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mercredi 22 juin 2011

Fraude au bac S: qui veut sa mort ?


L'épreuve-phare de la section reine visée par les fossoyeurs du bac




Photo, ci-contre, du premier exercice
de probabilité du bac S,
postée sur un site de jeux
lundi soir, la veille de l’examen national
(cliquer pour agrandir).



Prémonition ou incitation ?

Dans la semaine qui a précédé le début des épreuves, les organes de presse avaient consacré avec insistance leurs reportages aux tricheries au bac.
"Nous avons eu plus de fraude l'année dernière que l'année précédente, c'est un indicateur. Deuxièmement, le rôle de l'Education nationale c'est de s'adapter, aujourd'hui (la fraude) ce n'est plus l'antisèche cachée dans le taille-crayon", a-t-il observé sur Canal+.
Selon les données EXIF liées à l'image, la photographie aurait été prise le 11 juin 2011, à 18h17, avec un BlackBerry 8520.

Les téléphones portables seront interdits dans les 4.737 centres d'examen, a-t-il précisé. Quelque 500.000 candidats ont commencé jeudi par la philosophie, avec des sujets portant sur les valeurs républicaines ou des thèmes généraux.

La cible n'est pas anodine
C’est un des exercices de mathématiques réservés aux séries S qui a été divulgué avec un jour d’avance sur l'Internet. L’information s’est répandue hier sur le web, au point de décider l’Education nationale à ouvrir une enquête sur ces soupçons de fuite.

Les agresseurs n'ont pas atteint leur objectif
Les 165.000 candidats, sur les 654.548 aspirants bacheliers de cette session 2011, n’auront pas à repasser l’épreuve.
L'épreuve ne sera pas annulée:
seul l’exercice sera neutralisé.

Message du saboteur
A en juger par la qualité du sujet d'examen (ci-dessus), apparu, dupliqué et diffusé sur le net, cette photo-copie photo de qualité fort médiocre serait due à un internaute anonyme, qui pour s'assurer que les épreuves seront bien annulées, recopie clairement l’intitulé de l’exercice et termine son message par un post-scriptum truffé de fautes d’orthographe, pour faire plus d'jeun, plus authentiquement lycéen:

"ps: j'ai déjà mon bac je vous rend services donc soyez content"

Plus vrai que nature, ce message d'illettré confirmerait que le malveillant pourrait ne pas être un véritable potache, mais un agresseur de bac, comme il existe aussi des destructeurs de caténaires.

Après enquête sur ces fuites présumées, Luc Chatel, le ministère de l’Éducation nationale, a annoncé avoir porté plainte.

Quelque 165.000 candidats, inscrits pour la série S du bac général, étaient concernés. C’est peut-être ce qui a dissuadé le ministre d’annuler l’épreuve. Les élèves n’auront donc pas à la repasser. L’exercice sera simplement neutralisé, c’est-à-dire qu’il ne comptera pas dans la note finale de mathématiques. À l’origine, il devait compter pour quatre points sur 20.Le barême sera adapté.

Une énigme bientôt résolue
Qui est à la source de cette fuite ?
Le concepteur du sujet, ou un proche ? S'agit-il d'un employé du service des examen: un militant, syndiqué ou non, qui aurait voulu narguer le ministère ? L’Éducation nationale a en effet publié le 26 mai une circulaire visant à renforcer la lutte contre la fraude aux examens. Si le fraudeur est identifié, il sera passible de "trois ans de prison et 9.000 euros d’amende", a rappelé le ministre ce matin.

Avec les soutiens syndical et médiatique, ainsi qu'une peine avec sursis, le vertueux humaniste ne risque rien, sinon la notoriété !

Le ministre a écarté, comme chaque année, toute remise en cause de cet examen
qui fait exception en Europe par le nombre d'épreuves et sa sélectivité supposée, malgré plus de ...80% de candidats admis: 85% en 2010. Le ministre a dit souhaiter que "100% d'une classe d'âge quitte l'école avec un diplôme", quel qu'il soit.

Bientôt le bac pour tous, remis avec le livret de la Caisse d'Epargne à la naissance ?

vendredi 11 décembre 2009

Histoire en terminale S: les opposants au changement ont peu mobilisé

La réforme du lycée bien accueillie

Les historiens agités ne représentent qu'eux-mêmes et ne réussisent pas à convaincre ceux-là même dont ils prétendent sauvegarder la bonne formation intellectuelle, humaine et politique, par le biais d'une approche biaisée de l'Histoire. Couverture de manuel d'histoire en terminales, éditions Magnard, ci-dessus.

La réforme du lycée a été plutôt bien accueillie jeudi par le monde éducatif

Le ministre de l'Education Nationale a présenté jeudi la réforme du lycée devant le Conseil supérieur de l'Education, en maintenant les changements prévus pour l'histoire-géographie en terminale S.
La polémique ouverte par des historiens marginaux bien que connus pour leur engagement à gauche (lire PaSiDupes), n'aura pas atteint son objectif, car trois des quatre grands textes examinés ont dégagé une majorité, alors que la manifestation des opposants à Paris a en outre peu rassemblé. En ouvrant le Conseil supérieur de l'éducation (CSE), instance consultative représentant enseignants, lycéens, parents et étudiants, le ministre de l'Education nationale Luc Chatel a défendu une réforme "réfléchie et pragmatique", "pas un choix idéologique".

Les objectifs de la réforme rappelés par le ministre

- permettre des réorientations jusqu'en 1ère incluse,
- revaloriser la filière littéraire "en perdition",
- spécialiser les terminales pour mieux préparer les lycéens à l'enseignement supérieur,
- et création de deux heures par semaine d'"accompagnement personnalisé".

=> Sur le choix de rendre optionnelle l'histoire-géographie en terminale S (scientifique), qui a suscité une levée de boucliers corporatiste, Luc Chatel a maintenu le cap.
Il a expliqué que l'histoire et la géographie feraient désormais partie, avec quatre heures, du "tronc commun" des disciplines enseignées à tous les lycéens en 1ère, "ce qui est profondément nouveau et qui ancre ces disciplines dans un socle de culture humaniste partagée".
Il a aussi défendu une autonomie accrue pour les établissements: les enseignants auront leur mot à dire pour organiser l'accompagnement personnalisé et les cours à effectifs réduits.
Enfin il a annoncé qu'il présenterait en mars ses choix de rénovation des filières STI (sciences et techniques industrielles) et STL (de laboratoire) du lycée technologique, "un enjeu stratégique pour notre pays".
Manuel de ST2S (Sciences et Technologies de la Santé et du Social), ci-dessus à gauche.

Les intéressés étaient en désaccord

La communauté éducative assure, histoire de ne pas perdre la face, qu'elle a fait évoluer les textes par des amendements. Le dialogue est donc possible avec un gouvernement de droite...
Mais elle se présentait plutôt divisée: huit syndicats d'enseignants ont demandé le retrait du projet, dénonçant les diminutions d'horaires de certaines disciplines et l'autonomie des établissements. En désaccord avec la FSU et la FIDL, le SGEN-CFDT et le SE-UNSA, les parents d'élèves de la PEEP, ainsi que, dans une moindre mesure, ceux de la FCPE (bien que marquée à gauche) et les lycéens de l'UNL, se sont montrés plus positifs, défendant notamment les nouveautés pédagogiques que constituent l'accompagnement personnalisé et la réorientation.

Trois des quatre textes dégagent une majorité

Hachette 2004, à gauche, et 2008, à droite

Trois des quatre grands textes ont dégagé une majorité

, observe la FCPE:

l'autonomie des établissements (32 voix pour, 26 contre, les autres étant des abstentions ou refus de vote), l'orientation (35 pour, 20 contre, 13 abstentions) et la classe de seconde (32 pour, 19 contre, 15 abstentions). Le texte sur le cycle terminal a recueilli 22 pour, 22 contre, 13 abstentions et 7 refus de vote. Au CSE, de tels votes globalement favorables sont "plutôt rares", a commenté Jean-Jacques Hazan, le président de la FCPE, dont les représentants se sont abstenus, du fait du contexte des suppressions de postes et de la réforme de la formation des enseignants, "totalement antagonique" à celle du lycée.


La manifestation à Paris, à l'appel des syndicats opposants, n'a rassemblé que 900 à 3.000 personnes selon les sources, surtout des lycéens. D'autres défilés ont réuni 1.500 lycéens à Bayonne, 600 au Mans, 200 à 300 à Toulouse, 200 à Rennes et 200 enseignants et lycéens à Marseille. En divisant par trois, on approche la réalité...

La réforme devrait pouvoir être appliquée dès la rentrée 2010

Après le passage devant le CSE, les étapes suivantes devraient faire l'objet d'un examen des textes en Conseil d'Etat, de leur publication au bulletin officiel, de la rédaction des nouveaux programmes et de la formation des professeurs aux nouvelles missions.

vendredi 21 septembre 2007

Le bac, dépecé, vidé et farci...

L’OCDE et Darcos tordent le cou au bac.
L’OCDE (rapport dans Les Echos-doc pdf-) est l’auteur du dernier gag en matière d’éducation. Sans rire, cette organisation observe que les bacheliers qui n’ont pas le bac rencontrent davantage de difficultés à trouver un emploi que les autres, c’est-à-dire les 90% qui se voient offrir le bac! Conclusion inattendue? Il faudrait encore plus de laxisme et l’attribuer à tous… Défense de rire! L’OCDE fait du Besancenot qui préconise d’aligner tous les régimes de retraite sur les régimes spéciaux : plutôt 37 annuités et demi plutôt que 40, pour faire face au vieillissement de la population et au déficit budgétaire… L’OCDE propose en somme que le bac ne soit plus qu’un certificat de fin d’études, et non plus le premier diplôme universitaire, qui n’est d’ailleurs plus le sésame pour aller couler des jours heureux dans n’importe quelle filière, pourvoyeuse de chômeurs.
Le bac transformé de parchemin en peau de chagrin !
Le ministre de l'Education, Xavier Darcos, souhaite s'attaquer à la suprématie de la filière S. L’intention est louable…
La question est en fait de savoir si les lycéens passeront un jour un seul et même bac ? Pour rééquilibrer les filières entre elles,
le ministre de l'Éducation a évoqué la création d'une filière commune et donc d'un seul bac en tronc commun, avec des options. Au moment où le tronc commun est condamné au collège, on en reste baba (pas cool) !
Il s'agirait par exemple pour les lycéens de présenter les matières principales comme le français, la philosophie, les mathématiques, la physique et de passer en outre des options de mathématiques renforcées ou encore de … latin ( !). Et les langues? « C'est une orientation vers laquelle il faut aller mais ça ne peut pas se faire sans qu'on ait parlé très longtemps auparavant avec nos collègues », a-t-il déclaré jeudi 13 septembre sur RMC.
Le tabou d'une modification du bac serait-il levé ? Risque pas! Tous les ministres qui se sont penchés sur la question se sont cassé les dents lorsqu'ils évoquaient, notamment, un passage du bac au contrôle continu –ce qui n’a rien à voir avec le projet actuel-, espérant, au passage, économiser une partie des 45 millions d'euros que coûte cette institution chaque année à la collectivité –ce qui reste d’actualité, vu la multitude d’options, rien qu’en langues diverses et variées, mortes ou moribondes, sans critère d’utilité, puisqu’on sacrifie à la culture. Mais l'idée d'un bac unique est évoquée pour la première fois.
Dans l'entourage du ministre, on précisait le 13 avec prudence qu'il n'est « absolument pas question de supprimer le bac », mais qu'un rééquilibrage des séries, en amont, pourrait être envisagé. Des propositions en ce sens seront faites en janvier 2008. La dernière réforme d'ampleur sur le sujet qui date de 1993 n'a pas, en effet, produit les effets escomptés : revaloriser la filière L (littéraire -souvent peuplée d’élèves que les conseils de classes n’arrivent pas à caser ailleurs) et réduire la suprématie du bac S (scientifique, peuplée d'arrogants qui n'ont pourtant encore rien réussi, malgré le gavage en cours particuliers de ... maths). La décision -par les parents- du passage de première en terminales, même et surtout contre l'avis du conseil de classe, va-t-elle durer, pardon, 'perdurer', c'est tellement plus actuel.

Personne au ministère, mais encore moins à la FSU ou au SGEN ou encore au SNALC, pourtant bien pourvus à priori en intellectuels de haute volée, n’a envisagé de rééquilibrer les coefficients, dont certains atteignent de sommets qui donnent le vertige aux élèves et à leurs parents et aux profs qui enseignent les maths aux somptueux coefficients de 7, voire 9 (contre 3 en LV1, anglais par exemple, tellement inutile), en série S (scientifique). Il faut ajouter des coefficients 7 en science physique ou SVT, toujours en série S , pour comprendre que le choix stratégique élémentaire est vite pris de négliger d’apprendre à raisonner sur un texte (ou même à le comprendre…), à rédiger dans sa langue maternelle ou à parler la langue véhiculaire la plus répandue. OK ? L’avènement du bon sens n’est toujours pas annoncé au ministère depuis la dernière présidentielle.

Pour la quatrième fois en trois semaines, le ministre ne s'est pas seulement attaqué à l'élitisme du bac S (scientifique). La série ES (économique et social) est aussi dans l’œil du cyclone. Trop peu de bacheliers ES vont en classe prépa, considère-t-il, comme si c’était le critère ultime. « De même dans les sciences humaines et dans certains grands amphis de droit ou de langue, on voit des taux d'échec qui ne sont pas négligeables », assure le ministre. Observation justifiée qui nous renvoie aux coefficients démobilisateurs que le ministre veut ignorer. En réalité, Xavier Darcos souhaite casser la hiérarchie mythique des filières qui veut aujourd'hui que S soit considérée comme la voie royale mais qui draine des candidats peu scientifiques qui obtiennent le bac en ajoutant des coeff. de matières littéraires pour compenser les faiblesses en enseignement scientifique, lequel assure plus de débouchés et de nombreux déboires, aussi. X. Darcos s'inquiète que la série littéraire soit désertée ou mal pourvue et que S ait pour principale fonction « de sélectionner des élites tant scientifiques que littéraires », ce qu’elle ne réussit pas à faire. Il souhaite que plus d'élèves s'orientent vers L, et que ceux qui choisissent S veuillent vraiment faire une carrière scientifique. Une série, au lieu de trois , en bac général…

Ces propos ont suscité l'ire des professeurs d'économie (qui ont de beaux restes de latin…) mais aussi celle des lycéens, ou de leurs représentants, qui n’ont pas pu matériellement le temps de consulter leurs bases…. Pour Tristan Rouquier (toujours au lycée?), de la FIDL(bien à gauche) , l'un des deux syndicats lycéens, il faut surtout « se demander pourquoi les prépas aux écoles de commerce prennent en majorité des bac S ». Ce qui n’est pas faut, mais qui est une bizarrerie à laquelle le ministre tente précisément de s’attaquer. Le syndicat d’élèves de gauche considère par ailleurs que la question essentielle n'est pas celle des lycéens titulaires d'un bac général, qui réussissent peu ou pas en fac –un réel problème que la Fidl ne peut pas évacuer avec cette légèreté- quelle que soit la filière, mais plutôt celle des sections technologiques dont les taux de réussite au bac sont glorieux, mais dont les taux d'échec sont massifs à l'université. Les BTS (en deux ans) existent pourtant, avec la possibilité de continuer en IUT. Si la Fidl veut s’intéresser aux sections technologiques, il faut donc qu’elle le fasse sérieusement, sans misérabilisme, ni démagogie. La complicité de la presse spécialisée, qui ne peut pas ignorer les BTS et les IUT, participe d’ailleurs de cette hypocrisie…
Les professeurs de sciences économiques estiment quant à eux que les bacheliers ES n'ont pas à rougir de leurs parcours. Un témoignage peu enthousiaste et sujet à caution, puisqu’ils souhaitent sauver leurs postes… La presse, qui se déclare spécialisée, n’adopte pas une attitude impertinente dans tous les cas de figures ! A l'université, 74,9 % d'entre eux réussissent leur licence sans redoubler, contre 70,4 % des bacheliers S et 69,8 % des bacheliers L, notent les professeurs, qui ajoutent sans parti pris militant que le bac ES mène à tout « même à la présidence de la République », remarquent-ils, ironiques, puisque Nicolas Sarkozy est titulaire d'un bac B, approximativement l'ancien bac ES. Puisqu’ils en sont aux approximations tendancieuses, ils noteront, en leur for intérieur, qu’il ne s’en est pas tenu là et qu’à l’époque du bac B, l'examen était nettement moins dévalué : moins ‘démocratisé’ et plus sélectif… Comme les élections présidentielles!
Puisque ces professeurs sont drôles (ah! ah! ah!), nous compléterons leur éducation politique en leur apprenant que leur candidate favorite, Sa Cynique Majesté Royal, dont la courbe dans les sondages était si inflationniste, a fait une licence de ... Sciences économiques à la faculté de Nancy, mais s'est faite étendre à la Présidentielle 2007. Les facs de Sciences Eco ne produisent-elles que de bons produits? Darcos était pas arrivé à temps. Le PS ne s'en est toujours pas remis!
Revaloriser les universités semble bien être l’objectif à attendre et ce n’est pas du luxe…