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mercredi 30 août 2017

Primaire, collège, lycée et supérieur : ce qui change encore pour nos enfants à la rentrée 2017

Les élèves du primaire sont les principaux concernés par ces réformes

Mot d'ordre : la "confiance"... 

Résultat de recherche d'images pour "Blanquer"Hollande, Hamon et Vallaud-Belkacem ne l'avaient donc pas instaurée ? 
Le ministre de l'Education, Jean-Michel Blanquer, a présenté mardi 29 août lors d'une conférence de presse la première rentrée scolaire du quinquennat Macron et les réformes attendues des 12,8 millions d'élèves et les 884.000 enseignants. Au programme, priorité à l'école primaire et la lutte contre les inégalités. 
Voyons ce qui va encore changer pour les élèves dès le 4 septembre prochain.

Pour tous les élèves

Plusieurs annonces concernent la totalité des élèves. Parmi les sujets qui fâchent, la suppression de 23.000 contrats aidés, auxquels l'Education nationale a largement recours et qui étaient aux deux-tiers financés par l'Etat. Ce sont les auxiliaires de vie scolaire pour les enfants handicapés, les secrétaires, les documentalistes, les animateurs… Le ministre a confirmé que l'accompagnement des élèves en situation de handicap ne sera pas mis à mal et sera même renforcé par 8.000 créations de postes. Ce sont donc les autres postes qui devraient en pâtir. Ces derniers jours, plusieurs élus se sont inquiétés de cette annonce tardive. A La Réunion, la rentrée scolaire a été décalée de cinq jours dans la plupart des communes et Valorbiquet, petite commune du Calvados, a aussi dû repousser la rentrée d'une semaine. L'Association des maires de France a tiré la sonnette d'alarme et le ministre a assuré suivre la situation de près.

Véritable serpent de mer de la politique éducative, le redoublement est lui aussi au programme de cette rentrée. 
Le ministre de l'Education souhaite en effet assouplir le décret soutenu par sa prédécesseure Najat Vallaud-Belkacem et adopté en novembre 2014, affirmant "le caractère exceptionnel du redoublement". "Il doit rester possible, quand c’est dans l’intérêt de l’élève, et dans des cas qui doivent rester rares", déclarait Jean-Michel Blanquer début juin au Parisien, ajoutant qu'il faut "autoriser à nouveau le redoublement". Une déclaration qui a eu le don d'irriter les syndicats, qui prétendent que le redoublement n'a jamais été frappé d'interdiction, bien qu'effectivement condamné par la ministre dans la presse et combattu par les enseignants sur le terrain, aussi bien que de faire gagner une année aux enfants qui le peuvent.

Dernier chantier commun : la "rentrée en musique". 
Annoncée par un communiqué conjoint des ministère de l'Education et de la Culture en juin dernier, le dispositif, non obligatoire, incite les élèves, professeurs, parents et artistes à accueillir les nouveaux élèves de chaque établissement par une performance musicale. L'objectif est "de faire de la rentrée et, au-delà, de l'année scolaire un moment de joie et de retrouvailles", a assuré mardi Jean-Michel Blanquer. Le ministre a assuré que l'événement n'est pas un "gadget" et a promis d'annoncer bientôt des "mesures" pour "déployer l'éducation musicale dans le primaire et le second degré".

Les élèves du primaire sont le coeur de cible des changements. 
Très forte réduction du nombre d'élèves par classe de CP dans les quartiers très défavorisés (réseau d'éducation prioritaire, REP+), du fait de l'immigration légale ou clandestine, notamment, comme promis par le candidat Macron. 85% des 2.500 classes concernées bénéficieront d'un véritable dédoublement, puisqu'elles seront divisées en deux classes d'une douzaine d'élèves. Pour les 15% restants, celles dont les communes défavorisées non pas les moyens financiers, "il y aura deux professeurs (…) dans une même salle", a précisé le ministre dans une interview aux Echos, le 27 août. Le dédoublement devrait aussi concerner les classes de CE1 en REP+ et de CP et CE1 en REP d'ici 2019. 

Les professeurs mobilisés sont en grande majorité "expérimentés", a garanti Jean-Michel Blanquer mardi.
"90% d'entre eux" ont au moins trois ans d'expérience, avance-t-il, bien que trois années n'y suffisent à l'évidence pas.   L'octroi d'une prime annuelle de 3.000 euros, dont le calendrier de versement n'a pas été dévoilé, contredit d'ailleurs cette affirmation du ministre. 
Pour pourvoir ces nouveaux postes, le gouvernement devra puiser dans le vivier des professeurs remplaçants, ainsi que dans le dispositif "Plus de maîtres que de classes", qui consiste à affecter un enseignant supplémentaire dans une classe non dédoublée. Le syndicat dominant des enseignants en école primaire, le Snuipp-FSU, s'est étonné que l'on pioche dans l'effectif de ce dispositif, qui "allait être évalué en 2019". Jean-Michel Blanquer a néanmoins assuré mardi que deux tiers de ces enseignants seraient préservés.

Côté rythmes scolaires, un tiers des écoles primaires feront leur rentrée en revenant à la semaine de quatre jours.
Ainsi est balayée la semaine contestée des quatre jours et demi instaurés sous François Hollande. A la date du 18 juillet, près d’un tiers des écoles avaient fait le choix de revenir à la semaine de quatre jours dès la rentrée 2017, retour en arrière qui concerne plus d’un quart de jeunes élèves français.
Depuis le début des années 2000, les rythmes scolaires ont connu de multiples revirements. En 2008, le ministre Xavier Darcos instaure la semaine de quatre jours dans les écoles maternelles et primaires publiques, mettant fin au travail le samedi et réduisant le temps de travail des écoliers de 26 à 24 heures hebdomadaires. En 2013, Vincent Peillon décrète  le retour à la semaine de quatre jours et demi. La journée d’école est raccourcie et des nouvelles activités périscolaires sont organisées , à la charge des municipalités. Un an plus tard, en 2014, sous la pressions de certaines mairies confrontées à des difficultés insurmontables, Benoît Hamon publie un nouveau décret : la semaine doit s’étaler sur cinq jours, mais il est possible de n’avoir que 8 demi-journées d’école et une demi-journée consacrée aux activités périscolaires facultatives.
La rue de Grenelle évoque une "liberté nouvelle".
Les communes retrouvent leur autonomie, alors que certains spécialistes de l'enfance déplorent évidemment que l'intérêt des enfants passe après celui des adultes et du tourisme. Jean-Michel Blanquer a rassuré mardi les communes conservant le rythme de quatre jours et demi : elles conserveront en effet le fonds de soutien qui leur est dédié, lequel sera "pérennisé". 
Une concertation pour revoir plus largement le calendrier scolaire et la durée des vacances sera également ouverte "dans les deux mois qui viennent", a annoncé lundi le ministre sur BFMTV.

Conf @jmblanquer se dit favorable à la "pérennisation" du fonds d'aide aux communes pr la semaine de 4,5 jours même après 2018


Troisième gros chantier ré-ouvert par le ministère : 
l'enseignement de la lecture. 
Le ministre a souhaité rétablir la primauté de la méthode syllabique (fondée sur le déchiffrage des mots), plutôt que la méthode globale (focalisée sur la mémorisation d'ensembles). Les syndicats se disent "étonnés" de cette uniformaisation, reconnaissant que, dans la pratique, le désordre règne et qu'une combinaison des deux continue souvent d'être pratiquée.




L'apprentissage de la  va désormais s'appuyer "sur une pédagogie de type  et non sur la méthode globale". 

Le primaire devrait en outre bénéficier en "priorité" d'une hausse de 1,2 milliard d'euros du budget
de l'Education nationale. 
"Nous allons passer le cap des 50 milliards d'euros de budget (…) autour de 50,5 milliards" (hors cotisations aux retraites des fonctionnaires de l'Education nationale), contre 49,3 milliards d'euros aujourd'hui, a promis mardi le ministre. "On a dit clairement que l'école primaire était une priorité; il y a donc des créations de postes à cette rentrée, il y en aura à la rentrée suivante, à l'école primaire." On attend de savoir si des étudiants postuleront...

Les élèves de CM2 devraient aussi pouvoir bénéficier d'un "soutien gratuit, avant l’entrée en 6e", selon ce qu'avait annoncé Jean-Michel Blanquer dans un entretien avec Le Parisien, début juin. Ces stages de "remise à niveau" par petits groupes se dérouleront sur cinq jours, à raison de trois heures par jour, durant les vacances de printemps ou d'été. Centrés sur le français et les maths, ils seront dispensés par des enseignants volontaires rémunérés en heures supplémentaires et seront proposés en priorité aux élèves des REP (Réseau d'éducation prioritaire).

Enfin, Jean-Michel Blanquer a évoqué mardi la possibilité d'instaurer des évaluations nationales en français et en mathématiques, en octobre pour les CP et en novembre pour les 6e, deux "moments-clés" de la vie des élèves.

Pour les élèves de collège

Outre l'évaluation à l'entrée en sixième, les élèves de collège sont eux aussi concernés par les changements. Dès cette rentrée, ces établissements du secondaire pourront en effet rétablir les options de langues anciennes (latin et grec), développer les classes bilangues et les sections européennes, dont seule une partie avait subsisté avec la réforme du collège mise en œuvre il y a un an. Au contraire, les enseignements pratiques interdisciplinaires ne seront, eux, plus obligatoires.


Jean-Michel Blanquer a également annoncé que le dispositif "devoirs faits" sera appliqué après les prochaines vacances de la Toussaint. Et si les devoirs des enfants à l'école étaient l'affaire de tous. L'idée du nouveau ministre de l'Éducation nationale est que les devoirs soient faits après les cours, dans les établissements scolaires, et que toutes les bonnes volontés sont les bienvenues.
Objectif : offrir à 20% des collégiens une aide aux devoirs gratuite dans le cadre de leur établissement. L'encadrement sera assuré par des enseignants volontaires, des surveillants, des volontaires en service civique, des associations, des retraités et des étudiants. La mesure pourrait ensuite s'étendre à l'école primaire.

Pour les élèves de lycée


Le ministre de l'Education veut "remuscler le baccalauréat" et lui "redonner toute sa force". Il l'avait annoncé dès sa nomination en mai et l'a rappelé mardi . Il souhaite que le diplôme acquière plus de valeur qu'aujourd'hui, alors qu'il a été transformé en examen de fin de cycle : son taux de réussite avoisine chaque année les 80%. 
"Deux personnes"désignées "d'ici la fin du mois de septembre" auront pour tâche de mener "une concertation" afin d'éclaircir les contours de cette réforme qui devrait entrer en vigueur pour le bac 2021. Le premier "horizon" de ce programme devrait être connu "début 2018", a-t-il promis. 

Pour les élèves de filière professionnelle

La voie professionnelle (CAP et bac pro) est une "très grande priorité", a répété Jean-Michel Blanquer mardi. Il a dit souhaité la "renouveler" et a évoqué une réforme des CAP ainsi qu'une meilleure articulation avec l'apprentissage – sans toutefois entrer dans les détails. Les bacs pros doivent, selon lui, être des facteurs d'"attractivité" en formant "aux métiers de demain" de la transition numérique ou énergétique, par exemple. 

Pour les étudiants de l'enseignement supérieur

Si le sujet n'a pas été abordé mardi par Jean-Michel Blanquer, le tirage au sort comme technique d'admission à la fac devrait bien disparaître en 2018, alors que Najat Vallaud-Belkacem l'avait validé sans broncher.
Faute de places suffisantes et d'autorisation légale accordée aux universités d'effectuer une sélection, c'est le tirage au sort qui est utilisé dans les filières dites "en tension" (droit, psychologie, Staps). Cette méthode insultante pourrait être supplantée par la mise en place de prérequis nécessaires pour intégrer une formation universitaire.

Suite à la vaste concertation entamée  mi-juillet avec les acteurs de l'éducation, la ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal - qui a travaillé pour le groupe Virbac, entreprise pharmaceutique vétérinaire -  a fait la promesse de réformer au plus vite le système d'entrée à l'université, notamment le logiciel APB, source d'un "énorme gâchis" sur 6.500 bacheliers laissés à la rue par la ministre sortante et sortie à la législative dans le Rhône. 

"Nous devons en finir avec le traitement de masse, qui est la vraie cause de l'échec", a aussi plaidé F. Vidal, ex-présidente de l'université Nice-Sophia-Antipolis, à l'ouverture des concertations. Depuis deux ans, les facs françaises sont confrontées à la difficulté d'accueillir chaque année quelque 40.000 étudiants supplémentaires, une hausse qui devrait perdurer jusqu'en 2022. 

dimanche 19 février 2017

En Macron, la gauche radicale ne reconnaît pas l'un des siens

L'électorat de Hamon rencontré à Lille et Toulouse éprouve de la méfiance envers Macron

Hamon stagne au quatrième rang

L'AFP va interroger des électeurs sur ...Lille et ...Toulouse
Hiatus entre Paris et Lille
A Lille, où Martine Aubry soutient Hamon, Hélène X., DRH anonyme (et cougar ?) de 53 ans, tranche d'âge peu tournée vers l'ancien ministre de Hollande, est irritée par Macron, mais pourrait tout de même voter pour lui. "Macron ne peut pas dire qu'il est antisystème, ce serait nous prendre pour des idiots", lâche celle qui pourrait être néanmoins assez idiote pour voter pour lui. L'agence de presse admet ainsi que ses appels à témoignage n'ont aucun intérêt. 

Mais l'AFP va pourtant interroger d'autres électeurs de gauche rencontrés cette fois à Toulouse, ville traumatisée, notamment par l'explosion de l'usine AZF le 21 septembre 2001, faisant 30 morts et 2 500 blessés, ville de la saucisse et des départs pour le djihad, où 40% de la population étrangère est maghrébine disposant de quatre mosquées, et qui conserve aussi les séquelles de six années de gestion socialiste (2008-2014). 

Quand Paris Match fait parler le Toulousain Samir, 30 ans,
sans travail, sans ambition, mais avec une foi robuste, l'homme déclare : " Pour moi, l’islam est incompatible avec la République française d’aujourd’hui, bien trop athée. Dans ce pays, je ne vis pas, je survis. Je suis né ici, mais je ne me sens pas chez moi. Nous devrions vivre seulement entre musulmans dans un califat, ailleurs. Ou ici. Car l’islam est la seule vraie religion." Samir est convaincu des bienfaits de la charia et… de la lapidation. "C’est un moyen efficace et juste de dissuasion et de justice, lâche-t-il, nerveux. On devrait appliquer les deux en France. C’est à la laïcité, à vous, de vous adapter à notre culte, pas l’inverse." Sinon ? "Sinon, à force de ne pas être entendue, la communauté musulmane pourrait se rebeller. Vous êtes loin de la réalité. Pour moi, la guerre civile est inévitable. "
La colonisation française, "crime contre l'humanité", selon Macron
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Macron fracture la France à Toulon 
L'AFP fournit de la copie à la presse: info ou info-réalité ?
Aucune des deux agglomérations ne parvient à se libérer d'une certaine méfiance. "Emmanuel Macron, j'aime bien sa personnalité parce que c'est quelqu'un de direct", selon Lisa, fonctionnaire (important) de 49 ans, sur un marché du quartier populaire Lille-Sud. "Quand il dit par exemple "La meilleure façon de se payer un costard, c'est de travailler", il a raison. On n'a rien sans rien", affirme cette anonyme que la proposition de Sarkozy de travailler plus pour gagner plus a probablement rebutée, en son temps... 

Lisa est cependant, comme beaucoup, dans l'expectative et l'AFP perd notre temps à promouvoir Hamon (le gnome rigolo, ici, derrière Montebourg) contre Macron, puisque quiconque est intrigué par le banquier attend néanmoins le programme du candidat : "Je pense qu'il faut gratter un peu, voir ce que Macron propose réellement". 

La dépêche de l'AFP n'apporte rien. En octobre 2014, Closer citait en revanche un camarade de classe qui assurait que "à 16 ans, notre actuel ministre de l'Economie aurait eu l'air d'en avoir seulement 13." Et d'ajouter : "C'était la dernière personne de la classe que je pensais voir arriver à l'inspection générale des finances."

L'ancien collaborateur de Hollande semblerait en mesure d'atteindre le second tour

Les électeurs n'ont-ils donc pas conscience de la responsabilité de Macron dans le fiasco du quinquennat Hollande ?

Contrairement à Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon, "il n'a toujours pas sorti son programme. Qu'est-ce qu'il attend? La dernière minute?", s'exclame Philippe X., autre quinquagénaire, 53 ans, vendeur de fruits et légumes, si on en croit l'AFP. "En tout cas, il est malin: les gens ne veulent plus de la droite, ni de la gauche et lui, il se dit ni de droite ni de gauche".

"Son passé de banquier" chez Rothschild "gêne une bonne partie des gens", estime Candice X., 19 ans, étudiante en Sciences politiques à Lille 2 et en lutte des classes. "Sinon, ce serait lui qui serait élu, car le clivage gauche-droite est en voie d'extinction".
"Il sort d'une grande famille, d'un milieu aisé [Jean-Michel, son père, est  professeur de neurologie au CHU et chargé d'enseignement à la faculté de médecine à Amiens, et sa mère, médecin-conseil de la Sécurité sociale]. Il ne sait pas ce que c'est, quand c'est dur", caricature Antonio X., employé franco-portugais de 43 ans.
"C'est un faux gauche", renchérit Blandine X., 56 ans, assistante sociale, sur le marché Sébastopol, dans le centre de Lille, qui votera probablement pour Benoît Hamon. Selon cette électrice interrogée sous couvert d'anonymat, "se revendiquant" du centre gauche [c'est beaucoup dire, en en dissimulant son identité, qu'elle se revendique de quoi que ce soit], Emmanuel Macron "a la jeunesse et le culot pour lui, il sait accrocher un auditoire. Mais est-ce qu'il a les capacités de mener le pays, j'ai des doutes !"
Entre ces deux grandes villes, l'AFP n'a encore déniché aucun sympathisant clairement déterminé à voter Macron...


Une accumulation de témoignages floutés dégage-t-elle une tendance ?
L'AFP n'admet pas que son échantillon de témoins anonymes a été sélectionné. "Macron, je ne dirais pas qu'il est de gauche", appuie Hélène X. Voyons l'incohérence des propos de l'inconnue. "Mais peut-être que je voterai pour lui, parce qu'il est jeune, pragmatique, équilibré. Par contre son positionnement est mensonger, il ne peut pas dire qu'il est anti-système, ce serait nous prendre pour des idiots."

Nouveau témoin incohérente, Najet, 48 ans, fonctionnaire territoriale à Toulouse, dit avoir été "déçue" par cinq ans de pouvoir socialiste mais assure toujours croire dans les "valeurs de solidarité, de partage, d'humanisme" de la gauche. L'ex-ministre de l'Economie ? "Un petit trublion", balaye-t-elle, non sans mépris. "J'y crois pas, ça va se dégonfler. La com', c'est bien, mais il n'a pas de programme (...) Il n'a pas de ligne politique, c'est un aspirateur de désespoir, c'est tout"La dépêche de l'AFP se dégonfle d'autant. Qui va copier-coller ce soufflet retombé ?

"Il a déjà été au gouvernement, il a une histoire, il est pas nouveau comme il veut le faire croire", prolonge Christian X., 55 ans, artisan-charpentier (comme il s'en trouve tant sur les marchés régionaux !) qui hésite entre Mélenchon et Hamon (ci-contre). Tu m'étonnes... "C'est un mélange entre Juppé, Fillon, et Valls," décide-t-il, à la satisfaction de l'AFP, dont le journaliste est ...anonymé !

Chez "certains", cette défiance s'applique aux trois principaux candidats classés à gauche.
Mohamed X., entrepreneur immobilier [pourquoi pas], s'est trouvé au quartier populaire de Fives [cet entrepreneur reste attaché à l'une des zones de Lille les plus durement frappées par le chômage et le mal-logement: c'est mieux pour les affaires ? Cette circonscription a en outre élu députée une cadre administrative socialiste: meilleur choix possible pour favoriser la création d'emplois ?]. 
Il les vilipende tous, au risque de mettre en relief l'amalgame de l'AFP : "Il y a un manque de candidats crédibles, assure ce Français venu d'ailleurs. Mélenchon sur le plan économique, il va faire quoi, mettre les riches sur la place publique?Hamon avec son revenu universel, quel message il envoie aux jeunes, 'Votez pour moi je m'occupe de tout et restez bête'? 
Quant à Macron, il est bien mais trop jeune, et manque d'expérience pour affronter les tempêtes qui vont venir. Il était conseiller de François Hollande et a été l'architecte de l'augmentation des impôts."

Pour l'expérience, Hamon, bac +3 et apparatchik du PS, il n'a jamais travaillé: juste ministre de l'Education, pendant 3 mois, 147 jours... Pour autoriser des aménagements à la réforme des rythmes scolaires et en annoncer la non-application généralisée de l'ABCD de l'égalité. Quelle autorité !

mardi 31 mai 2016

Rythmes scolaires : les maires présentent la facture

Les communes ne peuvent plus payer la réforme et demande une aide de 640 M€ à l'Etat

Le bilan de la réforme des rythmes scolaires est mitigé

Ecole-garderie,
sous le régime de l'état d'urgence
Trois ans après son adoption, sur le bureau des élus locaux, la réforme des rythmes scolaires est toujours classée dans la pile des problèmes à résoudre. C'est ce que révèle une enquête réalisée par l'Association des maires de France (AMF) auprès de 5.500 communes.

Les aides actuelles de l'Etat (440 M€ par an) ne suffisent pas et, de surcroît, le contenu de ces ateliers est très différent d’une commune à l’autre, donc inégalitaire et discriminatoire, souligne François Baroin (LR), maire de Troyes (Aube) et président de l'AMF. "Il faut faire un saut qualitatif, maintenant qu’on a passé la phase de mise en place", abonde la sénatrice Françoise Cartron (PS), maire d'Artigues près de Bordeaux, et aussi vice-présidente du conseil régional d'Aquitaine et encore vice-présidente de la communauté urbaine de Bordeaux. François Baroin demande donc au gouvernement de faire face à ses responsabilités en décidant une rallonge budgétaire pour consolider les nouveaux temps scolaires. 

Dans l'étude menée par l'AMF, 70 % des maires confient des difficultés persistantes dans la mise en place des nouveaux rythmes scolaires. Quelles sont-elles ?

François Baroin: Il y a d'abord un problème financier : le coût est très supérieur à ce qui avait été annoncé. 
Ensuite, la réforme est jugée inadaptée aux classes de maternelles. La fatigue constatée des tout-petits, liée à un temps de présence plus long en collectivité et des siestes parfois écourtées, est incontestable. 
Il a aussi fallu trouver en urgence des animateurs, qui n'étaient pas toujours formés
Enfin, le retour de l'école le mercredi matin a déstabilisé tout le tissu associatif local. Au total, il apparaît que cette réforme ne prend pas pleinement en compte les spécificités territoriales, et sa mise en oeuvre reste difficile.

Aujourd'hui, près de trois enfants sur quatre prennent part à des activités sportives ou culturelles, alors que beaucoup en étaient exclus jusqu'ici [ce qui reste à démontrer, puisqu'existaient des possibilités nouvelles, déjà financées par les communes, telles que les piscines intercommunales, jusqu'en Ardèche. Mais 25% d'enfants restent discriminés, si tant est qu'ils soient demandeurs de temps encadré, plutôt que d'un peu de temps libre]. 

N'est-ce pas un progrès ?

C'est un des éléments positifs de la réforme constatés par les maires. Il y a aussi une meilleure coopération des acteurs locaux de l'éducation que sont l'école, les associations, les parents, les élus [qui ont beaucoup donné de leurs personnes]. Mais ces points sont minoritaires par rapport à la permanence de difficultés qui, au bout de deux, puis trois ans, auraient dû s'estomper.

Faut-il abroger la réforme ?

La revendication des maires ne porte pas sur la remise en cause de la réforme, mais sur son financement. On ne peut pas demander à des petites communes rurales de porter à bout de bras un aménagement de cette nature, sans accepter son prix réel. L'Etat nous a vivement encouragés à embaucher des contrats aidés, et il a fallu gérer des contraintes réglementaires, les questions de sécurité, l'aménagement général, l'organisation des transports scolaires... Tout cela a un coût. Pour nous, c'est une négociation à 640 M€.

Il n'est pas question de remettre en cause la réforme, alors que le bilan que vous en tirez est plutôt négatif. Quel paradoxe !

Certains dans le débat politique veulent revenir sur la réforme, il y aura un débat à ce sujet après la présidentielle, en cas d'alternance. Mais l'Association des maires de France, aujourd'hui, dans sa pluralité politique, a un consensus. Il ne faut pas se tromper dans l'interprétation de cette position : la réforme a été tellement difficile à mettre en oeuvre, et on est sortis tellement essorés de l'application de ce projet, qu'en réalité les maires ne veulent plus en entendre parler. C'est cela, la vérité.

Votre parti propose dans son projet de réduire le nombre d'enseignants. Il est étonnant de demander à l'Etat, en même temps, davantage de moyens pour financer des activités périscolaires...

Je ne suis pas schizophrène. Qu'il faille faire un effort pour assainir les finances publiques, personne ne le conteste. Mais les saignées du gouvernement sont telles qu'elles menacent nos services publics locaux et notre rôle d'investisseur pour le développement de nos territoires. L'Etat a décrété un aménagement des rythmes scolaires. Il ne serait pas choquant qu'il paye à 100 % une réforme qu'il a imposée.

Qui sont les animateurs ?

Dans 90 % des communes, les activités périscolaires sont assurées — totalement ou en partie — par des intervenants extérieurs, dont un large contingent de bénévoles (43 %) [les intermittents -quand ils sont compétents, pourraient saisir ces opportunités de justification de leurs allocations]
Il peut aussi s'agir de professionnels d'associations d'éducation populaire [dont la plupart sont marquées à gauche], de clubs sportifs, d'animateurs indépendants auto-entrepreneurs ou d'enseignants [puisque tous ne consacrent pas leur temps libre à arrondir leurs fins de mois en travaillant pour Acadomia, selon la caricature de Ségolène Royal, alors candidate à la présidentielle 2007]. 
"Nombre d'élus ont fait part de problèmes de fidélisation du personnel recruté, en raison parfois du niveau d'absences [!], voire de démissions en cours d'année constatées", relève le rapport de l'AMF, qui impute ces difficultés "à la faible attractivité des temps d'activités proposés et au manque de personnels qualifiés en nombre suffisant". 
Une pénurie qui préoccupe aussi certains parents d'élèves. Au siège de la fédération PEEP, on reçoit régulièrement "des courriers de familles qui s'inquiètent pour la sécurité des enfants. Les animateurs peuvent avoir parfois des discours ou des comportements inappropriés" [cf. leur idéologie de militants, voire leur prosélytisme], relève Valérie Marty, la présidente de la PEEP.