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lundi 3 février 2020

Apprentissage: une menteuse au ministère du Travail, accusent les Régions

Plusieurs Régions révèlent "les mensonges" de Muriel Pénicaud

Elles accusent la ministre de Macron de s'approprier les bons résultats sur l'apprentissage obtenus grâce à leur action
 
"La croissance à deux chiffres dont se prévaut à longueur d'interviews Mme Pénicaud, ce sont les régions qui en sont à l'origine !", écrit Régions de France dans un communiqué, mardi. "Les régions ont financé l'apprentissage à hauteur de 9 milliards d'euros sur les cinq dernières années, dont près d'un milliard d'investissement", précise l'association qui regroupe l'ensemble des régions françaises.

Depuis deux ans, un bras de fer oppose les régions, qui souhaitaient garder leur compétence en matière d'apprentissage des jeunes, au gouvernement qui l'a confiée aux branches professionnelles par une loi passée en plein mois d'août 2018. 

Elle "ment sur la 'forte hausse' des formations de niveau CAP et bac pros, grâce à sa réforme", dénonce Régions de France

Résultat de recherche d'images pour "pénicaud""Interrogée lundi sur le bilan de l'année 2019, la ministre s'est réjouie que "tous les réseaux concernés voient leur nombre d'apprentis exploser". Or, Régions de France  affirme que le nouveau dispositif "favorise plutôt l'apprentissage dans l'enseignement supérieur dont le financement devient plus attractif".

"Les '554 intentions de création d'un CFA', dont se prévaut Mme Pénicaud se heurteront à la réalité du terrain, avec des fermetures ou des restructurations de très nombreux CFA" (Centres de formation des apprentis), notamment en zone rurale, assène encore Régions de France. 
L'association affirme enfin que l'attitude de la ministre "plombe la confiance entre les régions et le gouvernement", au moment où s'engage la concertation entre l'Etat et les collectivités sur le projet de décentralisation.

jeudi 16 juillet 2009

Mythique, le bac est chaque année historique !

86%: nouvelle hausse pour les cancres français de l'Europe
Plus de 86 % des 622.000 candidats ont obtenu leur baccalauréat lundi 13

Mais la filière professionnelle, qui a bénéficié cette année pour la première fois d'une épreuve de rattrapage, obtient d'excellents résultats; elle est ainsi pour beaucoup dans ce nouveau record battu.

Le ministre de l'Education nationale, Luc Chatel, avait évoqué un « excellent cru » ; ce sera en réalité un millésime historique. Un score largement supérieur à 2007 et 2008 (83,7 %), déjà qualifiées d'années fastes.
Inflation des mentions au 1er groupe: 59,3 % ont obtenu une mention au bac général, 52,9 % au bac professionnel et 36,5 % au bac technologique. A quand du rab de mentions à l'issue des rattrapages (à partir de 8/20) du 2e groupe ?...

Une mascarade, selon CGT Educ'action

Les excellents résultats de cette cuvée 2009 doivent beaucoup à la montée en flèche des performances des candidats au baccalauréat professionnel (bac pro). Cette année, 87,1 % d'entre eux ont obtenu le précieux sésame, contre à peine 76, 6 % en 2008 et 77, 9 % en 2007. Un record pour la benjamine des filières (elle a été créée en 1985), qui peine encore à s'imposer comme un bac à part entière dans les esprits, d'autant qu'elle n'ouvre pas vraiment les portes de l'enseignement supérieur. Elle est en revanche appréciée dans le mond du travail.
Faut-il voir un effet de cette toute nouvelle « épreuve de rattrapage » ? Cette année, les 127.662 candidats au baccalauréat professionnel ont pu bénéficier d'une deuxième chance : un oral pour les lycéens ayant obtenu entre 8 et 10. Cette nouveauté, destinée, selon l'ancien ministre de l'Education Xavier Darcos, à mettre tous les candidats au bac « à égalité » (le rattrapage existe pour les autres filières), avait été contestée par certains syndicats d'enseignants, comme la CGT Educ'action, qui avait appelé les jurys à « refuser de participer » à cette « mascarade (…) dévalorisant le diplôme ». Là n'est cependant pas la seule explication car, avant même le début du rattrapage, les candidats au bac professionnel s'étaient cette année illustrés par leurs bons résultats.

Travailleurs, travailleuses des lycées, on vous spolie...

Cette délivrance de passeports pour l'enseignement supérieur à 86 % des candidats est significative en comparaison des 63 % de 1995. Ces candidats-là étaient-ils donc peu doués par la nature ou moins bien dotés par l'Education Nationale ? Combien de procès devant les tribunaux en perspective, si ces défavorisés de la nation portent plainte aujourd'hui ? Après tout, ne les aurait-t-on pas privés d'une première chance précieuse dans la vie ?
Bons résultats du bac pro
Pour tenter de prévenir toute insinuation, le tout nouveau ministre de la rue de Grenelle s'était dès la semaine dernière senti obligé de prévenir que le diplôme ne serait pas bradé en cette année de bronca lycéenne. Il avait ainsi assuré n'avoir « donné aucune instruction »d'indulgence aux correcteurs. « Je ne pense pas que mon prédécesseur l'ait fait »,avait-t-il ajouté.
Reste à savoir quel sera l'impact de la réforme qui leur permettra, dès l'an prochain, de tenter d'obtenir leur baccalauréat en trois ans au lieu de quatre.

Une hauteur des résultats inversement proportionnelle du niveau

  • L'opinion est convaincue que la démocratisation et la massification de l'éducation sont incompatibles avec la qualité.
    En septembre 2008, un sondage TNS SOFRES-Logica pour France 2 et la presse quotidienne régionale réalisé montrait que, pour 60 % des personnes sondées, le niveau des élèves est moins bon qu'il y a vingt ans. Ce bilan négatif est par ailleurs partagé aussi bien par les jeunes (61 % chez les moins de 25 ans) que par leurs aînés (65 % chez les plus de 65 ans). Tous des réactionnaires élitistes ?
    Sont stigmatisés: la maîtrise de la langue française, la préparation à la vie professionnelle, la surcharge des classes, et les effectifs des enseignants.
    Sujet de satisfaction: les relations entre les parents et les professeurs, même si une majorité de sondés estiment que les enseignants manquent d'autorité avec leurs élèves.

  • Des signaux négatifs s'accumulent sur les performances de l'école en France. Réalisée dans 57 pays représentant 90 % de l'économie mondiale et publiée le 5 décembre 2007, l'enquête internationale PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) de 2006 montre que les compétences des élèves français de 15 ans se situent un peu en dessous de la moyenne des 30 pays de l'OCDE. C'était déjà le cas en 2003 et en 2000 lors des premières éditions de cette enquête. Les nouveaux résultats marquent un recul de plusieurs rangs dans les classements par domaines de compétences.
    En savoir plus : LIRE le rapport de l'OCDE/PISA (lien)

  • La rengaine du niveau est un sujet tabou

    Postulat
    : la réussite au bac de 86% des candidats et de 66% d'une classe d'âge ne signifieraient pas que le diplôme est bradé.


    Malgré les résultats de l'enquête PISA de l'OCDE, la pensée unique produit des raisonnements 'redoutables' comme celui-ci:<br>
    « En 1850, 1% d’une classe d’âge obtenait le baccalauréat. En 2009, 66,4%. Se réjouit-on d’une telle progression? Point. La session 2009 du premier diplôme universitaire – toutes séries confondues – atteint un niveau record de réussite (86%). Ce chiffre représente pour certains la preuve irréfutable, non, comme on pourrait légitimement le penser, de la qualité de notre enseignement secondaire, mais, bien au contraire, celle de son échec généralisé. Le paradoxe est redoutable. Il y a en France une tradition assez perverse d’(auto)dénigrement de notre système scolaire, où les bons chiffres deviennent suspects. Rien ne va plus: près de neuf élèves sur dix obtiennent leur bac! L’heure est grave. Il faudrait interroger les ressorts, enfouis au plus profond de notre inconscient collectif, qui nous font sans cesse douter de notre propre capacité à transmettre. Ou plutôt, de la valeur même de notre transmission dès lors qu’elle s’adresse au plus grand nombre. Car c’est bien de cela qu’il s’agit ici. » Un détail: au temps de ce 1% de réussite, le bac était-il comme aujourd'hui un diplôme de fin d'études ou un parchemin de valeur ?

    «L'orthographe, science des ânes »

    « Je lis ici ou là les remarques de quelques enseignants correcteurs du baccalauréat cette année. Un grief en particulier revient, lancinant: les lycéens ne maîtrisent plus l’orthographe. [Les profs non plus...] La belle affaire. [sic] Hervé Hamon , qui a beaucoup réfléchi sur la question, [rien de commun avec cet autre penseur illustre nommé Benoît!] notamment dans son livre «Tant qu’il y aura des élèves», cite Victor Bérard, professeur en Sorbonne: «Les trois quarts des bacheliers ne savent pas l’orthographe». C’était en 1899. Que, à 110 ans de distance, le même constat désolé revienne dans la bouche de ceux qui se sentent seuls légitimes du savoir qu’ils détiennent, pour mieux dénigrer celui de la génération qui les suit, laisse songeur. Et que l’orthographe soit restée le point névralgique de ce dénigrement, elle qui n’a jamais cessé d’incarner, semble-t-il, le saint graal qui distingue l’élite de l’ignorante turba – en dit long sur les motivations réelles de ceux qui déplorent le record de réussite au baccalauréat 2009.
    [L'évaluation de la qualité de l'orthographe est fonction de la période précédente: comparée à la période suivante, ell serait supérieure. En outre, aujourd'hui, l'aptitude à développer un raisonnement sain est manifestement autant en cause que l'orthographe.]

    Le coup très tendance du mépris

    "Cette rengaine montre d’abord une peur pathétique, un mépris malsain, d’une génération pour celle qui vient après elle, et qui doit, fatalement, la remplacer. Il y a là une crise profonde de la transmission — souvent interprétée, à tort, comme une crise d’autorité, laquelle n’en est au fond qu’un symptôme. [Des affirmations en guise de raisonnement mais qui ne sont que des sentiments] Comme si nous voyions la jeunesse incapable, par essence [!], de prendre la relève, indigne, même, de nous succéder [attention, délire]. Si le niveau baisse, non pas depuis trente ans, mais depuis plus de cent, depuis toujours en réalité, il est surprenant que l’humanité n’en soit pas revenue à l’âge de pierre. [Que l'âge de l'informatique nous en garde !]

    Cause du mal qui ronge l'école: la pensée unique que voici, que voilà !

  • « Nous voulons bien transmettre, mais à condition que les nouveaux venus n’aient pas l’audace de s’approprier librement ce savoir qui appartient à tous et à personne, et d’en faire ce qu’ils doivent: autre chose. Alors on se rattache à la sacro-sainte orthographe, valeur sûre et inaliénable mais dont la maîtrise n’en dit jamais très long sur la liberté de pensée de l’individu. L’orthographe n’est pas tout. »
  • Le deuxième enseignement de la rengaine a une dimension idéologique
    "Face à cette peur de ce que la jeune génération pourrait faire de notre patrimoine intellectuel, certains [ les nommer serait-il leur faire trop d'honneur? ] sont tentés de n’admettre que quelques élus dans le cercle, qu’ils rêvent fort restreint, des initiés. C’est la raison première qui les fait déplorer, contre toute raison, les résultats exceptionnels du baccalauréat 2009. Un diplôme n’a de valeur que s’il est attribué à quelques-uns, soigneusement sélectionnés pour leur capacité à reproduire les modes de pensée déjà en vigueur. Le nombre grandissant des lauréats est leur seul argument pour décréter la fabuleuse baisse du niveau, que contredisent toutes les études sérieuses sur le sujet. [Cette dernière affirmation sans références est tellement peu 'sérieuse' qu'elle est même inexacte. L'ensemble de ce verbiage ignore d'ailleurs ce que sont ces 'modes de pensée en vigueur' dans l'Education Nationale. Par son idéologie dominante, l'hégémonique FSU -fortement marquée à gauche- participe à l'élaboration des programmes, des directives et des sujets d'examen et pèse sur les consignes de correction et les jurys du bac.]

    Bref, on a compris que l'orthographe est donc une survivance bourgeoise, un instrument de domination, voire d'oppression, elle est inégalitaire et anti-démocratique... L'orthographe nouvelle rend plus libre. L'orthographe approximative n'est ni un handicap, ni une entrave à la compréhension, comme à la communication. A preuve ce qui suit: « Je n'aime pas l'écrit » et « Je n'aime pas les cris ». N'en sommes-nous pas passés de la civilisation de l'oral à celle de l'image ?...

    « Les diplômes, le baccalauréat en tête, ont perdu de leur valeur puisqu’un bachelier d’aujourd’hui n’accède plus au même statut social qu’un bachelier des années soixante. C’est incontestable. Mais l’effet est purement mécanique, dans une société où près de 40% d’une classe d’âge atteint désormais le niveau de la licence. Faut-il pour autant regretter que notre pays connaisse un niveau d’étude généralement plus élevé ? » Rien précisément ne dit ni ne prouve que le niveau soit plus élevé. Les bourgeois assurent justement le contraire.

    Monsieur Jourdain n'est pas mort !

    « Je demande aujourd’hui à mes élèves de troisième de maîtriser des notions de narratologie que je n’avais abordées, en mon jeune temps, au mieux, qu’au lycée. » Les 'didascalies' sont du même tonneau, mais elles ont toujours été étudiées, dès le collège, sans le savoir et sans pédanterie.

    Démocratie, démagogie et malheur pour tous

    « L’autre argument, plus pernicieux, prétend que si un nombre toujours plus grand de candidats obtient un diplôme donné, c’est bien qu’on le donne à n’importe qui. Le retournement est saisissant et en dit long sur l’idée que se font certains de la visée démocratique de notre école. [...La fameuse méritocratie républicaine... ] ne sert plus aujourd’hui qu’à la reproduction d’une aristocratie, intellectuelle et socioéconomique repliée sur elle-même. »
    [Mais le bas blesse]
    « Une fois démonté le mythe de la baisse du niveau, il reste néanmoins deux problèmes [...] D’abord le taux d’échec préoccupant des étudiants à l’université, notamment en première année. Il paraît soutenir, évidemment, l’argumentaire des Cassandre de l’école. Puisqu’un étudiant sur deux échoue en première année de licence, c’est bien qu’il n’était pas digne du diplôme qu’on lui a bradé en fin de secondaire. La solution ? Introduire une sélection à l’entrée de l’université: ainsi on verra bien qui «mérite» vraiment d’y entrer. En réalité, la sélection existe déjà, elle a nom «classes préparatoires» [CPGE] [rien n'a voir pourtant avec l'université !], lesquelles monopolisent la quasi totalité des étudiants dits les meilleurs. [Les doctorants seraient donc des nuls et tous les possesseurs socialistes d'un DEA aussi...] [Et le second problème, où est-il passé ?]

    Deux phénomènes conjoints peuvent expliquer les difficultés de l’université, sans pour autant remettre en cause la validité du baccalauréat.
    [!] Le premier ressort de l’orientation [et des COP (conseillers 'orientation psychologues) des CIO]. Nombre d’étudiants en échec sont ou bien des jeunes qui se sont engagés dans une filière sans en connaître tous les enjeux, ou bien des lauréats du baccalauréat professionnel qui, mal renseignés, viennent tenter leur chance là où ils croient voir les seules études valables, parce que leur bac, ils le savent bien, est toujours considéré de seconde catégorie, et parce que les IUT et DUT, qui devraient leur être réservés, accueillent les bacheliers des sections générales avec un peu trop d’empressement.[Et le second, qu'elle est-il et de quoi 'ressort'-il donc?]
    [Le niveau des bacs étant ce qu'il est, cette réorientation est en effet de la lucidité ou un repli stratégique qui démontre bien dans les faits ce que 'certains' veulent taire quand encore ils ne tentent pas de raisonner à vide.
    A propos,
    qui a appelé les jurys à « refuser de participer » à cette « mascarade [du rattrapage au bac pro] dévalorisant le diplôme »? N'est-ce pas la CGT Educ'action ? ] Comment le bac pro serait-il dévalorisé, quand les autres ne le seraient pas ?
  • vendredi 6 juin 2008

    Education : les axes principaux de la réforme du lycée

    Un lycée à la carte, un bac équilibré et des enseignants mieux formés
    Le Président Sarkozy a annoncé, le lundi 2 juin, les grandes lignes de la réforme du lycée, du Bac et de la formation des enseignants à l’Elysée pour fêter les 200 ans de l’université napoléonniene. Lire PaSiDupes

    De son vrai nom « Position commune sur les objectifs et les principes directeurs de la réforme du lycée », cette réforme a pour but de « moderniser » l’enseignement secondaire et de garantir une meilleure réussite dans la poursuite des études.

    Etat des lieux
    La situation du lycée d'enseignement général et technologique "n'est plus tenable", a-t-il estimé. "Le système des filières (...) écrasé par la section scientifique est totalement déséquilibré et ne remplit pleinement aucun des objectifs recherchés." Le problème majeur des coefficients du bac reste entier : il décide de l’ « intérêt » que le lycéen attachera à une matière, ou non. Un élève de la filière S aura besoin de l’anglais dans ses études d’ingénieur, mais négligera la matière à coefficient trois, contre 9 en maths de spécialité…
    "Formidable ! En dehors de la voie scientifique, pas d'avenir pour nos élèves mais à la sortie pas assez de scientifiques", a-t-il ironisé. Les enseignants ont eux-mêmes participé au renforcement de cette situation élitiste, y compris les syndicalistes de la FSU...
    "Il nous faut ensemble imaginer un lycée beaucoup plus souple, qui va dépasser les impasses du cloisonnement trop rigide en filières (...), où la seule règle serait la diversité des voies proposées" et où les lycéens pourraient choisir leur cursus selon leurs goûts et leurs compétences, a-t-il expliqué.
    Pour Nicolas Sarkozy, "cette liberté plus grande donnée au lycéen le préparerait mieux à l'enseignement supérieur" en lui permettant de se spécialiser de façon plus progressive.

    Les grands principes
    Le président Sarkozy a jugé indispensable de repenser l'équilibre entre cours magistraux et travail personnel. Il a, à ce propos, dénoncé au passage la surcharge des emplois du temps des élèves, "où s'empilent les options" (dont les langues régionales, à l’heure où le français mène un combat d’arrière garde face à l’anglais) et qui "n'arrange pas la santé (des) finances publiques". Les options ne servent qu’à gagner des points au bac sans beaucoup d’efforts ni de capacités réelles.
    Dans le lycée à la carte que le Président appelle de ses voeux, la classe de seconde "devrait retrouver sa vocation à orienter les élèves". Ce qui est actuellement pourtant le cas… C’est une classe de remise à niveau et d’évaluation des élèves avant ventilation dans les différentes filières. Nicolas Sarkozy a souhaité que cette "nouvelle seconde" soit mise en place à la rentrée 2009, avec pour objectif la mise en oeuvre du nouveau lycée "à horizon 2012".
    Il a d'autre part confirmé la généralisation du bac professionnel en trois ans à partir de septembre 2009, afin de lui conférer "la même dignité" qu'à la voie générale.

    Le corps enseignant est, lui aussi, appelé à évoluer, a par ailleurs déclaré le chef de l'Etat, qui a dit mesurer "l'étendue du malaise" des professeurs et entendre leur "impatience". Il a souhaité que les enseignants soient mieux formés, avec un an d'études supplémentaires, dans le cadre de l'université, dont la place doit être "pleinement reconnue".
    Nicolas Sarkozy a ainsi sonné le glas des Instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM). Ce qui aurait dû être une pépinière de pédagogues n’a été qu’un élevage en batterie. Les stagiaires en IUFM étaient formatés par des pédagogues -idéologues et sectaires-, souvent coupés depuis des lustres du milieu éducatif réél.
    "Nous avons décidé, avec Xavier Darcos, que les différents concours (professeurs des écoles, Capes, agrégation) soient intégrés au cursus universitaire et soient ouverts à tout titulaire (...) d'un 'master 2'", a-t-il dit.
    Les nouveaux concours seront mis en place dès la session 2010, a précisé Nicolas Sarkozy, selon qui le recrutement des futurs professeurs après une année d'étude supplémentaire permettra de mieux les rémunérer en début de carrière.
    Il a promis de se pencher sur les affectations pour qu'elles tiennent mieux compte des voeux des professeurs et des besoins, et souhaité que soient développés les dispositifs de recrutement hors éducation nationale.
    Il a dit compter sur Xavier Darcos et sur la ministre de l'Enseignement supérieur Valérie Pécresse pour préciser "dans les prochaines semaines" leurs intentions en matière de formation et de recrutement.
    "Nous voulons signer avec les professeurs de France (...) un nouveau pacte de confiance", a conclu Nicolas Sarkozy.
    Il a admis que cela impliquait un effort financier de l'Etat et réaffirmé que la moitié des économies dégagées par les réductions d'effectifs serait redistribuée aux professeurs.
    "Bien sûr, il faut être réaliste : ce pacte de confiance ne peut consister en une mesure de revalorisation générale et sans contrepartie (...) L'Etat des finances publiques ne le permet pas", a cependant averti Nicolas Sarkozy, qui a invité les professeurs à réfléchir "de façon responsable et constructive à une évolution de leurs pratiques et de leurs missions".

    Plus précisément
    Ce chantier est énorme car il concerne à tous les acteurs du lycée : lycéens, enseignants et établissements. Le gouvernement se prépare d’ailleurs à engager un nouveau bras de fer avec les syndicats étudiants quelques semaines après les manifestations contre les suppressions de postes de professeurs.
    En ce qui concerne le lycée, l’Etat veut qu’il soit « plus diversifié, plus modulaire » et que les élèves soient mieux préparés à l’enseignement supérieur, à la faveur d’une spécialisation plus progressive. Ce dernier point n’est pas franchement nouveau.
    Le projet se compose de 4 objectifs majeurs
    - garantir la poursuite d’études dans l’enseignement supérieur :
    Le projet de réforme prévoit un meilleur accompagnement et une meilleure information sur les différentes formations post-bac et une meilleure préparation des lycéens en terminale à la 1ère année d’université. Son objectif est en 5 ans de réduire par 3 le taux d’échec dans le premier cycle de l’université pour atteindre l’objectif de 50% de diplômés de l’enseignement supérieur.

    - assurer la réussite scolaire de tous les élèves au lycée :
    Xavier Darcos, le ministre de l’Education, a affirmé son intention de réduire le redoublement. En effet 15% des élèves de seconde redoublent. Il mettra en place des « aides pour les élèves les plus fragiles ». Par la même occasion, le ministre veut réduire le poids des déterminismes sociaux qui règne au lycée. Le rapport de cause à effet n’est malgré tout pas aussi évident que ce qu’en dit la propagande de gauche.
    - permettre à chaque élève de mieux choisir son orientation :
    le président de la République et le ministre de l’Education nationale ont annoncé leur volonté de faire du « nouveau lycée » un endroit où les élèves auront « la liberté de construire leur parcours » selon leurs attentes, projets et goûts. C’est maintenir chez l’élève l’illusion que son projet aboutira quoi qu’il arrive, abstraction faite de ses résultats…
    - donner de nouvelles marges d’autonomie aux étudiants et aux établissements : les étudiants auront une plus grande autonomie et auront la possibilité de travailler à leur rythme. L’autonomie est une vieille lune dans le milieu enseignant comme parmi les parents, mais ni les uns ni les autres ne se sont préoccupés, ou n’ont réussi à de former les adolescents à l’autonomie.
    Pour les établissements, l’Etat prévoit
    - la refonte de l’offre éducative (soutien…) des établissements en la rendant plus équitable sur l’ensemble du territoire,
    - des enseignants plus présents dans les établissements (cours de soutien, entretien d’orientation, des cours de méthodologie).
    - moins de cours théoriques et un encadrement pédagogique plus individualisé peuvent faciliter la compréhension, mais l’apprentissage des savoirs restera un travail personnel que l’élève consentira, ou non.
    Considérant que les professeurs sont déjà extrêmement soucilleux sur le sujet de leur indépendaance pédagogiques et enclins à des expériences originales et irresponsables, lepire est à venir! La mise en compétition des établissements peut en outre mener à des excès considérables, en termes de démagogie, de tromperies et d'injustice.

    De l’autre côté, le président de la République a précisé les contours de la réforme du Bac. Cette réforme prend effet dès la rentrée prochaine. Elle comporte 2 axes :
    - le dispositif de reconquête du mois de juin : il s’agit de faire continuer les cours aux lycéens pendant le mois des examens de juin, et même si le lycée est occupé par des épreuves, ce sont les établissements qui doivent mettre en place les moyens pour assurer les cours. Sachant que les enseignants dans leur immense majorité n’enseignent pas qu’en terminale (ou en BTS) et sont réquisitionnés en pointillés pour les diverses épreuves d’examens facultatives, d’abord, puis les épreuves obligatoires, orales et écrites (dès le mois de mai pour les BTS), et qu’ils sont aussi correcteurs et membres de jurys, les personnels disponibles pour les 2e,1ères et BTS 1ère année seront extrêmement rares.
    - l’épreuve orale facultative du langage des signes est créée pour 200 candidats de la série technologique hôtelière.
    Avec le ministre de l’éducation Xavier Darcos, Nicolas Sarkozy prévoit la mise en place de la « nouvelle classe de seconde » en 2009. Les premières épreuves du bac nouvelle manière se dérouleront donc en 2012.
    Autres projets à l’étude :
    - l’ouverture des lycées plus tard,
    - mise en place d’un « statut lycéen », qui généralisera les maisons de lycéens. - - la mise en place d’une « carte nationale du lycéen » ouvrant des droits (culture, transport…) est à l'étude. Ce qui ne sera qu’une extension de ce qui existe déjà et donne droit à des réductions.

    Le ministre de l'Education, Xavier Darcos, a chargé le recteur de l'académie d'Aix-Marseille Jean-Paul de Gaudemar de piloter la réforme du lycée.
    "Recteur de l'académie d'Aix-Marseille depuis 2004, polytechnicien, économiste, ce fin connaisseur des rouages de l'Éducation nationale (il a dirigé l'enseignement scolaire de 2000 à 2004 notamment sous Jack Lang puis sous Luc Ferry) a la réputation de diriger son rectorat comme on manage une PME. Conscient qu'il gère un budget de 3 milliards d'euros et veille sur l'avenir de 600 000 jeunes et de 50 000 salariés, il ne prend pas de décision à la légère." Lien Le Figaro

    mercredi 4 juin 2008

    Réforme de l'éducation : les propositions du Président

    Sarkozy : la formation des maîtres, le bac et le lycée
    Nicolas Sarkozy a annoncé lundi de nouvelles modalités pour le baccalauréat général et professionnel devant les cadres de l'éducation nationale et évoquer la formation des maîtres sur laquelle des propositions seront faites "avant l'été".
    A l'occasion du bicentenaire du décret napoléonien du 17 mars 1808 organisant le système éducatif, le Président Sarkozy recevait lundi après-midi "l'ensemble des cadres dirigeants de l'éducation nationale et de l'enseignement supérieur", recteurs et inspecteurs d'académie, inspecteurs généraux ou présidents d'université.
    Cette volonté de dialogue s’est manifestée dans le déplacement du Président de la République sur le terrain. Il a recherché le contact avec les responsables professionnels et administratifs et non plus seulement syndicaux, alors que les différents secteurs de l'éducation se mobilisent sans discontinuer contre les réformes gouvernementales de modernisation.

    Le Président évoqua "les perspectives de sa politique éducative pour les années à venir".
    Il a notamment abordé la question de la formation des enseignants, sur laquelle "des propositions" sont annoncées pour "avant l'été". Le président a ainsi confirmé l'allongement de la formation des enseignants au niveau master (bac+5), au lieu de bac+3 (licence), mais bac +4 ou 5 dans le second cycle, avec le CAPES ou l’agrégation.

    Fin programmée des IUFM
    La "masterisation" de la formation des professeurs devrait "entraîner, à terme, la disparition des IUFM" (Instituts universitaires de formation des maîtres). Qui regrettera ces instituts, hormis son père, le fossoyeur de l’EN, Philippe Meirieu, gourou de la gauche.
    En 2006, Meirieu renonça à postuler à un nouveau mandat à la direction de l'Institut universitaire de formation des maîtres (IUFM) de Lyon. Bon vent ! Il est en effet l’instigateur de la plupart des réformes pédagogiques fumeuses de la gauche (de l’instauration bienvenue des modules au lycée jusqu’à la création des
    IUFM au début des années 1990). Avec lui, l’école n’a pas seulement dû ‘instruire’, mais ‘éduquer’. L'enseignant a sournoisement été investi de la mission naturelle abandonnée par les parents: ils sont tous devenus éducateurs chargés de transmettre des normes sociales pour favoriser l'insertion de l'enfant dans la société. Mais les éducateurs ont aussi dû lui apprendre à penser par lui-même et à examiner de manière critique les règles sociales existantes. L'éducation à la liberté n’a pas manqué de se muer en formatage idéologique à la contestation par la FSU.
    L’acquisition de savoirs ne fut plus une priorité. L’éducateur était censé s’effacer, se mettre à l’écoute de l’ « apprenant » et de prendre en compte ses centres d'intérêt, fût-ce au détriment des programmes. Ainsi, l’éducateur a-t-il enfermé l’apprenant dans ses centres d’intérêt au risque de ne pas l’ouvrir à de nouveaux objets de connaissance, à de nouvelles pratiques culturelles et à de nouveaux savoirs.
    L’apprenant était au centre de la pédagogie, mais maître de son apprentissage, ludique et convivial, mais lacunaire. Philippe Meirieu rendait l’enfant ou l’ado seul juge : « L'intérêt de l'élève est-ce qui l'intéresse ou plutôt ce qui est dans son intérêt? Car de toute évidence, ce qui l'intéresse n'est pas toujours dans son intérêt et ce qui est dans son intérêt ne l'intéresse pas vraiment » Profondeur des sciences de l'éducation...
    La caricature est venue au secours des postulats de Meirieu, qui clamait non sans démagogie, que l'éducation ne peut être assimilée au dressage !
    Les élèves ont eu vite fait de dresser leurs éducateurs !

    Or, si l'apprentissage est du ressort de l'élève, « l'enseignant doit donc donner au sujet la possibilité d'exprimer ses propres projets individuels et collectifs »
    Paradoxalement, ce penseur admet toutefois que chaque élève est différent et qu'une classe est donc hétérogène. Face à 30 excités aux centres d’intérêts modestes et limités, les éducateurs y ont laissé leurs convictions et leur santé. Sans contreparties de considération ni de salaires.


    La rémunération des professeurs en début de carrière fut revalorisée, aussi pour endiguer la fuite des vocations, mais les échelons moyens et supérieurs n’ont pas progressé en rapport. Motivant ?

    La revalorisation indiciaire est cette fois destinée à tous, "à partir de 2012", dans le respect de la promesse du président: que la moitié des gains réalisés par le non-remplacement des fonctionnaires du secteur partant à la retraite retourne aux enseignants. Sans attendre, l’indemnité misérable de correction des copies de bac est dès à présent réévaluée et multipliée par plus de 4. Travailler autant pour gagner plus…

    La réforme des études au lycée
    Elle sera mise en place dans les classes de seconde dès la rentrée 2009, et le "baccalauréat nouvelle formule" qui en découlera trois ans plus tard, "en 2012".
    "Le baccalauréat prépare mal à l'enseignement supérieur. Nous n'avons pas assez de jeunes diplômés du supérieur en France, la série S est trop recherchée, les volumes horaires sont très importants, jusqu'à 36 heures par semaine. Il faut aller vers un lycée plus diversifié où les élèves se préparent davantage à l'enseignement supérieur", explique la présidence.
    Changement de formule également pour le baccalauréat professionnel: dès septembre 2009, les élèves passeront ce type de bac "sur trois ans", au lieu de deux. Cette "revalorisation répond à un besoin de notre économie, car nous n'avons pas suffisamment de techniciens spécialisés".


    L’échec scolaire
    L’objectif du Président Sarkozy et de son gouvernement est de "diviser par trois - et même davantage - l'échec scolaire d'ici 2012".
    Plusieurs mesures sont annoncées dans le primaire pour y parvenir: réorganisation du temps scolaire, meilleure évaluation (l'une en CE1, l'autre en CM2), création de nouveaux programmes "plus simples, plus clairs, plus lisibles".
    Dans les collèges, l'accompagnement éducatif (études dirigées après 16H00) devra être généralisé.
    "L'éducation est une priorité absolue pour le président de la République". Au-delà des intentions passées, l'Elysée, le gouvernement agira désormais "pour une démocratisation réelle de notre école", alors que "15% des élèves sortent du primaire avec des lacunes qu'ils ne rattraperont jamais" et que seuls "40% des enfants d'ouvriers accèdent à l'enseignement supérieur, contre 80% pour les enfants de cadres supérieurs".

    L'éducation sera également le thème d'un déplacement du président Sarkozy, jeudi, en province.

    mercredi 16 avril 2008

    Xavier Darcos dialogue à nouveau avec les organisations lycéennes

    Les nostalgiques de la gestion paritaire s’obstinent
    Outre des retraités, intermittents du spectacle de rue et oisifs de tout poil, des lycéens, enseignants et parents d'élèves (disponibles le mardi non pas pour garder leurs enfants mais pour une petite cure de jouvence) se sont mobilisés en nombre mardi avant les vacances à Paris, où ils étaient au total quelques dizaines de milliers à défiler contre la politique éducative du gouvernement et les suppressions de postes que Xavier Darcos a défendues avec la même détermination. A Paris, les manifestants, toutes catégories confondues, y compris les militants de la CGT réquisitionnés, étaient 20.000 selon la police, 40.000 et jusqu’à 50.000 selon les organisateurs. Ils vont bientôt en annoncer trois fois plus : même la CGT se contentent de seulement les doubler…

    Côté manifestant, en dépit de la réalité du terrain, Alix Nicolet, présidente de la Fidl, n’a pas craint d’affirmer : "On est en train de creuser le rapport de force avec le ministre" ! Son compère de l'UNL, Florian Lecoultre a ajouté : "Les lycéens sont satisfaits d'être associés à une réforme du lycée. On retiendra donc que l'UNL admet que le gouvernement pratique la concertation. Mais, à la façon de son mâitre, Gérard Aschiéri, le meneur des professeurs du SNES-FSU, il a estime que "la revendication centrale reste les moyens". Bien que la démonstration de mardi ait été un franc succès, elle ne semble pas si déterminante que cela, car Florian Lecoultre, le président de cette organisation abusivement qualifiée de 'syndicat', a appelé à une nouvelle mobilisation jeudi. Ces défilés à répétition laissent la grande majorité des lycéens de marbre, pour peu qu’ils veuillent acquérir non seulement le niveau du bac, mais celui qui leur permettra de ne pas se faire éliminer de l’enseignement supérieur, puisque ni la randonnée ni le graphisme sur banderole n’est inscrit dans le cursus universitaire : ils ne rapportent aucun point en première année, sauf pour faire carrière au PS qui ne recrute que les meilleurs meneurs, comme le MEDEF.

    Côté enseignant, l'appel à la grève en Ile-de-France, seule avec Bordeaux à ne pas encore être en vacances de printemps, a été suivi par moins d'un professeur sur cinq selon le ministère, près d'un sur deux , selon le principal syndicat, le SNUipp-FSU, mais seulement un sur quatre (26%)dans le primaire, selon le ministère. Le zélé SNUipp du primaire anticipe donc les problèmes du lycée ? Il serait donc plus sensibilisé que les professeurs de lycée pourtant directement concernés puisque le SNES-FSU ne juge pas utile de perdre des journées de salaires pour des suppressions de postes qui ne l’affectent donc pas tant que cela! Ils envoient les jeunes au front...
    Nouveauté mardi, de nombreux professeurs des écoles ont grossi les rangs du front anti-Darcos lycéens-étudiants-enseignants-parents, constitué la veille avec un appel de 18 organisations à deux nouvelles journées de mobilisation les 15 et 24 mai. L’appellation -très personnalisée- de ce front anti-Darcos est symptomatique de la volonté politique des enseignants d’utiliser les lycéens pour en découdre avec le gouvernement.

    Pour ce qui est des programmes du primaire à proprement parler, puisque la réforme du bac pro est devenu le cadet des soucis des responsables lycéens, X. Darcos a assuré que "plus de la moitié des enseignants sur deux les approuvent".
    Pourtant, contre toute évidence,"ce qui anime les professeurs des écoles aujourd'hui, ce sont des questions éducatives" et non de moyens ou de conditions de travail, a insisté Gilles Moindrot, secrétaire général du SNUipp-FSU, en fustigeant la "volonté du ministre d'imposer une vision passéiste de l'école"... Ce qui est un comble de la part d’un syndicat qui entend figer l’école et invoque Jules Ferry en permanence. Très hostiles aux nouveaux programmes de l'école primaire présentés le 20 février par le ministre Darcos, des professeurs des écoles souhaitent que "le ministre prenne la mesure du mécontentement" qu'il suscite et qu’il "s'appuie sur leur "expérience professionnelle", a ajouté M. Moindrot. Que le ministre s’appuie sur ce que l’Europe évalue comme un échec lorsqu’elle fait le constat de ses résultats?
    Ce syndicat passéiste refuse toute évolution et se fige dans un système qui n’a pas fait ses preuves et que l’Europe situe très moyennement parmi les autres nations. Les maths modernes lui convenaient très bien, comme la méthode globale d’apprentissage de la lecture ! Le SNIuipp et les IUFM recommandent encore la méthode semi-globale pour ne pas admettre leur erreur. Ajoutez à cela que les syndicats enseignants font un blocage sur tous les projets dont ils n’ont pas l’initiative, gardant la nostalgie des époques où ils squattaient le ministère et décidaient de ce que le ministre mettait en œuvre : la gestion paritaire est morte mais ils ne se résignent pas à faire leur deuil.

    Xavier Darcos a rétabli la vérité sur las suppressions effectives de postes d’enseignants (3.500) : LIRE PaSiDupes. Il a en outre suggéré un travail avec les organisations lycéennes sur une réforme du lycée passant entre autres par l'accroissement de l'autonomie des élèves -une vieille revendication tarte à la crème que la gauche au ouvoir n'a pas satisfaite- et la création d'un réel statut lycéen, des revendications traditionnelles de l'UNL et de la Fidl. Les parents qui pratiquent l'autonomie savent ce que çà donne...

    300 lycéens ont manifesté à Bordeaux, 100 à Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne) et 100 à Grenoble, selon les organisateurs (diviser par deux au moins pour avoir la vérité), alors que les vacances débutent vendredi en région parisienne, terrain principal et presqu’exclusif de la contestation depuis plus de trois semaines. Les syndicats organisations lycéennes se sont pourtant dites confiantes dans la poursuite du mouvement. "La Fidl a un très gros comité parisien: il va aller aider la province à amplifier la mobilisation" lorsque la zone B rentrera de vacances, a assuré Alix Nicolet. ‘Aider’ signifie en fait ‘débaucher’: ce qui n'est pas gagné car la province n'aime pas se faire dicter sa conduite par Paris et ce qui met en évidence que le mouvement n’est pas aussi important que le prétend la presse militante. Quant à la cause!...
    De son côté, le jeune Florian Lecoultre, passéiste, remue le passé pour évoquer l'exemple du mouvement anti-CPE qui a survécu en 2006 à un long mois de vacances tournantes.
    Quant à Gérard Aschieri (FSU), il a rappelé les "larges perspectives" du mois de mai avec, outre les 15 et 24 mai, une manifestation nationale à l'appel de sa fédération, le 18. Passéiste, le retraitable Aschiéri va-t-il évoquer Mai 68 avec nostalgie
    Les deux organisations lycéennes ont confirmé que le ministre, Xavier Darcos, leur maintient ses portes ouvertes et poursuivrait le dialogue mercredi.

    Education nationale: Darcos fait de la pédagogie sur les suppressions de postes

    Rationaliser les dépenses plutôt que de gaspiller
    Plus que de la pédagogie, de l’information ! La presse et la gauche réunis dans leur entreprise de manipulation des mineurs des lycées ne pourront pas prétendre que le gouvernement les tient sous-informés.
    Le ministre de l'Education nationale Xavier Darcos a répondu dimanche sur le nombre de suppression de postes d'enseignants. Il les a estimées à "environ 3.500 au cours d'une interview sur BFM.
    C’est le principal moteur des manifestations lycéennes, mais batailler pour supprimer les suppressions est quelque peu illusoire puisqu’elles ont été démocratiquement votées par la représentation nationale. Pourquoi alors sont-elles pourtant encore prétextées par les organisations lycéennes. D’une part les lycéens n’ont retenu que cet aspect parce qu’ils l’ont assimilé facilement, mais d’autre part leurs organisations considèrent que le sujet est plus mobilisateur que les sujets encore en discussion, telle la réforme du bac pro, dont les lycéens eux-mêmes et surtout la presse parlent peu, car leur préoccupation n’est pas d’informer, mais de relayer et d’amplifier la communication de l’UNL et de la FIDL, elles-mêmes courroies de transmission du SNES-FSU. Ce qui parle aux esprits peu avertis est plus porteur, si dépassé, simpliste et militant soit-il ! Ce qui compte, c’est de maintenir la pression. La presse cherche a maintenir la mobilisation: elle parle de 'déretmination' et assure que les lycéens sont 'toujours plus nombreux', ce que les lycéens ne constatent pas et ce que les restorats contestent.

    Xavier Darcos a essayé de se faire entendre et de souligner la désinformation actuelle, mais les media font la sourde oreille.
    "Il faut être un peu raisonnable", a dit le ministre à l'adresse des uns et des autres, expliquant que sur les 11.200 postes de l'Education nationale qui ne seront pas renouvelés (un départ en retraite sur deux), seulement "8.500 sont des postes d'enseignants, 5.000 postes sont compensés par des heures supplémentaires, si bien que le non renouvellement concerne en réalité 3.500 postes". Croyez-vous que des mathématiques aussi élémentaires ont des chances de cheminer dans certains cerveaux déjà conditionnés ?
    "Nous allons recruter 18.000 enseignants nouveaux à la rentrée et la moyenne d'élèves par classe sera la même à la rentrée 2008 qu'à celle de 2007, soit 28 par classe en lycée général et 19 en lycée professionnel", a-t-il déclaré. Les parents de ces lycéens irritables et manipulables ont-ils connus -s'ils y réfléchissent sérieusement- des conditions aussi favorables ?

    Interrogé sur sa rencontre, vendredi dernier, avec les représentants des lycéens, il dit avoir été satisfait d'avoir en face de lui "des gens qui cessent de parler d'emplois pour aborder des questions de fond, comme l'orientation, le soutien scolaire, les pré-inscriptions, l'autonomie des terminales". Cette déclaration indique clairement que l’UNL et la FIDL ne discutent pas des sujets pour lesquels ils poussent les lycéens dans la rue.

    Bien que défavorable aux jeunes Français, l’évaluation comparative des capacités des lycéens des états membres de l’UE n’a pas ébranlé les enseignants de la FSU qui continuent de refuser d’endosser leur part de responsabilité dans le fiasco national. Les œillères de l’idéologie et de l’auto-satisfaction font entraves à l’adaptation et au redressement de notre système éducatif. En dépit de ces conservatismes et des raisonnements comptables des syndicats d’enseignants qui considèrent que toujours plus de crédits garantissent le maintien du niveau, le ministre a expliqué : "Nous voulons faire une réforme du lycée (...) parce que ses performances ne cessent de baisser alors qu'il coûte plus cher que dans les autres pays", ajoutant qu'un lycéen français "coûte 22% plus cher que la moyenne européenne". L'indigne question de la rentabilité de l'argent des contribuables doit-elle rester tabou?

    A propos des critiques du socialiste Jack Lang disant que l'avenir de la jeunesse est en jeu (si on réduit les classes de neige?) et que le ministère de l'Education nationale doit échapper à la maîtrise budgétaire, il répond qu'il "faut respecter les engagements du gouvernement, c'est-à-dire les Français qui les ont validés dans les urnes. "On a pris l'engagement de rétablir l'équilibre budgétaire en 2012, tous les secteurs doivent y contribuer. Il faut rationaliser les dépenses, y compris l'Education nationale", a-t-il insisté.

    A une question sur la solidarité gouvernementale à son égard -"avec tous ces lycéens dans la rue, êtes vous sûr de pouvoir aller au bout de votre réforme ? "- il s'est montré confiant : "Je suis un ministre qui a du souci mais qui se sent soutenu".
    Soutenu aussi par la majorité silencieuse.

    mardi 18 mars 2008

    Education Nationale encore agitée par la gauche conservatrice

    Les professeurs à nouveau appelés à la grève contre la réforme du système
    Les syndicats ne soignent vraiment pas l'image des enseignants
    PaSiDupes dénonce le flou artistique des consignes. Les syndicats mêlent sans distinction 11.200 postes, dont 8.830 dans les collèges et lycées publics, en affirmant qu’ils disparaîtront à la rentrée, sans rappeler que ce sont pour la moitié des départs à la retraite et que certaines classes, ne comporter que trois élèves, comme en langue dite rare malgré un choix de cinq ou six, mais de façon assez générale dans les options facultatives, tel le Corse ou le provençal, et les demi sections de BTS à seize. Et ne parlons pas des professeurs détachés et des professeurs sans élèves (VOIR le libellé de PaSiDupes).
    Le SNES, qui n’a pas anticipé les départs à la retraite des baby boomers-enseignants, au temps des années Jospin, annonce soudainement "80.000 suppressions d'emplois programmées" d'ici 2012 dans l'Education, motif principal du mouvement de mardi.
    Machine politique, le SNES se livre à un nouvel amalgame politicien entre personnels divers. Son intention première consiste à agiter l’opinion publique et à lui donner à croire que l’ajustement rationnel des moyens va frapper exclusivement les professeurs et donc affecter les chances de réussite de leurs enfants: faire baisser le taux de 86% de réussite au bac? Mais certains personnels en grève seront des personnels d’une part non enseignants et d’autre part gérés, non par le ministère, mais par les collectivités locales (Conseils généraux ou communes très politisés)…
    Prévisionnistes de fraîche date, les intellectuels du SNES mélangent tout pour inquiéter et paraître plus forts, mais l’appel est peu suivi, toujours moins à chaque relance de grève, vu cette répétition lassante. Le mot d'ordre pourrait être suivi ponctuellement, dans les municipalités qui noyautent leurs personnels poussés dans la rue, dans la mesure où chaque établissement scolaire a désormais pris connaissance des réductions de postes pour la rentrée prochaine. On observera que les départements les plus majoritairement à gauche seront les plus mobilisés, y compris par les Conseils généraux qui jouent le jeu de l’agitation syndicale à des fins politiciennes et médiatiques. Ces derniers jours, de nombreux mouvements de protestation ont éclaté, en région parisienne - Yvelines, Seine-et-Marne, Val-de-Marne - mais aussi dans l'Hérault, à Roanne (Loire), Toulouse, Lille... Ce sont des régions aux mains de la gauche, comme les Bouches-du-Rhône. Pour faire nombre, Guérini met dans la rue ses propres personnels: depuis la loi de décentralisation, les agents de service des collèges sont placés sous l'autorité des collectivités locales ! Le contribuable vous paie pour aller manifester dans la rue avec la bnédiction du patron, le président du Conseil Général...

    C’est donc confirmé ! Les enseignants sont toujours en congés, puisque la rentrée sociale continue… à peine les trois zones scolaires rentrées de vacances de février! Cette fois, c’est une tournante sur deux jours.
    Ce mardi les enseignants et « autres personnels » des collèges et lycées publics sont appelés à la grève par une intersyndicale pour protester contre les restrictions budgétaires, la réforme de l'enseignement professionnel et le rapport Pochard sur la condition enseignante.
    Mardi, "nous attendons 30 à 35% de grévistes", a envisagé lundi Claudie Martens, co-secrétaire générale du Snes-FSU (majoritaire dans le second degré), à l'origine de cet appel, avec la CGT, FO et Sud (minoritaires, voire non représentatif), donc tous personnels confondus, comme si leurs revendications étaient identiques.

    Demain mercredi, ce sont les professeurs des écoles qui sont appelés, par le SNUipp-FSU (majoritaire) à "une journée nationale d'action" (manifestations, distributions de tracts, simulacres de classes des années 50, mais pas d'appel à la grève), pour "protester contre les mauvais choix ministériels" faits pour l'école. Un mercredi festif !
    L'appel n'est pas unitaire, puisqu’il n’est pas suivi, au niveau national, par le Sgen-CFDT (2e dans les collèges-lycées, ni le Snalc-Csen (3e). En outre, contrairement aux précédentes journées de grève (20 novembre, 24 janvier), le mouvement ne s'inscrit pas dans une journée d'action plus large de la fonction publique.
    Selon cette intersyndicale partielle, la réforme du système éducatif "met en péril l'organisation des enseignements" et "dégrade les conditions de travail des personnels et des élèves". Par avance, elle craint de surcroît, au travers du rapport Pochard sur la condition enseignante, que la "revalorisation" promise par le candidat Nicolas Sarkozy en campagne se traduise en réalité par la polyvalence des enseignants (pour être honnête, il ne s'agit de bivalence) et la refonte de l'organisation de leur temps de travail, ce qui serait "porteur de dangers pour les statuts et les missions des enseignants". Le SNES-FSU et le SUipp-FSU se veulent des syndicats de progrès mais s'avèrent aussi frileux que peuvent l'être des conservateurs. Puisque les syndicats de la gauche réactionnaires s'en garderont bien, il faut pourtant dire qu’à nos frontières et le Royaume Uni et l’Allemagne, par exemple, pratiquent déjà depuis de nombreuses années le système voulu maintenant par le gouvernement.
    Ce rapport Pochard a été remis début février au ministre de l'Education, lequel doit annoncer ses décisions sur ce sujet en avril-mai: un joyeux mois de mai en perspective!...
    Les organisations syndicales, soutenues par certaines fédérations de parents d'élèves et lycéens, entendent par ailleurs "rappeler (...) leur refus de la généralisation des baccalauréats professionnels en trois ans", le « bac pro ».
    Leur réforme en cours doit aboutir à la rentrée 2009 à une formation en trois ans au lieu de quatre actuellement, par le biais et la suppression de certains BEP, en deux ans après le brevet, selon les secteurs d'activité. Parler de suppressions est extrêmement injuste puisqu’il s’agit d’une part de prolonger la formation et d’autre part à un niveau plus élevé. Revendiquer plus d’enseignement et refuser le passage de deux à trois années de formation n’est pas très cohérent.

    Le 24 janvier dernier, journée d'action qui avait également concerné les écoles primaires et à laquelle appelaient la quasi-totalité des syndicats, les grévistes étaient entre 34,21% selon le ministère, qui ne dénombre ni les personnels qui ne sont pas en présence d’élèves ce jour-là, ni les malades, comme les morts en Corse, et 54% selon les syndicats qui comptent tous les personnels, y compris les personnels détachés ou convoqués à d’autres tâches et réunions.
    Nous pourrons faire la comparaison avec les chiffres du ministère, les seuls qui vaillent…