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samedi 28 mai 2016

Des professeurs des écoles n'obtiendraient pas un certificat d'études primaires à la sortie d'ESPE

En Seine-Saint-Denis, des instituteurs "ne savent pas écrire le français"

Créées en 2013 à la suite des IUFM, les écoles de formation devaient améliorer le niveau des professeurs des écoles.
 


L'exemple du relâchement vient d'en haut
Dans l'académie de Créteil, on recrute des futurs enseignants en dessous de la moyenne. Un instituteur qui fait cours les mains dans les poches, qui parle à ses CM2 comme un "grand frère" de banlieue, avec "ouais" et "j'en ai marre" à foison. Une autre qui explique à ses élèves la signification du verbe "dérider" en prenant l'exemple d'une maman qui s'applique une crème anti-âge. Un troisième, pourtant professeur des écoles, lui aussi bac+4, incapable de formuler une phrase interrogative correcte, l'inversion du verbe et du sujet constituant une prouesse apparemment hors d'atteinte. Un français d'une qualité aussi relâchée que dans la pratique d'un journaliste moyen.
  
A Bonneuil-sur-Marne (Val-de-Marne), des professeurs réunis dans les locaux de l'école supérieure du professorat et de l'éducation (ESPE), excusez-moi du peu !, de l'académie de Créteil égrènent des témoignages pour le moins préoccupants. A se demander qui les recrute sur concours mais n'évalue pas l'étendue du désastre et qui les forme pendant des mois mais ne détecte rien. On n'en est même plus à la lectrice des informations (en fin de semaine, ils lancent les jeunes pousses), Noémie Bonin, 28 ans, qui déclare ce matin que ce sont les soeurs Williams -championnes au sommet de leur art depuis 20 ans- qui "affrontent" deux Françaises inconnues à Roland Garros: aucune notion chez les uns et les autres de niveau de langage ou de valeur des mots.

Mises en place par Vincent Peillon en 2013, dès le début du mandat de François Hollande,  les ESPE avaient pourtant pour mission d'assurer une formation de qualité aux futurs professeurs des écoles. Nicolas Sarkozy avait, pour sa part, officialisé l'inadaptation des IUFM à la population à laquelle ils étaient destinés - notamment du fait de la coupure des formateurs-idéologues avec le terrain- et avait décidé la suppression des instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM), foyer de rééducation des étudiants à l'idéologie marxisante, préférant le système de formation in situ, sous la tutelle de professeurs restés au contact de la réalité du terrain et de bon conseil face aux élèves désorientés. 
Les nouvelles ESPE devaient pareillement remédier au problème en accompagnant les instituteurs (mais aussi bien les enseignants du second degré) dans leur apprentissage du métier, mais en maison, avec plus de théorie déconnectée que de pratique utile. 

Dans l'académie de Créteil, qui compte le plus de territoires "perdus"de la République - Saint-Denis, Bobigny, Aulnay-sous-Bois -, il apparaît que, trois ans plus tard, l'objectif fixé par Peillon n'est pas atteint. 

"C'est une catastrophe", assène franchement une formatrice, qui préfère conserver l'anonymat (et son poste)... "Je ne veux pas tirer sur l'ambulance, les ESPE font ce qu'elles peuvent avec des moyens riquiqui, estime-t-elle, fidèle à la vieille rengaine des enseignants, mais qui résonne d'autant plus cruellement que le pouvoir socialiste nous serine que les jeunes sont la priorité de Hollande.  


"Je constate une telle dégradation depuis cinq ans ! Ce n'est plus possible, il faut que les gens sachent : dans la Seine-Saint-Denis, on recrute des instituteurs qui ne savent pas écrire le français." Ainsi, Hollande crée-t-il des postes en masse qui, lorsqu'ils sont pourvus - et ils ne le sont que faiblement, du fait que les jeunes boudent cette profession mal payée et maltraitée -   le sont au prix d'un abaissement du niveau d'exigence de connaissances et de profils inadaptés, le critère qui prévaut désormais étant l'appartenance à la même communauté dominante, avec pour objectif de prouver que l'échelle sociale n'a jamais aussi bien fonctionné... 

Qu'ont-ils fait de l'école et la République ?

Trop de postes à pourvoir qui ne le sont pas. La presse masque la réalité des faits en mettant en cause "un système d'affectation qui, décidément, marche sur la tête". C'est prendre le processus de recrutement en cours et occulter la désaffection de la jeunesse pour cette filière de formation. 
La même presse marxisante -elle-même (dé)formée en école nationale du journalisme- persiste à diffuser l'idée populiste que "les élèves qui ont les plus grandes difficultés scolaires héritent encore et toujours des plus mauvais enseignants de France". "Les plus mauvais" sont-ils vraiment repérés dans les ESPE (au recrutement sur concours et dont on a observé qu'ils ne jouent pas leur rôle) pour être expédiés en zone dangereuse ? Aucun étudiant n'a-t-il les aptitudes requises et n'acquiert-il en ESPE la qualification promise par Peillon ? Les néophytes sont-ils nécessairement précipités en ZEP en début de carrière? Et faut-il nier la qualité et la détermination personnelles des "professeurs des écoles" dont certains ont une vocation si solidement ancrée qu'ils demandent à monter au front ?
Les enseignants de l'académie de Créteil (par exemple) ne sont pas tous à jeter aux chiens, pas plus que leurs élèves ne sont mis entre les mains de professeurs plus nuls les uns que les autres. 

S'il faut incriminer le système, ce sont les cadres qui ne sont pas les bonnes personnes au bon endroit. Combien de directeurs d'école (et de principaux de collège ou de proviseurs de lycée) ne doivent leur nomination à cette fonction qu'à leur appartenance politique ou syndicale, comme plus haut dans la hiérarchie. Combien de chefs d'établissement sont des professeurs en difficultés reclassés dans la gestion ? Bien que pédagogiquement (et humainement?) incompétents, ils sont appelés à porter un jugement sur la valeur administrative de leurs confrères qui assument leur rôle au quotidien, sans aucun soutien de leur hiérarchie immédiate. 

Faute de demande, l'offre n'est pas saisie.  Le nombre de postes à pourvoir est énorme: 47.000 postes on été créés jusqu'à maintenant. Ce qui facilite énormément "les chances de réussite au concours", pour ne pas dire qu'il permet le nivellement des professeurs par le bas. "A titre d'exemple, quand on cherche 772 instituteurs à Lille, on en cherche 1.635 pour la seule ville de Créteil", relève Aude Dontenwille-Gerbaud, maître de conférences en histoire et formatrice depuis une dizaine d'années et collègue d'une certaine Lila Belkacem, jeune maître de conférence en sociologie. Autrement dit, le manque de profs est tel que ceux qui ne sont pas assez bons pour décrocher le sésame dans leur académie d'origine ont tout intérêt à sauter dans un train pour venir passer le concours en région parisienne. "Il y a quelques années, on recrutait à 4/20 : il suffisait de savoir mettre une croix en bas d'une page pour être admis", raconte Aude Gerbaud, docteur en science de l'Education, historienne et pourtant caricaturiste. Mais le niveau des épreuves était sélectif. "Maintenant, on ne descend plus au-dessous de 8/20, et les chances de succès sont passées à 56 %". Mais ça reste beaucoup plus facile qu'ailleurs en France, où la réussite tourne plutôt autour de 10-12 %," malgré une baisse sensible du niveau requis. 
Le ministère cherche des subterfuges pour annoncer des taux de recrutement qui ne soient pas dissuasifs pour les candidats. L'urgence est de casser le cercle vicieux dans lequel les concours de l'Education national se sont piégés: ceux qui ne motivent guère ne trouvent que des gogos. 

L'Education nationale en est réduite aux subterfuges. Elle comble les manques en accordant des équivalences d'enseignement aux étrangers pour en faire, par exemple, des professeurs d'anglais, lesquels ne maîtrisent pas obligatoirement mieux la langue française que leur public. Comment une diplômée en commerce en Angleterre pourrait-elle expliquer les subtilités de la la grammaire anglaise sans connaître le système syntaxique français, sauf à passer à côté des difficultés rencontrées par les "apprenants".

Dans les écoles des banlieues parisiennes, les "professeurs des écoles" (ce titre est un acquis syndical arraché à force de grèves -comme d'autres font passer leurs projets de loi avec huit recours à l'article 49.3) qui leur permet de gagner autant qu'un professeur de lycée)  ont un niveau de connaissances bien plus faible qu'ailleurs. Pourtant, pour Eric Mesnard, professeur d'histoire-géographie et formateur depuis 1994, le vrai problème n'est pas là, de son point de vue : "A la limite, peu importe le niveau de recrutement, si seulement on avait les moyens, et surtout le temps de les former vraiment." Les salariés du privé avalent ici de travers à l'évocation du temps disponible des enseignants... "Et du temps, personne n'en a", raconte-t-il à qui veut l'entendre. Les formateurs du centre de Créteil, en sous-effectif chronique [les postes ne sont pas créés en amont pour permettre un accueil de qualité?], se retrouvent face à des classes de 35 élèves, contre une vingtaine à l'époque des IUFM. On peine à suivre, sachant que l'offre de recrutement des candidats ne trouve pas preneurs. Peillon n'a-t-il donc pas créé les postes de formateurs en nombre suffisant, si réduit soit-il, du fait de la demande?

"J'ai 35 mémoires à suivre, et on me demande d'en faire encore deux fois plus ! [A vérifier !] Ça me navre, mais je n'ai plus le temps d'aller sur le terrain, de suivre les étudiants dans leurs classes, quand ils sont face aux enfants", déplore Aude Gerbaud. En quoi les ESPE sont-elles donc supérieures aux IUFM, puisqu'à leur époque les visites de formateurs pouvaient avoir lieu ?

La qualité de l'enseignement universitaire est-elle ce qu'elle était ?

Les plus débordés sont encore les étudiants eux-mêmes. A l'époque des IUFM, les futurs instits effectuaient trois stages de quinze jours dans une école; aujourd'hui, ils sont à mi-temps devant une classe, toute l'année. Le reste du temps, ils le partagent entre les heures de cours à l'ESPE... et l'obtention de leur master, après trois années de fac pendant lesquelles on est justifié de penser qu'ils ont progressé depuis leur bac, dont le niveau a été lui-même abaissé pour faire grimper le taux d'accès à l'enseignement supérieur, comme il se doit dans une société avancée. Quitte à faire reculer ses enseignements et oublier l'objectif d'excellence, trop élitiste ou simplement inaccessible. Les formateurs en ESPE se plaignent néanmoins de surcharge de travail avec moins d'élèves. 

Depuis 2010 et la réforme de la "masterisation" impulsée par Nicolas Sarkozy par nécessité d'alignement sur les cursus européens, la formation des enseignants est intégrée au parcours universitaire classique : licence, master, doctorat. 
Les professeurs des écoles sortent donc de leur formation avec un bac + 5 qui doit être sanctionné par un mémoire universitaire. Un travail de recherche auquel les aspirants professeurs des écoles ne sont pas habitués, nous assure-t-on, mais une jérémiade de plus qui jette le discrédit cette fois sur l'épreuve de TPE (travaux personnels encadrés, en premières de lycées) dont on a fait grand cas du pouvoir formateur dans cette optique précise: interdisciplinaires, ils sont supposés pousser les élèves à chercher et exploiter des documents sur un thème donné. Or, "de l'avis général", ils peinent néanmoins sur ce mémoire. 

IUFM ou ESPE, rien de convient jamais; tout est toujours difficile.
 "Il y a beaucoup de travail, c'est vrai, résume Sophie Lafargue, qui vient de terminer sa formation à l'ESPE de Créteil. Il faut savoir alterner les moments où l'on est face aux élèves, où il faut que nous ayons l'air sûrs de nous, et les moments où nous sommes nous-mêmes en position d'apprentissage face à des profs qui nous enseignent des choses plus ou moins éloignées de la réalité du terrain." 

Des bacheliers (avec mention?) qui,  au lycée, n'ont pas appris à travailler 
Débordés, certains étudiants utilisent leurs heures de cours à l'ESPE pour corriger des cahiers ou préparer leur prochain cours: nécessité ou inadaptation des ESPE aux besoins des élèves-professeurs. "C'est beaucoup trop lourd, ils sont au bord de l'apoplexie", commente Aude Gerbaud.
Celle-ci a fait le choix de consacrer du temps au SNES-sup et de siéger au Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche (CNESER) plutôt qu'aux élèves-professeurs dont elle a la charge et de militer contre une interdiction du voile à l'université. La laïcité et son application dans le milieu universitaire font plus que jamais débat chez les enseignants, comme chez les élèves: ils sont chronophages... au détriment de l'activité professionnelle principale pour laquelle ils sont payés.
Un boulot dur et mal payé 
François Hollande avait promis de recruter 60.000 nouveaux enseignants; cet engagement ne sera pas non plus tenu, 47 000 postes ayant été créés jusqu'à maintenant. Mais d'autres préoccupations viennent ternir ce retard: qui l'Education nationale recrute-t-elle pour tenir ces objectifs ? Des études longues pour un boulot difficile, mal payé et mal considéré ont-elles vraiment une chance d'attirer les meilleurs candidats ? Est-on certain de fournir les bonnes armes à ceux qui sont chargés d'instruire nos enfants, quand les formateurs ne prennent pas le temps de les voir sur le terrain ? "Pour ma part, il s'agit d'une reconversion, raconte la jeune institutrice Sophie Lafargue, aujourd'hui en poste dans une école à Charenton (Val-de-Marne). Je me suis éclatée à l'ESPE, et j'adore mon nouveau travail. Mais j'ai 37 ans, et je dois dire que j'aurais été incapable de faire ce métier à 20 ans." 
Discours marxisant vieux comme l'Ecole, en rapport avec l'enseignement des communistes du SNES(-Sup): "Pour l'instant, ce sont encore les élèves de Saint-Denis qui essuient le manque de maturité des instits débutants". Peut-être qu'en fait ils reviennent aux sources.
"Et quand ils seront rodés, ils iront enseigner ailleurs, chez les plus riches. Pour l'égalité des chances, valeur cardinale de la République, il faudra donc repasser.
Et, avec le concours de son électorat socialiste traditionnel,  Hollande repassera-t-il en 2017 ?

mardi 26 novembre 2013

Réforme de la lecture: l'inspection des instits n'est pas fameuse

La critique des enseignants à nouveau possible

20 % des enfants ne maîtrisent pas les fondamentaux en fin de CM2
Le ministre Peillon a-t-il fait une nouvelle erreur de diagnostic? 
Le ministre a prévu de revoir les programmes du primaire, alors qu'il se confirme que c'est la formation des enseignants qu'il faudrait revoir ? Mais Peillon bat en retraite face au mamouth. La question des rythmes scolaires lui a aliéné la grande majorité des instits, alors il refuse de se poser maintenant celles qui les met en cause. La lecture du rapport saignant de l'Inspection générale de l'Education nationale le décidera-t-il à l'affrontement ?

Sous le titre "École primaire : le rapport qui accuse"le site internet du Monde a révélé  la semaine dernière ce qui bloque.
Premiers cités à comparaître : les professeurs des écoles. Ils se sont fait bombarder "professeurs" pour être mieux payés, mais les instituteurs ne sont pas pour autant devenus meilleurs, selon les inspecteurs qui en ont inspecté des dizaines et ont visité autant d'écoles, dans toute la France. Leur jugement est sévère. Il apparaît en fait que tout ce qui va dans le sens d'une plus grande autonomie des établissements est facteur de désorganisation. 
Il faut en outre déplorer que cette dérégulation a favorisé l'interprétation et la dénaturation de la plupart des nouveautés introduites ces dernières années sous la pression pourtant du SNU-ipp.  

Les principaux échecs

La lecture, pourtant priorité des priorités.
Si on fait abstraction du grignotage du temps réél consacré aux enseignements fondamentaux par l'éveil et les animations, la lecture occuperait bien la majorité du temps d'enseignement dans les premières années mais, selon le rapport, "la majorité des maîtres ne dispose pas des cadres théoriques minimaux, ce qui ne leur permet pas d'être lucides quant à leurs pratiques."

En clair chacun bricole dans son coin en fonction de son idéologie personnelle, pour le meilleur et pour le pire, au risque de discontinuité et de confusion chez l'apprenant, sans avoir vraiment métabolisé les tenants et les aboutissants des méthodes préconisées et laissées au libre choix des enseignants, meême débutants qui ne dominent pas le sujet, faute du recul de l'exprience et d'unité des pratiques en travail d'équipe.

La mise en cause de la
 formation nie le besoin d'un choix de méthode unique
L'enseignant revendique le droit d'être seul maître de son enseignement. Livré à lui-même, il n'est pas toujours au point et ne peut prendre en compte le suivi de son enseignement. Et, puisqu'il faut ménager les ego des instits, le reproche qui parcourt les 100 pages du rapport contourne cet état de fait qui nuit à tous les acteurs de l'éducation.  
Le rapport n'est pas non plus exempt 'arrières-pensées politiques
Il s'agit pour les rapporteurs de dénoncer un défaut de formation initiale depuis 2008, date de sa suppression par le ministère Darcos, qui prenait pourtant en compte l'inadaptation des IUFM, obsolètes, théoriques et donc coupés de la réalité concrète du terrain. Le rapport n'est pas non plus le premier à pointer un défaut plus ancien de formation continue à destination des enseignants déjà en poste, sans pour autant rappeler d'une part l'hostilité du SNU-ipp à une formation en dehors des heures de présence et, d'autre part, l'indignation des parents d'élèves qui doivent assurer la garde de leurs enfants pendant les temps de formation des maîtres. Résultat : les principales réformes menées "depuis dix ans" (et bien plus!) donnent des résultats modestes et surtout des avis contradictoires.

Exemple avec les langues vivantes, dont l'enseignement est censé avoir été généralisé. Les intervenants extérieurs, profs de collèges ou de lycées et natifs, ont été écartés pour laissé aus instits la haute main sur les écoles. La réalité de l'enseignement confié à des "professeurs" des écoles non spécialistes, est tellement contrastée et, souvent, tellement décevante, que les inspecteurs se demandent même s'il faut vraiment persévérer. Que dit le rapport? "Cet enseignement a incontestablement une apparence : les programmes, les horaires affichés, une certaine pratique dans les classes, un accompagnement didactique, une validation. Cependant, la réalité sur l'ensemble du territoire est si diverse que l'on peut se poser la question de savoir si les conditions sont réunies pour parler d'un véritable enseignement". Mais pourquoi ce qui est particulièrement vrai de l'enseignement de l'anglais, presqu'exclusivement, n'est-il pas admis de l'apprentissage de la langue maternelle ?  

Idem de l'instruction morale, qualifiée de "variable d'ajustement des horaires"
En clair, on en fait quand on a le temps.
On pourrait encore parler de la réalité du "socle commun de connaissances et de compétences", colonne vertébrale de la loi de 2005.
En fait, ce socle co-existe avec les programmes sans véritablement se confondre avec. On juge donc le scolaire au regard des programmes et on tente d'évaluer les à-côtés à partir du socle.

Le numérique, dont on parle beaucoup ?
Marginal. "Au cycle 2, 10 % des maîtres consultés par questionnaire disent mettre régulièrement leurs élèves en situation d'écrire avec un clavier (c'est une composante explicite du programme) et 54 % reconnaissent ne jamais le faire." Cette pratique est certes un variable d'ajustement, lorsqu'un directeur doit abandonner sa classe pour accomplir ses tâches administratives, mais cette évaluation du numérique est aussi tendancieuse que les autres car les enseignants ont souvent conservé leur engouement initial, d'autant que les logiciels se sont améliorés. Le rapport fait croire que l'usage de l'ordinateur resterait extrêmement limité dans la classe et quasiment réservé aux  enseignants qui s'en serviraient pour préparer leurs cours.
On commence à comprendre que ce rapport tend à dessiner les grands axes des futures coupes budgétaires...

Les plaintes des maîtres

Les inspecteurs ont-ils choisi leurs interlocuteurs ? 
"Manque de matériel aisément mobilisable, nécessité de travailler en groupes réduits dès que l'on recourt au numérique et temps à consentir pour cela". Le temps, qui revient d'ailleurs comme un leitmotiv dans les témoignages des enseignants qui ont le sentiment de courir en permanence après la montre. Ainsi les instits ne voudraient plus travailler à petits effectifs: qui peut y croire ?

Les programmes sont-ils trop lourds ou trop éparpillés ?
Le rapport ne tranche pas. Lourds ou légers, les programmes apparaissent finalement comme une donnée assez fictive. Et cela restera le cas tant que leur mise en œuvre, notamment en cas de changement, ne fera pas l'objet d'actions de formation robustes et massives, prétend le rapport, qui ne se risque pas à préconiser une reprise en main des professeurs.  Ne serait-ce que pour aider certains maîtres à profiter de ce qui est censé faire la force du primaire, à savoir la polyvalence des enseignants. Cette polyvalence ne supposerait-elle pas une révision du programme et des modalités du concours d'entrée dans la carrière? La prééminence du scientifique assure-t-elle en effet le recrutement d'enseignants motivés par l'apprentissage de la tecture ou des langues?

Les auteurs du rapport confirment que la formation demeure théorique. 
Outre que les formateurs se prennent aussi pour des professeurs d'Université face à des auditoires d'étudiants recrutés à la licence qui ne veulent d'ailleurs plus s'en laisser compter, la formation dispensée réussit certes à fabriquer des "hussards noirs de la république", mais échoue à armer les nouveaux maîtres de l'enseignement élémentaire face à des petits "apprenants" que Philippe Meirieu et Lionel Jospin ont placés "au centre du système éducatif" et qui, avec leurs parents, n'entendent pas le restituer aux "sachants. "

Le rapport ressert les critiques tarte à la crème rancies
"Les professeurs des écoles peinent incontestablement à exploiter les avantages liés à leur polyvalence: l'enseignement demeure scindé en champs disciplinaires trop cloisonnés. Les champs transversaux n'ont pas été déminés qu'ils sont prêts à reservir. L'intérêt de réinvestir ce qui a été appris en français vers les sciences ou, réciproquement, ce qui a été découvert en sciences dans des activités liées à la maitrise de la langue est sous-évalué, à moins que cette pratique ne se heurte à une véritable difficulté pédagogique nécessitant de véritables actions de formation." L'idée unique à tous les services ! Le rapport fait du neuf avec de l'ancien.

Enfin, le rapport ne manque pas d'être compassionnel et démagogue

Les inspecteurs s'auto-flagellent. Ils ont le sentiment que certains enfants sont littéralement sacrifiés sans que l'institution ne fasse rien: "Quelques professeurs des écoles, même s'ils sont très rares parmi ceux qui ont été rencontrés, n'ont pas eux-mêmes une maîtrise optimale de la langue, surtout à l'écrit, indiquent les auteurs du rapport. Ni le bac, ni le concours à bac +3 (avant l'année de formation), rien ne les a écartés. La majorité d'entre eux manquent de connaissances, ne perçoivent pas la langue comme un système et n'ont pas la vue d'ensemble qui leur permettrait d'établir une hiérarchisation entre les notions à étudier, une progression, des relations fructueuses entre domaines.

La querelle sur les rythmes scolaires avait-elle besoin de cette polémique?

A quinze jours d'une grève nationale dans le primaire, la parution de ce rapport n'est pas de nature à apaiser les instituteurs...
Cela ferait maintenant sept ans (ne calculez pas: c'est 2007 !) que le ministère ou l'Etat, sous diverses formes, critiquent fortement l'école primaire et le changement annoncé par Hollande n'y change rien. Et, selon certain ce rapport refléterait un formidable cynisme de l'institution qui adresse des reproches à des professeurs des écoles qui n'auraient pas été  formés... 
La vérité est en fait beaucoup plus embarrassante: plus ils sont formés longtemps, plus ils sont inadaptés. Le problème de la formation initiale et continue des enseignants durera aussi longtemps que l'idéologie marxisante  sapera une éventuelle "refondation" de l'école.

Devoir de mémoire
Les "maths modernes" ont commencé leurs ravages dans les années 70. C'est un avatar du structuralisme en sciences humaines et de la pédopsychologie de Piaget. Cette réforme élitiste fut pilotée sans grande concertation au moment de la massification de l'enseignement. Elle fut abandonnées par la plupart des enseignants durant les années 1980.
La méthode "globale" -par opposition à la méthode syllabique- est une méthode dévastatrice d'apprentissage de la lecture et elle a été mise en oeuvre dans les années 80, sous la présidence du socialiste François Mitterrand.

Un cruel constat d'échec pour Jospin (PS) et Meireu (EELV)
Ce Meirieu est l'inspirateur de réformes pédagogiques du PS (instauration des modules au lycée, ainsi que des IUFM au début des années 1990), il y a donc plus de 10 ans, ces années coupables de tous les maux de Hollande et sa bande. Et il continue de sévir en Rhône-Alpes.

mardi 11 juin 2013

Professeur de maths payé pour jouer à faire peur à des collégiens de Colombes

Effectifs enseignants suffisants pour passer des films d'horreur

La FSU, syndicat dominant, ne dit mot !
"Et dire que vous allez voir votre premier film d'horreur en cours de maths". Voici les mots prononcés, lundi, par un professeur de mathématiques du collège Jean-Baptiste Clément, à Colombes, dans les Hauts-de-Seine, juste avant de diffuser, devant ses élèves de sixième, l’un des opus de la série de films d’horreur Saw.

Un film interdit aux moins de 16 ou 18 ans, selon les pays, culte pour les amateurs du genre, mais qui a "largement de quoi choquer un élève de 11 ans", témoigne Jean-François Launay, père d’un des élèves qui se trouvaient dans la salle de classe lundi.

Le professeur "a été exclu une journée"

"Lundi soir, mon fils est rentré du collège visiblement gêné, pas bien. Je l’ai donc interrogé et il m’a raconté que son prof de maths leur avait diffusé un film d’horreur pendant le cours", confie le parent d’élève à Europe1.fr. "En ce moment les professeurs assistent aux conseils de classe, donc les cours sont un peu raccourcis ou interrompus", précise le père de l’élève de sixième qui a aussitôt contacté la direction du collège.



La Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE) du collège a confirmé l’ "incident" à Europe1.fr. "Le professeur a, pour le moment, été exclu une journée", nous explique-t-on. "Et nous sommes en train de voir quelle suite légale nous pouvons donner à cette histoire", ajoute-t-on. Le principal "m’a assuré que le professeur était convoqué mardi matin et suspendu dans la foulée, le temps qu’il y ait une enquête administrative", abonde Jean-François Launay.

Un élève propose, le prof laisse faire
Il a rasé sa moustache...
"L'élève est au centre du processus pédagogique" depuis que Jospin a bombardé Philippe Mérieu grand maître des IUFM. Contactée par Europe1.fr, la direction du collège se refuse à faire le moindre commentaire. Le chef d'établissement précise, néanmoins, être en contact sur ce sujet avec le rectorat de Versailles. Selon le rectorat, c'est un élève de la classe qui aurait proposé de regarder ce film sur un site internet de streaming. Le professeur aurait laissé faire. L'adulte n'est plus maître de sa classe.

Situé en zone prioritaire d’éducation (ZEP), le collège est réputé pour accueillir quelques élèves difficiles. "Mais compte tenu de la situation et ses moyens, l’équipe enseignante et encadrante a toujours fait un très bon travail", se félicite Jean-François Launay, pour qui c’est un "dérapage" isolé.

dimanche 15 juillet 2012

Education nationale cherche professeurs désespérément

Salaires, valorisation du métier, rien ne suscite des vocations d'enseignants




Il conviendrait de détecter
les candidats incapables d'enseigner




Le métier d'enseignant attire de moins en moins:
faibles salaires, conditions de travail détériorées, formation bouleversée, dégradation du comportement des élèves... Les motifs de crise des vocations sont nombreux et les solutions difficiles à mettre en place.
A la rentrée 2012, les postes d'enseignants de collèges et lycées ne seront pas tous pourvus par concours, faute de candidats: aux concours du CAPES externe, 706 postes sont restés vacants, soit 15% des postes à pourvoir.
C'est un peu moins qu'en 2011, mais la pénurie pénalise des disciplines fondamentales comme les mathématiques, les lettres et l'anglais.
La France n'est pas le seul pays dans ce cas
L'OCDE qui suggère d'offrir de "meilleures perspectives en termes de statut, d'autonomie professionnelle et de carrière", dans un rapport publié en mars sur les enseignants et les dirigeants de l'enseignement du XXIème siècle.
En Finlande, les enseignants bénéficient d'un statut social supérieur à celui de la plupart des professions. Singapour assure aux élèves-enseignants une rémunération mensuelle qui rivalise avec les salaires des nouveaux diplômés dans d'autres secteurs.
Il est primordial d'améliorer les rémunérations, préconise l'OCDE. Les salaires des enseignants français sont parmi les plus faibles des pays de l'organisation, et ils reculent depuis 1995.
Malgré la revalorisation des débuts de carrière par la droite, les enseignants débutants gagnent "à peine 1.500 euros nets par mois", dit Hubert Raguin, du syndicat FO. "L'image du métier d'enseignant dépend beaucoup de son niveau de rémunération et de ses conditions de travail qui sont mauvaises à cause des suppressions de postes drastiques. Or ces sujets sont dramatiquement absents de la concertation lancée par Vincent Peillon", ajoute-t-il.
"Une autre conception du métier"
Augmenter le salaire de 800.000 enseignants a une lourde incidence budgétaire. "On ne s'interdit pas d'y penser", avait déclaré V. Peillon, mais c'était pendant la campagne présidentielle à propos d'une revalorisation salariale.
La présenatation qu'a faite la gauche de la réforme de la formation des enseignants ("masterisation"), a contribué à décourager les vocations. Depuis 2010, les études durent cinq ans après le bac au lieu de trois, mais l'année de stage est supprimée. Les enseignants débutants se retrouvent sans préparation pédagogique devant une classe, mais les IUFM proposaient une formation théorique inadaptée à la demande des élèves-enseignants.
En outre, l'argument crème-à-la crème d'un financement difficile d'études longues par des jeunes d'origine modeste ne tient pas la route. D'une part, il peut s'appliquer quelque soit la filière et la charge est moindre pour une formation d'enseignant que pour celle en école d'ingénieur ou de commerce. Le métier d'enseignant était pour eux "un ascenseur social", avance Christian Chevalier (SE-UNSA), qui accueille favorablement le projet d'un pré-recrutement dès la troisième année de licence, - au niveau donc du nouveau système en vigueur -, mais assorti d'une rémunération, envisagée par le gouvernement. Ce qui ne règle toujours pas la question de la formation des enseignants.
Dans ce contexte, mettre en oeuvre la promesse du gouvernement de créer 60.000 postes sur cinq ans, d'enseignants, s'annonce d'autant plus délicate que le coup de pouce n'est pas prévu essentiellement pour des professeurs, mais plutôt pour des infirmières et des personnels d'encadrement.
Marie Duru-Bellat, sociologue, dénonce "la gestion des ressources humaines catastrophique de l'Education nationale" - en cogestion avec les syndicats (dont la FSU, classée très à gauche): "d'un simple point de vue de bon sens, les conditions de premier exercice décourageraient un régiment", prétend-elle. "Il faut voir les jeunes enseignants en région parisienne, affectés à deux établissements où ils trouvent des élèves debout sur les tables". Il faut dire en contrepartie que les conseillers principaux d'éducations se plaisent à faire davantage de psychologie, dévoreuse de temps, que d'encadrement et de surveillance: la prévention ne semble pas avoir produit les effets positifs escomptés...
"L'incapacité des différents gouvernements à maîtriser cette question de la vie scolaire et des comportements des élèves est une cause essentielle de la baisse des vocations à partir de 2000", relève Jean-Pierre Obin, inspecteur général honoraire, un dénigreur pourtant situé en responsabilité au sommet de la hiérarchie et a fortiori de discipline, jugée aussi vulgaire qu'une bonne orthographe !
Sans craindre la caricature, Jean-Louis Auduc, ancien directeur des études de l'IUFM de Créteil, critique "le manichéisme" qui fait que l'on est affecté "soit en ZEP soit en classe 'prépa' des lycées prestigieux parisiens". Ce type de remarque démagogique est symptomatique de l'état d'esprit "lutte des classes" qui sévissait dans les instituts de (dé)formation des "maîtres" qui ne maîtrisent plus rien. Il faudrait "pouvoir faire les deux, mais cela suppose une autre conception du métier". Grotesque ! A l'inverse, ne voit-on pas aussi bien de vieux agrégés dans des collèges. Ce sont donc plutôt les mentalités des enseignants qu'il conviendrait de faire évoluer et la responsabilité des directeurs des études de l'IUFM et des inspecteurs généraux est alors pleinement engagée.

samedi 20 mars 2010

Meirieu en Rhône Alpes ou le risque de transformation de la région en pétaudière IUFM

Ce qu'il faut savoir des antécédents du candidat Meirieu
Queyranne (PS), à gauche et Meirieu, à droite

Ex-maître à penser de Jospin, et vandale de l'Education Nationale
, Philippe Meirieu a fini directeur de l'IUFM de Lyon et grand défenseur des thèses pédagogistes (lire PaSiDupes). Le numéro 2 de la gauche cherche maintenant à sévir tous azimuts en Rhône-Alpes: il y est en effet tête de liste Europe Ecologie. Or, même des militants de gauche attachés à l'Ecole républicaine, comme Anne Frémaux, professeur de philosophie, prennent peur et mettent en garde contre un vote EE. S'inspirant d'un article de Paul Ariès, elle s'en explique dans Marianne 2.
Des mises en garde d'Anne Frémaux, nous ne retiendrons que ce qui est de nature à
prévenir les électeurs des risques d'un vote Europe Ecologie en Rhône Alpes singulièrement et au-delà de l'éducation.

D'abord, Philippe Meirieu, philosophe formé sur le tard, s'est insinué dans les sciences de l'éducation, qui sont aussi scientifiques que le tarot. Il a mené l'un de ces multiples combats des Anciens et des Modernes: les républicains ont donc eu a souffrir de son gang de « pédagogistes » bien en cour sous Jospin et à la FSU avec constance.

Macdonaldisation de la pensée

Meirieu peut être considéré comme l'introducteur, en France, des nouvelles pédagogies importées des Etats-Unis et dont la dangerosité a déjà été dénoncée par Hannah Arendt dès les années 60 : la gauche française est une plagiaire tardive.

L'idée photocopiée est la suivante : pour faire face à la massification de l'enseignement, il faudrait une « massification » de la culture.

Les enfants des milieux populaires n'étant pas jugés aptes à bénéficier d'une culture traditionnelle, « classique » (qui sera donc réservée aux élites bourgeoises), il faut leur offrir un apprentissage au rabais, adapté à leur milieu social et à leur niveau. P. Meirieu eut à ce sujet cette phrase malheureuse qu'il dit ensuite avoir regrettée : « les enfants des classes populaires peuvent très bien apprendre le Français dans des notices d'utilisation » . La « république du respect » est méprisante. Par chance, dans ce cas extrême, les électeurs abstentionnistes devraient inconsciemment mettre la région à l'abri des risques afférents à la massification dans ce genre d'esprit perturbé là.

Cette idéologie utilitaire fut affublée d'un vocabulaire aussi dangereux qu' imbécile : ainsi un élève n'est plus un « élève » mais un « apprenant » (dimension active censée masquer la réelle inertie du dit-élève), un ballon n'est plus un ballon mais un « référentiel bondissant », un « stylo» est devenu un « outil scripteur », autant de mots savants censés donner une légitimité scientifique à des experts ès éducation qui n'ont jamais vu un « apprenant » de leur vie.
Le politiquement correct sombre dans des abîmes que l'électeur devra prendre en compte, à temps.

Le savoir sacrifié

Philippe Meirieu,
bras croisés,
dans une attitude
anti-pédagogique
de refus
et d'autorité,
pédo-
pychologiquement
négative !
L'apprenant, grâce à P. Meirieu, gourou des IUFM (loi d'orientation de 1989) est placé « au centre du système éducatif » et prend la place de l'enseignant, du savoir et de la culture.
Il met surtout un terme à cet insupportable rapport dominant-dominé, puisque les « maîtres » avaient l'arrogance de transmettre des savoirs officiels et des connaissances de classe à des élèves assujettis: les innocents croyaient élever l'âme des petits ignorants. Ils se virent reprochés de les instruire et invités à se contenter de les éduquer. Les professeurs « désobéisseurs » et les « citoyens vigilants » ont ainsi été ré-éduqués à cette école.

L'école n'est donc plus un lieu de « transmission du savoir » (le savoir étant considéré comme rébarbatif comme tout ce qui a trait à la contrainte éducative) mais un « lieu de vie » sociale où nos jeunes sont censés s'épanouir de façon ludique. Les jeunes enseignants IUFMisés sont descendus de leurs estrades, ont cédé la parole aux enfants et n'ont plus été autorisés à corriger en rouge, à noter en dessous de 10/20 et à traumatiser les chers petits avec ce mot tabou de « travail ».
Exit donc l'effort, l'autorité de l'adulte, le par-cœur, les classiques, les cours magistraux... Bienvenue le ludique, les romans de gare étudiés en classe, la disposition de classe en U pour faire plus « cool », l'interactivité (c'est-à-dire les cours transformés en café du commerce...) et les TIC (technologies de l'information et de la communication : vaste programme présenté comme un sésame qui consiste à planter les élèves devant des ordinateurs ou des films au lieu d'expliquer et les « évaluations »les acquisitions ...). Logiquement, les « désobéisseurs » se sont depuis rebellés contre les tentatives de l'administration de contrôler les apprenants et les éducateurs. Les pétaudières scolaires ne demandent qu'a s'ouvrir sur Rhône Alpes et à gangréner la région.

Pour faire jeune et moderne, à défaut de rénovation, il s'agit de laisser croire que tout dans la vie peut s'obtenir sans effort, de façon agréable, ludique et conviviale. C'est à l’enfant, dès lors, qu'il appartiendra, de faire ses propres expériences, ce qui consiste à tout discuter et contester. L'écoutant adulte se 'cantonne' à l'orientation sournoise vers des sujets porteurs d'endoctrinement. L'éducation civique se meut en formation à la contestation et au jugement conforme à l'idéologie dominante. L'adulte référent ré-éduque les esprits déviants et valorise les bien-pensants. Les réfractaires apprennent à leurs dépens dès l'école ce qu'il en coûte de résister au lavage de cerveau par les livres, les videos et les activités collectives d'endoctrinement socio-politique. C'est ce qu'en entreprise, on appelle harcèlement et mise au placard.
Très tôt, les thèmes porteurs sont le travail des enfants, les enfants soldats, les enfants battus, puis l'inégalité homme-femme, la parité, la sous-représentation des femmes dans les conseils d'administration, le racisme, le colonialisme, le devoir de mémoire, le droit d'ingérence et le mouvement associatif, etc... La lecture globale est supposée accélérer l'apprentissage des néo-arrivants, mais ne réussit qu'à couler les classes d'âge successives aussi sûrement que les "maths modernes" et le temps manque évidemment pour l'orthographe ou l'arithmétique dont l'évaluation révèle aisément un désert de type sub-saharien.
Les 35 heures procèdent de cet état d'esprit, si bien qu'à l'arrivée de la crise internationale, nous nous sommes trouvés aussi bien préparés que nos ancêtres par les pacifistes de l'entre-deux guerres, sans chars face au nazisme. Meirieu et Romain Rolland ou Roger Martin du Gard, mêmes effets, mêmes dangers. Lire PaSiDupes
Rhône-Alpins, la gauche hurlera à l'amalgame, mais vous voilà prévenus.

Pour en finir avec notre éloge à Meirieu pour ce tableau noir de l'éducation au temps du manque de moyens, mais du tableau blanc informatique (TBI), nous dénonçons l'idéologie pédagogique de P. Meirieux qu'il serait bien capable de cloner à tous les secteurs d'activité de Rhône-Alpes. Il est pourtant en grande partie responsable des dysfonctionnements et de la violence que nous rencontrons aujourd'hui à l'école. Pour ceux qui ne sont pas convaincus de la nocivité des méthodes « pédagogistes », il est recommandé de voir le film, « La journée de la jupe » (avec I. Adjani), évidemment moins bien diffusé que « Entre les Murs », à la gloire des pédagogistes et de son principal anti-héros subliminal,
Meirieu, qui le renie !
Amis Rhône-Alpins, à bon entendeur, salut !

vendredi 4 septembre 2009

Rentrée scolaire 2009-2010: un exemple à suivre

Meirieu, Jospin et Bayrou peuvent prendre de la graine

Voici un article du journal Le Monde en date du 19 Juin 2009.
Son accès est payant sur le site du quotidien de centre gauche, mais les blogs jouent leur rôle social... cf. lien mestasdetrucs)

Titre:
Bachotage gagnant

C'est un petit lycée au fin fond de l'Ardèche, qui figure dans le peloton de tête des classements, avec 100 % de réussite au bac. Au Cheylard, un proviseur, aujourd'hui à la retraite, a introduit une méthode pédagogique fondée sur les techniques d'apprentissage. [Lien Le Figaro: ses résultats]
C'est l'heure des révisions. Les réponses fusent aussi vite que les questions. Adam Smith, Max Weber, la crise actuelle et les emplois " atypiques " en " forte croissance "... Les élèves de cette terminale ES ont apparemment bien assimilé leur programme de sciences économiques et sociales. A quelques jours du bac, ils semblent parfaitement détendus. " On a parfois l'impression que nos profs sont plus inquiets que nous ", avance un élève, bravache. Eux sont plutôt sûrs d'eux. Ils vont l'avoir, le bac, ils doivent l'avoir.
Depuis cinq ans, pas un élève de leur lycée, au Cheylard, en Ardèche, n'a échoué au bac ES ; depuis trois ans, ils sont même plus de 70 % à l'obtenir avec mention ; mieux, en 2008, les élèves des quatre classes de terminale (S, ES, L et STI génie électrotechnique) ont réussi un 100 % au bac.
Ces excellents résultats ont valu à ce petit établissement (357 élèves) une certaine réputation : il s'est retrouvé en deuxième position du classement national publié en avril par L'Express, ex-aequo avec le lycée de Thizy (Rhône), et derrière le lycée Vauban de Pontoise (Val-d'Oise).
" Ce n'est qu'un classement, avec des données qui peuvent être discutées, mais on est beaucoup mieux dans notre peau en étant deuxième qu'en étant 1 500e ", souligne Nicolas Chastel, le proviseur du lycée. Parmi ces données, la mesure de la " capacité de l'établissement à faire progresser les élèves " est sans doute la plus discutable. Mais, assure Jean-Pascal Tshishiku, professeur de physique appliquée au Cheylard, " beaucoup d'élèves qui n'auraient pas réussi ailleurs marchent bien ici ".
Et cela se sait. Des familles se démènent pour que leurs enfants aient de la place dans ce lycée. Ainsi Mylène. En classe d'économie, elle est installée au fond de la classe. Ni cancre ni timide, elle est ce qu'on appelle une bonne élève. Bons résultats et beaucoup de volonté : c'est elle-même qui a décidé de quitter son établissement d' "en bas " - la vallée du Rhône - pour venir ici, au Cheylard, loin de tout. " Je n'étais pas à l'aise dans mon ancien lycée, explique-t-elle sans gêne. On n'était pas encadrés, il y avait un gros laxisme de l'équipe enseignante. " Florian, lui, était en échec scolaire, en Haute-Loire : " Je ne travaillais pas du tout, je n'avais aucun objectif. " Tous deux connaissaient le lycée du Cheylard " de réputation ". Ils ont tenu à y " monter ".
Le Cheylard est à " plus de 500 virages " de la vallée du Rhône, disent ceux qui ont compté. Plus d'une heure de route tortueuse et voici un bourg industriel (environ 3 500 habitants) niché dans les montagnes du nord-ouest de l'Ardèche. Une petite société bien enracinée autour de la vie paysanne et de trois grosses entreprises à capitaux familiaux ; un monde resté à l'écart de la France mondialisée et métissée ; un microcosme qu'aucune vague d'immigration n'a jamais atteint. " Une autre planète ", " une île " : ce sont les mots des professeurs du Cheylard pour décrire leurs conditions de travail.
Ils ne parlent pas tellement de leur splendide isolement ou du décor - les fenêtres de leurs salles de classe donnent sur des forêts de pins douglas et de châtaigniers - mais de ce qu'ils voient comme un particularisme bienvenu : ils consacrent 100 % de leur temps à l'enseignement. La commission de discipline du lycée ne se réunit jamais. Partout, dans le hall d'entrée, les sacs des élèves traînent par terre, apparemment en toute confiance. Les portiques desécurité dont on parle à la télé, ça les fait donc " plutôt sourire ". " Ça paraît tellement loin... ", constate Elodie Lavenent, 35 ans, professeure d'anglais.
" Nous avons des élèves entre guillemets "normaux" ", ajoute Marie-Hélène André-Veglio, une jeune professeure de mathématiques. " On n'a pas les soucis de la vallée du Rhône, avec l'agressivité, les violences, dit le maire, Jacques Chabal (UMP). On a beaucoup moins de problèmes de drogue, un peu de fumette, c'est tout. " " Il y a beaucoup de fumette, rectifie un habitué du coin, et aussi des violences paysannes. " Mais très rarement au lycée, situé en contrebas du centre-ville. " C'est le rêve ici, je crois que je ne partirai pas avant longtemps, lance David Méchin, 29 ans, agrégé d'histoire-géographie. On m'avait prévenu, Le Cheylard, personne ne veut y aller, et ensuite plus personne ne veut partir. " Sur les douze professeurs qui ont essuyé les plâtres à l'ouverture du lycée, en 1998, huit sont encore là, onze ans plus tard.
Ce lycée faiseur de miracles, l'éducation nationale n'en voulait pas il y a une quinzaine d'années, quand élus locaux, chefs d'entreprise et parents d'élèves ont fait campagne pour obtenir un lycée près de chez eux. Une sorte d'union sacrée s'était constituée autour du maire. Question de prestige local pour l'élu. Question pratique pour les parents d'élèves, las de voir leurs enfants s'en aller le lundi à l'aube en autocar pour ne revenir que le vendredi soir. Question d'avenir pour les entreprises, soucieuses d'attirer des cadres et de trouver sur place des employés mieux instruits, mieux formés. Pour appuyer le dossier, elles ont promis de verser au futur établissement la totalité de la taxe d'apprentissage, soit 60 000 euros par an, ce qui en fait un lycée très bien équipé.
" On me disait, on va avoir un petit lycée avec des enseignants en préretraite ", se souvient le maire. A l'ouverture, en 1998, il a rencontré des profs étonnamment jeunes. Et réceptifs, ajoute le deuxième proviseur du lycée, Jacques Fiol, arrivé en 2002 : " Il y avait une énergie folle, deux bonnes idées par semaine. " Les résultats des premières cohortes d'élèves n'avaient rien d'extraordinaire, loin de là. Diagnostic du proviseur Fiol : " Les élèves ne comprenaient pas ce qu'on attendait d'eux. Certains ne savaient pas apprendre. On leur a donné des outils. "
Dans le projet d'établissement, cela s'écrit " la méthodologie ". Des profs appellent ça " du coaching ". En pratique, c'est une heure hebdomadaire pour enseigner aux élèves de seconde comment travailler le soir à la maison. Apprendre à apprendre. " On nous montre comment faire des abréviations, comment sélectionner les informations, faire des synthèses ", explique Alizée. " On nous explique qu'il faut travailler dix à douze heures chaque semaine chez nous, ça choque !, ajoute Claire. Mais petit à petit, on se sent poussés. "
Un devoir commun organisé à la fin du premier trimestre permet aux plus récalcitrants de constater leur retard. Et de réagir. " Une méthode basique, insiste M. Fiol. Une méthode qu'on pourrait appliquer partout. Enfin, partout où le prof peut faire son cours... "
Les parents d'élèves adorent " la méthodo ". Même ceux dont les enfants peinent à suivre, assure Patrick Viennet, le conseiller principal d'éducation : " Sur 150 élèves de seconde, on voit une quarantaine de familles d'enfants en difficulté scolaire. 95 % des parents convoqués viennent aux rendez-vous. Ils comprennent bien l'enjeu, ils enlèvent l'ordinateur de la chambre de leur enfant. " Les autres ? Des futurs redoublants, en général. Ou des élèves dirigés vers d'autres filières. Pas plus qu'ailleurs dans l'académie de Grenoble, assure M. Viennet, qui réfute le reproche d'" élitisme ".
Mylène et Florian, comme tous ceux arrivés en cours de cycle, ont eu " un peu de mal " avec la " méthodo " et l'ambiance générale de travail. " Ça fait bizarre ", admet Mylène. " Je contestais l'autorité des profs, j'ai été vite recadré ", sourit Florian. Aujourd'hui, il parle plutôt des rapports de " complicité " qu'il entretient avec les enseignants. " On prévient les parents, on prône l'autonomie des élèves, mais attention, on n'est pas laxistes ", insiste Christophe Moulet, professeur d'économie.
L'adaptation ne se fait pas toujours aussi facilement. " Il y a forcément un côté obscur, relève un élève éluau conseil de vie lycéenne. Les profs mettent la barre très haut. Nous, on saute pour essayer de l'atteindre et ça ne se passe pas toujours très bien. " " L'an dernier, j'ai pris des antidépresseurs, avoue une jeune fille de terminale. Je venais d'un autre lycée et ma moyenne était brusquement descendue de 12 à 8. " Cela va mieux depuis qu'elle a compris tout le parti qu'elle pouvait tirer de la " méthodo ". Elle montre un classeur mauve garni de fiches roses, autant de résumés de ses cours. Elle en a un pour chaque matière, qu'elle met à jour " chaque soir ". " Ça demande une certaine endurance ", apprécie M. Moulet.
En quelques années, le discours de la méthodologie a incontestablement pris. Les résultats sont là pour le prouver. Mais aux yeux de Gilles Charreyre, 58 ans, agrégé de mathématiques, " on dramatise " à l'excès la question de la réussite aux examens : " On veut du chiffre, regrette-t-il. On regarde les résultats et c'est tout. On ne regarde jamais si on a su développer la curiosité ou l'esprit critique de nos élèves, si on les a intéressés à la matière. Mais nos vraies valeurs, c'est de faire passer de l'éducation, pas de faire réussir un examen à n'importe quel prix. " " Il ne faut pas exagérer, réplique Jacques Fiol, le père de la " méthodo ", aujourd'hui retraité à Valence, dans la Drôme. Notre mission consiste à prendre les élèves comme ils sont et à les former le mieux possible pour la suite. C'est vrai qu'on fait du bachotage, mais est-ce une erreur ? "
Ses détracteurs disent " pression ", il répond " exigence ". Pendant ses cinq ans passés au Cheylard, ce " républicain de gauche " a cru revivre, dit-il pour s'en féliciter, " les années 1970 ".
Eric Collier Le Cheylard (Ardèche), envoyé spécial
Merci au blog gratuit: mestasdetrucs

LIRE aussi La Dépêche
Ainsi, 500 virages suffisent-ils à se dégager de l'influence néfaste des professeurs d'IUFM. L'un d'entre eux pèse sur la formation des professeurs depuis Lyon. Mais ce que des Ardéchois ont réussi, les autres Français doivent pouvoir le réaliser. Mais encore faut-il mettre au panier les théories de Philippe Merieu: n'a-t-il pas droit à la retraite ?
Ce gourou de l'Education Nationale sous Jospin et Bayrou est l'inspirateur de réformes pédagogiques (instauration des modules au lycée, ainsi que de la création des désastreux IUFM (Instituts universitaires de (dé)formation des maïtres) au début des années 1990. Il continue à sévir aux fonctions de professeur en sciences de l'éducation à l'Université Lumière-Lyon.
Meirieu se définit lui-même comme un militant et un homme de gauche.
Un nombre grandissant d'enseignants ose aujourd'hui contester les théories éducatives de Meirieu (né en 1949), basées sur l'«apprenant » plutôt que sur des savoirs fondamentaux. « Philippe Meirieu a été très souvent pris à parti par les “républicains” ou les “disciplinaristes” qui dénoncent sa contribution active à la baisse du niveau des élèves ainsi et à l'effondrement de l'autorité des enseignants par son idéologie “pédagogiste”, égalitariste et démagogique ». Le maître devrait s'effacer et se mettre à l'écoute de l'apprenant qu'il place au centre du dispositif. Séduisant et démagogique, mais aux effets ravageurs. Des enseignants tels que Natacha Polony, Agnès Joste, Jean-Paul Brighelli, et Christine Tasin ,dénoncent sa responsabilité lourde dans l'acultration de plusieurs générations de Français, le recul de l'Education Nationale et la montée de la violence à l'école.
De vives polémiques ont en outre opposé le philosophe Alain Finkielkraut à Philippe Meirieu.
Dans un ouvrage intitulé Une voix qui vient de l'autre rive (Gallimard), Alain Finkielkraut osa s'opposer aux théories de Meirieu et à ses belles phrases-choc, excessives et caricaturales, telles que « dans les sociétés démocratiques, l'éducation ne peut être assimilée au dressage. » Dans une lettre ouverte du 8 mai 2000 au philosophe publiée dans Le Monde, le pédago s'insurgea et contesta l'esprit démocrate de Finkelkraut mais se posa ensuite en critique des dérives de la pédagogie dont il fut largement à l'origine. Tout dire et son contraire est ainsi le comble de l'irresponsabilité triomphante.

VOIR et ENTENDRE un entretien sur mesure et complaisant. Le journaliste est tout sauf impertinent, pour changer...



VOIR et ENTENDRE maintenant un entretien accordé par André Bercoff:



Le pouvoir politique qui accorda sa confiance au pédago-démago, dont nous ne manquons pas désormais de copies conformes, et cautionna tous les ravages dont l'Education Nationale ne parvient toujours pas à récupérer, ne peut se croire exempt de reproches.
Lionel Jospin devra rendre compte devant les générations sinistrées, aussi sûrement que Philippe Meirieu qui aura fait autant de dégâts que les maths modernes ( à partir des années 1960 et jusqu'en 1983) ou la méthode globale de lecture -inspirée de la méthode Decroly- qui est accusée de provoquer dyslexie et dysorthographie et qui
Après Alain Savary (1981-1984) et Jean-Pierre Chevènement (1984-1986), Jospin fut ministre de l'Education de Mitterrand de mai 1988 à avril 1992 et partage la responsabilité avec également François Bayrou qui fut son successeur impuissant de 1993 à 1997...
  • Nous devons en revanche à Gilles de Robien, ministre de l'Éducation, la décision en 2005 d' « abandonner une fois pour toutes la méthode globale». Elle avait été progressivement étendue dans les années 1980 avec l'arrivée des socialistes.
  • Le collectif Sauver les lettres milite pour un abandon de la méthode. Fanny Capel, cofondatrice du collectif et agrégée de lettres classiques, affirme que « la méthode globale donne de mauvais réflexes aux enfants. Certains sont même dégoûtés de la lecture. D'ailleurs les chiffres sont parlants : en 2002, 17,5 % des élèves de 6e étaient illettrés. »