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samedi 28 mai 2016

Des professeurs des écoles n'obtiendraient pas un certificat d'études primaires à la sortie d'ESPE

En Seine-Saint-Denis, des instituteurs "ne savent pas écrire le français"

Créées en 2013 à la suite des IUFM, les écoles de formation devaient améliorer le niveau des professeurs des écoles.
 


L'exemple du relâchement vient d'en haut
Dans l'académie de Créteil, on recrute des futurs enseignants en dessous de la moyenne. Un instituteur qui fait cours les mains dans les poches, qui parle à ses CM2 comme un "grand frère" de banlieue, avec "ouais" et "j'en ai marre" à foison. Une autre qui explique à ses élèves la signification du verbe "dérider" en prenant l'exemple d'une maman qui s'applique une crème anti-âge. Un troisième, pourtant professeur des écoles, lui aussi bac+4, incapable de formuler une phrase interrogative correcte, l'inversion du verbe et du sujet constituant une prouesse apparemment hors d'atteinte. Un français d'une qualité aussi relâchée que dans la pratique d'un journaliste moyen.
  
A Bonneuil-sur-Marne (Val-de-Marne), des professeurs réunis dans les locaux de l'école supérieure du professorat et de l'éducation (ESPE), excusez-moi du peu !, de l'académie de Créteil égrènent des témoignages pour le moins préoccupants. A se demander qui les recrute sur concours mais n'évalue pas l'étendue du désastre et qui les forme pendant des mois mais ne détecte rien. On n'en est même plus à la lectrice des informations (en fin de semaine, ils lancent les jeunes pousses), Noémie Bonin, 28 ans, qui déclare ce matin que ce sont les soeurs Williams -championnes au sommet de leur art depuis 20 ans- qui "affrontent" deux Françaises inconnues à Roland Garros: aucune notion chez les uns et les autres de niveau de langage ou de valeur des mots.

Mises en place par Vincent Peillon en 2013, dès le début du mandat de François Hollande,  les ESPE avaient pourtant pour mission d'assurer une formation de qualité aux futurs professeurs des écoles. Nicolas Sarkozy avait, pour sa part, officialisé l'inadaptation des IUFM à la population à laquelle ils étaient destinés - notamment du fait de la coupure des formateurs-idéologues avec le terrain- et avait décidé la suppression des instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM), foyer de rééducation des étudiants à l'idéologie marxisante, préférant le système de formation in situ, sous la tutelle de professeurs restés au contact de la réalité du terrain et de bon conseil face aux élèves désorientés. 
Les nouvelles ESPE devaient pareillement remédier au problème en accompagnant les instituteurs (mais aussi bien les enseignants du second degré) dans leur apprentissage du métier, mais en maison, avec plus de théorie déconnectée que de pratique utile. 

Dans l'académie de Créteil, qui compte le plus de territoires "perdus"de la République - Saint-Denis, Bobigny, Aulnay-sous-Bois -, il apparaît que, trois ans plus tard, l'objectif fixé par Peillon n'est pas atteint. 

"C'est une catastrophe", assène franchement une formatrice, qui préfère conserver l'anonymat (et son poste)... "Je ne veux pas tirer sur l'ambulance, les ESPE font ce qu'elles peuvent avec des moyens riquiqui, estime-t-elle, fidèle à la vieille rengaine des enseignants, mais qui résonne d'autant plus cruellement que le pouvoir socialiste nous serine que les jeunes sont la priorité de Hollande.  


"Je constate une telle dégradation depuis cinq ans ! Ce n'est plus possible, il faut que les gens sachent : dans la Seine-Saint-Denis, on recrute des instituteurs qui ne savent pas écrire le français." Ainsi, Hollande crée-t-il des postes en masse qui, lorsqu'ils sont pourvus - et ils ne le sont que faiblement, du fait que les jeunes boudent cette profession mal payée et maltraitée -   le sont au prix d'un abaissement du niveau d'exigence de connaissances et de profils inadaptés, le critère qui prévaut désormais étant l'appartenance à la même communauté dominante, avec pour objectif de prouver que l'échelle sociale n'a jamais aussi bien fonctionné... 

Qu'ont-ils fait de l'école et la République ?

Trop de postes à pourvoir qui ne le sont pas. La presse masque la réalité des faits en mettant en cause "un système d'affectation qui, décidément, marche sur la tête". C'est prendre le processus de recrutement en cours et occulter la désaffection de la jeunesse pour cette filière de formation. 
La même presse marxisante -elle-même (dé)formée en école nationale du journalisme- persiste à diffuser l'idée populiste que "les élèves qui ont les plus grandes difficultés scolaires héritent encore et toujours des plus mauvais enseignants de France". "Les plus mauvais" sont-ils vraiment repérés dans les ESPE (au recrutement sur concours et dont on a observé qu'ils ne jouent pas leur rôle) pour être expédiés en zone dangereuse ? Aucun étudiant n'a-t-il les aptitudes requises et n'acquiert-il en ESPE la qualification promise par Peillon ? Les néophytes sont-ils nécessairement précipités en ZEP en début de carrière? Et faut-il nier la qualité et la détermination personnelles des "professeurs des écoles" dont certains ont une vocation si solidement ancrée qu'ils demandent à monter au front ?
Les enseignants de l'académie de Créteil (par exemple) ne sont pas tous à jeter aux chiens, pas plus que leurs élèves ne sont mis entre les mains de professeurs plus nuls les uns que les autres. 

S'il faut incriminer le système, ce sont les cadres qui ne sont pas les bonnes personnes au bon endroit. Combien de directeurs d'école (et de principaux de collège ou de proviseurs de lycée) ne doivent leur nomination à cette fonction qu'à leur appartenance politique ou syndicale, comme plus haut dans la hiérarchie. Combien de chefs d'établissement sont des professeurs en difficultés reclassés dans la gestion ? Bien que pédagogiquement (et humainement?) incompétents, ils sont appelés à porter un jugement sur la valeur administrative de leurs confrères qui assument leur rôle au quotidien, sans aucun soutien de leur hiérarchie immédiate. 

Faute de demande, l'offre n'est pas saisie.  Le nombre de postes à pourvoir est énorme: 47.000 postes on été créés jusqu'à maintenant. Ce qui facilite énormément "les chances de réussite au concours", pour ne pas dire qu'il permet le nivellement des professeurs par le bas. "A titre d'exemple, quand on cherche 772 instituteurs à Lille, on en cherche 1.635 pour la seule ville de Créteil", relève Aude Dontenwille-Gerbaud, maître de conférences en histoire et formatrice depuis une dizaine d'années et collègue d'une certaine Lila Belkacem, jeune maître de conférence en sociologie. Autrement dit, le manque de profs est tel que ceux qui ne sont pas assez bons pour décrocher le sésame dans leur académie d'origine ont tout intérêt à sauter dans un train pour venir passer le concours en région parisienne. "Il y a quelques années, on recrutait à 4/20 : il suffisait de savoir mettre une croix en bas d'une page pour être admis", raconte Aude Gerbaud, docteur en science de l'Education, historienne et pourtant caricaturiste. Mais le niveau des épreuves était sélectif. "Maintenant, on ne descend plus au-dessous de 8/20, et les chances de succès sont passées à 56 %". Mais ça reste beaucoup plus facile qu'ailleurs en France, où la réussite tourne plutôt autour de 10-12 %," malgré une baisse sensible du niveau requis. 
Le ministère cherche des subterfuges pour annoncer des taux de recrutement qui ne soient pas dissuasifs pour les candidats. L'urgence est de casser le cercle vicieux dans lequel les concours de l'Education national se sont piégés: ceux qui ne motivent guère ne trouvent que des gogos. 

L'Education nationale en est réduite aux subterfuges. Elle comble les manques en accordant des équivalences d'enseignement aux étrangers pour en faire, par exemple, des professeurs d'anglais, lesquels ne maîtrisent pas obligatoirement mieux la langue française que leur public. Comment une diplômée en commerce en Angleterre pourrait-elle expliquer les subtilités de la la grammaire anglaise sans connaître le système syntaxique français, sauf à passer à côté des difficultés rencontrées par les "apprenants".

Dans les écoles des banlieues parisiennes, les "professeurs des écoles" (ce titre est un acquis syndical arraché à force de grèves -comme d'autres font passer leurs projets de loi avec huit recours à l'article 49.3) qui leur permet de gagner autant qu'un professeur de lycée)  ont un niveau de connaissances bien plus faible qu'ailleurs. Pourtant, pour Eric Mesnard, professeur d'histoire-géographie et formateur depuis 1994, le vrai problème n'est pas là, de son point de vue : "A la limite, peu importe le niveau de recrutement, si seulement on avait les moyens, et surtout le temps de les former vraiment." Les salariés du privé avalent ici de travers à l'évocation du temps disponible des enseignants... "Et du temps, personne n'en a", raconte-t-il à qui veut l'entendre. Les formateurs du centre de Créteil, en sous-effectif chronique [les postes ne sont pas créés en amont pour permettre un accueil de qualité?], se retrouvent face à des classes de 35 élèves, contre une vingtaine à l'époque des IUFM. On peine à suivre, sachant que l'offre de recrutement des candidats ne trouve pas preneurs. Peillon n'a-t-il donc pas créé les postes de formateurs en nombre suffisant, si réduit soit-il, du fait de la demande?

"J'ai 35 mémoires à suivre, et on me demande d'en faire encore deux fois plus ! [A vérifier !] Ça me navre, mais je n'ai plus le temps d'aller sur le terrain, de suivre les étudiants dans leurs classes, quand ils sont face aux enfants", déplore Aude Gerbaud. En quoi les ESPE sont-elles donc supérieures aux IUFM, puisqu'à leur époque les visites de formateurs pouvaient avoir lieu ?

La qualité de l'enseignement universitaire est-elle ce qu'elle était ?

Les plus débordés sont encore les étudiants eux-mêmes. A l'époque des IUFM, les futurs instits effectuaient trois stages de quinze jours dans une école; aujourd'hui, ils sont à mi-temps devant une classe, toute l'année. Le reste du temps, ils le partagent entre les heures de cours à l'ESPE... et l'obtention de leur master, après trois années de fac pendant lesquelles on est justifié de penser qu'ils ont progressé depuis leur bac, dont le niveau a été lui-même abaissé pour faire grimper le taux d'accès à l'enseignement supérieur, comme il se doit dans une société avancée. Quitte à faire reculer ses enseignements et oublier l'objectif d'excellence, trop élitiste ou simplement inaccessible. Les formateurs en ESPE se plaignent néanmoins de surcharge de travail avec moins d'élèves. 

Depuis 2010 et la réforme de la "masterisation" impulsée par Nicolas Sarkozy par nécessité d'alignement sur les cursus européens, la formation des enseignants est intégrée au parcours universitaire classique : licence, master, doctorat. 
Les professeurs des écoles sortent donc de leur formation avec un bac + 5 qui doit être sanctionné par un mémoire universitaire. Un travail de recherche auquel les aspirants professeurs des écoles ne sont pas habitués, nous assure-t-on, mais une jérémiade de plus qui jette le discrédit cette fois sur l'épreuve de TPE (travaux personnels encadrés, en premières de lycées) dont on a fait grand cas du pouvoir formateur dans cette optique précise: interdisciplinaires, ils sont supposés pousser les élèves à chercher et exploiter des documents sur un thème donné. Or, "de l'avis général", ils peinent néanmoins sur ce mémoire. 

IUFM ou ESPE, rien de convient jamais; tout est toujours difficile.
 "Il y a beaucoup de travail, c'est vrai, résume Sophie Lafargue, qui vient de terminer sa formation à l'ESPE de Créteil. Il faut savoir alterner les moments où l'on est face aux élèves, où il faut que nous ayons l'air sûrs de nous, et les moments où nous sommes nous-mêmes en position d'apprentissage face à des profs qui nous enseignent des choses plus ou moins éloignées de la réalité du terrain." 

Des bacheliers (avec mention?) qui,  au lycée, n'ont pas appris à travailler 
Débordés, certains étudiants utilisent leurs heures de cours à l'ESPE pour corriger des cahiers ou préparer leur prochain cours: nécessité ou inadaptation des ESPE aux besoins des élèves-professeurs. "C'est beaucoup trop lourd, ils sont au bord de l'apoplexie", commente Aude Gerbaud.
Celle-ci a fait le choix de consacrer du temps au SNES-sup et de siéger au Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche (CNESER) plutôt qu'aux élèves-professeurs dont elle a la charge et de militer contre une interdiction du voile à l'université. La laïcité et son application dans le milieu universitaire font plus que jamais débat chez les enseignants, comme chez les élèves: ils sont chronophages... au détriment de l'activité professionnelle principale pour laquelle ils sont payés.
Un boulot dur et mal payé 
François Hollande avait promis de recruter 60.000 nouveaux enseignants; cet engagement ne sera pas non plus tenu, 47 000 postes ayant été créés jusqu'à maintenant. Mais d'autres préoccupations viennent ternir ce retard: qui l'Education nationale recrute-t-elle pour tenir ces objectifs ? Des études longues pour un boulot difficile, mal payé et mal considéré ont-elles vraiment une chance d'attirer les meilleurs candidats ? Est-on certain de fournir les bonnes armes à ceux qui sont chargés d'instruire nos enfants, quand les formateurs ne prennent pas le temps de les voir sur le terrain ? "Pour ma part, il s'agit d'une reconversion, raconte la jeune institutrice Sophie Lafargue, aujourd'hui en poste dans une école à Charenton (Val-de-Marne). Je me suis éclatée à l'ESPE, et j'adore mon nouveau travail. Mais j'ai 37 ans, et je dois dire que j'aurais été incapable de faire ce métier à 20 ans." 
Discours marxisant vieux comme l'Ecole, en rapport avec l'enseignement des communistes du SNES(-Sup): "Pour l'instant, ce sont encore les élèves de Saint-Denis qui essuient le manque de maturité des instits débutants". Peut-être qu'en fait ils reviennent aux sources.
"Et quand ils seront rodés, ils iront enseigner ailleurs, chez les plus riches. Pour l'égalité des chances, valeur cardinale de la République, il faudra donc repasser.
Et, avec le concours de son électorat socialiste traditionnel,  Hollande repassera-t-il en 2017 ?

jeudi 31 mars 2016

Révision constitutionnelle: Hollande renonce; la presse l'étrille

"Gâchis", "fiasco", "déroute", "Waterloo", la presse étrille Hollande

La presse de jeudi étrille le zozo pour ce nouveau "fiasco" 

Le Figaro ménage tout le monde
Il voit dans ce renoncement une "déchéance d'autorité" et Paul-Henri du Limbert dénonce "le gâchis", estimant que "le premier - et principal - coupable est évidemment à chercher à l'Élysée". Mais il demande malgré tout aux Républicains de "s'abstenir de triompher trop bruyamment." L'éditorialiste, comme nombre de ses confrères, pense qu'il "est à craindre que l'opinion publique mette dans le même sac tous ceux qui ont applaudi [dans sa globalité,] le discours du 16 novembre à Versailles [sous le coup de l'émotion des attentats islamistes] - la gauche et la droite réunies - et [mais] qui ont mis quatre mois pour gâcher ce rare moment d'unité nationale". Quant au temps perdu par l'exécutif dans la lutte pour l'emploi,le pouvoir d'achat et les publiques, ce ne serait pas un immense gâchis ?

Libération regrette le "désastre" 
Grégoire Biseau a le sentiment qu'il y avait "dans ce pari trop d'arrières-pensées et de calculs". Pour autant, il se retourne contre le "jeu de la droite" qui aurait  a été "tout aussi désolant". Le secret espoir de faire chuter François Hollande l'a finalement emporté sur toute autre considération", polémique-t-il, dans un souci de partage des responsabilités.

L'Opinion moque l'anaphore 
-rétrospectivement grotesque- du candidat Hollande pendant la campagne présidentielle. 
"Moi président de la République, je réaliserai, en matière de réforme institutionnelle, un flop d'une intensité qu'aucun de mes prédécesseurs n'a jamais pu approcher" ironise cruellement Nicolas Beytout.

L'Humanité se dit soulagé
"François Hollande a sifflé hier la fin d'une sinistre comédie. Ouf ! Mais que de dégâts semés sur la route qui devait mener au Congrès de Versailles!", déclare également Patrick Apel-Muller, celui qui relança le journal communiste de bandes dessinées Pif Gadget.

La Croix  pointe des moyens disproportionnés au résultat
"On aura rarement vu cela, dans l'Histoire de la République. Une débauche de déclarations, de prises de position, de débats dans la presse, de joutes parlementaires, tout cela pour aboutir à rien", regrette Guillaume Goubert.

Les Echos pleure sur l'image écornée de Hollande
"François Hollande a bousculé [?] l'image Hollande", d'après une Cécile Cornudet, nostalgique de "l'homme de la synthèse". Une idée fausse ? "On savait où on était. Et puis, tout à coup, on n'a plus su. Le fleuve était sorti de son lit," raconte la désorientée.

La Voix du Nord rit jaune
"Quatre mois [ou quatre ans] et un enterrement," s'amuse Hervé Favre, évoquant les quatre mois de vifs débats qui ont déchiré la gauche. "Finalement, vouloir retourner à Versailles n'était pas une si bonne idée pour un monarque républicain surtout quand la révolution gronde dans ses rangs" et surtout en dehors, conclut-il.

Les Dernières Nouvelles d'Alsace fait les comptes
"Le coût politique de ce fiasco monumental n'est pas encore chiffrable, mais pour François Hollande, il sera à coup sûr extrêmement élevé", commente Pascal Coquis  qui qualifie "l'homme de la synthèse" de "Machiavel aux petits pieds".

Le Courrier picard tente un bilan
Bertrand Meinnel note que "de demi-victoires [exemple?] en défaites à chaque projet important, le chemin présidentiel tourne à la déroute".

Midi Libre n'y voit qu'un raté 
Pour Yann Marec, cet épisode "restera gravé comme un énorme raté".

L'Alsace évoque une bérézina
Raymond Couraud résume l'opinion générale: "tout ça, pour ça?!" et y voit un "Waterloo politique". Waterloo, en Belgique...

Et Sud-Ouest évoque le renoncement de... Taubira
Bruno Dive imagine en effet que l'on puisse "rembobiner le film en arrière [rembobiner en avant serait plus compliqué...], (et) réclamer le retour place Vendôme [les cent jours] de Christiane Taubira, dont il faut rappeler qu'elle a démissionné à grand fracas sur cette question." Hommes de peu de foi...

dimanche 18 octobre 2015

PS: son référendum pour l'union de la gauche n'était pas sécurisé !

Cambadélis porte plainte contre X pour des perturbations de son référendum

Le bras cassés du PS se posent en victimes
Le référendum de Cambadélis pour l'union avec les forces de gauche aux régionales est un fiasco, notamment concernant le vote en ligne. Le parti a décidé de porter plainte contre X pour "faux et usage de faux", ainsi qu'"usurpation d'identité". 

Le PS a prêté le flanc à la critique des journalistes. Au premier jour de ce scrutin  socialiste bidon, les dysfonctionnements ont déferlé, principalement sur internet. 
Plusieurs personnalités politiques, dont la secrétaire des Verts (EELV) Emmanuelle Cosse, ont reçu des messages de remerciement pour leur vote alors qu'elles n'y avaient pas pris part. 
Dans le même temps, des journalistes -et bien d'autres- ont pu voter plusieurs fois grâce à...plusieurs adresses mail. Rien de bien compliqué et d'imprévisible !

Le Monde, journal officieux du PS, est content !
"Je suis agréablement surpris," rapporte samedi 17 octobre Gilles Rof (ci-contre), le journaliste du Monde (et réalisateur de documentaires), citant Stéphane Mari devant la Poste de La Rose, dans les quartiers nord de Marseille, plaque tournante de l'économie souterraine. Le porte-parole du groupe PS au conseil municipal vient de récolter 41 bulletins, précise le journal dit de référence. rapporte le journaliste,
"Sans l’unité à gauche, on est morts"
Le Monde raconte l'actualité à Marseille. "Ce matin, dans un frais soleil, les premiers à s’arrêter sont des militants socialistes. Devant la table posée au pied des marches du bureau de Poste, Rachid Nekissa, 56 ans, serre les mains. "J’ai déjà voté hier, par téléphone, explique-t-il. Parce que dans cette région, contre Marion Maréchal-Le Pen et Christian Estrosi, sans l’unité à gauche, on est morts." Tita Necib, 50 ans, elle, salue ses collègues militants, mais boude les bulletins qu’on lui propose : "Depuis les primaires aux municipales de Marseille, je ne crois plus à ces votes organisés par le PS. C’est du bidouillage, de l’arrangement d’appareil." Samia Ghali, arrivée en tête de la primaire en 2013, avait été éliminée au second tour au profit de Patrick Mennucci. Elle avait alors dénoncé de "petits arrangements entre amis" et "la distribution des postes", affirmant que 'Matignon' était derrière le choix des uns et des autres.
Georges Sobraques, casquette sur son crâne dégarni, ne se fait pas prier pour participer. A la vue de tous, cet électeur Front de gauche met son bulletin dans l’urne. Un des trois "non à l’unité" de la matinée sur les 41 votants. "Vous avez la foi de militer encore au PS avec ce gouvernement qui fait une politique de droite !", lâche le sexagénaire, remonté comme un coucou. Au premier tour des régionales, il votera pour la liste d’union EELV-Front de gauche qui s’est montée en PACA. Au second, "cela dépendra de l’attitude du PS". En aparté, il reconnaît avoir déjà participé trois fois au référendum sur Internet : "J’aimerais que les socialistes se prennent une bonne claque", bouillonne-t-il, en ressassant "les impôts qui montent, les retraites qui baissent..." 

Que reste-t-il du titre trompeur du journal Le Monde? 
Une accusation de la gauche radicale: n'est-ce pas l'objectif du référendum dont la question aurait pu être "Pensez-vous que EELV et le Front de gauche sont responsables de l'échec annoncé du PS ux régionales ?"  

Comme Le Monde, qui fait cause commune, le Parti socialiste se sent ridiculisé

Pourtant, ce dimanche  encore, tous les "sympathisants de la gauche", encartés ou non, peuvent toujours voter en ligne à tour de bras ou dans les 2.500 bureaux de vote.
 
En lançant ce référendum le 19 septembre, Jean-Christophe Cambadélis croyait avoir trouvé la parade à la débandade des forces de gauche pour les régionales après la décision des écologistes du Nord-Pas-de-Calais-Picardie de faire alliance avec le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon, qui combat le PS responsable de l'état déplorable de la France.

Le premier secrétaire du Parti socialiste en était samedi à porter plainte contre X. Un retour de manivelle en pleine figure, puisque l'ancien trotskiste avait manigancé ce "référendum pour tous" avec l'idée d'accuser les opposants au PS, de l'extérieur comme de l'intérieur, de la déroute annoncée de la gauche aux régionales de décembre.   
L'apprenti-sorcier appelle désormais à la rescousse les juges à tout faire.

jeudi 6 août 2015

Accord avec Poutine sur les Mistral: l'opposition dénonce la politique de Hollande et Fabius

La majorité se félicite-t-elle de 1,5 Mds de pertes ?

L'agence de presse d'Etat pointe, non pas le fiasco de Hollande, 
mais... l'opposition de droite !

L
a presse partisane française joue un rôle que ne renierait pas l'URSS 
Un contrat perdant-perdant pour la France
"Plusieurs élus de droite et d'extrême droite ont dénoncé jeudi l'accord annoncé la veille au soir entre Paris et Moscou sur la non-livraison des navires Mistral par la France à la Russie." Voilà que l'AFP s'extasie d'un "accord" avec le grand Satan Poutine sur l'annulation unilatérale d'une promesse de deux ventes de navires de guerre : on se pince ! 

Derrière l'agence de presse militante, Libération n'est que trop ravi de s'aligner: "Accord Mistral: droite et extrême droite critiquent Hollande... Le journal socialiste Le Monde parle même de "saga", certes "controversée", mais sans mentionner en titre le coût de cet "épilogue," annonçant la fermeture de l'incident...

Au Front national, donc, Marine Le Pen -"qui a souvent pris position pour la Russie depuis le début de la crise ukrainienne à l'origine de la décision de la France d'annuler la vente des deux Mistral à Moscou", rappelle l'AFP- "dénonce" dans un communiqué "une faute lourde de François Hollande, qui porte gravement atteinte à la crédibilité même de la France." "La France socialiste refuse de livrer des navires à la Russie mais équipe l'Arabie saoudite et le Qatar. Quelle honte!", s'indigne quant à lui, le député européen FN Louis Aliot dans un tweet. Une "faute lourde" qui n'appelle aucun développement de la "centrale" de presse... A l'AFP, on ne s'indigne que des critiques de l'opposition...

L'accord fait aussi "bondir" chez Les Républicains. "Hollande a cédé et la France obéit aux USA et à l'Europe. Jour de deuil pour ce qu'il  reste ["ce qui reste", en français] de notre indépendance nationale...", a-t-il souligné par tweet dès mercredi soir le député des Français de l'étranger, Thierry Mariani, "qui a récemment voyagé en Crimée à l'invitation de la Russie", insinue la presse fielleuse d'Etat. Aucune erreur de Fabius et Hollande ne fait "bondir" l'AFP.

"Que valent désormais les engagements pris par la France s'il suffit d'un claquement de doigts des États-Unis, de l'Allemagne et de la Pologne pour remettre en cause notre parole ?", "abonde" Nicolas Dupont-Aignan, président du parti souverainiste Debout la France, dans un communiqué.

L'addition sera d'environ 1,5 à 1,6 milliards (...) payés par le contribuable français"

Thierry Mariani a livré une contre-expertise du coût de l'annulation de cette livraison, avançant "jeudi matin, sur France Inter, que c'est  "bien plus que le montant évoqué par le gouvernement". L'AFP ne conteste pas, mais passe la parole au PS.

Le Parti socialiste a en revanche salué jeudi matin "une bonne nouvelle, qui satisfait les deux parties"... Pour le parti gouvernemental qui n'est pas à une contre-vérité près, l'accord permet à la France d'honorer "sa parole et sa réputation". 

Le ministre de la Défense a affirmé sur RTL que le montant exact sera inférieur au prix d'achat initial de 1,2 milliard d'euros. "Le Parlement recevra bientôt [sic, mais pas avant la rentrée parlementaire] le montant exact du remboursement, annoncé déjà comme étant inférieur au coût initial des deux bâtiments de guerre", assure dans un communiqué le parti, se faisant l'écho de l'engagement de Jean-Yves Le Drian, qui semble avoir lui-même besoin de temps pour développer une thèse foireuse pour sa défense.

"Quel gâchis que le dossier des remboursés à la Russie : la parole, la signature et les finances mises à mal", a également déploré l'ancien ministre Xavier Bertrand, député Les Républicains de l'Aisne, dès mercredi soir sur twitter.

Eric Ciotti, député Les Républicains des Alpes-Maritimes, a de son côté dénoncé jeudi matin sur Sud Radio une "aberration", un "scandale" et une "dilapidation d'argent public". "Isoler la Russie, comme nous le faisons aujourd'hui, me paraît induire notre politique étrangère vers une impasse; nous avons besoin de la Russie, notamment pour combattre Daesh (l'organisation État islamique, terme rejeté par Fabius, inspirateur du fiasco de Hollande) en Irak et en Syrie", a-t-il déclaré.

Les Mistral confisqués à Poutine: un coûteux dédit de l' "audacieux" Hollande

Bataille de chiffres sur le montant du dédommagement versé par Hollande à Poutine

Le fiasco de la politique de Fabius a un coût pour l'Etat   les Français
Hollande implore le ciel pour la clémence de Poutine
Le pouvoir menteur minimise les pertes pour les finances publiques. Et question transparence, la majorité est une nouvelle fois prise en défaut. 
Il est interdit de nommer le grand Satan avec lequel Hollande a passé un "accord", vanté par la presse et le montant exact de la somme versée par la France à Poutine est tellement minimisé qu'il a créé la polémique. Il "sera communiqué au parlement", dans cinq semaines au plus tôt, a tenté d'éluder le ministre de la Défense. Jean-Yves Le Drian a indiqué que le montant pourrait être inférieur à 1,2 milliards. Mais des élus de l'opposition dénoncent le trucage du calcul de l'indemnité de dédit, du fait d'un Hollande en mal respectabilité, sa fiabilité dût-elle en souffrir. Désormais, la parole du petit politicien rond de l'Elysée est totalement dévaluée, partout où la presse étrangère est libre. 

La presse hexagonale relaie les "éléments de langage" officiels
La France et la Russie ont trouvé un "accord" avec Poutine, se félicite-t-elle, dès mercredi soir, en militante protégée par le parrain de l'Elysée.  Sa présentation des faits est biaisée car, selon elle, il n'est jamais question de rupture de contrat: tout au plus, cet accord "met un terme au contrat de vente des deux Mistral", sans que soit identifié celle des deux parties qui ne respecte pas sa signature. 

La presse partisane positive le comportement de Hollande. 
"Paris va donc récupérer "la pleine propriété, après avoir "intégralement" remboursé Moscou. 

Le ministre de la Défense peut mentir sans être contredit. Interrogé sur RTL, Le Drian précise qu'il n'y a plus de contentieux entre les deux pays. "La France remboursera à la Russie l'ensemble des frais engagés pour l'acquisition de ces bateaux. Leur prix initial était de 1,2 milliards d'euros. Le prix de l'accord, qui est le meilleur possible, sera inférieur, puisque la Russie sera remboursée des engagements financiers qu'elle a pu mobiliser", explique-t-il, suggérant que Poutine peine à honorer la facture. Ce n'est plus de la rouerie politicienne ordinaire, c'est -en toute impunité- du mensonge caractérisé à la face des électeurs et des contribuables: cette tromperie de l'opinion est un délit de forfaiture, un crime contre la république. 

La bataille sur la vérité des chiffres a commencé

Un coup de sabot de l'âne au prix du caviar
Plusieurs élus de l'opposition opposent une facture autrement plus salées. Invité de Sud Radio, le député Les Républicains (LR), Eric Ciotti parle d'une "faute absolue", "d'un scandale". Sur Twitter via son compte, il s'interroge même sur le rôle des Etats-Unis : "on a l'impression que dans cette affaire le Président Hollande s'est soumis au dictat américain. #Mistral". 

Egalement député LR, Thierry Mariani a évalué jeudi "l'addition" des navires Mistral non livrés à la Russie à "environ 1,5 milliard à 1,6 milliard" d'euros, soit nettement plus que le chiffre avancé par le gouvernement. "Je pense, sans trop de risque de me tromper, que l'addition sera d'environ 1,5 milliard à 1,6 milliard (...) payés par le contribuable français", s'est-il indigné sur France Inter. "J'aurais voulu un peu plus de transparence", a déclaré Th. Mariani, qui s'est rendu le mois dernier en Crimée pour défendre le choix de la Russie par ses habitants russophones, il y a plus d'un an, contre l'oppression des rebelles ukrainiens au pouvoir à Kiev. Détail de l'histoire que la presse ne peut ignorer: le député est membre de la commission des Affaires étrangères à l'Assemblée nationale.

"On a eu un communiqué sans aucun chiffre de l'Elysée", a-t-il souligné. "Quel sera le coût final de cette opération?", a interrogé l'ancien ministre des Transports. "Très probablement donc ce chiffre d'1,2 milliard, en gros, remboursé aux Russes. (... ) Ca, c'est l'option minima", explique

La question est donc désormais de savoir à qui la France va pouvoir revendre ses deux Mistral. 
L'ancien ministre fait valoir que pour pouvoir revendre les navires, il faut ajouter à ce chiffre,  le coût de leur "dérussification", soit "200 à 300 millions", une partie des équipements à bord (télécommunications notamment) étant aux normes russes.

Avant de trouver un nouveau propriétaire, il faudra engager des frais d'entretien. 
L'audacieux capitaine de pédalo,
porte hélicoptères de guerre
de la communication
Jean-Yves Le Drian se veut (assez) confiant ce jeudi matin: "Un certain nombre de pays, ils sont nombreux, ont fait connaître leur intérêt pour ces bateaux", a-t-il raconté au micro de RTL. Or, "quand il y a du flou, c'est qu'il y a un loup", a mis en garde la Ch'tite Aubry. "Il est souhaitable de le faire le plus rapidement possible", a-t-il admis. "On ne pouvait pas le faire tant que le contentieux n'était pas réglé avec la Russie,  se justifie-t-il. "C'est le cas (...) Il n'y a plus de contentieux". 

Mais deux navires de guerre à quai coûtent cher. Entre l'entretien et les places dans le port de Saint-Nazaire, la facture s'élève à un peu moins de 5 millions d'euros par... mois, selon les informations d'Europe 1. Le gouvernement Valls a donc tout intérêt à les vendre rapidement. Les Français ont quant à eux tout intérêt à ce que Hollande ne les brade pas...

Une question taraude pourtant les citoyens vigilants: 
pourquoi la Russie aurait-elle renoncé à réclamer 1,2 milliards d'euros à la France pour les deux Mistral non-livrés? 
Quelle contrepartie secrète Poutine a-t-il arrachée à l' "audacieux" Hollande pour ce compromis? "Audacieux" ne veut-il pas aussi dire "hasardeux"? 

mardi 2 octobre 2012

Le fiasco total de Hollande, selon Tesson

La France est  victime des contradictions, des maladresses et des reniements du président


Philippe Tesson décrypte l'individu

"Rien n'y fait. Ces dernières semaines où François Hollande a tenté de contrarier le courant d'opinion qui lui était [est toujours] défavorable depuis juillet n'ont servi à rien. La dernière enquête en date, celle de l'IFOP publiée dimanche 23 par le JDD, confirme, et même amplifie une tendance négative. Le président de la République, à 43 % de satisfaits, perd 11 % d'opinions favorables. Son Premier ministre, à 51 %, en perd 7 %.
On reprochait à Hollande son immobilisme, son silence, sa transparence. Il a parlé, et on met en question ses atermoiements, ses imprécisions, sa transgression de la parole donnée. Il a pris conscience de la gravité de la crise. On ne lui en sait pas gré. Tout se retourne contre lui. Les quelques gages qu'il a récemment donnés à l'évidence et à la raison ne lui profitent pas à droite : c'est un peu tard, et cela vient après une stratégie maladroite de division et de mépris.
Quant à la gauche qu'il a portée au pouvoir au vu de sa promesse de "ré-enchanter le rêve", comment s'accommoderait-elle du prix dont elle va payer ce retour à la réalité ? Elle se sent dupée. Était-il dupe lui-même, ou feignait-il ? Dans la première hypothèse il serait nul, dans la seconde il aurait trompé son monde. Dans les deux cas, le voici piégé. De tous côtés, le voici assailli.
Car les difficultés qu'il a à vaincre aujourd'hui se sont accumulées [dans son sommeil]. Sur tous les dossiers, il a perdu la main, sur tous les terrains, il est condamné à jouer la défensive. Le pire est sans doute dans le désordre qui règne au sein de sa majorité parlementaire, et qui va le forcer à une navigation hasardeuse, alors que, arithmétiquement, il est souverain. On le prévoyait : rarement dans le passé, les IVe et Ve Républiques nous en offrent le témoignage, une majorité de gauche resta longtemps unie. Il n'a fallu que deux mois pour que la culture des courants, propre au PS, et celle des alliances, propre à la gauche, prennent le dessus sur la sagesse.

Division

Droit de vote aux étrangers ?
Et si on attendait la parité en Iran ou en Tunisie ?

 
Un dossier sensible nous en fournit un exemple éloquent : le vote des étrangers [plus justement appelé droit de vote aux étrangers, sans omettre un droit à être élus] [mais on pourrait aussi bien citer celui du traité budgétaire européen contre lequel vont voter les élus Europe Ecologie-les Verts]. 
Sur ce sujet, François Hollande s'était avancé imprudemment. Il était pourtant instruit par le passé : il y a trente ans que les socialistes annoncent cette réforme, trente ans qu'ils y renoncent lorsqu'ils sont au pouvoir [dont François Mitterrand, dont ils se sont tous dit les héritiers] . Qu'importe, il faut prendre les voix là où elles sont, au risque de se trahir. C'est ce qui arrive aujourd'hui. Ce qui est nouveau, c'est que la pression en faveur de la réforme vient du propre camp du président, deux mois seulement après l'installation de la majorité parlementaire, alors que nul n'ignore que l'adoption du projet serait pour le moins aléatoire, aussi bien par voie parlementaire que par voie référendaire. Le fiasco est total.

[Montebourg et Mélenchon sont-ils pour la démondialisation de l'immigration et du droit de vote aux étrangers ?]
Autre exemple : le mariage homosexuel. 
Les voies du mariage gay sont pénétrables

La promesse était formelle. Elle était étourdie. Les socialistes semblent avoir totalement minimisé la portée de cette réforme, dont les effets vont largement au-delà d'un simple contrat passé devant le maire. Certains d'entre eux s'en inquiètent aujourd'hui. Les Verts, à l'inverse, en demandent davantage. Était-ce si urgent ? Était-il opportun d'approfondir la division que provoque la question dans l'opinion et qui gagne même la majorité de gauche ? Était-il politiquement habile de donner, sur les deux sujets dont nous parlons, du grain à moudre au Front national ? [Suffit-il qu'elle ne coûte rien pour qu'elle passe avant les urgentes mesures de rigueur contre les déficits publics ?] 

Reculades

En matière de confusion et de maladresse, il y a mieux encore. [En petite politique politicienne,] pour obtenir l'adhésion des Verts dans le vote prochain concernant le traité (budgétaire] européen, François Hollande vient d'offrir à ceux-ci des gages importants à propos de la politique énergétique : fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, fermeture du dossier du gaz de schiste. La ministre Cécile Duflot trouve le geste très "émouvant". C'est se foutre du monde. Quelques jours après, les Verts annoncent qu'ils ne voteront pas en faveur du traité. 

Ainsi Hollande est-il cocu sur les deux fronts. Il est vrai qu'il l'était déjà du fait d'Angela Merkel, à la volonté de laquelle il se soumet, en dépit de ses rodomontades passées, en signant un texte dont il dénonçait et l'esprit et la lettre. Il recule sur tous les plans : d'une part les intérêts stratégiques et industriels de la France et d'autre part l'ambition de corriger le traité... que de surcroît une partie de sa majorité ne votera pas ! Le fiasco là encore est total.
Bien d'autres sujets sont là qui dénoncent la pusillanimité, les contradictions, les maladresses, les reculades, les reniements même du nouveau président. 
Si la prétention, la morgue affichées pendant la campagne n'avaient été, on serait peut-être plus indulgent. Mais quoi ! On met des mois à aller à l'essentiel. On ajourne. On revient sur ses promesses. On ne relève pas les défis de sa majorité. On se plie à ses caprices. On s'occupe de tout, après avoir annoncé qu'on ne ferait pas comme l'autre. On valide la fermeture d'Aulnay, après avoir joué les fier-à-bras. [Et les syndicats ne luttent plus que pour de meilleures indemnités ] On fait risette au patronat, après l'avoir traîné dans la boue. On évacue les Roms comme naguère, mais, suprême hypocrisie, on le fait "avec dignité". On remet en selle le FN. [Comme Tonton !] On prend l'avion, quand on a promis qu'on ne prendrait que le train. Etc., etc. 
Bref, qui parle d'indulgence ?