, O'Petit sait - grâce au Canard enchaîné - quel est le puits sans fond où puise Bergé pour prévenir toute rupture de stock en cirage et brosses à reluire  et Gabriel Attal a assuré que les deux femmes se sont rabibochées.

VOIR et ENTENDRE 
Aurore Bergé (LREM), une fille d'intermittents du spectacle (son père double des voix d'acteurs et sa mère, Dominique Dumont, prête sa voix à Katherine Kelly Lang dans la série Amour, Gloire et Beauté), capable d'affirmer  : "On peut demander un effort aux retraités. Ils sont capables de le faire !" 

"Il n'y a pas d'argent magique", assure-t-elle.

dimanche 20 novembre 2016

Rachat de SFR: les concurrents d'Altice (Libération et BFMTV) vont réclamer des indemnités

L'Autorité de la concurrence se mord les doigts, mais un peu tard, de sa légèreté

Les concurrents de SFR se préparent à réclamer en justice des indemnités à son propriétaire Altice, sanctionné pour avoir racheté l'opérateur avant d'en avoir obtenu l'autorisation,

a-t-on appris vendredi auprès de plusieurs sources au fait du dossier.

Anciennement Conseil de la concurrence, autorité administrative, l'Autorité de la concurrence a infligé au début du mois une amende de 80 millions d'euros au groupe de télécoms et de media de Patrick Drahi pour avoir brûlé les étapes en mettant en oeuvre, sans attendre son feu vert, ni aucun fair play, le rachat des opérateurs télécoms SFR et Virgin Mobile.
Altice et SFR ont pris acte et ne contestent pas la décision de l'Autorité.

Les concurrents Orange, Free (Iliad) et Bouygues Telecom (Bouygues) estiment avoir subi un préjudice

Le rachat anticipé de leur concurrent SFR par Drahi est un coup bas pour lequel ils prévoient de demander réparation, ont dit les sources.
Ils doivent toutefois au préalable obtenir la décision détaillée du gendarme de la Concurrence qui n'a pour l'instant publié qu'un communiqué de presse sur ce cas inédit en France de "gunjumping" ("communication anticipée" en français), une pratique commerciale illégale.

Il est difficile d'évaluer à ce stade le montant des indemnités que pourraient demander les opérateurs télécoms.

L'enquête de la Concurrence a mis au jour de nombreuses pratiques démontrant qu'Altice avait pris le contrôle effectif de ses deux cibles dès le dépôt de sa demande d'autorisation de l'opération, et parfois même avant.
Altice a par exemple demandé dès juin à SFR de lancer des offres promotionnelles prévues pour tout l'été, bloquer des investissements dans l'informatique, obtenu des listes de clients détaillées avec les chiffres d'affaires afférents ou recueilli des informations clefs sur le projet de partage d'infrastructure avec le rival Bouygues Telecom.

Moins de trois semaines après le feu vert de la concurrence, SFR et Numericable ont lancé de nouvelles offres communes très haut débit, fruit d'une concertation qui a en réalité démarré dès le mois de mai, explique l'Autorité.

Les voyous d'Altice n'ont pas souhaité faire de commentaires sur ces informations.
Dans la presse, ce groupe acheté à crédit est constitué de Libération, NextRadioTV (37,77 % du capital et 48,59 % des droits de vote), Groupe l'Express (Studio Ciné Live, L'Express, L'Expansion, L'Étudiant...) et création du groupe Altice Media Group, revendu avec NextRadioTV à SFR Group (activités Télécom, média -SFR Presse (activités presse), SFR RadioTV (activités audiovisuelles BFM TV, chaîne d'information en continu, BFM Business, chaîne d'information économique, RMC Découverte et sa première chaîne TV locale, BFM Paris) et SFR Sport (activités consacrées aux sports: RMC Sport et la chaîne d'info sportive BFM Sport depuis juin 2016) - et publicité).

Les journalistes de BFM TV n'ont toujours pas fait grève contre la moralité douteuse de leur patron Patrick Drahi... Faut-il attendre encore un sursaut de moralité des et Ruth Elkrief ?
La connivence entre journalistes politiques et dirigeants n'est pas une vue de l'esprit, comme le démontre le duo François Hollande-Ruth Elkrief qui se sont embrassés lors du dernier débat télévisé qui opposa François Hollande et Nicolas Sarkozy pour la présidentielle 2012.
Une autre preuve date de novembre 2013. BFM TV, l'antenne qui se targue d'être la première chaîne info en continu de France, avait décroché une exclusivité: le premier entretien croisé de François Hollande et Shimon Peres. Le chef de l'État effectuait alors un déplacement officiel en Israël. 

VOIR et ENTENDRE Hollande révéler son intimité avec la journaliste vedette de BFMTV :


dimanche 17 janvier 2016

Jean-Yves Le Drian renie son engagement: il ne va finalement pas renoncer à sa rémunération

Promesse en deçà des portes de Bretagne, oubli au delà

Avec Hollande, ils font la paire
Il s'est bien payé leurs têtes...
Comme si le cumul des fonctions ne suffisait pas, le ministre de la Défense, nouvellement ré-élu à la tête de la région Bretagne, recevra 2600 euros par mois, en plus de son salaire ministériel.
Depuis son élection facile en Bretagne, avec les moyens de l'Etat et malgré les fermetures de masse d'usines, notamment dans l'agro-alimentaire, et la fronde des exploitants agricoles, le ministre guerrier de la Défense en prend à son aise. 

A 68 ans, Le Drian avait d'abord annoncé son départ du gouvernement en cas d'élection mais il a saisi le prétexte des derniers attentats pour faire pression sur ce Flanby de Hollande et s'incruster au gouvernement de Manuel Valls. 

Initié en franc-maçonnerie et membre du Grand Orient de France, selon certains, Le Drian avait ensuite précisé qu'il donnerait la priorité aux armées et ses personnels engagés sur plusieurs champs d'opérations, expliquant qu'il peut aisément déléguer ses pouvoirs en région. Ses collègues totalement investis apprécieront ses méthodes de dilettante, mais les Bretons n'auront que ce qu'ils méritent.

Le Drian avait enfin assuré qu'il renoncerait à ses indemnités de président de région 

Or, si dès la fin décembre, les proches du ministre laissaient entendre que le bientôt septuagénaire allait logiquement renoncer à son salaire de président de région, à défaut de laisser la place aux jeunes, ce proche de Bernard Poignant, qui l'a formé, se serait rétracté.

Le besoin (matériel) et la nécessité (déontologique)...
Jean-Yves Le Drian va donc additionner les milliers d'euros mensuels: 2.600 euros par mois, pour faire faire son travail par d'autressoit le salaire d'un conseiller régional, et 9.940 € bruts par mois de salaire ministériel. Soit 12.500 euros par mois. De quoi voir venir... Sans compter tous les avantages en nature et ses retraites d'universitaire et de député-maire...

Combien de fois le SMIC ?

mercredi 12 août 2015

Mistral: le Canard enchaîné chiffre le coût réel du refus de vente

"Le remboursement de la France à la Russie, plus cher que prévu ?" 

L'interrogation du Monde mettrait-elle en doute la révélation de son confrère ?
Hollande a mis la France dans une situation insupportable
Le dossier bute toujours  sur la question du montant du remboursement. Dans le contentieux qui oppose la France et la Russie sur le refus de Hollandefin novembre, de livrer les deux navires Mistral dont le premier est sorti des arsenaux de Saint-Nazaire, le président socialiste est écartelé entre intérêts économiques et volonté de faire pression sur la Russie pour qu'elle infléchisse sa position dans la crise ukrainienne.
Les autorités russes jugeaient jusqu'à présent que la somme suggérée par la France était insuffisante: Paris (c'est-à-dire l'Elysée, c'est-à-dire Hollande...) avait proposé de rembourser 785 millions d'euros d'avances déjà perçues de Moscou, mais la Russie chiffrerait le préjudice subi au moins 1,163 milliards d'euros.
Depuis neuf mois révolus, la France (c'est-à-dire le contribuable français) débourse 5 millions d'euros par mois pour l'entretien des Mistral restés à quai. Le premier des deux Mistral, le Vladivostok, devait être initialement remis à Moscou à la mi-novembre 2014, tandis que le second, le Sébastopol, devait théoriquement être livré à la Russie à l'automne 2015.

La liste des mensonges de l'Elysée relayés par la presse aux ordres.
Un coup de tête de Hollande à propos de la vente de deux navires de guerre Mistral de la France à la Russie a empoisonnée les relations plusieurs mois durant, mais le blocage provoqué par son soudain refus de vente semblait avoir trouvé son épilogue, d'après Le Monde. "Le président François Hollande et son homologue russe Vladimir Poutine sont en effet parvenus à un accord sur la non-livraison des navires Mistral", écrivait la Pravda ("la Vérité") de Hollande.
Le journal du soir mentionnait l’Elysée, plutôt que son locataire, preuve d'une intox de l'opinion. En des termes  fallacieux qui inversaient la situation en adoptant un angle positif masquant la triste réalité, le Palais avait ainsi annoncé, mercredi 5 août en début de soirée, que la France aura "la pleine propriété et la libre disposition" des deux bâtiments, des porte-hélicoptères amphibies d’assaut, actuellement en recherche d'acquéreurs dans le port français de Saint-Nazaire. Pour sa part, la Russie sera "exclusivement et intégralement remboursée des sommes avancées au titre du contrat".

Le montant total du remboursement ne devait donc pas dépasser les 1,2 milliards d’euros.
"Les équipements russes qui ont été installés sur les bâtiments seront notamment restitués", précisait même Le Monde. La voix du Maître de l'Elysée se payait même le luxe d'affirmer la satisfaction de "la Russie [qui] a fait savoir que les 800 millions d’euros d’avances qu’elle avait versés avaient déjà été remboursés par la France."

"En guise de réconciliation entre les deux pays", selon les journalistes socialistes, "François Hollande et Vladimir Poutine 'se sont félicités du climat de partenariat amical et ouvert qui a marqué les négociations' et 'se sont accordés sur le fait que, désormais, ce dossier est clos', a commenté le communiqué de l'Elysée. " Etrangement, c'est plutôt le premier ministre Valls qui, visage fermé et regard métallique, déclare péremptoirement devant la presse que tous les dossiers épineux sont clos. La question est donc posée de savoir qui occupe l'Elysée... 

Le Monde fait encore parler le Kremlin qui aurait dit considérer l’affaire des Mistral comme "totalement réglée". "Aucun des deux communiqués n’a fait état d’éventuels dédommagements", assurait Le Monde. Ce journal rappelait aussi que "la France avait suspendu en novembre 2014, et ce pour une durée indéterminée, la livraison de deux navires construits à Saint-Nazaire". Tellement "indéterminée", selon Le Monde, que le gel des livraisons avait initialement été fixé à un an... Les abonnés au Monde ont-ils si mauvaise mémoire? 
En octobre 2009, la Flotte maritime militaire de Russie a exprimé le besoin d'un ou deux bâtiments et de l'éventuelle construction d'autres sous transfert de technologie, avec livraison d'un premier bâtiment fin 2014 et d'un second fin 2015. La perte pour les chantiers navals de Saint-Nazaire -et ses salariés- est immense. Le comportement de Hollande fera l'objet d'autres évaluations des dégâts de sa présidence sur le marché de l'emploi. 

Moins de 1,2 milliard d’euros: c’est la somme que le président Hollande devait officiellement rembourser la France à la Russie

à la suite de l’annulation de la vente de deux navires de guerre Mistral. Le Monde se lance dans une suite de justifications des pertes occasionnées par la politique étrangère de Laurent Fabius et de son interprétation de l'Histoire sur les liens de l'Ukraine, la Russie et la Crimée. 
"Selon le ministre de la défense français, Jean-Yves Le Drian, l’accord, annoncé le 5 août après huit mois d’intenses négociations, prévoyait en effet le strict remboursement du prix d’achat initial des bâtiments. 

Selon les calculs du Canard enchaîné, la facture serait bien plus salée

Près du double, à savoir autour de 2 milliards d’euros. Selon l’hebdomadaire satirique, si la France a déjà remboursé les quelque 896 millions d’euros qui avaient été versés par Moscou -et qui sont donc à classer au rang des pertes sèches de la France- , un certain nombre de frais indirects, également avancés par les Russes, demeurent. 

Le Canard énumère ainsi ce que l'exécutif a dissimulés: 
- le remboursement des frais d’aménagement du port de Vladivostok pour l’accueil des navires ; 
- l’adaptation de trente-deux hélicoptères K52 emportés par le navire ; 
- et la formation de quatre cents marins russes pendant un an et demi. 

Comme promis, Paris devra également payer la marge escomptée par la DCNS, le groupe industriel public français constructeur des Mistral, héritier des arsenaux français et spécialisé dans l'industrie navale militaire, l'énergie nucléaire et les infrastructures marines. 

Et restituer la totalité des équipements électroniques à Moscou. Mettre, également, les navires aux normes de l’OTAN, et payer encore d’onéreux frais de gardiennage et d’entretien des navires à quai pendant les mois nécessaires à ces opérations. Bref, au total, "la facture de la vente annulée devrait dépasser 2 milliards d’euros", estime le journal.

Le Parisien chiffre la perte à plus du double affiché...
En réalité, le chèque français serait d'un montant deux fois supérieur selon le Canard enchaîné. Il pourrait en tenant compte de l'ensemble des frais occasionnés par la rupture du contrat à près de 2,4 milliards d'euros. Un chiffrage, qualifié d' "approximation" au ministère de la Défense. De quoi craindre une facture encore plus salée  la rentrée... 

Le pouvoir socialiste assure qu'il réservait la vérité de ces chiffres au Parlement 

Ce qui est sûr, c'est qu'il ne pourra plus se dérober...
Si les termes de l’accord franco-russe, et notamment la facture à payer, n’ont pas été rendus publics lors de son annonce, ces conditions seront précisées au moment de l’examen du texte au Parlement, "dès la rentrée" [on admire ce 'dès'...], soit à partir du 14 septembre, a promis Claude Bartolone, le peu fiable président de l’Assemblée nationale, dont les commentaires partisans en gros sabots confinent même à la provocation lorsqu'il considère "qu’on s’en tire très bien, d’après ce que me disait le premier ministre" Une mise en cause confraternelle. 

Le Monde ne mentionne Pépère que pour le dédouaner
"François Hollande avait confirmé que 'le Parlement français sera[it] saisi d’un projet de loi pour ratifier cet accord' et que 'les chiffres très précis ser[aie]nt dans le document parlementaire". C'est une affirmation - sans date, ni lieu- de l'AFP qu'il n'est pas excessif de qualifier d'organe de propagande du parti au pouvoir.   

Après des mois de recherche d'une stature internationale 
et de résistance du président socialiste à la volonté des russophones d'Ukraine et de Crimée de se fédérer à la Russie, la France -malheureusement incarnée par le 'capitaine de pédalo'- a donc récupéré la "pleine propriété et la libre disposition" des deux navires - nous le rappelons tellement c'est beau comme du Rashimov ! - , la marine française n’ayant pas l’intention de les garder, restrictions budgétaires obligent, Paris s’est mis en quête de nouveaux acquéreurs. Ils devront être inconscients et patients... Le 6 août, le président Hollande a assuré, poursuit Le Monde,  qu’ils " suscit[ai]ent une certaine demande de la part de beaucoup de pays, et [qu’]il n’y aura[it] aucune difficulté pour trouver preneur". 
En
Egypte, le maréchal au pouvoir, décrit par ailleurs comme un président autoritaire qui ne respecte pas les droits de l'homme (notamment islamiste !) serait notamment candidat à leur rachat, tout autant que l’Arabie saoudite, dont le roi Salmane fut l'hôte encombrant de la station balnéaire de Vallauris qu'il a révolutionnée par sa présence (photo ci-contre) et a dû quitter prématurément, suite à la campagne menée contre le traitement de faveur que lui a accordé Hollande, contrevenant aux lois dont il est pourtant le garant. 
On se les arrache donc et c'est tant mieux si, au milieu de cet océan de mensonges, le pouvoir socialiste pouvait dire vrai... Le Monde ne va toutefois pas jusqu'à prétendre que pour faciliter la braderie des deux navires, Hollande a oeuvré au rapprochement qui se dessine entre le roi Salmane et... Vladimir Poutine. C'est pour sa prochaine édition ?

jeudi 6 août 2015

Les Mistral confisqués à Poutine: un coûteux dédit de l' "audacieux" Hollande

Bataille de chiffres sur le montant du dédommagement versé par Hollande à Poutine

Le fiasco de la politique de Fabius a un coût pour l'Etat   les Français
Hollande implore le ciel pour la clémence de Poutine
Le pouvoir menteur minimise les pertes pour les finances publiques. Et question transparence, la majorité est une nouvelle fois prise en défaut. 
Il est interdit de nommer le grand Satan avec lequel Hollande a passé un "accord", vanté par la presse et le montant exact de la somme versée par la France à Poutine est tellement minimisé qu'il a créé la polémique. Il "sera communiqué au parlement", dans cinq semaines au plus tôt, a tenté d'éluder le ministre de la Défense. Jean-Yves Le Drian a indiqué que le montant pourrait être inférieur à 1,2 milliards. Mais des élus de l'opposition dénoncent le trucage du calcul de l'indemnité de dédit, du fait d'un Hollande en mal respectabilité, sa fiabilité dût-elle en souffrir. Désormais, la parole du petit politicien rond de l'Elysée est totalement dévaluée, partout où la presse étrangère est libre. 

La presse hexagonale relaie les "éléments de langage" officiels
La France et la Russie ont trouvé un "accord" avec Poutine, se félicite-t-elle, dès mercredi soir, en militante protégée par le parrain de l'Elysée.  Sa présentation des faits est biaisée car, selon elle, il n'est jamais question de rupture de contrat: tout au plus, cet accord "met un terme au contrat de vente des deux Mistral", sans que soit identifié celle des deux parties qui ne respecte pas sa signature. 

La presse partisane positive le comportement de Hollande. 
"Paris va donc récupérer "la pleine propriété, après avoir "intégralement" remboursé Moscou. 

Le ministre de la Défense peut mentir sans être contredit. Interrogé sur RTL, Le Drian précise qu'il n'y a plus de contentieux entre les deux pays. "La France remboursera à la Russie l'ensemble des frais engagés pour l'acquisition de ces bateaux. Leur prix initial était de 1,2 milliards d'euros. Le prix de l'accord, qui est le meilleur possible, sera inférieur, puisque la Russie sera remboursée des engagements financiers qu'elle a pu mobiliser", explique-t-il, suggérant que Poutine peine à honorer la facture. Ce n'est plus de la rouerie politicienne ordinaire, c'est -en toute impunité- du mensonge caractérisé à la face des électeurs et des contribuables: cette tromperie de l'opinion est un délit de forfaiture, un crime contre la république. 

La bataille sur la vérité des chiffres a commencé

Un coup de sabot de l'âne au prix du caviar
Plusieurs élus de l'opposition opposent une facture autrement plus salées. Invité de Sud Radio, le député Les Républicains (LR), Eric Ciotti parle d'une "faute absolue", "d'un scandale". Sur Twitter via son compte, il s'interroge même sur le rôle des Etats-Unis : "on a l'impression que dans cette affaire le Président Hollande s'est soumis au dictat américain. #Mistral". 

Egalement député LR, Thierry Mariani a évalué jeudi "l'addition" des navires Mistral non livrés à la Russie à "environ 1,5 milliard à 1,6 milliard" d'euros, soit nettement plus que le chiffre avancé par le gouvernement. "Je pense, sans trop de risque de me tromper, que l'addition sera d'environ 1,5 milliard à 1,6 milliard (...) payés par le contribuable français", s'est-il indigné sur France Inter. "J'aurais voulu un peu plus de transparence", a déclaré Th. Mariani, qui s'est rendu le mois dernier en Crimée pour défendre le choix de la Russie par ses habitants russophones, il y a plus d'un an, contre l'oppression des rebelles ukrainiens au pouvoir à Kiev. Détail de l'histoire que la presse ne peut ignorer: le député est membre de la commission des Affaires étrangères à l'Assemblée nationale.

"On a eu un communiqué sans aucun chiffre de l'Elysée", a-t-il souligné. "Quel sera le coût final de cette opération?", a interrogé l'ancien ministre des Transports. "Très probablement donc ce chiffre d'1,2 milliard, en gros, remboursé aux Russes. (... ) Ca, c'est l'option minima", explique

La question est donc désormais de savoir à qui la France va pouvoir revendre ses deux Mistral. 
L'ancien ministre fait valoir que pour pouvoir revendre les navires, il faut ajouter à ce chiffre,  le coût de leur "dérussification", soit "200 à 300 millions", une partie des équipements à bord (télécommunications notamment) étant aux normes russes.

Avant de trouver un nouveau propriétaire, il faudra engager des frais d'entretien. 
L'audacieux capitaine de pédalo,
porte hélicoptères de guerre
de la communication
Jean-Yves Le Drian se veut (assez) confiant ce jeudi matin: "Un certain nombre de pays, ils sont nombreux, ont fait connaître leur intérêt pour ces bateaux", a-t-il raconté au micro de RTL. Or, "quand il y a du flou, c'est qu'il y a un loup", a mis en garde la Ch'tite Aubry. "Il est souhaitable de le faire le plus rapidement possible", a-t-il admis. "On ne pouvait pas le faire tant que le contentieux n'était pas réglé avec la Russie,  se justifie-t-il. "C'est le cas (...) Il n'y a plus de contentieux". 

Mais deux navires de guerre à quai coûtent cher. Entre l'entretien et les places dans le port de Saint-Nazaire, la facture s'élève à un peu moins de 5 millions d'euros par... mois, selon les informations d'Europe 1. Le gouvernement Valls a donc tout intérêt à les vendre rapidement. Les Français ont quant à eux tout intérêt à ce que Hollande ne les brade pas...

Une question taraude pourtant les citoyens vigilants: 
pourquoi la Russie aurait-elle renoncé à réclamer 1,2 milliards d'euros à la France pour les deux Mistral non-livrés? 
Quelle contrepartie secrète Poutine a-t-il arrachée à l' "audacieux" Hollande pour ce compromis? "Audacieux" ne veut-il pas aussi dire "hasardeux"?