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lundi 8 juillet 2019

Rétention des notes du bac : Macron prend le parti des élèves contre les fonctionnaires de l'Etat

Le chef de l'Etat sans enfants dénonce "une prise en otage de nos enfants"

En vérité, Macron ne parle que de lui !

Le président de la République s'est mis en avant pour donner son sentiment sur les enseignants qui ont refusé de rendre des copies du bac et obtenir de pouvoir dialoguer avec leur ministre sur la réforme du bac et du lycée.

D'abord 200, puis 300 prétendus, mais 700 finalement avoués.
Des professeurs ont refusé cette semaine de saisir les notes des candidats au baccalauréat et ainsi de les transmettre aux jurys, mais aussi, pour certains, de rendre les copies. 

"On ne pas prendre nos enfants et leurs familles en otage," a vivement réagi dimanche 7 juillet Emmanuel Macron, en des termes violents qui ont heurté les fonctionnaires. 
Le contexte de cette déclaration était léger, de surcroît : un entretien exclusif, annoncé à grands renfort de clairons par une chaîne d'Etat, accordé à Jacques Vendroux et diffusé sur franceinfo, en direct du stade de Lyon, avant la finale de la Coupe du monde féminine de football entre les Etats-Unis et les Pays-Bas, à 17h.

Macron a estimé que son ministre Jean-Michel Blanquer a eu "la bonne réaction" en décidant qu'en l'absence de certaines notes, les notes du contrôle continu de l'année seraient prises en compte pour compléter la moyenne. 
Les syndicats d'enseignants et une association d'élèves, l'UNL, dénoncent au contraire une tripatouillage des notes, une violation du caractère national de l'examen et une rupture d'égalité.

Macron se livre à une instrumentalisation grossière des désagréments vécus par les candidats
"Je respecte chacune et chacun, la liberté d'opinion et la liberté syndicale, mais à la fin des fins, on ne peut pas prendre nos enfants et leurs familles en otage." Emmanuel Macron à franceinfo
Le président a rendu une copie sur un sujet de morale : le devoir !
"Je crois que, quand on est enseignant dans la République française, on a des devoirs aussi, a déclaré le président de la République. Notre devoir à tous, c'est que, quand il y a un examen attendu avec angoisse, qui vient sanctionner la fin des études secondaires et l'entrée dans la vie universitaire [qui ne 'sanctionne' d'ailleurs pas un accès au supérieur, mais qui ouvre des droits] et la suite, le devoir c'est d'être au rendez-vous et de faire ce qu'on doit faire. Pour le reste, il peut y avoir des désaccords, il y a évidemment le droit de grève, de manifestation et j'y tiens beaucoup. mais en aucun cas, ces désaccords ne peuvent s'exprimer en prenant en otage nos jeunes et dans un moment d'angoisse important pour leurs familles."

"99% de celles et ceux qui font chaque jour l'éducation de nos jeunes ont le sens du devoir, a poursuivi Emmanuel Macron. On a des enseignants qui, de la maternelle au supérieur, parfois dans des conditions matérielles difficiles [violon !], avec des rémunérations pas satisfaisantes [concerto pour violon, sans dialogue !], sont là et accompagnent nos jeunes. C'est le plus beau métier. Je ne veux pas le laisser salir, écorner."


Quel était donc les sens du devoir et du respect de Macron lors du chaos provoqué chez "nos jeunes" par l'imposture de Parcoursup 2018 ?


Le "scandale" du tirage au sort dans le système précédent, APB (Admission Post-Bac),
un service accessible via un site web du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche entre 2009 et 2017) a largement servi de fondement et de justification à la mise en place de la loi ORE et du dispositif Parcoursup. 
Lien PaSiDupes : "Les bacheliers sans affectation de Hollande et Vallaud-Belkacem. Et pendant ce temps, Najat Vallaud-Belkacem prend du repos en famille dans les Landes"
En juillet 2017, le journal Le Monde était content de la performance de l'Etat socialiste auquel Macron a apporté sa caution, et titrait : "84,3 % des candidats admis, tirage au sort dans 92 licences", le "recours au hasard" étant ainsi admis, validé et gravé dans le marbre du journal... Lien PaSiDupes : "La ministre de l'Education nationale [Vallaud-Belkacem] a publié une circulaire légitimant le tirage au sort à l'entrée à l'université " 
Le Monde refusait de pointer cette sorte de roulette russe que Frédérique Vidal, la ministre de l’enseignement supérieur, s’était engagée à supprimer à la rentrée 2018. Et pourtant, 169 filières avaient dû recourir au tirage au sort pour éliminer [sic] des candidats lors de la première phase d’APB, début juin.

Il faut d’ailleurs souligner que la presse avait relativisé le désastre en banalisant les effets du tirage au sort, dès lors que le tirage au sort, tout problématique et injustifiable qu’il soit, n’a concerné que 0,4% des affectations dans l’enseignement supérieur en 2017. Grâce à la Plateforme APB, 6.000 étudiants étaient encore sans affectation à l'université, fin août 2017...

Rebelote en septembre 2018 : 120.000 "enfants" de Macron étaient toujours sans-affectation sur Parcoursup... 
Le 18 juillet, l’extrême lenteur de Parcoursup inquiétait déjà les futurs étudiants et établissements d'accueil. Soit 102.606 lycéens et étudiants - les "enfants" de Macron - en réorientation encore inscrits sur Parcoursup.  Lien PaSiDupes : "Un tiers des bacheliers n'est toujours pas fixé sur son sort.
Le sens du devoir de "papa" Macron était cruellement pris en défaut, puisqu'au début septembre 2018, encore un peu plus de 3.000 bacheliers - ses enfants - étaient toujours sans affectation... Lien JDD

Est-ce toujours moins pire aujourd'hui qu'avant ?
"Ce qui se profile aujourd’hui, c’est en réalité la généralisation à très grande échelle de quelque chose de plus pernicieux encore que le recours au tirage au sort," pouvait-on lire dans Libération en mai 2018. Qu’on en juge : dans des filières fréquemment confrontées à la nécessité de retenir [sélectionner?] environ 10% des candidatures (800 places pour 8.000 demandes ; 60 places pour 600 demandes…), le "classement" qu’il est demandé aux universités de réaliser aboutit à tout mettre en chiffres afin d’intégrer les appréciations qualitatives dans les algorithmes de classement : tel type d’appréciation "vaut" un 15/20, tel autre un 10/20… ; telle filière va privilégier les notes dites 'littéraires', telle autre les notes dites 'scientifiques'. Mais cette mise en chiffres, sur de tels volumes, ne suffit pas : il faut encore départager les très nombreux ex-aequo. Pour aboutir à un classement opératoire, il est nécessaire de descendre jusqu’au troisième chiffre après la virgule ! Si la seule différence entre un·e étudiant·e admis·e et un·e étudiant·e recalé·e tient à un millième de point sur une "moyenne" dont la confection soulève de graves questions de fond, n’aboutit-on pas à un système aussi injuste et plus trompeur que le tirage au sort ?
Le tirage au sort, meilleur système de sélection de l'excellence...

mercredi 18 juillet 2018

Parcoursup : un tiers des bacheliers n'est toujours pas fixé sur son sort.

L’extrême lenteur de Parcoursup inquiète futurs étudiants et établissements d'accueil

Les responsables de formation craignent une désorganisation à la rentrée.


Restent les concours de Miss
ou la télé-réalité
Les vacances ne seront pas plus sereines que l'an passé et moins que prévu pour plusieurs milliers de bacheliers et leurs familles. Avec comme un air de déjà-vu : mardi 17 juillet, 102 606 lycéens et étudiants en réorientation encore inscrits sur Parcoursup, la nouvelle plate-forme d’admission dans l’enseignement supérieur : ils n’ont toujours reçu aucune proposition de formation. Ils étaient 87.000 à la même période il y a un an sur Admission post bac (APB). La magie Mahjoubi, secrétaire d’État chargé du numérique, n'a pas opéré: les résultats définitifs du bac n’ont pas apporté la libération que certains attendait du "premier de cordée" élyséen.

Plusieurs députés de l’opposition qui ont des comptes à rendre à leurs électeurs ont dû interpeller la ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal, sur une "usine à gaz anxiogène", selon les mots employés à l’Assemblée nationale par Régis Juanico (mouvement Génération.s de Benoît Hamon, 6,36 % des voix à la présidentielle), le 10 juillet.

Résultat de recherche d'images pour "parcoursup dessin"La nouvelle procédure Parcoursup, désormais en continu, ne s’achèvera qu’en septembre. "Les choses continuent de progresser de façon satisfaisante", se défendait la ministre Vidal, pourtant ex-présidente d'Université, sur Europe 1, le 12 juillet, mettant en évidence les failles populistes du système :  "680.000 jeunes ont reçu en moyenne trois propositions" ce qui bloque le processus, ainsi que la nécessité de l'intervention humaine : "30.000 jeunes ont été pris en charge par les commissions rectorales et sont accompagnés".

La bataille des chiffres fait rage, avec ce système informatique à fonctionnement expérimental à l’entrée de l’enseignement supérieur. Depuis l’ouverture de Parcoursup, le 22 mai, plus de huit candidats sur dix ont reçu au moins une proposition de formation: ce qui veut dire que deux restent sur le carreau. 
Pourtant, seuls 54 % des 812 000 candidats inscrits sur la plate-forme en ont  été pressés d'en accepter définitivement une, d’après le tableau de bord publié quotidiennement par le ministère, en date du 16 juillet, ce qui ne manque pas de surprendre de la part q'une génération qui n'a que le mot 'solidarité' aux lèvres.

Lancée en janvier 2018 à la suite de la loi Orientation et réussite des étudiants, la nouvelle plateforme d'orientation Parcoursup devait résoudre les problèmes de l'ancien système Admission post bac. 

La plate-forme Parcoursup (illustration).
Cependant, sept mois plus tard, 102.606 sont toujours en attente d'une formation, en plein mois de juillet, contre 87.000, l'année dernière avec APB.
Près d’un tiers des candidats ne sont encore pas fixés pour la rentrée : plus de 100.000 candidats n’ont reçu aucune proposition. Certains ont saisi le rectorat de leur académie pour être accompagnés. 

Il "n'y a pas beaucoup de mieux", concède le président de la Fage, premier syndicat étudiant de France.
Jimmy Losfeld, qui a soutenu la réforme, assure que ce ne sont que les bacs pro et techno "qui sont le plus en difficulté". Sur franceinfo ce mercredi, il en dit plus sur les recalés de Parcoursup.

Résultat de recherche d'images pour "parcoursup dessin""D'un point de vue technique, effectivement, il n'y a pas beaucoup de mieux", malgré 687.000 candidats qui ont validé leur vœu, quand même à plus de 85%, insiste-t-il, mais "loin des discours qu'on entendait le 22 janvier, au lancement de la plateforme, où on nous disait que cela allait être la catastrophe. Donc aujourd'hui, la plateforme est fonctionnelle," assure-t-il. 
Il affirme toutefois que les dizaines de milliers de jeunes qui passent des vacances dans l'angoisse sont "autant que l'année dernière". Approuve-t-il donc ces lycéens qui jugent qu'on a remplacé le tirage au sort de Najat Vallaud-Belkacem (PS) par un autre jeu de hasard voulu par Frédérique Vidal? "Sauf que ce chiffre de 80.000 [100.000 ?] est à nuancer...

Image associée
"Il faut savoir que sur Parcoursup, pour le moment, il n'y a pas toutes les formations, ce qui fait que des étudiants qui ont été acceptés dans les instituts de soins infirmiers, à Sciences Po ou dans d'autres formations "sélectives" (avec plus de demande que d'offre, telles que BTS et  IUT), qui ne sont pas sur Parcoursup, et qui ne se sont pas désinscrits de la plateforme, apparaissent, alors qu'ils ont une formation."

Personne n'est donc en 'stand-by', en dehors de ces cas limités ?
Résultat de recherche d'images pour "la Fage"
"A la Fage, on a lancé Sos-Parcoursup.org, une plateforme pour accompagner les candidats qui sont dans le besoin, et on remarque qu'il y a quand même beaucoup de bac pro et de bac techno qui aspirent à s'inscrire en BTS et en IUT, donc des formations sélectives, ou alors qui n'ont subi que des refus. C'est un scénario qu'on avait anticipé parce que, malheureusement, 
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Parcoursup ne règle pas la question des formations sélectives (40% de notre enseignement supérieur). Ces jeunes-là sont ceux qui sont le plus en difficulté. (...) 
On avait apporté une réponse dans la réforme, c'est la possibilité d'avoir des commissions d'affectation, présidées par le recteur d'académie qui proposent à ces jeunes en attente ou refusés partout des formations. Elles existent, mais force est de constater, et là c'est un appel que je fais aussi au ministère, qu'elles ne fonctionnent pas assez bien, il y a seulement 14.000 candidats qui sont accompagnés sur les 70.000 que vous évoquiez.

L'autre syndicat étudiant, l'Unef, a saisi hier le Défenseur des Droits pour demander la transparence sur les algorithmes locaux 
Résultat de recherche d'images pour "parcoursup hunger games ouverts"
L'embarras du choix
utilisés par les établissements pour classer les dossiers. Pourquoi ne vous associez-vous pas à cette démarche ? "Si, c'est une démarche que je soutiens fondamentalement," certifie Jimmy Losfeld. Mais vous n'avez pas saisi le Défenseur des droits avec l'Unef, insiste France Info. "Non, mais s'il y a des doutes, je pense qu'il faut les lever. Il y a eu beaucoup de doutes par rapport à une nouveauté de la réforme, ce sont les quotas de mobilité. Autrefois, il y avait une priorité académique, une priorité au jeune qui s'inscrit dans une même académie. Aujourd'hui, on a mis en place la possibilité d'avoir un pourcentage de mobilité, donc un jeune qui est hors académie, qu'il puisse venir dans une autre académie. Sous couvert de cet élément-là, on a dit qu'il y aurait une discrimination des jeunes de banlieue qui voudraient changer d'académie, aller dans Paris intra-muros notamment. Mais ce n'est pas vrai, parce que pour la première fois, grâce à ces quotas mobilité, on va pouvoir enfin permettre à des jeunes d'avoir une mobilité donc c'est une nouveauté. Le sujet, il n'est pas sur Parcoursup, cette nouveauté qui est une mesure de justice sociale, il est sur le curseur."

Les syndicats saisissent le Défenseur des droits

Voilà que le Défenseur des droits doit s'y coller. 
Résultat de recherche d'images pour "Défenseur des droits"
Tous ces entrepreneurs start-uppers de la société civile sur lesquels s'appuie le banquier-président ne s'en tirent pas ? Ce mardi, plusieurs organisations syndicales ont déposé une saisine sur le bureau de  Jacques Toubon, 77 ans, pour plus de transparence et au nom de la lutte contre les discriminations. 
L'appel, "unitaire", est divers : il est signé par l’UNEF (étudiants), la FCPE (parents d’élèves), l’UNL (lycéens), le Snuep-FSU (enseignants-chercheurs), le Sneptes (personnel technique des universités), la CGT-éducation, mais aussi le SAF (avocats). "Alors que plus de 70.000 jeunes se retrouvent toujours sans aucune solution d’inscription dans l’enseignement supérieur, le gouvernement refuse de transmettre les critères de sélection utilisés par les établissements universitaires", dénoncent-ils en choeur.
Résultat de recherche d'images pour "parcoursup"
Ils réclament la publication des "algorithmes locaux". Au printemps, quand les universités ont reçu les dossiers des élèves, il leur a été demandé de classer les candidatures. Dans les UFR, chaque équipe a trié les dossiers comme elle a voulu (ou pu), en fonction de critères de leur choix, car les universités ont gagné leur autonomie : elle a été instaurée par la loi du 10 août 2007. Certaines se sont pris la tête des heures pour s’entendre sur les critères les "plus justes" possible, d’autres n'auraient pas fait cette tentative vouée à l'échec. Quand le nombre de candidature était très élevé pour trier dossier par dossier, les enseignants-chercheurs ont utilisé des "modules d’aide à la décision", qu'on appelle aussi les algorithmes locaux. Le numérique n'a pas tenu ses promesses...

Les insuffisances de ce système prometteur et innovant...
Résultat de recherche d'images pour "surclassement"
Les organisations syndicales réclament la publication des paramétrages de ces algorithmes. "Ces critères ont eu un impact plus que déterminant sur la possibilité des jeunes de pouvoir étudier dans la filière de leur choix, certifient-ils. Les témoignages démontrant les limites de ce système se multiplient : un pourcentage de boursiers inégalement réparti entre académies, une surreprésentation des jeunes d’origine sociale modeste parmi celles/ceux se retrouvant sans solution d’inscription, des pratiques de pondération des notes en fonction du classement des lycées, contre-coup de l'inflation du nombre de bacheliers (plus de 90% en 2018) en forme de braderie du baccalauréat, une mise à mort programmée, une mise au ban des candidats issus de baccalauréats professionnels ou technologiques," racontent les syndicats gauchistes, alors que leur nombre augmente chaque année : juin 2018, 765.500 candidats se sont présentés aux épreuves du baccalauréat (52% dans les séries générales, 20% dans les séries technologiques, 28% dans la voie professionnelle) contre 729.000, en 2017. La démagogie politique nuit aux plus exposés.

Le communiqué parle de 70.000 jeunes toujours sans rien pour la rentrée. 
Résultat de recherche d'images pour "surclassement air france"
En réalité, ils sont 102.000 sans aucune solution, selon les derniers chiffres en date du ministère. Auxquels viennent s'ajouter les 149.000 qui sont toujours dans l'angoisse, car "en attente de mieux" : il ne faut pas négliger ceux et celles qui espèrent profiter des faiblesses du système. Ceux-là ont certes reçu une proposition mais dans une filière demandée par défaut et dans laquelle ils ne veulent plus aller, vu la tournure des opérations de recrutement… 
Ils espèrent bénéficier d'un "surclassement"...

mercredi 30 août 2017

Primaire, collège, lycée et supérieur : ce qui change encore pour nos enfants à la rentrée 2017

Les élèves du primaire sont les principaux concernés par ces réformes

Mot d'ordre : la "confiance"... 

Résultat de recherche d'images pour "Blanquer"Hollande, Hamon et Vallaud-Belkacem ne l'avaient donc pas instaurée ? 
Le ministre de l'Education, Jean-Michel Blanquer, a présenté mardi 29 août lors d'une conférence de presse la première rentrée scolaire du quinquennat Macron et les réformes attendues des 12,8 millions d'élèves et les 884.000 enseignants. Au programme, priorité à l'école primaire et la lutte contre les inégalités. 
Voyons ce qui va encore changer pour les élèves dès le 4 septembre prochain.

Pour tous les élèves

Plusieurs annonces concernent la totalité des élèves. Parmi les sujets qui fâchent, la suppression de 23.000 contrats aidés, auxquels l'Education nationale a largement recours et qui étaient aux deux-tiers financés par l'Etat. Ce sont les auxiliaires de vie scolaire pour les enfants handicapés, les secrétaires, les documentalistes, les animateurs… Le ministre a confirmé que l'accompagnement des élèves en situation de handicap ne sera pas mis à mal et sera même renforcé par 8.000 créations de postes. Ce sont donc les autres postes qui devraient en pâtir. Ces derniers jours, plusieurs élus se sont inquiétés de cette annonce tardive. A La Réunion, la rentrée scolaire a été décalée de cinq jours dans la plupart des communes et Valorbiquet, petite commune du Calvados, a aussi dû repousser la rentrée d'une semaine. L'Association des maires de France a tiré la sonnette d'alarme et le ministre a assuré suivre la situation de près.

Véritable serpent de mer de la politique éducative, le redoublement est lui aussi au programme de cette rentrée. 
Le ministre de l'Education souhaite en effet assouplir le décret soutenu par sa prédécesseure Najat Vallaud-Belkacem et adopté en novembre 2014, affirmant "le caractère exceptionnel du redoublement". "Il doit rester possible, quand c’est dans l’intérêt de l’élève, et dans des cas qui doivent rester rares", déclarait Jean-Michel Blanquer début juin au Parisien, ajoutant qu'il faut "autoriser à nouveau le redoublement". Une déclaration qui a eu le don d'irriter les syndicats, qui prétendent que le redoublement n'a jamais été frappé d'interdiction, bien qu'effectivement condamné par la ministre dans la presse et combattu par les enseignants sur le terrain, aussi bien que de faire gagner une année aux enfants qui le peuvent.

Dernier chantier commun : la "rentrée en musique". 
Annoncée par un communiqué conjoint des ministère de l'Education et de la Culture en juin dernier, le dispositif, non obligatoire, incite les élèves, professeurs, parents et artistes à accueillir les nouveaux élèves de chaque établissement par une performance musicale. L'objectif est "de faire de la rentrée et, au-delà, de l'année scolaire un moment de joie et de retrouvailles", a assuré mardi Jean-Michel Blanquer. Le ministre a assuré que l'événement n'est pas un "gadget" et a promis d'annoncer bientôt des "mesures" pour "déployer l'éducation musicale dans le primaire et le second degré".

Les élèves du primaire sont le coeur de cible des changements. 
Très forte réduction du nombre d'élèves par classe de CP dans les quartiers très défavorisés (réseau d'éducation prioritaire, REP+), du fait de l'immigration légale ou clandestine, notamment, comme promis par le candidat Macron. 85% des 2.500 classes concernées bénéficieront d'un véritable dédoublement, puisqu'elles seront divisées en deux classes d'une douzaine d'élèves. Pour les 15% restants, celles dont les communes défavorisées non pas les moyens financiers, "il y aura deux professeurs (…) dans une même salle", a précisé le ministre dans une interview aux Echos, le 27 août. Le dédoublement devrait aussi concerner les classes de CE1 en REP+ et de CP et CE1 en REP d'ici 2019. 

Les professeurs mobilisés sont en grande majorité "expérimentés", a garanti Jean-Michel Blanquer mardi.
"90% d'entre eux" ont au moins trois ans d'expérience, avance-t-il, bien que trois années n'y suffisent à l'évidence pas.   L'octroi d'une prime annuelle de 3.000 euros, dont le calendrier de versement n'a pas été dévoilé, contredit d'ailleurs cette affirmation du ministre. 
Pour pourvoir ces nouveaux postes, le gouvernement devra puiser dans le vivier des professeurs remplaçants, ainsi que dans le dispositif "Plus de maîtres que de classes", qui consiste à affecter un enseignant supplémentaire dans une classe non dédoublée. Le syndicat dominant des enseignants en école primaire, le Snuipp-FSU, s'est étonné que l'on pioche dans l'effectif de ce dispositif, qui "allait être évalué en 2019". Jean-Michel Blanquer a néanmoins assuré mardi que deux tiers de ces enseignants seraient préservés.

Côté rythmes scolaires, un tiers des écoles primaires feront leur rentrée en revenant à la semaine de quatre jours.
Ainsi est balayée la semaine contestée des quatre jours et demi instaurés sous François Hollande. A la date du 18 juillet, près d’un tiers des écoles avaient fait le choix de revenir à la semaine de quatre jours dès la rentrée 2017, retour en arrière qui concerne plus d’un quart de jeunes élèves français.
Depuis le début des années 2000, les rythmes scolaires ont connu de multiples revirements. En 2008, le ministre Xavier Darcos instaure la semaine de quatre jours dans les écoles maternelles et primaires publiques, mettant fin au travail le samedi et réduisant le temps de travail des écoliers de 26 à 24 heures hebdomadaires. En 2013, Vincent Peillon décrète  le retour à la semaine de quatre jours et demi. La journée d’école est raccourcie et des nouvelles activités périscolaires sont organisées , à la charge des municipalités. Un an plus tard, en 2014, sous la pressions de certaines mairies confrontées à des difficultés insurmontables, Benoît Hamon publie un nouveau décret : la semaine doit s’étaler sur cinq jours, mais il est possible de n’avoir que 8 demi-journées d’école et une demi-journée consacrée aux activités périscolaires facultatives.
La rue de Grenelle évoque une "liberté nouvelle".
Les communes retrouvent leur autonomie, alors que certains spécialistes de l'enfance déplorent évidemment que l'intérêt des enfants passe après celui des adultes et du tourisme. Jean-Michel Blanquer a rassuré mardi les communes conservant le rythme de quatre jours et demi : elles conserveront en effet le fonds de soutien qui leur est dédié, lequel sera "pérennisé". 
Une concertation pour revoir plus largement le calendrier scolaire et la durée des vacances sera également ouverte "dans les deux mois qui viennent", a annoncé lundi le ministre sur BFMTV.

Conf @jmblanquer se dit favorable à la "pérennisation" du fonds d'aide aux communes pr la semaine de 4,5 jours même après 2018


Troisième gros chantier ré-ouvert par le ministère : 
l'enseignement de la lecture. 
Le ministre a souhaité rétablir la primauté de la méthode syllabique (fondée sur le déchiffrage des mots), plutôt que la méthode globale (focalisée sur la mémorisation d'ensembles). Les syndicats se disent "étonnés" de cette uniformaisation, reconnaissant que, dans la pratique, le désordre règne et qu'une combinaison des deux continue souvent d'être pratiquée.




L'apprentissage de la  va désormais s'appuyer "sur une pédagogie de type  et non sur la méthode globale". 

Le primaire devrait en outre bénéficier en "priorité" d'une hausse de 1,2 milliard d'euros du budget
de l'Education nationale. 
"Nous allons passer le cap des 50 milliards d'euros de budget (…) autour de 50,5 milliards" (hors cotisations aux retraites des fonctionnaires de l'Education nationale), contre 49,3 milliards d'euros aujourd'hui, a promis mardi le ministre. "On a dit clairement que l'école primaire était une priorité; il y a donc des créations de postes à cette rentrée, il y en aura à la rentrée suivante, à l'école primaire." On attend de savoir si des étudiants postuleront...

Les élèves de CM2 devraient aussi pouvoir bénéficier d'un "soutien gratuit, avant l’entrée en 6e", selon ce qu'avait annoncé Jean-Michel Blanquer dans un entretien avec Le Parisien, début juin. Ces stages de "remise à niveau" par petits groupes se dérouleront sur cinq jours, à raison de trois heures par jour, durant les vacances de printemps ou d'été. Centrés sur le français et les maths, ils seront dispensés par des enseignants volontaires rémunérés en heures supplémentaires et seront proposés en priorité aux élèves des REP (Réseau d'éducation prioritaire).

Enfin, Jean-Michel Blanquer a évoqué mardi la possibilité d'instaurer des évaluations nationales en français et en mathématiques, en octobre pour les CP et en novembre pour les 6e, deux "moments-clés" de la vie des élèves.

Pour les élèves de collège

Outre l'évaluation à l'entrée en sixième, les élèves de collège sont eux aussi concernés par les changements. Dès cette rentrée, ces établissements du secondaire pourront en effet rétablir les options de langues anciennes (latin et grec), développer les classes bilangues et les sections européennes, dont seule une partie avait subsisté avec la réforme du collège mise en œuvre il y a un an. Au contraire, les enseignements pratiques interdisciplinaires ne seront, eux, plus obligatoires.


Jean-Michel Blanquer a également annoncé que le dispositif "devoirs faits" sera appliqué après les prochaines vacances de la Toussaint. Et si les devoirs des enfants à l'école étaient l'affaire de tous. L'idée du nouveau ministre de l'Éducation nationale est que les devoirs soient faits après les cours, dans les établissements scolaires, et que toutes les bonnes volontés sont les bienvenues.
Objectif : offrir à 20% des collégiens une aide aux devoirs gratuite dans le cadre de leur établissement. L'encadrement sera assuré par des enseignants volontaires, des surveillants, des volontaires en service civique, des associations, des retraités et des étudiants. La mesure pourrait ensuite s'étendre à l'école primaire.

Pour les élèves de lycée


Le ministre de l'Education veut "remuscler le baccalauréat" et lui "redonner toute sa force". Il l'avait annoncé dès sa nomination en mai et l'a rappelé mardi . Il souhaite que le diplôme acquière plus de valeur qu'aujourd'hui, alors qu'il a été transformé en examen de fin de cycle : son taux de réussite avoisine chaque année les 80%. 
"Deux personnes"désignées "d'ici la fin du mois de septembre" auront pour tâche de mener "une concertation" afin d'éclaircir les contours de cette réforme qui devrait entrer en vigueur pour le bac 2021. Le premier "horizon" de ce programme devrait être connu "début 2018", a-t-il promis. 

Pour les élèves de filière professionnelle

La voie professionnelle (CAP et bac pro) est une "très grande priorité", a répété Jean-Michel Blanquer mardi. Il a dit souhaité la "renouveler" et a évoqué une réforme des CAP ainsi qu'une meilleure articulation avec l'apprentissage – sans toutefois entrer dans les détails. Les bacs pros doivent, selon lui, être des facteurs d'"attractivité" en formant "aux métiers de demain" de la transition numérique ou énergétique, par exemple. 

Pour les étudiants de l'enseignement supérieur

Si le sujet n'a pas été abordé mardi par Jean-Michel Blanquer, le tirage au sort comme technique d'admission à la fac devrait bien disparaître en 2018, alors que Najat Vallaud-Belkacem l'avait validé sans broncher.
Faute de places suffisantes et d'autorisation légale accordée aux universités d'effectuer une sélection, c'est le tirage au sort qui est utilisé dans les filières dites "en tension" (droit, psychologie, Staps). Cette méthode insultante pourrait être supplantée par la mise en place de prérequis nécessaires pour intégrer une formation universitaire.

Suite à la vaste concertation entamée  mi-juillet avec les acteurs de l'éducation, la ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal - qui a travaillé pour le groupe Virbac, entreprise pharmaceutique vétérinaire -  a fait la promesse de réformer au plus vite le système d'entrée à l'université, notamment le logiciel APB, source d'un "énorme gâchis" sur 6.500 bacheliers laissés à la rue par la ministre sortante et sortie à la législative dans le Rhône. 

"Nous devons en finir avec le traitement de masse, qui est la vraie cause de l'échec", a aussi plaidé F. Vidal, ex-présidente de l'université Nice-Sophia-Antipolis, à l'ouverture des concertations. Depuis deux ans, les facs françaises sont confrontées à la difficulté d'accueillir chaque année quelque 40.000 étudiants supplémentaires, une hausse qui devrait perdurer jusqu'en 2022.