POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

Affichage des articles dont le libellé est Terra Nova. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Terra Nova. Afficher tous les articles

samedi 2 juillet 2016

Mort de Michel Rocard, laissant la "deuxième gauche" orpheline

Poil à gratter de Mitterrand, Michel Rocard, son ancien premier ministre, est mort

Rocard avait rêvé de moderniser un Parti socialiste déjà "rétrograde"

Mort le samedi 2 juillet à l’âge de 85 ans, il laisse aujourd'hui, au Parti socialiste, dans les ministères, dans les think tank de la gauche qui rêvent de la refonder, quantité de ses disciples, nourris par cette "deuxième gauche" sociale-démocrate, réaliste et redistributrice qu’il avait fini par incarner.

Derrière une apparente simplicité, Michel Rocard, né le 23 août 1930 à Courbevoie, fut un homme politique paradoxal et compliqué. Longtemps l’homme politique le plus populaire de France, il était spontané voire impulsif, sincère voire naïf, maladroit mais volontiers calculateur; apôtre d’un "parler vrai " parfois dévastateur, mais capable de manier sans broncher la langue "de madrier", selon l’expression d’un de ses anciens conseillers; orateur parfois obscur, mais, en dehors des tribunes, d’un abord simple et direct. 
Et surtout obsédé par l’idée d’être écouté, reconnu, respecté. Ce dernier trait de sa personnalité ne peut pas être dissocié des relations difficiles, mélange d’admiration et de frustration, qu’il avait avec son père. Yves Rocard était un scientifique de haut niveau. Quand, à 17 ans, Michel décida de faire Sciences-Po, il cessa d’être pris au sérieux par son père et il tenta toute sa vie, parfois inconsciemment, de reconquérir son estime. Yves était conservateur. Le jeune Michel fut progressiste, mais intégra l’influence paternelle, en étant très vite proche d’un socialisme humaniste, plus que du marxisme. 

Le parcours de Michel Rocard, meilleur ennemi de Mitterrand

Michel Rocard s’engage dans la mouvance de la SFIO (ancêtre du PS) dès 1949

et devient six ans plus tard secrétaire national de l’Association des étudiants socialistes. Déjà la SFIO bat de l’aile, empêtrée dans les compromissions de la IVe République et les mensonges de la guerre d’Algérie. Diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris – où il milite à l’UNEF et combat un dénommé… Jean-Marie Le Pen –, Michel Rocard sort de l’Ecole nationale d’administration dans la promotion 'Dix-huit juin', en 1958. 
Il intègre alors l’inspection des finances. La même année, il quitte la SFIO, découragé, comme tant d’autres, par la politique de Guy Mollet. C’est là qu’il participe à l’organisation d’un parti de gauche, le Parti socialiste autonome (PSA), dont le titre de gloire principal est d’avoir refusé d’accueillir dans ses rangs… François Mitterrand. 
Le petit parti deviendra le PSU en 1960. L’histoire de Michel Rocard se confond alors avec celle de toute une génération qui, transitant au PSU, à l’UNEF ou ailleurs, lutte contre la guerre d’Algérie. Après la fin du conflit, Michel Rocard, qui a pris un pseudonyme, Georges Servet, pour que ses activités militantes soient compatibles avec son statut de haut fonctionnaire, commence, déjà, à se ranger dans une gauche "moderniste". 
Dès 1966 lors d’un meeting à Grenoble, 'Georges Servet' affirme à la tribune, que "la visée à long terme du socialisme n’est pas nécessairement la nationalisation". La déclaration rompt avec la culture dominante dans la gauche de l’époque. Pour la première fois, le pseudo de Michel Rocard apparaît dans un titre du journal Le Monde.

Une longue incompréhension réciproque avec Mitterrand 
Michel Rocard et François Mitterrand, eux, ne se connaissent encore que de réputation. Ils se rencontrent lors des négociations pour les législatives de 1967 (Rocard est lui-même candidat sans succès, dans les Yvelines). C’est le début d’une longue incompréhension entre le terrien de province amoureux des arbres et l’urbain qui sera maire de Conflans-Sainte-Honorine (1974) mais qui trouvera longtemps l’évasion sur un bateau à voile, au large de la Bretagne. 
Michel Rocard prend la tête du PSU en juin 1967. Ce petit parti, débordant de militants brillants, devait réveiller et rénover la gauche. Il sera, selon son expression, un "laboratoire terrifiant" où l’on s’épuise dans des débats stériles et sans fin. Après avoir mis le général de Gaulle en ballottage en 1965, Mitterrand est l’homme qui monte à gauche. Mais Michel Rocard ne veut toujours pas travailler avec lui.

Arrive Mai 68. Rocard est au premier rang des manifestations avec les dirigeants gauchistes, alors que Mitterrand et ses amis courent derrière le mouvement, sans le rattraper. Pour Michel Rocard, c’est une victoire fatale : après Mai, il s’enferre avec le PSU dans un gauchisme débridé. 
Pourtant, 1969 marque aussi la véritable découverte de son personnage par le grand public. Candidat du PSU à la présidentielle provoquée par le départ anticipé du général de Gaulle, Michel Rocard fait 3,66 % des voix. C’est peu, mais la SFIO dépasse à peine 5 %. Le PSU continue pourtant son existence groupusculaire. 

Au congrès d’Epinay de juin 1971, lorsque François Mitterrand lance le PS dans l’aventure de l’union de la gauche, Rocard n'adhère pas à cette nouvelle stratégie. Il perd son mandat de député et attend 1974 pour soutenir la candidature de Mitterrand à la présidentielle et rejoindre le PS. Venu de l’extrême gauche, il passe directement à la 'droite' du PS en incarnant désormais une "deuxième gauche", souvent d’origine chrétienne, plus décentralisatrice, préférant la recherche du consensus à l’affrontement, l’autonomie de la "société civile" au tout Etat. En septembre 1975, Michel Rocard entre au secrétariat national du PS. En 1977, il est élu maire de Conflans-Sainte-Honorine.

Au congrès de Nantes, la même année, il prononce un discours resté célèbre, sur les "deux cultures" qui structurent la gauche. 
La rupture entre socialistes et communistes fait perdre à la gauche les législatives de 1978. Michel Rocard, lui, récupère son fauteuil de député des Yvelines. Mais au soir du second tour, à la télévision, il exprime en quelques mots, la déception et l’amertume de la gauche, et aussi sa foi dans l’avenir. La déclaration respire la spontanéité. En fait, elle a été répétée à l’avance et Rocard, à partir de là, conservera longtemps la faveur des media et des sondages. 

En 1979, au congrès de Metz, allié à Pierre Mauroy, il passe dans l’opposition à François Mitterrand. 
Le premier secrétaire (Mitterrand) et ses alliés prônent la "rupture avec le capitalisme", Michel Rocard n’y croit pas. En 1980, il décide de s’appuyer sur sa popularité et de presser le mouvement. Le 19 octobre, depuis sa mairie de Conflans, il annonce sa candidature, mais seulement si Mitterrand n’est pas lui-même candidat. Sa déclaration est malhabile, mal filmée. Lorsque, le 8 novembre, François Mitterrand se déclare, Rocard, mortifié, ne peut que se retirer. 

Rocard, premier ministre de l'"ouverture"
Avril 1985. Après la victoire de 1981 et un passage au ministère du Plan, Michel Rocard est à l’Agriculture. Le 3 avril, le scrutin proportionnel est adopté pour les législatives de 1986. Dans la nuit du 3 au 4, il présente sa démission. Il justifie sa décision par son opposition à ce mode de scrutin qui va amener pour la première fois le Front National à l’Assemblée. Il a aussi l’échéance de 1988 en tête. 
En mars 1988, François Mitterrand, annonce sa candidature à sa propre succession, sonnant la fin de la "récréation Rocard". Une fois réélu, pourtant, Mitterrand envoie à Matignon celui des socialistes qu’il juge le plus "en situation ", quoi qu’il en pense sur le fond. Michel Rocard est le premier ministre de l’" ouverture". Ses gouvernements intègrent des membres de la société civile, voire quelques transfuges de l’opposition. Pendant la campagne, François Mitterrand a affirmé qu’il n’est "pas sain" qu’un seul parti ait la majorité. Les électeurs l’ont si bien suivi que Michel Rocard ne dispose à l’Assemblée nationale que d’une majorité relative, qui le conduit à un jeu de bascule permanent, pour s’appuyer soit sur le PC, soit sur une partie des centristes.
Dans des conditions très inconfortables, le premier ministre, entravé par François Mitterrand, mène pourtant à bien un certain nombre de réformes, parfois tambour battant comme pour la création du Revenu minimum d’insertion (RMI) qui entrera en vigueur dès le 1er décembre 1988. Il ramène la paix civile en Nouvelle-Calédonie et institue la Contribution sociale généralisée (CSG)… 
A  son cabinet, le jeune Manuel Valls entame son parcours politique et il se placera désormais dans le sillage de Rocard qui l'emploiera comme conseiller en charge des affaires étudiantes. Aujourd'hui premier ministre, Manuel Valls a nommé conseiller en charge du pôle énergie, transport, environnement, logement, auprès de lui à Matignon, un polytechnicien de 40 ans en 2014,  Loïc Rocard). 

"Nous ne pouvons héberger toute la misère du monde"

"La France doit rester une terre d'asile politique...mais pas plus", ajouta-t-il. La gauche nie (Kouchner, pour qui, en avril 2015, les "salauds" sont les autres) ou instrumentalise (Sapin) - en fonction des besoins de l'actualité - que Michel Rocard a prononcé cette sentence le 3 décembre 1989, au Soir 3:

VOIR et ENTENDRE donc l'archive que conserve l'INA à disposition des manipulateurs :

Le temps creuse le fossé entre le président et son premier ministre. La première guerre du Golfe lui donne un sursis. Mais le 15 mai 1991, un mercredi, Michel Rocard se retrouve congédié en quelques minutes. 

Les illusions perdues
Les échecs de ses successeurs, Edith Cresson, puis Pierre Beregovoy le laissent espérer que son destin politique n’est pas encore joué. En avril 1993, Rocard réclame un "big bang" du PS, dont il devient premier secrétaire après le désastre des législatives. Le 29 mai 1994, il annonce que "rien", cette fois, ne l’empêchera d’être candidat à la présidentielle de 1995, où on sait que François Mitterrand ne se représentera pas. 
Mais aux Européennes de juin, alors que le président de la République a laissé Bernard Tapie conduire une liste radicale de gauche, le PS, dont les candidats sont menés par le premier secrétaire, s’effondre à 14,5 % des suffrages. Michel Rocard est débarqué, sans ménagement. C’est la fin de ses espérances. Il abandonne à l’automne la mairie de Conflans, après presque de vingt ans de mandat. Il ne sera jamais président de la République. 

Le monde a changé malgré lui. 
Il n’aime pas l’évolution des media, le règne de la dérision et le déclin du pouvoir politique. "La profession politique ne bénéficie plus du respect qu’on avait pour elle du temps où elle passait pour efficace, c’est-à-dire du temps du plein-emploi, avait-­il confié au Monde (Le Monde2 du 7 mars 2004). Aujourd’hui, on nous insulte, on nous veut pauvre et on nous moque (…) Ce qui fait que ne viendront plus que les ratés de leur profession." Il ne s’y résout pas cependant.

La victoire de Ségolène Royal aux primaires socialistes, en 2006, l’accable. Un mois avant le premier tour de l’élection présidentielle, il tente en vain de la convaincre de se désister… en sa faveur. Puis, quelques jours plus tard, se prononce dans Le Monde pour un accord "Royal/Bayrou", afin de battre Nicolas Sarkozy. 

Le 7 février 2013, Rocard exprime ses réserves sur le projet de loi autorisant le mariage entre personnes du même sexe, estimant que le PACS "aurait pu suffire".

Sarkozy l'aide à ne pas vieillir
Le 30 juin 2007, à 77 ans, victime d’une hémorragie cérébrale en Inde, il est transporté dans un état grave à l’hôpital de Calcutta. Une fois rétabli, il continue de fumer, boit vin blanc et rouge au déjeuner, dévore des dizaines de livres. Michel Rocard n’ignore pas, cependant, qu’il lui faut peu à peu décrocher. Il démissionne du Parlement européen en janvier 2009, sous les ovations des députés. 
Il s’installe sur les Champs-Elysées, dans un immeuble hausmannien, "non loin de l’Arc de Triomphe", floute Le Monde, en fait les locaux cossus de la Fondation
Terra Nova, un think tank proche du PS. Et… continue à travailler. "Je suis déclaré guéri du cancer depuis un mois. Epargnez-moi vos commisérations, mais j’ai trois mois de retard dans mon travail, donc je bosse", lâche d’emblée l’ancien premier ministre âgé de 85 ans, de retour d'une "croisière dans l’Arctique," selon Le Monde, occultant l'attachement de Rocard à la mission que Sarkozy lui a confié.

Nicolas Sarkozy qui pratique l'ouverture s’est voulu le "DRH" du PS. Il lui confie dès le printemps 2009 une série de responsabilités : un rapport sur la taxe carbone, la co-présidence avec Alain Juppé d’une commission chargée de réfléchir à la mise en œuvre d’un grand emprunt national et le nomme ambassadeur de France chargé des négociations relatives aux pôles Arctique et Antarctique. Le voici sur la banquise, à 80 ans. 

Michel Rocard ne cachait pas, cependant, que son voyage le plus difficile restait son arrivée dans le grand âge. Lui qui vivait avec sa quatrième épouse dans une maison remplie de chiens et chats et avait encore réuni 300 personnes pour fêter son anniversaire, il constatait : "La vie active s’arrête à 60 ans; on devient caduc à 65 et les gens pensent que l’on sucre les fraises à 70. Il faut s’habituer à être moins attendu, à n’avoir plus d’avenir, quoi !" 

Intellectuellement, pourtant il en aurait remontré à beaucoup. Le 9 octobre 2015, François Hollande avait remis à un Rocard, frêle et souriant, la grand-croix de la Légion d’Honneur. Ces derniers mois, avant que la maladie ne l’affaiblisse trop, chaque fois qu’on allait lui rendre visite, on le trouvait encore au travail, son bureau encombré de livres dont il recommandait volontiers la lecture. Presqu’à chaque fois, on l’a entendu faire cette recommandation, en raccompagnant son visiteur à la porte : "N’oubliez pas : chaque nouveau quart d’heure est tout bénéfice…" 
Michel Rocard en 11 dates23 août 1930 : naissance à Courbevoie (Hauts-de-Seine)1949 : adhère à la SFIO

1958 : adhère au Parti socialiste autonome (PSA), qui devient le Parti socialiste unifié (PSU)1974 : rejoint le Parti socialiste 
1977 : élu maire de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines)
La même année, il devient député des Yvelines.  1983-1985 : Ministre de l’Agriculture
1988-1991 : Premier ministre
1993-1994 : premier secrétaire du Parti socialiste 1994-2009: Député européen1969 : candidat du PSU à l’élection présidentielle, où il recueille 3,61 % des suffrages.
2 juillet 2016 : mort à l’âge de 85 ans

jeudi 14 mai 2015

Réforme du collège: la ministre n'est que porte-parole du projet de son mari, Boris Vallaud

Prête nom politique, la ministre n'est pas aux commandes

Boris Vallaud dirige les opérations

Le SNES reproche à la 
ministre son manque de connaissances de ses dossiers.
La porte-parole politique (à gauche)
et l'éminence grise (à  droite)
"On aimerait voir moins les membres de son cabinet sur Twitter…", insistent-les cadres du syndicat dominant et très marqué à gauche.  "De la com', toujours et encore de la com' ", fulminent-ils.  Et de pointer aussi l'attitude, "parfois désinvolte", de Najat Vallaud-Belkacem, arrivée en retard au Conseil supérieur de l'éducation, le jour du vote sur... la réforme du collège, par exemple. 

Avec une certaine ironie, le syndicat souligne la "forte implication" du mari de la ministre, Boris Vallaud, dans le pilotage de la réforme depuis l'Élysée, au risque d'un "mélange des genres". Cet ancien directeur du cabinet d'Arnaud Montebourg a été nommé secrétaire général-adjoint de l'Élysée cet automne et, lorsqu'elle assure que son locataire a pris NVB sous son aile, la presse évoque en fait sa mise sous tutelle par son conjoint à la demande de Hollande. 

A l'instar d'autres au gouvernement, tel Bernard Cazeneuve, âme damnée de Valls à l'Intérieur, la ministre n'est que la porte-parole de l'Elysée, via son petit marquis de mari.

Le petit marquis
En accédant au palais présidentiel, Boris Vallaud, pur énarque promotion Senghor - à laquelle appartiennent aussi Emmanuel Macron, ministre de l’Economie, et Gaspard Gantzer, conseiller en communication de François Hollande - , sort de l’ombre pour entrer dans la lumière de la République. 
"Ils [Najat et Boris] sont un symbole moderne, une image qui vient rompre avec une tradition selon laquelle une femme politique servirait d’abord la carrière de son mari", raconte Mariette Sineau, politologue à Sciences Po, qui valorise la parité et les femmes en politique, mais fait un contre-sens sur celui des deux qui a l'ascendant sur l'autre. Qu'on ne s'y trompe pas, les Vallaud sont une copie du couple politique le plus bi-actif du moment: Ségolène Royal et François Hollande, ceux qui, selon Valérie Trierweiler, ont une "soif du pouvoir" du type obsession.

Les membres du think-tank Terra Nova sont également impliqués 

Au ministère de l'Éducation, Najat Vallaud-Belkacem n'a pas le pouvoir.

C'est Florence Robinela directrice générale de l'enseignement scolaire, n°2 du ministère depuis mai 2014, "une personne autoritaire" qui pilote la réforme. Agrégée de sciences physiques et inspectrice générale de l’Education nationale, depuis août 2004, elle était auparavant rectrice, d'abord en Guyane (2009), puis à Rouen (2012), avant de prendre, en 2013, la tête de l'académie de... Créteil (2013). Elle est secondée par le directeur de cabinet, Bertrand Gaume, un normalien "très politique", ancien militant de l'UNEF, et par Bernard Lejeune, l'un des inspirateurs de l'ancien projet de baisse des rémunérations des professeurs de classes prépas.

"Halte à l'élitisme conservateur"
Les signataires du texte dénonçant l'élitisme sont Maya Akkari (responsable du pôle Education du think tank Terra Nova), Christian Baudelot (sociologue), Laurent Bigorgne (directeur du think tank Institut Montaigne), Anne-Marie Chartier (historienne), Roger Establet (sociologue), François Dubet (sociologue), Dominique Julia (historien), Marc-Olivier Padis (directeur de la rédaction de la revue « Esprit »), Antoine Prost (historien), Thierry Pech (directeur général de Terra Nova) et... Benjamin Stora (historien). 

Ils sont les auteurs du projet qui 
 indigne l'opinion, fait se dresser certains au PS et provoque la grève du 19 mai prochain à l'appel de l''intersyndicale FSU, FO, SNALC, CGT et Sud. Sans le SGEN de la CFDT...

mercredi 8 janvier 2014

Les organes de presse sont à gauche, contrairement au mythe qu'elle entretient

"Ils ont acheté la presse, explique Benjamin Dormann

Analyse solidement documentée qui s’avère à la fois édifiante et consternante
.

"Pourquoi la presse française n'a-t-elle rien dit avant ?", s'est-on peut-être interrogé quand l'affaire Dominique Strauss-Kahn a éclaté. La presse d'opposition était heureuse de recevoir des centaines de millions de subventions de Nicolas Sarkozy, mais s'est mobilisée pour empêcher sa réélection. De ce fait, tout en jurant leurs grands dieux qu'ils sont indépendants, les journalistes militent plus qu'ils n'informent, reproduisant avec complaisance les dépêches d'agences, elles-mêmes réceptacles des scénarii mis en scène par les bons think tanks, des experts choisis et de dévoués communiquants, renonçant souvent à ouvrir la moindre enquête ou la menant avec des présupposés.
De plus, cette presse se vend progressivement à des financiers qui s'assument clairement "de gauche", oubliant que dans la presse, comme ailleurs, des financiers restent des financiers. En suivant notamment de près la reprise du Monde par le banquier Matthieu Pigasse et la gestion du Nouvel Observateur par Denis Olivennes, un ancien conseiller du Premier ministre socialiste Pierre Bérégovoy, on découvre, étonnés, ses connivences, son opacité, et les coulisses d'une presse embourbée dans ses contradictions et ses mensonges.

Si
ce 4e pouvoir a aujourd'hui totalement perdu son ambition d'objectivité et renoncé à jouer son rôle d'information, c'est qu'il est décomplexé et fraye avec ce 5e pouvoir que l'on découvre dans ce livre : celui des réseaux mondialisés, mêlant hommes d'affaires, financiers, media et politiques, agissant et décidant dans la coulisse, en toute discrétion, parallèlement à nos structures démocratiques devenues impotentes. Il faut dire que, dans le même temps, la démocratie s'est également accommodée des organisations supranationales (ONG) sans aucune légitimité électorale.

L'auteur livre le fruit d'une enquête fouillée de plus de deux ans,
un voyage édifiant et instructif dans l'envers du décor, où l'on croise les membres du Siècle, le plus grand groupe d'influence français, le Young Leader (de la Fondation Franco-Américaine ) Arnaud Montebourg, le Bilderberger Manuel Valls, ou le German Marshall Fund (réseau d'experts et de financement de projets), financeur américain de Terra Nova, fondation initiatrice des primaires du Parti socialiste... et où l'on découvre les stupéfiantes conditions de la nomination du parfait inconnu Herman Van Rompuy à la présidence du Conseil européen.
 
Ils ont acheté la presse, telle est la provocante affirmation de Benjamin Dormann 

Elle sert de titre à son ouvrage. Ces "ils" sortent vite de l’anonymat. Ils s’appellent
Serge July, Laurent Joffrin, Denis Olivennes, Matthieu Pigasse, Pierre Bergé, entre autres.

Benjamin Dormann, qui fut journaliste dans la presse financière et a été trésorier d’un parti politique "divers gauche", n’est pas un néophyte. Il sait ce dont il parle et le montre dans cet ouvrage, véritable bouquet de révélations. Elles sont tour à tour déroutantes, surprenantes, déconcertantes. L’auteur nous invite à passer de l’autre côté du miroir. On part en sa compagnie explorer les méandres souvent obscurs de Mediapart, des Inrockuptibles, du Nouvel Observateur, de Libération et du Monde. Une plongée dans la presse de gauche.

On considère la presse comme étant le quatrième pouvoir. Théoriquement, cette affirmation suppose qu’elle est objective, un lieu de réflexion, d’analyse et, naturellement, de contestation. Elle aurait donc la noble fonction d’informer le citoyen et, au besoin, d’alerter l’opinion publique des dérives du pouvoir en place. Aujourd’hui, l’idée même d’une presse indépendante, autrement dit libertaire, tient de l’utopie.

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, la France s’est libérée de l’occupant. Les journaux furent, eux, emprisonnés dans le carcan de plus en plus étroit d’une idéologie où l’œil de Moscou veillait. Il ne fallait pas trop s’écarter de la vision totalitaire de l’Histoire. Il s’agissait de marcher droit et de penser à gauche, voire à l'extrême gauche.

En analyste rompu aux subtilités du monde financier, Benjamin Dormann constate que la presse écrite, dans son ensemble, se trouve dans une situation économique désastreuse. En mars 2012, date de publication, certains titres frisaient déjà le dépôt de bilan. 
L’auteur relève là un singulier paradoxe. Les bilans de nombreux titres devraient faire fuir tous les investisseurs responsables, assurés qu’ils sont de ne jamais pouvoir retrouver leur mise. Il n’en est rien. Au contraire, ils s’empressent, Pierre Bergé en tête, et sortent leur carnet de chèques. L’auteur nous donne les raisons d’une telle démarche. Les équipes rédactionnelles sont de plus en plus emportées par le militantisme politique (les écoles de formation et les salles de rédaction sont noyautés par le SNJ). Du fait de leur engagement, les journalistes perdent toute crédibilité. La prétendue objectivité disparaît, avalée par les brumes du combat idéologique. Les journalistes partisans se transforment en agents de publicité et les titres deviennent insidieusement des agences de communication.

Benjamin Dormann étaye ses analyses et ses démonstrations d’exemples concrets. Avec une ironie mordante, il épluche le dossier de la lamentable affaire DSK. Il n’est pas original de constater que le satyriasisme du directeur du FMI était connu de l’ensemble des medias. Les plus effrontés en faisaient des gorges chaudes. Tout le monde savait, mais tout le monde se taisait. Ah, la sacro-sainte atteinte à la vie privée ! Les gardiens si sourcilleux de l’éthique avaient moins de scrupules lorsqu’il s’agissait de raconter les frasques érotiques d’un Berlusconi.

Une nouvelle étape allait bientôt être franchie. Le quatrième pouvoir agonisant est remplacé par un cinquième pouvoir, selon l’auteur. On est insensiblement passé de l’ère de la communication à celle de la manipulation, puis à celle du mensonge délibéré. Les frontières entre ces genres, théoriquement incompatibles, deviennent chaque jour plus ténues.

Benjamin Dormann met à mal bien des idées reçues. A des media qui crient famine, il montre (chiffres à l’appui) que l’État subventionne les grands organes de presse avec une constante régularité. Celle-ci se complaît fort bien de cet assistanat étatique.

Pour reprendre le sous-titre de l’ouvrage, "aujourd’hui, la presse se tait, étouffe, ou encense". Il ne faut pas s’étonner qu’elle se trouve de plus en plus coupée de l’opinion et donc de son lectorat. L'analyse  s’avère à la fois édifiante et consternante. 

Trop dérangeante pour que l'omerta du milieu ne s’impose pas.
L'éditeur, Jean Picollec, n'a pas dû mettre la clé sous le paillasson et pourtant le livre est difficilement accessible. Aurait-il subi des pressions pour ne pas le ré-éditer ?

mercredi 18 décembre 2013

Intégration : en mentant, Hollande nous manque de respect

Hollande substitue le mouvement associatif aux élus 

François Hollande a botté en touche 

face à la polémique suscitée par les rapports sur la politique d’intégration

Il affirme que ces propositions, révélés en exclusivité par Valeurs actuelles dès le 5 décembre , ne reflétent "pas du tout la position du gouvernement".

Valeurs Actuelles apporte la preuve de ses mensonges

Le locataire de l'Elysée a juste encore un trou de mémoire

Il a oublié que ce travail a été mené sous la tutelle de plusieurs ministères, qu’une des lettres de mission a été signée, le 5 août dernier, par… Manuel Valls et Marylise Lebranchu, et que Jean-Marc Ayrault lui-même avait confirmé sa "volonté de construire une nouvelle approche de la politique d’intégration en conformité avec les préconisations du rapport Tuot ".

Combien d'élus de la nation ?
Tous membres d'associations. Un rapide survol des personnalités ayant travaillé à ces rapports ou ayant été auditionnées permet d’ailleurs d’écarter définitivement la piste de l’ "accident" :

de Jacqueline Costa-Lascoux, qui trouva la charte de la laïcité de V. Peillon "une démarche très positive", est ex-présidente de la Ligue de l’enseignement, bras militant de l’action du Ministère de l’Éducation nationale, soutenue par la FCPE et confédération d'associations françaises d'éducation populaire et laïque qui participa avec le SNI (Syndicat national des instituteurs devenu SNU-ipp) à la création du Cartel d’action laïque (les CAL) et qui agglomère toujours une nébuleuse de réseaux sportifs (UFOLEP) ou culturels (Anacej ou Animafac) autour de la jeunesse (CISP) ;

à Salah Amokrane, coordonnateur de l’association Tackticollectif et fondateur du parti de gauche Motivé-e-s, mouvement de gauche alternative fondé en 2001 à Toulouse autour des musiciens du groupe Zebda;

en passant par Jamel Oubechou, ancien conseiller d’Hubert Védrine, président de l’association Génériques, association spécialisée dans l’histoire et la mémoire de l’immigration en France et en Europe et président de l’Institut des cultures d’islam, installé à la Goutte d'Or, qui a pour ambition de faire émerger à Paris un lieu dédié à la création et la diffusion des cultures contemporaines en lien avec le monde musulman,

ou Bruno Laforesterie, président de l’association Hip-Hop Citoyens, ancien directeur de la radio Générations et ancien conseiller de Hollande, tous, ou presque, sont issus des milieux associatif, universitaire, droit-de-l’hommiste, culturel… 

Ce "peuple de gauche" défini par le think tank Terra Nova.

Hollande avait promis de favoriser le mouvement associatif
Mais au point de le substituer au Parlement, est-ce républicain et constitutionnel ?


samedi 14 décembre 2013

Le rapport contre l'intégration, une véritable "police de la pensée" officielle au service de l'islam

Ce rapport respecte la commande de Matignon

Malika Sorel-Sutter: "une véritable police de la pensée"

Tels les résultats d'une enquête commandée à une entreprise de sondage, ce  rapport sur l'intégration donne satisfaction à  son commanditaire, le premier ministre, qui réclamait "une rupture assumée avec l'héritage du peuple français", explique Malika Sorel-Sutter, ancien membre du Haut Conseil à l'intégration, dans un entretien au Figaro.

Le Figaro. - Comment jugez-vous les recommandations de ce rapport?

Malika Sorel-Sutter. - Elles sont fidèles à la commande de Matignon, qui avait adressé une lettre de cadrage très claire aux ministres concernés. La rupture avec l'héritage du peuple français est pleinement assumée. Rien n'est laissé au hasard, comme en témoignent les recommandations qui détaillent les modalités de la rééducation des masses. Il faut traquer les Français de souche culturelle européenne et leur propension à discriminer l'autre, en mettant sur pied de nouvelles institutions, ainsi qu'une multitude de mesures dignes d'une véritable police de la pensée. Même la langue française voit sa suprématie contestée! À aucun moment on ne trouve l'expression d'une quelconque reconnaissance de dette pour tout ce que la France a pu donner aux étrangers extraeuropéens et à leurs enfants. Le nombre de fois où apparaît le mot "devoir" est révélateur de l'esprit du texte: 13 fois seulement, tandis que le mot "droit" est cité 440 fois!

Qu'a en tête le gouvernement, selon vous?

Il faut se souvenir ici du rapport de Terra Nova intitulé "Gauche: quelle majorité électorale pour 2012?". L'électorat y était passé au scanner: "La population des Français issus de l'immigration est en expansion démographique et en mutation identitaire", notait-on. Il est manifeste que cette refondation de la politique d'intégration n'est pas innocente. Elle nourrira le ressentiment des Français, avec une traduction probable dans les urnes...

Que peut-on dire de la composition des groupes de travail?

Les cinq rapports dénotent une grande homogénéité dans l'approche. À quelques exceptions près, la plupart des membres sont inconnus sur les sujets traités. Mais il ne faut pas accorder trop d'importance à la composition des groupes, qui m'apparaissent comme de simples cautions: l'entreprise était déjà décidée.

Malika Sorel-Sutter dérange

Créé en 1989 par Michel Rocard, 
le Haut Conseil à l’intégration a été dissous par François Hollande. Et comme la nature a horreur du vide, les socialo-écolo se sont empressé de le remplacer par un Observatoire de la laïcité
Or, la damecontinue néanmoins de dénoncer l'intrusion massive et destructrice d'une culture radicalement opposée à la nôtre. Les media alignés sur le pouvoir lui ménagent donc un temps de parole injustement limité que ne justifie pas l'intérêt grandissant que les Français portent aux problèmes liés à notre immigration, majoritairement musulmane.

dimanche 20 janvier 2013

F. Chérèque récupère le plan gouvernemental contre la pauvreté

François Chérèque, homme a tout faire de Hollande

L'ancien syndicaliste François Chérèque sera prochainement chargé de " surveiller les avancées " du plan de lutte contre la pauvreté présenté lundi par Jean-Marc Ayrault.

Une source gouvernementale ce jeudi, confirme l'information du journal "La Croix".


Chérèque est un cumulard socialiste
Lien PaSiDupes - François Chérèque cumule les sinécures socialistes : Deux 'contrats de génération', Terra Nova et l'IGAS, pour l'ex-patron de la CFDT "


Un poste clé au PS


A l'inverse de la CGT partisane de la lutte sociale, François Chérèqueavait fait du dialogue avec le pouvoir une marque forte de son mandat à la CFDT. 

Mais aujourd'hui, après avoir été nommé président du conseil d'administration de la fondation Terra Nova, considérée comme proche du PSl'ancien secrétaire général de la CFDT s'apprête à occuper un autre poste clé pour le PS, sans pour autant entrer au gouvernement. 


La gauche crée le mythe de la lutte contre la pauvreté chère au fils de Jacques Chérèque, lequel fut un ex-numéro deux de la CFDT et ministre de Michel Rocard. 

Mais la réalité est quelque peu différente:

- d'une part, François Chérèque ne connaît rien à la pauvreté:
 Lien PaSiDupes - " Le n°1 de la CFDT touche 4 fois le SMIC (et plus) : Le patron de la CFDT a un salaire de 4500 euros par mois. "


- d'autre part, l'octogénaire Jacques Chérèque (ci-contre) a laissé le souvenir d'un bradeur de la sidérurgie notamment lorraine.

Lien PaSiDupes -  " Terra Nova se prend François Chérèque à sa tête : Une élection sur le modèle de la désignation de Jean-Philippe Désir ?"

Hollande réduit le réseau de ses hommes liges du premier cercle

Au cours de la campagne des élections présidentielles, Chérèque fils avait demandé au PS l'organisation d'un « Grenelle » de la pauvreté.

VOIR et ENTENDRE Ayrault dévoiler son plan anti-pauvreté:


Avec sa nouvelle fonction, F. Chérèque devra dire "à travers des rapports réguliers, si chacun applique sa feuille de route : revalorisation du RSA "socle" de 10 % en 5 ans, élargissement de la complémentaire santé universelle (CMUc), création d’une "garantie jeune", réduction des pénalités bancaires pour les personnes fragiles, nouvelles solutions d’hébergement pour les sans-abri, etc. », note le journal "La Croix".

La CFDT reste-t-elle crédible ?


L’annonce officielle sera faite par Jean-Marc Ayrault lundi 21 janvier, à l’occasion d’un Comité interministériel de lutte contre l’exclusion (Cile), conclut "La Croix".

Nul besoin, en revanche, de proclamer que la CFDT est un syndicat indépendant du PS !...




dimanche 13 janvier 2013

Terra Nova se prend François Chérèque à sa tête

Une élection sur le modèle de la désignation de Jean-Philippe Désir ?

Le changement : du vieux à la place du neuf 

La nouvelle tête pensante du "think tank socialiste est un syndicaliste retraité
Pour remplacer Olivier Ferrand, décédé à 42 ans, un quasi sexagénaire 
François Chérèque (1956), l'ancien patron de la CFDT, a été élu au poste de président au côté de la socialiste Juliette Méadel, désignée directrice générale, annonce le think tank dans un communiqué ce samedi 12 janvier.

Son père Jacques Chérèque (né en 1928, ci-contre au côté d'Edmond Maire à sa droite), fut l'un des principaux responsables de la CFDT dès le début des années Mitterrand, avant de devenir ministre délégué à l’Aménagement du territoire et à la reconversion industrielle sous le deuxième gouvernement Rocard (1988-1991). 
C'est à ce titre qu'il accompagna la restructuration de la sidérurgie lorraine et fut l'un des artisans de la convention générale de protection sociale qui entérina la fermeture de nombreux sites sidérurgiques français...

"Jacques Chérèque, visionnaire... ou social­-traître", s'interrogea le Républicain lorrain
Le papa se chargea en effet de la basse besogne socialiste
Abandonnant l'unité d'action avec la CGT de la métallurgie, il accepta les suppressions d'emplois dans la sidérurgie, si bien que les plans sociaux de la sidérurgie entraînèrent de nombreuses destructions d'emplois dans le Nord et en Lorraine. Il est pourtant l'auteur du célèbre: "Il faut retirer les hauts fourneaux de la tête des sidérurgistes lorrains".

Avril 2012: Jacques Chérèque, âgé de 84 ans,
a assuré à ses camarades qu'il se tient à disposition pour une quelconque aide à apporter...

 Aurélie Filippetti, ex-élue locale, et Edouard Martin (leader CFDT à ArcelorMittal de Florange) qui se déclarait "trahi" par le gouvernement début décembre 2012, ils semblent tous avoir oublié, avec la complicité des media "indépendants"...

Le pouvoir récompense un loyal serviteur socialiste

"François Chérèque, ancien dirigeant syndical, est reconnu pour son indépendance d’esprit vis-à-vis des partis politiques et clairement réformiste de gauche", se justifie le club de réflexion, proche du PS. 
Et d'oser ajouter : "Cela doit confirmer Terra Nova dans un engagement non partisan, dont la vocation est de réaliser des analyses, d’interpeller le gouvernement et les partis politiques et de proposer les changements et réformes utiles pour une société plus efficace et plus juste."