POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

Affichage des articles dont le libellé est centre aéré. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est centre aéré. Afficher tous les articles

vendredi 8 juillet 2016

Rythmes scolaires à Montreuil : rumeurs de pédophilie dans une école publique

La rumeur pédophile qui laisse froides les sectaires, dont Caroline de Haas

Depuis deux semaines, la rumeur sur le viol d’un enfant dans une école de Montreuil agite la ville sans pour autant transpirer dans la presse nationale.

Le 21 juin dernier, un enfant noir de 4 ans, scolarisé dans l'établissement, s'est plaint auprès de sa maman de douleurs aux fesses, après avoir passé l'après-midi au centre aéré de l'école. "Il nous a dit qu'il avait été seul dans une pièce et que trois enfants avaient rentré un jouet dans ses fesses. Il a dit qu'il a eu plusieurs pénétrations (...) et des claques sur les fesses", ont révélé les parents à Buzzfeed.

Ses parents ont porté plainte pour agression sexuelle sur leur enfant dans son école maternelle de Montreuil, Seine-Saint-Denis. 

Cette sombre affaire de pédophilie supposée à l'école maternelle Jules-Ferry,  la bien nommée, plonge la ville de Montreuil dans la stupeur. Mais pas autant, si la presse le permet, que les familles et leurs enfants.

Des animateurs auraient également été présents lors des faits, précise le père de l'enfant. 

Les parents accusent la mairie communiste et l'établissement scolaire d'étouffer l'affaire. 
Quant à l'école, elle "cherche à couvrir tout ça", selon ce père. Après un examen médical faisant état d'une fissure anale, n'ayant apparemment pas été causée par une constipation, la brigade des mineurs a été alertée. 
La mère de l'enfant présentant même des anciens slips de son fils "avec des traces blanches suspectes". Les parents ont aussitôt porté plainte contre X après avoir été auditionnés par la brigade.

La situation s'est envenimée lorsque plusieurs soutiens aux parents ont pris les choses en main

Ainsi, l'association panafricaine UDC qui lutte contre l'infériorité raciale. Quelques jours après les faits rapportés, plusieurs militants d' "Unité, Dignité, courage", ont commencé à multiplier les rassemblements à Montreuil, aux abords de la maternelle Jules-Ferry ou de la mairie. Ils ont accompagné la famille de l'enfant à l'école Jules-Ferry pour tenter d'obtenir des explications. Le ton est vite monté sur place, nécessitant l'intervention de la police. La mairie a reçu le couple et leur fils le 24 juin, sans pour autant donner suite. "Depuis le début de cette affaire, ni la mairie ni l'école n'ont voulu nous soutenir", ont déclaré les parents dans une vidéo publiée par la page Facebook du mouvement UDC. "Le maire a même annoncé dans une réunion à laquelle nous n'étions pas conviés que les faits révélés par mon fils n'étaient pas avérés". La dite vidéo a été visionnée plus de 580.000 fois, ce qui ne prouve rien.

VOIR et ENTENDRE les menaces de l'UDC et ses accusations de complot:

Selon les autorités, il n'y a pas eu agression. 
Examiné une seconde fois, plusieurs jours après les faits, un nouveau rapport médical faisait état d'une fissure anale pouvant avoir été causée par l'introduction d'un jouet dans le corps de l'enfant. Une enquête a été menée par la brigade de sûreté territoriale, puis transmise au Parquet. Selon Buzzfeed, l'affaire aurait été classée sans suite par le procureur de Bobigny.
VOIR et ENTENDRE un long appel récupérateur et outrancier -dans la veine du complotisme (francs-maçons, etc) - , des accusations nominales (Lang, F. Mitterrand ou Hollande) et des amalgames fumeux (mise en cause de l'ultra-gauche de la police, appel à Nuit Debout !, etc) :  
Bonne continuation " !...

Une source policière, sous couvert d'anonymat (!), a par ailleurs indiqué que lors de son audition,
l'enfant avait livré plusieurs noms, qui, après vérification, se sont révélés être des noms d'autres enfants. Ces derniers auraient en effet "rentré un jouet dans les fesses" de la victime. Bien qu'anonyme, la source policière est formelle : "il n'a jamais évoqué d'adulte. En réalité, il n'y a pas d'agresseur"... 

Une intolérable concertation et une insupportable connivence, selon les soutiens à la famille de l'enfant, qui n'ont pas tardé à réagir. Dans un communiqué publié le 1er juillet, la FCPE - proche du PCF - a pris fait et cause pour la mairie communiste"un groupe d'hommes a investi les locaux (...) et proféré des accusations sans preuves - pédophilie, racisme - devant les élèves et les parents atterrés"
L'UDC, une asso digne de confiance ?

'Unité, Dignité, courage' dénonce cette "agression sexuelle" avec véhémence.Mwazulu Diyabanba, à la tête de l’UDC, n’entend pas laisser l'affaire pendante. "Nous avons des éléments, assure-t-il. Nous pouvons certifier que cet enfant a été abusé sexuellement." Puis il avance une liste de preuves floues relevées par l’association il y a déjà plusieurs jours et admet ne pas avoir plus d’éléments sur la nature des "traces blanches" qui auraient été trouvées sur le slip de l’enfant. "Une maman ne se trompe pas", estime-t-il tout simplement, sous-entendant qu’il s’agit de sperme.



L'asso dénonce aussi bien les ingérences de la France en AfriqueCréée en 2010, elle compterait 300 membres en Europe, mais se mobilise habituellement sur des questions de politique internationale et dénonce les ingérences de la France (et plus largement de l’Occident) en Afrique. L’association était ainsi de la marche du 8 mai 2015 pour la fermeture des bases militaires françaises en Afrique. Elle prône aussi une dissolution de l’ONU, lutte pour une Côte d’Ivoire libre et souveraine, l’abandon du franc CFA et appelle dans ses vidéos à une union de la jeunesse africaine, "ceux des quartiers défavorisés, les afro descendants, les Antillais…""C’est l’une des quatre ou cinq associations panafricaines engagées sur le terrain en France, indique Amzat Boukari-Yabara, historien spécialiste du panafricanisme. L’UDC est l’une des plus actives, notamment sur les réseaux sociaux. Elle est connue dans le milieu associatif africain engagé et fédère ceux qui sont déçus de la manière dont les élus français se comportent sur la question noire."Mais cette affaire à Montreuil est assez loin des prises de positions habituelles de l’UDC: avec une volonté de récupération politique ? "Si on s’empare de cette affaire, c’est d’une part parce que le papa de la victime est membre de notre association, explique Mwazulu Diyabanba. C’est aussi et surtout parce que notre association panafricaine lutte contre toute forme de domination. La pédophilie en est une."
L'asso illustre la réalité de la théorie du complotL’UDC dit ne pas vouloir récupérer politiquement l’événement pour en faire une nouvelle preuve du racisme contre les Noirs en France. Pourtant, Mwazulu Diyabanba dit à plusieurs reprises que le directeur de l’école Jules-Ferry et le maire de Montreuil font tout pour étouffer l’affaire, qu’ils ne tiennent pas le même discours suivant que la personne en face est blanche ou noire et que les faits auraient été pris avec plus de sérieux si la victime n’avait été de couleur.Amzat Boukari-Yabara dit ne pas être surpris. "L’UDC sait médiatiser une affaire quand ils estiment qu’elle a été traitée avec désinvolture", estime-t-il.L’UDC dit ne pas vouloir récupérer politiquement l’événement pour en faire une nouvelle preuve du racisme contre les Noirs en France. Pourtant, Mwazulu Diyabanba dit à plusieurs reprises que le directeur de l’école Jules-Ferry et le maire de Montreuil font tout pour étouffer l’affaire, qu’ils ne tiennent pas le même discours suivant que la personne en face est blanche ou noire et que les faits auraient été pris avec plus de sérieux si la victime n’avait été de couleur.Amzat Boukari-Yabara dit ne pas être surpris. "L’UDC sait médiatiser une affaire quand ils estiment qu’elle a été traitée avec désinvolture", estime-t-il.L’UDC dit ne pas vouloir récupérer politiquement l’événement pour en faire une nouvelle preuve du racisme contre les Noirs en France. Pourtant, Mwazulu Diyabanba dit à plusieurs reprises que le directeur de l’école Jules-Ferry et le maire de Montreuil font tout pour étouffer l’affaire, qu’ils ne tiennent pas le même discours suivant que la personne en face est blanche ou noire et que les faits auraient été pris avec plus de sérieux si la victime n’avait été de couleur.Amzat Boukari-Yabara dit ne pas être surpris. "L’UDC sait médiatiser une affaire quand ils estiment qu’elle a été traitée avec désinvolture", estime-t-il.

"Ils disent que nous sommes fous de laisser nos gamins"Mais l’UDC agacerait de plus en plus de parents d’élèves de Jules-Ferry. "L’association a conduit toute la semaine des actions […] considérant, en dépit de la présomption d’innocence et de l’enquête en cours, que les personnels étaient, sinon directement mis en cause, au moins coupables de cacher des actes de pédophilie et de faire preuve de racisme envers la famille concernée", déplore Mais l’UDC agacerait de plus en plus de parents d’élèves de Jules-Ferry. "L’association a conduit toute la semaine des actions […] considérant, en dépit de la présomption d’innocence et de l’enquête en cours, que les personnels étaient, sinon directement mis en cause, au moins coupables de cacher des actes de pédophilie et de faire preuve de racisme envers la famille concernée", déplore Mais l’UDC agacerait de plus en plus de parents d’élèves de Jules-Ferry. "L’association a conduit toute la semaine des actions […] considérant, en dépit de la présomption d’innocence et de l’enquête en cours, que les personnels étaient, sinon directement mis en cause, au moins coupables de cacher des actes de pédophilie et de faire preuve de racisme envers la famille concernée", déplore le 1er juillet l’union locale de Montreuil de la FCPE, fédération de parents d'élèves qui prend fait et cause pour les enseignants.Téléguidée par la fédération, la maman d’une fille de 3 ans, scolarisée en maternelle, parle d’un climat très tendu instauré par l’UDC à l’école Jules-Ferry. "A plusieurs reprises, ils se sont réunis devant l’école à 8h30 avec un mégaphone en hurlant que c’est un camp de concentration pour pédophiles, explique-t-elle. Devant les gamins, ils nous répètent que nous sommes fous de les laisser dans cette école et leur prise de parole s’éloigne très vite de l’histoire de cet enfant pour revendiquer le racisme dont ils se disent victimes."


La directrice de l'établissement Jules Ferry a contre-attaqué
en portant plainte pour diffamation. Des effectifs policiers ont été placés à l'entrée de l'école, qui doit rester ouverte en juillet et accueillir les enfants et les animations du centre aéré.

L'Education nationale, dirigée par Najat Vallaud-Belkacem, sa supérieure hiérarchique, s'en lave les mains et garde ses distances, tandis que  la meute des militants contre la pédophilie dans l'Eglise est rentrée à la niche des réseaux sociaux... Caroline de Haas est totalement consacrée à la motion de censure de la gauche avortée contre le projet socialiste de réforme par voie de 49.3, un passage en force -le quatrième en quatre ans - qui la mobilise exclusivement, au mépris qu'un viol sur enfant de quatre ans, en école publique laïque et obligatoire.

vendredi 4 octobre 2013

Le poids de l'immigration sur l'Education nationale et l'avenir de nos enfants

Dossier : L’école malade de la gauche (idéologue)


Un élève sur quatre ne sait pas lire en entrant au collège

Gugusse en sortie pédagogique
au Louvre de Lens
Mais Vincent Peillon ne propose pas d’autre solution que l’aménagement des rythmes scolaires. Un aveuglement idéologique dont les enfants paient le prix. 

Rythmes scolaires : la pénible impression que nous avons été baladés. C’est le titre d’un billet publié sur son blog par Mara Goyet, professeur d’histoire-géographie dans le 9.3 depuis quinze ans. "J’ai senti le coup venir, mais je ne pensais pas que ce serait un tel foutage de gueule. Je ne comprends pas", écrit-elle au sujet de cette réforme. Une année de débats et de négociations houleuses pour quoi ? " Pour déplacer trois heures ? Il est où l’échec scolaire, l’illettrisme, les résultats Pisa, les statistiques en berne ? 


A-t-il toutes ses facultés ?
On fait quoi pour tous ces enfants qui peinent, n’y arrivent pas, sont incapables d’écrire une phrase correcte, sont prostrés, révoltés, évacués du système ? On leur propose quoi ?"
Rien. Rien d’autre que cette réforme minimaliste dont Vincent Peillon s’enorgueillit pourtant, car les élèves, a-t-il expliqué récemment, auront accès à des activités qu’ils ne pouvaient pas pratiquer jusque-là : le poney, par exemple… (lire page 22). [C'est vraiment ignorer la réalité des efforts des municipalités et de leurs centres sociaux, éducatifs et sportifs et par conséquent des contribuables locaux] Que cet “aménagement” s’avère hors de prix ne le dérange pas. Qu’il pose des problèmes pratiques aux mères de famille qui travaillent ne paraît pas non plus le gêner : "Ma fille a désormais classe le mercredi matin, raconte Inès. Comment vais-je faire pour la conduire de l’école au centre aéré, l’après-midi ? Vais-je devoir m’absenter du bureau ? Payer quelqu’un pour la mener de l’une à l’autre ?" Mais, surtout, que cette réforme ne résolve en rien les difficultés des élèves dans les matières essentielles ne semble pas préoccuper le ministre. [Peillon n'a d'autre préoccupation que d'embrigader nos enfants et de les ré-éduquer]

Un problème ? Quel problème ?

Les voilà, les problèmes !
Il y a des lustres que les experts consultés par l’Éducation nationale déplorent les dysfonctionnements de cette institution, dont les enfants paient le prix, surtout les plus pauvres [ou les néo-arrivants dans l'hexagone]: "Au terme de la scolarité dite obligatoire, et quels que soient leurs parcours, collégiens et lycéens maîtrisent souvent mal et trop souvent pas du tout les savoirs de base ", constatait déjà Roger Fauroux dans son rapport sur l’école en ...1996 !

"La présence des élèves en difficulté, les écarts qui se creusent suffiraient à ôter toutes les illusions sur le collège unique, écrivait trois ans plus tard le sociologue François Dubet. Mais on pourrait au moins souligner que ce collège ouvre les élèves les plus fragiles à la culture, les stimule et les motive. Or, bien des enseignants observent l’inverse. Non seulement les élèves les plus faibles échouent, mais ils se retirent du jeu, ils finissent par osciller entre la violence et l’apathie."

Plus récemment, le Haut Conseil de l’éducation soulignait que
200.000 élèves ont des "acquis fragiles" en entrant au collège. Et 100.000 des "difficultés sévères" : "Lexique très limité, difficultés de compréhension, repères méthodologiques et culturels très insuffisants. Ces lacunes rendent impossibles aussi bien un réel parcours scolaire de collège qu’une formation qualifiante" (rapport sur l’école primaire, août 2007). [On ne mentionne même pas encore l'orthographe délirante]

Un constat alarmant mais incontestable car fondé sur de nombreuses enquêtes. En 1995, des collégiens avaient repassé les épreuves du certificat d’études de 1925. Ils commettaient 2,5 fois plus de fautes que leurs grands-parents et réussissaient beaucoup moins bien les problèmes mathématiques. En 2005, 3.000 élèves refaisaient une dictée proposée à leurs aînés en 1987 (un court passage de Fénelon composé de quatre phrases et de 83 mots). En moyenne, plus de 13 fautes lourdes en 2005, au lieu de 8 en 1987.

Un vrai problème pour ces adolescents mais à terme, aussi, pour les entreprises [et leur indépendance, voire leur liberté de citoyens]. Beaucoup soumettent désormais leurs salariés à des tests d’orthographe. C’est ce qu’a fait la compagnie d’assurances April au mois de mai : une centaine de volontaires ont passé la certification Voltaire, qui mesure le niveau d’orthographe à la manière du Toefl anglais. "La relation de confiance avec nos clients passe d’abord par des courriers impeccables", explique l’un des dirigeants d’April.
[C'est relou!]

LIRE aussi dans Valeurs actuelles:

lundi 28 avril 2008

Mouvement lycéen: presse et syndicat désinforment

Manifestations de lycéens : une contestation rituelle et idéologique
Mardi 15 Avril [2008], les lycéens ont manifesté pour la cinquième fois en deux semaines, réunissant à chaque fois plusieurs milliers de personnes. Ils protestent contre l’annonce par le Ministre de l’Education Nationale, Xavier Darcos, de la suppression de 11 200 postes d’enseignants [NON ! ne pas confondre postes d'enseignants et postes dans l'ensemble de l'Education Nationale!...] dans les lycées [et collèges] à la rentrée prochaine. Les principales organisations lycéennes, l'Union nationale lycéenne (UNL) et la Fédération indépendante et démocratique lycéenne (FIDL) sont à l’initiative de ce mouvement. Depuis ils ont été rejoints avec enthousiasme par les syndicats d’enseignants, FSU en tête [qui jusque là tiraient sournoisement les ficelles sans risque de retenues salariales...], et par des organisations de parents d’élèves .


Dans les médias ce conflit se présente comme une bataille d’arguments, souvent numériques [et encore plus souvent sous forme de slogans réducteurs et de mensonges]. Xavier Darcos insiste sur la baisse du nombre de lycéens, que personne ne conteste [1] [mais que les syndicats et la presse occultent]: 19 000 élèves de moins dans le second degré en 2007, un nombre en baisse constante depuis 1994. Il souhaite en profiter pour faire des économies dans un ministère qui représente 22% du budget de l’Etat français [le plus lourd en Europe]: 120 Milliards d’euros en 2007 [2] selon le site officiel du ministère, ce qui représente le premier budget de l’Etat. Le site se félicite même d’avoir un budget en hausse continuelle (+1,32% en 2007) et ajoute que le budget a été multiplié par 1,8 en euros constants depuis 1980.

Les lycéens quant à eux réclament plus de professeurs en croyant ainsi améliorer la qualité de l’enseignement dispensé [c'est mobilisateur, mais trompeur, puisque la loi a déjà été votée par le Parlement]. Ils soulignent ensuite le renversement de tendance démographique qui fait qu’actuellement le nombre d’élèves en primaire augmente et au collège l’augmentation devrait avoir lieu à la rentrée 2008 [précisément!], ce qui se répercutera inévitablement au lycée. Enfin les organisations syndicales s’inquiètent de la réduction des débouchés pour les professeurs en formation.
Hélas cette bataille d’arguments est tout à fait stérile et occulte les vraies questions posées par cette mesurette.
Le premier élément dont on ne parle jamais est le plaisir évident que les lycéens prennent à descendre dans la rue. Entre suivre des cours comme tous les jours et descendre avec ses copains et copines dans la rue en chantant et en faisant la fête, le choix est vite fait pour le lycéen lambda (mais on notera que si le lycéen rate volontiers les cours, aucune manifestation n’a eu lieu le week-end ou dans les académies actuellement en vacances) [Les profs qui les encadrent seraient-ils également en vacances?]. Ajoutez à cela les discours des syndicats de lycéens [et leurs professeurs syndiqués et militant pendant leurs heures de service...] exhortant leurs camarades à entrer en résistance contre la casse de notre beau système et vous obtenez des lycéens gonflés à bloc, partagés entre le plaisir de manifester et la sensation d’être utiles au reste de la société en luttant pour la préservation du système [tout en écrivant une page d'histoire... Voyez-les chercher les objectifs des photographes!]. Chaque mouvement social dégage un romantisme qui attire très fortement les lycéens [en révolte contre leurs nullités de parents qui font des heures sup pour leur bien-être], majoritairement de gauche [car c'est aussi l'âge de la révolte contre la société: du pain béni un filon pour les extrémistes !]. Enfin les lycéens savent parfaitement que pas un seul gouvernement depuis des décennies n’a su résister aux démonstrations de force syndicales. Dans ces conditions ils auraient tort de se priver ! Faire chuter une réforme, ou mieux, un ministre, est devenu un véritable rite de passage pour chaque génération de lycéens imprégnés malgré eux de pensée socialiste.
Deuxièmement l’échec du système d’éducation public, « gratuit », et centralisé. Cet échec peut se mesurer de différentes manières. Que ce soit l’illettrisme qui atteint 9 % de la population contre moins de 8% à la fin du dix-neuvième siècle
[3] [au temps des 'hussards de la république'], , ou encore les efforts déployés par les parents de tous les milieux sociaux qui se battent pour inscrire leurs enfants dans les lycées publics les plus réputés ou tout simplement dans des établissements privés [pour preuve de la bonne presse de l'enseignement public mais aussi ... laïc et idéologique !] . Ou enfin la violence qui ne cesse d’augmenter, le climat général qui se dégrade et le manque de moyens alors que le budget augmente [au rythme des 'classes vertes' ou 'de neige', car l'école est aussi 'centre aéré', en doublon!]. Comme partout et en tous temps l’argent public est mal dépensé, car il n’y a aucun impératif d’efficacité [les pédagogues ne sont ni de froids gestionnaires, ni de viles comptables]. L’argument qui consiste à dire que l’éducation serait forcément déficitaire est faux. Le déficit étant bien financé par ailleurs, au total on ne peut pas dépenser plus que ce que l’on a. Une bonne gestion des ressources matérielles, des effectifs, et une meilleure adéquation des programmes avec les besoins de formation permettraient de rendre l’éducation parfaitement rentable. C’est pourquoi il est urgent d’instaurer la concurrence dans le système scolaire en France. Pour que chaque établissement puisse déterminer de façon autonome ses besoins en professeurs et en matériel tout en optimisant la réussite des élèves, et donc son propre succès. Pour un enseignement non politisé, ne dépendant plus de l’idéologie des professeurs tout puissants, mais plutôt pragmatique et adapté aux besoins réels de la société.

Il est impératif d’instaurer une réelle concurrence entre établissements : c’est le seul moyen de les pousser à obtenir de meilleurs résultats et à satisfaire la demande légitime des parents en matière d’éducation de leur enfant. Aujourd’hui l’Etat enseigne naturellement aux enfants ce qui lui est favorable : obéissance fiscale pour « l’intérêt général », défense inconditionnelle des systèmes publics de santé et de retraite pourtant en faillite depuis longtemps, mise en valeur du rôle de l’Etat dans l’histoire, etc. Mis en concurrence, les établissements les plus mal réputés voyant fuir leurs élèves se verront obligés de se remettre en question et de fournir une éducation au niveau de l’attente des élèves et de leurs parents [et de la société]. Par ailleurs chacun reconnaît qu’il n’existe pas de méthode de gestion uniformément applicable à tous les lycées, mais qu’au contraire la liberté pour un lycée de se gérer lui-même conduirait à une meilleure prise en compte des spécificités [et l'Ecole serait assurément 'investie' par les professeurs-militants syndicalistes: nous observons déjà l'omniprésence des collectivités territoriales, les mairies dans les écoles primaires et les Conseils Généraux (LIRE les articles PaSiDupes libellés 'ordina 13') dans les collèges, qui tiennent l'Ecole par le biais des crédits et subventions et par le militantisme d'enseignants élus ou engagés, qui tiennent la communauté éducative sous leur coupe] .

Et que feraient alors les parents n’ayant pas les moyens d’inscrire leur enfant dans un établissement privé ? Liberté Chérie propose le système des chèques éducation (
voir notre argumentaire « Enseignement » ) : une aide de l’Etat utilisable seulement pour des dépenses de scolarité. Ainsi l’accès à l’éducation serait garanti, mais chacun pourrait mesurer le coût des dépenses éducatives dans un système libre. Car faire croire que l’éducation est gratuite est un mensonge éhonté [même les retraités financent par l'impôt]. Chaque lycéen coûte en moyenne 10 140 euros par an. Cette somme est intégralement payée par les parents via l’impôt et l’endettement de l’Etat. Mais noyées dans la masse des prélèvements obligatoires dont personne ne connaît la destination, ces dépenses passent inaperçues et trop de Français croient encore que l’éducation est gratuite parce que l’Etat l’a décidé. Ils en payent pourtant jusqu’au dernier centime [quand ils participent aux frais de sortie en séance de cinéma ou de théâtre -éducatif et populaire- sur les heures de cours, ils contribuent aussi aux heures non faites d'enseignement] . La situation risque d’empirer en attendant une prise de conscience suivie de véritables réformes, débarrassées de l’éternelle peur de fâcher les syndicats et autres professionnels de la banderole et du haut-parleur [mégaphone].
Par Pierre Schweitzer, le 16/04/08

[1] http://media.education.gouv.fr/file/82/0/5820.pdf
[2] http://media.education.gouv.fr/file/97/1/20971.pdf
[3] Jean-Pierre Pélissier et Danièle Rébaudo, « Une approche de l’illettrisme en France », Histoire et mesure, XIX - N° 1/2 - Varia, mis en ligne le 15 juin 2007, référence du 16 avril 2008, disponible sur : http://histoiremesure.revues.org/document816.html.