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lundi 2 septembre 2019

Assurance scolaire - Attention, parents d'élèves, la MAE ne vous apporte pas forcément un plus

Le démarchage de la MAE à la télévision est une arnaque

Résultat de recherche d'images pour "MAE"
La première fois n'est
pas toujours
un succès
La MAE a déjà commencé sa campagne en direction des parents d'élèves, mais l'assurance scolaire que cette mutuelle propose au forcing en milieu scolaire
et spécialement auprès des nouveaux parents stressés à l'entrée de leurs jeunes enfants, n'apporte probablement aucune garantie supplémentaire. 
Ce serait une escroquerie de vous faire croire le contraire.

Les parents pensent que deux précautions valent mieux qu'une et pensent acheter leur tranquillité d'esprit en souscrivant cette assurance, en particulier
à l'instigation des enseignants du primaire, qui ont 'conscience' d'accomplir leur mission en faveur, non point des enfants, mais de...leur syndicat. Car tout est noyauté et militant !

Une assurance est certes exigible par le chef d'établissement pour les activités et sorties facultatives (ex: classe de neige), mais elle ne l'est déjà plus dès lors qu'il s'agit d'activités obligatoires à l'intérieur de l'école (ex: éducation physique) pour les dommages subis et causés par votre enfant.

Une assurance complémentaire -du type MAE- n'est pas indispensable, puisque vos enfants sont déjà couverts par vos contrats de parent(s) en dehors de l'établissement scolaire (ex: activité scolaire facultative hors de l'école ou trajet sur le chemin de l'école).

Dès l'instant que vous avez une assurance responsabilité civile familiale, sans doute incluse dans votre contrat multirisque habitation et d'une "individuelle accidents"pour votre enfant, voire la famille entière, les dommages causés à d'autres par votre enfant sont couverts par votre assurance familiale. Vérifiez simplement que cette assurance protège effectivement votre enfant au cas où il se blesse -ce qui est assez évident-, mais qu'elle complète aussi les remboursements versés par la Sécurité Sociale.

Une assurance scolaire MAE, par exemple, n'est pas chère, mais fait certainement double emploi. 
Vous ne serez pas mieux couvert, ni indemnisé mieux, si vous souscrivez deux fois pour le même risque.L'ARS ne prévoit d'ailleurs pas de financer la souscription à la MAE... Pas encore !
En période de dépenses scolaires lourdes, n'avez-vous pas un usage plus utile de vos deniers?

mercredi 18 décembre 2013

Intégration : en mentant, Hollande nous manque de respect

Hollande substitue le mouvement associatif aux élus 

François Hollande a botté en touche 

face à la polémique suscitée par les rapports sur la politique d’intégration

Il affirme que ces propositions, révélés en exclusivité par Valeurs actuelles dès le 5 décembre , ne reflétent "pas du tout la position du gouvernement".

Valeurs Actuelles apporte la preuve de ses mensonges

Le locataire de l'Elysée a juste encore un trou de mémoire

Il a oublié que ce travail a été mené sous la tutelle de plusieurs ministères, qu’une des lettres de mission a été signée, le 5 août dernier, par… Manuel Valls et Marylise Lebranchu, et que Jean-Marc Ayrault lui-même avait confirmé sa "volonté de construire une nouvelle approche de la politique d’intégration en conformité avec les préconisations du rapport Tuot ".

Combien d'élus de la nation ?
Tous membres d'associations. Un rapide survol des personnalités ayant travaillé à ces rapports ou ayant été auditionnées permet d’ailleurs d’écarter définitivement la piste de l’ "accident" :

de Jacqueline Costa-Lascoux, qui trouva la charte de la laïcité de V. Peillon "une démarche très positive", est ex-présidente de la Ligue de l’enseignement, bras militant de l’action du Ministère de l’Éducation nationale, soutenue par la FCPE et confédération d'associations françaises d'éducation populaire et laïque qui participa avec le SNI (Syndicat national des instituteurs devenu SNU-ipp) à la création du Cartel d’action laïque (les CAL) et qui agglomère toujours une nébuleuse de réseaux sportifs (UFOLEP) ou culturels (Anacej ou Animafac) autour de la jeunesse (CISP) ;

à Salah Amokrane, coordonnateur de l’association Tackticollectif et fondateur du parti de gauche Motivé-e-s, mouvement de gauche alternative fondé en 2001 à Toulouse autour des musiciens du groupe Zebda;

en passant par Jamel Oubechou, ancien conseiller d’Hubert Védrine, président de l’association Génériques, association spécialisée dans l’histoire et la mémoire de l’immigration en France et en Europe et président de l’Institut des cultures d’islam, installé à la Goutte d'Or, qui a pour ambition de faire émerger à Paris un lieu dédié à la création et la diffusion des cultures contemporaines en lien avec le monde musulman,

ou Bruno Laforesterie, président de l’association Hip-Hop Citoyens, ancien directeur de la radio Générations et ancien conseiller de Hollande, tous, ou presque, sont issus des milieux associatif, universitaire, droit-de-l’hommiste, culturel… 

Ce "peuple de gauche" défini par le think tank Terra Nova.

Hollande avait promis de favoriser le mouvement associatif
Mais au point de le substituer au Parlement, est-ce républicain et constitutionnel ?


mardi 26 novembre 2013

Réforme des rythmes scolaires: les instits repartent en grève le jeudi 5 décembre

Le syndicat d'enseignants du primaire demande à Peillon de renoncer à généraliser sa réforme

Le SNU-ipp appelle à la grève nationale le 5 décembre.

"La priorité au primaire ne peut pas se résumer à une réforme des rythmes mal pensée et contestée", souligne jeudi 21 ce syndicat de la FSU, suiveur de la CGT. "Pendant ce temps-là, la nécessaire transformation de l'école reste à quai et ce d'autant que l'investissement budgétaire ne se traduit pas encore par une vraie 'priorité au primaire'".

La réforme des rythmes scolaires voulue par Peillon remet en place une demi-journée de classe supplémentaire, supprimée en 2008, afin d'alléger des journées surchargées peu propices aux apprentissages. Mais la gauche socialo-écolo cherche à retablir son ascendant sur les familles en reprenant en mains l'encadrement des enfants à des fins de rééducation.

Il dénonce des mesures "décevantes" pour la direction et le fonctionnement de l'école 
Peillon, clairement,
a un problème...
Ainsi pointe-t-il une "formation continue en panne" et des effectifs dans les classes qui resteraient chargés, malgré les créations de postes qui creusent la dette publique. Le budget 2013, voté le 20 décembre 2012 par le Parlement prévoit 10.000 créations de postes (sur 30.000) pour le secondaire, dont 8.781 pour l'Education nationale. Ce sont des contrats aidés, donc des contrats précaires, de vingt heures par semaine et d'une durée de deux ans maximum. La "gauche sociale" renoue ainsi avec les CDD, dont les perspectives d'emplois en bout de course sont très incertaines...  

Le primaire se sent lésé, car les quelque 8.000 postes qui sont prévus au budget 2013, seront affectés à des enseignants du secondaire.
 
Un gros renfort apparent, mais en personnels précaires, donc, pour agir temporairement sur les chiffres du chômage chez les jeunes, dont la gauche nous certifie qu'ils baissent... Mais combien de ces nouveaux emplois seront pérennes? Ces postes précaires n'ajoutent pas grand chose sur le long terme aux 60.000 postes de fonctionnaires annoncés sur le quinquennat. 
Quelque 500 nouveaux emplois sont également prévus pour les auxiliaires de vie scolaire, les personnels administratifs et médico-sociaux. Des créations de postes donc, mais moins sensationnelles que ce que le ministre a voulu laisser croire…

A l'heure actuelle,
 seulement 
quelque 4.000 communes (soit 20% des élèves) appliquent la réforme des rythmes scolaires qui signe le retour à la semaine de 4,5 jours. Le pouvoir fait valoir que plus de 80% de ces communes pionnières se déclarent satisfaites de son application, selon une enquête menée par l'Association des maires de France.  
Mais il ne précise évidemment pas que ce sont les plus miltantes, que le président e l'AMF est un UMP accommodant, mais que le premier vice-président délégué est André Laignel, membre du Parti socialiste. Ce maire vertueux est d'ailleurs l'auteur en 1981 de ce merveilleux aphorisme sanctionnant un démocrate, Jean Foyer, à propos des nationalisations: " il a juridiquement tort, car il est politiquement minoritaire."

Une réforme lourde à gérer, même par les maires godillots

Acculturation de la jeunesse
du Tibet par la Chine
La majorité des "pionniers" se plaint de "la grande complexité de mise en œuvre de la réforme" et de son coût pour les finances locales. Une grande surprise, sachant que Peillon assure avoir appliqué la méthode de concertation du gouvernement...

77% des communes volontaires admettent avoir des difficultés à financer la mise en œuvre
de ces nouveaux rythmes. Plus de six sur dix estiment dépenser entre 100 et 200 euros par enfant et par an. Soit un coût médian de 150 euros, calcule l'AMF. Une somme non répercutée sur les familles, puisque 80% des communes concernées ont opté pour la gratuité des activités périscolaires, mais qui vont comprendre pourquoi leurs impôts locaux montent en flèche. Dans le détail, moins de 15% des communes disent dépenser moins de 100 euros et 10%, en revanche, plus de 300 euros.

La plupart des communes moyennes et petites 
rencontrent les plus grandes difficultés à embaucher des animateurs compétents pour les activités périscolaires. Alors que plus de la moitié des villes ayant appliqué la réforme déclarent en avoir recruté, 40% disent avoir eu des difficultés dans leur démarche. Un constat moins vrai en milieu rural, où beaucoup de maires expliquent avoir été "seuls sur leur secteur" à appliquer la réforme. 
De leur côté, les enseignants ne participent  à ces activités que dans 20% des communes. Une proportion qui grimpe à 55% dans les villes de plus de 30.000 habitants. La moitié des communes ont aussi rencontré "des problèmes de taille des locaux" pour l'exercice de ces activités qui, dans 90% des cas, ont lieu dans les écoles. 
Façonnage précoce des esprits
à la théorie du genre
Les maires doivent faire appel aux associations locales et les MJC participent à l'effort militant, mais avec un taux d'encadrement proche de la prise de risques. Il se trouve que Hollande a justement promis de développer la participation des réseaux associatifs dans la vie publique et d'augmenter les aides : il a simplement mis la charrue avant les boeufs... 

L'organisation du temps scolaire est inégalitaire
La participation aux activités péri-scolaire est volontaire. Selon l'AMF, "plus de la moitié des communes déclarent que le taux de fréquentation dépasse 85%", surtout sur la plage médiane du déjeuner. 15% des villes signalent une fréquentation inférieure à 50%.
 
Les prestations sont très diverses et de qualité souvent médiocre, d'une municipalité à l'autre. Entre les activités périscolaires de 45 minutes quatre fois par semaine, après la scolarité, et celles qui sont intercalées en début d'après-midi, toute la palette des formules est expérimentée. Outre qu'il n'est pas rare que les activités proposées soient improvisées et fantaisistes, dy type atelier vernis à ongles pour les garçons, et haïkido pour les filles, et rythmes africains pour tous, "le modèle initialement présenté par l'Éducation nationale de répartition du temps libéré en tranches de 45 minutes sur quatre jours n'est finalement retenu que par une commune sur deux", commente l'association.

Le SNU-ipp confirme les difficultés de financement.

Vincent Peillon est-il justifié par conséquent à dénoncer "la petite délinquance civique" des 55 premiers maires, étiquettés de droite ou sans étiquette, regroupés au sein du "Collectif contre la réforme des rythmes scolaires", qui refusent d'appliquer la réforme des rythmes scolaires, alors que parents et enseignants poursuivent leur fronde, avec une grève nationale prévue le jeudi 5 décembre, après les premières séries de deux jours de mobilisation les 12, 13, 14 et 20 novembre, qui ont peu mobilisé les parents d'élèves en premier, les instits et les personnels municipaux ensuite. Lien PaSiDupes
Le mardi 12 novembre, les animateurs de la Ville de Paris ont commencé l'opération. L'UNSA et de la CGT demandaient une "amélioration des conditions de travail" et une "juste rétribution". Et le 13 novembre encore à Paris, un rassemblement était organisé devant l'Hôtel de Ville, avant un défilé vers le ministère. Mercredi également, des collectifs de parents ont contesté la réforme appellant sur Facebook à ne pas mettre les enfants à l'école et à bloquer les établissements. Jeudi, d'autres sections du SNUipp-FSU appellaient à la grève. CGT, FO, Sud et Faen, minoritaires dans l'éducation, appellaient en même temps à une grève nationale pour l'abrogation du décret. La CGT et Sud appellaient aussi les animateurs et Atsem (aides en maternelle) à la grève nationale: la cantine et autres activités périscolaires ont puêtre perturbées. Sud, minoritaire, appellait à faire grève contre une journée de rattrapage du lundi de la rentrée.
La grève a été suivie au niveau national par 25% des enseignants des écoles et par 50% à Paris, mais c'est selon le ministère.
Les participants du 5 décembre seront-ils mal notés et stigmatisés comme "factieux" ?

Réforme de la lecture: l'inspection des instits n'est pas fameuse

La critique des enseignants à nouveau possible

20 % des enfants ne maîtrisent pas les fondamentaux en fin de CM2
Le ministre Peillon a-t-il fait une nouvelle erreur de diagnostic? 
Le ministre a prévu de revoir les programmes du primaire, alors qu'il se confirme que c'est la formation des enseignants qu'il faudrait revoir ? Mais Peillon bat en retraite face au mamouth. La question des rythmes scolaires lui a aliéné la grande majorité des instits, alors il refuse de se poser maintenant celles qui les met en cause. La lecture du rapport saignant de l'Inspection générale de l'Education nationale le décidera-t-il à l'affrontement ?

Sous le titre "École primaire : le rapport qui accuse"le site internet du Monde a révélé  la semaine dernière ce qui bloque.
Premiers cités à comparaître : les professeurs des écoles. Ils se sont fait bombarder "professeurs" pour être mieux payés, mais les instituteurs ne sont pas pour autant devenus meilleurs, selon les inspecteurs qui en ont inspecté des dizaines et ont visité autant d'écoles, dans toute la France. Leur jugement est sévère. Il apparaît en fait que tout ce qui va dans le sens d'une plus grande autonomie des établissements est facteur de désorganisation. 
Il faut en outre déplorer que cette dérégulation a favorisé l'interprétation et la dénaturation de la plupart des nouveautés introduites ces dernières années sous la pression pourtant du SNU-ipp.  

Les principaux échecs

La lecture, pourtant priorité des priorités.
Si on fait abstraction du grignotage du temps réél consacré aux enseignements fondamentaux par l'éveil et les animations, la lecture occuperait bien la majorité du temps d'enseignement dans les premières années mais, selon le rapport, "la majorité des maîtres ne dispose pas des cadres théoriques minimaux, ce qui ne leur permet pas d'être lucides quant à leurs pratiques."

En clair chacun bricole dans son coin en fonction de son idéologie personnelle, pour le meilleur et pour le pire, au risque de discontinuité et de confusion chez l'apprenant, sans avoir vraiment métabolisé les tenants et les aboutissants des méthodes préconisées et laissées au libre choix des enseignants, meême débutants qui ne dominent pas le sujet, faute du recul de l'exprience et d'unité des pratiques en travail d'équipe.

La mise en cause de la
 formation nie le besoin d'un choix de méthode unique
L'enseignant revendique le droit d'être seul maître de son enseignement. Livré à lui-même, il n'est pas toujours au point et ne peut prendre en compte le suivi de son enseignement. Et, puisqu'il faut ménager les ego des instits, le reproche qui parcourt les 100 pages du rapport contourne cet état de fait qui nuit à tous les acteurs de l'éducation.  
Le rapport n'est pas non plus exempt 'arrières-pensées politiques
Il s'agit pour les rapporteurs de dénoncer un défaut de formation initiale depuis 2008, date de sa suppression par le ministère Darcos, qui prenait pourtant en compte l'inadaptation des IUFM, obsolètes, théoriques et donc coupés de la réalité concrète du terrain. Le rapport n'est pas non plus le premier à pointer un défaut plus ancien de formation continue à destination des enseignants déjà en poste, sans pour autant rappeler d'une part l'hostilité du SNU-ipp à une formation en dehors des heures de présence et, d'autre part, l'indignation des parents d'élèves qui doivent assurer la garde de leurs enfants pendant les temps de formation des maîtres. Résultat : les principales réformes menées "depuis dix ans" (et bien plus!) donnent des résultats modestes et surtout des avis contradictoires.

Exemple avec les langues vivantes, dont l'enseignement est censé avoir été généralisé. Les intervenants extérieurs, profs de collèges ou de lycées et natifs, ont été écartés pour laissé aus instits la haute main sur les écoles. La réalité de l'enseignement confié à des "professeurs" des écoles non spécialistes, est tellement contrastée et, souvent, tellement décevante, que les inspecteurs se demandent même s'il faut vraiment persévérer. Que dit le rapport? "Cet enseignement a incontestablement une apparence : les programmes, les horaires affichés, une certaine pratique dans les classes, un accompagnement didactique, une validation. Cependant, la réalité sur l'ensemble du territoire est si diverse que l'on peut se poser la question de savoir si les conditions sont réunies pour parler d'un véritable enseignement". Mais pourquoi ce qui est particulièrement vrai de l'enseignement de l'anglais, presqu'exclusivement, n'est-il pas admis de l'apprentissage de la langue maternelle ?  

Idem de l'instruction morale, qualifiée de "variable d'ajustement des horaires"
En clair, on en fait quand on a le temps.
On pourrait encore parler de la réalité du "socle commun de connaissances et de compétences", colonne vertébrale de la loi de 2005.
En fait, ce socle co-existe avec les programmes sans véritablement se confondre avec. On juge donc le scolaire au regard des programmes et on tente d'évaluer les à-côtés à partir du socle.

Le numérique, dont on parle beaucoup ?
Marginal. "Au cycle 2, 10 % des maîtres consultés par questionnaire disent mettre régulièrement leurs élèves en situation d'écrire avec un clavier (c'est une composante explicite du programme) et 54 % reconnaissent ne jamais le faire." Cette pratique est certes un variable d'ajustement, lorsqu'un directeur doit abandonner sa classe pour accomplir ses tâches administratives, mais cette évaluation du numérique est aussi tendancieuse que les autres car les enseignants ont souvent conservé leur engouement initial, d'autant que les logiciels se sont améliorés. Le rapport fait croire que l'usage de l'ordinateur resterait extrêmement limité dans la classe et quasiment réservé aux  enseignants qui s'en serviraient pour préparer leurs cours.
On commence à comprendre que ce rapport tend à dessiner les grands axes des futures coupes budgétaires...

Les plaintes des maîtres

Les inspecteurs ont-ils choisi leurs interlocuteurs ? 
"Manque de matériel aisément mobilisable, nécessité de travailler en groupes réduits dès que l'on recourt au numérique et temps à consentir pour cela". Le temps, qui revient d'ailleurs comme un leitmotiv dans les témoignages des enseignants qui ont le sentiment de courir en permanence après la montre. Ainsi les instits ne voudraient plus travailler à petits effectifs: qui peut y croire ?

Les programmes sont-ils trop lourds ou trop éparpillés ?
Le rapport ne tranche pas. Lourds ou légers, les programmes apparaissent finalement comme une donnée assez fictive. Et cela restera le cas tant que leur mise en œuvre, notamment en cas de changement, ne fera pas l'objet d'actions de formation robustes et massives, prétend le rapport, qui ne se risque pas à préconiser une reprise en main des professeurs.  Ne serait-ce que pour aider certains maîtres à profiter de ce qui est censé faire la force du primaire, à savoir la polyvalence des enseignants. Cette polyvalence ne supposerait-elle pas une révision du programme et des modalités du concours d'entrée dans la carrière? La prééminence du scientifique assure-t-elle en effet le recrutement d'enseignants motivés par l'apprentissage de la tecture ou des langues?

Les auteurs du rapport confirment que la formation demeure théorique. 
Outre que les formateurs se prennent aussi pour des professeurs d'Université face à des auditoires d'étudiants recrutés à la licence qui ne veulent d'ailleurs plus s'en laisser compter, la formation dispensée réussit certes à fabriquer des "hussards noirs de la république", mais échoue à armer les nouveaux maîtres de l'enseignement élémentaire face à des petits "apprenants" que Philippe Meirieu et Lionel Jospin ont placés "au centre du système éducatif" et qui, avec leurs parents, n'entendent pas le restituer aux "sachants. "

Le rapport ressert les critiques tarte à la crème rancies
"Les professeurs des écoles peinent incontestablement à exploiter les avantages liés à leur polyvalence: l'enseignement demeure scindé en champs disciplinaires trop cloisonnés. Les champs transversaux n'ont pas été déminés qu'ils sont prêts à reservir. L'intérêt de réinvestir ce qui a été appris en français vers les sciences ou, réciproquement, ce qui a été découvert en sciences dans des activités liées à la maitrise de la langue est sous-évalué, à moins que cette pratique ne se heurte à une véritable difficulté pédagogique nécessitant de véritables actions de formation." L'idée unique à tous les services ! Le rapport fait du neuf avec de l'ancien.

Enfin, le rapport ne manque pas d'être compassionnel et démagogue

Les inspecteurs s'auto-flagellent. Ils ont le sentiment que certains enfants sont littéralement sacrifiés sans que l'institution ne fasse rien: "Quelques professeurs des écoles, même s'ils sont très rares parmi ceux qui ont été rencontrés, n'ont pas eux-mêmes une maîtrise optimale de la langue, surtout à l'écrit, indiquent les auteurs du rapport. Ni le bac, ni le concours à bac +3 (avant l'année de formation), rien ne les a écartés. La majorité d'entre eux manquent de connaissances, ne perçoivent pas la langue comme un système et n'ont pas la vue d'ensemble qui leur permettrait d'établir une hiérarchisation entre les notions à étudier, une progression, des relations fructueuses entre domaines.

La querelle sur les rythmes scolaires avait-elle besoin de cette polémique?

A quinze jours d'une grève nationale dans le primaire, la parution de ce rapport n'est pas de nature à apaiser les instituteurs...
Cela ferait maintenant sept ans (ne calculez pas: c'est 2007 !) que le ministère ou l'Etat, sous diverses formes, critiquent fortement l'école primaire et le changement annoncé par Hollande n'y change rien. Et, selon certain ce rapport refléterait un formidable cynisme de l'institution qui adresse des reproches à des professeurs des écoles qui n'auraient pas été  formés... 
La vérité est en fait beaucoup plus embarrassante: plus ils sont formés longtemps, plus ils sont inadaptés. Le problème de la formation initiale et continue des enseignants durera aussi longtemps que l'idéologie marxisante  sapera une éventuelle "refondation" de l'école.

Devoir de mémoire
Les "maths modernes" ont commencé leurs ravages dans les années 70. C'est un avatar du structuralisme en sciences humaines et de la pédopsychologie de Piaget. Cette réforme élitiste fut pilotée sans grande concertation au moment de la massification de l'enseignement. Elle fut abandonnées par la plupart des enseignants durant les années 1980.
La méthode "globale" -par opposition à la méthode syllabique- est une méthode dévastatrice d'apprentissage de la lecture et elle a été mise en oeuvre dans les années 80, sous la présidence du socialiste François Mitterrand.

Un cruel constat d'échec pour Jospin (PS) et Meireu (EELV)
Ce Meirieu est l'inspirateur de réformes pédagogiques du PS (instauration des modules au lycée, ainsi que des IUFM au début des années 1990), il y a donc plus de 10 ans, ces années coupables de tous les maux de Hollande et sa bande. Et il continue de sévir en Rhône-Alpes.

mardi 12 novembre 2013

Ecole sanctuarisée mais perturbée par son ministre

Peillon, agitateur scolaire  

Nouvelles perturbations à prévoir dans les salles de classe
 

Elève Vincent Peillon,
trublion scolaire

Le ministre refait venir au tableau la réforme des rythmes scolaires qui prévoit le retour de la semaine de 4,5 jours en primaire, mais soulève de nombreuses contestations, faute de concertation. 


Tout au long de la semaine, les acteurs scolaires prévoient ainsi de faire du chahut.
Les premiers à contester la politique du gouvernement seront les animateurs de la ville de Paris, aujourd’hui. Ils réclament plus de moyens et doivent faire grève, entraînant la suspension totale des activités périscolaires dont ils ont la charge dans 520 écoles de la capitale. Un mouvement de grogne que le maire socialiste, Bertrand Delanoë, n'est pas parvenu à calmer jeudi dernier, en promettant des renforts de personnels dans les plus grands établissements de la ville.

Ce sera au tour des enseignants de se mobiliser demain et jeudi   contre la réforme phare de Vincent Peillon. Le SNUipp-FSU, syndicat quasiment unique du primaire, mettra du désordre dans les classes pour  réclamer un assouplissement. "Ce dossier mange tout et les autres chantiers prennent du retard", regrette Sébastien Sihr, son secrétaire général. Le syndicat prévoit notamment 70 % de grévistes jeudi à Paris. Après une prétendue concertation, le dialogue semble sévèrement grippé.  


Les parents d’élèves, enfin, vont eux aussi monter au créneau. Des appels à ne pas envoyer leurs enfants à l’école mercredi ont été lancés sur les réseaux sociaux, sans que leur ampleur puisse être estimée à l’heure actuelle.

Le retour à la semaine de 4,5 jours et l'intauration de nou­velles acti­vi­tés péri­sco­laires de garderie après les cours, a pris effet -vaille que vaille, par militantisme- dans un quart des com­munes en sep­tembre de cette année, les autres villes devant s'y mettre pour la ren­trée 2014.

Autant de mouvements qui prennent Vincent Peillon au dépourvu
 

Une majorité de Français contre la réforme des rythmes scolaires
53% des Français se disent oppo­sés à la réforme des rythmes sco­laires, contre 45% d'avis favo­rables et 2% ne se pro­non­çant pas, selon un son­dage BVA pour Le Parisien/Aujourd'hui-en-France/I-Télé-CQFD publié samedi.
Un fort cli­vage existe selon les sen­si­bi­li­tés poli­tiques des répon­dants : 72% des sym­pa­thi­sants de gauche approuvent la réforme de Vincent Peillon, tan­dis que 74% des sym­pa­thi­sants de droite y sont opposés.
La presse s'en prend à nouveau aux opposants  
Tout est pour le mieux dans
le meilleur des mondes socialistes
Les media dénoncent une manoeuvre visant prin­ci­pa­le­ment à "mobi­li­ser les élec­teurs contre le gou­ver­ne­ment avant les muni­ci­pales de l'année pro­chaine". En Bretagne, les salariés en Bonnets rouges, menacés dans leur emploi et matraqués d'impôts, se voient reprocher de faire cause commune avec leurs patrons pour sauver leur outil de travail et les manifestants qui conspuent le président sur les Champs Elysées le 11 novembre sont tous de dangereux extrémistes. Tout le monde devient suspect et toute opposition est stigmatisée sur ordre de l'Elysée, tandis que les menaces de poursuites pleuvent comme des hausses de TVA.

Le ministre de l’Education nationale a bricolé sa réforme sans écouter ses interlocuteurs
misant sur la docilité d'une population réputée acquise à ses vues. Il a encore défendu son projet en fin de semaine dernière, assurant que 93,5 % des communes concernées dès cette année font face sans difficultés.

La Ville de Paris serait donc le mauvais élève de la classe.

jeudi 23 mai 2013

La cogestion de l'Éducation nationale épinglée par la Cour des comptes

Un an après, la Cour des comptes donne raison à Sarkozy

Les défaillances de l'Éducation nationale ne relèvent pas d'un manque de moyens budgétaires  
La "réussite pour tous"
est-elle une  affaire de gros sous?
Un rapport de la Cour des comptes publié ce mercredi met en cause une mauvaise organisation et une mauvaise gestion de ses professeurs.

Pour la première fois, les options de gestion des ressources humains sont rendus responsables des errements de l’Éducation nationale, observe ce rapport intitulé "Gérer les enseignants autrement", publié ce mercredi. Plus que d'un manque de moyens, l'institution souffre d'une mauvaise gestion des professeurs.
La Cour prône donc une "réforme d'ensemble" pour enrayer les "multiples dysfonctionnements" de l’Éducation nationale et la baisse des résultats des élèves et la crise de vocation des enseignants. 

Ce n’est pas le nombre d’enseignants en France qui pose problème, mais la manière dont ils sont utilisés.
"Le problème n'est pas celui du nombre d'enseignants ou d'une insuffisance des moyens" budgétaires : […] la création prévue de 60 000 postes en cinq ans "[est] vaine si elle se [fait] à règles de gestion inchangées", juge encore la Cour.

Pour le socialiste Didier Migaud, son premier président, ne pas changer ces règles, c’est participer à la "dégradation des performances du système scolaire". La France est au 18e rang (sur 34) des pays membres de l'OCDE pour la performance de ses élèves. L'impact de leur origine sociale sur leurs résultats est d’ailleurs deux fois plus important que dans les pays qui réussissent le mieux.

Le système scolaire actuel "ne parvient pas davantage à répondre aux attentes des enseignants", a ajouté Didier Migaud lors d'une conférence de presse, rappelant que "la France connaît un profond malaise enseignant et une inquiétante crise d'attractivité du métier".

La Cour a donc énuméré toute une série de recommandations pour "redéfinir" le métier d'enseignant, de la revalorisation salariale en passant par les règles de mutation des professeurs.

Recommandation 1 : revalorisation salariale
Dans le détail, elle préconise ainsi de "mieux valoriser" les enseignants recrutés à Bac+5. "Cela passe par la formation, le déroulement des carrières, les conditions de travail et la rémunération", a continué le premier président de la Cour. Selon l'Insee, sur les traitements perçus en 2009, "la rémunération nette annuelle des enseignants est inférieure de 35 % à celle d'un cadre non enseignant de la fonction publique". Selon l'OCDE, les salaires des profs français sont inférieurs à ceux de leurs homologues des pays de l'organisation en début et en milieu de carrière, et baissent depuis 1995.

Recommandation 2 : revoir les règles d'affectation des professeurs 
Elles reposent sur l'application mécanique d'un barème de points attribués en fonction de différents critères (ancienneté, situation familiale...). Didier Migaud rappelle que la première affectation de deux tiers des enseignants se fait sur des postes de remplacement ou des postes difficiles pour lesquels, au contraire, "une solide expérience pédagogique et un recrutement sur profil seraient bien plus efficaces".

Recommandation 3 : mettre en place un "forfait annuel" intégrant les heures de cours à l'ensemble des activités des enseignants (travail en équipe pédagogique, accompagnement personnalisé des élèves...). "La répartition de ce temps de service doit pouvoir être modulée en fonction du type de poste occupé et des besoins locaux des élèves", précise Didier Migaud.

Mise en cause de la cogestion corporatiste par le syndicat dominant 

 Vincent Peillon, ne peut partager le constat de mauvaise utilisation des moyens existants.
Précédent ministre de l'Education, Luc Chatel prônait l'autonomie des établissements qu'il avait étudiée en Finlande, pays qui l'a expérimenté avec succès, mais c'était un autre excès.
La question des effectifs aurait pu être désormais réglée: malgré les suppressions de postes de 16 000 postes d'enseignants et 1 500 classes qui n'ont pas rouvert à la rentrée 2011, l'école dispose en effet de bien plus de moyens qu'il y a vingt ans. Mais, par démagopgie et clientélisme, Hollande a rouvert le dossier et décidé d'alourdir -sur plusieurs générations- les charges liées à l'Education. 

Chatel pensait que l'avenir de l'école passe par un système plus déconcentré et décentralisé. 
Le principal avantage de cette ambition était de desserrer l'étau corporatiste dans lequel l'Education se trouve prisonnière. Comme dans de nombreux pays, tels la Finlande ou le Danemark, le recrutement des professeurs appartient en effet aux établissements et donc aux mairies, qui contrôleraient ainsi les personnels en plus du financement des établissements du primaire. Un pouvoir politique certes décentralisé mais actuellement détenu largement par la gauche. Pour autant, ces pays référents sont-ils mieux classés dans les évaluations internationales du fait du recrutement de leurs professeurs par les établissements? 

Luc Chatel s'aliénait les syndicats d'enseignants
lorsqu'il faisait valoir que notre système d'affectation, d'évaluation et de gestion de carrière des professeurs est archaïque. Il souhaitait comme le rapport de la Cour des Comptes à sa suite que le chef d'établissement puisse recruter lui-même ses enseignants en ciblant ses besoins et non pas en se soumettant à des tableaux d'avancement gérés par le SNUIPP (FSU).
Luc Chatel ne pouvait se satisfaire d'un système qui prévoit une inspection pédagogique en moyenne tous les cinq ans et préconisait un dispositif administratif plus moderne, plus équitable (libéré des appartenances syndicales), fondé sur des critères d'évaluation plus transparents.

Les ministres de l’Éducation ne sont pas libres et autonomes
Ils reçoivent leurs ordres des syndicats (notamment la FSU ou le SNU-ipp et le SGEN). "L'amélioration de la [co-]gestion des ressources humaines [qui  pourtant lui échappe] est indispensable. Elle n'est pas pour autant suffisante à elle seule pour améliorer d'un point de vue pédagogique notre système éducatif et des créations de postes sont aujourd'hui nécessaires pour accomplir des missions que nous souhaitons réaffirmer", maintient Vincent Peillon, otage de la toute puissante FSU. Avec Peillon, l'époque de la cogestion n'est pas révolue.
Lien PaSiDupes - " Cogestion : les ministres dirigent-ils leurs ministères ? " : La gauche s’accroche à la cogestion

Que représentent les syndicats d'enseignants ?
Ils restent un réservoir d'électeurs fidèles à la gauche (républicaine ou non, depuis la montée de SUD). Mais, au soir du 20 octobre 2011,  avec 38% de participation au lieu de 61%, la chute de la participation des enseignants aux élections professionnelles  est extrêmement brutale et pose la question de la légitimité de la représentation syndicale. Il manquait en effet 250 000 électeurs. Complot  ou non, le résultat est là.  Ce net recul écorne la légende selon laquelle le ministère de l'Education est celui où les syndicats ont une grande capacité de mobilisation lors des élections. L'ont-ils conservée sur des mots d'ordre corporatistes ?

Le ministre de l'Éducation nationale a annoncé en décembre l'ouverture d'une grande réflexion sur l'évolution du métier d'enseignant au second semestre de 2013.
La rentrée 2013 promet d'être tumultueuse...

mardi 5 avril 2011

Les parents d'élèves recalent le collège unique

Sondage: le collège unique ne satisfait plus personne


A pensée unique, collège unique.
Jamais réformé depuis son lancement en 1975 par René Haby, le collège est mal famé.


L'échec est consommé

Contrairement à l'école maternelle et à l'école primaire, plébiscitées lors de précédentes enquêtes, le collège fonctionne mal, selon près de la moitié du millier de Français interrogés, pour un sondage du CSA menée pour le compte de l'Association de parents d'élèves de l'enseignement libre (APEL) et de La Croix .
Les cadres supérieurs et les professions libérales - qui ont le choix entre enseignements privé et public - sont particulièrement pessimistes sur le sujet.
Pour 44 % des personnes interrogées, ce «maillon faible» du système éducatif ne favorise pas suffisamment l'égalité des chances. De même, une majorité (52 %) estime qu'il ne prépare pas bien les élèves à la suite de leur scolarité et à leur insertion professionnelle.

Causes de l'échec du collège unique

Parmi les raisons du dysfonctionnement du collège les Français citent:
- d'abord le fait qu'il y a trop d'élèves par classe (pour 42 %), bien que les classes de 40 élèves du passé n'existent plus,
- ensuite le manque de suivi des parents pour 39 %,
- puis les problèmes de discipline, puisque l'idéologie dominante place l'enfant au milieu du système et bien que l'enseignant soit devenu un éducateur...,
et le manque de personnel d'encadrement, ce qui n'est que la conséquence des deux précédents points: manque de suivi des parents et enfant-roi.

Le collège se situe au-delà du seuil de non-retour: les parents sont satisfaits du cycle élémentaire parce que, si leurs enfants prennent les mauvaises habitudes et accumulent les lacunes, ils ne redoublent plus guère. Ils passent donc néanmoins au collège, sans comprendre ce qu'ils lisent quand ils arrivent à déchiffrer. Ils s'expriment essentiellement à l'oral, avec d'ailleurs beaucoup de relâchement et le passage à l'écrit consacre la catastrophe.
Les collégiens sont convaincus que leur part de responsabilité dans leur échec est minime, puisque l'opposition assure que la société les a privés de tout: ils incriminent une institution « prise en tenaille » entre des élèves instables et insuffisamment encadrés, une approche « globalisante inadaptée » qui s'est en outre entêtée à pratiquer mes "maths modernes" et encore la "méthode globale" d'apprentissage de la lecture.
Le syndicat d'enseignants (FSU) et la fédération de parents d'élèves (FCPE) - tous les deux de gauche - qui dominent l'Education nationale, ont imposé des choix pédagogiques contestables et une idéologie sectaire. L'approche de l'histoire et de la géographie ne passent plus par une acquisition de connaissances, mais consiste à commenter des faits sélectionnés à travers un prisme marxisant abolisant toute notion de chronologie et de géo-localisation. La revendication quantitative du manque de moyens supplémentaires fait peu cas de la qualité. Les grèves à répétition et le climat afférent de contestation permanente sont peu propices à un travail serein.

L'état des lieux

Jusqu'à 72 % des parents d'enfants au collège rêvent qu'à l'avenir cette institution « ne soit plus sous forme de collège unique, mais qu'il propose aux élèves une plus grande diversité de formations », un collège à la carte qui sacrifierait la culture générale en faisant l'impasse sur les disciplines qui déplaisent contre 31 % jugeant qu'il est souhaitable qu'il « reste sous la forme d'un collège unique, qui dispense le même enseignement à tous les élèves », quelle qu'en soit la qualité.

Le collège unique n'a jamais été réformé - en plus de 35 ans -, parce qu'il ambitionnait de gommer les inégalités. Les archéo de gauche y tiennent, si vétuste soit-il, comme Mme Brochen-Aubry à sa cornée infectée et, bien que régulièrement critiqué, les enseignants n'envisagent pas de meilleur système, comme ils n'imaginaient rien de mieux que les maths modernes...
Avec l'allongement de la scolarité obligatoire à 16 ans, les éducateurs ont dû affronter des classes nettement plus hétérogènes qu'autrefois, des élèves inaptes à des études longues et des parents défaillants qui ne maîtrisent pas leurs gosses, mais assez ingrats pour accabler les seuls éducateurs de leurs rejetons.

Le système atteint ses limites pour les 15 à 20 % des élèves, ceux qui ne maîtrisent pas les fondamentaux. Environ 150.000 jeunes finissent d'ailleurs par sortir du système scolaire sans le moindre diplôme, à plus de 16 ans, voire 18. Pour Béatrice Barraud, présidente de l'APEL, à l'initiative du sondage, « les Français éprouvent une lassitude vis-à-vis du collège. On sait que les meilleurs élèves y restent les meilleurs mais s'y ennuient, que les mauvais restent mauvais. C'est un système inefficace ».

Le sondage propose des solutions !

Une tarte à la crème: l'individualisation du parcours des élèves
est celle qui recueille le plus de soutien : 84 % des parents de collégiens sont favorables à cette idée, sans savoir quels effets pervers elle implique.
Autre proposition qui semble aujourd'hui rencontrer une adhésion importante : 73 % des répondants sont d'accord pour envisager l'idée qu'il «faudrait un examen d'entrée au collège, afin de s'assurer que les élèves qui y entrent ont bien acquis les fondamentaux (lire, écrire, compter)». Les enseignants du SNU-ipp (FSU, bien sûr) refusent les évaluations: ils cassent le thermomètre pour ne pas prendre la température des élèves malades, avec le risque conscient de contamination d'un groupe plus large, voire de pandémie sur 35 ans.

Béatrice Barraud croit plutôt au développement de l'autonomie des établissements, comme le prônent, rapport après rapport, les spécialistes du milieu éducatif. Une chance pour les collectivités territoriales majoritairement de gauche actuellement.

Le tabou du collège unique


Depuis 2007, l'école primaire et le lycée ont été réformés mais le collège unique est intouchable et rien n'est prévu pour lui avant la présidentielle de 2012, sauf des débats de nature à exacerber les tensions pendant la campagne. Pourtant le sondage de l'APEL s'ajoute aux constats négatifs des diverses études menées sur le sujet.

=> Le rapport du Haut conseil de l'éducation (HCE), remis cet hiver à Nicolas Sarkozy, reconnaît que le collège échoue à compenser les inégalités sociales.

Il souligne le malaise des enseignants face à l'hétérogénéité des élèves. Mais il indique aussi que ce même collège a permis à davantage d'enfants d'accéder à l'éducation, ce qui est dû en fait à l'obligation scolaire ! Il fait néanmoins observer que le collège n'a d'unique que le nom, «en raison des disparités importantes entre établissements, de l'existence déguisée de filières et de stratégies de contournement ».

En somme, pour le HCE, l'urgence n'est pas d'opposer partisans et adversaires du collège unique mais plutôt de se concentrer sur l'objectif assigné au système éducatif par la loi Fillon du 23 avril 2005 : assurer à chaque élève la maîtrise du « socle commun de connaissances» à la fin de la scolarité obligatoire, une visée minimaliste.

S'inspirant des pays dont le système éducatif fonctionne mieux, le HCE est favorable à un allongement du temps de présence des enseignants - inversement proportionnel à celui des parents - dans les établissements, un sujet explosif pour les syndicats.
Il observe que les pays « forts en thème » ont octroyé à leurs établissements des marges d'autonomie rendant possible une organisation souple, laquelle pourrait toutefois accentuer les inégalités de secteur à secteur.
Il plaide ainsi pour que la mesure de Luc Chatel permettant à une centaine de principaux de collèges difficiles de sélectionner leurs enseignants, fasse l'objet d'une expérimentation plus large. Luc Chatel réfléchirait à cette possibilité. L'autonomie des collèges nouveaux se ferait ainsi aux dépens de celle des éducateurs...

=> Les propositions du secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, ne sont guère éloignées des propositions du HCE.
Il faut, selon lui, passer du collège unique au «collège pour chacun ». Le passage de la fin du primaire au début du collège devrait être assoupli avec des professeurs qui passent plus de temps avec leurs élèves.

=> Jean-François Copé, le patron de l'UMP, lui, a renvoyé la balle à l'école primaire puisqu'il souhaite instituer un examen de passage à la fin du CM2. « Le but n'est pas d'exclure qui que ce soit, mais que 100 % des enfants réussissent cet examen », a-t-il déclaré.

=> De son côté, le PS
Il entend accentuer les liens entre le primaire et le collège.

Ce sujet, passionnel pour les Français, promet de ressurgir pendant la présidentielle.

A noter que, malgré des journées d'action tous les samedis, le projet du PS pour les primaires ne promet pas de postes d'enseignants à la hauteur de ses cris et hurlements depuis quatre ans.