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vendredi 6 juin 2008

Education : les axes principaux de la réforme du lycée

Un lycée à la carte, un bac équilibré et des enseignants mieux formés
Le Président Sarkozy a annoncé, le lundi 2 juin, les grandes lignes de la réforme du lycée, du Bac et de la formation des enseignants à l’Elysée pour fêter les 200 ans de l’université napoléonniene. Lire PaSiDupes

De son vrai nom « Position commune sur les objectifs et les principes directeurs de la réforme du lycée », cette réforme a pour but de « moderniser » l’enseignement secondaire et de garantir une meilleure réussite dans la poursuite des études.

Etat des lieux
La situation du lycée d'enseignement général et technologique "n'est plus tenable", a-t-il estimé. "Le système des filières (...) écrasé par la section scientifique est totalement déséquilibré et ne remplit pleinement aucun des objectifs recherchés." Le problème majeur des coefficients du bac reste entier : il décide de l’ « intérêt » que le lycéen attachera à une matière, ou non. Un élève de la filière S aura besoin de l’anglais dans ses études d’ingénieur, mais négligera la matière à coefficient trois, contre 9 en maths de spécialité…
"Formidable ! En dehors de la voie scientifique, pas d'avenir pour nos élèves mais à la sortie pas assez de scientifiques", a-t-il ironisé. Les enseignants ont eux-mêmes participé au renforcement de cette situation élitiste, y compris les syndicalistes de la FSU...
"Il nous faut ensemble imaginer un lycée beaucoup plus souple, qui va dépasser les impasses du cloisonnement trop rigide en filières (...), où la seule règle serait la diversité des voies proposées" et où les lycéens pourraient choisir leur cursus selon leurs goûts et leurs compétences, a-t-il expliqué.
Pour Nicolas Sarkozy, "cette liberté plus grande donnée au lycéen le préparerait mieux à l'enseignement supérieur" en lui permettant de se spécialiser de façon plus progressive.

Les grands principes
Le président Sarkozy a jugé indispensable de repenser l'équilibre entre cours magistraux et travail personnel. Il a, à ce propos, dénoncé au passage la surcharge des emplois du temps des élèves, "où s'empilent les options" (dont les langues régionales, à l’heure où le français mène un combat d’arrière garde face à l’anglais) et qui "n'arrange pas la santé (des) finances publiques". Les options ne servent qu’à gagner des points au bac sans beaucoup d’efforts ni de capacités réelles.
Dans le lycée à la carte que le Président appelle de ses voeux, la classe de seconde "devrait retrouver sa vocation à orienter les élèves". Ce qui est actuellement pourtant le cas… C’est une classe de remise à niveau et d’évaluation des élèves avant ventilation dans les différentes filières. Nicolas Sarkozy a souhaité que cette "nouvelle seconde" soit mise en place à la rentrée 2009, avec pour objectif la mise en oeuvre du nouveau lycée "à horizon 2012".
Il a d'autre part confirmé la généralisation du bac professionnel en trois ans à partir de septembre 2009, afin de lui conférer "la même dignité" qu'à la voie générale.

Le corps enseignant est, lui aussi, appelé à évoluer, a par ailleurs déclaré le chef de l'Etat, qui a dit mesurer "l'étendue du malaise" des professeurs et entendre leur "impatience". Il a souhaité que les enseignants soient mieux formés, avec un an d'études supplémentaires, dans le cadre de l'université, dont la place doit être "pleinement reconnue".
Nicolas Sarkozy a ainsi sonné le glas des Instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM). Ce qui aurait dû être une pépinière de pédagogues n’a été qu’un élevage en batterie. Les stagiaires en IUFM étaient formatés par des pédagogues -idéologues et sectaires-, souvent coupés depuis des lustres du milieu éducatif réél.
"Nous avons décidé, avec Xavier Darcos, que les différents concours (professeurs des écoles, Capes, agrégation) soient intégrés au cursus universitaire et soient ouverts à tout titulaire (...) d'un 'master 2'", a-t-il dit.
Les nouveaux concours seront mis en place dès la session 2010, a précisé Nicolas Sarkozy, selon qui le recrutement des futurs professeurs après une année d'étude supplémentaire permettra de mieux les rémunérer en début de carrière.
Il a promis de se pencher sur les affectations pour qu'elles tiennent mieux compte des voeux des professeurs et des besoins, et souhaité que soient développés les dispositifs de recrutement hors éducation nationale.
Il a dit compter sur Xavier Darcos et sur la ministre de l'Enseignement supérieur Valérie Pécresse pour préciser "dans les prochaines semaines" leurs intentions en matière de formation et de recrutement.
"Nous voulons signer avec les professeurs de France (...) un nouveau pacte de confiance", a conclu Nicolas Sarkozy.
Il a admis que cela impliquait un effort financier de l'Etat et réaffirmé que la moitié des économies dégagées par les réductions d'effectifs serait redistribuée aux professeurs.
"Bien sûr, il faut être réaliste : ce pacte de confiance ne peut consister en une mesure de revalorisation générale et sans contrepartie (...) L'Etat des finances publiques ne le permet pas", a cependant averti Nicolas Sarkozy, qui a invité les professeurs à réfléchir "de façon responsable et constructive à une évolution de leurs pratiques et de leurs missions".

Plus précisément
Ce chantier est énorme car il concerne à tous les acteurs du lycée : lycéens, enseignants et établissements. Le gouvernement se prépare d’ailleurs à engager un nouveau bras de fer avec les syndicats étudiants quelques semaines après les manifestations contre les suppressions de postes de professeurs.
En ce qui concerne le lycée, l’Etat veut qu’il soit « plus diversifié, plus modulaire » et que les élèves soient mieux préparés à l’enseignement supérieur, à la faveur d’une spécialisation plus progressive. Ce dernier point n’est pas franchement nouveau.
Le projet se compose de 4 objectifs majeurs
- garantir la poursuite d’études dans l’enseignement supérieur :
Le projet de réforme prévoit un meilleur accompagnement et une meilleure information sur les différentes formations post-bac et une meilleure préparation des lycéens en terminale à la 1ère année d’université. Son objectif est en 5 ans de réduire par 3 le taux d’échec dans le premier cycle de l’université pour atteindre l’objectif de 50% de diplômés de l’enseignement supérieur.

- assurer la réussite scolaire de tous les élèves au lycée :
Xavier Darcos, le ministre de l’Education, a affirmé son intention de réduire le redoublement. En effet 15% des élèves de seconde redoublent. Il mettra en place des « aides pour les élèves les plus fragiles ». Par la même occasion, le ministre veut réduire le poids des déterminismes sociaux qui règne au lycée. Le rapport de cause à effet n’est malgré tout pas aussi évident que ce qu’en dit la propagande de gauche.
- permettre à chaque élève de mieux choisir son orientation :
le président de la République et le ministre de l’Education nationale ont annoncé leur volonté de faire du « nouveau lycée » un endroit où les élèves auront « la liberté de construire leur parcours » selon leurs attentes, projets et goûts. C’est maintenir chez l’élève l’illusion que son projet aboutira quoi qu’il arrive, abstraction faite de ses résultats…
- donner de nouvelles marges d’autonomie aux étudiants et aux établissements : les étudiants auront une plus grande autonomie et auront la possibilité de travailler à leur rythme. L’autonomie est une vieille lune dans le milieu enseignant comme parmi les parents, mais ni les uns ni les autres ne se sont préoccupés, ou n’ont réussi à de former les adolescents à l’autonomie.
Pour les établissements, l’Etat prévoit
- la refonte de l’offre éducative (soutien…) des établissements en la rendant plus équitable sur l’ensemble du territoire,
- des enseignants plus présents dans les établissements (cours de soutien, entretien d’orientation, des cours de méthodologie).
- moins de cours théoriques et un encadrement pédagogique plus individualisé peuvent faciliter la compréhension, mais l’apprentissage des savoirs restera un travail personnel que l’élève consentira, ou non.
Considérant que les professeurs sont déjà extrêmement soucilleux sur le sujet de leur indépendaance pédagogiques et enclins à des expériences originales et irresponsables, lepire est à venir! La mise en compétition des établissements peut en outre mener à des excès considérables, en termes de démagogie, de tromperies et d'injustice.

De l’autre côté, le président de la République a précisé les contours de la réforme du Bac. Cette réforme prend effet dès la rentrée prochaine. Elle comporte 2 axes :
- le dispositif de reconquête du mois de juin : il s’agit de faire continuer les cours aux lycéens pendant le mois des examens de juin, et même si le lycée est occupé par des épreuves, ce sont les établissements qui doivent mettre en place les moyens pour assurer les cours. Sachant que les enseignants dans leur immense majorité n’enseignent pas qu’en terminale (ou en BTS) et sont réquisitionnés en pointillés pour les diverses épreuves d’examens facultatives, d’abord, puis les épreuves obligatoires, orales et écrites (dès le mois de mai pour les BTS), et qu’ils sont aussi correcteurs et membres de jurys, les personnels disponibles pour les 2e,1ères et BTS 1ère année seront extrêmement rares.
- l’épreuve orale facultative du langage des signes est créée pour 200 candidats de la série technologique hôtelière.
Avec le ministre de l’éducation Xavier Darcos, Nicolas Sarkozy prévoit la mise en place de la « nouvelle classe de seconde » en 2009. Les premières épreuves du bac nouvelle manière se dérouleront donc en 2012.
Autres projets à l’étude :
- l’ouverture des lycées plus tard,
- mise en place d’un « statut lycéen », qui généralisera les maisons de lycéens. - - la mise en place d’une « carte nationale du lycéen » ouvrant des droits (culture, transport…) est à l'étude. Ce qui ne sera qu’une extension de ce qui existe déjà et donne droit à des réductions.

Le ministre de l'Education, Xavier Darcos, a chargé le recteur de l'académie d'Aix-Marseille Jean-Paul de Gaudemar de piloter la réforme du lycée.
"Recteur de l'académie d'Aix-Marseille depuis 2004, polytechnicien, économiste, ce fin connaisseur des rouages de l'Éducation nationale (il a dirigé l'enseignement scolaire de 2000 à 2004 notamment sous Jack Lang puis sous Luc Ferry) a la réputation de diriger son rectorat comme on manage une PME. Conscient qu'il gère un budget de 3 milliards d'euros et veille sur l'avenir de 600 000 jeunes et de 50 000 salariés, il ne prend pas de décision à la légère." Lien Le Figaro

jeudi 31 janvier 2008

Rocard, personnalité socialiste de l'ouverture, démissionne de la commission Pochard

L'ouverture, est-ce pour claquer les portes ?
Sont-ils sincères ou sourcilleux, ceux qui participent à l'ouverture? Membre du PS, il connaît ses méthodes: comment Rocard peut-il se tromper ainsi de cible?

Bizarre, le comportement de Rocard, ancien Premier ministre socialiste. Tout en vantant le bon climat qui a régné à la commission, Rocard a pourtant annoncé, aujourd'hui jeudi, avoir présenté sa démission de la commission Pochard sur la revalorisation du métier d'enseignant, dénonçant "l'exploitation politique mensongère et manipulatrice initiée par Le Figaro, qui est faite du travail de cette commission". Et non pas par le gouvernement, que ce soit clair !
"J'avais accepté bien volontiers d'apporter mon modeste savoir et mon expérience, en tant qu'homme de gauche, à la Commission réunie par Monsieur le Ministre Darcos, présidée par Monsieur Marcel Pochard et chargée d'établir un livre vert sur les conditions d'exercice du métier d'enseignant", a indiqué M. Rocard dans un communiqué.

Dans une interview au Figaro daté de jeudi, M. Rocard avait estimé que le calcul de la rémunération des enseignants pourrait mieux tenir compte de leur "performance" et intégrer les heures consacrées aux multiples tâches en dehors de la classe.
Le journal ayant titré en Une racoleuse et provocatrice: "Rocard propose de payer les profs au mérite", celui-ci avait ensuite précisé que le rapport de la commission "n'évoquait en aucun cas une rémunération au mérite". Affaire de terminologie. Raccourci journalistique? Incompétence? Comment évaluer leurs 'performances', celles des journalistes, comme celle des professeurs? Rocard serait bien avisé de fournir des éclaircissements sur ce point, en toute simplicité, plutôt que de claquer la porte d'une commission qui n'en peut mais. C'est ce qu'il a finalement fait sur i-Télé Ce sont les évolutions de carrières qui seraient soumises à évaluation, et non leurs salaires... Pourtant, de quoi dépendent les salaires, si ce n'est de l'évolution de carrière, échelon, par échelon et à l'ancienneté ou au choix? Bataille de jésuites.

Michel Rocard avait dénoncé une "polémique qui s'ouvre" sur ce sujet, alors que le rapport de la commission doit être remis lundi au ministre de l'Education nationale. Qui cherche à sanctionner Rocard ? Pourquoi tombe-t-il dans le panneau? Ne sait-il pas que la gauche fait une polémique de tout ?
D'autant que l'annonce de la participation de Michel Rocard à cette commission avait déjà déclenché au mois d'août un début de polémique au PS qui avait communiqué abondamment dans la presse. Certains socialistes l'avaient néanmoins accusé de conforter ainsi la politique "d'ouverture" de Nicolas Sarkozy, ce dont il s'était défendu. Le ministère qui avait assuré qu'il en assurerait la "haute autorité", avait dû battre en retraite et l'ancien Premier ministre immédiatement démentir. Au PS rôde Staline…
C'est donc ça, le cabinet fantôme?

De là à penser que l'origine de la fuite sur les meilleures feuilles du livre vert sur les "conditions d'exercice du métier d'enseignant" est socialiste, il n'y a que la Rue de Solférino à traverser.

jeudi 20 septembre 2007

Pécresse étend et revalorise le système des bourses étudiantes

Un panier garni de chabichou à quiconque a entendu la gauche applaudir…
Valérie Pécresse va réformer, à la rentrée 2008, le système des bourses étudiantes, en élargissant leur bénéfice à 50.000 jeunes supplémentaires, en revalorisant leur montant pour les plus défavorisés et en améliorant des aides récompensant le mérite et la mobilité internationale.
Le coût du dispositif, présenté mercredi en Conseil des ministres, est évalué à 100 millions d'euros en 2008, qui seront inscrits au budget 2008 présenté par le gouvernement la semaine prochaine, a précisé le ministère de l'Enseignement supérieur.
Cette "nouvelle architecture du financement de la vie étudiante" prévoit une augmentation de 10% du nombre d'étudiants boursiers à la rentrée 2008, qui vont passer de 500.000 à 550.000. Il s'agit d'élargir le bénéfice de ces aides "aux classes moyennes", a souligné la ministre.
Valérie Pécresse a aussi annoncé que "pour les 100.000 étudiants dont les familles gagnent moins de 7.000 euros par an", les bourses seront revalorisées de "4,5%". Le montant maximal des bourses (3.753 € en cette rentrée 2007) passera ainsi pour eux à 3.921 €.
Deux bourses sont modifiées. Elles concernent l'aide récompensant le mérite et de celle favorisant les séjours à l'étranger, qui s'adressent aussi bien aux étudiants boursiers qu'aux non boursiers dont les parents ne sont pas soumis à l'impôt sur le revenu.
La bourse liée au mérite, qui est aujourd'hui de 400 à 678 € par mois mais ne peut être cumulée avec la bourse sur critères sociaux (BCS), sera de 200 € par mois, mais pourra s'ajouter à la bourse sur critères sociaux.
Cette bourse au mérité sera attribuée aux lycéens ayant obtenu une mention "très bien" au bac -ce qui est devenu de moins en moins rare, on peut même dire assez commun- mais pour la seule durée de la licence. Pour les deux années de master, elle sera versée aux "'lauréats étudiants', identifiés par les universités comme appartenant aux 5% des meilleurs de leur licence".
Cette mesure s'appliquera dès le 1er janvier 2008. L'objectif est de doubler le nombre de bénéficiaires (aujourd'hui de 15.000).
La bourse de mobilité internationale sera de 400 € par mois (95 à 389 actuellement) pour aider un étudiant partant un trimestre ou un semestre à l'étranger. Objectif: passer de 15.000 à 30.000 bénéficiaires.

Valérie Pécresse veut aussi simplifier le système d'attribution des bourses, actuellement fondé sur 18 critères. Le montant des bourses accordées sur critères sociaux, pour les étudiants de familles non imposables à l'impôt sur le revenu, sera ainsi fonction du seul revenu du foyer fiscal auquel est rattaché l'étudiant et du nombre d'enfants à charge du foyer. Espérons que les familles modestes de deux enfants ne seront pas exclues du système. Evidemment, les salaires moyens peuvent se brosser… Les chambres en cités ne sont pas non plus pour eux. Solution, parents ? Travaillez plus pour gagner plus !
Est aussi créé un "fonds national d'aide d'urgence" pour "faire face aux situations exceptionnelles", comme la perte d'emploi d'un des parents de l'étudiant.
En concertation avec les banques, l'accès à l'emprunt sera "facilité" grâce à
des "prêts accessibles à tous".
La ministre a veillé à simplifier les démarches administratives et à réduire les coûts de gestion : les CROUS deviennent les interlocuteurs uniques des étudiants en matière d'aides sociales et verseront toutes les aides.
Ce plan est un premier aboutissement du chantier "vie étudiante" lancé le 11 juin avec les organisations étudiantes, les présidents d'université, des représentants du ministère et du tissu associatif.
Il reprend certaines propositions du rapport de juillet 2006 de Laurent Wauquiez, alors député, actuel porte-parole du gouvernement.

Malgré toutes ces avancées, le syndicat étudiant UNEF s'est dit … ‘déçu’, mais oui, par des "mesures qui concernent moins de 10% des étudiants" et n'entreront en vigueur qu'à la rentrée 2008. L’UNEF a besoin d’apprendre comment on gagne de l’argent ! Nul doute que les 10% d’étudiants les plus défavorisés qui bénéficient de ces mesures apprécieront davantage que l’organisation étudiante gauchiste, qui décidemment peine à jouir des progrès sociaux.
En revanche, pas besoin de Viagra à l'UNI qui a "salué la modernisation et la simplification de l'aide sociale".

mardi 4 septembre 2007

Sarkozy : priorité à l’Education !

Sarkozy prône "la refondation" de l'école (clin d’œil !)

La refondation, par ici, la refondation, par là, la refondation est partout : même à l’Education ! Gasp ! Nicolas Sarkozy a exposé dans une longue lettre aux enseignants son projet pour une "refondation" de l'école : il a réaffirmé ce mardi, jour de la rentrée, que c’est une "priorité" de son quinquennat.

Le président de la République s'est placé en première ligne, sur ce dossier comme sur d'autres, lors d'un déplacement à Blois pour la rentrée des classes, en présence de son ministre de l'Education, Xavier Darcos, muet après avoir fait sa propre rentrée lundi avec des enseignants de Roubaix (Nord). N. Sarkozy a d'ailleurs assuré que "c'est la première fois dans l'histoire qu'un président de la République écrit à tous les enseignants" et qu'il l'avait fait "avec conviction, avec passion".

"Le temps de la refondation est venu, c'est à cette refondation que je vous invite, nous la conduirons ensemble, nous avons déjà trop tardé", a déclaré le chef de l'Etat qui a lu la lettre que tous les enseignants, du public, du privé et de l'enseignement agricole, recevront à partir de mercredi.

Dans le cadre du "modèle de l'Ecole républicaine" qu'il souhaite "rénover", le Président Sarkozy a prôné une "réforme du collège unique" (tant attendue), une "remise à plat des programmes et des rythmes scolaires" (une nécessité), une "éducation du respect" (une urgence), une "interdisciplinarité" très précoce dans l'enseignement (tarte à la crème) ou encore "le retour de la culture générale" (un champ de ruines).

"Donner à chacun de nos enfants, à chaque adolescent de notre pays l'estime de lui-même (... et des adultes ?): telle est à mes yeux la philosophie qui doit sous-tendre la refondation de notre projet éducatif", a expliqué le chef de l'Etat, se refusant à "ressusciter un âge d'or de l'Education qui n'a jamais existé".

Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, a pour sa part jugé la lettre "pas à la hauteur des défis d'aujourd'hui". C’est SA phrase toute faite, quasiment unique, qu’il sert en toute occasion : elle est symbolique de sa sclérose. La rénovation réussira-t-elle à passer sur lui et son archaïsme?

A la fin de la lettre, M. Sarkozy a édicté les droits et devoirs des parents d'élèves et des enseignants, "tous éducateurs" aux côtés du "juge, du policier, de l'éducateur social", et qui doivent "se montrer exemplaires".Probablement l’interdisciplinarité" qu’il appelait de ses vœux plus haut, dans l'enseignement ?

Aux parents, il a promis de l'aide "à chaque fois que vous en aurez besoin", citant le droit à la garde d'enfant et à la maternelle, en contrepartie de leur vigilance pour "envoyer les enfants à l'Ecole" et leur "inculquer le respect". L’école des parents n’a donc pas encore fait sa rentrée scolaire… Reste super-Nanny !

Aux enseignants, il a répété la nécessaire "revalorisation" de leur métier, de leur niveau de vie et de leurs conditions de travail, en échange de leur exemplarité dans leur "comportement", leur "tenue", leur "rigueur", leur "esprit de justice", leur "implication". Il faudra donc en sortir quelques-uns de leurs planques roses, si nécessaire au prix d’un recyclage : depuis le temps que certains n’ont pas vu un élève, ils n’ont aucune idée de ce que l’espèce est devenue ? Ni même à quoi ça ressemble… (LIRE les trois billets de PaSiDupes sur ‘ professeurs sans élèves’).

"Il faut faire confiance aux enseignants", a-t-il insisté lors de la table-ronde avec certains d'entre eux, défendant longuement l'autonomie des établissements qui, selon lui, "n'est pas une question d'idéologie, pas une question de rupture républicaine", mais permet à "une équipe de porter un projet".

Interrogé sur une augmentation de salaire pour l'ensemble des professeurs, le Chef de l’Etat a reconnu qu'il y avait "un malaise dans la Fonction publique". "Mais si on décide d'augmenter tout le monde, sans augmenter les heures de travail, comment on paye ?", a-t-il interrogé, avec sa logique imparable habituelle, répétant sa préférence pour les heures supplémentaires.

Le président a également visité une unité pédagogique d'intégration (UPI) pour enfants handicapés à Blois, réaffirmant que leur intégration "en milieu scolaire ordinaire était pour lui une priorité absolue".

Et, à propos d'UPI (!), pourquoi ne se risquerait-il pas dans un IUFM (Institut Universitaire –s’il vous plaît !- de (dé)Formation des Maîtres) ? C’est tellement édifiant et dépaysant ! On dit que c’est une réserve de dinosaures. Est-ce que ça ne vaut pas le détour ?

mercredi 29 août 2007

Sarkozy embauche Rocard : où en sont les 17 millions de Royal?

Désertification du PS

L’ancien Premier ministre socialiste, Michel Rocard, prend la tête du comité chargé d'organiser la concertation sur la revalorisation du métier d'enseignant : le Président Sarkozy l’a placé sous sa « haute autorité".

Puisqu’il faut expliquer la politique à la presse militante, le Premier ministre de Mitterrand déclare au journal Le Monde: "Lorsqu'un exécutif se met dans la tête de recueillir l'avis de l'opposition et de se faire d'une question une idée aussi exhaustive que possible, c'est un devoir de démocrate que d'accepter". Les syndicats n’acceptent pas : voyez l’UNSA ou SUD ! Et la CFDT, la CGT ou FO qui demandent plus de concertation, l’obtiennent mais grondent. Est-ce à dire qu’ils ne sont pas démocrates ?...

Rocard sera-t-il entendu des radicaux lorsqu’il propose des travaux pratiques de démocratie et explique encore : "Je suis requis parce que je suis socialiste et que je le reste". Première leçon : le sectarisme ! Ce n’est pas sont truc…

Le ministre de l'Education nationale, Xavier Darcos, devait commenter "le symbole que constitue l'acceptation par Michel Rocard de se porter caution de cette concertation, promise par Nicolas Sarkozy lors de la campagne électorale, lors de sa conférence de presse de rentrée mercredi". Deuxième leçon : tenir ses promesses ! Royal ne voulait pas promettre, parce que, selon elle, les promesses sont faites pour ne pas être tenues, mais ne voulait surtout pas être liée… Sa Cynique Majesté est invitée à prendre des notes.

Après l'entrée au gouvernement de Bernard Kouchner, Eric Besson, Jean-Pierre Jouyet, Jean-Marie Bockel et Fadela Amara, ou la mission de réflexion et de prospective sur la place de la France et de l'Europe dans le monde confiée le 2 juillet à l'ex-ministre des affaires étrangères socialiste Hubert Védrine, et l’annonce d’Allègre qui veut s’écarter du répulsif PS, le chef de l'Etat "peut exciper d'un nouvel exemple de sa politique d'ouverture à la gauche", selon Le Monde.

Michel Rocard n’a pas vraiment surpris : n’avait-il pas souligné la semaine dernière que "le PS français n'est plus pour un paquet d'années en situation de gouverner" ! Il va donc offrir ses services ailleurs. Le PS est victime d’une fuite inégalée des cerveaux. Il lui reste les Full Monty qui se sont travestis en ‘jeunes lions’. Ils ne savent que prendre la pose et faire du bruit : Miaou !...

Michel Rocard a fait ce qu’il a pu pour son parti. Il explique qu'il avait accepté de prendre la parole devant l'université d'été des Gracques - groupe de hauts fonctionnaires de gauche ayant appelé à un rapprochement entre le PS et le centre (cf. PaSiDupes, libellé 'les Gracques')- parce que, "dans la déshérence de la gauche française, il faut des lieux où on pense et cela ne peut pas être dans les partis". Et toc pour la tête pensante Royal et son merveilleux ‘brain trust’ scandinave (cf. PaSiDupes : libellé ‘gonordisk’) qui entre dans une

nouvelle ère de glaciation en pleine période réchauffement de la planète.

Le Parti socialiste "est né en 1905 sur une ambiguïté qui n'a jamais été levée : il ne sait

toujours pas s'il doit accepter l'économie de marché ou s'il veut tout casser", affirmait Michel Rocard.


Aucune ambiguïté chez Rocard. Mais qu’en pense l’ami Fanfan Bayrou, aux côtés, ici, de deux personnalités politiques, non sectaires ?