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samedi 2 juillet 2016

Mort de Michel Rocard, laissant la "deuxième gauche" orpheline

Poil à gratter de Mitterrand, Michel Rocard, son ancien premier ministre, est mort

Rocard avait rêvé de moderniser un Parti socialiste déjà "rétrograde"

Mort le samedi 2 juillet à l’âge de 85 ans, il laisse aujourd'hui, au Parti socialiste, dans les ministères, dans les think tank de la gauche qui rêvent de la refonder, quantité de ses disciples, nourris par cette "deuxième gauche" sociale-démocrate, réaliste et redistributrice qu’il avait fini par incarner.

Derrière une apparente simplicité, Michel Rocard, né le 23 août 1930 à Courbevoie, fut un homme politique paradoxal et compliqué. Longtemps l’homme politique le plus populaire de France, il était spontané voire impulsif, sincère voire naïf, maladroit mais volontiers calculateur; apôtre d’un "parler vrai " parfois dévastateur, mais capable de manier sans broncher la langue "de madrier", selon l’expression d’un de ses anciens conseillers; orateur parfois obscur, mais, en dehors des tribunes, d’un abord simple et direct. 
Et surtout obsédé par l’idée d’être écouté, reconnu, respecté. Ce dernier trait de sa personnalité ne peut pas être dissocié des relations difficiles, mélange d’admiration et de frustration, qu’il avait avec son père. Yves Rocard était un scientifique de haut niveau. Quand, à 17 ans, Michel décida de faire Sciences-Po, il cessa d’être pris au sérieux par son père et il tenta toute sa vie, parfois inconsciemment, de reconquérir son estime. Yves était conservateur. Le jeune Michel fut progressiste, mais intégra l’influence paternelle, en étant très vite proche d’un socialisme humaniste, plus que du marxisme. 

Le parcours de Michel Rocard, meilleur ennemi de Mitterrand

Michel Rocard s’engage dans la mouvance de la SFIO (ancêtre du PS) dès 1949

et devient six ans plus tard secrétaire national de l’Association des étudiants socialistes. Déjà la SFIO bat de l’aile, empêtrée dans les compromissions de la IVe République et les mensonges de la guerre d’Algérie. Diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris – où il milite à l’UNEF et combat un dénommé… Jean-Marie Le Pen –, Michel Rocard sort de l’Ecole nationale d’administration dans la promotion 'Dix-huit juin', en 1958. 
Il intègre alors l’inspection des finances. La même année, il quitte la SFIO, découragé, comme tant d’autres, par la politique de Guy Mollet. C’est là qu’il participe à l’organisation d’un parti de gauche, le Parti socialiste autonome (PSA), dont le titre de gloire principal est d’avoir refusé d’accueillir dans ses rangs… François Mitterrand. 
Le petit parti deviendra le PSU en 1960. L’histoire de Michel Rocard se confond alors avec celle de toute une génération qui, transitant au PSU, à l’UNEF ou ailleurs, lutte contre la guerre d’Algérie. Après la fin du conflit, Michel Rocard, qui a pris un pseudonyme, Georges Servet, pour que ses activités militantes soient compatibles avec son statut de haut fonctionnaire, commence, déjà, à se ranger dans une gauche "moderniste". 
Dès 1966 lors d’un meeting à Grenoble, 'Georges Servet' affirme à la tribune, que "la visée à long terme du socialisme n’est pas nécessairement la nationalisation". La déclaration rompt avec la culture dominante dans la gauche de l’époque. Pour la première fois, le pseudo de Michel Rocard apparaît dans un titre du journal Le Monde.

Une longue incompréhension réciproque avec Mitterrand 
Michel Rocard et François Mitterrand, eux, ne se connaissent encore que de réputation. Ils se rencontrent lors des négociations pour les législatives de 1967 (Rocard est lui-même candidat sans succès, dans les Yvelines). C’est le début d’une longue incompréhension entre le terrien de province amoureux des arbres et l’urbain qui sera maire de Conflans-Sainte-Honorine (1974) mais qui trouvera longtemps l’évasion sur un bateau à voile, au large de la Bretagne. 
Michel Rocard prend la tête du PSU en juin 1967. Ce petit parti, débordant de militants brillants, devait réveiller et rénover la gauche. Il sera, selon son expression, un "laboratoire terrifiant" où l’on s’épuise dans des débats stériles et sans fin. Après avoir mis le général de Gaulle en ballottage en 1965, Mitterrand est l’homme qui monte à gauche. Mais Michel Rocard ne veut toujours pas travailler avec lui.

Arrive Mai 68. Rocard est au premier rang des manifestations avec les dirigeants gauchistes, alors que Mitterrand et ses amis courent derrière le mouvement, sans le rattraper. Pour Michel Rocard, c’est une victoire fatale : après Mai, il s’enferre avec le PSU dans un gauchisme débridé. 
Pourtant, 1969 marque aussi la véritable découverte de son personnage par le grand public. Candidat du PSU à la présidentielle provoquée par le départ anticipé du général de Gaulle, Michel Rocard fait 3,66 % des voix. C’est peu, mais la SFIO dépasse à peine 5 %. Le PSU continue pourtant son existence groupusculaire. 

Au congrès d’Epinay de juin 1971, lorsque François Mitterrand lance le PS dans l’aventure de l’union de la gauche, Rocard n'adhère pas à cette nouvelle stratégie. Il perd son mandat de député et attend 1974 pour soutenir la candidature de Mitterrand à la présidentielle et rejoindre le PS. Venu de l’extrême gauche, il passe directement à la 'droite' du PS en incarnant désormais une "deuxième gauche", souvent d’origine chrétienne, plus décentralisatrice, préférant la recherche du consensus à l’affrontement, l’autonomie de la "société civile" au tout Etat. En septembre 1975, Michel Rocard entre au secrétariat national du PS. En 1977, il est élu maire de Conflans-Sainte-Honorine.

Au congrès de Nantes, la même année, il prononce un discours resté célèbre, sur les "deux cultures" qui structurent la gauche. 
La rupture entre socialistes et communistes fait perdre à la gauche les législatives de 1978. Michel Rocard, lui, récupère son fauteuil de député des Yvelines. Mais au soir du second tour, à la télévision, il exprime en quelques mots, la déception et l’amertume de la gauche, et aussi sa foi dans l’avenir. La déclaration respire la spontanéité. En fait, elle a été répétée à l’avance et Rocard, à partir de là, conservera longtemps la faveur des media et des sondages. 

En 1979, au congrès de Metz, allié à Pierre Mauroy, il passe dans l’opposition à François Mitterrand. 
Le premier secrétaire (Mitterrand) et ses alliés prônent la "rupture avec le capitalisme", Michel Rocard n’y croit pas. En 1980, il décide de s’appuyer sur sa popularité et de presser le mouvement. Le 19 octobre, depuis sa mairie de Conflans, il annonce sa candidature, mais seulement si Mitterrand n’est pas lui-même candidat. Sa déclaration est malhabile, mal filmée. Lorsque, le 8 novembre, François Mitterrand se déclare, Rocard, mortifié, ne peut que se retirer. 

Rocard, premier ministre de l'"ouverture"
Avril 1985. Après la victoire de 1981 et un passage au ministère du Plan, Michel Rocard est à l’Agriculture. Le 3 avril, le scrutin proportionnel est adopté pour les législatives de 1986. Dans la nuit du 3 au 4, il présente sa démission. Il justifie sa décision par son opposition à ce mode de scrutin qui va amener pour la première fois le Front National à l’Assemblée. Il a aussi l’échéance de 1988 en tête. 
En mars 1988, François Mitterrand, annonce sa candidature à sa propre succession, sonnant la fin de la "récréation Rocard". Une fois réélu, pourtant, Mitterrand envoie à Matignon celui des socialistes qu’il juge le plus "en situation ", quoi qu’il en pense sur le fond. Michel Rocard est le premier ministre de l’" ouverture". Ses gouvernements intègrent des membres de la société civile, voire quelques transfuges de l’opposition. Pendant la campagne, François Mitterrand a affirmé qu’il n’est "pas sain" qu’un seul parti ait la majorité. Les électeurs l’ont si bien suivi que Michel Rocard ne dispose à l’Assemblée nationale que d’une majorité relative, qui le conduit à un jeu de bascule permanent, pour s’appuyer soit sur le PC, soit sur une partie des centristes.
Dans des conditions très inconfortables, le premier ministre, entravé par François Mitterrand, mène pourtant à bien un certain nombre de réformes, parfois tambour battant comme pour la création du Revenu minimum d’insertion (RMI) qui entrera en vigueur dès le 1er décembre 1988. Il ramène la paix civile en Nouvelle-Calédonie et institue la Contribution sociale généralisée (CSG)… 
A  son cabinet, le jeune Manuel Valls entame son parcours politique et il se placera désormais dans le sillage de Rocard qui l'emploiera comme conseiller en charge des affaires étudiantes. Aujourd'hui premier ministre, Manuel Valls a nommé conseiller en charge du pôle énergie, transport, environnement, logement, auprès de lui à Matignon, un polytechnicien de 40 ans en 2014,  Loïc Rocard). 

"Nous ne pouvons héberger toute la misère du monde"

"La France doit rester une terre d'asile politique...mais pas plus", ajouta-t-il. La gauche nie (Kouchner, pour qui, en avril 2015, les "salauds" sont les autres) ou instrumentalise (Sapin) - en fonction des besoins de l'actualité - que Michel Rocard a prononcé cette sentence le 3 décembre 1989, au Soir 3:

VOIR et ENTENDRE donc l'archive que conserve l'INA à disposition des manipulateurs :

Le temps creuse le fossé entre le président et son premier ministre. La première guerre du Golfe lui donne un sursis. Mais le 15 mai 1991, un mercredi, Michel Rocard se retrouve congédié en quelques minutes. 

Les illusions perdues
Les échecs de ses successeurs, Edith Cresson, puis Pierre Beregovoy le laissent espérer que son destin politique n’est pas encore joué. En avril 1993, Rocard réclame un "big bang" du PS, dont il devient premier secrétaire après le désastre des législatives. Le 29 mai 1994, il annonce que "rien", cette fois, ne l’empêchera d’être candidat à la présidentielle de 1995, où on sait que François Mitterrand ne se représentera pas. 
Mais aux Européennes de juin, alors que le président de la République a laissé Bernard Tapie conduire une liste radicale de gauche, le PS, dont les candidats sont menés par le premier secrétaire, s’effondre à 14,5 % des suffrages. Michel Rocard est débarqué, sans ménagement. C’est la fin de ses espérances. Il abandonne à l’automne la mairie de Conflans, après presque de vingt ans de mandat. Il ne sera jamais président de la République. 

Le monde a changé malgré lui. 
Il n’aime pas l’évolution des media, le règne de la dérision et le déclin du pouvoir politique. "La profession politique ne bénéficie plus du respect qu’on avait pour elle du temps où elle passait pour efficace, c’est-à-dire du temps du plein-emploi, avait-­il confié au Monde (Le Monde2 du 7 mars 2004). Aujourd’hui, on nous insulte, on nous veut pauvre et on nous moque (…) Ce qui fait que ne viendront plus que les ratés de leur profession." Il ne s’y résout pas cependant.

La victoire de Ségolène Royal aux primaires socialistes, en 2006, l’accable. Un mois avant le premier tour de l’élection présidentielle, il tente en vain de la convaincre de se désister… en sa faveur. Puis, quelques jours plus tard, se prononce dans Le Monde pour un accord "Royal/Bayrou", afin de battre Nicolas Sarkozy. 

Le 7 février 2013, Rocard exprime ses réserves sur le projet de loi autorisant le mariage entre personnes du même sexe, estimant que le PACS "aurait pu suffire".

Sarkozy l'aide à ne pas vieillir
Le 30 juin 2007, à 77 ans, victime d’une hémorragie cérébrale en Inde, il est transporté dans un état grave à l’hôpital de Calcutta. Une fois rétabli, il continue de fumer, boit vin blanc et rouge au déjeuner, dévore des dizaines de livres. Michel Rocard n’ignore pas, cependant, qu’il lui faut peu à peu décrocher. Il démissionne du Parlement européen en janvier 2009, sous les ovations des députés. 
Il s’installe sur les Champs-Elysées, dans un immeuble hausmannien, "non loin de l’Arc de Triomphe", floute Le Monde, en fait les locaux cossus de la Fondation
Terra Nova, un think tank proche du PS. Et… continue à travailler. "Je suis déclaré guéri du cancer depuis un mois. Epargnez-moi vos commisérations, mais j’ai trois mois de retard dans mon travail, donc je bosse", lâche d’emblée l’ancien premier ministre âgé de 85 ans, de retour d'une "croisière dans l’Arctique," selon Le Monde, occultant l'attachement de Rocard à la mission que Sarkozy lui a confié.

Nicolas Sarkozy qui pratique l'ouverture s’est voulu le "DRH" du PS. Il lui confie dès le printemps 2009 une série de responsabilités : un rapport sur la taxe carbone, la co-présidence avec Alain Juppé d’une commission chargée de réfléchir à la mise en œuvre d’un grand emprunt national et le nomme ambassadeur de France chargé des négociations relatives aux pôles Arctique et Antarctique. Le voici sur la banquise, à 80 ans. 

Michel Rocard ne cachait pas, cependant, que son voyage le plus difficile restait son arrivée dans le grand âge. Lui qui vivait avec sa quatrième épouse dans une maison remplie de chiens et chats et avait encore réuni 300 personnes pour fêter son anniversaire, il constatait : "La vie active s’arrête à 60 ans; on devient caduc à 65 et les gens pensent que l’on sucre les fraises à 70. Il faut s’habituer à être moins attendu, à n’avoir plus d’avenir, quoi !" 

Intellectuellement, pourtant il en aurait remontré à beaucoup. Le 9 octobre 2015, François Hollande avait remis à un Rocard, frêle et souriant, la grand-croix de la Légion d’Honneur. Ces derniers mois, avant que la maladie ne l’affaiblisse trop, chaque fois qu’on allait lui rendre visite, on le trouvait encore au travail, son bureau encombré de livres dont il recommandait volontiers la lecture. Presqu’à chaque fois, on l’a entendu faire cette recommandation, en raccompagnant son visiteur à la porte : "N’oubliez pas : chaque nouveau quart d’heure est tout bénéfice…" 
Michel Rocard en 11 dates23 août 1930 : naissance à Courbevoie (Hauts-de-Seine)1949 : adhère à la SFIO

1958 : adhère au Parti socialiste autonome (PSA), qui devient le Parti socialiste unifié (PSU)1974 : rejoint le Parti socialiste 
1977 : élu maire de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines)
La même année, il devient député des Yvelines.  1983-1985 : Ministre de l’Agriculture
1988-1991 : Premier ministre
1993-1994 : premier secrétaire du Parti socialiste 1994-2009: Député européen1969 : candidat du PSU à l’élection présidentielle, où il recueille 3,61 % des suffrages.
2 juillet 2016 : mort à l’âge de 85 ans

samedi 3 juillet 2010

Aubry-Hamon agitent le pays: Halte au feu !

Simone Veil et Michel Rocard sonnent le tocsin

Débat public ou chasse aux sorcières ?

Simone Veil, ancienne ministre, présidente d'honneur de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, membre de l'Académie française et Michel Rocard, ancien premier ministre socialiste, ont signé le 4 juillet 2010 cette déclaration commune dans une tribune percutante du journal Le Monde:

« L'état du débat public - si tant est qu'il s'agisse pas d'un débat - autour d'une "affaire" qui fait les titres de la presse ces derniers jours nous inquiète profondément.

Le Club Vauban a été fondé il y a près de trente ans autour d'une idée simple : rien n'est plus essentiel que de favoriser le dialogue entre tous ceux qui, de droite, de gauche ou du centre, ont en charge l'intérêt public. Et rien n'est pire que l'anathème lorsqu'il prétend en tenir lieu. Sans dialogue, il n'existe pas de débat, pas d'échange d'idées, donc pas de démocratie.

Les membres de cette coopérative de réflexion viennent d'horizons différents. Ils n'ont pas les mêmes opinions politiques ou sociales. Ils n'ont pas les mêmes références, ni les mêmes convictions, même s'ils sont tous favorables à l'économie sociale de marché et à la construction européenne.
Des divergences, ils en ont, et de fortes. Mais ils professent que, si fortes soient-elles, elles ne doivent pas conduire à l'aveuglement, à l'insulte, à la déconsidération de l'autre.

Chacun d'entre nous a des convictions, et les défend avec force. Mais en vrai démocrate, c'est-à-dire avec l'ardente obligation de se montrer aussi honnête vis-à-vis de ses adversaires qu'on peut être loyal avec ceux de son camp.

Etre démocrate, c'est refuser de céder à la tentation partisane, c'est rejeter l'intolérance, repousser la facilité de l'amalgame. Cela même s'il faut avoir l'indépendance d'esprit et le courage de s'opposer à ceux qui vous sont proches, et s'il faut à un moment prendre le parti de qui vous est plus éloigné mais n'a pas forcément tort pour autant.

Cette attitude d'indépendance d'esprit et cette exigence de respect du débat démocratique, nous avons l'un et l'autre essayé, au-delà de nos différences, de les démontrer tout au long de nos parcours respectifs. C'est d'une certaine manière notre règle de vie, notre exigence, notre éthique politique.

C'est pourquoi nous prenons aujourd'hui la parole, ensemble, pour affirmer haut et fort qu' il est temps, grand temps, de dire "Halte au feu !".
Nous souhaitons dire cela avec d'autant plus de force et de gravité que le monde dans lequel nous vivons donne ces temps-ci, de la scène sportive à la scène médiatique, suffisamment d'exemples d'intolérance et d'intempérance pour que les responsables politiques s'abstiennent d'apporter du grain à moudre à la broyeuse populiste.

Mesure-t-on bien les effets dévastateurs du spectacle affligeant qui se donne jour après jour devant l'opinion autour de "l'affaire Bettencourt" ? Veut-on définitivement démonétiser une parole politique déjà suffisamment dévalorisée, décriée, diminuée ?

Les sondages nous disent ces jours-ci que nos compatriotes trouvent cette "affaire" grave. Grave, elle l'est d'autant plus en effet que les représentants des institutions les plus éminentes de notre pays - présidence, gouvernement, Parlement, justice - se trouvent interpellés, parfois en des termes plus qu'inappropriés, par des responsables politiques plus soucieux de leur carrière que de l'intérêt public. Qu'ils soient de droite ou de gauche, aux affaires ou dans l'opposition.

Comprenons-nous bien : chacun a parfaitement le droit, et même le devoir démocratique, de dénoncer, ou de défendre, telle ou telle situation de cumul de responsabilités, tel ou tel risque de conflit d'intérêts, tel ou tel motif de confusion des genres. Rien de plus normal, ni de plus sain, que cela : c'est l'essence même du débat politique en démocratie.

Mais débattre est une chose, vouloir à tout prix abattre l'adversaire en est une autre. Attaquer ad hominem, harasser sans relâche, dénoncer sans preuves, d'un côté comme de l'autre, ce n'est pas servir le débat, c'est desservir la démocratie, l'affaiblir et finalement l'asservir au nom même des principes que l'on croit si bien défendre. C'est porter atteinte à la dignité de la personne, c'est porter un coup à la politique, à la République.
N'oublions pas que le mot "république" vient de la res publica latine, la "chose publique", qui désigne l'intérêt général et le fonde en principe supérieur à tous les autres.

Aussi, reprenons quelque hauteur, ne cédons pas aux facilités rhétoriques et aux emportements à visée scénique, cessons les excès de tous ordres et débattons. Dignement.
»
Et cinglant.
Mais qui peut croire que - à l'intérieur du bureau national ou à sa marge - la bande d'énergumènes qui s'exaltent à la vue du sang puisse retrouver la maîtrise de ses esprits ?

dimanche 1 février 2009

EPR: l’opposition s’élève contre le choix d'un second site

Dernière polémique en date de la gauche extrême

La mise en chantier d'un deuxième EPR
(European Pressurized Reactor) de nouvelle génération, après celui en construction à Flamanville (Manche), que Nicolas Sarkozy annonça en juillet a été confiée à EDF, associée à GDF Suez.
"Le président de la République confirme le lancement de la réalisation d'une deuxième centrale nucléaire de type EPR en France", lit-on dans le communiqué de l'Elysée.

Ce deuxième réacteur sera construit à Penly en Seine-Maritime
EDF sera majoritaire dans la société réalisatrice et GDF Suez sera associé au projet, précise le communiqué de l’Elysée. La construction devrait commencer en 2012 pour un raccordement au réseau en 2017 .
"Ce soutien conforte la stratégie industrielle engagée par le groupe sur le long terme dans le développement de moyens de production sans CO2", s'est félicité le P-DG d'EDF, Pierre Gadonneix, dans un communiqué. "C'est également une excellente nouvelle pour l'ensemble de la filière nucléaire et pour l'emploi en France."

GDF-Suez apprend le métier

L'Elysée a un moment envisagé de lancer deux réacteurs supplémentaires, pour attribuer l'un à EDF et l'autre à GDF Suez, avait hasardé le quotidien Les Echos du 22 janvier.
  • Le communiqué de l'Elysée suggère plutôt que GDF Suez pourrait participer au troisième EPR. "Dans la perspective du développement ultérieur de la filière, l'Etat reconnaît la volonté de GDF Suez d'assumer la maîtrise d'ouvrage et l'exploitation de l'EPR suivant", apprend-on dans le communiqué.
    GDF Suez, dont la naissance a eu lieu le 22 juillet 2008, après deux ans et demi de fiançailles entre GDF et Suez, s'est engagé à détenir et exploiter des unités nucléaires de nouvelle génération à l'horizon 2020.
    "C'est un atout incontestable pour la France de posséder deux grands acteurs du nucléaire, sur son territoire et à l'étranger", a déclaré Gérard Mestrallet, PDG de GDF Suez, dans un communiqué publié vendredi.
    "GDF Suez se félicite du soutien de l'État dans (sa) volonté d'être reconnu comme maître d'oeuvre et exploitant d'un prochain EPR en France lorsque celui-ci sera décidé par les autorités françaises", a-t-il ajouté.
  • A Abou Dhabi, en partenariat avec Total et Areva, le groupe a proposé la construction et l'exploitation de deux EPR, un projet qu'il aurait eu du mal à concrétiser s'il n'avait pas obtenu de participer au deuxième EPR français.
    "Il ne serait sans doute pas très facile d'expliquer à Abou Dhabi que nous voulons opérer des centrales nucléaires dans le pays (...) si nous n'étions pas considérés comme en mesure de construire un réacteur nucléaire en France", soulignait fin 2008 Gérard Mestrallet lors de l'assemblée générale des actionnaires du groupe.
  • Le groupe exploite sept réacteurs en Belgique d'une capacité de 5.800 mégawatts (MW) et détient une participation dans deux réacteurs en France qui représentent une capacité de 1.100 MW.

    EDF veut défendre son statut de numéro un

    De son côté, EDF est déterminé à défendre son statut de premier exploitant nucléaire mondial - avec environ 66 gigawatts (GW) installés et 58 réacteurs en France. L'électricien français a fait du nucléaire de nouvelle génération la clé de son développement à l'international, notamment dans le cadre du rachat de British Energy et de la moitié des actifs nucléaires de l'américain Constellation.
    Pierre Gadonneix déclarait le 11 décembre que le groupe capitaliserait sur l'ensemble des EPR qu'il prévoit de construire - dix d'ici à 2020 -, qu'il ferait des "clones" de Flamanville et qu'il ne participerait à des projets nucléaires que s'il les pilotait.
    Il avait indiqué il y a une semaine que le groupe étudiait l'implantation d'un nouveau réacteur EPR sur quatre sites potentiels - Flamanville, Creys-Malville (Isère), Penly (Seine-Maritime) et Chooz - mais qu'il considérait ces deux derniers comme prioritaires. Il avait ajouté que dans l'hypothèse où il se verrait confier la construction d'une centrale nucléaire, il envisageait d'associer au projet "un électricien allemand".
    D'autres groupes pourraient être associés au nouveau réacteur de Penly, indique l'Elysée. "D'autres partenaires, désireux de partager l'investissement et l'approvisionnement électrique seront invités à y participer", lit-on dans le communiqué.

    Les polémistes professionnels ne nous disent pas tout

    La plupart des acteurs politiques, économiques et sociaux de Haute-Normandie, ont salué, vendredi 30 janvier, 'la formidable bouffée d'oxygène' que constitue, selon eux, cette décision. Du PCF au PS…

    Les milieux économiques
    se sont également félicités de cette décision, tout comme la plupart des syndicats. "Cela va dans le sens de la modernisation nécessaire du parc nucléaire", a affirmé
    Philippe Saunier, secrétaire adjoint de l'union départementale CGT. Mais la duplicité de la syndicale ne se dément en aucun cas et, ici encore, elle souligne que son organisation sera …"vigilante sur les conditions d'exécution du chantier" !
  • Une décision contestée par le réseau Sortir du nucléaire
    Tous, à l'exception des écologistes

    Pour Stéphane Lhomme, porte-parole du réseau Sortir du nucléaire, cette décision est néanmoins un non-sens, alors que les réacteurs EPR de Flamanville et en Finlande accumulent les difficultés de construction.

    Les organismes signataires de la charte du Réseau Sortir du nucléaire
    comprennent en particulier des associations nationales (les Amis de la Terre-France, Agir pour l'Environnement, etc.) ou locales (Stop Golfech, etc...), des syndicats (la Confédération Paysanne, SUD Rail, etc), et des partis politiques nationaux (Les Verts, la LCR, etc.). Le Réseau "Sortir du nucléaire" a d'ailleurs dénoncé le processus du "Grenelle de l'environnement".

    "Face à l'argument de l'emploi, en pleine crise, on ne peut pas faire grand-chose", a toutefois concédé
    Alain Corréa, animateur local du réseau, non sans ambiguïté.

    "Des études montrent que les économies d'énergie et les énergies renouvelables créent jusqu'à 15 fois plus d'emplois que le nucléaire. Le projet de construire de nouveaux EPR n'est donc pas seulement irresponsable sur le plan environnemental, il est aussi absurde sur le plan économique", a déclaré l'association écologique dans un communiqué catégorique.


  • Tous, à l'exception des écologistes… et de Greenpeace

    Membre du Réseau Sortir du nucléaire jusqu'en 2007, Greenpeace est bien dans le ton du moment et parle de "déni de démocratie". Avec l'accord du PCF et du PS ! "Le lancement d'un 2e EPR est le choix du prince : aucune concertation, aucune rationalité économique, aucune évaluation indépendante des coûts", se plaint ainsi l'association écologiste.
    Ajoutons que la première tranche de deux réacteurs à eau pressurisée de 1 300 MW chacun, ont été mis en service en 1990 et 1992. De quel princes était-ce alors le choix ? Des socialistes Michel Rocard et Pierre Bérégovoy

  • Une décision qui oppose les Verts et le PCF
    Jean-Pierre CACHEUX, le maire de Penly, 355 habitants sur la Communauté de communes du Petit Caux, est ravi. Trois mille emploi pendant les travaux sur sa commune et plus de 700 ensuite à demeure (670 salariés d'EDF et 170 salariés d'entreprises prestataires), ça ne se refuse pas. Il a d’ailleurs bataillé dur pour gagner le cocotier. Il se flatte même d’avoir fait mieux que le maire précédent qui avait échoué à faire pleuvoir la manne nucléaire sur la région, à l’époque où à l'origine le site devait accueillir quatre réacteurs 1300 MW.
    Or, il s’est placé au cœur de la polémique que les media honnêtes font supporter à tous, sauf lui. Car, ce qui les embarrasse, c’est que ce maire qui fâche les Verts, est communiste…
    « C'est une compensation extraordinaire d'aménagement du territoire pour notre région qui souffre de la crise de l'automobile', a également déclaré le maire PCF de Dieppe, Sébastien Jumel. 'On avait raté le premier [attribué en 2004 à Flamanville, dans la Manche] parce que les socialistes n'étaient pas très chauds, cette fois l'union a été totale', s'est-il réjoui.

    Quatre réacteurs sont annoncés à Paluel, un peu plus au sud, toujours sur le littoral.
  • mardi 23 décembre 2008

    Rocard salue le "courage" de Sarkozy dans la gestion de la crise

    Rocard va encore mettre quelques sectaires …en crise !

    Michel Rocard ne tarit pas d’éloges pour Sarkozy


    L’ancien Premier ministre socialiste de Mitterrand salue lundi le "culot" et "le courage" de Nicolas Sarkozy dans sa gestion de la crise, notamment en inspirant la réunion du G20 à Washington.
    "L'inspirateur se trouve être Nicolas Sarkozy parce qu'il est impulsif, courageux, qu'il a du culot et qu'il se trouvait par hasard président de l'Europe à ce moment-là !", estime dans un entretien accordé à Profession politique M. Rocard qui a déjà rendu hommage au chef de l'Etat dans d'autres circonstances, s'attirant ainsi des critiques des sectaires de son camp.

    Rocard sort Sarkozy du lot
    "Non dogmatique, il est allé chercher des outils de lutte contre la crise en dehors de l'arsenal monétariste. Le mérite du président de la République est d'avoir suscité le G20 et de l'avoir piloté dans une totale ouverture d'esprit", poursuit l'eurodéputé.
    Michel Rocard observe que le plan de relance de Nicolas Sarkozy, "axé sur l'investissement, s'inscrit dans la droite ligne de ce qui a été décidé à Washington".

    Les méfaits des media
    M. Rocard juge que "la médiatisation est un empêchement à gouverner", par exemple dans le dossier de la réforme des collectivités locales.
    Cependant l'ancien chef de gouvernement de François Mitterrand juge que M. Sarkozy "se défend intelligemment contre une médiatisation qui gênait déjà ses prédécesseurs".
    "Eux n'avaient pas de réponse. Lui en a trouvé une, qui est de manipuler les media en les sursaturant et, du coup, il a retrouvé un peu d'espace de décision", commente-t-il.

    La démagogie du PS n’est pas entrée en récession
    Rocard a noté que le PS essaie de se sortir du chaos sur le dos des autres.
    L’ancien Premier Ministre de Mitterrand met en garde ses camarades socialistes contre "une opposition systématique" pour "faire sa réconciliation interne".
    "L'opposition systématique, un électeur moyen ne la comprend pas. L'électeur moyen ne peut comprendre que l'opposition à telle ou telle décision. Alors l'opposition devient sincère et respectée", affirme-t-il.

    Michel Rocard dit ce que, dans leur ambition sans scrupules et leur égarement partisan, la Ch’tite Aubry et Sa Cynique Majesté Royal sont incapables d’un jugement sain. Mais qui sait si elles ne seraient pas de mauvaise foi ?

    dimanche 23 novembre 2008

    Michel Rocard : "Le PS souffre d'une double maladie"

    Les militants ont appelé Aubry est à son chevet
    Le Premier ministre du Président Mitterrand s’est penché sur le grand corps malade du PS, à la demande du "Parisien/Aujourd'hui en France" de ce dimanche.
    Michel Rocard relativise et banalise d’abord le duel de femmes sur lequel la presse fait de gros tirages. Sa Cynique Majesté Royal ne réalise pas quelle n’est pour les media qu’un « bon client » et le socialiste Rocard glisse rapidement sur le sujet pour diagnostiquer ensuite le mal majeur du PS.
    > Pour lui, la cause est entendue
    La victoire de Martine Aubry samedi au poste de Première secrétaire du parti socialiste est acquise, avec une avance en nombre de voix extrêmement ténue et contestée par sa rivale Désirdavenir Royal. Car pour Michel Rocard, "ce n'est pas nouveau".
    > Plus grave que les états d’âme de la Ségo-star
    "Outre une crise de leadership", le PS "n'admet pas (ou très mal) que la société de marché soit installée, qu'on soit dedans et qu'il faille la faire fonctionner, stigmatise Michel Rocard.

    Le PS est donc "plutôt mal portant", conclut l'ancien Premier ministre.


    Une sagesse et un sens des responsabilités qui ne sont pas communicatifs au PS.

    mercredi 29 octobre 2008

    Michel Rocard met un terme à sa carrière politique

    Le PS y serait-il pour une « bonne » part ?
    Le socialiste Michel Rocard a annoncé qu’il ne se représenterait pas aux prochaines élections européennes, mettant fin au dernier mandat politique qu’il exerçait. Mais l’ancien premier ministre et ancien leader du PSU entend rester présent dans le débat d’idées. Au même titre que Jospin.
    Interrogé lors de l’émission "Questions d’info" (LCP/France Info/A*P), sur une nouvelle candidature - il siège au Parlement de Strasbourg depuis 1994 - Michel Rocard a répondu : "Non, trois mandats, c’est bien, je suis content comme ça".

    "C’est la fin de mes mandats"
    "Mais je fais de la politique par l’écrit et le débat d’idées, et ça, je ne suis pas près de le quitter", a assuré M. Rocard, âgé de 78 ans.
    Il avait été réélu en 2004 député européen de la région sud-est, dont il conduisait la liste PS. Celui qui a été chef de gouvernement, ministre, député des Yvelines, maire juge que sa carrière "a été riche". "La chance m’a été donnée - ma continuité de conviction y a peut-être aidé aussi - de faire pas mal de choses", a-t-il observé.

    jeudi 2 octobre 2008

    Crise mondiale : la droite au pouvoir, la chance des Français

    Chance ou pressentiment ?

    Les électeurs sont-ils pour la France les oies du Capitole ?

    Les électeurs Français voient-ils venir les crises, qu’à son approche, ils se choisissent la droite : savent-ils en effet amener la gauche en période d’abondance et de détente, mais appeler à temps la droite, lorsque le ciel se couvre, pour faire face, réformer et s’adapter aux turbulences venues d’ailleurs ?
    PaSiDupes propose à ceux qui l’auraient manqué cet article du Figaro Magazine du 27 septembre. C’est la chronique d’Alexis Brézet (26/09/2008) :
    La réforme ou la fatalité

    C'était le 7 février 2007, quelques semaines avant l'élection présidentielle. A Toulon déjà , le candidat Sarkozy s'était emporté contre les « patrons voyous qui restent impunis ». Il avait fustigé les « parachutes en or pour celui qui échoue », dénoncé « les stock-options réservées à quelques-uns ». Et il avait martelé : « Ça ne peut plus durer ! »
    Diversement appréciée du côté de ses soutiens traditionnels, la sortie, il faut bien le dire, n'avait guère été prise au sérieux. Dans cette tirade « anticapitaliste », les observateurs avaient surtout voulu voir une habileté rhétorique, le moyen (efficace) de raccrocher des classes populaires peu réceptives au libéralisme présumé du candidat de l'UMP. Nul, à l'époque, n'imaginait que, vingt mois plus tard, le discours de Toulon prendrait une portée prémonitoire, ni que Nicolas Sarkozy retrouverait le même lieu et presque les mêmes mots pour tenter d'apporter une réponse à la « plus grave » crise financière que le monde et la France ? aient connue depuis les années 30.
    Il faut avouer que, chez nous, la droite a bien du mérite de chanter comme elle le fait les louanges de l'économie de marché. Sous l'effet d'un étrange sortilège, il semblerait qu'elle ne puisse accéder au pouvoir sans être aussitôt heurtée de plein fouet par la crise économique ! Jacques Chirac, Premier ministre de cohabitation en 1986, est rattrapé par le krach boursier de 1987. Edouard Balladur, qui reprend le rôle en 1993, est bousculé par la récession. En 1995, Alain Juppé, Premier ministre de Jacques Chirac, découvre une économie en dépression. En 2002, c'est Jean-Pierre Raffarin qui voit la croissance se dérober sous ses pas. Une malédiction.
    La droite serait-elle si maladroite que, systématiquement, elle détraque l'économie ? Allons donc ! Difficile, même avec beaucoup de mauvaise foi, de soutenir que Nicolas Sarkozy est pour quoi que ce soit dans la crise des subprimes... Faut-il croire, à l'inverse, à un sixième sens de l'électeur qui, sentant venir la tempête, choisirait préventivement de confier la barre à l'équipe la mieux armée pour l'affronter ? Ce serait, pour le coup, tout aussi déraisonnable. Reste le hasard, avec quoi il faut compter en politique, et la statistique : la droite étant plus souvent aux commandes que la gauche, il n'est pas anormal qu'elle rencontre davantage de difficultés.
    Quoi qu'il en soit des causes, les effets de cette fatalité sont là et bien là, dont le jeu, depuis vingt ans, produit l'immobilisme français. Heureuse en économie, la gauche redistribue à tout-va les fruits de la croissance sans entreprendre les réformes nécessaires à l'aune des marges de maneuvre qui étaient les leurs, Michel Rocard (1988-1991) et Lionel Jospin (1997-2002) resteront associés à deux formidables occasions manquées. Quant à la droite, ses belles intentions réformatrices se brisent aussitôt sur les récifs de la conjoncture : très vite, on la voit changer de cap, puis abdiquer peu ou prou ses ambitions.
    Le film est étrangement répétitif. En 1987, Jacques Chirac met les réformes en panne : ce que l'affaire Malik Oussekine a produit dans l'ordre politique, le krach boursier l'accomplit dans l'ordre économique. En 1994, Edouard Balladur, pour soutenir la machine, jette par-dessus les moulins les bons vieux principes de vertu budgétaire : heureux temps où les critères de Maastricht n'existaient pas ! En 1995, Jacques Chirac, pour boucler son budget, dissout ses promesses de campagne et, deux ans plus tard, sa majorité. Double erreur : la gauche revient, la croissance avec. En 2003, après les retraites, il demande à Jean-Pierre Raffarin de ne pas ajouter la crise à la crise et de ne pas brusquer les Français : il sera entendu, et même au-delà...
    La conclusion ? Elle est toujours la même : Jacques Chirac battu en 1988, Edouard Balladur battu en 1995, la droite battue en 1997, le chiraquisme symboliquement défait en 2007 par la victoire du candidat de la « rupture »... Le recul d'abord, la défaite ensuite : c'est cette malédiction que Nicolas Sarkozy, au-delà des beaux discours et des saintes colères, doit maintenant conjurer dans les faits.
    Comment ? En réformant. En réformant. En réformant. En ne retranchant rien des engagements qu'il a pris devant les Français, et surtout pas celui de baisser les prélèvements. En restant sourd à la petite musique du principe de précaution politique comme à la tentation d'économiser sa popularité. En décidant de voir dans la crise économique, qui ne nous épargnera pas, non pas un frein mais un aiguillon pour aller plus vite, plus loin.
    Tenir le cap afin que la France soit en situation de profiter de la croissance quand celle-ci reviendra ? Plus facile à dire qu'à faire, sans aucun doute. Mais les leçons du passé doivent être méditées :
    les Français peuvent comprendre les difficultés économiques, ils ne pardonneraient pas à Nicolas Sarkozy d'avoir, comme les autres, abdiqué devant la fatalité.
    (présentation de PaSiDupes)
    Défi d'envergure
    qui ne sera pas relevé
    en chansons au Zénith

    jeudi 31 janvier 2008

    Rocard, personnalité socialiste de l'ouverture, démissionne de la commission Pochard

    L'ouverture, est-ce pour claquer les portes ?
    Sont-ils sincères ou sourcilleux, ceux qui participent à l'ouverture? Membre du PS, il connaît ses méthodes: comment Rocard peut-il se tromper ainsi de cible?

    Bizarre, le comportement de Rocard, ancien Premier ministre socialiste. Tout en vantant le bon climat qui a régné à la commission, Rocard a pourtant annoncé, aujourd'hui jeudi, avoir présenté sa démission de la commission Pochard sur la revalorisation du métier d'enseignant, dénonçant "l'exploitation politique mensongère et manipulatrice initiée par Le Figaro, qui est faite du travail de cette commission". Et non pas par le gouvernement, que ce soit clair !
    "J'avais accepté bien volontiers d'apporter mon modeste savoir et mon expérience, en tant qu'homme de gauche, à la Commission réunie par Monsieur le Ministre Darcos, présidée par Monsieur Marcel Pochard et chargée d'établir un livre vert sur les conditions d'exercice du métier d'enseignant", a indiqué M. Rocard dans un communiqué.

    Dans une interview au Figaro daté de jeudi, M. Rocard avait estimé que le calcul de la rémunération des enseignants pourrait mieux tenir compte de leur "performance" et intégrer les heures consacrées aux multiples tâches en dehors de la classe.
    Le journal ayant titré en Une racoleuse et provocatrice: "Rocard propose de payer les profs au mérite", celui-ci avait ensuite précisé que le rapport de la commission "n'évoquait en aucun cas une rémunération au mérite". Affaire de terminologie. Raccourci journalistique? Incompétence? Comment évaluer leurs 'performances', celles des journalistes, comme celle des professeurs? Rocard serait bien avisé de fournir des éclaircissements sur ce point, en toute simplicité, plutôt que de claquer la porte d'une commission qui n'en peut mais. C'est ce qu'il a finalement fait sur i-Télé Ce sont les évolutions de carrières qui seraient soumises à évaluation, et non leurs salaires... Pourtant, de quoi dépendent les salaires, si ce n'est de l'évolution de carrière, échelon, par échelon et à l'ancienneté ou au choix? Bataille de jésuites.

    Michel Rocard avait dénoncé une "polémique qui s'ouvre" sur ce sujet, alors que le rapport de la commission doit être remis lundi au ministre de l'Education nationale. Qui cherche à sanctionner Rocard ? Pourquoi tombe-t-il dans le panneau? Ne sait-il pas que la gauche fait une polémique de tout ?
    D'autant que l'annonce de la participation de Michel Rocard à cette commission avait déjà déclenché au mois d'août un début de polémique au PS qui avait communiqué abondamment dans la presse. Certains socialistes l'avaient néanmoins accusé de conforter ainsi la politique "d'ouverture" de Nicolas Sarkozy, ce dont il s'était défendu. Le ministère qui avait assuré qu'il en assurerait la "haute autorité", avait dû battre en retraite et l'ancien Premier ministre immédiatement démentir. Au PS rôde Staline…
    C'est donc ça, le cabinet fantôme?

    De là à penser que l'origine de la fuite sur les meilleures feuilles du livre vert sur les "conditions d'exercice du métier d'enseignant" est socialiste, il n'y a que la Rue de Solférino à traverser.

    dimanche 9 décembre 2007

    Vous pouvez faire l'économie du bouquin de Royal

    Tout est là…
    L'autopsie de la défaite de Marie-sEGOlène Royal n'apprend rien. Sa seule faute ? N’avoir pas pu rassembler les éléphants, confesse-t-elle. Fin!
    Le plus souvent, elle parle d’elle à la troisième personne, la 3° personne de majesté!. Mais qu’on ne s’y trompe pas, la prose de Royal est le récit ô combien subjectif et mesquin de sa campagne. Comment la candidate a vécu ce long duel avec Nicolas Sarkozy mais aussi, voire surtout, comment elle a ressenti ces mois de guerre fratricide avec ses rivaux du parti socialiste, et même le premier d’entre eux, François Hollande : Royal étale ses stigmates sous les yeux des Françaises et des Français qui l’ont observée et lui ont inspiré ce titre qui rappelle Barbara. Avec elle, elle partage un tempérament d'artiste, des fiches en guise de partitions et de péripatétiques méthodes de racolage.
    Pas de vraies révélations, sinon quelques détails croustillants à propos d’événements sur lesquels le voile avait déjà été levé. Oui, elle avait bien proposé le poste de Premier ministre au centriste Vladimir Bayrou, le bien élu.
    Le récit qu’elle livre du rendez-vous manqué avec le « troisième homme » est savoureux. Le téléphone n’étant « pas très sûr », elle se rend un soir tard chez lui. Lorsqu’elle arrive en bas, dans une rue déserte mais familière du populaire… VIIe arrondissement parisien,où elle partage une SCI, François Bayrou change soudain d’avis. « Ne montez pas », lui dit-il. « Il y a des gens dans la rue. » « Comme un amoureux qui craint la panne ou comme un adultère risqué », commente Royal, en bonne professionnelle de l'homme moyen, ou centriste. Le « ticket Royal-Bayrou », qui devait être annoncé lors du débat télévisé d’entre-deux-tours face à Nicolas Sarkozy, ne sera donc jamais proposé.
    Michel Rocard lui a bien demandé de se désister, à deux jours du dépôt des candidatures au Conseil Constitutionnel. La scène que raconte Sa Cynique Majesté Royale est décoiffante. « Tu vois, j’ai les sondages, tu dois te retirer », lui balance l’ex-Premier ministre, proche de Bayrou. Préméditait-il de se désister pour Vladimir Bayrou? Rocard lui explique qu’il n’y a qu’une solution : qu’il se présente à sa place ! « Est-ce que tu me conseilles d’expliquer cela parce que je viens de découvrir ma nullité ? » lui rétorque la candidate, médusée.
    Sa Cynique Majesté Royal ne s’exempte pas d’autoflagellation 'soft'. Voyez plutôt comment elle s'applique le fouet, avec volupté! Le rythme de sa campagne, admet-elle, n’était pas toujours le bon. Trop de temps consacré aux préliminaires de la phase participative . Mais sa seule faute, estime-t-elle, est de n’avoir pas pu rassembler « un nombre respectable [ambigu...] de ténors socialistes prêts à partir la fleur au fusil ». Après les taxis de la Marne, le Chemin des Dames, et Verdun, néanmoins!
    Elle ne leur épargne d’ailleurs rien, à ces éléphants. Pas d’indulgence ni pour Laurent Fabius, qui « regardait sa montre dans les meetings », ni pour Dominique Strauss-Kahn, « qui levait les yeux au ciel ». La maîtresse les trouve inattentifs et insolents, mais ne leur accorde aucune bonne raison... Lucide? Ces deux-là, juge-t-elle, lui ont si bien savonné la planche durant la primaire que l’équipe de l’UMP n’a plus eu ensuite qu’à reprendre leurs critiques. La droite aurait donc été à court de critiques? Pas de scrupules non plus à attaquer Lionel Jospin (« l’homme du déni permanent ») qui l’avait durement malmenée dans son livre. Et pas de mansuétude pour le premier secrétaire François Hollande. Son ex-compagnon ne lui a pas mis des bâtons dans les roues, non. Mais pour le reste… « La candidate n’a pas trouvé d’épaule pour se lâcher », dit-elle.
    Jean-Pierre Chevènement et Bernard-Henri Lévy sont parmi les rares qui trouvent grâce à ses yeux. Elle vante le « panache » du premier et les mots gentils, bien qu’exagérés, précise-t-elle par coquetterie, du second : « Vous êtes d’une beauté extrême. » Il n'a pas dit 'naturelle', toutefois...
    Dans un chapitre intitulé L’histoire véridique des bourdes qui n’en étaient pas[elle a sa vérité], Sa Cynique susnommée revient sur les faux pas qui lui ont tant coûté. Mais de la « bravitude » au nucléaire civil iranien en passant par la justice chinoise point trop expéditive à son goût, c’est à chaque fois pour imputer ces 'malentendus' à la désinformation ou au traitement de « défaveur » dont elle se croit victime.Malgré des sondages flagorneurs. "A-t-on relevé les mêmes erreurs chez Nicolas Sarkozy?" se plaint-elle. Mais a-t-il cartonné comme elle?
    Si elle confesse ses erreurs, la pauvre femme dans un monde de brutes pointe aussi le rouleau compresseur de l’adversaire. Quel décalage, avoue-t-elle, entre l’investiture « mussolino-berlusconienne » de Nicolas Sarkozy et sa propre image le même soir, au « Vingt heures » : dans la France profonde, elle portait un agneau dans les bras!… Une icône!
    Mais de toutes ces épreuves surgira la force, veut croire l’ancienne candidate. Après tout, il ne lui a manqué qu’un million d’électeurs. « Nous nous retrouverons! » menace-t-elle. Voilà ses rivaux prévenus pour 2012.

    mercredi 26 septembre 2007

    Brice Lalonde entre en scène au côté de Sarkozy

    Ouverture : Brice Lalonde, côté jardin


    L'écologiste Brice Lalonde a été nommé aujourd’hui mercredi ambassadeur chargé des négociations sur le changement climatique, a annoncé le porte-parole du gouvernement Laurent Wauquiez, en soulignant "une façon de continuer l'ouverture" voulue par Nicolas Sarkozy. "
    Brève bio :
    Brice Lalonde, est né en 1946 de l’union de Alain-Gauthier Levy, d'origine alsacienne, et Fiona Forbes, écossaise, qui changérent leur nom en Lalonde en 1950. Brice Lalonde est cousin germain de John Kerry, sénateur démocrate du Massachusetts, candidat à l'élection présidentielle américaine de novembre 2004. Leurs mères respectives sont sœurs, issues de la famille Forbes.
    Il milita longtemps au PSU (Parti socialiste unifié) et fut militant à l'UNEF comme étudiant. Il rejoint au début des années 70 l'association Les Amis de la Terre. Puis, il fut directeur de campagne du candidat écologiste René Dumont à l'élection présidentielle française de 1974.
    Il fut secrétaire d'Etat puis ministre de l'Environnement dans des gouvernements de Michel Rocard et Edith Cresson de mai 1988 à avril 1992. Marie-sEGOlène Royal lui succéda. Il fonda également en 1990 le parti Génération écologie, fondé à l'initiative du Président Mitterrand, qui d'après Noël Mamère, cherchait à empêcher la montée de Les Verts aux régionales de 1992 à la suite de leurs excellents résultats de 1989.

    Il s'éloigna ensuite peu à peu des écologistes radicaux, et se rapprocha d’autant des libéraux. Élu conseiller régional de Bretagne en mars 1992, il se découvrit plus d’affinités avec la majorité de droite de l'Assemblée et sera réélu en mars 1998 sur la liste d'union UDF-RPR-GE (Génération écologie).
    Brice Lalonde est actuellement maire de Saint-Briac (Ille-et-Vilaine).


    B. Lalonde, qui fut candidat écologiste à la présidentielle de 1981, "est évidemment reconnu pour ses compétences en la matière et notamment sur le développement durable", a ajouté L. Wauquiez.

    lundi 3 septembre 2007

    Royal ne fait plus rêver qu’elle au PS

    Rocard, Hollande ou encore Delanoë gardent la foi en un PS rénové

    On le sait, l’éléphant est une espèce socialiste en voie de disparition : Jack Lang, Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius et autres Martine Aubry se sont tenus à l’écart de la harde. De vieux mâles se sont pourtant venus agiter leurs oreilles: une dernière apparition ? Marie-sEGOlène qui rêvait d’être la Jane des Français n’a pas même réussi à rester celle de François. Cherchant soigneusement à s’éviter dans les couloirs, l’ex-couple a joué à cache-cache pendant le week-end et Jane a préféré s’éclipser avant que dimanche ne se lève. Ces péripéties n’ont pas occulté les discours : le couple ne fait plus recette.

    Samedi à l'université d'été du PS à La Rochelle, le maître mot était: sus à l'échec, cap sur l'avenir ! Mais comment faire exactement ? Sa Cynique Majesté Royal faisait part vendredi de son "rêve pour le PS", François Hollande parlait ensuite de sa rénovation du parti "à la sauce hollandaise". Bertrand Delanoë et Michel Rocard ont pris le relais samedi.

    En prélude à son discours à la séance d'ouverture de cette 15e édition centrée sur la "rénovation", en tant que présidente pistonnée du Poitou-Charente, la candidate qui a entraîné le PS dans sa défaite à la présidentielle a osé se montrer. Pour dire à quoi elle rêve : voir le PS retrouver de sa superbe, de le voir "admiré des Français", qu'il "redevienne un lieu d'attraction des meilleurs" chercheurs et intellectuels, "un lieu d'excellence". Vanitas vanitatum... Et de préciser, lucide sur ses capacités (?), que c'est pour ces raisons qu'elle est "là", à La Rochelle, "pour que mon parti change et redevienne attractif".

    Pour en arriver à ce "rêve", Royal a promis de s'investir pleinement dans "la réflexion collective" de ce week-end et a dit sa "disponibilité studieuse" (elle a assisté à 3 des … 18 ateliers prévus samedi). Elle remue toujours plus la bouche qu'elle n'agite ses neurones... L’effort n’a pas été ‘titanesque’, comme dirait Delanoë, puisqu’elle a abandonné la réflexion dès samedi pour rentrer chez elle. Risque de méningite ?

    La séance n'avait pas commencé qu’elle y avait déjà décelé à La Rochelle "une ambiance nouvelle" en dépit des "inquiétudes" exprimées ici ou là sur le PS. "Quelque chose se passe à l'université d'été", a-t-elle prétendu, sourde aux critiques et imperméable à l’autocritique. Insistant sur la "soif très profonde" des militants de "se remettre au travail", elle a pris ses cliques et ses claques avant la nuit du samedi, à charge pour les autres de penser… Aveu éloquent! "La responsabilité des dirigeants est d'être bien conscients de cette aspiration des militants", a-t-elle ajouté. Affichant son "optimisme" malgré "la difficulté à reconstruire" le PS, elle assure même que "les choses iront plus vite que prévu". Ses affirmations ne mangent pas de pain et font avancer la réflexion à grands pas. Bilan de son passage éclair ? Nul.

    Puis est venu son discours, peu attendu, face à des bancs clairsemés, de nombreux éléphants du PS ayant boudé cette rentrée. Elle a voulu son discours sans "grandes envolées théoriques", et pour cause, car on "n'est plus en campagne". Elle a préféré livrer deux pistes de réflexion [n'est-ce pas trop à la fois?] aux socialistes en crise, après avoir regretté, là encore, dans les rangs socialistes : "une lassitude du passé et une volonté de tourner une page". Elle n’est pas aidée !

    Premier volet donc : le social (le chômage des plus de 50 ans, la séparation à l'amiable dans l'entreprise évoquée par Nicolas Sarkozy, le pouvoir d'achat...). Sur le pouvoir d'achat, elle n’a pas pu se tenir, comme en campagne, d’ironiser sur les propos de la veille du président. "J'entendais hier Nicolas Sarkozy réclamer une réforme de l'indice des prix, ça ne vous rappelle pas quelque chose ?! (...) Il n'y a pas longtemps, ça le faisait ricaner"... L’autocritique n’est pas contagieuse…

    Deuxième piste de réflexion qu'elle a lancée pour le week-end, quitte aux autres à plancher sur le sujet : l'environnement. "Il n'y aura pas de projet politique socialiste si la question de l'environnement n'est pas vigoureusement intégrée (...) Les socialistes ne doivent plus sous-traiter cette question à d'autres", a-t-elle lancé. Voilà pour l’alliance avec les Verts. Royal est une facilitatrice hors pairs de la reconstruction !

    La camarade Royal a enfin précisé qu'elle n'assisterait pas au discours de clôture de François Hollande du lendemain dimanche matin. Ce faisant, elle souligne son intention en disant le contraire de l’objectif qu’elle recherche : saboter l’intervention de son ex-concubin ; "Je ne veux pas que l'événement de dimanche soit le fait de savoir si j'assiste ou pas, quelle tête je fais ou je ne fais pas. Ce qui compte, c'est le débat d'idées", a-t-elle prétendu.

    Samedi matin, Michel Rocard anima un atelier "Où en est la gauche ?" en compagnie d'Arnaud Montebourg, Julien Dray, Bertrand Delanoë et Marylise Lebranchu. D'abord accueilli par des quelques huées pour sa participation à une commission gouvernementale mais couverts par applaudissements, Michel Rocard a souhaité que loin des "problèmes d'hommes", le PS se concentre "sereinement" sur la mise au point d'un projet "explicatif et convaincant", d'ici un ou deux ans. "Mon souci principal, a-t-il dit, est de retrouver la compréhension de l'opinion publique". Il a dénoncé le "marasme masochiste de la rumination de l'échec" et le "mal croissant dans le parti", consistant à "préférer la politique de la posture à celle du résultat". Quant à Martine Aubry, elle n'était pas là, pour cause de braderie de Lille, mais ça ne l'a pas empêché de commenter. Le maire de Lille a estimé samedi sur RTL que le PS ne devait pas chercher à "courir derrière les idées de la droite" pour donner l'impression d'être "moderne".

    A l'applaudimètre, la victoire revenait sans conteste au maire de Paris. "Il faut que nous soyons audibles", a dit Bertrand Delanoë. "En 2007, le devoir immédiat de la gauche c'est de ne pas désespérer ceux qui nous ont fait confiance par notre égocentrisme", a-t-il ajouté. "La plus grande richesse de la gauche, c'est ceux qui en attendent quelque chose". Bertrand Delanoë a par ailleurs assuré que postuler à la tête du PS, après le départ de François Hollande prévu en 2008, n'était "pas d'actualité" pour lui, mais qu'il estimait avoir "une petite utilité" au sein de son parti. Avant de jurer qu'il "n'en rêve pas la nuit". Il avait indiqué il y a une semaine qu'il n'attendrait "pas deux mois" pour dire s'il serait candidat à sa réélection à la mairie de Paris. Mais dans le train qui l'amenait vendredi à La Rochelle, il avait assuré qu'il n'y dirait rien sur le sujet : "je ne mélange pas les choses". Finalement, après tout de même … trois heures de débats, après le passage d'Arnaud Montebourg et de Julien Dray notamment, le maire de Paris a conclu en "suggérant" de se "mettre au boulot". Ils vont casser le manche ? Nous demandons à voir !

    François Hollande, vendredi devant les jeunes du MJS, avait lancé que "le grand soir, c'est fini !" Le Premier secrétaire a aussi défini ce que pouvait être la rénovation du parti "à la sauce hollandaise", à savoir d'abord "changer les modes de fonctionnement, du comportement de chacun", mais surtout changer "l'approche, le contenu, les propositions quand il le faut", citant la mondialisation, dont il faut "corriger les inégalités" et qu'il faut "réguler". Que ne l’a-t-il fait plus tôt !
    Il a souligné qu'"il ne faut pas avoir peur du mot nation", symbole du "vivre ensemble dans la république". Quant au travail, il a relevé que la France "doit collectivement travailler plus" pour réduire le chômage. Sur l'ordre, il a souligné être favorable à "l'ordre social, public", opposé au désordre "créé par le capitalisme", la sécurité étant "un droit fondamental".
    S’écoutant parler, Flamby 1er a bavardé gentillement : "Ainsi, je ne peux pas accepter l'incantation sur le capitalisme" […] "On ne va pas raconter des histoires, dire qu'à l'horizon de cinq ou dix ans si on est au pouvoir on va en terminer avec le capitalisme", a lancé le premier secrétaire. "On est là pour suivre un long cheminement. C'est ça qu'il faut expliquer : c'est fini le grand soir (...) !".
    Il a conclu son discours par ces paroles impérissables : "On est là pour la réforme, la réforme exigeante, la transformation de la vie quotidienne, ça prend du temps, on est là sur un long chemin, on vient de loin et on ira loin, enfin !",.

    La reconstruction du PS –si elle se fait- se fera dans la douleur.

    De son côté et dans le même temps, Henri Emmanuelli a en effet dénoncé "une offensive idéologique" venant des rangs du PS, pour abandonner les valeurs de "redistribution" et de justice sociale.

    Bilan ? Personne ne peut donc affirmer que «c'est fini le grand soir » !