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jeudi 16 juillet 2009

Mythique, le bac est chaque année historique !

86%: nouvelle hausse pour les cancres français de l'Europe
Plus de 86 % des 622.000 candidats ont obtenu leur baccalauréat lundi 13

Mais la filière professionnelle, qui a bénéficié cette année pour la première fois d'une épreuve de rattrapage, obtient d'excellents résultats; elle est ainsi pour beaucoup dans ce nouveau record battu.

Le ministre de l'Education nationale, Luc Chatel, avait évoqué un « excellent cru » ; ce sera en réalité un millésime historique. Un score largement supérieur à 2007 et 2008 (83,7 %), déjà qualifiées d'années fastes.
Inflation des mentions au 1er groupe: 59,3 % ont obtenu une mention au bac général, 52,9 % au bac professionnel et 36,5 % au bac technologique. A quand du rab de mentions à l'issue des rattrapages (à partir de 8/20) du 2e groupe ?...

Une mascarade, selon CGT Educ'action

Les excellents résultats de cette cuvée 2009 doivent beaucoup à la montée en flèche des performances des candidats au baccalauréat professionnel (bac pro). Cette année, 87,1 % d'entre eux ont obtenu le précieux sésame, contre à peine 76, 6 % en 2008 et 77, 9 % en 2007. Un record pour la benjamine des filières (elle a été créée en 1985), qui peine encore à s'imposer comme un bac à part entière dans les esprits, d'autant qu'elle n'ouvre pas vraiment les portes de l'enseignement supérieur. Elle est en revanche appréciée dans le mond du travail.
Faut-il voir un effet de cette toute nouvelle « épreuve de rattrapage » ? Cette année, les 127.662 candidats au baccalauréat professionnel ont pu bénéficier d'une deuxième chance : un oral pour les lycéens ayant obtenu entre 8 et 10. Cette nouveauté, destinée, selon l'ancien ministre de l'Education Xavier Darcos, à mettre tous les candidats au bac « à égalité » (le rattrapage existe pour les autres filières), avait été contestée par certains syndicats d'enseignants, comme la CGT Educ'action, qui avait appelé les jurys à « refuser de participer » à cette « mascarade (…) dévalorisant le diplôme ». Là n'est cependant pas la seule explication car, avant même le début du rattrapage, les candidats au bac professionnel s'étaient cette année illustrés par leurs bons résultats.

Travailleurs, travailleuses des lycées, on vous spolie...

Cette délivrance de passeports pour l'enseignement supérieur à 86 % des candidats est significative en comparaison des 63 % de 1995. Ces candidats-là étaient-ils donc peu doués par la nature ou moins bien dotés par l'Education Nationale ? Combien de procès devant les tribunaux en perspective, si ces défavorisés de la nation portent plainte aujourd'hui ? Après tout, ne les aurait-t-on pas privés d'une première chance précieuse dans la vie ?
Bons résultats du bac pro
Pour tenter de prévenir toute insinuation, le tout nouveau ministre de la rue de Grenelle s'était dès la semaine dernière senti obligé de prévenir que le diplôme ne serait pas bradé en cette année de bronca lycéenne. Il avait ainsi assuré n'avoir « donné aucune instruction »d'indulgence aux correcteurs. « Je ne pense pas que mon prédécesseur l'ait fait »,avait-t-il ajouté.
Reste à savoir quel sera l'impact de la réforme qui leur permettra, dès l'an prochain, de tenter d'obtenir leur baccalauréat en trois ans au lieu de quatre.

Une hauteur des résultats inversement proportionnelle du niveau

  • L'opinion est convaincue que la démocratisation et la massification de l'éducation sont incompatibles avec la qualité.
    En septembre 2008, un sondage TNS SOFRES-Logica pour France 2 et la presse quotidienne régionale réalisé montrait que, pour 60 % des personnes sondées, le niveau des élèves est moins bon qu'il y a vingt ans. Ce bilan négatif est par ailleurs partagé aussi bien par les jeunes (61 % chez les moins de 25 ans) que par leurs aînés (65 % chez les plus de 65 ans). Tous des réactionnaires élitistes ?
    Sont stigmatisés: la maîtrise de la langue française, la préparation à la vie professionnelle, la surcharge des classes, et les effectifs des enseignants.
    Sujet de satisfaction: les relations entre les parents et les professeurs, même si une majorité de sondés estiment que les enseignants manquent d'autorité avec leurs élèves.

  • Des signaux négatifs s'accumulent sur les performances de l'école en France. Réalisée dans 57 pays représentant 90 % de l'économie mondiale et publiée le 5 décembre 2007, l'enquête internationale PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) de 2006 montre que les compétences des élèves français de 15 ans se situent un peu en dessous de la moyenne des 30 pays de l'OCDE. C'était déjà le cas en 2003 et en 2000 lors des premières éditions de cette enquête. Les nouveaux résultats marquent un recul de plusieurs rangs dans les classements par domaines de compétences.
    En savoir plus : LIRE le rapport de l'OCDE/PISA (lien)

  • La rengaine du niveau est un sujet tabou

    Postulat
    : la réussite au bac de 86% des candidats et de 66% d'une classe d'âge ne signifieraient pas que le diplôme est bradé.


    Malgré les résultats de l'enquête PISA de l'OCDE, la pensée unique produit des raisonnements 'redoutables' comme celui-ci:<br>
    « En 1850, 1% d’une classe d’âge obtenait le baccalauréat. En 2009, 66,4%. Se réjouit-on d’une telle progression? Point. La session 2009 du premier diplôme universitaire – toutes séries confondues – atteint un niveau record de réussite (86%). Ce chiffre représente pour certains la preuve irréfutable, non, comme on pourrait légitimement le penser, de la qualité de notre enseignement secondaire, mais, bien au contraire, celle de son échec généralisé. Le paradoxe est redoutable. Il y a en France une tradition assez perverse d’(auto)dénigrement de notre système scolaire, où les bons chiffres deviennent suspects. Rien ne va plus: près de neuf élèves sur dix obtiennent leur bac! L’heure est grave. Il faudrait interroger les ressorts, enfouis au plus profond de notre inconscient collectif, qui nous font sans cesse douter de notre propre capacité à transmettre. Ou plutôt, de la valeur même de notre transmission dès lors qu’elle s’adresse au plus grand nombre. Car c’est bien de cela qu’il s’agit ici. » Un détail: au temps de ce 1% de réussite, le bac était-il comme aujourd'hui un diplôme de fin d'études ou un parchemin de valeur ?

    «L'orthographe, science des ânes »

    « Je lis ici ou là les remarques de quelques enseignants correcteurs du baccalauréat cette année. Un grief en particulier revient, lancinant: les lycéens ne maîtrisent plus l’orthographe. [Les profs non plus...] La belle affaire. [sic] Hervé Hamon , qui a beaucoup réfléchi sur la question, [rien de commun avec cet autre penseur illustre nommé Benoît!] notamment dans son livre «Tant qu’il y aura des élèves», cite Victor Bérard, professeur en Sorbonne: «Les trois quarts des bacheliers ne savent pas l’orthographe». C’était en 1899. Que, à 110 ans de distance, le même constat désolé revienne dans la bouche de ceux qui se sentent seuls légitimes du savoir qu’ils détiennent, pour mieux dénigrer celui de la génération qui les suit, laisse songeur. Et que l’orthographe soit restée le point névralgique de ce dénigrement, elle qui n’a jamais cessé d’incarner, semble-t-il, le saint graal qui distingue l’élite de l’ignorante turba – en dit long sur les motivations réelles de ceux qui déplorent le record de réussite au baccalauréat 2009.
    [L'évaluation de la qualité de l'orthographe est fonction de la période précédente: comparée à la période suivante, ell serait supérieure. En outre, aujourd'hui, l'aptitude à développer un raisonnement sain est manifestement autant en cause que l'orthographe.]

    Le coup très tendance du mépris

    "Cette rengaine montre d’abord une peur pathétique, un mépris malsain, d’une génération pour celle qui vient après elle, et qui doit, fatalement, la remplacer. Il y a là une crise profonde de la transmission — souvent interprétée, à tort, comme une crise d’autorité, laquelle n’en est au fond qu’un symptôme. [Des affirmations en guise de raisonnement mais qui ne sont que des sentiments] Comme si nous voyions la jeunesse incapable, par essence [!], de prendre la relève, indigne, même, de nous succéder [attention, délire]. Si le niveau baisse, non pas depuis trente ans, mais depuis plus de cent, depuis toujours en réalité, il est surprenant que l’humanité n’en soit pas revenue à l’âge de pierre. [Que l'âge de l'informatique nous en garde !]

    Cause du mal qui ronge l'école: la pensée unique que voici, que voilà !

  • « Nous voulons bien transmettre, mais à condition que les nouveaux venus n’aient pas l’audace de s’approprier librement ce savoir qui appartient à tous et à personne, et d’en faire ce qu’ils doivent: autre chose. Alors on se rattache à la sacro-sainte orthographe, valeur sûre et inaliénable mais dont la maîtrise n’en dit jamais très long sur la liberté de pensée de l’individu. L’orthographe n’est pas tout. »
  • Le deuxième enseignement de la rengaine a une dimension idéologique
    "Face à cette peur de ce que la jeune génération pourrait faire de notre patrimoine intellectuel, certains [ les nommer serait-il leur faire trop d'honneur? ] sont tentés de n’admettre que quelques élus dans le cercle, qu’ils rêvent fort restreint, des initiés. C’est la raison première qui les fait déplorer, contre toute raison, les résultats exceptionnels du baccalauréat 2009. Un diplôme n’a de valeur que s’il est attribué à quelques-uns, soigneusement sélectionnés pour leur capacité à reproduire les modes de pensée déjà en vigueur. Le nombre grandissant des lauréats est leur seul argument pour décréter la fabuleuse baisse du niveau, que contredisent toutes les études sérieuses sur le sujet. [Cette dernière affirmation sans références est tellement peu 'sérieuse' qu'elle est même inexacte. L'ensemble de ce verbiage ignore d'ailleurs ce que sont ces 'modes de pensée en vigueur' dans l'Education Nationale. Par son idéologie dominante, l'hégémonique FSU -fortement marquée à gauche- participe à l'élaboration des programmes, des directives et des sujets d'examen et pèse sur les consignes de correction et les jurys du bac.]

    Bref, on a compris que l'orthographe est donc une survivance bourgeoise, un instrument de domination, voire d'oppression, elle est inégalitaire et anti-démocratique... L'orthographe nouvelle rend plus libre. L'orthographe approximative n'est ni un handicap, ni une entrave à la compréhension, comme à la communication. A preuve ce qui suit: « Je n'aime pas l'écrit » et « Je n'aime pas les cris ». N'en sommes-nous pas passés de la civilisation de l'oral à celle de l'image ?...

    « Les diplômes, le baccalauréat en tête, ont perdu de leur valeur puisqu’un bachelier d’aujourd’hui n’accède plus au même statut social qu’un bachelier des années soixante. C’est incontestable. Mais l’effet est purement mécanique, dans une société où près de 40% d’une classe d’âge atteint désormais le niveau de la licence. Faut-il pour autant regretter que notre pays connaisse un niveau d’étude généralement plus élevé ? » Rien précisément ne dit ni ne prouve que le niveau soit plus élevé. Les bourgeois assurent justement le contraire.

    Monsieur Jourdain n'est pas mort !

    « Je demande aujourd’hui à mes élèves de troisième de maîtriser des notions de narratologie que je n’avais abordées, en mon jeune temps, au mieux, qu’au lycée. » Les 'didascalies' sont du même tonneau, mais elles ont toujours été étudiées, dès le collège, sans le savoir et sans pédanterie.

    Démocratie, démagogie et malheur pour tous

    « L’autre argument, plus pernicieux, prétend que si un nombre toujours plus grand de candidats obtient un diplôme donné, c’est bien qu’on le donne à n’importe qui. Le retournement est saisissant et en dit long sur l’idée que se font certains de la visée démocratique de notre école. [...La fameuse méritocratie républicaine... ] ne sert plus aujourd’hui qu’à la reproduction d’une aristocratie, intellectuelle et socioéconomique repliée sur elle-même. »
    [Mais le bas blesse]
    « Une fois démonté le mythe de la baisse du niveau, il reste néanmoins deux problèmes [...] D’abord le taux d’échec préoccupant des étudiants à l’université, notamment en première année. Il paraît soutenir, évidemment, l’argumentaire des Cassandre de l’école. Puisqu’un étudiant sur deux échoue en première année de licence, c’est bien qu’il n’était pas digne du diplôme qu’on lui a bradé en fin de secondaire. La solution ? Introduire une sélection à l’entrée de l’université: ainsi on verra bien qui «mérite» vraiment d’y entrer. En réalité, la sélection existe déjà, elle a nom «classes préparatoires» [CPGE] [rien n'a voir pourtant avec l'université !], lesquelles monopolisent la quasi totalité des étudiants dits les meilleurs. [Les doctorants seraient donc des nuls et tous les possesseurs socialistes d'un DEA aussi...] [Et le second problème, où est-il passé ?]

    Deux phénomènes conjoints peuvent expliquer les difficultés de l’université, sans pour autant remettre en cause la validité du baccalauréat.
    [!] Le premier ressort de l’orientation [et des COP (conseillers 'orientation psychologues) des CIO]. Nombre d’étudiants en échec sont ou bien des jeunes qui se sont engagés dans une filière sans en connaître tous les enjeux, ou bien des lauréats du baccalauréat professionnel qui, mal renseignés, viennent tenter leur chance là où ils croient voir les seules études valables, parce que leur bac, ils le savent bien, est toujours considéré de seconde catégorie, et parce que les IUT et DUT, qui devraient leur être réservés, accueillent les bacheliers des sections générales avec un peu trop d’empressement.[Et le second, qu'elle est-il et de quoi 'ressort'-il donc?]
    [Le niveau des bacs étant ce qu'il est, cette réorientation est en effet de la lucidité ou un repli stratégique qui démontre bien dans les faits ce que 'certains' veulent taire quand encore ils ne tentent pas de raisonner à vide.
    A propos,
    qui a appelé les jurys à « refuser de participer » à cette « mascarade [du rattrapage au bac pro] dévalorisant le diplôme »? N'est-ce pas la CGT Educ'action ? ] Comment le bac pro serait-il dévalorisé, quand les autres ne le seraient pas ?
  • mardi 12 mai 2009

    L’université refoule les futurs étudiants




    Les inscriptions de lycéens en chute libre à l'université
    Les futurs étudiants se détournent de l'université pour lui préférer des formations plus encadrées et moins susceptibles d'être perturbées par des mouvements sociaux. Europe 1 a révélé mardi les chiffres des pré-inscriptions de lycéens alarment le ministère de l'Education Nationale.
    Bien que les demandes d'admission en licence restent encore les plus nombreuses chez les élèves de terminale générale, selon le ministère en fin de semaine dernière, moins d'élèves de terminales ont néanmois choisi l'université en premier voeu pour l'année prochaine.
    Dans certaines facultés, parmi les plus touchées par les blocages ces dernières mois (nous en sommes à la 15e semaine de perturbations), les souhaits d'admission sur le portail internet www.admission-postbac.fr sont en chute libre :
    -15% de demande d'inscription à Rennes-II,
    -25% à Paris-IV
    -ou encore 50% à Paris-VIII.

    Les bloqueurs vident les facs
    Non seulementils empêchent les étudiants de suivre leurs cours, mais ils détournent les lycées. Yohann, étudiant en 1ère année de Géographie à Bordeaux-III, a "déconseillé à son frère, en Terminale cette année, de s'inscrire à la fac". "Je savais qu'il y avait des petits mouvements de grève tous les ans, mais je ne pensais pas qu'on perdait une année", a témoigné sur Europe 1 le jeune homme, qui pense à "se réorienter vers autre chose".

    L'université pâtit aussi d'autres facteurs comme la volonté des futurs étudiants de suivre des formations mieux encadrées, comme les BTS (Brevets de techniciens supérieurs). Selon Emmanuel Davidenkoff, directeur de la rédaction du magazine L'Etudiant et chroniqueur militant de France Info, les parents encouragent leurs enfants à "jouer la sécurité" en temps de crise. Ils les incitent à s’orienter vers des formations professionnelles, au détriment des formations universitaires, longues et théoriques. Les diplômes les plus dévalués sont d’ailleurs ceux de lettres, dont les facultés sont principalement paralysées. Les filières psychologie, sociologie ou histoire de l’art sont les premières victimes de la crise et des bloqueurs. Les 632.000 candidats bacheliers généraux qui se sont pré-inscrits sur "Admission Postbac" demandent :
    - 42,2%, une licence générale à l'université ;
    - 18,6%, un Institut universitaire de technologie (IUT) ;
    - 18,3%, une classe préparatoire aux grandes écoles (CPGE) ;
    - 11,9% une Section de technicien supérieur (STS) ;
    - et 9% une autre formation, indique le ministère.

    La FSU (SNES et Snesup) et l’UNEF ne sont ni responsables, ni coupable.

    Elles veillent tellement bien aux intérêts des lycéens qu’ils demandent moins de formation !
    Et qu’est-ce qu’on dit à Gérard Aschieri, ici à gauche, avec Moindrot (Snuipp) ?

    mardi 3 février 2009

    La FSU s’oppose aussi à la réforme des universités

    Les enseignants du Snes-sup bloquent 45% des cours

    Les étudiants subissaient lundi le blocage d’"au moins 45% des activités d'enseignement de "leurs professeurs du Snes-Sup-FSU.

    Le dialogue syndical par la grève

    Les revendications - retrait du projet de décret sur le statut des enseignants-chercheurs, retrait de la réforme de la formation des enseignants, remise en cause des suppressions de postes - rassemblent désormais, outre les professeurs, "des centaines d'étudiants" et "des personnels Biatoss" (bibliothécaires, administratifs, techniciens), a poursuivi le syndicat.
    Mais ni le syndicat, ni la presse n’avoue que les enseignants d’université redoutent les conséquences de l’autonomie qu’ils ont réclamée dpuis plus de trente ans sans que la gauche la réalise mais que la droite leur propose enfin. La notation des professeurs par les présidents d’universités les indispose particulièrement.

    Vers une "grève généralisée" ?

    La plupart des établissements universitaires, de la plus grande université - Strasbourg - au centre universitaire d'Albi, connaissent de fortes perturbations: cours non assurés et assemblées générales. Plus de 20 000 étudiants en France, essentiellement en province, selon l'UNEF ont participé à des assemblées générales. Les étudiants ne reprennent leurs cours que le 9 février.
    La grève touche également, et fortement, les centres IUFM (Instituts de formation des maîtres, noyautés par la gauche), les IEP (Instituts d'études politiques) et plusieurs IUT" (Instituts universitaires de technologie).

    Les profs poussent leurs étudiants à la grève

    > Le Snes-Sup est aux commandes
    Il devait intervenir, lors de la réunion de la Coordination nationale des universités lundi après-midi à Paris et à l’issue de la journée, la coordination nationale des enseignants-chercheurs, a appelé à la 'grève illimitée', ainsi qu'à des manifestations les 5 et 10 février.

    > Les slogans
    'Contre la casse de l'enseignement supérieur, Paris-VII en lutte' : lettres noires sur fond écarlate, une banderole s'étale dans un coin de l'amphi. 'Un enseignant-chercheur ne pourra plus faire ses recherches correctement', affirme l'un des organisateurs de l''AG'.

    > La désinformation psychologique
    Trop technique, pas assez mobilisateur, le décret qui modifie le déroulement de carrière des enseignants-chercheurs est vite expédié. Les intervenants s'attardent sur d'autres sujets, plus anxiogènes pour les quelque 200 étudiants massés sur les bancs. La réforme de la formation des enseignants du primaire et du secondaire est de ceux-là.

    > Caricature et dramatisation
    Les intellectuels ne s’embarrassent pas de morale, même laïque.

  • 'C'est la fin du Capes. Il y aura des profs de mauvaise qualité, qui seront jetés dans la cage aux loups (les élèves ) sans formation, explique une enseignant-chercheur, avant de partir pour la coordination nationale. Et vous savez ce que ça signifie pour vous : une année d'études en plus et une année de retraite en moins.'
  • Le "débat participatif" typique
    L'amphi l'applaudit. Christophe tente une question: 'Est-ce qu'il ne serait pas possible d'aller un peu plus loin sur le fond des dossiers ?' 'Rien n'empêche d'expliquer', rétorque vertement un militant avant de se lancer dans une critique sur les dangers des 'cours donnés par des patrons, des stages non payés, tous les trucs professionnalisant qui se font au détriment des diplômes.'

  • Une syndiquée à l'UNEF lance: "L'université n'est pas responsable du chômage, c'est la crise." En signe d'approbation, l'assemblée tape des pieds. "La réforme du financement des universités, c'est la porte ouverte à l'augmentation des frais d'inscription", poursuit-elle.
  • Les rares enseignants-chercheurs présents veillent à la radicalisation du mouvement.

    >
    L’un d’eux s'inquiète: "Ce serait une erreur qu'il n'y ait pas de manifestation cette semaine. Il faut que nous nous montrions." Rendez-vous est pris pour jeudi 5 février à 14 heures.

    >
    Un autre se veut rassurant."Vos diplômes, vous les aurez. Vous pourrez rattraper vos cours, il y a un certain nombre d'enseignants qui seront prêts à vous aider", promet un professeur. Peut-être de la compréhension aux jurys d’examens…
  • > Un étudiant candide se risque en milieu hostile. "Depuis que je suis étudiant, j'ai déjà perdu plus d'un mois et demi de cours. Cessez de vous servir des étudiants pour faire aboutir vos revendications. Pourquoi s'attaquer aux cours, arrêtez de publier vos recherches, ce serait un moyen de pression plus efficace", lance-t-il aux rares enseignants-chercheurs présents. Un ange passe...

    => "Nous sommes combien aujourd'hui ?", s'interroge un petit groupe en quittant la salle. Dans une envolée, un étudiant lâche : "Il suffit d'une étincelle pour embraser la prairie."

    mercredi 10 décembre 2008

    Les lycéens de la FIDL, fers de lance de l’opposition socialiste et républicaine

    L’agitation qui monte est prévue pour durer
    Peu d’estimations de la participation, mais un indice : des « actions symboliques »…

    Montée en puissance planifiée, pourtant

    Ce mercredi était une journée d’action à l’appel des principales fédérations de l'Education, marquées à gauche.
    > Elles ont organisé des rassemblements un peu partout en France, pour "maintenir la pression" contre la politique du gouvernement ! Elles attendent une montée en pression de la tension dans les lycées contre la réforme Darcos.
    > Elles ont prévu de se réunir jeudi dans la soirée pour faire le point sur la situation et discuter d'un éventuel mot d'ordre de grève pour début 2009. Le Syndicat national des enseignements de second degré (SNES-FSU, syndicat dominant des collèges et lycées) appelle, dans un communiqué, à des "réveillons revendicatifs" le 15 décembre au soir dans tous les lycées de France.

    Les co-gestionnaires ne veulent pas lâcher l’Education Nationale

    > C’est un rite dans les fédérations d’opposition de l'Education de dénoncer des restrictions budgétaires, des suppressions de postes, des "réformes à marche forcée", et exigent (!) du gouvernement qu'il "investisse" dans le secteur éducatif, comme si ce n’était pas le cas, dans tous les cycles et Valérie Pécresse doit apprécier d’apprendre qu’elle n’investit pas…

    Le programme de la Fidl socialiste, ce mercredi
    Comme mardi 9, des manifestations de quelques centaines de lycéens ont à nouveau eu lieu dans l'Ouest de la France, essentiellement en Bretagne et Loire-Atlantique selon des sources syndicales, notamment à Brest et Nantes, deux villes d’opposition, dont les maires républicains sont respectivement François Cuillandre (PS) et… Jean-Marc Ayrault (président du groupe socialiste à l’Assemblée Nationale) et qui jouent probablement un rôle modérateur…

    >
    Côté enseignants de la FSU, puisque le SGEN-CFDT ne s’est pas associé, la plupart des rassemblements de mercredi étaient prévus en fin d'après-midi ou début de soirée, notamment à Amiens (Somme), Vesoul (Haute-Saône), Granville (Manche), Alençon (Orne), Montpellier et Béziers (Hérault), Epinal et Saint-Dié (Vosges), Nantes et Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), Le Mans (Sarthe), La Rochelle (Charente-Maritime), Rennes (Ille-et-Vilaine) ou encore Strasbourg (Bas-Rhin), selon un relevé effectué par le SNES. Les syndicats attendaient quelques centaines de personnes à chaque fois pour ces manifestations ponctuées de distribution de tracts.Sur ces treize villes, 10 appartiennent à l’opposition(principalement socialiste)

    > A Paris, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées en fin d'après-midi devant la gare Saint-Lazare. Beaucoup de manifestants, étudiants comme enseignants, avec leurs enfants, voisins et amis, dont des militants venus déguisés en Père Noël, Père Noël vert de préférence pour le Secours populaire. "C'est une action sur le thème 'le père Noël est une ordure', parce que nous refusons les pseudo-cadeaux qui sont actuellement faits par Xavier Darcos", a déclaré le secrétaire général de la FSU, Gérard Aschieri, un joyeux drille (ci-contre).
    "Cette journée d'action est faite pour (...) dire que la mobilisation continue, qu'il y a des problèmes dans l'éducation et que les enseignants, les parents ou les élèves attendent des réponses que le gouvernement n'a toujours pas apportées", a-t-il ajouté.

    Un calendrier déjà chargé d’actions de contestation
    > La FIDL annonce d’ailleurs de nouvelles manifestations lycéennes dans plusieurs régions pour jeudi. Elle est opposée à la réforme des lycées qui doit entrer en vigueur dans les classes de seconde en 2009, annonce qu'elle appellera à des "dates de mobilisation nationale", en janvier.
    > Dans l'enseignement supérieur, l'UNEF a aussi prévu d’appeler les étudiants des Instituts universitaires de technologie (IUT) à une journée nationale de mobilisation mardi prochain, pour défendre le budget des IUT.
    "Le mécontentement va continuer et, au retour des vacances de Noël, nous ferons tout pour qu'il puisse s'exprimer de manière plus massive", a menacé Gégé Aschiéri, le grand manitou gris de la FSU.
    Avec dans sa hotte, des diplômes par milliers, bien mérités.

    vendredi 21 septembre 2007

    Le bac, dépecé, vidé et farci...

    L’OCDE et Darcos tordent le cou au bac.
    L’OCDE (rapport dans Les Echos-doc pdf-) est l’auteur du dernier gag en matière d’éducation. Sans rire, cette organisation observe que les bacheliers qui n’ont pas le bac rencontrent davantage de difficultés à trouver un emploi que les autres, c’est-à-dire les 90% qui se voient offrir le bac! Conclusion inattendue? Il faudrait encore plus de laxisme et l’attribuer à tous Défense de rire! L’OCDE fait du Besancenot qui préconise d’aligner tous les régimes de retraite sur les régimes spéciaux : plutôt 37 annuités et demi plutôt que 40, pour faire face au vieillissement de la population et au déficit budgétaire… L’OCDE propose en somme que le bac ne soit plus qu’un certificat de fin d’études, et non plus le premier diplôme universitaire, qui n’est d’ailleurs plus le sésame pour aller couler des jours heureux dans n’importe quelle filière, pourvoyeuse de chômeurs.
    Le bac transformé de parchemin en peau de chagrin !
    Le ministre de l'Education, Xavier Darcos, souhaite s'attaquer à la suprématie de la filière S. L’intention est louable…
    La question est en fait de savoir si les lycéens passeront un jour un seul et même bac ? Pour rééquilibrer les filières entre elles,
    le ministre de l'Éducation a évoqué la création d'une filière commune et donc d'un seul bac en tronc commun, avec des options. Au moment où le tronc commun est condamné au collège, on en reste baba (pas cool) !
    Il s'agirait par exemple pour les lycéens de présenter les matières principales comme le français, la philosophie, les mathématiques, la physique et de passer en outre des options de mathématiques renforcées ou encore de … latin ( !). Et les langues? « C'est une orientation vers laquelle il faut aller mais ça ne peut pas se faire sans qu'on ait parlé très longtemps auparavant avec nos collègues », a-t-il déclaré jeudi 13 septembre sur RMC.
    Le tabou d'une modification du bac serait-il levé ? Risque pas! Tous les ministres qui se sont penchés sur la question se sont cassé les dents lorsqu'ils évoquaient, notamment, un passage du bac au contrôle continu –ce qui n’a rien à voir avec le projet actuel-, espérant, au passage, économiser une partie des 45 millions d'euros que coûte cette institution chaque année à la collectivité –ce qui reste d’actualité, vu la multitude d’options, rien qu’en langues diverses et variées, mortes ou moribondes, sans critère d’utilité, puisqu’on sacrifie à la culture. Mais l'idée d'un bac unique est évoquée pour la première fois.
    Dans l'entourage du ministre, on précisait le 13 avec prudence qu'il n'est « absolument pas question de supprimer le bac », mais qu'un rééquilibrage des séries, en amont, pourrait être envisagé. Des propositions en ce sens seront faites en janvier 2008. La dernière réforme d'ampleur sur le sujet qui date de 1993 n'a pas, en effet, produit les effets escomptés : revaloriser la filière L (littéraire -souvent peuplée d’élèves que les conseils de classes n’arrivent pas à caser ailleurs) et réduire la suprématie du bac S (scientifique, peuplée d'arrogants qui n'ont pourtant encore rien réussi, malgré le gavage en cours particuliers de ... maths). La décision -par les parents- du passage de première en terminales, même et surtout contre l'avis du conseil de classe, va-t-elle durer, pardon, 'perdurer', c'est tellement plus actuel.

    Personne au ministère, mais encore moins à la FSU ou au SGEN ou encore au SNALC, pourtant bien pourvus à priori en intellectuels de haute volée, n’a envisagé de rééquilibrer les coefficients, dont certains atteignent de sommets qui donnent le vertige aux élèves et à leurs parents et aux profs qui enseignent les maths aux somptueux coefficients de 7, voire 9 (contre 3 en LV1, anglais par exemple, tellement inutile), en série S (scientifique). Il faut ajouter des coefficients 7 en science physique ou SVT, toujours en série S , pour comprendre que le choix stratégique élémentaire est vite pris de négliger d’apprendre à raisonner sur un texte (ou même à le comprendre…), à rédiger dans sa langue maternelle ou à parler la langue véhiculaire la plus répandue. OK ? L’avènement du bon sens n’est toujours pas annoncé au ministère depuis la dernière présidentielle.

    Pour la quatrième fois en trois semaines, le ministre ne s'est pas seulement attaqué à l'élitisme du bac S (scientifique). La série ES (économique et social) est aussi dans l’œil du cyclone. Trop peu de bacheliers ES vont en classe prépa, considère-t-il, comme si c’était le critère ultime. « De même dans les sciences humaines et dans certains grands amphis de droit ou de langue, on voit des taux d'échec qui ne sont pas négligeables », assure le ministre. Observation justifiée qui nous renvoie aux coefficients démobilisateurs que le ministre veut ignorer. En réalité, Xavier Darcos souhaite casser la hiérarchie mythique des filières qui veut aujourd'hui que S soit considérée comme la voie royale mais qui draine des candidats peu scientifiques qui obtiennent le bac en ajoutant des coeff. de matières littéraires pour compenser les faiblesses en enseignement scientifique, lequel assure plus de débouchés et de nombreux déboires, aussi. X. Darcos s'inquiète que la série littéraire soit désertée ou mal pourvue et que S ait pour principale fonction « de sélectionner des élites tant scientifiques que littéraires », ce qu’elle ne réussit pas à faire. Il souhaite que plus d'élèves s'orientent vers L, et que ceux qui choisissent S veuillent vraiment faire une carrière scientifique. Une série, au lieu de trois , en bac général…

    Ces propos ont suscité l'ire des professeurs d'économie (qui ont de beaux restes de latin…) mais aussi celle des lycéens, ou de leurs représentants, qui n’ont pas pu matériellement le temps de consulter leurs bases…. Pour Tristan Rouquier (toujours au lycée?), de la FIDL(bien à gauche) , l'un des deux syndicats lycéens, il faut surtout « se demander pourquoi les prépas aux écoles de commerce prennent en majorité des bac S ». Ce qui n’est pas faut, mais qui est une bizarrerie à laquelle le ministre tente précisément de s’attaquer. Le syndicat d’élèves de gauche considère par ailleurs que la question essentielle n'est pas celle des lycéens titulaires d'un bac général, qui réussissent peu ou pas en fac –un réel problème que la Fidl ne peut pas évacuer avec cette légèreté- quelle que soit la filière, mais plutôt celle des sections technologiques dont les taux de réussite au bac sont glorieux, mais dont les taux d'échec sont massifs à l'université. Les BTS (en deux ans) existent pourtant, avec la possibilité de continuer en IUT. Si la Fidl veut s’intéresser aux sections technologiques, il faut donc qu’elle le fasse sérieusement, sans misérabilisme, ni démagogie. La complicité de la presse spécialisée, qui ne peut pas ignorer les BTS et les IUT, participe d’ailleurs de cette hypocrisie…
    Les professeurs de sciences économiques estiment quant à eux que les bacheliers ES n'ont pas à rougir de leurs parcours. Un témoignage peu enthousiaste et sujet à caution, puisqu’ils souhaitent sauver leurs postes… La presse, qui se déclare spécialisée, n’adopte pas une attitude impertinente dans tous les cas de figures ! A l'université, 74,9 % d'entre eux réussissent leur licence sans redoubler, contre 70,4 % des bacheliers S et 69,8 % des bacheliers L, notent les professeurs, qui ajoutent sans parti pris militant que le bac ES mène à tout « même à la présidence de la République », remarquent-ils, ironiques, puisque Nicolas Sarkozy est titulaire d'un bac B, approximativement l'ancien bac ES. Puisqu’ils en sont aux approximations tendancieuses, ils noteront, en leur for intérieur, qu’il ne s’en est pas tenu là et qu’à l’époque du bac B, l'examen était nettement moins dévalué : moins ‘démocratisé’ et plus sélectif… Comme les élections présidentielles!
    Puisque ces professeurs sont drôles (ah! ah! ah!), nous compléterons leur éducation politique en leur apprenant que leur candidate favorite, Sa Cynique Majesté Royal, dont la courbe dans les sondages était si inflationniste, a fait une licence de ... Sciences économiques à la faculté de Nancy, mais s'est faite étendre à la Présidentielle 2007. Les facs de Sciences Eco ne produisent-elles que de bons produits? Darcos était pas arrivé à temps. Le PS ne s'en est toujours pas remis!
    Revaloriser les universités semble bien être l’objectif à attendre et ce n’est pas du luxe…