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mardi 3 février 2009

La FSU s’oppose aussi à la réforme des universités

Les enseignants du Snes-sup bloquent 45% des cours

Les étudiants subissaient lundi le blocage d’"au moins 45% des activités d'enseignement de "leurs professeurs du Snes-Sup-FSU.

Le dialogue syndical par la grève

Les revendications - retrait du projet de décret sur le statut des enseignants-chercheurs, retrait de la réforme de la formation des enseignants, remise en cause des suppressions de postes - rassemblent désormais, outre les professeurs, "des centaines d'étudiants" et "des personnels Biatoss" (bibliothécaires, administratifs, techniciens), a poursuivi le syndicat.
Mais ni le syndicat, ni la presse n’avoue que les enseignants d’université redoutent les conséquences de l’autonomie qu’ils ont réclamée dpuis plus de trente ans sans que la gauche la réalise mais que la droite leur propose enfin. La notation des professeurs par les présidents d’universités les indispose particulièrement.

Vers une "grève généralisée" ?

La plupart des établissements universitaires, de la plus grande université - Strasbourg - au centre universitaire d'Albi, connaissent de fortes perturbations: cours non assurés et assemblées générales. Plus de 20 000 étudiants en France, essentiellement en province, selon l'UNEF ont participé à des assemblées générales. Les étudiants ne reprennent leurs cours que le 9 février.
La grève touche également, et fortement, les centres IUFM (Instituts de formation des maîtres, noyautés par la gauche), les IEP (Instituts d'études politiques) et plusieurs IUT" (Instituts universitaires de technologie).

Les profs poussent leurs étudiants à la grève

> Le Snes-Sup est aux commandes
Il devait intervenir, lors de la réunion de la Coordination nationale des universités lundi après-midi à Paris et à l’issue de la journée, la coordination nationale des enseignants-chercheurs, a appelé à la 'grève illimitée', ainsi qu'à des manifestations les 5 et 10 février.

> Les slogans
'Contre la casse de l'enseignement supérieur, Paris-VII en lutte' : lettres noires sur fond écarlate, une banderole s'étale dans un coin de l'amphi. 'Un enseignant-chercheur ne pourra plus faire ses recherches correctement', affirme l'un des organisateurs de l''AG'.

> La désinformation psychologique
Trop technique, pas assez mobilisateur, le décret qui modifie le déroulement de carrière des enseignants-chercheurs est vite expédié. Les intervenants s'attardent sur d'autres sujets, plus anxiogènes pour les quelque 200 étudiants massés sur les bancs. La réforme de la formation des enseignants du primaire et du secondaire est de ceux-là.

> Caricature et dramatisation
Les intellectuels ne s’embarrassent pas de morale, même laïque.

  • 'C'est la fin du Capes. Il y aura des profs de mauvaise qualité, qui seront jetés dans la cage aux loups (les élèves ) sans formation, explique une enseignant-chercheur, avant de partir pour la coordination nationale. Et vous savez ce que ça signifie pour vous : une année d'études en plus et une année de retraite en moins.'
  • Le "débat participatif" typique
    L'amphi l'applaudit. Christophe tente une question: 'Est-ce qu'il ne serait pas possible d'aller un peu plus loin sur le fond des dossiers ?' 'Rien n'empêche d'expliquer', rétorque vertement un militant avant de se lancer dans une critique sur les dangers des 'cours donnés par des patrons, des stages non payés, tous les trucs professionnalisant qui se font au détriment des diplômes.'

  • Une syndiquée à l'UNEF lance: "L'université n'est pas responsable du chômage, c'est la crise." En signe d'approbation, l'assemblée tape des pieds. "La réforme du financement des universités, c'est la porte ouverte à l'augmentation des frais d'inscription", poursuit-elle.
  • Les rares enseignants-chercheurs présents veillent à la radicalisation du mouvement.

    >
    L’un d’eux s'inquiète: "Ce serait une erreur qu'il n'y ait pas de manifestation cette semaine. Il faut que nous nous montrions." Rendez-vous est pris pour jeudi 5 février à 14 heures.

    >
    Un autre se veut rassurant."Vos diplômes, vous les aurez. Vous pourrez rattraper vos cours, il y a un certain nombre d'enseignants qui seront prêts à vous aider", promet un professeur. Peut-être de la compréhension aux jurys d’examens…
  • > Un étudiant candide se risque en milieu hostile. "Depuis que je suis étudiant, j'ai déjà perdu plus d'un mois et demi de cours. Cessez de vous servir des étudiants pour faire aboutir vos revendications. Pourquoi s'attaquer aux cours, arrêtez de publier vos recherches, ce serait un moyen de pression plus efficace", lance-t-il aux rares enseignants-chercheurs présents. Un ange passe...

    => "Nous sommes combien aujourd'hui ?", s'interroge un petit groupe en quittant la salle. Dans une envolée, un étudiant lâche : "Il suffit d'une étincelle pour embraser la prairie."

    dimanche 25 novembre 2007

    Pression dissuasive de la Coordination étudiante sur l'UNEF

    L'UNEF confirme la tyrannie de la Coordination
    Les délégués de l'UNEF ont quitté la coor- dination nationale réunie à Lille pour dénoncer le climat de tensions engendré selon le syndical étudiant dominant par sa démarche de dialogue dans sa négociation avec le gouvernement sur la loi sur l'autonomie des universités.
    Théoriquement composée de délégués mandatés par les assemblées générales, elle est en vérité noyautée par des bloqueurs qui se maintiennent depuis plusieurs semaines sur les campus de toute la France, contre la volonté de la majorité des étudiants. La coordination nationale était censée débattre pendant deux jours de ses revendications à l'université de Lille. 'Débattre' n'est donc pas le mot approprié!
    Selon une porte-parole de l'UNEF, plusieurs délégations composées de courants hétéroclites d'étudiants syndiqués à l'UNEF n'ont pas obtenu le droit d'y entrer après plusieurs heures de contrôles. C'est la technique des bloqueurs imposée aux étudiants de base des AG, maintenant appliquée aux camarades de l'UNEF, jugés trop modérés par les amis du révolutionnaire Besancenot à propos des pâles socialistes.
    Après des incidents avec la presse lors des précédentes réunions de la coordination, mais aussi sur des sites universitaires, notamment à Rennes, les journalistes avaient été regroupés samedi dans une pièce à l'entrée de laquelle on pouvait lire "en quarantaine", a rapporté une participante. Les cacahuètes étaient offertes. Ils étaient empêchés de suivre les débats en direct: en français, les détenteurs de la liberté d'expression étaient privés du bénéfice de la liberté de la presse. La CENSURE, non? De plus, les contrôles des délégations se seraient quant à elles déroulées sous une affiche "Bienvenue au goulag"!

    L'UNEF a pu juger sur pièces."On refuse de cautionner un climat de tensions voire de violence. L'unité n'est plus possible si on refuse les représentants de l'UNEF mandatés par les AG", a expliqué la porte-parole.
    "On reproche à l'UNEF d'avoir appelé à des négociations mais nous pensons que c'est le rôle des syndicats", a ajouté l'éberluée. Elle a enfin vu de ses yeux ceux qu'on ne présentent pas dans les livres scolaires et universitaires, ceux qui refusent l'étiquette seyante de Khmers rouges ripostent.


    Au total, ce sont environ 50 personnes sur 150 qui ont quitté le campus lillois selon l'UNEF, qui ne réclame pas l'abrogation de la loi Pécresse contrairement à de nombreuses AG.
    Jeudi, le secrétaire général du syndicat, Bruno Julliard, a estimé que si le gouvernement apportait des réponses aux questions de financement du texte, une sortie de crise était envisageable dans les universités. Pour l'instant, "nous n'avons pas eu de réponse", a admis la porte-parole de l'UNEF, le syndicat représentatif que l'on dit dominant…. "Les AG doivent continuer à se réunir pour obtenir des avancées sur les conditions d'étude des étudiants". L'UNEF découvre les heurs et bonheurs des majorités démocratiques!
    Plusieurs milliers de manifestants - étudiants et lycéens - ont manifesté contre la loi RLU adoptée et signée l'été dernier, dénonçant une privatisation rampante de l'université, sans l'avoir lue, ni même débattue, puisque les rivalités stériles des syndicats étudiants détournent du débat sur le fond.

    samedi 17 novembre 2007

    Grève étudiante: l'extrême gauche à la manoeuvre

    Les exactions des cadres en herbe du PS
    Le Figaro publie aujourd'hui samedi un tableau réaliste de la vie quotidienne actuelle sur les sites universitaires noyautés par les révolutionnaires, étudiants... ou non :
    Les affiches appelant au « blocus des facs » ne sont jamais signées, mais cela ne les empêche pas d'être taguées, généralement au gros feutre dans des couleurs et des écritures différentes, exprimant toujours le même genre de message : « Fumistes », « Glandeurs », « Fainéants ». Il y en a comme ça sur des centaines de mètres autour de Tolbiac, pourtant considérée comme l'une des universités les plus « mobilisées » de France. Et, dans les 85 autres, le désir de continuer à travailler n'est pas moindre : les meneurs ont eu beau bourrer les amphis avec leurs propres troupes afin que les étudiants non politisés ne puissent pas entrer en nombre dans les AG ni s'y incruster jusqu'à l'heure des votes, ils n'ont jamais réussi à être assez nombreux pour occuper durablement une seule université.
    D'où leur décision de bloquer plutôt... les trains, adoptée dimanche dernier à Rennes par la «
    coordination nationale étudiante », au terme de deux jours de débats à huis clos: le goût trotskiste du secret… Un mot d'ordre assez représentatif de leur volonté d'« opposer une réponse globale à la politique de Nicolas Sarkozy ». D'autres collectifs, encore moins « coordonnés » que celui de Rennes, ont d'ailleurs exprimé des revendications encore plus étranges, mais révélateurs d'une politisation originelle, comme la « régularisation des sans-papiers », le « rejet des tests ADN » ou le « retrait de la France de l'Union européenne » Ce qui a au moins pour mérite d'être clair : « L'abrogation de la loi d'autonomie des universités n'est qu'un prétexte, ainsi que le résume Olivier Audéoud, président de Paris X-Nantene. Le but est de coaliser les mécontents. Et ce sont bien des groupes extrémistes radicaux qui sont à la manœuvre. »
    Ces groupes ont été identifiés dès le début de l'agitation dans les facs, il y a une quinzaine de jours. On y trouve pêle-mêle des représentants de l'Union des étudiants communistes (UEC), de la Fédération syndicale étudiante (FSE), de la CNT (anarchistes) et de la Jeunesse communiste révolutionnaire (JCR), occasionnellement épaulés par quelques meneurs plus « professionnels », issus de SUD-Etudiant (Sud, non représentatif, s'illustre aussi à la SNCF) ou les trotskistes de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR).
    Ce qui n'a pourtant pas empêché Oliver Besancenot, porte-parole de cette même LCR, de rejeter lundi dernier les « habituelles accusations de noyautage par l'extrême gauche ». Au mépris des évidences, puisque le bulletin de son propre parti diffusait au même instant cette consigne : «
    L'objectif est qu'un maximum de facs rejoignent la grève avant le 13 novembre. »
    Un objectif parfaitement inatteignable - étant donné qu'aucune université n'était en grève le 12 novembre - mais là n'est pas l'important. Car la grande force de l'extrême gauche a toujours été de parvenir à faire beaucoup de bruit avec très peu de monde. A Nanterre, le 7 novembre, lors de la plus importante AG organisée au cours de la première semaine du mouvement, il n'y avait ainsi que 700 participants, dont beaucoup venus d'ailleurs d'après de nombreux témoignages. Les vrais étudiants, eux, n'avaient pas pu entier dans l'amphi. « On a été prévenus au dernier moment, et c'était déjà plein quand on est arrivés, raconte Mathilde, inscrite en deuxième année d'économie. A la fin, 400 personnes ont voté la grève, et i!s sont partis bloquer trois ou quatre bâtiments avec des cadenas et des chaînes. » Le 12 novembre, toujours à Nanterre, ce fut encore moins démocratique. Echaudés par l'expérience du 7, les anti-blocage s'étaient déplacés en nombre suffisant pour pouvoir voter très majoritairement contre la grève, mais les tribuns qui squattaient le micro ont tranquillement inversé le résultat du scrutin ! Sous les huées, mais sans aucun complexe.
    Et dans les deux cas, le 7 comme le 12, ce campus de 35 000 étudiante a pu se retrouver paralysé par moins de 1% de ses inscrits, encouragés par une poignée d'enseignants grisonnants du Snes-Sup-FSU (très hostiles à l'évaluation de leur travail suggérée dans la nouvelle loi), qui ne ratent aucune AG ni aucune manifestation. Et c'est ce même procédé, pas plus démocratique, qui a servi sur une quarantaine d'autres campus ; 300 participants à la Sorbonne, 200 à Tours, 80 à Bordeaux... au total et en comptant très large (c'est-à-dire tous les étudiants ayant assisté à une AG, même s'ils n'étaient pas d'accord avec le blocage ou s'ils ne restaient pas jusqu'à la fin), les assemblées organisées « pour discuter de la loi Pécresse » au cours des dix jours précédant la grève n'ont ainsi attiré qu'environ 10 000 étudiants sur les 2 millions qu'abrite la France (compte non tenu des sans-papiers et des SDF qui grossissaient les rangs de la faculté de Caen; Mgr Gaillot les encadrait-il?).
    Mais cela a pourtant suffi pour faire croire à une mobilisation importante des étudiants contre la loi Pécresse, pour donner à cet événement autant de retentissement qu'à la grève des affiliés des régimes spéciaux et pour que plusieurs universités soient bel et bien obligées de fermer leurs grilles et de suspendre leurs cours, pour raisons de sécurité face à la « détermination extrêmement violente » de commandos composés de quelques dizaines d'activistes.
    Il n'existe évidemment qu'un moyen pour contrer de telles méthodes : que la majorité jusque-là silencieuse des étudiants anti-grève fasse entendre sa voix. En se déplaçant en nombre pour voter dans les AG, en contre-manifestant, ou en se regroupant via les nombreux sites Internet qui le proposent. Mais si l'on notait bien une évolution dans ce sens en début de semaine, elle était encore balbutiante : le 12 novembre, 53 groupes de discussion « contre le blocage des facs » s'étaient en effet ouverts sur FaceBook (un site très fréquenté par les étudiants), et ils étaient 107 le lendemain. Mais la plupart de ces groupes ne réunissaient, à cette date, que leurs fondateurs et zéro membre. Un résultat pathétique comparé à celui de forums créés, dans un tout autre registre, sur le même FaceBook, « contre les cons qui restent immobiles à gauche sur les escalators » (18 646 membres) ou «pour l'interdiction d'applaudir à l'atterrissage » (16 504 membres)
    Mais il est vrai qu'à cette date, aucun étudiant n'avait encore songé à recruter " pour l'interdiction de rester immobile derrière l'extrême gauche dans les facs ». Avec peut-être - qui sait - de meilleures chances de succès ? (d'après Véronique Grousset)

    Rassemblement à AIX-en-Provence
    Lundi 19 novembre à 11 h
    Place de l'Hôtel de Ville

    lundi 12 novembre 2007

    La Confédération étudiante condamne les méthodes musclées de la Coordination

    Julie Coudry dénonce les procédés de la Coordination nationale étudiante
    La coodination nationale étudiante ne coordonne pas tous les étudiants. La presse entretient la confusion sur les termes.
    Cette Coordination est extrêmement minoritaire et n'est pas représentative.
    La presse trompe l'opinion en disant LES étudiants, quand il faut dire DES étudiants.
    Certes,la Coordination mène le conflit politique, sous le prétexte de la Loi LRU pourtant déjà votée par l'UNEF. Ce sont des révolutionnaires, qu'ils soient trotskistes, anarchistes ou communistes: ce sont des radicaux aux méthodes radicales qui en plus de quinze jours n'avaient guère encore été contestées. Ces totalitaires recherchent la jonction des étudiants et des cheminots en décidant unilatéralement d'entraîner des étudiants à occuper des gares SNCF. L'UNEF s'en accommode: elle leur a d'ailleurs accordé un peu de place dans ses instances, préférant les avoir sous l'oeil plutôt qu'hors de vue...
    Mais la Confédération étudiante qui les trouve constamment sur son chemin ne ferme pas les yeux! Julie Coudry a clairement exprimé son hostilité en dénonçant leur tyrannie. Plus concrètement, elle témoigne sur la tenue des AG. Elle cite des cas d'intimidation à l'adresse de ceux et celles qui expriment une opinion en faveur de la loi LRU. Les excités de la Confédération les fait taire et les menace, jusqu'à ce qu'ils aient évacué l'assemblée générale. Ainsi ils ne peuvent participer au vote. Sous surveillance. A main levée!

    Le comptage des voix se passe dans la confusion générale, comme par exemple à Nanterre aujourd'hui : la dénommée Navarro (UNEF) n'a pas remarqué que des étudiants lèvent les deux mains et que d'autres situés au fond de l'amphi sont comptés deux (seulement?) fois... La même s'en défend donc, mais crie dans le même temps à la provocation 'policière' et, du coup, met en garde les naïfs contre... la radicalisation du mouvement!
    Tout en dégageant sa responsabilité en cas d'incident!...
    Ecoeurement!

    Grèves estudiantines : les syndicats sont divisés

    Débordée sur sa gauche, l’UNEF exprime ses désaccords avec les révolutionnaires
    Les révolutionnaires étudiants appellent à une "mobilisation massive" et au blocage des gares mardi, mais l’UNEF , en porte à faux, s’est partiellement désolidarisée.

    La Coordination Nationale Etudiante est un groupe alternatif constitué de révolutionnaires marxistes et anarchistes qui s’opposent aux syndicats représentatifs, tel que l’UNEF.
    Elle annonçait qu’elle se réunirait les 10 et 11 Novembre. Rennes était en tête de liste des villes susceptibles de l’accueillir, Rouen en seconde position. Mais les rivalités entre activistes sont telles qu’il était prévu que ‘la décision se prendrait en fonction de la position de l'AG de Rennes demain. Si l'AG de Rennes refuse d'accueillir la coordination nationale, celle ci se tiendra à Rouen.(citation) Est-ce assez révélateurs des dissensions intestines? Plus que des diverticules, donc...
    Cette coordination ne représente qu’elle-même: elle n'est pas représentative. La presse lui accorde néanmoins un retentissement médiatique en rapport de sa capacité de nuisance, mais sans commune mesure avec sa représentativité réelle. Les étudiants ne doivent pas s’y tromper…
    La coordination nationale étudiante, dont Kamel Tafer est l’un des nombreux porte-parole, réunie à Rennes, a appelé hier dimanche à transformer un mouvement dans les universités jusqu'ici minoritaire en "mobilisation massive" et à opérer la jonction avec la mobilisation des cheminots en "bloquant les gares" dès mardi 13 novembre. Volonté politique de déstabilisation du pays?
    Misant sur une "amplification du mouvement", à la faveur d'une "convergence" de la contestation de la loi Pécresse avec les différents appels des syndicats de salariés, mercredi 14 novembre (SNCF, RATP) et mardi 20 novembre (fonctionnaires), la petite centaine d'étudiants réunis ce week-end à Rennes II entend prendre les devants, dès mardi et profiter d’un effet éventuel d’aspiration.
    Parce que les salariés n’ont rien à faire de la loi LRU et des étudiants, la Coordination tente de s’agréger au mouvement contre l’alignement des régimes spéciaux de retraite dans les transports sur le régime général déjà appliqué dans le privé et le public, depuis plusieurs années. "Nous appelons au blocage des gares, une journée avant la grève des cheminots pour montrer que nous sommes solidaires", a déclaré dimanche un porte-parole de la coordination à la presse à l'issue de 24 heures de débats entre les représentants d'une trentaine d'universités élus en assemblées générales. Les salariés sont-ils solidaires eux aussi ?…
    Certains qui douteraient encore de la nature politique de la mobilisation trouveront une réponse : "L'objectif est de créer contre le gouvernement un rapport de force rassemblant étudiants et travailleurs", ont expliqué les porte-parole.
    La réunion de la coordination s'est déroulée dans un climat particulièrement hostile aux média, ont constaté les journalistes présents… Ils ne doivent pas être témoins de la cacophonie ambiante. Ils sont ainsi récompensés du relais médiatique qu’ils leur ont assuré avec zèle !
    La revendication centrale des étudiants grévistes reste l'"abrogation inconditionnelle de la loi Pécresse sur l'autonomie des universités (LRU) qui n'est ni négociable ni amendable". Ces étudiants croient voir dans le texte "un démantèlement du service public de l'enseignement, une mise en concurrence des universités et une augmentation du poids des entreprises et du privé" dans l'enseignement supérieur. Les étudiants et les professeurs étaient pourtant demandeurs de toujours plus d’autonomie, laquelle existe depuis des années, ce qui invalide les accusations de la Coordination et souligne le mobile politique.
    La coordination a également revendiqué un "cadrage national des diplômes", ainsi qu'à la "suppression des frais d'inscription". Démagogie sans vergogne, comme si leurs parents étaient des vaches à lait, petits revenus et retraités, ou pas. Aux contribuables de payer les années d’études agitées de la chienlit extrémiste étudiante.

    L’UNEF n’est pas sur la même ligne. Ce syndicat –représentatif lui- est en réalité la cible de la Coordination, au même titre que le pouvoir. L’UNEF a d’ailleurs mis les choses au point, en déclarant que s’il est "en accord stratégique avec la coordination nationale lorsque celle-ci parle de ‘mobilisation massive’ , il est en revanche en désaccord sur le fond avec la plupart de ses revendications", au premier rang desquelles l'abrogation de la LRU qu'il juge "irréaliste".
    Le Premier ministre François Fillon n’a pas manqué en effet de rappeler que que cette loi avait été votée en juillet "dans un climat assez consensuel" et "après négociation avec les organisations étudiantes, dont … l'Unef".
    En clair, l’UNEF "ne soutient pas l'appel" lancé par la coordination étudiante à bloquer les gares demain mardi, estimant que cela ne serait "pas compris de l'opinion publique", mais continue à demander aux étudiants d'"amplifier la mobilisation", a déclaré lundi son président Bruno Julliard qui ne peut pas laisser la voie libre aux révolutionnaires.
    Les étudiants qui dans leur vaste majorité ne veulent pas être l’enjeu de rivalités entre bandes rivales, sauront-ils réagir et s’opposer à son instrumentalisation ? Rester spectateurs les desservirait en permettant au mouvement de durer.

    L’UNEF menacée de débordement sur sa gauche

    Les universités résisteront-elles au raid révolutionnaire?
    Des échauffourées ont mis aux prises, aujourd’hui lundi à Nanterre, des étudiants contestant la loi LRU et les forces de l'ordre sur le campus de l'université, avant une assemblée générale à laquelle ont assisté plus de mille personnes.
    Dimanche, la coordination nationale étudiante réunie à Rennes a appelé à transformer un mouvement dans les universités jusqu'ici minoritaire en "mobilisation massive" et à opérer la jonction avec la mobilisation des cheminots en "bloquant les gares" dès mardi.
    "L'Unef ne soutient pas l'appel au blocage des gares", a déclaré Bruno Julliard. "D'une part parce que même si nous sommes solidaires du mouvement des cheminots, il leur appartient d'organiser leur action", a-t-il dit.
    "Ensuite parce que ce sont des actions radicales et minoritaires qui ne seraient pas comprises de l'opinion publique", a-t-il souligné.
    Pour autant, "il est probable" que l'Unef appelle à se joindre à la journée de manifestations du 14 novembre (mercredi), dans le cadre des manifestations déjà organisées" par les cheminots, à la RATP , à EDF et GDF, a ajouté son président.

    Le président de l’UNEF, également "en désaccord avec la coordination étudiante sur le mot d'ordre d'’abrogation de la loi LRU’", réclamée par les révolutionnaires, estime que ces deux instances font malgré tout "le constat partagé que la loi sur l'autonomie des universités, appliquée sans moyens conséquents, est une remise en cause insupportable du service public de l'enseignement supérieur"...
    Omettant de rappeler qu’il l’a signée, il ajoute : "C'est à cette problématique-là que le gouvernement doit apporter ses réponses, en modifiant profondément la loi et en faisant des annonces budgétaires conséquentes", a-t-il bafouillé.
    Julliard se défausse et sort grandi de sa déclaration: "C'est le gouvernement qui a la totale responsabilité de la situation actuelle: lui seul peut apporter les réponses qui permettent de trouver une issue favorable à la crise que nous vivons", a-t-il ajouté, bien que l’UNEF ait donné son accord
    "Nous travaillons à l'unité avec l'ensemble des composantes de cette mobilisation, avec un objectif commun de faire changer au gouvernement les contenus de sa politique", a-t-il fait valoir, soulignant le caratère politique du mouvement.
    Unité dans la désunion ! Responsable d’avoir approuvé la loi LRU (dite Pécresse), l’UNEF ne se sent pas coupable… Devinez qui l’est !