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jeudi 1 septembre 2016

Des anarcho-syndicalistes inspirent la politique de l'Education selon Hollande

Les défenseurs de l'Ecole roulent-ils tous pour le FN ? interroge J.-P. Brighelli

Mieux vaut à gauche un migrant illégal qu'un Français classé à droite, forcément extrême

La gauche révolutionnaire se donne en exemple à la droite...

C'est la thèse peu subtile de Grégory Chambat [militant syndical CNT-éducation  -Fédération des Travailleuses/eurs de l'Éducation- , ci-contre] dans "L'École des réac-publicains", où Debray, Chevènement, Onfray... se retrouvent à l'extrême droite!
d'après Jean-Paul Brighelli

J'ai l'habitude de rédiger, en fin d'année, des lettres de recommandation pour ceux de mes étudiants qui veulent s'inscrire, après une classe prépa, dans des cursus universitaires exigeants. J'ai donc l'intention d'en faire une afin de pistonner Grégory Chambat auprès du ministre de l'Éducation nationale, tout comme je lui ai recommandé jadis Jean-Loup Salzmann, le président de l'université Paris-XIII qui a tenté trois ans durant d'anéantir un enseignant, Samuel Mayol, qui voulait virer de l'IUT de Saint-Denis les salafistes qui y tenaient le haut du pavé avec la bénédiction des autorités universitaires. [En mars 2015, ce président d’Université dont dépend l'IUT était épinglé par l’Inspection générale de l’Éducation nationale pour son inaction partisane face aux alertes répétées et circonstanciées de Samuel Mayol: "Les dysfonctionnements repérés à l’IUT de Saint-Denis n’ont pas fait l’objet d’un suivi approprié de la part des services centraux de l’université", écrivaient les inspecteurs.
Le 17 mai, l’une des responsables administratives de l’IUT, à l’instar de cinq autres collègues, avait reçu des menaces par texto. Quelques jours plus tard, la porte de son bureau était taguée d’étoiles de David et de croix gammées. Un acte clairement antisémite que Najat Vallaud-Belkacem avait immédiatement dénoncé, pour la forme, avait rapporté Marianne. Le communiqué publié par la ministre de l’Éducation nationale mentionnait également que le président de l’Université Paris-XIII s’engageait à apporter toute "l’aide nécessaire" à la victime pour qu’elle puisse poursuivre ses missions. Comme son directeur d'université, le ministère de la parole avait encore failli]
Salzmann aurait pu être nommé recteur; il n'a été que président de la Conférence des présidents d'université. Bravo quand même — même si les enquêteurs ont finalement donné raison à Samuel Mayol.
Suspendu de ses fonctions de directeur de l'IUT depuis plusieurs mois par la présidence de l’université Paris 13, Samuel Mayol a été blanchi mercredi 3 juillet des accusations de manipulation islamophobe qui pesaient sur lui.
"Il pense comme vous !"
"Madame le ministre (et non 'la' ministre, comme disent tous ceux [et les féministes] qui ne savent pas parler français),


Je me permets de vous recommander particulièrement Grégory Chambat. Enseignant à Mantes-la-Ville, une municipalité de gauche récemment passée au FN, il énumère dans son petit ouvrage tous les adversaires de vos indispensables réformes — et cela fait du monde. En bref, il a le mérite de recenser [une liste noire livrée à la meute lâchée sur les réseaux sociaux], de Jean-Claude Milner [linguiste et philosophe] à moi-même, en passant par
Natacha Polony, Alain Finkielkraut, Jacques Julliard, Michel Onfray, Régis Debray, Jean-Pierre Chevènement et quelques dizaines d'autres, tous les intellectuels qui à son sens sont aujourd'hui au service du FN, ce parti fascistoïde que vous avez si magnifiquement dénoncé dans votre pamphlet à deux voix Réagissez ! Répondre au FN de A à Z 
[lettre "à un citoyen tenté par le Front national", tutoyant le lecteur pour mieux l’interpeller, observait Les InRocks en octobre 2011 les deux socialistes Guillaume Bachelay, proche de Martine Aubry, et Najat Vallaud-Belkacem, soutien de Ségolène Royal, décortiquaient les idées de Marine Le Pen afin de les contrecarrer dans les règles.], Jean-Claude Gawsewitch éditeur, 2011 (1). Pascal Bouchard [ancien chroniqueur à France Culture et soutien des "désobéisseurs" qui nie la crise de l'Ecole et préfère dénoncer le désordre de son administration], que vous connaissez certainement car il partage vos combats, a fait de ce livre une recension enthousiaste… Et Grégory Chambat n'a pas manqué de médias pour y expliquer ses thèses.
"Il vous reste quelques mois pour pistonner vos partisans — pensez à tous vos collaborateurs qui d'ores et déjà se cherchent des points de chute, à l'Inspection générale ou ailleurs. Vous-même allez peut-être diriger la Fondation pour l'islam de France, comme l'a suggéré Laurence Rossignol [plutôt que Jean-Pierre Chevènement: le féminisme ayant priorité sur la compétence ?]. Tout le monde se recycle. Embauchez du sang neuf [en prévision d'une année de campagne présidentielle promise à l'activisme radical]!
"En mai prochain, il sera trop tard. Distinguez donc dès aujourd'hui Grégory Chambat, il le mérite — il pense comme vous…"
Tous FN

Voilà ce que j'aurais pu dire d'un homme auteur d'un pamphlet qui se veut violent (mais pour que la violence passe, en littérature, il faut savoir écrire : n'est pas Voltaire ou Zola qui veut) [violence de bon aloi, toutefois, puisque révolutionnaire !], et qui pratique admirablement l'amalgame.

Le raisonnement de Grégory Chambat est simple.
Les "républicains" (ainsi sont dénommés, effectivement, les membres de cette nébuleuse qui, depuis plus de trente ans, s'oppose au "pédagogisme" des amis de Philippe Meirieu [et nécrophages haineux]) veulent le retour à une école de la transmission des savoirs, où l'apprentissage des Lumières formerait le socle d'un projet éducatif sérieux, et où la référence prioritaire à la langue et à la culture françaises permettrait l'élaboration d'un socle national, seul susceptible de s'opposer à l'entrisme des idéologies mortifères venues d'ailleurs. 
Que d'un "républicain" à l'autre, les différences soient parfois nombreuses, nul n'en disconvient. Sauf Grégory Chambat, qui mêle allègrement Natacha Polony et Christine Boutin (il y en a une au moins que ça fera sourire), Régis Debray et Renaud Camus (pas sûr que Debray s'en amuse), Charles Coutel — vice-président du Comité Laïcité République, pure émanation franc-maçonne — et Valérie Laupiès — conseillère FN en PACA. Qui a crié à l'amalgame ?

En tout cas, tout ce qui s'oppose au Bien (le PS et Mme Vallaud-Belkacem, à qui l'auteur tresse des couronnes [mettant  en évidence leur radicalité du même coup] est forcément d'extrême droite. Que la plupart des "républicains" aient un passé d'extrême gauche (mais pas celle d'Edwy Plenel, autre idole de Chambat), souvent maoïste ou guévariste, ou soient passés par les rangs chevènementistes n'a aucune importance aux yeux de l'auteur : tous FN !

D'ailleurs, Philippot et Dutheil de la Rochère ayant travaillé pour Jean-Pierre Chevènement (dont le péché originel est, selon les socialistes, d'avoir fait échouer Jospin en 2002 – tiens, moi je croyais que c'était Christiane Taubira [et Hamon et Montebourg en 2017, comme s'ils avaient besoin de se mettre à deux - voire trois avec Lienemann - pour faire barrage à Hollande !]), et Jean-Pierre Chevènement ayant serré la main de Nicolas Dupont-Aignan, tout se tient : dans le bleu-blanc-rouge, il y a forcément du brun [Sans compter Emmanuel Macron, ministre de Hollande qui se rend en Vendée saluer Philippe de Villiers, fondateur du Mouvement pour la France (MPF), parti politique d’inspiration souverainiste et entrepreneur au Puy du Fou et collecteur de devises pour Bercy. 
A noter pour l'anecdote que la famille de Villiers est apparentée aux Saintignon depuis les épousailles, à la fin du 19e siècle, entre Jeanne de Saintignon et Louis Le Jolis de Villiers, dont descendent Philippe de Villiers et Pierre de Saintignon, homme lige de la maire socialiste de Lille, Martine Aubry, comme premier adjoint et vice-président des Hauts-de-France (ex-région Nord-Pas-de-Calais-Picardie, fief socialiste historique) présidée par Xavier Bertrand (LR)].

Qui défend la réforme du collège ?

Se mêle à cet amalgame un discours antilibéral qui confond le libéralisme de Guizot avec celui de Hayek (Chambat a été [dé]formé en IUFM; ceci explique cela, on ne peut pas tout savoir), et la revendication d'une barre "à gauche toute" très en vogue actuellement — parlez-en à Gérard Filoche [signataire d'un appel "pour une grande primaire de toute la gauche et des écologistes les 4 et 11 décembre"]…

L'opuscule de Mr Chambat se clôt sur un répertoire de tous les grands noms qu'il vomit [au risque de les grandir] — l'ensemble des "pseudo-z-intellectuels" [qui "commentent la réforme du collège sans avoir lu les textes"] jadis fustigés par Mme Vallaud-Belkacem, comme le savent mes lecteurs les plus assidus. Mais cette liste est en soi impressionnante : elle comporte la quasi-totalité de ce qui pense en France en ce moment. Et en face ? Eh bien en face, il n'y a personne. Ah si, Grégory Chambat et Laurence de Cock (qui ça ? [professeure d’histoire-géographie en lycée à Paris, docteure en Sciences de l’éducation (parce que bien-pensante), et chargée de cours en didactique de l’histoire et sociologie du curriculum à l’Université Paris-Diderot (ex-Jussieu, pour tout dire). Membre du bureau du Comité de Vigilance face aux usages publics de l’histoire (CVUH, créé avec un manifeste adopté en juin 2005 dans un contexte marqué par les débats autour de la loi du 23 février 2005 sur le colonialisme et la reconnaissance des Français rapatriés)]), qu'il remercie in fine.

Le raisonnement de cet "intellectuel" est d'une rigueur exemplaire[, observe-t-il, maintenant le ton de l'ironie]. "Le champ couvert par le courant "réac-publicain", écrit-il, concerne un large spectre politique qui correspond, sans le recouper absolument, au "souverainisme" français et au glissement de la gauche, voire d'une fraction de la gauche de la gauche, vers la droite de la droite au prétexte de la défense de l'ordre national et "républicain" ". Tout est dans les guillemets. Et de citer (pour les pointer aux yeux des lecteurs peu avisés en quête de repères) les vecteurs médiatiques qui servent de relais à cette pensée faisandée — le Figaro Magazine, Marianne, Valeurs actuelles, Causeur…

Il oublie Le Point, où la journaliste Sophie Coignard et moi faisons de la charpie des projets du ministère. Et aussi L'Huma, qui tire à boulets rouges sur la réforme du collège ? J'en passe et des meilleurs...

Tectonique des plaques idéologiques

Ce que ne comprend pas Chambat — et il aurait pu commencer par là — c'est pourquoi "sa" ville de Mantes-la-Ville a basculé [du PS] vers le FN. Pourquoi des électeurs de gauche ont voté Marine Le Pen. Ce qu'il ne voit pas, c'est que l'échiquier politique a tourné — et l'éducation est la pierre de touche de cette révolution —, si bien que ce qui se disait à gauche est aujourd'hui dans la mouvance angela-merkelienne, que ce qui était à l'extrême gauche [anti-coloniale, anti-sioniste et pro-palestinienne] a soit viré vers l'islamo-fascisme (c'est le cas de la plupart des trotskistes, à l'exception de mon ami Marc Le Bris), soit, quand ils étaient "maos", vers la défense de la nation.

Le fait est que le combat pour l'école des "républicains" s'apparente à une longue marche dans une contrée — la rue de Grenelle — peuplée de vrais réactionnaires. Le fait est que les idéaux républicains sont aujourd'hui défendus par ce que Chambat appelle "la droite de la droite". Il me reproche [à Jean-Paul Brighelli] d'avoir écrit que j'adhérais à 80 % aux thèses du FN sur l'école : le fait est que le FN a emprunté 80 % de mes thèses [démontant la soi-disant "démocratisation" de l’Ecole décidée sous Giscard d’Estaing, principalement avec la réforme du 'collège unique' en 1975, renforcée par la création des ZEP, la réforme des examens -du Bac notamment, en 1999 et les réformes a minima du lycée en 2010, puis du collège en 2016] — et forcément je m'y retrouve. Et je ne crois pas que ce soit par opportunisme pur : les positions ont tellement bougé (et Chambat peut bien feindre de croire que le FN de Marine est celui de Jean-Marie, les faits disent le contraire) que la République n'est plus défendue que par ceux qui ont compris que le discours sur la "démocratie" prélude à l'instauration d'une dictature molle.

Le fascisme n'est plus à l'extrême droite

Quoi que je pense des nostalgiques de Vichy (mais quel âge ont-ils ?). Il est dans cette partie de la gauche qui plaide pour une France métissée, addition de communautarismes qui se regardent en chiens de faïence; il est chez ces pseudo-démocrates qui brocardent les vrais intellectuels parce qu'ils croient au lieu de penser. Le sous-titre de l'ouvrage de Chambat — la pédagogie noire du FN et des néoconservateurs — en dit long sur l'amalgame que pratiquent des gens qui s'identifient au Bien parce qu'ils font le mal — et qu'ils le font bien.

Oui, il faut que l'école rétablisse la méritocratiesinon, elle entérinera les privilèges de la classe au pouvoir. Oui, il faut en finir avec la médiocratie ! Oui, il faut en finir avec l'égalitarisme — et je me permettrai de reprendre une formule de Jean-Claude Milner (De l'école, 1984) que cite Chambat sans la comprendre : "Pour que l'école résiste à l'inégalité, il ne faut pas qu'elle soit égalitaire, il faut qu'elle soit inégalitaire." Et que l'on encourage enfin le mérite, au lieu de le dénigrer.

(1) Je porte à votre connaissance, madame le ministre, que votre livre n'a pu exister que parce que j'ai présenté Guillaume Bachelay, qui était alors de mes amis, à Jean-Claude Gawsewitch, et que j'ai insisté pour qu'il le publie, au nom de la diversité des opinions. Mais je suis un républicain, moi — pas un pseudo-démocrate qui n'accepte que les avis de ses amis.

Jean-Paul Brighelli est délégué à l'éducation au mouvement Debout la France, précise Le Point, beaucoup moins précis sur les préférences des caricaturistes militants qui le dénigrent. 

L'obscur 
Grégory Chambat gagne-t-il à être connu ?


Enseignant depuis 1995, principalement à l'écoute d'élèves non-francophones dans un collège des Yvelines à Mantes-la-Ville, il participe au comité de rédaction de la revue N’Autre école. 
(revue syndicale et pédagogique de la CNT, syndicat révolutionnaire et anarcho-syndicaliste), au site collaboratif Questions de classe(s) -qui se présentent comme de simples "acteurs de l’éducation: parents, travailleurs, chercheurs, issus de différents horizons associatifs, pédagogiques, syndicaux, etc., qui pensent que "la question scolaire est une question politique"- et à la collection d’ouvrages "N’Autre École", aux éditions LIbertalia qui publie son amalgame offensif 'L’école des réac-publicains : la pédagogie noire du FN et des néoconservateurs'.
Une telle production laisse à penser que le métier difficile d'alphabétisation de migrants illégaux n'est pas une tâche à temps plein ou que la décharge horaire est motivante pour ce type de sacerdoce (dans l'Émission Rue des écoles sur France culture, lES Les décharges horaires syndicales profitent à la propagande médiatique.
Voyez le débat sur le service public avec Grégory Chambat, militant révolutionnaire à la CNT; Jean-Paul Mongin, délégué général de l’association SOS Education et Fatiha Boudjahlat, enseignante, secrétaire nationale du MRC [gauche et gauche radicale], un entre-soi du service public dans l'esprit discriminatoire du camp d'été "décolonial" interdit aux Blancs à Reims et autorisé par l'Etat à la fin du mois d'août). Qu'il dégage du temps libre pour l'activisme pédago-politique interpelle néanmoins...

jeudi 17 septembre 2015

Réforme des collèges: pourquoi une grève de plus des enseignants ?

Réforme des collèges : les raisons de la nouvelle grève des enseignants

Le Monde évoque ce rejet le jour J : pourquoi pas, aussi,  le lendemain ?...

Jeudi 17 septembre, les professeurs des collèges sont appelés à observer une journée de grève. Dommage que cette annonce au présent paraissent le jour dit  - et non la veille - "pour marquer leur opposition à la réforme du collège" - au cas où ils se priveraient d'une journée de salaire pour dire leur satisfaction ! -  , bien que "portée" par la ministre de l’Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem.

Il s’agit du premier mouvement de l’année scolaire, se félicite Le Monde... Mais, le journal officieux du PS doit aussitôt nuancer:  c’est la troisième mobilisation des enseignants contre ce projet depuis sa présentation par la ministre, le 11 mars, en conseil des ministres.

Question fondamentale pour se positionner: qui mobilise ?

Les syndicats qui appellent à la grève sont le SNES-FSU, dominant dans les collèges et les lycées, mais aussi le SNEP-FSU, FO, le SNALC, la CGT, SUD, la FNAEN et la CGC. Mais sans la CFDT qui vit en mode 'veille' depuis plus de trois ans et que Le Monde n'ose même plus mentionner: le SGEN, sa succursale dans l'Education, est ravie, la seule ! 
Sur le terrain, des associations d’enseignants – latinistes notamment – de même que la Société des agrégés, soutiennent ce mouvement de contestation.

Cette grève "se jouera" en réalité en deux temps. On notera l'emploi du futur pour un article paraissant le jour de l'action, comme si sa parution avait été reportée, à dessein ! La journée de mobilisation nationale "censée s’ouvrir" à la société civile (notamment aux parents) est d’ores et déjà annoncée par le SNALC le 10 octobre.

"Quelles sont les revendications ?"

Les syndicats réclament l’abrogation "pure et simple" de la réforme pour "rouvrir les discussions [sur le collège] sur de nouvelles bases". A croire que le premier dialogue n'a pas abouti ou n'a pas été pris en compte... Il veulent obtenir le retrait des textes – décret et arrêté – publiés au Journal officiel le 20 mai, au lendemain du premier appel à la grève. Ils avaient alors dénoncé un "coup de force".

Ces textes ont décidé de la mise en place du "nouveau collège" à compter de septembre 2016 – dernière rentrée avant l’échéance présidentielle de 2017 – en dépit de la contestation continue d' "une partie" de la communauté éducative, selon Le Monde, mais on doit en vérité pouvoir (honnêtement) dire " l'immense majorité"... 
Selon le titre du Monde, "les revendications" se résumeraient donc à une seule: l'abrogation. Et encore les motifs ne sont-ils pas énoncés ! Pas question d'alimenter la grogne en informant le lectorat... Les bénis-oui-oui pourraient-ils, croyez-vous,  se mobiliser le 10 octobre ?

Quelles sont les grandes lignes de la réforme ?

La refonte du collège, considéré comme le "maillon faible" du système éducatif
Une "formule un peu galvaudée", dixit Le Monde (!), car il est accusé de creuser les inégalités, au lieu de les réduire, depuis 40 ans (1975) que  le "collège unique" existe –, a été inscrite dans la loi de refondation de l’école de juillet 2013.

Introduction d'une gestion quasi-libérale"
"Mise en concurrence des personnels, des disciplines et des établissements, inégalités accrues entre les élèves, nouvelle aggravation des conditions de travail des personnels"… "C’est un tableau bien sombre que dresse l’intersyndicale des conséquences de cette réforme", estime le journal Le Monde dont les propriétaires millionnaires, la triade d'hommes d'affaires Bergé-Niel- Pigasse, n'approuvent plus les syndicats.

De l’autonomie à l’interdisciplinarité en passant par la disparition des sections bilangues, la "fragilisation" [sic] des langues anciennes, de l’enseignement de l’allemand ou encore de l’histoire - (excusez-moi du peu) : plusieurs fronts se sont ouverts depuis le printemps, relayés par les politiques – de droite comme de gauche – et mêlant, en réalité, deux registres bien différents et pourtant de front : la réforme du collège et celle des programmes scolaires.
(Une partie) de "la gauche a choisi de lancer parallèlement ces deux chantiers" (le fond en même temps que la forme, en somme), prenant le risque de brouiller les esprits. Car les enseignants n'ont pas les idées claires, apprend-on à la lecture du Monde. 
Et le calendrier n’est pas favorable à la clarification attendue entre les deux réformes : l’appel à la mobilisation, ce jeudi, coïncide avec l’ultime réunion de travail du Conseil supérieur des programmes (CSP) qui pourrait remettre sa copie le même jour. En somme, mais seulement si on on est apte à comprendre Le Monde, la "porteuse" de la réforme est à compter au nombre des bras cassés du gouvernement.

Ce mouvement sera-t-il suivi ? s'interroge Le Monde, le 17 pour le 17...

La question comporte la réponse. "Si l’intersyndicale représente une majorité d’enseignants, beaucoup de professeurs ne sont pas syndiqués". Ainsi Le Monde le savait-il, mais nous l'avait caché jusqu'en 2012 ! 
La volonté délibérée du journal de relativiser le bien-fondé de l'action et de déconsidérer l'intersyndicale devrait interloquer les lecteurs de ce journal militant, jusqu'ici respecté des étudiants et des professeurs. Avant l’été, la mobilisation avait marqué le pas, souligne-t-il, ce qui à la veille de longues vacances, constitue une surprise pour certains. Le Monde ressort les statistiques qu'il tient du ministère : entre 12 % et 30 % de grévistes (selon les estimations) avaient été décomptés le 11 juin, alors que le taux se situait entre 30 % et 50 % le 19 mai. Par ailleurs, certains syndicats ne sont pas hostiles à cette réforme, comme le SE-UNSA et le SGEN-CFDT, ce dernier n'étant jamais hostile à quoi que ce soit sorti de la Rue de Grenelle depuis que Hollande squatte l'Elysée.

Les "anti" et les "pro" réforme se sont d’ailleurs opposés sur Internet. On dirait qu'ils ont débattu... Chacun a donné à lire sa propre "opération de désintox". On y a tout lu, sur une réforme censée, tour à tour, sauver le collège unique ou le fragiliser un peu plus, favoriser l’équité ou, au contraire, exacerber l’injustice sociale et scolaire.
Sur Twitter, le débat a été aussi concis – 140 signes – que vif. Blogs et hashtags en portent la trace: #réformecollège, où l’on retrouve notamment les propositions portées par le député "de droite" (on ne dira pas "d'opposition") Bruno Le Maire, #collège2016, avec celles de la ministre Najat Vallaud-Belkacem, mais aussi #jesuislatiniste, #jesuishelléniste… Au moins le pluralisme des opinions exprimées sur Twitter (et Facebook, d'ailleurs) fait-il avancer le débat que bloque  la lecture du Monde.  

"C’est la première fois qu’une réforme a d’abord été débattue sur les réseaux sociaux", a comment Philippe Tournier, porte-parole du principal syndicat de chefs d’établissement, le SNPDEN-UNSA, regrettant "certaines outrances" dont Internet porte la trace. Le Monde conclut ainsi en donnant la parole à l'UNSA qui porte un jugement de valeur sans l'étayer.

 

vendredi 4 octobre 2013

Le poids de l'immigration sur l'Education nationale et l'avenir de nos enfants

Dossier : L’école malade de la gauche (idéologue)


Un élève sur quatre ne sait pas lire en entrant au collège

Gugusse en sortie pédagogique
au Louvre de Lens
Mais Vincent Peillon ne propose pas d’autre solution que l’aménagement des rythmes scolaires. Un aveuglement idéologique dont les enfants paient le prix. 

Rythmes scolaires : la pénible impression que nous avons été baladés. C’est le titre d’un billet publié sur son blog par Mara Goyet, professeur d’histoire-géographie dans le 9.3 depuis quinze ans. "J’ai senti le coup venir, mais je ne pensais pas que ce serait un tel foutage de gueule. Je ne comprends pas", écrit-elle au sujet de cette réforme. Une année de débats et de négociations houleuses pour quoi ? " Pour déplacer trois heures ? Il est où l’échec scolaire, l’illettrisme, les résultats Pisa, les statistiques en berne ? 


A-t-il toutes ses facultés ?
On fait quoi pour tous ces enfants qui peinent, n’y arrivent pas, sont incapables d’écrire une phrase correcte, sont prostrés, révoltés, évacués du système ? On leur propose quoi ?"
Rien. Rien d’autre que cette réforme minimaliste dont Vincent Peillon s’enorgueillit pourtant, car les élèves, a-t-il expliqué récemment, auront accès à des activités qu’ils ne pouvaient pas pratiquer jusque-là : le poney, par exemple… (lire page 22). [C'est vraiment ignorer la réalité des efforts des municipalités et de leurs centres sociaux, éducatifs et sportifs et par conséquent des contribuables locaux] Que cet “aménagement” s’avère hors de prix ne le dérange pas. Qu’il pose des problèmes pratiques aux mères de famille qui travaillent ne paraît pas non plus le gêner : "Ma fille a désormais classe le mercredi matin, raconte Inès. Comment vais-je faire pour la conduire de l’école au centre aéré, l’après-midi ? Vais-je devoir m’absenter du bureau ? Payer quelqu’un pour la mener de l’une à l’autre ?" Mais, surtout, que cette réforme ne résolve en rien les difficultés des élèves dans les matières essentielles ne semble pas préoccuper le ministre. [Peillon n'a d'autre préoccupation que d'embrigader nos enfants et de les ré-éduquer]

Un problème ? Quel problème ?

Les voilà, les problèmes !
Il y a des lustres que les experts consultés par l’Éducation nationale déplorent les dysfonctionnements de cette institution, dont les enfants paient le prix, surtout les plus pauvres [ou les néo-arrivants dans l'hexagone]: "Au terme de la scolarité dite obligatoire, et quels que soient leurs parcours, collégiens et lycéens maîtrisent souvent mal et trop souvent pas du tout les savoirs de base ", constatait déjà Roger Fauroux dans son rapport sur l’école en ...1996 !

"La présence des élèves en difficulté, les écarts qui se creusent suffiraient à ôter toutes les illusions sur le collège unique, écrivait trois ans plus tard le sociologue François Dubet. Mais on pourrait au moins souligner que ce collège ouvre les élèves les plus fragiles à la culture, les stimule et les motive. Or, bien des enseignants observent l’inverse. Non seulement les élèves les plus faibles échouent, mais ils se retirent du jeu, ils finissent par osciller entre la violence et l’apathie."

Plus récemment, le Haut Conseil de l’éducation soulignait que
200.000 élèves ont des "acquis fragiles" en entrant au collège. Et 100.000 des "difficultés sévères" : "Lexique très limité, difficultés de compréhension, repères méthodologiques et culturels très insuffisants. Ces lacunes rendent impossibles aussi bien un réel parcours scolaire de collège qu’une formation qualifiante" (rapport sur l’école primaire, août 2007). [On ne mentionne même pas encore l'orthographe délirante]

Un constat alarmant mais incontestable car fondé sur de nombreuses enquêtes. En 1995, des collégiens avaient repassé les épreuves du certificat d’études de 1925. Ils commettaient 2,5 fois plus de fautes que leurs grands-parents et réussissaient beaucoup moins bien les problèmes mathématiques. En 2005, 3.000 élèves refaisaient une dictée proposée à leurs aînés en 1987 (un court passage de Fénelon composé de quatre phrases et de 83 mots). En moyenne, plus de 13 fautes lourdes en 2005, au lieu de 8 en 1987.

Un vrai problème pour ces adolescents mais à terme, aussi, pour les entreprises [et leur indépendance, voire leur liberté de citoyens]. Beaucoup soumettent désormais leurs salariés à des tests d’orthographe. C’est ce qu’a fait la compagnie d’assurances April au mois de mai : une centaine de volontaires ont passé la certification Voltaire, qui mesure le niveau d’orthographe à la manière du Toefl anglais. "La relation de confiance avec nos clients passe d’abord par des courriers impeccables", explique l’un des dirigeants d’April.
[C'est relou!]

LIRE aussi dans Valeurs actuelles:

lundi 11 février 2013

Nos scolaires ont-ils des conditions de travail déplorables ?

Rythmes scolaires à revoir, selon Yves Durand

Mais la "refondation de tout le système" est un préalable à la réforme des rythmes scolaire, explique le rapporteur de la prochaine loi d'orientation et de programmation sur l'école qui ambitionne de réformer le système scolaire français.
Il détaille les mesures à prendre dans un entretien avec '20 Minutes'

L'avenir de l'école sera en effet au coeur des débats à partir du 11 mars à l'assemblée nationale, mais une première grève a alerté l'exécutif sur les résistances des enseignants du primaire sur le sujet de la modification des rythmes scolaires en faveur de la semaine de quatre jours et demi. Lien PaSiDupes - Paris: Peillon met les écoles en grève : les écoles parisiennes massivement en grève contre la réforme des rythmes scolaires

Une deuxième grève est annoncée pour ce mardi. Près de six enseignants sur 10 (58%) seront en grève mardi pour protester contre cette réforme qui prévoit le passage à la semaine de quatre jours et demi, selon le SNUipp-FSU, syndicat dominant du primaire, qui réclame le report de la mesure à la rentrée 2014.
Les syndicats dénoncent notamment un nombre insuffisant d'animateurs formés avant septembre pour gérer les activités périscolaires et redoutent des inégalités croissantes entre les écoles concernant ces activités. Invité sur France Info, Bertrand Delanoë, qui souhaite mettre en place la réforme contestée des rythmes scolaires dès la rentrée 2013 à Paris, a lui aussi lancé un appel au dialogue.

Yves Durand, député PS du Nord et fils d'instituteur militant du SNI (SNUipp), ne peut pas être confondu avec son homonyme, Yves Durand (1932-2004) qui fut recteur des académies de Rouen puis d'Aix-Marseille (1977-1981), professeur d'histoire moderne à la Sorbonne, et ancien conseiller pour l'éducation, l'enseignement supérieur et la recherche (1986-1988) auprès du Premier ministre de l'époque, Jacques Chirac.
Celui-ci, ancien maire de Lomme, située dans l'orbite de Lille, participe aux travaux du club Réformer, groupe de réflexion politique animé par Martine Aubry.

Qu'est- ce que cette loi va changer?
On parle beaucoup des rythmes scolaires, mais cette loi ne se limite pas à ça. Il s'agit d'une refondation de tout le système. Notre pays a trop longtemps imposé des conditions de travail déplorables aux élèves. Ces mauvaises conditions sont une des causes de l'échec scolaire dans notre pays: 150.000 jeunes quittent l'école chaque année sans diplôme. Cette reforme va coûter cher, mais a-t-on déjà calculé le coût de cet échec scolaire?

Quelles sont les grandes nouveautés [!] ? 
La loi propose de reconstruire à partir de l'école primaire et de changer les méthodes d'enseignement. [On a déjà eu les "maths nouvelles" et la "méthode globale" de lecture, mais au PS on n'apprend ni de l'expérience ni de ce qui marche] L'école doit devenir un endroit où il fait bon apprendre. C'est pourquoi la formation est indispensable. Sur les 60.000 créations de postes [d'enseignants ?] dans les 5 ans à venir, l'équivalent de 27.000 sera dédié à la formation avec la création d'écoles supérieures du professorat et de l'éducation. [Lien PaSiDupes 2012: " Education nationale cherche professeurs désespérément "] Ces écoles, une par académie, dépendront de l'université et auront un budget propre pour fonctionner. Les formateurs pourront être des enseignants eux-mêmes [ce qui était déjà le cas des calamiteuses IUFM] qui feront profiter de leur expérience [les prédécesseurs étaient devenus des théoriciens coupés des réalités de la classe]. Une réflexion sur le métier d'enseignant doit être lancée. [Une de plus ! Mais de la revalorisation du métier, Durand ne parle pas. C'est pourtant une des raisons du conflit avec le ministre V. Peillon: depuis que la défiscalisation des heures supplémentaires est intervenue (lien PaSiDupes), Marylise Lebranchu a opposé un "niet" sonnant et très peu trébuchant - Lien PaSiDupes : "Austérité: Lebranchu veut faire trinquer les fonctionnaires "]


On parle aussi de mettre davantage d’enseignants que de classes. Pourquoi? 
Le principe sera d’éclater les classes et les emplois du temps [les petits groupes et sous-groupes existent déjà], de développer le travail en petit groupe pour les élèves en difficulté. [Un état d'esprit qui génère un nivellement par le bas en négligeant les éléments seulement moyens et en mettant le paquet sur les moins adaptés aux études, selon le principe idéologique et utopique du "nous naissons tous égaux": en droit, sans doute, mais certainement pas en génétique !] 
Il faudra donc davantage d’enseignants que de classes. [Il existe déjà des enseignants sans élèves. Lien PaSiDupes- 18 000 professeurs du primaire n'ont jamais vu un élève ! : Le PS et la FSU sont-ils justifiés à manifester contre les suppressions de postes ? Autre lien PaSiDupes] On va renforcer les cycles, c'est-à-dire que la frontière entre les classes ne sera plus aussi rigide. L’idée est d’éviter les redoublements qui sont inefficaces. [Encore une certitude qui pénalise ceux qui pourraient en bénéficier, mais dont on les a privés par le passé pour des motifs ...budgétaires...]

Le collège et le lycée sont-ils concernés?
Le collège est concerné en premier avec la mise en place d’un conseil pédagogique entre les écoles primaires et le collège de référence. Le passage en sixième est une rupture trop forte pour beaucoup d’élèves. L’idée est d’avoir une continuité pédagogique entre les enseignants du primaire et du secondaire. Cette réforme doit aussi renforcer la carte scolaire et réaffirmer la notion de collège unique [autant de mesures qui n'ont pas répondu aux espoirs placés en eux, du fait des passe-droits et du nivellement vers le bas: à la création du collège unique remonte la décadence de l'enseignement secondaire].

Beaucoup de communes s’inquiètent du financement des activités périscolaires qui vont se développer...
Un fonds d’aide de 250 millions d'euros va être débloqué pour aider les petites communes à instaurer ces activités périscolaires. C’est clair que nous allons tâtonner un peu pendant deux ou trois ans, mais notre système éducatif est dans un tel état de délabrement qu’il serait encore plus grave pour les enfants de ne rien faire.


Encore un expert de l'éducation qui n'a jamais enseigné, mais qui croit tout savoir pour réinventer l'école...
Comme un boulet, l'idéologie de Durand, apparatchik doctrinaire socialiste dont on ne sait rien du parcours professionnel et de la connaissance du monde du travail, vient à nouveau plomber les chances promises de réussite.

mardi 5 avril 2011

Les parents d'élèves recalent le collège unique

Sondage: le collège unique ne satisfait plus personne


A pensée unique, collège unique.
Jamais réformé depuis son lancement en 1975 par René Haby, le collège est mal famé.


L'échec est consommé

Contrairement à l'école maternelle et à l'école primaire, plébiscitées lors de précédentes enquêtes, le collège fonctionne mal, selon près de la moitié du millier de Français interrogés, pour un sondage du CSA menée pour le compte de l'Association de parents d'élèves de l'enseignement libre (APEL) et de La Croix .
Les cadres supérieurs et les professions libérales - qui ont le choix entre enseignements privé et public - sont particulièrement pessimistes sur le sujet.
Pour 44 % des personnes interrogées, ce «maillon faible» du système éducatif ne favorise pas suffisamment l'égalité des chances. De même, une majorité (52 %) estime qu'il ne prépare pas bien les élèves à la suite de leur scolarité et à leur insertion professionnelle.

Causes de l'échec du collège unique

Parmi les raisons du dysfonctionnement du collège les Français citent:
- d'abord le fait qu'il y a trop d'élèves par classe (pour 42 %), bien que les classes de 40 élèves du passé n'existent plus,
- ensuite le manque de suivi des parents pour 39 %,
- puis les problèmes de discipline, puisque l'idéologie dominante place l'enfant au milieu du système et bien que l'enseignant soit devenu un éducateur...,
et le manque de personnel d'encadrement, ce qui n'est que la conséquence des deux précédents points: manque de suivi des parents et enfant-roi.

Le collège se situe au-delà du seuil de non-retour: les parents sont satisfaits du cycle élémentaire parce que, si leurs enfants prennent les mauvaises habitudes et accumulent les lacunes, ils ne redoublent plus guère. Ils passent donc néanmoins au collège, sans comprendre ce qu'ils lisent quand ils arrivent à déchiffrer. Ils s'expriment essentiellement à l'oral, avec d'ailleurs beaucoup de relâchement et le passage à l'écrit consacre la catastrophe.
Les collégiens sont convaincus que leur part de responsabilité dans leur échec est minime, puisque l'opposition assure que la société les a privés de tout: ils incriminent une institution « prise en tenaille » entre des élèves instables et insuffisamment encadrés, une approche « globalisante inadaptée » qui s'est en outre entêtée à pratiquer mes "maths modernes" et encore la "méthode globale" d'apprentissage de la lecture.
Le syndicat d'enseignants (FSU) et la fédération de parents d'élèves (FCPE) - tous les deux de gauche - qui dominent l'Education nationale, ont imposé des choix pédagogiques contestables et une idéologie sectaire. L'approche de l'histoire et de la géographie ne passent plus par une acquisition de connaissances, mais consiste à commenter des faits sélectionnés à travers un prisme marxisant abolisant toute notion de chronologie et de géo-localisation. La revendication quantitative du manque de moyens supplémentaires fait peu cas de la qualité. Les grèves à répétition et le climat afférent de contestation permanente sont peu propices à un travail serein.

L'état des lieux

Jusqu'à 72 % des parents d'enfants au collège rêvent qu'à l'avenir cette institution « ne soit plus sous forme de collège unique, mais qu'il propose aux élèves une plus grande diversité de formations », un collège à la carte qui sacrifierait la culture générale en faisant l'impasse sur les disciplines qui déplaisent contre 31 % jugeant qu'il est souhaitable qu'il « reste sous la forme d'un collège unique, qui dispense le même enseignement à tous les élèves », quelle qu'en soit la qualité.

Le collège unique n'a jamais été réformé - en plus de 35 ans -, parce qu'il ambitionnait de gommer les inégalités. Les archéo de gauche y tiennent, si vétuste soit-il, comme Mme Brochen-Aubry à sa cornée infectée et, bien que régulièrement critiqué, les enseignants n'envisagent pas de meilleur système, comme ils n'imaginaient rien de mieux que les maths modernes...
Avec l'allongement de la scolarité obligatoire à 16 ans, les éducateurs ont dû affronter des classes nettement plus hétérogènes qu'autrefois, des élèves inaptes à des études longues et des parents défaillants qui ne maîtrisent pas leurs gosses, mais assez ingrats pour accabler les seuls éducateurs de leurs rejetons.

Le système atteint ses limites pour les 15 à 20 % des élèves, ceux qui ne maîtrisent pas les fondamentaux. Environ 150.000 jeunes finissent d'ailleurs par sortir du système scolaire sans le moindre diplôme, à plus de 16 ans, voire 18. Pour Béatrice Barraud, présidente de l'APEL, à l'initiative du sondage, « les Français éprouvent une lassitude vis-à-vis du collège. On sait que les meilleurs élèves y restent les meilleurs mais s'y ennuient, que les mauvais restent mauvais. C'est un système inefficace ».

Le sondage propose des solutions !

Une tarte à la crème: l'individualisation du parcours des élèves
est celle qui recueille le plus de soutien : 84 % des parents de collégiens sont favorables à cette idée, sans savoir quels effets pervers elle implique.
Autre proposition qui semble aujourd'hui rencontrer une adhésion importante : 73 % des répondants sont d'accord pour envisager l'idée qu'il «faudrait un examen d'entrée au collège, afin de s'assurer que les élèves qui y entrent ont bien acquis les fondamentaux (lire, écrire, compter)». Les enseignants du SNU-ipp (FSU, bien sûr) refusent les évaluations: ils cassent le thermomètre pour ne pas prendre la température des élèves malades, avec le risque conscient de contamination d'un groupe plus large, voire de pandémie sur 35 ans.

Béatrice Barraud croit plutôt au développement de l'autonomie des établissements, comme le prônent, rapport après rapport, les spécialistes du milieu éducatif. Une chance pour les collectivités territoriales majoritairement de gauche actuellement.

Le tabou du collège unique


Depuis 2007, l'école primaire et le lycée ont été réformés mais le collège unique est intouchable et rien n'est prévu pour lui avant la présidentielle de 2012, sauf des débats de nature à exacerber les tensions pendant la campagne. Pourtant le sondage de l'APEL s'ajoute aux constats négatifs des diverses études menées sur le sujet.

=> Le rapport du Haut conseil de l'éducation (HCE), remis cet hiver à Nicolas Sarkozy, reconnaît que le collège échoue à compenser les inégalités sociales.

Il souligne le malaise des enseignants face à l'hétérogénéité des élèves. Mais il indique aussi que ce même collège a permis à davantage d'enfants d'accéder à l'éducation, ce qui est dû en fait à l'obligation scolaire ! Il fait néanmoins observer que le collège n'a d'unique que le nom, «en raison des disparités importantes entre établissements, de l'existence déguisée de filières et de stratégies de contournement ».

En somme, pour le HCE, l'urgence n'est pas d'opposer partisans et adversaires du collège unique mais plutôt de se concentrer sur l'objectif assigné au système éducatif par la loi Fillon du 23 avril 2005 : assurer à chaque élève la maîtrise du « socle commun de connaissances» à la fin de la scolarité obligatoire, une visée minimaliste.

S'inspirant des pays dont le système éducatif fonctionne mieux, le HCE est favorable à un allongement du temps de présence des enseignants - inversement proportionnel à celui des parents - dans les établissements, un sujet explosif pour les syndicats.
Il observe que les pays « forts en thème » ont octroyé à leurs établissements des marges d'autonomie rendant possible une organisation souple, laquelle pourrait toutefois accentuer les inégalités de secteur à secteur.
Il plaide ainsi pour que la mesure de Luc Chatel permettant à une centaine de principaux de collèges difficiles de sélectionner leurs enseignants, fasse l'objet d'une expérimentation plus large. Luc Chatel réfléchirait à cette possibilité. L'autonomie des collèges nouveaux se ferait ainsi aux dépens de celle des éducateurs...

=> Les propositions du secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, ne sont guère éloignées des propositions du HCE.
Il faut, selon lui, passer du collège unique au «collège pour chacun ». Le passage de la fin du primaire au début du collège devrait être assoupli avec des professeurs qui passent plus de temps avec leurs élèves.

=> Jean-François Copé, le patron de l'UMP, lui, a renvoyé la balle à l'école primaire puisqu'il souhaite instituer un examen de passage à la fin du CM2. « Le but n'est pas d'exclure qui que ce soit, mais que 100 % des enfants réussissent cet examen », a-t-il déclaré.

=> De son côté, le PS
Il entend accentuer les liens entre le primaire et le collège.

Ce sujet, passionnel pour les Français, promet de ressurgir pendant la présidentielle.

A noter que, malgré des journées d'action tous les samedis, le projet du PS pour les primaires ne promet pas de postes d'enseignants à la hauteur de ses cris et hurlements depuis quatre ans.

mardi 19 octobre 2010

Grève lycéenne: incendie citoyen d'un collège au Mans

'Pacifiques', le PS, l'UNL et la FCPE ne sont surtout pas responsables
Des traces d'"effraction" et d'"engin incendiaire" ont été découvertes mardi après l'incendie qui a détruit un collège au Mans

De jeunes démocrates incendient le collège unique

"Vraisemblablement criminel", l'incendie d'un collège du Mans, mardi à l'aube, n'a pas fait de victimes, sinon l'enseignement éducation de masse.
Le maire PS, Jean-Claude Boulard a fait savoir -sur place au côté du préfet- que "le collège est entièrement brûlé. L'hypothèse la plus probable est une origine criminelle", estime l'élu.
Le collège Val-d'Huisne, construit en 1970 dans la quartier des Sablons et accueillant entre 241 et 250 élèves, était de type "Pailleron", du nom de celui, à structure métallique, qui avait brûlé en faisant 20 morts à Paris en 1973. Il avait été rénové il y a une dizaine d'années.

Choc émotionnel
Une réunion pour tenter de rassurer les enfants perturbés et les parents inquiets de l'avenir de leurs enfants s'est tenue mardi matin dans une salle commune proche du collège Val d'Huisne au Mans.
Le maire a annoncé l'ouverture d'une maison de quartier à partir de 7h45 pour accueillir les élèves et informer les familles, et une conférence de presse organisée en fin de matinée à l'issue d'une réunion de travail avec les enquêteurs et des secours.

L'origine du sinistre n'a pas été immédiatement déterminée

Une piste politique
VOIR et ENTENDRE le message de Sa Cynique Majesté Royal:
Royal et les jeunes manifestants: lapsus et malentendu
envoyé par LePostfr. - L'info video en direct.

L'incendie, qui s'est déclaré peu après minuit, ne s'est pas propagé aux habitations voisines et était "maîtrisé" à 5 heures, a indiqué le colonel Pascal Ribot, directeur départemental des services de secours de la Sarthe.
A l'arrivée des secours, les grilles d'accès à l'établissement avaient été bloquées par des poubelles et des chariots de supermarché, selon certaines informations non confirmées officiellement. L'incendie est survenu dans un contexte de tension syndicale autour du projet de réforme des retraites en cours d'adoption au Sénat. Quelques heures plus tôt, des voitures avaient notamment été incendiées à l'issue de manifestations à Nantes, également en région Pays de Loire.

Le quartier des Sablons est un quartier populaire, avec une forte mixité sociale, où il est politiquement correct d'affirmer que le collège Val d'Huisne joue un rôle de cohésion sociale.

Ce que les faits ne démontrent pas aujourd'hui.
Lire PaSiDupes sur l'exhortation de Sa Cynique Majesté Royal